Chapitre 10

Le lundi, Blaine se cacha dans une salle de classe juste à côté du casier de Tyler. Il attendit que Tyler soit occupé avec ses livres avant de s'approcher.

« C'était une jolie cascade que tu as faite. »

Tyler se retourna en sursautant. Il croisa les bras et fit un regard innocent à Blaine.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. »

« Tu n'étais pas obligé de faire ça. »

« En fait Blaine, si, je le devais. Kurt a l'air d'être un gentil garçon. Je pense qu'il mérite de savoir comment tu traites tes amants. »

« Ce n'est pas comme ça avec lui. Il est mon petit-ami. »

Le visage de Tyler s'assombrit. Il avait l'air triste.

« Je ne te comprends pas Blaine. Je t'appréciais vraiment. Je t'ai choisi. Je me suis donné à toi. J'aurais été ton petit-ami. Pourquoi est-ce que tu ne voulais pas de moi ? »

« Tyler… ça n'a rien à voir avec toi. Je ne pouvais pas avoir de petit-ami avant. J'avais peur de mon père… ça n'aurait pas marché. »

« Donc, tu n'as plus peur de lui ? »

« Non. Je n'ai plus peur. »

« Donc, Kurt t'as au lieu de moi. »

Blaine soupira. Il avait du mal à croire que Tyler avait toujours quelque chose pour lui après presque deux ans.

« Tyler… je ne suis pas le seul gay dans cette école. Tu te rappelles ? Tu es celui qui m'a dit ça. »

Tyler ferma son casier et regarda Blaine droit dans les yeux.

« Mais tu es le seul qui peut me baiser de la façon dont j'ai besoin. Crois-moi, je le sais. Je suis devenu une salope après que tu m'ais jeté. Ecoute, je sais que tu as un petit-ami mais… si ça ne marche pas ou… si tu te sens seul… tu peux e baiser quand tu veux. Juste appelle-moi. »

Il se retourna et alla en cours, laissant Blaine sans voix et avec une érection très, très dure.


Blaine regarda le calendrier et soupira. Il n'y avait plus que trois semaines d'école. Pendant que ses amis faisaient des plans pour des jobs d'été ou se préparaient pour des vacances en famille, Blaine regardait le calendrier d'apparition de campagne. Il était énervé. Habituellement, ses parents lui donnaient un peu de mou et le faisait seulement assister aux obligations les plus importantes. Cette année, ses initiales étaient à côté de chaque date. C'était quoi ce bordel ? Comment diable était-il supposé mettre Kurt dans son lit s'il était absent tout l'été ? Penser au sexe avec Kurt l'énervait encore plus. Grâce à Tyler, Blaine avait dû pratiquement recommencer avec Kurt. C'était comme si savoir que Blaine n'était pas vierge avait rendu toute l'idée de coucher encore plus terrifiante. L'offre de Tyler commençait à sonner plutôt bonne. Après tout, c'était entièrement de sa faute. Blaine avait envie de l'attacher à un lit et de le sauter pendant des jours en punition pour avoir fait merdé ses plans.

A la place, il prit ses clefs de voiture et se dirigea vers le quartier général de la campagne.

~oOo~

Le quartier général de la campagne était une maison de style Victorien dans le centre-ville de Westerville. C'était une magnifique maison de 3 étages avec de larges pièces et beaucoup d fenêtres. Le premier étage était utilisé pour les rencontres avec le public. La salle à manger avait été transformée en salle de conférence. Le bureau de son père était au fond avec des bureaux pour l'équipe. La plupart du travail de campagne prenait place au second étage et le troisième étage était utilisé pour du rangement.

Blaine entra, s'arrêtant pour regarder l'immense portrait de son grand-père, le député américain Jim Anderson. En grandissant, il avait entendu des histoires sur son légendaire grand-père. On disait que le député Jim, comme il était appelé, pouvait faire un deal avec le diable lui-même. Et l'avait probablement fait. Il était connu pour être capable de s'asseoir à côté d'un opposant et d'une certaine façon, réussissait à s'en aller de la réunion avec ce qu'il voulait et un petit extra. Il était respecté comme un négociateur talentueux et un opérateur politique astucieux. Mais, il y avait ceux qui croyant qu'il y avait plus à ça qu'un simple talent. Ses opposants politiques murmuraient silencieusement entre eux à propos d'être à des réunions où ils avaient l'impression que des pensées étaient plantées dans leur tête. Ils se retrouvaient à être d'accord avec des contrats et plus tard, ne se rappelant pas pourquoi ils avaient accepté.

