Bonjour, Mesdames et Messieurs!

Nous voici réunis, en cette magnifique matinée pour un autre chapitre de Aimerons-nous toujours le bleu ? Est-ce la fin de notre formidable aventure ? À vous de le découvrir.

Aujourd'hui, en ce mercredi de mars, je viens vers vous avec ce tout nouveau chapitre, gracieuseté de ma très chère super-héroïne Française et j'ai nommé MrsBrunette en personne! Je profite de cette occasion pour poser cette question existentielle :

- Souhaites-tu dire quelques mots sur ce défi que je t'ai donné et que tu as relevé avec brio ?

- Oui, je le veux! (Tant de sérieux ici!)

La foule est en délire, ne laissant que peu de chance à la locutrice de dire ses derniers mots. Elle s'efface donc pour laisser la place à l'héroïne à la cape (bleue bien sûr!)

Jess-Lili fait donc quelques pas de côté (et tombe dans le vide) pour laisser MrsBrunette prendre place devant le micro.

Bonjour à toutes et à tous !

Suite à un défi que m'a lancé Jess-Lili, j'ai écrit ce chapitre. (Défi relevé, jeune héroïne!)

Ma contrainte était d'écrire du point de vue de Fleur, chose que je n'avais jamais fait jusqu'à présent.

Je sors donc de l'ombre pour vous proposer cette fin alternative à celle prévue.

Je remercie Jess pour m'avoir choisie comme relectrice.

Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à laisser une review !


Des coups répétés à la porte de sa chambre réveillèrent Fleur. Le jour était levé et les rayons du soleil entraient dans la pièce. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire. Des larmes coulèrent à nouveau sur ses joues. À l'extérieur de son cocon, elle entendit vaguement sa mère l'appeler. Mais la Française n'avait pas la force de lui répondre. Elle voulait simplement pleurer et être seule. Finalement, les coups s'espacèrent et finirent par cesser. Elle soupira de dépit et se rendormit.

Quand Fleur se réveilla à nouveau, la lumière avait déjà décliné. Elle estima qu'il devait être plus de quatre heures de l'après-midi. La jeune femme s'assit dans son lit. Son oreiller était encore humide des larmes qu'elle avait versé une partie de la nuit et de la journée. Elle passa ses mains sur son visage et dans ses cheveux. Elle sentait que ses yeux étaient gonflés et ils lui faisaient mal.

- Tu as l'air bien mal en point, ma fille.

Fleur sursauta et leva la tête vers la voix de sa mère. Cette dernière était assise dans le fauteuil qui était d'ordinaire tourné vers la coiffeuse. La jeune blonde baissa le regard sous l'intensité de celui de l'autre femme. Elle se sentait comme une petite fille qui avait fauté.

- J'espère que tu as des explications à me fournir sur ton état.

- William m'a trompée.

Il avait fallu tout son courage pour mettre des mots sur ce qu'elle avait appris la nuit dernière. Ce n'était pas la peine d'enjoliver la situation. Ce qui avait été fait ne pouvait plus être défait. Relevant la tête pour observer la réaction de sa mère, elle lut dans ses yeux de la déception. Son mari et elle n'avaient jamais vraiment accepté le jeune homme dans la famille Delacour mais ils avaient fini par l'aimer tout de même un peu.

- Quand je suis rentrée avec Maxence hier en fin d'après-midi, William m'a fait la surprise d'être près de la maison. Je l'ai invité à entrer dans la dépendance. Je ne voulais pas que vous nous entendiez si jamais cela se terminait en dispute. Il m'a donné les raisons de son départ. Comme je vous l'avais expliqué, il avait besoin de faire une pause dans notre histoire. Cependant, il avait une collègue qui ne cachait pas son attirance pour lui. Un soir de beuverie, il a fini par répondre favorablement à ses avances. Il a fauté, Mère.

