Disclaimer : Comme d'habitude, rien ne m'appartient ! SAUF : Sam Beckett, Lou Vidal et Rose Fitzwilliam, qui m'appartiennent totalement ;)
Paring : Harry/Draco (principalement)
Rated : MA (Lemon)
Rappel : Cette fanfiction contient des OC (personnages originaux), fait mention de violence physique et morale, eeeet joue un chouïa avec le déroulement de l'oeuvre canon. Ainsi, pour le bon déroulement de cette histoire : Severus Snape, Albus Dumbledore, Sirius Black et Remus Lupin ne sont pas morts ; Cho Chang et Katie Bell sont de la génération d'Harry ; Tout événement sinistre s'est terminé en sixième année ; J'ai pris une certaine liberté avec la composition des équipes de Quidditch.
Nombre de chapitres : 1 prologue, 34 chapitres et 1 épilogue.
Ewa :
Hey, heureuse de te revoir !
Harry, oui, je te comprends... Je crois que c'est l'histoire dans laquelle je l'ai écrit le plus buté et étroit d'esprit ET! ce n'est pas peu dire. xD D'ailleurs si tu veux mon avis, tu vas avoir besoin de sortir les bottes parce qu'on ne peut pas vraiment dire qu'il soit "prêt" à voir les choses en face... Affaire à suivre, donc ;)
Merci beaucoup en tout cas, et je te retourne tes voeux ! :3
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MEILLEURS VOEUX 2016 A TOUS ! :D
Premier chapitre de l'année, je vous souhaite une très bonne lecture en plus de plein de bonnes choses pour cette nouvelle année :3
Bien sûr je remercie toujours ceux et celles d'entre vous qui continuent de m'ajouter chaque semaine en favoris/follow ! :)
Enjoy !
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- Les sélections -
- Vendredi 20 septembre -
Le réveil de secours de Harry n'eut pas même le temps de se déclencher, ce matin-là. Il eut les yeux grands ouverts aux premières tonalités de sa première sonnerie. Il sauta de son lit et prit même le temps d'une douche matinale, douce, rafraîchissante. Ce fut le bruit de l'eau qui aida Ron à se lever à son tour. Tout le monde dans le dortoir se douchait le soir, avant ou après le dîner. Alors à cette heure-là, c'était inhabituel. Par conséquent, il se roula dans ses draps, s'étira et bailla longuement. Peut-être voulait-ce dire que Harry était de meilleure humeur, ce jour-là... En tout cas, ça voulait dire qu'ils seraient à l'heure en Divination ! Ragaillardi, Ron ne mit alors que quelques secondes à sauter de son lit lui aussi.
-Salut, part'naire ! Murmura presque Harry en revenant dans la pièce.
Il sortait tout juste de la douche, frottant une serviette dans ses cheveux. Ron salua en retour à sa manière cowboy. Il était à peine huit heures, leur petit déjeuner serait un festin de rois. Ils s'habillèrent sans se presser. Ils étaient les seuls réveillés, ce qui aurait dû être le cas chaque semaine mais qui – malheureusement pour eux – peinait à devenir une habitude. Neville et Seamus avaient Etude des Moldus à dix heures et Dean avait Etude des Runes, à dix heures également. Il n'y avait que lorsqu'ils étaient en retard qu'ils se réveillaient en panique dans un dortoir vide alors que leurs amis démarraient un petit déjeuner sain dans la Grande Salle.
Les autres auraient pu prendre l'habitude de les réveiller avant de sortir, mais... Disons que ça faisait un moment maintenant qu'ils partageaient tous le même dortoir, et les garçons savaient ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. Tenter de réveiller Ron et Harry moins de vingt minutes avant le début de leur premier cours, ça ne marchait pas. Alors ils allaient manger.
...On ne pouvait pas trop le leur reprocher.
Quoi qu'il en fût, aujourd'hui ils étaient levés et ça annonçait de grandes choses ! Pour commencer, un gros paquet d'estime de soi. En réalité, c'était la seule chose que ça annonçait. Mais ça, c'était bien. Ils furent vite prêts, alors ils descendirent en salle commune, puis dans la Grande Salle. Ils arrivèrent presque en allure de coqs en Divination tant ils étaient assez fiers d'eux.
