Note de l'auteur ^^ : En toute franchise, j'ai écrit ce chapitre sur un coup de tête. J'ai soudainement eu envie de le rédiger, et j'ai laissé mon imagination faire le reste. Ça a finit par donner ce chapitre… qui ne ressemble en rien à ce que j'avais prévu de faire, je dois l'avouer XD. J'ai hésité avant de le poster, car je sais (ou pense, du moins) que certains seront déçus. Mais finalement cette tournure ne change en rien la suite qui est prévue, et je n'aurai plus le coeur à modifier les évènements, désormais. J'espère juste que vous l'apprécierez tout de même =] Il sera essentiellement centré sur Ginny. Bonne lecture!
Chapitre 10 : Février 1997 (Partie II)
Une fille à la chevelure flamboyante était assise à l'écart des autres, une plume en main, sa tête baissée vers un petit carnet noir. Sa solitude ne semblait pas l'atteindre, son visage étant illuminé d'un petit sourire satisfait. Après avoir fixé le journal de longues secondes, elle se mit à écrire avidement sur les pages abimées par le temps.
« Tu es plus âgé que moi, dans ce cas… »
« Cela ne va pas m'empêcher de devenir ton ami, j'espère? »
Son sourire s'agrandit et ses yeux se mirent à briller d'enthousiasme. Elle aurait un nouvel ami! Elle n'aurait pas à avoir peur de ne pas se faire accepter par les autres, désormais… Elle reporta vivement son attention sur le message qui était apparut sur le carnet, et y répondit.
« Bien sûr que non! Je suis bien contente de t'avoir trouvé, Tom… »
« Moi aussi. J'en suis très heureux »
Les joues légèrement roses, la rouquine questionna :
« Que peux-tu me dire d'autre sur toi, Tom? »
« J'aime lire… »
Quelques secondes passèrent, avant qu'il ne poursuive :
« …Physiquement, je suis plutôt grand. J'ai des cheveux noirs… »
« Oh! Comme Harry! »
« Harry? »
« Harry Potter… »
« Un ami à toi? »
« Je ne sais pas vraiment si on peut dire ça comme ça… »
D'une écriture tremblante, comme s'il était pressé, il la pria :
« Raconte moi… ».
Trahison. Tout n'avait été que traitrise et mensonges… Elle lui avait accordé son entière confiance. Elle avait cru à leur amitié et, par conséquent, sans le réaliser, lui avait offert une place de choix dans son cœur de jeune fille fragile. Et qu'avait été le résultat? Il avait tenté de la tuer. Pourquoi? Pourquoi tant de cruauté dans l'âme de ce garçon?
Des voix lui parvinrent.
- Je crois qu'elle se réveille…
- Tu es sûre, Hermione? Elle n'a pas l'air d'avoir bougé.
- Si, regarde. Elle ouvre les yeux.
Ginny, allongée dans son lit, battit des paupières pour chasser le flou qui encombrait sa vision. Elle se redressa brusquement lorsqu'elle réalisa la situation, faisant face aux mines soulagées de son frère, Harry et Hermione. D'une voix faible, tout en les dévisageant, elle demanda :
- Que s'est-il passé? Pourquoi est-ce que je suis dans mon lit?
Ron se précipita aux côtés de sa sœur, et s'assit près d'elle. Après lui avoir fait un sourire éblouissant, il lui fournit une réponse :
- Tu as perdu conscience. Hermione nous a appelé à l'aide…Tu as commencé à te débattre, mais nous ne savons pas pourquoi. Tu te souviens de quelque chose?
Ginny chercha dans sa mémoire quelques instants, avant de s'immobiliser et de détourner le regard.
- Non… Non, je ne sais plus.
Hermione, dont les yeux semblaient scanner l'âme de son amie, fronça ses sourcils mais ne fit aucun commentaire. Elle tourna sa tête vers Harry, avant de lui flanquer un coup de coude dans les côtes tout en lui lançant un regard plein de reproche. Le souffle coupé, le Survivant lui rendit son regard, avant de virer au rouge. Il s'approcha un peu plus du lit de Ginny et balbutia :
- Je suis content de voir que tu vas bien... Tu nous as fait sacrément peur, tu sais.