Apolline se leva et alla rejoindre sa fille sur son lit. La jeune mère de famille aurait aimé savoir ce que sa mère pensait à ce moment-là. Mais quand elle la prit dans ses bras, en une étreinte affectueuse, Fleur sut qu'elle était de son côté. N'ayant pas encore assez pleuré, la Française éclata en sanglots. Elle sentit les mains de sa mère aller et venir dans son dos. Quelques minutes plus tard, ses pleurs se calmèrent et elle prit le mouchoir que sa génitrice lui tendait. Cette dernière posa ses mains sur ses épaules, s'écartant légèrement d'elle. Elles se regardèrent gravement.

- Tu vas m'écouter attentivement Fleur. Tu vas aller prendre une douche et prendre soin de toi. Je voudrais que tu sois avec nous pour le dîner. Ta sœur revient à la maison avec son fiancé et il faut que tu sois présente pour elle. Ton père s'inquiète aussi pour toi, c'est pourquoi je lui expliquerai la situation. Mais si Gabrielle pose des questions, tu devras lui répondre. Elle a le droit de savoir ce qu'il se passe dans ta vie. Allez, va ma fille, nous nous retrouverons tout à l'heure.

La jeune mère de famille était d'accord avec ce que disait sa mère. Elle hocha docilement la tête et serra encore une fois Apolline dans ses bras. Elle la regarda se lever du lit et rejoindre la porte de la chambre. Mais Fleur se rappela d'un détail et interpella sa mère.

- Mère ! Hier soir j'ai envoyé William dormir dans la dépendance. Est-ce qu'un elfe de maison pour aller vérifier s'il y est toujours ?

- Tu fais bien de me le dire. Je l'enverrais voir discrètement. Mais je pense qu'il est parti. J'ai vu que tu ne portais plus ton alliance.

Sur ces mots, Apolline sortit de la chambre. Bien décidée à ne pas replonger dans sa torpeur, Fleur se leva de son lit et se dirigea vers la salle de bain. Elle passa devant son armoire et récupéra une robe un peu habillée qu'elle ajusterait grâce à la magie. Son ventre commençait à se voir depuis qu'elle savait son état. Elle n'avait pas emmené de vêtements de grossesse avec elle. Elle remercia Merlin de l'avoir dotée de magie.

La longue douche chaude que prit Fleur lui fit un bien fou. Certes cela n'effaçait pas les cernes qui avaient élu domicile sous ses yeux mais ses muscles étaient plus détendus. Quelques sorts plus tard, elle paraissait aussi fraîche qu'après une bonne nuit de sommeil. Elle ne pouvait s'empêcher de regarder son annulaire gauche désormais vide. Elle pouvait encore sentir le poids de sa bague de mariage. La mère de famille se mordit les lèvres pour retenir un sanglot. Ce n'était pas le moment de craquer. Ses parents et sa sœur l'attendaient en bas.

Fleur descendit silencieusement les escaliers. Elle se guida à l'oreille vers le salon. Elle entendait des éclats de voix. La porte de la pièce était entre-ouverte. La blonde regarda à travers l'interstice pour se faire une idée de l'ambiance entre ses parents et les jeunes tourtereaux. Elle pouvait voir son père et sa mère sourire. Ils semblaient heureux d'accueillir un nouveau membre dans leur famille. C'était tout le contraire des moments que William et elle avaient passés dans cette grande maison, huit ans auparavant.

Ne laissant pas les souvenirs l'envahir, Fleur toqua deux coups à la porte pour avertir les quatre personnes de sa présence. Gabrielle se leva et alla serrer sa sœur dans ses bras. Elle guida Fleur vers son fiancé qui s'était levé du canapé. La mère de famille croisa le regard de sa propre mère et y vit un soupçon d'assentiment. Elle reporta ensuite son regard sur le fameux Mikola. Ce dernier tendit une main amicale. Fleur le devança en lui faisant la bise.

- Mikola, je suis ravie de te revoir. Cela ne te dérange pas qu'on se tutoie ? Tu fais partie de la famille à présent.

- Aucun problème. Tu n'es pas accompagnée de ton mari et de tes petites filles ?

- Non, William est en voyage d'affaires. Victoire et Dominique sont chez ma belle-famille. Mais je les emmènerai bientôt en France. Cela fait longtemps qu'elles n'ont pas vu leurs grands-parents et leur tante.