-C'est content pour pas grand-chose, ces bêtes-là.
Draco avait lâché ça à mi-voix, et Théo ricana. Lou ne dit rien. Ça avait eu quelque chose d'amer dans la bouche de son ami et elle n'osait pas imaginer dans quel état d'esprit il devait se trouver ce jour-là encore. N'empêche... N'empêche Potter et Weasley étaient super ponctuels ce matin-là et elle se demanda s'il en serait de même pour Sam quand viendrait l'heure de son cours d'Etude des Moldus. Elle eut un petit sourire.
Elle en doutait fortement.
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Sam Beckett courait à s'en essouffler dans les couloirs du château de Poudlard, sa besace maintenue avec peine contre ses côtes pour ne pas qu'elle se balance frénétiquement à son côté. Lou aurait pu parier tout l'or du monde sans scrupule, elle n'aurait rien perdu – et aurait été super riche, fut dit en passant. Il était dix heures moins deux, et Beckett était encore à six couloirs de sa salle de classe. Elle les parcourut en trois minutes dix-sept, et arriva assez vite pour pouvoir se mettre à la fin de la file des élèves qui entraient en cours.
Seamus, Neville et Kate, qui l'avaient entendue puis vue arriver, ne pouvaient pas s'empêcher de pouffer comme des gamins. Sam se sentit blasée. Vraiment.
-Et ça vous amuse ? Fit-elle, presque amère.
-Ooh que oui !
Sam, elle, ne trouvait pas ça drôle du tout. Elle s'était réveillée paniquée, s'était pris les pieds dans ses chaussures en les cherchant, et avait raté le petit déjeuner. Sans compter ce p*tain de problème avec ce put*in de Draco qui avait embrassé ce puta*n de Harry sans y réfléchir trente secondes avant de se lancer.
-Houla, t'as la tête de quelqu'un qu'a mal dormi.
Et merci Kate pour ta compassion ! Sam n'aimait pas se sentir oppressée : ce début de matinée était oppressant. Enfin, ça passerait. Surtout qu'ils avaient devoir sur les sports Moldus dans quelques minutes, et que la préfète des Rouge et Or était on ne pouvait plus calée sur le sujet. Merci Papa ! Quidditch contre Rugby, sa mère n'en pouvait plus d'eux aux débats de soupers. Sam eut un petit rire totalement ridicule.
-Tu te fais rire toute seule, encore.
Oh, ouais, pardon. Elle s'assit à côté de Kate et ne sortit qu'une plume et un parchemin. Leur professeur annonça que l'interrogation durerait le temps d'un cours normal, et les sujets se distribuèrent. Première question : quel sport Moldu se joue avec une balle ovale ? Sam eut un rire diabolique intérieur. C'était dans la poche.
Neville, lui, ne croyait pas à ce point en lui. Et au déjeuner, il le fit remarquer.
-J'ai raté. J'ai raté, je sais que j'ai raté.
Seamus, lui, était sûr aussi d'avoir bon à à peu près toutes les questions. Au cours de la semaine il avait bombardé son père de lettres pour combler les trous de son cours. No problème ! était-il certain. Mais alors, pour Neville... c'était une toute autre histoire.
-A « Quel sport a des paniers pour buts ? », j'ai mis « basket ». Parce que basket, vous voyez ? Panier quoi. Mais c'était pas ça, c'était un piège, c'est obligé...
Sam releva un sourcil. Si toutes ses fautes étaient des bonnes réponses comme celle-là, il n'avait vraiment pas à s'en faire pour sa note. Elle allait le rassurer, mais Albus Dumbledore se leva de la table professorale et demanda calmement le silence. Alors le silence se fit, dans la Grande Salle, à l'heure du déjeuner. Et le directeur commença.
-Mes chers élèves, sourit-il. J'interromps le début de votre repas pour vous rappeler que la première sortie à Pré-au-lard de l'année aura lieu le samedi de la semaine prochaine.