La sorcière leva ses yeux vers lui, et leurs regards se croisèrent. Un sourire resplendissant et incontrôlable naquit sur le visage de la rouquine, provoquant un malaise chez le Survivant qui, dans un réflexe habituel, commença à se masser la nuque d'un air gêné.
Ron toussa volontairement un peu trop fort, s'attirant les foudres d'Hermione. La préfète tourna vers lui son visage menaçant, le forçant à stopper -à contrecœur toutefois- sa fausse quinte de toux. Il savait que la brune ferait tout pour laisser Harry et Ginny construire quelque chose ensemble et il savait qu'il avait déjà donné son accord, mais tout de même… La situation le rendait légèrement mal à l'aise.
Après une longue minute de silence, Ginny se débarrassa de ses couvertures et se leva. Les membres du Trio tentèrent de l'arrêter, mais elle riposta :
- Je vous assure que je vais bien mieux. Je ne voudrais pas annuler la fête juste pour ce petit incident…
Elle les regarda d'un air suppliant.
- Ne dites rien aux autres, je vous en prie. Ça n'en vaut pas la peine.
Elle se tourna vers Ron.
- Et toi… Surtout, ne dis rien à maman. Tu sais comment ça risquerait de finir…
Le sorcier hocha sa tête, compréhensif, et lui fit un clin d'œil.
- Compte sur moi. J'ai autant envie que toi que tout se passe pour le mieux, ce soir.
Il reprit un air sérieux et posa une main sur son épaule.
- En revanche, si quoi que ce soit de ce genre se reproduit, j'agirai en conséquence. Je ne veux pas te perdre à nouveau, p'tite sœur.
Cette dernière lui répondit par un sourire timide et s'approcha de son frère pour le serrer dans ses bras. D'une voix paisible, elle murmura :
- Tu ne me perdras pas, Ron. Je te le jure.
Il lui rendit son étreinte et la relâcha, avant de reculer d'un pas et de regarder sa sœur de haut en bas.
- Waouh, cette robe te va sacrément bien!
Il sourit.
- Pas vrai, Harry?
Le sorcier passa une main dans ses cheveux noirs, avant de sourire à son tour.
- Si. Tu es magnifique, Ginny.
La jeune fille rosit de plaisir et se mit à fixer ses pieds, flattée par le compliquent qu'il venait de lui faire, le cœur battant la chamade. Elle releva sa tête pour échanger un regard complice avec Hermione, dont les lèvres se muèrent silencieusement pour former un « je te l'avais bien dit ». Ceci fait, la préfète fondit sur Ron et lui attrapa la main.
- Qu'est-ce que tu fais?
Une lueur de malice traversa le regard de la sorcière.
- il est temps d'y aller, non? Tout le monde doit déjà se trouver dans le jardin.
Les oreilles du rouquin devinrent cramoisies, tandis qu'il restait immobile, sa main pendant le long de son corps. Hermione se renfrogna.
- Après ce que tu m'as dit ce matin… Je n'aurai jamais pensé que ça te dérangerait que je fasse ça…
Elle desserra ses doigts, mais Ron resserra précipitamment les siens.
- Non, non! C'est… C'est bien.
Harry étouffa son rire du mieux qu'il put, tandis que Ginny regardait son frère, les yeux pétillants. D'une voix taquine, elle révéla :
- Tu vois, Hermione… tu aurais pu lui dire depuis le début. Ça crève les yeux, que lui aussi t'aime.
Ron se tourna vers sa sœur, vif comme l'éclair.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Hermione en pince pour toi depuis longtemps, pauvre idiot. Elle essaye de te le faire comprendre depuis un bon bout de temps, mais tu n'as jamais rien vu. Alors elle n'osait rien dire… Heureusement, tu es allé la voir de ta propre initiative, donc la question ne se pose plus.
Le roux tourna un visage stupéfait vers la gryffondor et, timidement, demanda :
- C'est vrai?
