Merci beaucoup pour toutes vos review, ça me fait vraiment chaud au cœur !
Pardonnez-moi mon retard, je débute ma carrière professionnelle et le tout me demande beaucoup de temps. Je continuerai évidemment la publication de cette fanfiction mais je ralentis un peu le rythme. Désormais, je posterai un chapitre par semaine.
Chapitre 10
Sa nuit fut agitée, ponctuée de réveils fréquents. S'il ne fit pas de cauchemars à proprement parlé, sa nuit lui laissa la nette impression que Voldemort – pardon, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, était d'une humeur exécrable. La sonnerie stridente de son cadran acheva de le réveiller. Alors qu'il s'habillait, il remarqua un parchemin flottant près de la porte de sa chambre. S'en approchant, il le saisit et l'examina. L'extérieur ne laissait rien deviner de son contenu, il n'y avait ni sceau, ni écriture quelconque. Il l'ouvrit, curieux. Le message était court, l'écriture de Snape ressemblant à un gribouillage fait en vitesse. L'homme était-il parti retrouver Voldemort ? Mangemort notoire, ses séjours au Square Grimmauld lui avaient appris qu'il agissait comme agent double pour le compte de Dumbledore. Ce dernier avait été très clair sur la confiance qu'il lui portait, la réitérant à nouveau devant Harry quelques semaines à peine auparavant. Le temps semblait vouloir lui donner raison, le Maître des potions n'ayant toujours pas tenté de mettre fin à sa vie. Que s'était-il donc produit pour que le Seigneur des Ténèbres soit contrarié de la sorte ?
Un bruit dans la pièce adjacente le sorti de sa rêverie. Il tendit l'oreille. Des murmures indistincts lui parvinrent, accompagné d'un second bruit sourd. Curieux, il s'approcha de la porte. La voix s'accentua, le ton plus coupant de Malfoy contrastant avec sa voix trainante habituelle. Il semblait seul. Il hésita un moment près de la porte. Devait-il s'assurer que tout allait bien ? En avait-il vraiment envie ? Les relations tendues qu'il entretenait avec le blond ne semblaient s'améliorer. Il cogna 2 petits coups à la porte.
- Est-ce que tout va bien ? demanda-t-il afin de faire taire sa conscience.
Un murmure, dont il ne perçu que l'agacement, lui répondit.
- Est-ce que je peux t'aider ? proposa-t-il en dernier recours. Il y avait tout de même une limite à sa générosité.
La porte s'ouvrit brusquement pour laisser entrevoir Malfoy, l'air passablement irrité.
- Tu sais comment fonctionne ce truc ? demanda le blond en faisant un vague mouvement du bras vers le fond de la pièce. Harry s'étira pour avoir un aperçu de ce dont il était question.
- Euh la machine à laver ? Tu veux laver tes vêtements ?
- Ouais, maugréa le blond.
- OK, dit Harry en repoussant la porte doucement. Il se rendit jusqu'à l'électroménager qu'il regarda d'un œil expert. Ses longues années d'expérience en tant que blanchisseur pour le compte des Dursley lui permettaient désormais de comprendre chaque modèle d'électroménager sans problème. Il ouvrit l'armoire de droite et y prit le détergeant et l'assouplisseur.
- Est-ce que tu voulais laver quelque chose en particulier ? Des choses délicates ? Des vêtements blancs ou très foncés ?
- Euh, il y a mes vêtements et mes draps. Mais je ne veux pas que cette… chose abime mon linge, répondit Malfoy.
Le Gryffondor réprima un sourire. La méfiance des sorciers envers les inventions moldues le surprendrait toujours. Il lisait chez le Serpentard du dégoût ainsi qu'une certaine crainte.