Une vague d'excitation parcourue les élèves attablés. Albus leur laissa quelques secondes pour s'enthousiasmer, avant de continuer :
-Il est donc temps, pour les élèves mineurs, de contacter vos parents ou tuteurs pour qu'ils vous renvoient une autorisation de sortie, à remettre au professeur McGonagall le jour J.
Il remercia de l'attention qu'on lui avait porté, se rassit, et les conversations reprirent de plus belle. Sam eut une petite moue. Mais bon, une autorisation était vite obtenue. Elle leva les yeux vers Rose, qui avait, depuis sa table, un regard moqueur dans sa direction. Elle eut une petite grimace et quitta le regard de la Serdaigle pour chercher celui de la Serpentard. Mais Lou ne la regardait pas. Lou parlait avec ses nouveaux amis, et ça n'avait pas l'air d'être une ambiance trop triste. Même Draco souriait.
Draco souriait, et même si Lou le suspectait de faire semblant, c'était, pensait-elle, mieux que s'il s'était renfermé sur lui-même. L'isolation, c'était pas bon. Alors elle prit bien soin qu'il participe à toutes leurs conversations, qu'il ne se sente pas mis de côté, qu'il n'ait pas le temps de penser à autre chose. Surtout, surtout qu'il n'ait pas le temps de penser à autre chose.
-Eh, engloutissez vite vos parts de flancs ! Lança Blaise au bout d'un moment. Potion dans six minutes !
Lou regarda son assiette, puis celle des autres. Il n'y avait que Blaise qui avait pris du flanc, et il le goba étrangement élégamment. Enfin, six minutes c'était six minutes et ils se levèrent, sacs à l'épaule. Surtout que Snape allait leur rendre leurs devoirs, il n'allait probablement pas être de très bonne humeur, pas la peine d'aggraver son cas avec un retard. D'ailleurs, les derniers élèves de sa classe, Serpentard comme Gryffondor, quittaient la Grande Salle eux aussi.
Devant la classe de Snape, Draco et Harry s'ignorèrent comme jamais auparavant. Pas un regard, pas un rien du tout. Terrifiant, Lou en fut presque peinée. Blaise aussi, mais simplement parce qu'il remarqua ce quelque chose de terne aujourd'hui encore dans le regard de son ami. Quand leur professeur leur ouvrit, les deux garçons se mirent devant et le basané s'efforça à faire sourire son meilleur pote, au moins un peu. Lou, elle, lâcha ses affaires deux tables derrière.
-On se tait, lança Snape, claquant.
Il avait entre les mains leurs copies annotées et Lou se laissa allée dans le fond de sa chaise. Elle n'aimait pas spécialement les rendus de notes. C'était long. Snape passa dans les rangs, commentaires acerbes sur commentaires acerbes. Exceptions pour quelques Serpentard. Dont elle.
-Vous n'aviez pas à vous inquiéter, Miss Vidal...
Alors Lou souffla une fois encore. Elle était persuadée que si elle n'avait pas été une petite nouvelle il aurait flairé l'arnaque à trois kilomètres, ce soir-là. Le soir où elle avait menti ouvertement à un professeur. Ugh, ça craint. Elle se laissa presque couler dans sa chaise. Ça allait lui retomber dessus un de ces jours, elle en était certaine. Ou pas. Mais bon.
En attendant, ce rendu s'éternisait.
Draco en avait assez, lui aussi. Et à la fin du cours de son parrain, il avait désespérément envie de solitude. Mais non, il avait Soin aux Créatures Magiques, avec tous les autres. Il souriait toujours à ses amis, mais c'était fatigant.
-Ça va, mon pote ?
Blaise avait fini de la jouer subtil. Draco se retourna vers lui avec de l'étonnement plein les yeux. Pendant un moment, il crut qu'il savait tout. Il crut qu'il lui avait tout dit, qu'il ne lui cachait rien et qu'il pouvait répondre sans honte « oh, tu sais, j'essaye de ne pas trop penser à lui ». Mais non. Il y eut comme un poids tombant au fond de son ventre quand il se souvint qu'il gardait ça secret. Il sourit, tout de même.