Incapable de répondre tant le feu s'ayant emparé de ses joues était puissant, la jeune femme hocha sa tête de haut en bas, puis fixa le sol quelques instants pour se laisser le temps de reprendre contenance. Une fois certaine d'avoir surpassé sa gêne, elle renforça sa prise sur la main de Ron et l'entraîna à sa suite.
- Allons-y, maintenant! Les autres vont se poser des questions.
Ils franchirent le seuil, Harry et Ginny à leur suite.
Malgré tous les évènements tragiques que tous avaient dû surmonter, le dîner s'était déroulé dans une joie et une bonne humeur longtemps espérées. Mme Weasley avait préparé ses meilleurs plats, et ne pouvait s'empêcher de resservir tout le monde, malgré les immenses portions que tous avaient déjà mangé. Fred et Georges s'étaient chargés de détendre l'atmosphère avec leurs blagues bien à eux, et même Dumbledore avait participé à l'une de leurs farces. Rogue, malgré son air pincé, avait sourit plusieurs fois, détruisant totalement son masque d'insensible. Ron et Hermione se lançaient des regards gênés, entrecoupés de sourires et de discussions animées. Harry, quant à lui, semblait heureux rien qu'en regardant les autres s'amuser. Il en profitait également pour accorder des regards lourds de sens à Ginny, assise en face de lui, et celle-ci, ignorant les autres, ne se privait pas pour les lui rendre. Ce qui, en passant, n'échappait pas à Mme Weasley, qui les surveillait du coin de l'œil depuis le début du repas. Tout se passait pour le mieux…
Malheureusement, ce bonheur ne dura pas. Alors que tout le monde goutait avec délice sa part de tarte, Ginny fut prise d'un léger vertige. Par chance, il fut si bref qu'il passa inaperçu, mais il ne la chamboula pas moins pour autant. La jeune fille se mordit la lèvre, inquiète. Était-ce dû à l'émotion? En tout cas, elle ne pouvait que l'espérer… Si l'un de ces flash back la reprenait, elle ne répondrait plus de ses actes… Tentant de se calmer, elle prit une bouchée de tarte et fit mine de la savourer alors, qu'en réalité, sa peur soudaine lui avait coupé l'appétit. Elle n'en laissa rien paraître… Jusqu'au moment où sa vision se troubla.
Ginny's POV
« Tu n'as que 11 ans, Ginny. Tu as le temps de penser à ce genre de choses… »
« Je sais, mais c'est plus fort que moi… »
Personne ne savait… Personne ne devait savoir…
« Ce Harry te plait-il tant que ça? »
« Oui… Je ne sais pas pourquoi. »
Je m'étais bêtement laissée manipuler. Je n'aurais jamais dû le croire…
« Es-tu incapable de l'oublier? Je connaitrais un moyen… »
« Vraiment? »
« Oui… »
« Qu'est-ce que c'est? »
Juste quelques secondes… Simplement un moment de doute. J'étais jeune… Et si naïve.
« Trouve-toi quelqu'un de mieux. Quelqu'un qui te regarde »
« J'aimerais bien, Tom… »
« Mais c'est vrai que à 11 ans, ce n'est peut-être pas l'idéal…Attends quelques années, et tu trouveras. »
« Mais… Et si Harry en venait à m'aimer, alors? »
Pourquoi avais-je cru en lui?
« Je suis si désolé, Ginny… Mais tu sais que ça n'arrivera pas. Il te connait déjà, et ne te regarde même pas. Ne sois pas si sotte. Cela veut dire que tu ne l'intéresseras jamais »
« Tu en es sûr? »
« Crois-en mon expérience… Je ne te mentirai pas, tu sais. »
Pourquoi avoir été si stupide?
« Je te crois, Tom, mais c'est si injuste… »
« Je sais, Ginny. Je sais… Mais je connais quelqu'un qui pourrait t'offrir bien plus que lui. »
« Vraiment? Qui ça? »
Je n'étais… qu'une petite idiote.
« Moi »
Un instant… Un tout petit instant… J'avais entraperçu ce qu'aurait pu être mon avenir si j'oubliais Harry. Une petite seconde où j'avais cru en lui… et stupidement eu espoir. Une portion minime de ma journée durant laquelle je m'étais laissée berner par toutes ces illusions et où j'avais été à des années lumières d'imaginer que tout n'était que pure manipulation.
