Note d'auteur : La version qui suit est une réécriture de La Triste Vie d'Antigone Rogue qui, je l'espère, sera un peu meilleure ;)
Le rythme de (re)publication sera hebdomadaire.
Bonne lecture ^^
La Triste Vie d'Antigone Rogue
Chapitre 10 : Victoire
Victoire ne sut dire ce qui l'étonna le plus ce matin du 2 mai quand elle entra dans la Grande Salle : ses amis qui l'attendaient avec un gâteau d'anniversaire en forme de V et une banderole sur laquelle s'étalait en lettres colorées "Bon anniversaire Victoire Weasley !" ou le fait que personne ne semblait prêter attention à un jour aussi spécial que celui-ci. Non pas parce qu'il correspondait à son anniversaire, mais plutôt parce qu'il célébrait la victoire d'Harry Potter, la défaite de Voldemort et la fin de la guerre. Ce ne fut que lorsqu'elle avisa Severus Rogue qui discutait avec Albus Dumbledore qu'elle comprit son erreur : à l'époque à laquelle ils étaient coincés, la Victoire n'avait pas encore eu lieu.
– Joyeux anniversaire ! s'écrièrent Antigone et Teddy d'une voix chantante alors qu'elle arrivait à leur niveau.
– Merci, mais ce n'est pas la peine de faire autant de bruit !
– Bien sûr que si ! répliqua Ted. Et c'est même une excellente excuse pour faire la fête ce soir dans la Tour Gryffondor. Et puis, tu as vu : je m'en suis souvenu !
Antigone lui donna un méchant coup de coude alors que Victoire s'asseyait en face d'eux.
– Seulement parce que je te l'ai rappelé, précisa la Serpentard. C'est étrange, ajouta-t-elle à l'intention de Victoire, personne ne célèbre la fin de la guerre.
– Oui, approuva Teddy. On est le 2 mai et on va avoir cours ! Tu te rends compte ?
– C'est normal, la Victoire n'a pas encore eu lieu. Nous sommes dans le passé, rappela la Serdaigle.
– Je trouve ça vraiment étrange, répéta Antigone.
– Je pense qu'il y a tout de même des avantages, dit Teddy en enfournant une énorme cuillère de porridge dans la bouche. On n'est pas obligé de faire cette minute de silence au petit déjeuner, ce qui a le don de me couper l'appétit tous les ans, et l'anniversaire de Victoire ne passe pas inaperçu à Poudlard.
– Franchement, je n'avais pas besoin de toute cette attention, fit-elle en désignant avec un certain mépris la banderole et le gâteau.
– Allez, sois sympa Victoire, et laisse nous profiter un peu, tenta Teddy pour lui faire perdre sa mine renfrognée. Ça nous fait plaisir.
– Pas moi, grogna la jeune Weasley en croisant les bras avec un air légèrement boudeur.
Hermione, qui n'avait pu s'empêcher d'écouter leur conversation, étant assise juste à côté de Teddy, choisit ce moment pour intervenir.
– De quelle victoire parlez–vous ?
– Victoire Weasley, répondit immédiatement le petit Lupin la bouche pleine de gâteau au chocolat de ladite Victoire. Quelle drôle de question !
– Non, pas ça ! s'expliqua Hermione. Vous parliez d'un événement, d'une victoire qui n'a pas encore eu lieu dans notre temps.
– Le 2 mai 1998, récita la Serdaigle. Victoire de la Bataille de Poudlard qui mit fin à la guerre entre Voldemort et ses Mangemorts et l'ordre du Phénix par la mort du Seigneur des Ténèbres de la main du célèbre Harry James Potter. Merci professeur Binns pour ses passionnants cours d'histoire de la magie.
– C'est aussi accessoirement le jour de la naissance de Victoire, compléta Teddy avec un sourire. D'où son prénom.
Harry, pas très loin du trio, faillit s'étouffer en entendant son nom alors que Ron s'exclamait :
– J'y crois pas mec ! Tu vas réussir à tuer Tu-Sais-Qui ! C'est vraiment trop cool !
– Ce n'est pas juste cool, Ron, renchérit Seamus. C'est carrément extraordinaire. !
– Donc dans un an, reprit Hermione stoppant d'un geste de la main les commentaires des Gryffondor, Harry mettra fin à la guerre qui nous oppresse tous en ce moment ?