-Ouais, t'inquiète, c'est la fatigue de la semaine.
Blaise eut l'air de le croire. Peut-être parce que Blaise ne voulait pas le brusquer, même s'il trouvait que cette fatigue de fin de semaine l'avait pris vachement tôt au week-end dernier. Draco ne vit rien de tout ça dans son regard inquiet. Il souffla. Il avait vraiment hâte que cette journée se termine.
C'était pour Rose Fitzwilliam, qu'elle était terminée. Elle n'avait pas cours avec Hagrid, elle, et au lieu de se geler les pattes dehors dans le parc à chevaux ailés, elle se frottait les mains au-dessus d'un petit feu de camp qu'elle venait d'allumer dans les toilettes de Mimi Geignarde.
-Hoouuuuu !
Rose sursauta comme si on allait lui ôter la vie. En parlant de Mimi... Elle venait de jaillir, enthousiaste, d'une des cuvettes du fond.
-Ça fait tellement longtemps que personne n'a préparé de potion sur le sol de mes toilettes ! Rit-elle. Rien de dangereux, dis-moi ?
Rose eut un sourire crispé. Salut, Mimi. Sans compter que c'était une première, elle ne savait pas que quelqu'un avait déjà utilisé cet endroit pour faire une potion. Quoi que, ce n'était pas si étonnant... Personne ne venait vous déranger, ici. Enfin, en tout cas les filles ne seraient pas les seules à être contentes de savoir que Rose avait commencé la potion : ça avait l'air de beaucoup réjouir Mimi aussi.
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-Ça caille ! Lâcha enfin Blaise qui avait l'air de s'être retenu de se plaindre pendant tout le cours de Hagrid.
Pansy souleva l'idée d'un chocolat chaud en salle commune. Qui étaient ses amis pour refuser une offre pareille ! Lou trouva la proposition splendide. Une heure de détente avec le groupe en attendant le dîner, voilà qui pourrait détendre tout le monde. Tout le monde et Draco.
-Ouais, c'est bien ça, sourit d'ailleurs le blondinet. Ça vous dérange si je vous rejoins ? Il faut que je voie Severus.
-Ooh, comme c'est mystérieux ! Se moqua Théo.
Ça fit rire Draco, un peu, et Blaise lui lança qu'ils lui garderaient une tasse. Un signe de la main plus loin, et Draco se séparait du groupe dès le hall du château. Mais il n'allait ni dans la salle de classe de Severus, ni dans son bureau, ni dans ses appartements. Ni nulle part. Draco n'avait, à vrai dire, pas de destination. Draco voulait simplement être seul. Et maintenant, Draco l'était.
Il se souvenait encore de la sensation des lèvres d'Harry tout contre les siennes. Il se souvenait des mains du Gryffondor grippées au col de sa chemise. Il se souvenait qu'il l'avait lâché comme s'il avait eu la peste, et qu'il avait reculé aussi loin de lui que possible avant de tourner les talons sans que ni l'un ni l'autre n'ait dit un mot. Il se souvenait... d'à quel point il s'était senti... misérable...
Comme maintenant.
Il pensa à aller s'arrêter quelque part, mais il avait un peu peur que de s'arrêter de marcher rende tout... pire. Draco avait l'impression de courir, courir sans arrêt depuis la fin de la guerre, et qu'un jour la vague de ce qu'il ressentait allait l'emporter complètement, le perdre, le noyer. Et si je disparaissais, là, maintenant, est-ce qu'il le remarquerait ? Il passa devant la tapisserie du troisième étage et s'arrêta en chemin, net. Il tourna lentement la tête à gauche. La porte de la salle-sur-demande venait de lui apparaître.
Il regarda derrière lui, mais il n'y avait personne.