« Toi? Mais… pourquoi est-ce que tu ferais ça? »
Il avait fait ça dans le seul but de me détruire un peu plus. Jouer la carte de l'amitié ne lui avait pas suffit… Personne ne devait savoir que ma stupidité avait été aussi vaste. Personne.
« Tu es ma seule amie, je te l'ai dit. Tu me comprends si bien…Et j'aime te parler. Ça me rend heureux, tu sais… »
Car jamais plus je ne me laisserai faire.
« Et je sais que je pourrais être capable de t'attendre. Car tu es trop jeune pour l'instant, mais ça ne posera pas problème très longtemps »
« Je ne sais pas… M'attendras-tu vraiment? »
« Bien sûr. Qui sait, ça pourrait marcher entre nous… »
Jamais plus. Je devais en finir. Je devais savoir…
La vision de Ginny redevint progressivement normale, et elle en profita pour se lever brusquement de table. Tous la regardèrent, stupéfaits. Molly, inquiète, se leva à son tour et se dirigea vers sa fille :
- Un problème, ma chérie?
Elle ne lui répondit pas et se tourna vers le Directeur, qui était assit à côté d'Harry. Elle ne pouvait plus attendre… L'ignorance brulait chaque parcelle de son corps, et elle ne pouvait plus le supporter. Quitte à détruire la bonne ambiance, peu lui importait. Le fardeau était trop grand. Elle dévisagea Dumbledore et s'exprima d'une voix chevrotante :
- Vous… Vous savez forcément la vérité. Vous savez toujours tout… Alors dites-moi.
Elle inspira à fond et poursuivit, ses yeux reflétant une colère sans borne :
- Dites-moi où se trouve Tom Jedusor.
Un silence plus que pesant les entourèrent, et tous se tournèrent vers le Directeur, priant pour qu'il réponde de façon à ce que cette histoire se termine au plus vite. Il resta cependant silencieux, et Ginny fut contrainte d'insister :
- Est-il mort?
Dumbledore soupira, et remonta ses lunettes sur son nez. Il leva un regard triste vers la sorcière et ouvrit sa bouche :
- Tom est toujours en vie. Mais pour votre propre sécurité, je vous déconseillerais de poser d'avantage de questions… Je vous assure que cela vaut mieux.
La jeune femme ignora ses avertissements et poursuivit :
- Est-ce que vous savez où il se trouve?
Arthur s'était désormais levé.
- Ginny, ma chérie… Ecoute le Directeur, veux-tu?
La concernée fit volte face et le regarda, une expression douloureuse sur le visage. En un instant, elle réalisa que quelque chose clochait.
- Qu'est-ce que vous me cachez? Quand j'étais allongée dans mon lit, incapable de bouger, mais pouvant entendre… qu'est-ce que vous avez fait? Vous m'avez tous parlé de tout… De tout, sauf ce qui m'est arrivé. Qu'est-ce qu'il s'est passé après que Tom soit sortit du journal? Pourquoi est-ce que j'ai entendu la voix de Harry avant de perdre toute mon énergie? Dites-moi ce que vous me cachez, par Merlin! Où est-il?
Rogue se leva à son tour.
- Nous ne savons pas sa localisation actuelle.
Elle se tourna vers lui et plongea ses yeux dans les siens, réalisant qu'il serait sans doute le seul à lui fournir des réponses dignes de ce nom. Elle déglutit, et demanda :
- Pourquoi n'êtes-vous pas en mesure de le savoir?
- Il est trop puissant.
La voix de Dumbledore résonna.
- Severus, taisez-vous.
Ginny s'avança un peu plus vers le maître des potions.
- Que s'est-il passé après que Tom soit sorti du journal? Pourquoi est-ce que j'ai entendu la voix d'Harry peu de temps après?