- J'ai hâte de faire leur connaissance.

Fleur s'était efforcée de parler calmement de sa famille. Personne ne lui reprocherait d'avoir édulcorer la vérité. Mikola avait posé la question par gentillesse. Il ne lui voulait aucun mal. Les cinq adultes parlèrent pendant une bonne trentaine de minutes. Plus Fleur en apprenait sur lui, plus elle le trouvait parfait pour sa petite sœur. Elle était ravie qu'elle soit tombée sur le bon. L'elfe de maison des Delacour les prévint que le dîner était prêt et tous se levèrent pour gagner la salle à manger. Le repas se déroula dans une ambiance bon enfant. Mikola fut invité à rester dans la maison pour la nuit. Une fois les parents des deux jeunes femmes endormis, les trois autres regagnèrent le salon pour discuter encore un peu. Ils se couchèrent tard ce soir-là mais Fleur voulait rattraper tous les moments qu'elle avait ratés. La bonne humeur de Gabrielle était communicative et la mère de famille en oublia presque ses problèmes.

Ce ne fut qu'une fois dans sa chambre que sa lassitude la rattrapa. Il était près de deux heures du matin quand elle se changea pour une tenue plus confortable. Après une légère hésitation, elle appela l'elfe de maison de sa famille. Ce dernier arriva en un bruit sonore.

- Que peut faire Corey pour vous, Madame ?

- Mère t'a-t-elle demandé d'aller voir si quelqu'un était dans la dépendance cet après-midi ?

- Oui, Madame. Corey lui a rapporté que les coussins du canapé avaient été déplacés. Mais personne ne se trouvait dans la dépendance quand Corey y est entré.

- Y avait-il quelque chose qui traînait, une lettre, une bague ?

- Seulement un morceau de parchemin avec votre nom écrit dessus.

- L'as-tu encore avec toi ?

- Le voici, Madame.

Fleur congédia l'elfe en le remerciant chaleureusement. La jeune femme s'assit sur son lit, le pli entre les mains. Elle hésitait à l'ouvrir. Sa colère et son sentiment de trahison ne quittait pas son cœur. Elle savait que rien ne la ferait changer d'avis. Toutes les excuses que William pouvait inventer ne suffirait pas à la convaincre. Après avoir passé du temps avec sa sœur et son fiancé, la mère de famille avait compris que si les deux membres d'un couple s'aimait vraiment, aucun n'irait voir ailleurs malgré la distance. Mais elle se décida à lire la missive.

« Ma chère Fleur,

Je ne puis rester sur le domaine de tes parents en sachant que je n'y suis plus le bienvenu. J'espère que cette lettre sera trouvée par un membre de ta famille et qu'elle te sera donnée. Je sais que les mots écrits ne valent pas plus que des mots dits à haute voix. Pourtant, il fallait que je t'écrive. Je ne peux plus garder pour moi tous mes sentiments.

Oui, j'ai fauté. Je t'ai trompée. Je ne te demande pas de me pardonner tout de suite mais je voudrais que tu comprennes que je m'en veux terriblement. Je n'aurais jamais dû boire autant et me laisser abuser par la beauté de ma collègue. La culpabilité me ronge depuis que je me suis rendu compte de mon erreur. Pour tout avouer, quand je suis rentré chez nous et que je n'y ai vu personne, j'ai tout retourné, croyant que quelqu'un vous avait fait du mal, aux filles et à toi.

Puis j'ai recouvré la raison et je suis allé chez mes parents. J'ai vu nos deux petits anges. Les progrès de Victoire m'ont stupéfait et m'ont rendu fier. Voir Dominique marcher m'a ému. J'ai raté tellement de choses pendant mon absence et je m'en veux.

J'ai voulu aller te rejoindre quand mon père m'a dit que tu étais en France. Mais ma mère m'en a dissuadé. Elle m'a convaincu de passer du temps avec nos enfants. Les filles te réclament souvent, tu sais. Elles ont besoin de leur mère. J'ai besoin de toi ...