Il n'était pas sûr que d'y retourner serait une bonne idée. Mais alors... pourquoi ? Pourquoi là, pourquoi devant lui ? Est-ce qu'il avait demandé si fort un endroit où se sentir bien ? Ce n'était probablement pas le meilleur endroit où se sentir bien, pourtant. Non, il n'était pas désespéré à ce point. Il reprit sa route vers nulle part.
Puis fit volte-face.
D'accord, ça l'intriguait. Il ne se reposa pas même la question deux fois avant de pousser la porte et de la laisser se refermer derrière lui. Il la vit, et son cœur battit plus vite sans qu'il ne puisse rien y faire. Il se retourna, posa sa main sur la poignée pour sortir... mais ferma les yeux, immobile. Il pouvait entendre son souffle tremblant résonner à ses oreilles. Il n'était pas un lâche, pourtant... Il serra les dents.
C'était la salle. La salle de ceux qui cherchaient à cacher quelque chose, à l'enfouir si profondément que personne, jamais, ne pourrait le retrouver. Poudlard avait peut-être pensé qu'il avait besoin d'un endroit où cacher sa peine. Ou peut-être que Poudlard voulait qu'il voit enfin les choses en face. Les choses qu'il avait faites, les choses qu'il avait laissées faire.
Et ce jour où Grégory, sous imperium, avait mis le feu à la salle-sur-demande. Aujourd'hui encore, tout était brûlé. Il l'avait vu, il pouvait encore le sentir.
Il voulait partir.
Mais... mais aussi... il ne voulait... pas... Il lâcha la poignée, se retourna doucement et ouvrit les yeux. Il regarda autour de lui, et ignora le rythme fou de son cœur dans sa poitrine. Ici, ce jour-là, Harry lui avait sauvé la vie.
Il marcha dans les allées lugubres, les objets carbonisés. Il passa des doigts tremblants sur le bois noirci de l'Armoire à Disparaître. Il se souvenait de la chaleur des flammes, de la peur de mourir. Il se souvenait avoir agrippé tout ce qui se trouvait à sa portée pour échapper au feu, dévastateur. Il se souvenait de ce qu'il avait ressenti quand il avait vu les balais des autres revenir vers eux.
-Il est sous Imperium !
Et Harry l'avait cru. Expelliarmus, Mobilicorpus, et ils avaient tous les trois lié son corps inconscient au balai de Granger qui avait risqué sa vie pour le sortir de là. Draco avait cru qu'ils n'auraient pas le temps de les prendre à leur tour, Blaise et lui. Mais Weasley et Harry avaient contourné les flammes plus virulentes encore pour attraper leurs mains au vol.
Il se souvenait qu'il avait cru tomber.
Il se souvenait de la peur.
Et quand il avait fui à la sortie, les laissant seuls avec les grandes portes, il se souvenait de la honte. Il se souvenait avoir entendu l'explosion, et il se souvenait l'avoir cru... Draco avait pensé que Harry n'y avait pas survécu. Mais Draco n'avait pas fait demi-tour.
Son souvenir fit s'accélérer son cœur encore. Et puis il le sentit battre de manière désordonnée. Il avait le souffle court, porta la main à sa poitrine et tenta de s'appuyer sur quelque chose.
-Merlin... Hoqueta-t-il.
Il se rendit compte qu'il pleurait. Son visage était couvert de larmes. Crise cardiaque ? Peut-être que finalement son destin était de mourir dans cette salle. Il suffoquait, il voulut marcher jusqu'à la porte mais ne parvint qu'à se hisser jusqu'à l'Armoire. Il s'y appuya et glissa contre elle. Il avait la poitrine en feu, à l'intérieur. Il essaya de réguler son souffle, il ne pouvait pas mourir comme ça. Il pleura plus encore, parce que... parce que... Harry...
Il pensa que c'était sa fin.
...Mais non. Il se calma, doucement. Son cœur se remit à battre de manière régulière et il le sentit s'apaiser dans sa poitrine. Draco était vidé. Physiquement épuisé, il n'avait même plus la force de pleurer. Le visage trempé de larmes, il fixa sans les voir les débris entassés de l'autre côté de l'allée.
Elle resterait cachée là, elle aussi. La première crise de panique de l'héritier Malfoy.