- OK, donc tu vas choisir le mode « couleur », juste ici. Ici tu mets le savon, tu en mets un bouchon. Et là l'assouplisseur. Donc maintenant tu peux mettre tes vêtements et tes draps, expliqua Harry en se penchant vers le panier près de la laveuse. Il arrêta son geste. Trônant sur la pile de draps se trouvait un chat d'une riche couleur bleu-grise foncée. Ses grands yeux, d'un vert intense, l'observaient avec attention.
- Oh, Miss Silver, pousse-toi, déclara le blond d'un ton doux en se penchant à son tour pour saisir le panier. La chatte s'étira légèrement avant de bondir avec grâce en bas de la pile de linge et de venir s'asseoir au pied de Draco.
- Il y a un ordre particulier… ou… ? demanda Draco, ses draps en main.
- Non, tu dépose tout. Ensuite tu appuies ici pour débuter. Sur l'écran tu verras le nombre de minutes restantes et quand c'est terminé il y a un signal sonore pour t'avertir.
- D'accord. Et ensuite on fait quoi ?
- Il faut suspendre tes vêtements et mettre tes draps dans la sécheuse, le renseigna Harry, jugeant plus prudent de ne pas entrer dans les détails des spécificités de chaque vêtement. Tu peux choisir le mode délicat pour la sécheuse.
Les draps auraient survécu sans problème au cycle « normal » mais mieux valait ne pas effaroucher le blond qui faisait ses premiers pas avec la technologie moldue et probablement avec la lessive en général, le Manoir Malfoy regorgeant assurément d'elfes de maison particulièrement serviables. Avec ces réglages, il s'assurait cette expérience se déroule sans accroc.
- Euh… merci, déclara le blond, son ton trainant retrouvé alors qu'il mettait en marche la machine.
- C'est normal ça ? ajouta-t-il en entendant les bruits provenant du démarrage de l'électroménager.
- Oui oui, ne t'inquiète pas, répondit le brun en quittant la pièce. Il n'avait guère envie de s'attarder en compagnie de Malfoy.
Descendant dans la cuisine, il prit réellement conscience pour la première fois du caractère électrique de la maison. Alliant technologie moldue et magie, elle semblait sortir tout droit d'un autre univers. La maison avait-elle déjà été habitée par des moldue ? Ou peut-être avait-elle été aménagée par un sorcier né-moldu ou, à la limite, un sang-mêlé ? Quelle utilité une cuisinière, une laveuse et l'électricité avait-elle pour un sorcier, concrètement ? Il n'y avait dans la maison ni créature magique – ce pour quoi il était reconnaissant, la goule des Weasley ne lui ayant pas particulièrement fait bonne impression, ni elfe de maison. Ce dernier point était compréhensible vu le drame occasionné par Kreattur. Qu'une si petite créature ait pu créer autant de chaos était déconcertant. Tant de haine, tant de rancœur.
Remontant dans sa chambre après son repas, il se perdit rapidement dans des ouvrages traitant de Quidditch. La maison était paisible, silencieuse. Le bruit d'une porte l'avisa que Snape venait probablement d'arriver. Il regarda l'heure : 11h30. Il irait diner dans 30 minutes. Pour l'instant, il pouvait poursuivre ses activités, sa chouette hululant doucement près de lui.
Le diner se passa sans encombre et Harry en profita pour observer à la dérober le Maître des potions. Neutre, détaché, rien chez lui ne laissait le moindre indice sur ce qui l'avait emmené à quitter Hope Cove. Son teint était aussi crayeux qu'à l'ordinaire, ses yeux soulignés des mêmes cernes légèrement violacés. Malfoy ne semblait pas déstabilisé de cette absence, ni particulièrement curieux. Il chipotait dans son assiette sans grand enthousiasme.
Ils se dirigèrent ensuite vers la salle d'entraînement. L'idée même de devoir faire de l'activité physique après un repas lui donnait la nausée. Voldemort n'attendrait pas que sa digestion soit terminée, il en était bien conscient. Il devait se concentrer. À sa grande surprise, Snape annonça que l'entraînement physique était annulé. D'un geste souple, il conjura les baguettes d'Harry et de Malfoy, puis, après avoir fermé la porte, lança une série de sortilèges sur les murs ainsi que le plafond.
