Tout d'abord merci pour prendre le temps de lire ma fic. Merci à tous pour vos commentaires et vos encouragements ça me motive vraiment à écrire la suite, et à connaitre vos suggestions. N'hésitez pas à en laisser d'autres ça me fait toujours vraiment plaisir. Et merci David et Booksy pour m'aider.
Donc voilà la deuxième partie de mon histoire. Jusqu'à présent c'était du pov de Bella mais j'ai décidé de passer au point de vue d'Edward.
Edward POV
X.
Lâche. Je suis un lâche. Une simple lettre pour expliquer mon départ. Pas de confrontation directe. Je suis un misérable.
J'aurai dû la réveiller, l'entendre me dire qu'elle en aimait un autre, la laisser piétiner mon cœur mort qu'elle avait ressuscité pour mieux le détruire. J'aurai dû. Et je ne l'ai pas fait. Je suis un lâche.
Mon esprit torturé vagabonda à nouveau dans cette chambre qui m'était devenue si familière au fil des mois. Je la revoyais, endormie paisiblement, un sourire enfantin sur son visage. Je me revoyais moi, au pied du lit, la regardant à m'en brûler les yeux, mémorisant chaque infime détail de son corps que je chérissais. Je n'osai la réveiller pour lui dire adieu. Je la fuyais pour la seconde fois. Je suis un lâche.
Je repensai à la rage qui s'était emparé de moi lorsque j'avais appris la funeste vérité. Je me remémorai le feu que j'avais ressenti dans tout mon corps, le bourdonnement dans mes oreilles, le voile rouge obscurcissant ma vue. Je voulais tuer cette insupportable douleur dans ma poitrine. Je voulais LA tuer. Je suis un monstre…et un lâche.
« Madame, monsieur nous commençons notre descente vers Paris. Nous vous invitons à regagner votre siège et à vous assurer que vos bagages à mains sont placés dans les coffres ou sous le siège devant vous. Les portes et issues… »
La voix nasillarde de l'hôtesse me sortit de ma torpeur. Je jetai un coup d'œil par le hublot. Il faisait nuit. Voyant que je venais de me « réveiller », le steward vint vers moi.
« Monsieur, désirez-vous un café ? » me dit-il d'une voix trop aigue pour être virile. Il s'était appuyé nonchalamment contre l'appui tête de mon siège et se penchait vers moi en faisant des mimiques efféminées très appuyées qui ajoutaient encore au ridicule de son maintien.
« Non merci »lui lançais-je, et je fermai les yeux afin d'éviter toute nouvelle tentative de sa part pour entamer la conversation.
Il retourna à l'avant de l'appareil de sa démarche si particulière, vexé.
Elle me manquait déjà terriblement. Je la revoyais, fragile petit être, étendue sur son lit, si innocente dans son sommeil. Je m'imaginai sa surprise à son réveil lorsqu'elle trouverait la lettre, cette lettre qui m'avait été si difficile à rédiger et dont je connaissais le contenu par cœur. Cette lettre, symbole palpable de ma lâcheté.
Mon amour,
J'ai cherché pendant longtemps des mots assez forts pour exprimer ce que je ressentais envers toi. Mais les mots ont un pouvoir limité, et les sentiments profonds qui m'animent ne peuvent être couchés sur papier. Je vais tout de même essayer, excuse par avance la maladresse de mes mots qui ne rendront pas justice à mon amour pour toi.
Quand tu liras cette lettre, je serai déjà dans l'avion. J'essaie de m'imaginer ton visage lorsque tes yeux balaieront ces quelques lignes. Ressentiras-tu de la peine ? Malheureusement, je ne serai plus là pour te prendre dans mes bras et te consoler. Je ne pourrais pas essuyer tes larmes, caresser tes cheveux et te dire que tout ira bien.
Ne m'en veux pas trop pour ne pas t'avoir réveillé, mais il m'est plus facile de t'écrire. A vrai dire, je ne sais pas si j'aurais pu me contrôler face à toi.
Si j'ai avancé mon départ, c'est que je ne veux pas te forcer à faire un choix trop hâtif et que tu regretterais plus tard. Ton bonheur est la seule chose qui compte pour moi et je veux que tu prennes le temps de réfléchir à ce que tu souhaites vraiment.