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Harry sursauta. Assis à la table Rouge et Or de la Grande Salle à l'heure du dîner, il était probable qu'il se fut momentanément égaré dans quelques pensées. Et probablement était-ce l'arrivée de Seamus, de Dean et de Neville à table qui venait de l'en extraire. Il leva les yeux en face de lui. Il y vit quelques Serpentard attablés pour le repas, d'autres qui arrivaient. Il y vit la bande à Malfoy : Zabini, Nott et Parkinson. Puis la nouvelle, qui semblait s'intégrer bien vite. Pas de Malfoy, cependant. Bizarre, ça, mais il n'avait pas le temps de s'en inquiéter.
Déjà, parce qu'il avait dit qu'il arrêtait. Ensuite, parce que penser à Malfoy n'était pas... la meilleure option pour calmer sa colère.
Et puis, Cho venait de passer les portes de la Grande Salle et marchait par ici.
-Salut Harry !
Elle s'assit près de lui et l'embrassa avec tendresse. Ce n'était pas... ce n'était pas la même tendresse que... Harry rouvrit les yeux, les écarquilla même. Que quoi ? Que qui ? Que celui de Malfoy ? Il s'en souvenait, maintenant, de cette tendresse. Il ne savait pas pourquoi, mais il y en avait eu. Il fronça les sourcils, doucement, quand il se demanda quelle différence faisait celui de Cho. Il lui semblait... que quelque chose n'était pas... pas pareil. Elle se recula et lui sourit. Il sourit, aussi.
Mais pour être tout à fait honnête avec Merlin, Morgane, les quatre fondateurs et lui-même, le cœur n'y était pas vraiment.
Il mangea sans grand entrain. Comme certains Serpentard, qui n'avaient pas revu leur ami de la soirée. Les élèves rejoignirent leurs salles communes, leurs dortoirs. Et après le couvre-feu, bien après, il n'y eut plus que le bruit de pas léger et solitaire d'un élève aux yeux creusés de cernes. Draco retourna au dortoir en silence. Il ouvrit, puis referma la porte en douceur. Il s'assit sur son lit, se déshabilla, se changea. Il mettait son tee-shirt de nuit quand il entendit la voix terne de Blaise sur le lit d'à côté.
-J'ai cru que tu ne reviendrais jamais.
C'était à moitié du reproche, à moitié de l'inquiétude. Draco n'avait rien à lui dire. Il se retira sur son matelas, tira ses baldaquins et se glissa dans ses draps. Si Merlin le voulait, il s'endormirait sans peine.
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- Samedi 21 septembre -
Les prétendants aux postes de l'équipe de Quidditch de Gryffondor s'échauffaient en volant au-dessus du terrain de Poudlard. Lou, se frottant les mains à travers ses gants pour les réchauffer, marchait dans les gradins pour se trouver une place à l'écart des quelques élèves qui avaient fait le déplacement. Elle allait s'asseoir dans les hauteurs quand elle remarqua, du coin de l'œil, un visage connu.
Non... Si ? Elle se mordit un peu la lèvre inférieure. Elle n'avait pas pensé qu'il viendrait aussi. Elle ne pouvait pas le laisser seul, là-bas... mais en même temps, elle n'était pas censée être là non plus. Etre le soutien moral de Sam Beckett durant les sélections de Quidditch n'était pas vraiment ce qu'on attendait d'elle.
Elle soupira un peu, délaissa les hauteurs et marcha jusqu'aux places près des tours. Elle s'assit près de lui, et ne dit rien. Il avait besoin de ne pas être seul. Draco ne dit d'abord rien, non plus.
Potter, au sol, rappela tout le monde pour les passages déterminants. Draco ne le quittait pas des yeux. Lou ne savait si ce qu'il y avait dans son regard était de la peine ou des regrets. Elle se détourna vers le terrain, elle aussi. Sam n'était pas encore là. En retard... Elle ne passerait pas dans le premier flot, Lou eut un petit sourire. Mais Draco murmura près d'elle, et ça ne dura pas.
