Eeeeeeeeeet voici le Chapitre 10 ! Bonne Lecture :)
Il trainait sa grosse valise dans les couloirs de Poudlard, Ratibus perché sur son épaule. Albus leva les yeux vers le plafond et regarda le ciel étoilé. Son cœur se serra : l'ombre ailée le suivait toujours et elle n'était pas amicale.
- Albus ! Fais très attention… chuchota Scorpius en glissant sa main dans la sienne. Tu es en danger…
- On croirait entendre le professeur Trelawney, bougonna Albus.
Il s'arrêta en voyant un serpent ramper sur le sol, il avait les mêmes lunettes rondes que son père sur la tête et laissait une trace de sang sur son sillage. Lorsqu'il tourna la tête, Scorpius était assis dans un fauteuil roulant, une baguette magique était pointée sur sa gorge. Albus fit un geste pour venir en aide à son ami, mais Polly Chapman qui portait l'uniforme des Serpentard, passa entre eux en adressant un beau sourire à Albus. L'instant suivant, elle semblait folle de rage et balayait son bureau avec son bras :
- L'INCAPABLE ! hurla-t-elle. J'étais si près du but !
Des bocaux de brisèrent au sol. Des fumées s'élevèrent, aux vapeurs entêtantes.
« L'Autre sera épargné… »
Albus secoua la tête en reculant, une violente migraine battait dans ses tempes. Un rire démoniaque se fit entendre et lui glaça les os.
« Il reviendra ! »
Le dos de l'adolescent heurta une pierre tombale et il fit un bond sur le côté en constatant que la tombe était vide.
- Albus, au secours !
Scorpius était attaché au fauteuil roulant. Un homme squelettique, à la peau blafarde, aux yeux rouges et avec deux fentes à la place des narines brandit sa baguette magique vers le prisonnier.
- ENDOLORIS !
Les hurlements de douleur de Scorpius résonnèrent dans la Grande Salle. N'écoutant que son courage, Albus se rua vers son ami tandis que Lord Voldemort lançait d'une voix puissante un :
- AVADA KADAVRA !
Le jet de lumière verte l'atteignit de plein fouet.
Tremblant, Albus resta de longues minutes caché sous sa couverture. Une petite partie de lui avait parfaitement conscience qu'il avait une attitude infantile et qu'une couverture n'était pas la meilleure des protections du monde, mais à cet instant précis il lui semblait que si. Une fois à nouveau maître de lui-même, l'adolescent sorti du lit. Il avait la gorge sèche et son pyjama était trempé d'une sueur froide. Sur la pointe des pieds, Albus sortit de sa chambre et se dirigea vers l'escalier, dans l'idée de descendre pour se boire un verre d'eau. Entendant des voix en provenance du rez-de-chaussée, il s'arrêta en haut des marches et tendit l'oreille. Il reconnut la voix de son père et d'un homme plus âgé qui n'avait pas l'air content du tout. Fronçant les sourcils, il s'accroupit pour écouter, songeant qu'il était tard pour une visite.
- Je vous comprends très bien, Amos, c'est vrai, croyez-le, mais je viens juste de rentrer chez moi et…
La voix de l'homme plus âgée coupa celle d'Harry Potter, sèchement :
- J'ai essayé d'obtenir des rendez-vous au ministère ! Et on m'a répondu : « Mais bien sûr, monsieur Diggory, nous pouvons très bien vous fixer un rendez-vous, disons dans deux mois. » Et moi j'attends. Très patiemment.
Albus se mordilla les lèvres, essayant de se rappeler où il avait déjà entendu le nom « Diggory ». Il se redressa discrètement et se pencha sans bruit par-dessus la rambarde pour regarder. Il remarqua alors que l'homme était en fauteuil roulant, et qu'une jeune femme l'accompagnait. Harry les laissa entrer dans le salon à contrecoeur et en protestant :
- Venir à mon domicile au milieu de la nuit – alors que mes enfants se préparent à une nouvelle année d'école – ce n'est pas acceptable !
Mais Amos Diggory continua sur sa lancée, comme si son interlocuteur ne l'avait pas interrompu :
- Les deux mois passent et je reçois un hibou qui me dit : « Monsieur Diggory, je suis terriblement navré, mais M. Potter a été appelé au-dehors pour une affaire urgente, nous allons devoir changer de date. Seriez-vous libre pour un nouveau rendez-vous dans, disons… deux mois ? Et ça recommence, toujours la même réponse, répétée indéfiniment… Vous refusez systématiquement de me recevoir, acheva l'homme sur un ton accusateur.