Depuis que je t'ai rencontrée je ne vis plus que pour toi. Avant de te connaitre, je croyais la vie faite de noirs et de blancs, mais tu m'as ouvert les yeux sur un nouveau monde plein de couleurs. Moi qui me croyais mort, tu m'as ressuscité par ton amour. Tu m'as montré que je pouvais aimer en retour, aimer profondément, désespérément, douloureusement. Tu as fait de moi une personne meilleure, je me sentais revivre à travers tes yeux amoureux. Pour tout ce que tu m'as apporté, je te serai éternellement reconnaissant. J'espère à mon tour avoir pu t'apporter un tout petit peu de ce toi tu m'as offert. Quoiqu'il arrive, l'amour que je te porte restera pour toujours gravé dans mon cœur.
J'accepte ce voyage comme une bénédiction. Même si être loin de toi si longtemps est une véritable torture, cette séparation nous sera bénéfique. Prends-bien le temps de mûrir ta décision, et même si celle-ci doit me briser le cœur, je te soutiendrai et je serai toujours là pour toi.
Et pardonne-moi pour ma réaction. Je me fais horreur à l'idée de savoir que j'aurais pu te tuer. Mais cela ne se reproduira jamais je t'en fais le serment.
Rends-moi service, fais attention à toi. J'ai demandé à Alice de bien s'occuper de toi pendant mon absence, alors s'il te plait, ne te mets pas dans des situations périlleuses. Et ne culpabilises pas, tu as fait ce que ton cœur te dictait.
Tu me manques déjà.
Je t'aime,
Edward
Je me remémorai les doutes qui m'avaient assailli tout au long de la semaine et que j'avais négligemment réfutés. J'en étais venu à considérer Bella comme acquise, cruelle erreur. Je n'avais jamais vu le clébard comme un adversaire sérieux, je n'avais pas voulu voir l'attirance que ma Bella éprouvait envers lui.
A la pensée de mon rival, mon corps se crispa, une folle envie de tuer s'empara de moi, je serrai les poings. Comme j'aurais aimé me rendre à La Push et lui arracher les yeux ! Mais Carlisle m'en avait empêché. Je lui étais reconnaissant. Cela aurait rendu Bella malheureuse. Et je ne voulais pas qu'elle soit triste par ma faute.
J'entendis un craquement qui me ramena à la réalité. J'ouvris les yeux. Je venais de broyer l'extrémité de l'accoudoir dans ma rage. Idiot !
Cette enveloppe charnelle me répugnait plus que jamais. Si seulement je n'avais pas eu cette force, j'aurais pu donner à Bella ce qu'elle attendait de moi. Et elle ne serait sans doute pas allée voir ailleurs. Si seulement je n'étais pas vampire…
Je me mis à imaginer avec délectation comment se seraient déroulées les choses. Comment notre première rencontre se serait passée, comment je l'aurais persuadée de m'accompagner au bal avec moi, comment aurait été notre premier baiser, notre première fois, comment je l'aurais demandée en mariage, comment auraient été nos enfants, comment j'aurai vieilli à ses côtés…
L'avion atterrit, me sortant de mes fantasmes impossibles. Je regardai ma montre. 9h25. Je n'avais pas changé l'heure. Je n'en avais pas envie. Cela était stupide mais c'était pour moi un lien invisible avec Forks, avec ma Bella. Que pouvait-elle bien faire en ce moment même ? Avait-elle déjà lu ma lettre ? Etait-elle en route pour aller le voir, comme l'avait prévu Alice ?
Je revoyais sans peine la vision que cette dernière avait eue. Je revoyais Bella, effondrée, son visage angélique déformé par sa tristesse. Elle était dans cet état à cause de moi. Je suis un monstre.
Je sortis rapidement de l'appareil. Autre avantage à voyager en première classe. J'allumai mon téléphone en hâte. Alice devait se rendre chez Bella et elle m'avait promis de me donner de ses nouvelles. La lenteur avec laquelle l'opérateur cherchait le réseau m'exaspéra. Lorsqu'il le trouva enfin, je reçus deux sms que je m'empressai d'ouvrir. Deux messages m'informant sur le prix des appels depuis l'étranger et comment consulter ma messagerie. Je les effaçai avec impatience. Je remettais mon portable dans la poche intérieure de ma veste lorsque celui-ci vibra à nouveau. Alice. J'eus une bouffée d'angoisse lorsque je l'ouvris.
« Je viens d'aller voir Bella qui m'a fait lire ta lettre. Tu y as été fort. Elle est bouleversée. Elle veut savoir quand tu reviens. »
Je souris malgré moi. « Elle est bouleversée » Ses mots résonnèrent dans ma tête. Ainsi, la lettre ne l'avait pas laissé indifférente. Comment avais-je pu douter d'elle ? Je m'empressai de lui répondre.