-Ne dis pas aux autres que je suis venu.
Il n'avait pas la voix claire et assurée qu'il avait avec ses amis. Lou baissa les yeux, un peu. Il était vraiment, vraiment désespéré. Elle pouvait le voir. Elle pouvait le sentir. Il était temps que toute cette histoire se termine, il en allait de sa santé. Et même si Harry ne ressentait réellement rien pour lui, elles devraient faire en sorte qu'il tourne la page. Il ne pouvait pas continuer de se faire du mal comme ça.
-Bien sûr, lui promit-elle. Bouche cousue.
Il avait sa tenue de Quidditch et son balai posé à ses pieds. Lou savait que les autres penseraient qu'il était allé s'entraîner avant ses sélections. Draco se tourna vers elle, et la regarda dans les yeux en attendant qu'elle le regarde elle aussi. Il y avait quelque chose, chez cette fille...
-Tu sais, pas vrai ? Demanda-t-il alors.
Pour Harry, pour l'état dans lequel il était à cause de ça. Bien sûr que Lou savait, c'était ce qui l'avait fait se rapprocher de lui, de Blaise et des autres. Elle ne pouvait pas lui dire, cependant, que Beckett l'avait vu pleurer, que Fitzwilliam savait qu'il l'avait embrassé et que toutes les trois complotaient pour arranger tout ça. Ça aurait été trop... irréel. Désolée, elle eut un faible sourire compatissant.
-Il faudrait être aveugle, concéda-t-elle.
Lou savait pourquoi il n'était pas sur la défensive avec elle, comme il aurait pu l'être avec les autres. Ils n'étaient pas amis depuis longtemps, à vrai dire elle n'était pas sûre qu'ils aient été amis. Elle ne le connaissait pas aussi bien que Pansy, que Théo ou que Blaise. Elle n'avait pas pris l'habitude de le voir fort et sûr de lui, et avec elle il n'y avait pas la peur de décevoir. Lou n'avait aucuns standards auxquels le comparer. Elle ne s'attendait pas à le voir sans failles.
-Je l'ai embrassé, avoua-t-il si bas que Lou peina à l'entendre.
Mais elle entendit, cependant. Elle ne le quittait pas des yeux, comme si elle voulait lui faire comprendre que tout irait mieux bientôt.
-Je sais, répondit-elle seulement.
-J'ai envie de recommencer.
Sentir à nouveau ses lèvres contre les siennes, et peu importait combien il se sentait misérable après coup. Il aurait pu supporter de se sentir misérable pour le restant de sa pitoyable existence si en contrepartie Potter avait accepté de ne fut-ce que lui tenir la main une minute entière. Il ne dit rien de tout ça, mais elle comprit.
-Je sais.
Draco baissa les yeux. D'abord à ses pieds, puis vers le terrain de nouveau. Il inspira longuement, et expira doucement. Il tremblait un peu. C'était bizarre, d'en parler. C'était la première fois que c'était vrai pour quelqu'un d'autre que lui. Il ferma, puis rouvrit les yeux.
-Merci, dit-il enfin.
Il la remerciait pour n'avoir rien dit plus tôt, et parce qu'elle ne dirait rien plus tard. Il la remerciait pour lui laisser la possibilité d'être vrai avec elle, le vrai lui. Draco avait un genou à terre et ce n'était pas Blaise qu'il voulait dans le rôle du témoin. Il voulait que Blaise reste en dehors de tout ça pour que lui-même puisse se sentir en dehors lorsqu'il était avec lui. Blaise lui changeait les idées. Lou ne semblait pas opposée à partager la vérité. Ça lui fit... un peu de bien, pour tout dire.
A Draco.
De ne plus être le seul à savoir.
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Sam avait été choisie cette année encore comme poursuiveuse dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor. En fait, il n'y avait pas eu de grandes surprises. Weasley et Thomas à la poursuite eux aussi, Coote et Peakes aux battes, Weasley – l'autre – gardien des anneaux. Potter, capitaine, attrapeur. Briseur de cœur.