– C'est ça, confirma Antigone. Mais ne posez pas trop de questions, nous ne pouvons pas répondre.
Elle ponctua sa phrase d'un regard appuyé en direction de Teddy, qui n'y prêta pas attention, trop occupé à manger tout ce qui lui tombait sous la dent.
– Tu ne veux pas nous dire comment Harry a réussi à tuer Tu-Sais-Qui ? essaya Ron.
– Non.
– Tu peux nous dire qui mourra ?
– Encore moins !
– Mais enfin…
– Arrête Ron, l'interrompit Hermione, tu sais très bien qu'ils ne peuvent pas nous révéler d'informations qui pourraient changer le futur.
Ron allait protester, mais Teddy reprit la parole joyeusement :
– Qui est partant pour une fête dans la tour Gryffondor ce soir pour l'anniversaire de Victoire ?
Seule la Serdaigle semblait réticente à l'idée. Les autres explosèrent presque littéralement de joie.
La journée défila bien trop rapidement pour Victoire qui avait espéré convaincre ses amis d'annuler cette fête stupide et inutile dans la tour des Gryffondor. Elle n'avait nullement l'envie d'être le centre de toute l'attention, elle l'était déjà suffisamment avec cette histoire de voyage dans le passé et toutes les bêtises d'Antigone et de Teddy. Mais ses tentatives furent vaines et le soir même, elle se retrouva dans la salle commune entourée de Gryffondor fêtards qui cherchaient n'importe quel prétexte pour se divertir.
– Arrête de bouder et viens t'amuser ! s'exclama Ted en s'approchant du fauteuil dans lequel elle essayait de se cacher.
Elle jeta un regard désapprobateur autour d'elle avant de répondre :
– Je ne crois pas.
Le Gryffondor leva les yeux au ciel puis se laissa tomber à côté d'elle ou plutôt à moitié sur elle étant donné que le fauteuil était trop petit pour deux personnes.
– Qu'est-ce que tu fabriques ? demanda-t-elle immédiatement.
– Je reste avec toi ! Tu ne vas tout de même pas passer ta soirée à t'ennuyer toute seule alors que c'est ton anniversaire !
La jeune fille le regarda un peu étonnée, avant de répondre avec un sourire :
– Merci.
Il restèrent silencieux un moment à observer les autres Gryffondor rire et danser avec joie puis Victoire reprit la parole :
– Tu es stressé.
– Quoi ? N… Non pas du tout !
– Ce n'était pas une question.
Ted ne répondit pas et la Serdaigle en profita pour continuer :
– Tu es stressé parce que demain nous allons voir tes parents et que tu ne sais ni comment ils vont réagir ni comment tu vas réagir.
– Je… c'est… oui, je suis stressé, avoua– t– il. Tu peux comprendre, non ? Enfin tu as bien vu comment Severus a réagi quand il a appris qu'Antigone était sa fille : il s'est enfui en courant. Alors même maintenant s'il l'a plus ou moins acceptée, j'ai toujours peur.
– Je comprends, mais tu ne devrais pas être effrayé comme ça. Tout va bien se passer, le rassura– t– elle.
– Tu le penses vraiment ? demanda-t-il d'une petite voix.
– Oui. Et si jamais ils sont méchants avec toi, je les transforme en crapauds ! plaisanta–t–elle.
Teddy explosa de rire.
– Arrête ! J'ai pas envie d'avoir des batraciens comme parents !
– Ce serait rigolo : Teddy le têtard, fils de Remus le crapaud et Nymphadora la grenouille. C'est cool, non ?
Leurs rires redoublèrent et ils mirent plusieurs minutes avant de reprendre leur souffle.
– Au fait, où est Antigone ? demanda Victoire quand ils se furent enfin calmés. Je pensais qu'elle était avec toi.
– Non, je ne l'ai pas vu depuis la fin du cours de Métamorphose avec McGo. J'ai été voir dans notre chambre mais elle n'y était pas. Tu sais où elle est partie ?
– Probablement quelque part dans les cachots.
– Alors c'est dans ce chaudron que je suis née ?
– C'est dans celui-ci que j'ai commencé en tout cas.
Depuis la fin des cours, Antigone étudiait le bureau de son père et elle venait juste de tomber sur un chaudron bouillonnant à l'aspect intrigant.