Outré par ce qu'il entendait, Albus ne put s'empêcher de ressentir de la compassion pour l'homme. Il se pencha davantage, juste assez pour apercevoir la jeune femme qui sortait du salon et qui regardait d'un air incertain autour d'elle. Repérant les toilettes, elle se dirigea vers elles d'un pas pressé. Il l'entendit fermer la porte.
- Bien sûr que non, se défendit Harry. Mais en tant que Directeur du Département de la justice magique, je suis responsable de…
- Il y a beaucoup de choses dont vous êtes responsable ! le coupa Amos froidement.
De plus en plus intéressé, et loin d'être mécontent de voir que son père, le grand Harry Potter, était en train de se faire remonter les bretelles par quelqu'un qui ne lui léchait pas les pieds, Albus tendit un peu plus l'oreille.
- … Pardon… ?
- Mon Fils, Cédric ! Vous vous souvenez de Cédric, n'est-ce pas ?
Albus fit alors le lien et comprit pourquoi le nom de famille du visiteur lui disait quelque chose. Ses parents en parlaient très rarement, il s'agissait de souvenirs qu'ils préféraient oublier certainement. Il se souvenait qu'il y avait un lien avec le Tournoi des Trois Sorciers, mais il n'était pas très sûr de connaître le lien exact entre Harry Potter, Cédric Diggory et les épreuves du Tournoi. L'adolescent sentit une bouffée de compassion l'envahir à nouveau vis-à-vis de l'homme en fauteuil roulant. Après un instant de silence, Harry répondit d'une voix douloureuse :
- Bien sûr, je me souviens de votre fils. Sa perte…
- C'était vous que Voldemort voulait ! l'interrompit Amos avec colère. Pas mon fils ! Vous me l'avez dit vous-même, vous m'avez répété les paroles qu'il a prononcées : « Tue l'autre. » L'autre !
Sa voix se brisa sur un sanglot tandis qu'il répétait :
- L'autre ! Mon fils, mon merveilleux fils, c'était l'autre, un figurant.
Harry leva les mains, essayant de tempérer son invité nocturne. Il se demandait également comment s'en débarrasser sans paraitre impoli :
- Monsieur Diggory, vous savez bien que je comprends vos efforts pour que Cédric reste dans notre mémoire, mais…
- Vous pensez au mémorial que je réclame depuis des années ? Non, ça ne m'intéresse plus…
Amos laissa échapper un soupir tremblant :
- Je suis un vieil homme, un vieil homme à l'agonie, et je suis venu vous demander, vous supplier, de m'aider à faire revenir mon fils.
Un silence stupéfait s'installa. Albus retint presque son souffle, pour ne pas que sa respiration le fasse repérer et descendit quelque marche, sa main se serra autour d'un barreau de la rampe d'escalier. Il avait la certitude que le vieil homme avait une idée précise en tête et qu'il essayait de coincer son père dans une impasse.
- Voyons, Amos, protesta Harry d'une voix sidérée. Le faire revenir ? C'est impossible.
- Le ministère dispose d'un Retourneur de Temps, n'est-ce pas ? répliqua presque trop calmement Amos Diggory en abattant sa carte.
Albus cligna des yeux en se demandant comment il était au courant. Harry avait effectivement parlé, lors du déjeuner, de sa descente chez Théodore Nott et du Retourneur de Temps qui avait été trouvé chez lui. Ginny lui avait demandé ce qu'ils comptaient faire de l'artefact et Harry avait répondu qu'Hermione le gardait en sécurité dans son bureau.
- Tous les Retourneurs de Temps ont été détruits, répondit calmement Harry.
Albus crispa ses doigts autour du barreau. Son père était en train de mentir à un pauvre homme !
- J'ai entendu une rumeur, insista Amos Diggory. Le Ministère aurait saisi un Retourneur de Temps chez un Théodore Nott et l'aurait gardé. Pour enquête. Laissez-moi la possibilité d'utiliser ce Retourneur de Temps. Que je puisse retrouver mon fils !
Un nouveau silence pesant s'installa entre les deux hommes. Toujours pieds nus, Albus descendit les dernières marches de l'escalier et resta dans l'ombre du couloir. Il entendit les roues du fauteuil roulant sur le plancher du salon dont la porte était entrebâillée depuis la sortie de la jeune femme, et il recula vite en apercevant son père faire les cent pas, en se passant une main nerveuse, dans ses cheveux noirs.
