Bella POV
Attendez, je crois avoir loupé quelque chose. Ai-je bien vu ce qui vient de se passer ? Ai-je bien entendu tout ce que j'ai entendu ?
Edward est-il en train de me serrer dans ses bras ?
Voilà qui va m'aider à faire le point sur ce que je ressens pour lui ! Justement, c'est on ne peut plus explicite.
J'adore ses traits, sa voix, son odeur, sa personnalité, sa façon d'être. Je l'adore. Je l'aime. Ce n'était pas si difficile. Comment ne pas l'aimer ? Je suis amoureuse –éperdument amoureuse- d'un vampire âgé de plus de cent ans.
Une seconde ! Si moi je l'aime, est-ce que lui m'aime aussi ? Non Bella, surement pas ! Alors il m'apprécie un peu au moins... Assez pour m'étreindre.
Sa main caresse mes cheveux et rejoint l'autre au milieu de mon dos et me repousse doucement, je me recule aussi. Mais sa main s'est saisie de la mienne. Nouvel indice... Qui ne fait que m'égarer davantage.
Ses yeux me passent au rayon x.
- Tu vas bien ?
Pourquoi ça n'irait pas, dis-moi ?
- Je suis un peu perdue... Pourquoi Jacob te déteste-t-il à ce point ?
- C'est génétique, les loups-garous et les vampires se haïssent, pas besoin d'avoir une raison particulière.
- Tu as dis qu'il était jaloux.
- Disons que... Tu lui plais bien.
Je jure que son regard s'était assombri, alors qu'une minute avant, quand notre étreinte avait prit fin, son regard avait a nouveau tiré sur le brun doré.
- Il se demande si votre amitié peut aboutir à quelque chose de plus... concret pour lui.
Il fixa un point derrière moi, agacé, avant qu'il ne perde cet éclat, remplacé par... Du renoncement ? Comme je haïssais le voir triste !
- Les loups-garous peuvent être dangereux, perdre le contrôle et s'en prendre à leur entourage. Sans le vouloir bien entendu.
Soudain, l'image des énormes empreintes de pattes griffues me revint brusquement à l'esprit.
- Est-ce qu'il y a un rapport avec ce qu'il y a dans cette forêt ?
Je le regardais dans les yeux, priant pour qu'il me réponde par la négative. Jacob pouvait être impulsif, il n'était pas dangereux... Je ne voulais pas. C'est quelqu'un de fondamentalement gentil, et doux, je sens toujours ces qualités chez une personne. Même dès la première rencontre.
Jacob ne peut pas être un monstre.
Edward avait reporté un regard qui se voulait rassurant sur moi, prit ma main a deux mains, délicatement comme s'il s'agissait là d'un papillon.
- Ce qui sévit dans la forêt est une troupe de loup-garous, mais ce n'est pas la tribu de Jacob. Ce sont d'autres... Qui n'ont pas les mêmes principes. En décryptant l'esprit de ton ami, j'ai apprit que son clan se fait appeler « les Protecteurs » parce qu'ils protègent les humains. Et ils sont venus ici afin d'enrayer cette tribu. Mais ils ont du mal à les localiser, et ne connaissent pas leurs revendications non plus, ce qui ne facilite pas non plus leur tâche.
Son regard devint inquiet, et il s'empara de ma deuxième main.
- Bella ne va jamais seule loin dans la forêt comme tu avais commencé aujourd'hui ! Si tu tiens tellement à me voir on échange nos numéros comme ça tu me joins quand tu veux, mais ne t'aventure pas ici. Ces monstres semblent ne rien respecter, s'ils débarquent en meute je ne pourrais pas te défendre seul contre eux, tu comprends ?
Waouh ! Il veut me donner son numéro !
Oui c'est bon j'ai compris j'arrête...
- Oui.
- Viens, je connais un endroit plus sûr, un endroit trop exposé pour que la meute de chiens enragés ne viennent pas. Normalement.
Nous commencions de marcher, mais il tenait toujours ma main. Je la serrai, ne voulant surtout pas perdre ce contact. Sa peau était glacée, mais elle réchauffait mon cœur d'une bien étrange –et merveilleuse- façon.
- Ne t'en fais pas, s'ils arrivent je le sentirai et te ramènerait chez toi en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Il ne t'arrivera rien.
- Attends, tu dis qu'ils ne semblent respecter aucune règle. S'ils agissent sans aucune méthode comme des idiots et qu'ils attaquaient la ferme ?
Il sembla méditer. J'insistai.
- Ils y sont déjà venus. Les traces remontaient jusqu'à la ferme !
- Ils n'ont pas « attaqué » au sens propre du terme.
- Tu crois que la vache s'est échappée et qu'ils lui sont tombés dessus après ou que...
- Je crois qu'ils l'ont emportée et l'ont laissée en forêt.
Ca ne tenait plus !
- Pour ne pas éveiller les soupçons ? Mais là il y a une certaine méthode ! Tu as dis qu'ils...
- Qu'il est difficile de cerner leurs intentions. Peut-être n'est-ce là qu'une technique de diversion. Grimpe sur mon dos.
Il s'arrêta et se pencha, relâchant ma main. Mais je montais sur son dos, et enroulais mes bras autour de son cou.
- Accroche-toi bien.
Sur ce, il fila comme l'éclair. J'enfouis à nouveau mon visage dans son cou, profitant de sa merveilleuse odeur. Trop tôt, il s'arrêta et bêtement je me rendis compte qu'il attendait que je consente à descendre de son dos. J'aperçus un sourire sur ses lèvres et il éclata de rire alors que je m'empourprais.