– Ce n'est probablement qu'une ébauche. Je ne pense pas réussir du premier coup. A vrai dire je ne pensais pas réussir du tout avant que tu arrives.
– Tu doutais de ton talent ?
– Je doutais que cette expérience soit réalisable, ça paraissait complètement fou.
– Je croyais que cela se faisait déjà au Moyen-Age.
– Le taux de réussite n'était pas vraiment optimal.
– Mais finalement c'est faisable. J'en suis la preuve vivante !
Severus fronça les sourcils. Il n'aimait pas du tout le tour que prenait le cours de sa vie. Cette fillette était particulièrement effrayante à ses yeux, elle apportait un futur qu'il n'arrivait pas à s'imaginer. Et depuis, il avait peur. Il avait peur et il doutait. Et cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas ressenti ces sentiments. Il n'était pas certain que cette enfant née dans un chaudron soit une bonne idée. Il était complètement perdu, mais ça il ne l'avouerait jamais.
Il observa quelques instants Antigone, qui était partie à la découverte d'autres coins de son laboratoire de Potions, puis décida de briser le silence :
– Tu ne fais pas la fête avec tes amis Gryffondor ? demanda-t-il.
– Non, répondit-elle sans s'étonner du fait qu'il soit au courant de leur petite fête improvisée. C'est la première et dernière fois que je passe mon 2 mai avec toi. J'en fêterais d'autres des anniversaires de Victoire.
– Et pourquoi est-ce que tu voudrais passer le 2 mai avec moi ?
– C'est l'anniversaire de ta mort, dit-elle avec un sourire triste et il eut soudain l'envie étrange et terrifiante de la prendre dans ses bras pour retirer cette moue peinée de son visage, mais il la chassa bien vite.
– Merci de me rappeler que je vais bientôt mourir. C'est assez rassurant, ironisa-t-il.
– Tu oublieras tout une fois que je serai partie alors ça n'est pas d'une très grande importance.
Il voulut répliquer que, pour le moment, il se souvenait de tout et qu'il trouvait particulièrement terrifiant qu'on lui annonce sa mort prochaine, mais elle ne le laissa pas parler et poursuivit sur sa lancée :
– Tu sais, il est assez étrange et paradoxal de célébrer l'anniversaire de ta mort avec toi, vivant… La situation parait…
– Folle ?
– Je pensais plutôt à « décalée ».
– Tu as voyagé dans le temps et modifié le passé. Tout peut te sembler décalé. Et puis nous ne célébrons rien du tout, ajouta-t-il précipitamment.
– C'est vrai, admit-elle avec un léger sourire, et c'est bien mieux ainsi.
– Viens danser ! lança Teddy après quelques minutes de silence.
– Pas question ! répondit Victoire fermement.
– Viens danser avec moi, tenta-t-il.
– Et tu crois que c'est ça qui va me faire changer d'avis ?
– S'il-te-plaît ?
Elle le regarda faire ses yeux de chien battu pour qu'elle change d'avis puis lâcha :
– D'accord.
Il se leva d'un bond du fauteuil et lui tendit aussitôt la main. Elle la prit avec réticence, non pas parce que c'était lui, mais parce qu'elle n'aimait pas danser. Vraiment pas. Les notes mélodieuses et lentes d'un slow s'élevèrent dans la salle et le Gryffondor murmura un « parfait » que Victoire fit semblant de ne pas avoir entendu.
Une fois sur la piste de danse, Teddy prit la Serdaigle par la taille alors qu'elle plaçait ses bras autour de son cou et ils commencèrent à tourner lentement. La musique les guidait doucement et la jeune fille pensa même que ce n'était pas si horrible que cela, finalement.
– Joyeux anniversaire Victoire.
– Merci, souffla-t-elle en posant sa tête sur l'épaule de Teddy pour se laisser bercer par le doux rythme de la mélodie et la lente respiration du garçon.
Cette nuit-là, Teddy et Victoire restèrent plus longtemps ensemble sans se disputer que jamais et pour une fois leurs cœurs semblaient battre à l'unisson.