- M. Potter est venu vous sauver…
Le cœur de la jeune fille se contracta, mais elle n'y prêta pas attention. Tout ce qui l'importait en cet instant, était d'obtenir la vérité. Elle n'avait été capable de l'obtenir des années durant à cause de sa situation, mais maintenant qu'elle était sortie d'affaire, elle ne comptait plus perdre une seule seconde.
- Continuez.
Hermione se leva elle aussi, et se révolta :
- Professeur! Vous ne pouvez pas…
Rogue l'ignora et riposta sèchement :
- Mlle Weasley a besoin de connaître la vérité pour pouvoir avancer… Potter a fait face à Jedusor ce jour là. Ce dernier était assez malin pour faire pencher la balance en sa faveur et a tenté de le tuer… Mais n'a pas réussit.
- Pourquoi ça?
Il résuma rapidement l'histoire des Horcruxes, sous l'air stupéfait de Ginny, qui semblait ne rien comprendre.
- Comment ça « involontairement fait de lui son horcruxe lorsqu'il a tenté de le tuer pour la première fois » ?
- Lorsque Potter avait un an…
La rousse fronça ses sourcils, le cœur battant.
- Je ne comprends pas… C'est celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom qui a tenté de tuer Harry ce jour là.
Mme Weasley mit une main devant sa bouche, horrifiée, lorsqu'elle réalisa la situation. Elle s'écria :
- TAISEZ-VOUS! Je vous défends de le dire à ma fille!
Rogue se figea, réalisant son erreur. Il se tourna vers Molly, l'air franchement désolé :
- Je voulais lui raconter pour l'aider à avancer…Je suis navré. J'avais oublié qu'elle l'ignorait, je vous assure.
Tous se tournèrent vers Ginny, priant pour qu'elle ne fasse pas le lien, mais la jeune fille s'avérait assez perspicace et quand les rouages se mirent en place, la sorcière devint pâle comme un linge.
- Non…
Ron se précipita sur sa sœur et l'attrapa par les épaules.
- Ginny, ce n'est pas grave.
- Vous voulez dire que Tom… est le passé de…
Elle perdit nettement ses dernières couleurs. Ron serra d'avantage sa protégée :
- Ginny, regarde moi dans les yeux. Tout va bien, d'accord? Tu n'as pas à t'en faire…
Elle l'ignora et murmura plus pour elle-même que pour les autres :
- …Vous-savez-qui?
- L'essentiel c'est que tu ailles bien, p'tite sœur. Et cette ordure n'a pas réussit à te faire de mal, alors…
Elle le repoussa vivement.
- Non! Vous vous fichez de moi! Tom Jedusor est le passé de Vous-Savez-Qui?
Ils restèrent silencieux.
- Répondez!
Ses yeux se remplirent de larmes tandis qu'elle lisait la réponse dans leurs yeux. Un frisson de pur dégout se propagea dans son corps et elle recula d'un pas, désarçonnée, les fixant avec des yeux effarés.
- C'est impossible…
« Je sais que je pourrais être capable de t'attendre… »
Vous-savez-qui?
« Tu es ma seule amie »
Tom était l'autre moitié d'âme du Seigneur des Ténèbres?
« Je ne te mentirais pas, tu sais »
Tom n'était pas simplement un sorcier qui l'avait trompé… Il deviendrait le plus grand mage noir de tous les temps…
« Je connais quelqu'un qui pourrait t'offrir bien plus que lui »
« Moi »
Celui qui avait joué avec ses sentiments, celui qui avait utilisé une valeur telle que l'amitié pour la manipuler, celui qui avait osé lui faire une telle promesse, n'était en fait que le passé de cet assassin sans cœur et sans scrupule? Elle comprenait mieux, désormais, pourquoi Tom avait tenté de la tuer…
Ginny crispa ses poings et, ignorant les appels de ses proches, fit volte face et partit d'un pas précipité vers sa chambre. Ses yeux remplis de rage se posèrent sur sa baguette, posée sur sa table de chevet. Sa baguette qu'elle n'avait plus touché depuis si longtemps… Elle s'avança jusqu'à elle, et la prit entre ses doigts. Une chaleur familière envahit sa main, et se propagea dans tout son bras, rétablissant le contact entre l'objet et sa propriétaire.