Je t'aime Fleur.

William »

Fleur pensa à ses petites filles qui avaient besoin de leur mère. Elle savait qu'elle allait devoir rentrer en Angleterre, surtout avant que sa grossesse ne l'empêche de se déplacer. Une pointe de culpabilité étreignait le cœur de la mère de famille. Elle avait laissé ses filles pour un besoin égoïste de se retrouver avec elle-même. Certes, c'était Molly qui lui avait proposée de partir en France mais Fleur aurait pu lutter et combattre sa déprime. Pourtant, une petite voix au fond de son cœur lui disait que son retour aux sources avait eu des effets bénéfiques. Quand aurait-elle su que sa petite soeur s'était fiancée sinon ? Mais la jeune blonde se rendait bien compte qu'elle ne pouvait plus s'enfermer dans sa chambre comme une adolescente. N'avait-elle pas dit à William qu'ils fallaient qu'ils se parlent franchement, sans prendre la fuite ?

Malgré l'heure tardive, Fleur prépara sa valise. Il fallait qu'elle rentre. Victoire et Dominique l'attendaient. Elle rassembla les quelques affaires qu'elle avait emmené et les plia pour les ranger correctement dans son sac. Pendant qu'elle rangeait, elle réfléchissait. Elle ne savait pas comment elle allait annoncer aux filles qu'elle attendait un enfant. De plus le premier anniversaire de Dominique approchait à grands pas et ce n'était pas le moment de compromettre l'ambiance. Une fois sa valise fermée, la blonde s'allongea dans son lit. Elle fixa un long moment le plafond. Son cerveau tournait à plein régime. Elle aurait voulu parler à quelqu'un de ses doutes. Mais personne ne pouvait lui donner le réconfort qu'elle demandait. Elle devait traverser cette épreuve seule. Ce fut vers quatre heures du matin que Fleur s'endormit, après avoir programmé son réveil.

Le bruit strident de l'alarme de l'horloge fit bondir Fleur. À son grand étonnement, elle avait dormi d'un sommeil de plomb et aucun rêve n'était venu perturber son repos. Elle éteignit le réveil et se prépara à sortir. Son manteau d'hiver et sa valise sous le bras, elle descendit les escaliers. En bas, elle croisa sa jeune sœur qui l'aida à poser ses affaires dans l'entrée. Les deux jeunes femmes allèrent ensuite à la salle à manger où leurs parents les attendaient. Ils se saluèrent et se servirent dans les plats que Corey leur avait concoctés. Fleur but son verre de jus de pomme pour se donner du courage.

- Père, Mère, je rentre en Angleterre. Aujourd'hui. Je suis désolée de partir si vite mais il faut que je retrouve mes filles. J'ai conscience que je ne les ai pas laissées très longtemps mais elles doivent avoir besoin de moi. D'ailleurs, je vous enverrai prochainement une lettre pour l'anniversaire de Dominique. Il est dans moins d'une semaine et j'aimerais vraiment que vous veniez tous les quatre, Mikola y compris, à sa fête. Je sais que cela ne vous laisse pas beaucoup de temps pour vous organiser. Je vous enverrai les détails.

La famille discuta encore quelques instants. Une fois le petit déjeuner terminé, tous se levèrent de table pour accompagner l'aînée de la famille vers la porte d'entrée. Les au revoir furent courts mais Fleur serra sa mère, son père et sa soeur dans ses bras. Gabrielle proposa de l'accompagner à la gare routière d'Aigues-Mortes. Fleur accepta volontiers. Les deux jeunes femmes marchèrent en silence jusqu'au quai où le bateau attendait ses derniers passagers qui allaient du côté Moldu du village.

Elles prirent place à bord, sur deux sièges un peu éloignés des autres. Les deux soeurs avaient besoin de se retrouver seules. Depuis que Fleur était revenue, elle n'avait pas pu converser à cœur ouvert avec Gabrielle.

- Mikola est un homme bien. J'espère qu'il te rendra heureuse pendant très longtemps.

- Merci grande sœur. Je ne pensais pas connaître un amour si fort avec quelqu'un. Mais il est entré dans ma vie et je ferais tout pour le garder.