- Messieurs, la prochaine heure sera consacrée à la pratique de duel, annonça l'enseignant d'une voix basse.
Harry le regarda, étonné. Lors des leçons précédentes, il n'y avait eu aucun duel formel. Ils s'étaient effectivement échangés quelques sortilèges mais dans le cadre structuré de la pratique de bouclier ou de sortilèges informulés. Il reporta son attention sur son adversaire. Bien que son visage n'ait exprimé aucune émotion particulière, il lui semblait l'avoir vu hausser très légèrement les sourcils. Il était donc aussi surpris que lui. Intéressant.
- La formule sera la suivante, poursuivit Snape. Les duels dureront 6 minutes. À l'issue de chaque duel, vous prendrez quelques secondes pour noter vos observations concernant l'affrontement et les leçons que vous en retirez. Nous enchaînerons les duels l'un à la suite de l'autre.
Le Maître des potions leur tendit leur baguette.
- Je ne veux aucun sortilège impardonnable. À mon signal.
Snape recula de quelques pas et brandit sa baguette, s'entourant d'un bouclier aux éclats bleutés.
- Débutez, annonça l'enseignant.
Sa nuit l'avait épuisée, le Seigneur des Ténèbres étant de fort mauvaise humeur. L'échec de la mission de reconnaissance de Rockwood et Yaxley au pays de Galles conjuguée à l'annonce du décès de Narcissa et de la tutelle de son fils par Dumbledore l'ayant particulièrement agacé. À nouveau, ses capacités exceptionnelles – il n'était pas prétentieux, sa vie dépendait de ses barrières et elles étaient avantageusement efficaces, lui avaient sauvé la mise. Il était d'ailleurs passé à Poudlard faire son rapport à Dumbledore, le Square Grimmauld ayant été abandonné par précaution depuis plusieurs semaines déjà. Le Lord Noir s'était montré soupçonneux. Si le plan établi avec Dumbledore s'était révélé efficace, le Lord n'ayant pas remis en question la mort de la femme, il s'était toutefois interrogé à savoir pourquoi Severus ne l'avait pas prévenu plus tôt de la tutelle de Draco. Préoccupation tout à fait valable, songea Snape, il était risible de penser que Dumbledore ait pu garder l'adolescent blond avec lui à Poudlard tout l'été secrètement. Heureusement, il avait su fabriquer un souvenir satisfaisant rapidement.
Les duels lui permettaient d'observer sans s'impliquer dans des explications plus théoriques. Loin d'être passif, il prévoyait noter ses observations sur ses protégés et ce qu'il allait devoir travailler individuellement avec chacun d'eux. C'était d'ailleurs l'occasion idéale pour les adolescents de tester leurs compétences l'un face à l'autre. Tous deux compétitifs et agiles, les affrontements promettaient d'être intéressants.
Il donna le signal d'envoi après avoir établi son bouclier. Malfoy attaqua en premier, à sa surprise. Si le Gryffondor avait eu un départ plutôt lent, il s'était rapidement rattrapé. Usant majoritairement de sortilèges défensifs, il ne laissait pas le blond prendre avantage de la situation. Ses réflexes étaient bons et il était agile. Le Serpentard, au contraire, usait de sorts plus agressifs. Son style de duel trahissait ses origines, bien que l'on ne retrouve pas chez lui l'envie de jouer avec la chair fraîche qui caractérisait si bien Bellatrix. Lucius, de son côté, faisait généralement preuve de davantage de retenue mais ne refusait jamais de s'accorder le privilège de profiter de ses proies. Il était simplement plus concentré, plus préoccupé vers le résultat de la mission plutôt que vers son propre plaisir. Il mit fin au premier duel. Aucun adolescent n'était vainqueur à proprement parler, ils avaient bien défendu leurs positions. De son point de vue, Potter était gagnant. S'il avait moins attaqué, ses défenses étaient stables et réfléchies. Solides. Malfoy n'en avait pas été médiocre pour autant. Seulement, ses attaques plus précipitées dénotaient une légère anxiété.