Blaine trouvait ces histoires intéressantes. Très intéressantes.

Il trouva son père dans la salle de conférence, ayant une réunion avec les membres principaux de l'équipe, quelques personnes en plus engagés juste pour la saison de la campagne et Phil.

« Pourquoi est-ce que je suis sur le programme pour chaque putain de d'apparitions de cet été ? »

Son père le regarda.

« Comment oses-tu entrer ici et interrompre ma réunion, sans parler de ton langage, petit con ! Va attendre dans mon bureau ! »

« Vraiment papa, Mon langage ? » Blaine rit et retourna dans le hall.

Quelques minutes plus tard, son père entra et s'assit.

« Maintenant, quel est ton problème ? »

« Pourquoi est-ce que je suis marqué pour chaque apparition de campagne ? J'ai des tournois de tennis cet été. » Et un vierge très sexy à baiser.

« On a besoin que tu aides avec tout le truc, Multiplie le Vote. Tu sais, que les votes soit aussi fait par les jeunes gens. »

Blaine rit. Est-ce qu'il était sérieux ?

« Je ne fais pas ça. »

« Blaine, je n'ai vraiment pas le temps pour tes conneries. Tu vas faire ce qu'on te dit et tu vas aller où on te le dit. Maintenant, vas-t-en. J'ai du travail à faire. »

Blaine regarda son père.

« Non. »

« Quoi ? »

« Non. Je n'y vais pas. Je ne fais pas cette merde cet été. »

« Blaine… ne me teste pas putain. Je ne suis pas dans l'humeur. »

Blaine se leva. De petites vagues de colère et de frustration roulèrent hors de sa peau faisant trembler légèrement son corps. Il fixa un regard noir sur son père. Sa voix, calme.

« En fait papa, je te suggère de ne pas me tester. Je ne suis pas dans l'humeur. Je ne vais pas t'accompagner à quoi que ce soit cet été et je te défie, putain je te défie d'essayer de m'obliger. »

James regarda son fils avec peur et colère.

« Je te déteste, Blaine. Vraiment. Tu étais un enfant merveilleux mais maintenant… maintenant tu es juste un… »

La porte s'ouvrit et Nancy, la secrétaire apparut.

« James, désolé d'interrompre mais, il y le gouverneur au téléphone. J'ai supposé que vous voudriez le prendre. »

« Merci Nancy. Je vais le prendre dans un moment.

Nancy ferma la porte.

Blaine déchira le calendrier de campagne et le jeta sur le bureau de son père.

« Je vais supposer que nous sommes clairs. Bonne chance avec ta campagne. J'espère que tu vas perdre. »

Blaine se retourna et s'en alla.

James se rassit dans sa chaise et frotta son front avec ses doigts. Il sortit une bouteille de bourbon, en versa dans un verre et le but d'un coup. Il se rassit encore.

Qu'est-ce qu'il allait donc faire pour Blaine ? Il s'en fichait en fait s'il ne participait pas à la campagne de cette année. Les conseillers et stratégistes étaient les seuls qui le voulaient. Le fils beau garçon du sénateur. Qui aide à obtenir des votes de la part des femmes et des jeunes adultes. Ces jours-ci, James trouvait son fils assez effrayant. S'il pensait qu'Elaine serait d'accord, il le jetterait dehors. Blaine était une bombe à retardement. En plus… il lui rappelait son père et ça lui fichait la trouille.

Il prit une profonde respiration et prit son téléphone.

« Bonjour, Gouverneur. »


Pendant que Blaine s'était battu pour son été, Kurt se battait pour des épices fraiches au seul magasin d'épices de Lima. La propriétaire du magasin, Ann, aimait et détestait Kurt. L'aimait parce qu'il était son meilleur client. Le détestait parce qu'il était tellement pointilleux.