Draco aussi avait repris son poste d'attrapeur, au cœur brisé. Il avait lutté, ça n'avait pas été évident. Il n'était pas dans le truc. Il avait eu la tête ailleurs. Mais c'était Harper qui avait écopé du rôle de suppléant, et Draco en remerciait Merlin pour ça. Il avait besoin d'être actif au Quidditch, le banc l'aurait achevé. Il avait besoin d'un défouloir. Il avait besoin de ça.
Il l'avait eu.
Il n'y avait plus qu'à se montrer à la hauteur. Urquhart, leur capitaine, croyait en lui. Mais Urquhart avait une foi démesurée dans sa nouvelle équipe. Il faut bien que quelqu'un croit en nous, lui avait-elle dit. Elle avait même rendu leurs postes de poursuiveurs à Pucey et à Warrington, qui avaient été blanchis de toutes charges par le Ministère l'été passé.
Lou avait le regard braqué sur lui. Elle ne savait pas combien de temps Draco tiendrait encore avant de sombrer dans la plus sombre des dépressions. Elle leva les yeux vers la table des Serdaigle, pour peut-être capter un signe de Rose qui lui indiquerait qu'elle avait finalement eu le temps d'avancer dans la confection de cette satanée potion... mais Rose n'était pas là. Elle n'était quand même pas restée dans les toilettes des filles du troisième étage depuis tout ce temps... Relevant un sourcil perplexe, elle regarda vers les Rouge et Or. Mais Sam n'était pas là non plus. Elle releva un second sourcil, tout aussi perplexe. Où étaient-elles passées... Mais Beckett arriva en trombe depuis la Grande Porte, courut presque jusqu'à la table des Gryffondor, benna un nombre impressionnant de portions de divers plats dans un sac probablement sans fond et repartit aussi vite qu'elle était venue.
Eh beh, voilà autre chose.
Lou ne pouvait pas le savoir, mais c'était parce que Sam avait rejointe Rose dès qu'elle était sortie des vestiaires après les sélections du matin, et qu'elles étaient depuis lors penchées l'une et l'autre sur le chaudron bouillonnant que Rose avait installé sur le sol de ces fameux toilettes des filles, au troisième étage.
Elle était arrivée en quatrième vitesse, tout juste sortie de sa douche, ses affaires de Quidditch sous le bras, et avait lancé en arrivant : « Alors, finie ? ». Mais nope, pas finie tout-à-fait. La potion devait encore chauffer un peu, et Rose devait encore attendre pour ajouter deux-trois trucs à deux-trois instants cruciaux. C'était un peu trop précis pour Sam qui n'avait jamais excellé en potion, mais qu'à-cela-ne-tienne, elle était restée pour filer un coup de main. Une seule absence, sur l'heure de midi, pour ne pas qu'elles meurent de faim. Rien de plus sain.
Lou mit les coudes sur sa table et laissa son dos se courber un peu, pour se reposer. C'était plus émotionnellement impliquant que ce qu'elle avait pensé au premier jour. Au moins ça prouvait qu'elle avait des sentiments, en un sens c'était rassurant... Elle soupira tout en discrétion. Elle espérait que les autres perdaient moins vite espoir qu'elle.
Mais Lou allait être le sujet d'une intense reprise de confiance, parce que quand elle débarqua en quatrième vitesse au troisième étage, dans les toilettes des filles, après le déjeuner, et qu'elle lança : « Alors, ça avance ? », deux paires d'yeux presque brillants se relevèrent sur elle et ce fut d'une même voix que Beckett et Fitzwilliam lui répondirent :
-On a fini.
A suivre...
Un début d'année tout en joyeusetés, donc... Ne vous avais-je pas promis que vous verriez un peu plus de Draco et d'Harry ? x)
En tout cas j'espère que ça vous a plu, pour accompagner vos reprises de cours/boulots/partiels ! Et bien sûr vos avis m'intéressent n.n
En attendant le plan des filles se met en place et pour la suite je vous dis à la semaine prochaine (13/01/16) pour le chapitre 10 ! :3
A très vite !
Chip.