Sans commentaire ! Non non je ne suis pas susceptible.
Je me rendis compte que nous nous trouvions dans un petit « abri » formé par des arbustes épais. C'était tranquille et isolé.
Il était déjà assis et il tapota l'herbe à côté de lui en souriant devant ma mine de gosse qui découvre un cadeau le matin de Noel. Je m'assis rapidement à côté de lui.
Ma créature fantastique interrompit son interrogatoire sur les détails palpitants de ma vie d'humaine quand il estima que l'air devenait trop frais. Je n'acceptais de rentrer qu'une fois nos numéros échangés, hé oui une promesse, c'est une promesse !
Je descendis de son dos derrière la maison, à l'abri des regards, pensais-je.
- On se voit demain ?
Il sourit, mais pas d'un sourire moqueur.
- D'accord, appelle moi quand tu seras prête. Je viendrais te chercher ici même.
Là, il approcha son visage du mien et déposa un baiser sur ma joue.
( Pas encore les filles, pas encore : ) encore un peu de patience et j'arrête de jouer avec vos nerfs ^^ )
J'en restais totalement coite et là il éclata de rire.
- A demain.
Encore sous le coup, je bafouillais la même chose que lui, mais il avait déjà disparu.
Je n'échappais ni aux reproches de Moira concernant le fait que j'avais été absente pour faire les corvées qu'elle aurait voulu s'épargner ni aux insinuations de Grace, et bien évidemment Gwen et Madison s'y mirent.
Mon esprit vagabondait loin, auprès d'Edward. Je me demandais à quoi il s'occupait, à chaque minute. Bon d'accord chaque seconde. Demain je lui poserai des question, moi et pas lui.
Si j'en apprenais plus sur lui, peut être en saurais-je assez pour savoir si nous pouvions vivre quelque chose ensemble ?
Arrête tes films Bella...
En nous couchant, Gwen eut la délicatesse de me souhaiter de faire de beaux rêves à propos d'Edward et les fous rires de Madison et de Malcolm s'ensuivirent. Ce qui dégénéra bien sur en bataille d'oreiller. Qui fut interrompu par une Moira très agacée qui souhaitait dormir sans être importunée par une « bande d'adolescents mal-élevés et sauvages ».
L'emploi du dernier terme eut le don de me calmer mais aussi de faire monter de l'inquiétude en moi. Pourquoi n'y avais je pas pensé plus tôt ?
Edward était seul en forêt. Si la meute des mauvais loups-garous l'attaquait ? Stop ! Il filerait, se cacherait, trouverait un moyen de se sauver.
C'est avec ces idées sombres que je sombrais dans un sommeil agité ou diverses créatures étranges trainaient de ça et là.
Un fracas terrifiant retentit, comme un immeuble qui s'écroule. Je me redressais brutalement sur mon lit en retenant un cri, me demandais si j'avais rêvé. Mais des voix –paniquées ?- se firent entendre. J'entendis un gémissement étouffé de Madison et Gwen demanda, affolée:
- Qu'est-ce qui se passe ?
Bonne question !
J'allumai ma lampe de chevet, imitée par ma fratrie pour découvrir leurs visages inquiets et apeurés, qui plus est mal réveillés. Renée fit irruption dans notre chambre et Madison se précipité vers elle.
Malcolm demanda:
- Qu'est-ce qui se passe ?!
- Je ne sais pas Ian est descendu voir, mais je crois que la foudre est tombée sur la maison à côté.
De l'orage...
Dans le couloir, la lumière était allumée et mes tantes venaient de se lever. Apparemment c'était aussi le cas des voisins.
- La maison va s'écrouler ?!
- Mais non Madison ne t'inquiètes pas.
Je me levais, trop nerveuse pour rester assise sans bouger plus longtemps. Encore imitée.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Grace, qui venait de rentrer dans notre chambre.
- La foudre a du tomber chez les voisins.
Un vertige me pris et je dus m'asseoir précipitamment.
- Laquelle... ?
- Celle qui est vide. Heureusement. Ca va ? T'es toute pâle.
Elle s'approcha de moi.
- Oui, j'ai juste eut un doute affreux.
- Ne t'inquiètes pas, Ian est allé voir si tout le monde va bien, avec Moira.
Je me dirigeais vers la porte.
- Je veux descendre.
- Ne sors pas ! On ne sait aps ce qui s'est passé exactement.
- On devrait prévenir les secours.
- Ian s'en occupe.
2 minutes après, nous étions tous dans le salon, à attendre. Bizarre que la foudre soit tombée si près et que nous ayons encore le courant. Les roulements de tonnerres étaient trop éloignés pour que ce soit l'orage qui ait frappé si fort...
Et si c'étaient eux ?
Ian rentra.
- Alors ?
- Un des bâtiments s'est effondré. Un employé qui ne dormait pas dit avoir vu une bête dans un éclair.
Plus aucun doute...
- Faut appeler le garde chasse cette fois ! S'époumona Moira.
- Le propriétaire s'en occupe.
Edward ! Était-il en sécurité ?
A nouveau, je me sentis blêmir alors je remontais, suivie par Gwen. Je pris mon portable, la cachait derrière moi et allais dans la salle de bain sous prétexte d'aller me rafraichir.
Les tonalités se succédèrent dans une attente interminable avant que sa voix subliminale ne me demande de laisser un message.
Je raccrochais, privée de voix par l'angoisse.
Pourquoi ne répondait-il pas ?