- Bien. J'ai hâte de faire les préparatifs du mariage avec toi.

- Moi aussi. Mais dis-moi, Fleur, pourquoi ne portes-tu plus ton alliance ?

- Pendant que tu étais chez ton fiancé, William est venu à la maison. Nous avons investi la dépendance pour discuter sans déranger Père et Mère. Il m'a avouée les raisons de son départ. Il m'a aussi appris qu'il m'avait trompée. Avec une collègue. Il était ivre et il manquait de chaleur humaine alors il s'est réfugié dans ses bras.

La voix de Fleur tremblait. Gabrielle lui prit les mains, les larmes aux yeux. L'aînée la regarda et lui enjoignit de ne pas pleurer. La mère de famille lui expliqua qu'elle devait rentrer en Angleterre pour régler tout cela. Elles s'enlacèrent pour se réconforter mutuellement. Gabrielle ne voulait pas lâcher sa sœur alors que le bateau avait accosté. Ce fut Fleur qui la détacha doucement d'elle en lui disant que son taxi ne l'attendrait pas indéfiniment. La jeune fiancée se raisonna et accompagna sa sœur. Elle l'embrassa sur les deux joues une dernière fois pendant que le conducteur chargeait la valise dans le coffre. Les deux filles Delacour se quittèrent en pleurant malgré leur promesse de ne pas verser une larme.

Le chauffeur de taxi fut très prévenant envers Fleur. Il ne posa aucune question si ce n'était pour connaître la destination de la jeune femme. Le trajet dura une quarantaine de minutes. Fleur les passa à réfléchir à ce qu'elle allait dire à sa belle-famille. Elle ne savait même pas si William était rentré au Terrier ou s'il avait ramené les filles chez eux, à la Chaumière aux Coquillages. Un train à grande vitesse ramena Fleur à Paris. Elle prit ensuite le RER et le métro jusqu'au centre de la capitale où se trouvait le Ministère de la Magie Français. La journée était déjà bien avancée et la mère de famille n'était pas sûre d'arriver à temps pour prendre le dernier Portoloin à destination de Londres. Mais la personne au guichet la rassura et lui rapporta qu'elle arrivait juste à temps. Fleur n'attendit qu'une dizaine de minutes avant d'être appelée dans la salle de départ. Deux autres femmes attendaient à côté du vase qui leur servirait de moyen de transport. La blonde toucha la porcelaine froide au moment adéquat et sentit son nombril être aspiré par le sortilège.

Une fois arrivée à Londres, Fleur se rendit compte qu'il faisait déjà nuit. Elle se décida à prendre une chambre au Chaudron Baveur avant de partir vers le Terrier. Elle se sentait lasse de ce voyage et ses pieds la faisaient souffrir. Poussant la porte du pub, Fleur fut surprise du nombre de personnes présentes. Elle se dirigea vers le bar, tout en saluant d'un hochement de tête les personnes qui la saluaient. Le propriétaire du pub lui donna la chambre quatorze. La jeune femme monta directement après avoir réglé sa nuitée. Une fois dans la pièce, elle lança un Recurvite sur le lit et les meubles pour être certaine de la propreté de l'endroit.

La nuit ne fut pas tellement réparatrice pour Fleur. Son dos la faisait souffrir à cause du matelas de mauvaise qualité sur lequel elle avait dormi. Mais elle ne se plaignit pas et prit sur elle. Elle avait décidé de dormir là même si ce n'était pas une bonne idée visiblement. Remerciant le patron du pub, elle passa du côté Sorcier de Londres. Elle avait besoin de nouvelles robes car elle avait donné ses anciennes à une collègue de travail. Après son passage au Chemin de Traverse, elle profita de sa présence dans la capitale anglaise pour faire un examen complet de sa santé et de celle du bébé. Par chance, le médicomage Kylian était libre et avait pu accueillir immédiatement Fleur. Il lui assura qu'elle était en bonne santé même s'il ne fallait pas qu'elle se surmène. Le bébé se développait bien et son cœur battait fortement. La mère de famille fut émue d'entendre les battements de vie de son enfant. Il était encore trop tôt pour connaître son sexe mais la prochaine échographie magique serait la bonne. Fleur prit d'avance son rendez-vous pour la fin de son deuxième trimestre de grossesse.