- Bien, il est temps de mettre en pratique toute cette théorie que l'on m'a rabâché depuis des années…
18 Février 1997
Cela faisait maintenant 4 jours que Ginny passait la grande majorité de ses journées à s'entraîner à lancer des sortilèges dans le jardin. Rien ne pouvait la perturber, rien ne pouvait l'empêcher de continuer. La plupart du temps, la sorcière restait sourde aux appels de ses proches, ignorant ses parents lui demandant de venir manger, ignorant Fred et Georges qui tentaient de la forcer à faire une pause, ignorant également Ron qui craignait pour la santé de sa petite sœur. Même les paroles intelligentes et convaincantes d'Hermione n'y faisaient rien. Pas plus que Harry et ses tentatives maladroites pour la faire se focaliser sur autre chose que les entraînements. Ginny ne voyait plus rien d'autre que son besoin de rattraper son retard en pratique.
En réalité, ce n'était pas tant une question de retard. La jeune fille désirait ardemment acquérir un bon niveau pour une raison autre. La vengeance. Même si elle se doutait pertinemment que vouloir défier un sorcier de l'envergure du Seigneur des Ténèbres était du suicide, Tom n'en restait pas moins plus faible pour le moment. Il serait toujours plus puissant, plus rapide et plus intelligent qu'elle… Mais si elle parvenait tout de même à acquérir suffisamment de pouvoir pour lui nuire ne serait-ce qu'une seule fois, ce serait suffisant… Elle ne savait pas encore quand, ni comment elle parviendrait à faire cela, mais elle devait se préparer. Et, pour le moment, la meilleure chose à faire était de s'entraîner à maîtriser tous ces sorts qu'elle n'avait pu lancer durant sa période d'immobilité.
Au moment où la jeune fille s'apprêtait à réduire la plantation de tomates de sa famille en cendres, Ron déboula dans le jardin, sa baguette en main. Sa sœur se figea.
- Qu'est-ce que tu veux, Ron?
- Me battre en duel contre toi.
La sorcière en resta sans voix. Le rouquin s'avança d'un pas décidé vers elle, et leva sa baguette vers elle.
- Si je gagne, tu seras forcée de m'écouter et venir manger avec nous. Tu crois franchement que tu peux tenir avec seulement un repas par jour?
Ginny soupira.
- Et si je gagne?
Ron sourit et lui fit une proposition :
- Je participerai aux entraînements chaque fois que je pourrai et ferai de mon mieux pour t'aider à progresser plus rapidement.
La jeune fille croisa ses bras sur sa poitrine et fit mine de réfléchir quelques secondes, avant de se retourner vers son frère et lui accorder un petit sourire timide qui laissait parfaitement entendre que le plus jeune Weasley avait tapé en plein dans le mille.
- C'est d'accord.
Il sourit à son tour :
- Voyons voir si tes 4 jours d'entraînement valent mes 5 ans de pratique de plus que toi…
Les deux Weasley s'éloignèrent l'un de l'autre de sorte à laisser entre eux la distance conforme aux duels, et dégainèrent leurs baguettes. Pendant une fraction de seconde, Ginny pensa à ne pas lutter, et directement laisser son frère gagner. A le suivre dans la cuisine, manger un repas digne de ce nom avec toute sa famille, Harry et Hermione, puis cesser de pratiquer la magie en continue. Etre raisonnable, oublier cette histoire et reprendre une vie normale…
Mais sa rancune était trop forte. Au fond d'elle subsistait ce poids étrange qui la faisait se révolter, cette douleur qui se logeait au creux de son âme, cette peine qui s'emparait de son cœur. Elle ne pouvait oublier le passé pour le moment… Toutes ces nuits où, immobile, elle n'avait pu échapper à ses cauchemars qui lui faisaient se remémorer le jour où Tom était sorti du journal… Tous ces flash qui avaient pris possession de son esprit depuis son réveil… Et surtout, elle savait désormais qui était vraiment Tom. Elle ne pouvait oublier. Pour être exact, elle ne voulait pas oublier. Elle lui ferait payer, d'une façon ou d'une autre. Ce fut donc ce sentiment étrange qui la dissuada de laisser son frère gagner. Sa main se serra sur sa baguette.