« Dis-lui juste que je l'aime et qu'elle me manque. Que je rentre le plus tôt possible. »
Je rangeai mon téléphone et pressai le pas pour attraper ma connexion qui se trouvait bien évidemment à l'autre bout de l'aérogare.
J'attrapai le vol in-extremis, et m'installai confortablement à l'avant de l'appareil. L'hôtesse me proposa un verre de champagne que je déclinai.
Dans sa vision, Alice avait cru reconnaitre les petites maisons de poupées multicolores au style baroque propres à la Bohême, c'est donc à Prague que je commencerai mes recherches. J'espérai retrouver Juliette le plus rapidement possible, même si je redoutais notre rencontre. Cela faisait 90 ans que je ne l'avais pas vu. Qu'avait-elle fait tout ce temps ? Avait-elle changé ? Depuis qu'Alice m'avait malencontreusement révélé son existence, je me posai des tas de questions à son sujet. Légitime.
Chaque fois que je tentais de me remémorer son visage, une brume apparaissait et c'était celui de Bella qui le supplantait. Bella, que j'avais laissée sans un au revoir, Bella, qui était effondrée par ma faute, Bella, ma Bella. Je voyais son visage avec une netteté déconcertante. Je voyais ses grands yeux où dansaient de chauds reflets chocolat, son petit nez aux proportions parfaites, ses lèvres vermeilles qui ne demandaient qu'à être embrassées, sa cascade de cheveux bruns où des reflets cuivrés jouaient avec la lumière, son cou gracile. Je voyais jusqu'à cet adorable petit grain de beauté sur sa nuque caché par ses cheveux et dont j'étais le seul à connaitre son existence secrète. Bella. Une envie soudaine de laisser tomber cette stupide escapade et faire demi-tour m'envahit. Mais je devais réparer les dégâts que j'avais provoqués. Je devais assumer mes erreurs passées.
Le vol fut relativement court. Arrivé à destination, je passai les formalités de douane sans problèmes.
Peter et Charlotte m'attendaient, Jasper les ayant informés de ma venue. Ces derniers, las de leur vie de nomades, venaient de poser leurs valises à Prague. Apprenant le but de mon voyage, ils m'avaient spontanément proposé leur aide, que j'avais acceptée avec enthousiasme. Prague était une ville appréciée des vampires, et les contacts que Peter et Charlotte avaient pu établir avec ceux de notre espèce se révèleraient bien utiles dans ma quête.
Peter me serra la main, Charlotte me prit dans ses bras. Autour de nous ce n'étaient qu'embrassades. Nous aurions presque pu paraitre humains alors, si ce n'était notre physique si particulier.
Leur appartement était idéalement situé. Au troisième et dernier étage d'une immense maison au cœur de l'agitation de la ville, il avait une vue magnifique sur la majestueuse Vltava, le fleuve qui faisait la fierté des habitants.
Les grandes baies vitrées qui ouvraient sur la terrasse me firent sourire. Décidément, les vampires aimaient la lumière, eux qui étaient sensés vivre dans des sous-sols obscurs selon les mythes du vieux-monde.
Je passai la nuit à discuter avec eux, leur donnant des nouvelles de la famille, me contentant d'une vague réponse lorsqu'ils me demandèrent comment se portait « ma fiancée humaine » selon leurs propres termes.
J'appréciai beaucoup Peter et Charlotte, leurs pensées étaient toujours saines, ce qui rendait pour moi leur compagnie agréable.
Ils me parlèrent à leur tour de leur nouvelle vie de sédentaires, des avantages et des inconvénients que cela impliquait. Je ne pus m'empêcher de flancher lorsqu'ils évoquèrent la difficulté qu'ils avaient à chasser, et la prudence dont ils devaient faire preuve. J'aperçus dans leurs pensées leurs dernières victimes humaines. Observant mon trouble, ils changèrent immédiatement de sujet et évitèrent soigneusement la question de leur régime alimentaire le reste de la nuit.
Le jour se leva, nous prenant par surprise. Nous n'avions pas vu le temps passer. Je regardais par la fenêtre et vis avec satisfaction le ciel rempli de gros nuages noirs obscurcissant le ciel, menaçants. J'aurais donc le loisir de sortir à ma guise aujourd'hui. Tant mieux, je n'avais pas de temps à perdre. Bella était à Forks et m'attendait.