Rassérénée, la jeune femme repassa du côté Moldu pour louer une voiture. Elle avait encore de la route à faire pour rejoindre sa maison. Suivant les ordres de son médecin, elle s'arrêta toutes les deux heures pour se reposer et se dégourdir les jambes. Petit à petit, les paysages changèrent. Les quelques cinq heures de voyage avait éreinté la jeune femme. Pourtant elle ne fut pas heureuse de retrouver son foyer. Se garant devant la Chaumière, elle remarqua qu'aucune lumière n'était allumée. Elle en déduisit donc que William n'était pas revenu avec les filles. Laissant échapper un soupir soulagé, Fleur sortit sa valise du coffre et se dirigea vers la porte d'entrée.

Elle ouvrit le battant de bois et découvrit une pièce à vivre totalement ravagée. Les meubles avaient été retournés. Les jouets des filles avaient été dispersés au quatre coin de la pièce. La valise de Fleur tomba lourdement sur le sol. La mère de famille était affolée. Qui avait bien pu mettre la maison dans cet état ? Elle vérifia si les sorts Repousse-Moldu et anti-intrusions étaient encore en place. Ce fut le cas. Puis elle se rappela la lettre de William. Il avait avoué qu'il avait retourné toute la maison pour les retrouver. Dans son angoisse, le père de famille n'avait rien rangé derrière lui. Apparemment il ne lui était pas venu à l'esprit de revenir pour tout remettre en ordre. Ce n'était pas grand chose mais cela suffisait à alimenter la colère de Fleur.

Allumant les lumières d'un coup de baguette, la Française fit le tour de la maison pour contempler les dégâts que son mari avait fait. Dans chaque pièce, elle remit en ordre, à l'aide de quelques sorts, les meubles, les vêtements et les jouets. Tous les souvenirs liés à cette maison refirent surface dans l'esprit de la jeune femme. Posant une main sur son ventre, elle raconta à voix haute tous les moments joyeux qu'elle avait vécu. Elle parla au bébé pendant de longues minutes tout en rangeant la maison. Ayant fini sa tâche, Fleur s'assit sur le canapé. Les larmes se précipitaient dans ses yeux.

- Petit bébé, j'espère que tu auras les yeux bleus. J'espère que tu sauras me faire aimer à nouveau cette couleur. Tu sais, Maman n'a pas toujours été triste. Ton père est un homme formidable. Il a vécu beaucoup de choses difficiles. Mais il a toujours remonté la pente. Maman l'a aidé bien sûr, tout en combattant ses propres démons. Pendant longtemps, le bleu était une couleur que je ne pouvais plus voir. Mais là-bas à Poudlard, où tu iras sûrement à l'école dans une dizaine d'années, une maison a le bleu pour couleur. Ce n'était pas la maison de ton Papa mais c'est dans celle-là que vont les personnes intelligentes. On m'a racontée que je serais sûrement allée dans cette maison si j'avais fait ma scolarité en Angleterre. En voyant les regards heureux des élèves qui portaient du bleu, j'ai pris conscience que le bleu pouvait être une couleur que je pouvais aimer. Puis j'ai croisé les yeux de celui qui allait devenir mon mari. Comme tous ceux de sa famille, ils étaient bleus. Mais William avait une nuance de bleu bien particulière. Elle me faisait rêver. J'en suis tombée amoureuse. J'en suis encore amoureuse. Mais ton Papa n'a pas été héroïque cette fois. Je trouve que le bleu de ses yeux s'est terni. Peut-être arriveras-tu à les faire redevenir comme avant ? Mais cela serait une bien grande mission pour un bébé qui n'est même pas encore né. Sache que tu rendras Maman et Papa heureux. Tes grandes sœurs vont t'adorer. Je t'aime mon bébé.