Cette nuit-là, Antigone discuta longuement avec son père, de sujets plus ou moins importants et pour une fois, elle semblait vraiment heureuse. Quand elle quitta enfin le bureau de Severus, elle retrouva ses deux meilleurs amis blottis l'un contre l'autre dans le canapé de leur suite et passa dans sa chambre sans les réveiller, une joie nouvelle réchauffant son cœur. Antigone délaissait ce cycle de tristesse infinie dans lequel elle s'était si longtemps enfermée pour découvrir avec bonheur un monde plus ensoleillé.
– Vous êtes sûres que ça va bien se passer ? demanda le petit Teddy pour la énième fois.
– Mais oui ! répondit Victoire, exaspérée par son comportement puéril. Où est donc passé le Gryffondor courageux et intrépide qui était notre meilleur ami ?
– Franchement, je crois qu'il s'est fait la malle, souffla le garçon, faisant de l'humour pour cacher son manque d'assurance évident et sa nervosité.
– Arrête de retourner la situation dans tous les sens, tu vas te faire des nœuds au cerveau ! Vas-y avant de te défiler ou tu le regretteras amèrement.
Ted ne répondit rien, trop occupé à regarder la bâtisse tordue dressée devant lui qu'il connaissait bien et qui ne lui faisait pas aussi peur d'habitude.
Le matin même, ils étaient allés demander la permission à Dumbledore de quitter le château pour rendre visite aux parents de Teddy. Il avait longuement hésité, leur proposant plutôt de les faire venir mais les adolescents savaient que Remus et Nymphadora n'arriveraient pas avant plusieurs jours, voire semaines, à Poudlard et ils n'étaient pas sûrs que leur départ ne serait pas programmé avant qu'ils n'aient pu voir les Lupin. Le directeur avait fini par accepter et leur avait créé un portoloin qui les avait directement amenés dans le jardin des Weasley.
– On peut y aller ? demanda Antigone qui n'avait pas pris part à leur dispute et qui commençait à s'impatienter.
– Oui, oui, répondit Victoire en poussant Teddy vers l'entrée.
Antigone frappa à la porte du Terrier et attendit. Ce fut Molly Weasley qui vint leur ouvrir, un peu étonnée de trouver trois adolescents inconnus sur le seuil de sa maison.
– Qui êtes-vous ? demanda–t–elle suspicieuse.
– Nous sommes les trois voyageurs dans le temps, annonça Victoire parfaitement sûre d'elle.
– Les quoi ?
– Les voyageurs dans le temps, répéta-t-elle. Nous venons du futur.
– Vous êtes un peu jeunes pour être fous au point de croire à ce genre de choses, non ?
– Dumbledore devait vous prévenir, intervint Antigone qui semblait comprendre d'où venait le problème. Par hibou. Vous n'avez pas reçu de…
Elle se tut quand une vieille chouette s'écrasa soudainement à ses pieds avec un paquet dans le bec.
– …lettre ? finit-elle.
– Errol ! s'exclama Mrs Weasley en ramassant la missive et en laissant l'oiseau repartir avec quelques plumes froissées.
Elle parcourut le parchemin en ouvrant de plus en plus grand les yeux au fil de sa lecture. Elle la relut plusieurs fois avant de finalement demander timidement :
– Victoire Weasley ?
La Serdaigle lui offrit son plus beau sourire puis se dépêcha de présenter ses deux meilleurs amis :
– Ted Lupin et Antigone Rogue. Nous sommes ici pour voir les parents de Teddy : Remus et Nymphadora.
– Oui, c'est ce qu'il semble, répondit Mrs Weasley lentement en jetant un coup d'œil à la lettre qu'elle tenait encore dans sa main. Entrez, ils doivent être dans le salon.
Elle leur ouvrit la porte et Antigone fut obligée de pousser Ted pour qu'il avance. A l'intérieur, ils furent tous les trois assaillis par d'étranges sentiments contradictoires. Ils connaissaient parfaitement les lieux, qui ne changeraient pratiquement pas dans le futur, pourtant il leur semblait que ce n'était pas la même maison que celle qu'ils avaient connus, qu'ils connaissaient. Ils avaient l'impression de détonner dans ce salon alors qu'ils y avaient quasiment grandis. C'était le voyage dans le temps qui leur donnait ce sentiment bizarre à la fois d'appartenir au lieu et de s'y sentir étrangers.