- Messieurs, prenez quelques minutes pour noter les points importants de ce duel, déclara Snape d'une voix calme en leur montrant les parchemins et les plumes qu'il avait disposé près du mur.
Il avait choisi de ne pas leur révéler immédiatement ses impressions. Il préférait les laisser trouver leurs propres rythmes, leurs repères. Les duels étaient appelés à devenir une seconde nature pour tous les deux, leur vie étant constamment en danger.
- Poursuivons. Débutez.
Le second duel se termina après 3 minutes, Potter ayant été surpris par un maléfice du cuisant. Ils répétèrent à nouveau l'expérience jusqu'à avoir effectué 6 duels, pour un total d'environ 30 minutes d'affrontement.
- Prenez quelques minutes pour vous asseoir et sortez vos notes, dirigea Snape. M. Malfoy, que pensez-vous des affrontements que vous avez eu face à M. Potter ? Quelles sont ses faiblesses, quelles leçons tirez-vous de ces duels pour vous-même ?
La question était directe. Le monde extérieur l'était tout autant. Le blond mit quelques secondes avant de répondre, avalant sa salive.
- Il n'utilise pas un assez grand éventail de sortilèges. Il semble perdre sa concentration au fil du temps et est facile à déstabiliser.
- Et pourtant vous n'avez pas réussi à prendre l'avantage systématiquement, observa Snape.
- Euh non, répondit le jeune Serpentard, légèrement sur la défensive, ses yeux s'assombrissant.
- Pourquoi donc ? demanda l'enseignant. Inutile d'épargner sa sensibilité. Sa tante n'aurait pas cette clémence envers lui lorsqu'elle apprendrait la vérité.
- Ses défenses sont…compétentes, répondit l'adolescent du bout des lèvres.
- M. Potter, quelles sont les faiblesses de M. Malfoy ? interrogea le Maître des potions en tournant la tête vers lui.
- Il est brusque. Il y a des moments où il semble être en train de réfléchir sur le prochain sort qu'il va lancer au lieu de se concentrer sur le duel. Il prévoit son prochain coup au lieu de prévoir le mien. Il est… euh… je pense… un peu...impressionnable aussi.
- Quelles leçon tirez-vous de vos duels ?
- Je dois accélérer mon rythme monsieur et je dois réviser mes sortilèges pour qu'ils me viennent en tête plus rapidement en cas de besoin.
- Bien. Je vais vous donnez mon opinion. Ces duels n'étaient pas aussi terribles que l'on aurait pu s'y attendre de la part de novices tels que vous. M. Malfoy, vous allez gagner en fluidité si vous ralentissez votre rythme. Vos attaques sont intéressantes, parfois sournoises ce qui est souhaitable dans le cadre d'un duel mais votre base est à revoir. M. Potter, votre style est plutôt défensif ce qui est efficace mais rarement suffisant pour prendre l'avantage puisqu'il faut alors que votre adversaire commette une erreur ou s'épuise. Lorsque le temps est compté il est nécessaire d'attaquer avec intensité pour gagner de l'efficacité.
Il leur accorda quelques minutes de pause avant la reprise de deux duels de plus longue durée qu'il commentait sur le champ. Il se fit la remarque d'apporter une pensine lorsque les garçons allaient avoir atteint un meilleur niveau, afin de leur permettre de revoir les duels et de les retravailler avec un support visuel.
- Maintenant Potter. Vous auriez dû réagir plus rapidement.
- Malfoy, votre bouclier aurait dû contenir ce sort.