A peine avait-elle ouvert sa bouche que Ron lui lançait déjà son premier sortilège.
- Stupefix!
Ginny pointa sa baguette :
- Protego!
Un fin bouclier l'entoura et le jet de lumière envoyé par la baguette de son adversaire ricocha sur sa protection, avant d'être dévié. La sorcière n'attendit pas pour riposter :
- Petrificus Totalus!
Ron se jeta sur le côté, et évita le sort de justesse. Le sourire aux lèvres, il se releva. On lisait facilement dans son regard une once de fierté pour sa petite sœur, mais il n'en perdit pas moins sa détermination. D'une voix forte, il clama :
- Incarcerem!
Des cordes jaillirent du bout de sa baguette et tentèrent de s'enrouler autour du corps de la sorcière. L'une d'entre elle parvint à encercler sa cheville, mais d'un geste gracieux, elle pointa sa baguette vers le sol et lança :
- Incendio!
La corde s'enflamma et fut détruite. Son rival jura, et elle en profita pour lancer un sort qu'elle métrisait à la perfection : le maléfice de Chauve-Furie qui, non seulement provoquait l'attaque de l'adversaire par une multitude de chauve-souris, mais en plus était un sortilège informulé, ce qui lui donnait un avantage. Un grand sourire aux lèvres, elle pointa sa baguette vers son frère. Durant quelques secondes, il ne se passa rien et Ron pencha sa tête sur le côté, interrogateur.
Lorsqu'il aperçut toute une flopée de chauve-souris se précipiter sur lui, ses yeux s'écarquillèrent. Quand la première lui rentra dedans, il recula et tomba à terre. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour se mettre à supplier sa sœur :
- Pitié, enlève-moi ça! Tu as gagné!
La sorcière à la chevelure de feu releva sa baguette d'un air satisfait, faisant disparaître les petits agresseurs. Elle se dirigea vers son frère et lui tendit sa main pour l'aider à se relever. Il la saisit et, une fois remit sur pied, il lui tapa joyeusement dans le dos.
- Félicitations! Au moins, tes entraînements portent leurs fruits. Mais je te dis ce que je pense, p'tite sœur : tu devrais faire plus de pauses. Pour ton propre bien.
Elle hocha sa tête.
- Je sais. J'y penserai…
Elle ramassa la baguette de son frère qui était tombée au sol durant l'attaque et la lui tendit.
- En attendant, tu as promis de m'aider.
Il acquiesça.
- Une promesse est une promesse. Par quoi veux-tu commencer?
La jeune fille alla récupérer son livre de sorts qu'elle avait déposé sur la table en bois trônant au centre du jardin, le feuilleta jusqu'à tomber sur la page qu'elle recherchait, puis pointa un paragraphe du doigt.
- Ce sortilège… Je n'arrive pas à faire le mouvement. Tu pourrais me montrer comment faire, s'il te plait?
Ron acquiesça.
- Bien sûr.
Il exerça le mouvement et incita Ginny à l'imiter. Tandis qu'elle tentait de parfaire la mobilité de son poignet, le sorcier lui demanda :
- En attendant laisse-moi te poser une question… pourquoi fais-tu tout ça?
Elle resta silencieuse.
- Est-ce que tu n'arrives pas à accepter ce qu'il s'est passé? Parce que tu connais la véritable identité de Jedusor, c'est ça?
Elle ne répondit toujours pas.
- Si ça a quelque chose à voir avec ça, Ginny… Quelle que soit la chose que tu comptes faire, je te prie de l'oublier. Tu ne devrais pas te confronter à lui, bien au contraire. J'espère juste que tu ne croiseras plus jamais sa route.
La jeune fille se consentit enfin à prendre la parole.
- Tu ne sais pas tout, Ron. Je t'assure que j'ai besoin de faire tout ça.
- Tu pourrais te faire tuer. Il gagne en puissance de jour en jour.
Elle se détourna.