Ils passèrent outre ce léger malaise et avancèrent davantage jusqu'à s'arrêter brusquement face à Remus Lupin et Nymphadora Tonks qui discutaient à voix basse. Teddy était totalement incapable de faire un pas de plus, fasciné et effrayé par la vision de ses parents.
Doucement, Victoire appuya sur son dos en signe d'encouragement et Antigone se racla la gorge pour attirer l'attention des adultes sur eux. Quand Tonks et Remus tournèrent la tête vers eux, le petit Lupin ne put s'empêcher de s'exclamer :
– Maman ! Papa !
Et il se précipita sur eux pour les embrasser sous leurs regards interdits.
– Je pense qu'on devrait le laisser se débrouiller maintenant, chuchota Antigone. Il y arrivera très bien tout seul.
– Oui, approuva Victoire dans un murmure, maintenant que son courage de Gryffondor lui est revenu.
Elles jetèrent un dernier coup d'œil à Teddy. Surexcité, il tentait d'expliquer la situation à ses parents qui souriaient devant tant d'agitation sans vraiment comprendre ce qu'il leur racontait. Les deux filles quittèrent la pièce, confiantes.
– Ça y est, le monstre a vu ses parents. Nous allons enfin rentrer chez nous, dans le futur, dit Victoire.
– Ne l'appelle pas « monstre », lui reprocha Antigone. Il pourrait mal le prendre, avec la lycanthropie de son père.
– Mais tu sais bien que c'est juste affectif.
– Oui.
Elles étaient toutes les deux assises à la table des Weasley pendant que leur ami discutait avec ses parents. Elles n'avaient pas voulu le déranger mais elles savaient qu'ils ne pourraient pas rester trop longtemps et devraient bientôt rentrer à Poudlard.
– Quand est-ce que la potion de retour sera finie ? reprit Victoire après un long moment de silence.
– Je ne peux pas le dire exactement. J'avais prévu un délai d'un mois au début mais il me semble que j'avance plus vite et si je demande de l'aide à mon père, nous pourrions probablement repartir encore plus tôt ? Tu as envie de rentrer ?
– Ce n'est pas que je ne me plais pas ici mais ce n'est pas mon monde. Ni le tien, Antigone, ne l'oublie pas. Tu t'es construit une vie dans notre monde, tu ne peux pas l'abandonner comme ça. Et je sais que tu en as envie.
– Parfois, je me demande… J'ai une famille ici.
– Ton père ne survivra pas longtemps, tu le sais parfaitement.
La Serpentard ne répondit pas et baissa la tête.
– Ta vraie famille, notre famille, t'attend là-bas, reprit Victoire. J'espère que tu en es consciente. Tu n'auras rien à regretter en partant d'ici.
– C'est facile pour toi de dire ça.
– Peut-être. Mais je sais que c'est la vérité. Et toi aussi. Tu reviendras de ton séjour dans le passé avec de merveilleux souvenirs mais surtout pas de regrets.
– Si tu le dis.
Elles se turent un long moment puis Victoire reprit la parole :
– Il est temps de rentrer. Allons chercher le monstre.
Le surnom arracha un léger sourire à Antigone qui se leva et suivit Victoire.
Quand Antigone et Victoire entrèrent dans le salon, Teddy était dans les bras de sa mère, souriant, pendant que Remus parlait à voix basse en le regardant tendrement. C'était un spectacle attendrissant mais terriblement douloureux quand on se rappelait qu'il serait unique.
– Désolé de vous interrompre, fit Victoire doucement, mais nous allons devoir partir.
Le petit Gryffondor les regarda puis se retourna vers ses parents qu'il serra dans ses bras en murmurant un merci à peine audible. Puis il quitta la pièce avec ses deux amies.
– Alors ? demanda Antigone une fois qu'ils furent sortis.
– Alors quoi ? répondit Teddy. Vous n'avez tout de même pas stressé pour moi ?
– Idiot ! souffla Antigone pendant que Victoire lui ébouriffait les cheveux pour lui faire payer sa plaisanterie plus que douteuse.
– Sérieusement, comment ça s'est passé ? demanda à nouveau Antigone.
Teddy leur offrit son plus beau sourire avant de sortir son Portoloin et de disparaître. Les deux filles échangèrent un regard mi-amusé mi-exaspéré avant d'en faire de même. Elles avaient retrouvé leur Teddy, Gryffondor stupide et charmeur à ses heures perdues.
A suivre...