- Malfoy ne reculez pas.
- Potter, ce mouvement était inutile.
- Médiocre Potter. Il existe un contre-sort, utilisez-le !
Après une autre demi-heure, il cessa les affrontements. Il savait que la session avait été exigeante, tant physiquement que mentalement. Admettre ses erreurs n'était pas une chose aisée dans l'intimité, se les faire pointer du doigt en face d'un adversaire l'était encore moins. Les plus grands apprentissages demandaient de sortir de sa zone de confort, d'expérimenter de nouvelles techniques, d'oser. C'était exactement ce dont ces adolescents avaient besoin pour évoluer. Être mis au défi. Être poussé.
Harry se coucha sur le dos, fermant les yeux quelques secondes.
- Déjà épuisé Potter ? Et tu prévois sauver le monde ? railla Malfoy.
- La ferme, répondit l'adolescent.
- Messieurs, vous venez de mériter le droit de faire 15 push-ups, déclara Snape, sa voix à peine plus haute qu'un murmure. Maintenant !
- Brillant Malfoy, murmura le Gryffondor alors qu'il se relevait sans enthousiasme.
- 30 push-ups, corrigea le Maître des potions, les yeux étincelants malgré ses traits neutres.
D'une complémentarité intéressante, il était primordial que ces deux là cessent de se lancer des piques et apprennent à travailler ensemble. S'ils n'avaient pas, pour le moment, saisi cette opportunité, il allait veiller à ce qu'ils retrouvent leurs esprits. Ils n'avaient pas besoin de s'apprécier ou de développer une amitié. Seulement de faire preuve d'un respect minimum l'un envers l'autre. Les épreuves se chargeraient de faire évoluer cette relation…
Il était satisfait de ce qu'il avait observé. Les aptitudes en défense de Potter lui prouvaient qu'il avait eu raison de se concentrer sur la base au cours des premiers jours de son séjour.
- La prochaine heure est libre. Veillez à m'apporter vos dissertations. M. Potter, je vous attendrai ici à 15h.
Les devoirs en main, il s'isola dans un fauteuil de la bibliothèque afin d'en prendre connaissance. La rédaction de Malfoy était intéressante. S'il n'avait répondu qu'en partie aux questions imposées et de manière relativement superficielle d'ailleurs, il avait tout de même extrapolé sur les choix, particulièrement les choix imposés et leurs conséquences sur la personne à laquelle ils étaient imposés. Le ton était sobre, les mots choisis afin de donner un ton théorique, presque professoral à la rédaction. Pourtant, derrière cette apparence soignée, se cachait des émotions vives, visibles au léger tremblement de l'écriture lors de certains passages. Il crut même pouvoir y discerner une larme. Le jeune Serpentard avait reçu une éducation dans la plus pure tradition des Sang-pur mettant en valeur la maîtrise de soi, les apparences et les relations sociales étant particulièrement valorisées. Que le jeune homme laisse transparaître autant de sentimentalisme dans son devoir en disait long sur son état d'esprit. La dissertation de Potter était plus ciblée, se contentant de proposer hypothèses et réponses aux questions qui avaient été posées. Loin de négliger la rédaction pour autant, il offrait des explications honnêtes, faisant preuve d'ouverture et de réalisme. Il envisagea de discuter avec chaque adolescent de leurs écrits mais décida finalement que la rédaction avait été suffisante pour les faire réfléchir pour le moment.
Il retourna à la salle d'entraînement à l'heure dites, apportant avec lui sa pensine. Potter l'attendait, assis par terre, le dos appuyé au mur, les yeux fermés.
- M. Potter, le salua-t-il alors qu'il fermait la porte.
L'adolescent ouvrit les yeux et posa sur lui son regard émeraude.
- Comment vos exercices de relaxation se déroulent-ils ? demanda-t-il.
- Bien monsieur, répondit l'adolescent. Je les fais tous les soirs.