- C'est bien pour ça que je compte faire pareil. Je ne toucherai pas à la magie noire… Mais je veux m'améliorer jusqu'à être capable de lui nuire. Même si au final je n'arrive qu'à lui faire un mal tout à fait anodin, peu importe, ça me suffira. Je veux juste réussir à l'atteindre, de façon à ne plus avoir l'impression d'avoir été la seule victime dans cette histoire.
Au son triste de sa voix, le rouquin comprit que quelque chose n'allait vraiment pas. Il lui demanda, inquiet :
- Ginny… Raconte-moi ce qu'il s'est passé, exactement. Harry nous a juste dit que tu avais écrit à Jedusor par l'intermédiaire du journal. Et c'est d'ailleurs la seule chose qu'il savait. Qu'est-ce qu'il t'a dit?
Elle ne le regarda pas, ni ne répondit à sa question. D'un geste las, elle abaissa sa baguette, et la rangea dans la poche de sa jupe.
- Laisse tomber, finalement. Je n'ai plus envie de m'entraîner aujourd'hui.
Ron réagit au quart de tour et attrapa le poignet de sa sœur afin de la tourner vers lui.
- Qu'est-ce que ce salaud t'a fait?
Elle s'arracha à son emprise et lui tourna le dos. Instantanément, lorsqu'elle avait perçu le ton colérique du gryffondor, son cœur s'était serré dans sa poitrine. D'une voix faible, elle murmura :
- Rien d'important.
- Sois plus précise.
- Laisse tomber, Ron. La gamine que j'étais en a souffert, mais je ne me laisserai plus faire désormais.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Oublie ça.
Il lui rattrapa une nouvelle fois le poignet et la força à le regarder dans les yeux.
- Tu ne bougeras pas d'ici tant que tu ne me l'auras pas dit.
Ginny se tendit.
- Pourquoi est-ce que tu insistes comme ça?
- J'ai le droit de savoir quel mal on a fait à ma sœur, enfin!
Les yeux de la sorcière se remplirent de larmes.
- C'est moi, le problème! Moi et ma naïveté.
Le jeune homme resta silencieux, conscient qu'elle allait continuer de sa propre initiative. Il desserra sa poigne et attendit qu'elle prenne la parole.
- Je n'étais qu'une idiote… J'ai parlé avec lui et j'ai cru tout ce qu'il m'a dit. Je me suis laissée emporter, j'ai finis par croire que nous étions amis, lui et moi.
Elle baissa sa tête, les joues rouges de honte et de colère envers elle-même.
- J'ai finis par m'attacher à lui, Ron…
Celui-ci soupira.
- Quelle ordure… Il a fait semblant d'être ton ami, puis t'a trahi. Je comprends mieux…
Elle l'interrompit.
- Non… Le véritable problème n'est pas là. J'ai été plus blessée que ça.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
Elle regarda autour d'elle afin d'être sûre que seul son frère l'entendrait :
- Jure moi que ce que je vais te dire restera entre nous.
Il leva sa main droite et lui fit un petit sourire.
- Bien sûr.
La sorcière commença à s'agiter. Etrangement, elle semblait soudainement mal en point.
- Depuis que j'ai appris qui était vraiment Tom, c'est encore pire…
Il l'encouragea.
- Dis-le moi quand même. Ça ne change rien. Quoi que ce soit, je t'aiderai, te soutiendrai et te comprendrai. Tu n'as pas à avoir peur.
- Je…
Elle inspira bruyamment, comme pour se donner du courage.
- Tom m'avait fait croire d'autres choses… Je suis tombée dans le panneau. Au final, juste avant qu'il ne sorte du journal, j'ai réalisé quelque chose.
- Qu'est-ce que c'était?
Sa voix devint presque inaudible, mais Ron en comprit tout de même l'intégralité.
- Même si c'était immature, que je n'y comprenais pas vraiment grand-chose à cet âge là… Tu sais que je craquais totalement pour Harry…
- Oui.
- Ce que je ressentais pour lui…
Elle resta longtemps silencieuse, si bien que Ron insista :
- Eh bien?
- …J'avais fini par ressentir la même chose pour Tom.