« Ann, est-ce que tu es sûr pour ce fenouil ? Quand est-il arrivé ? »

« Pour l'amour de dieu Kurt ! Je te l'ai dit, je l'ai juste eu ce matin ! »

Il renifla. « Je ne sais pas Ann. Je pense que ton vendeur essaye de m'en mettre un trop mûr. »

Kurt se disputa avec Ann pendant quelques minutes avant de se balader dans le magasin pour choisir quelques ingrédients de plus. Il pensait faire un rôti pour Blaine ce week-end. Le garçon était un tel carnivore.

« Et bien, bonjour ! »

Kurt leva les yeux. Ça lui prit un moment pour identifier le visage.

« Oh ! Michael, c'est ça ? »

« Oui. Sympa de te rencontrer ici. »

« Malheureusement, quand on en vient aux épices fraiches, c'est le seul choix en ville. » Il se pencha vers Michael et murmura, « et parfois je me demande à quel point elles sont vraiment fraiches. Fraiche d'une ferme ou fraiche d'une boite. »

Michael rit. Les deux se promenèrent dans le magasin ensemble, discutant de recettes et d'épices. Une fois qu'ils furent dehors, Michael se tourna vers Kurt.

« Ecoute, je meurs de faim. Est-ce que tu veux venir manger un bout ? »

Kurt se sentit soudain mal à l'aise. Blaine n'aimerait pas ça.

« Hey, écoute. Tout ça est très innocent. Je sais que tu as un petit-ami. Je n'essaye pas de me trouver quelqu'un ou quelque chose comme ça. »

Kurt se relaxa. « Okay. »

Ils allèrent vers une pizzéria et s'installèrent. Kurt apprit que Michael était un écrivain, travaillant sur une nouvelle qu'il espérait publier un jour. Pour faire aussi un peu d'argent, il faisait quelques écritures techniques ainsi que du travailles freelance. Assis là, écoutant Michael, ça frappa soudain Kurt qu'il n'avait aucun ami gay. Bien sûr, il avait Blaine et Mercedes et Rachel et Tina qui étaient géniaux mais, il n'avait aucun mec gay à qui parler de certaines choses. Comme de sa relation avec Blaine ou de… sexe. Il aimait bien Michael. Ils avaient beaucoup en commun et il était facile de lui parler. Et Michael était plus âgé. Il saurait plus. Ce serait bien d'avoir un ami gay.

« Donc Kurt, comment va ton mignon petit-ami ? »

Kurt sourit. « Il est génial mais… » Kurt regarda Michael. Il aimerait l'opinion de quelqu'un d'autre pour l'épisode de Tyler.

« Mais, quoi ? »

« Et bien, j'ai découvert qu'il m'a menti. »

« Ooh. C'est un grand non. Sur quoi a-t-il menti ? »

Kurt lui raconta l'histoire. Michael parla très soigneusement.

« Donc, il a couché avec cet autre gars, il y a genre deux ans, quand il avait 15 ans ? »

« Ouais. »

« Donc, juste par curiosité, est-ce que ses parents savent qu'il est gay ? Je me demandais juste parce que 15 ans semble plutôt jeune pour avoir des relations sexuelles. Je me demande juste si ses parents sont au courant de ça. »

« Oh, il a fait son coming-out quand il avait 14 ans mais, je suis sûr qu'ils ne savent pas pour le sexe. »

« Wow. Très brave de sa part de faire son coming-out si jeune. Comment l'ont-ils prit ? »

« Pas très bien. Son père était très déçu. Ils ne s'entendent pas du tout. Hey, est-ce que tu as vu le numéro de Vogue de ce mois-ci ? »

Michael permit à Kurt de changer de sujet. Il avait entendu ce qu'il avait besoin d'entendre.

Une fois qu'ils se séparèrent, Michael attendit que Kurt soit dans son SUV et ait démarré pour sortir son portable.

« Allo Jack ? Ouais, c'est Mark. Ecoute, et si nous prévoyons de sortir l'histoire sur Anderson dans 3 semaines, juste quand la campagne commence officiellement ? J'ai presque tout ce dont j'ai besoin... »