- Parfait. Nous débuterons donc par cela pour les 20 prochaines minutes.
Des exercices de relaxation, ils passèrent ensuite à la leçon d'occlumancie. Le jeune Gryffondor lui avait demandé de pouvoir voir ses propres défenses et il avait décidé de les lui montrer. Il avait donc, lors de sa visite du matin même à Poudlard, demandé à Dumbledore d'user de la Légilimancie sur lui à 3 reprises. Il avait ainsi pu extraire ces souvenirs de sa mémoire et les déposer dans la pensine. L'objet allait lui permettre d'expliquer en direct à l'adolescent le contexte et les techniques employées.
- Avez-vous d'autre questions M. Potter ? interrogea-t-il alors qu'ils terminaient le visionnement du 3e souvenir.
- Serait-il possible de modifier un souvenir pour ne pas qu'il soit vu en entier ?
- Il est possible de le faire mais il deviendra évident que le souvenir a été altéré, ce qui en fait une bien piètre stratégie de protection.
- Pourrait-on imaginer un souvenir alors ? Créer quelque chose de toute pièce ?
- C'est en effet envisageable, répondit lentement Snape, toutefois, cela demande une grande précision ainsi qu'un sang froid remarquable dont la majorité des gens sont dépourvus en situation de stress.
Nous allons faire quelques essais. Restez détendu. Je veux que vous vous concentriez afin de me montrer des souvenirs sans importance. Ne me donnez pas l'occasion de chercher. Soumettez-les-moi.
Ils firent plusieurs essais.
- Bien Potter. J'aimerais que vous soyez plus fluide. Que vous diminuiez le temps entre les différents souvenirs. Imaginez que vous feuilletez un livre ou une revue. C'est la vitesse à atteindre.
Les tentatives suivantes ne furent pas plus convaincantes. Le Gryffondor ne régressait pas mais sa fluidité ne s'améliorait pas pas pour autant. Il le congédia finalement après 1h de travail, somme toute, adéquat.
Le repas se passa sans encombre, les adolescents ayant adopté une attitude qu'il aurait qualifié d'ignorance mutuelle. La soirée fut consacrée à la révision de sortilèges en tout genre, appris au cours des 5 dernières années. Il leur en enseigna plusieurs nouveaux qui auraient dû être abordés lors de leur 5e année. Le Serpentard disposait d'un plus grand répertoire de maléfice puisque ses parents avaient accordé une grande importance à ses résultats scolaires, lui imposant des précepteurs lors de toutes les vacances scolaires depuis sa toute première année. Nul doute, connaissant Lucius, qu'il ait également imposé à son fils des leçons privées dont les méthodes d'enseignement n'auraient pas été jugées pédagogiques à Poudlard. Le patriarche Malfoy aimait son fils presque autant que son propre nom. Presque.
Harry se doucha et se mit rapidement au lit. Si la journée n'avait pas été constituée d'activité physique intense, il se sentait néanmoins lessivé. Un bruit attira son attention, et il remarqua deux yeux l'observant dans le coin de sa chambre. Ajustant ses lunettes sur le bout de son nez, il jeta à nouveau un regard. Aucun doute, quelque chose l'observait. Il se leva, s'approchant doucement. Les deux yeux appartenaient à un chat. Il hésita un instant avant de prendre l'animal. Sortant de sa chambre, il se dirigea vers le bout du corridor. Il cogna à la porte, qui s'ouvrit quelques secondes plus tard.
- Oui ? grogna Malfoy.
- Elle était dans ma chambre.
Le regard du blond sembla s'adoucir lorsqu'il se posa sur le chat.
- Viens ici toi, dit-il avec un léger sourire. Merci, ajouta-t-il avant de refermer la porte.
Le chat de Malfoy est un Bleu russe, pour ceux qui aimeraient le voir. Alors, étonné ? J'aimerais bien avoir vos impressions.