- Amos, vous savez bien que nous ne pouvons pas jouer avec le temps.
Les mains du vieil homme serrèrent rageusement les accoudoirs de son fauteuil. Il n'y avait plus de sanglots dans sa voix, la colère était de retour et le ton devint glacial et accusateur :
- Combien de gens sont morts pour le Survivant ? Je vous demande de sauver l'un d'entre eux ! Juste un !
Par l'entrebâillement, Albus vit son père se frotter le front, l'air mal à l'aise. Il évitait clairement le regard d'Amos qui, lui, ne le quittait pas des yeux un seul instant. L'adolescent croisa les doigts pour voir son père céder à la requête du vieil homme, après tout, qu'est-ce que ça pouvait bien lui coûter de sauver juste un garçon ? Mais ses espoirs volèrent en éclat lorsqu'il remarqua que les traits du visage paternel se durcissaient.
- Quoi qu'on ait pu vous dire, cette histoire de Retourneur de Temps est une fiction, Amos. Je suis désolé.
Albus eut envie de se ruer dans le salon en traitant son père de menteur.
- Salut.
Il se retourna d'un bond en entendant une voix dans son dos et se retrouva face à la jeune femme. d'une vingtaine d'année, elle lui adressa un magnifique sourire. Ses yeux foncés pétillants contrastaient avec sa magnifique chevelure d'un bleu argenté. Une grande beauté se dégageait d'elle et Albus sentit un discret parfum de fleurs émaner d'elle. Il se gifla intérieurement en songeant qu'il avait complètement oublié
- Excuse-moi, chuchota-t-elle pour ne pas être entendue par les deux hommes. Je ne voulais pas t'effrayer.
Il cligna des yeux, perplexe, tandis que l'inconnue continuait sur le ton de la confidence :
- Moi aussi, j'étais très bonne pour écouter aux portes, à attendre que quelqu'un dise quelque chose d'un minimum intéressant.
Elle acheva sa phrase avec un clin d'œil complice. Albus remonta quelques marches, pour éviter d'être vu par Harry si ce dernier sortait du salon, et demanda à voix basse :
- Vous… Tu… es qui ? C'est ma maison, ici.
- Oh, pardon ! s'excusa-t-elle encore avec un air contrit. Que je suis bête, je ne me suis pas présentée, il est normal que tu te poses des questions.
Joyeusement, elle tendit la main dans sa direction en se présentant :
- Je m'appelle Delphini Diggory, Delphi, si tu préfères. Et je m'occupe d'Amos, enfin j'essaye en tout cas. Et toi, tu es… ?
L'adolescent regarda la main tendue et la serra brièvement. Elle ne savait donc pas qu'elle faisait face à la honte de la famille Potter… Un sourire lugubre étira ses lèvres :
- Albus.
- Bien sûr ! Albus Potter, j'aurais dû m'en douter !
Il s'attendit vaguement à la voir se moquer de lui ou faire un quelconque commentaire désobligeant, mais Delphini paraissait au contraire on ne peut plus ravi de parler avec lui.
- Alors, Harry est ton père ?! La classe ! Tu dois être fier d'être son fils, non ?
Le visage d'Albus se ferma :
- Pas vraiment, non.
Réalisant qu'elle avait commis une gaffe involontaire, et que le sujet était sensible, la jeune femme eut l'air gêné :
- Désolée ! Je suppose que je n'aurais pas dû en parler.
- Ce n'est pas grave, marmonna Albus.
Il la regarda du coin de l'œil. Rares étaient les personnes qui venaient lui parler simplement pour discuter, sans arrière-pensées. C'était rassurant et c'était même un soulagement pour lui !
- Si, c'est grave ! protesta la jeune femme. Je mets toujours les pieds dans le plat… D'ailleurs, à l'école, on disait bien que je n'étais pas très fine et que, dès qu'une gaffe se présentait, je fonçais dedans.
Effarée, elle bougeait légèrement la tête, faisant ainsi remuer sa longue chevelure. Captivé par ses reflets bleutés, Albus se demanda si elle était en partie Vélane.
- C'est rien, je te dis… soupira-t-il.
Delphini Diggory lui adressa un sourire compatissant et penaud :
- La famille, c'est parfois un peu compliqué, pas vrai ?
Elle désigna la porte du salon d'un signe de tête :
- Amos est mon patient, mais aussi mon oncle. C'est en parti à cause de notre lien de parenté que j'ai pris ce travail à Flagley-le-Haut… Mais c'est difficile de s'occuper d'un membre de la famille, surtout quand il est malade et qu'il reste enfermé dans le passé.
- Delphi ? appela la voix d'Amos Diggory.
Albus s'empressa de remonter quelques marches. La jeune femme jeta un coup d'œil vers le salon, avant de reporter son attention sur l'adolescent :
- Viens nous rendre visite, à l'occasion, si tu veux. Nous logeons dans la résidence St Oswald pour sorciers âgés.
Il hocha machinalement la tête, et recula encore en voyant la porte du salon s'ouvrir sur Amos et Harry. Delphi rejoignit son oncle, en manquant de trébucher sur le tapis. Tapis dans l'ombre, en haut des marches, Albus observa le trio.
- Delphini, je te présente Harry Potter, lança le vieillard sans lancer un seul regard au concerné. Il fut autrefois un grand sorcier et il est aujourd'hui un haut fonctionnaire du ministère au cœur sec.
- Amos… voulu protester Harry tout en serrant poliment la main de la jeune femme.
Mais le vieillard ne l'écouta pas :
- Viens, Delphini. On s'en va.
Elle lança un regard d'excuse à Harry, avant de pousse le fauteuil roulant en direction du hall.
Albus la suivit des yeux, le cœur battant. Peut-être avait-elle juste été polie avec lui, mais la gentillesse dont elle avait fait preuve à son égard l'avait touché. En catimini, il retourna dans sa chambre, on ne peut plus pensif. Il avait de la peine pour ce pauvre Amos Diggory, et si Delphi était sa nièce, ça signifiait que le défunt Cédric faisait partie aussi de sa famille à elle. Et Harry, le grand Harry Potter avait menti à un homme malade et était responsable de la mort de Cédric d'après ce qu'il savait ! Albus s'assit sur son lit et regarda Ratibus dormir, roulé en boule sur ses manuels scolaire. Pour une fois, l'adolescent avait envie de se rendre vraiment utile, de montrer que lui aussi il pouvait rendre les gens heureux. Là où Harry Potter le Survivant se défilait, il allait agir ! Il trouverait un moyen d'aider Amos Diggory, un pauvre vieillard qui voulait simplement retrouver un peu de bonheur dans sa vie. Et Delphi aimerait surement rencontrer son cousin. Quelques idées commençaient déjà à lui venir à l'esprit, mais il avait conscience qu'il ne pouvait pas agir seul. Il lui manquait certaines informations, ce n'était pas le moment de faire une erreur, et pour cela il avait besoin de Scorpius et de sa phénoménale mémoire. Albus soupira en calculant que même s'il écrivait maintenant à son ami, ce dernier ne pourrait lui répondre que demain matin, au plus tôt, et lui Albus recevrait la lettre-réponse le jour où ils devaient prendre le Poudlard Express pour retourner à l'école. Ce n'était donc pas utile de lui envoyer un courrier maintenant. Au point où il en était, il pouvait attendre d'être dans le train pour parler d'Amos et de Delphi à Scorpius, ensuite ils réfléchiraient ensemble, écriraient surement à Delphi et pourraient aviser tous les trois de la suite des évènements. Albus se recoucha, songeant que la nuit portait conseil et qu'il avait un peu de temps devant lui pour réfléchir à la meilleure façon d'agir.
Petite info ! :)
Ratibus, le rat d'Albus, n'apparait pas dans le script, mais je trouvais intéressant qu'il ait un compagnon à 4 pattes à partager avec Scorpius. Je n'ai pas vraiment inventé l'espèce "Rats de Siam". Je suis partie d'une espèce de souris trop mignonne (souris siamoises) que j'ai trouvé sur internet et j'ai fondu devant (j'ai presque envie d'en avoir une, du coup XD) Mais, dans l'univers de Harry Potter, il est plutôt question de "rats" que de souris. Du coup, j'ai gardé le physique des souris siamoises pour créer l'espèce des Rats de Siam. Quant au nom, j'étais en totalement panne d'idée (je suis une bouse pour trouver des noms intéressants...) alors j'ai demandé un coup de main à ma meilleure amie qui a eu cette idée = Rat + Albus = Ratibus. j'ai trouvé ça rigolo, donc j'ai gardé.