Épuisée physiquement et mentalement, Fleur s'allongea sur le canapé et fit apparaître une couverture chaude. Elle éteignit les lumières et s'endormit. Cette nuit-là, de nombreux cauchemars l'assaillir. Ils lui firent voir l'acte de mari. Ils lui montrèrent une femme aussi belle qu'intelligente qui attisait les désirs de William. Puis ils lui montrèrent les regards déçus de ses parents et de sa sœur quand elle leur annonçait qu'elle allait divorcer de l'aîné des Weasley, qu'elle allait élever seule trois enfants. Elle vit aussi la haine dans les yeux de Molly et les autres Weasley. Fleur s'éveilla en pleurant. Elle s'étouffait avec ses sanglots. S'efforçant d'inspirer et d'expirer, la Française pensa à des souvenirs joyeux. L'annonce de sa première grossesse, la naissance de Victoire, sa seconde grossesse, les premiers pas de sa fille, et ainsi de suite. Elle réussit petit à petit à se calmer. Elle essuya les larmes qui étaient restées sur ses joues.

Après avoir repris ses esprits et s'être changée, Fleur profita du beau temps pour se promener sur la plage près de la maison. Ses cauchemars l'avait ébranlée plus qu'elle ne le pensait. Elle ne cessait de réfléchir à sa décision. Elle ne pouvait pas nier qu'elle aimait toujours William. On ne pouvait pas effacer huit années d'amour d'un claquement de doigts. Pourtant elle sentait qu'il fallait un changement. Elle ne pouvait pas pardonner à William. Il l'avait trahie de la plus honteuse des façons. Mais devait-elle se séparer totalement de lui ? Fleur pensa à Victoire et Dominique. Comment allait-elle leur expliquer que leurs parents ne pouvaient plus vivre ensemble, qu'il allait falloir changer de maison toutes les deux semaines ? Une chose était sûre : elle laisserait toujours William voir ses filles. Il n'était pas question qu'ils coupent totalement les ponts. Pour le bien des filles et de l'enfant à naître. Cependant, s'ils entamaient vraiment une procédure de divorce, il faudrait que Fleur se trouve un nouvel endroit pour vivre. De nombreuses choses étaient à prendre en compte avant d'aller jusqu'à la séparation administrative. La Française était-elle prête à aller jusqu'au bout ?

La matinée avait laissé la place à l'après-midi quand Fleur se décida à se rendre au Terrier. Ses filles lui manquaient énormément et elle devait voir les préparatifs de l'anniversaire de Dominique avec Molly. Malgré ces raisons plus que justifiées, la jeune femme n'avait pas envie de voir sa belle-famille et encore moins son mari. Mais il était temps de les retrouver et de leur annoncer sa nouvelle grossesse. Puisqu'elle ne devait rendre la voiture que le lendemain dans le garage de son choix, la mère de famille se mit au volant et partit en direction du Terrier.

Au bout de deux heures de route, Fleur aperçut la silhouette bancale de la maison de sa belle-famille. Elle se gara à la fin du chemin de gravier, décidant de finir à pieds. Elle avait besoin de marcher et cela lui permettrait de se préparer à voir la famille Weasley. Coupant le moteur, Fleur prit une grande respiration et attrapa manteau et sac à main. Les mains enfoncées dans ses poches, la Française avançait dans le froid jusqu'au Terrier. Les abords de la maison étaient silencieux. Les petits animaux avaient commencé leur hibernation et il n'y avait pas un brin de vent pour faire bruisser les hautes herbes.

Soudain deux petites silhouettes sortirent de la maison en criant. L'une courait bien plus vite que l'autre. Fleur s'arrêta au milieu du jardin. Elle n'avait d'yeux que pour ses petites filles. Elle se rendit compte à quel point elles lui avaient manquée et combien elle les aimait.

- Maman ! Tu es revenue !

Victoire se précipita dans les bras de sa mère qui s'était accroupie. Fleur respira l'odeur des cheveux de sa fille. Elle lui murmurait des paroles tendres à l'oreille. Elle lui disait tout son amour. La fillette ne semblait pas l'entendre, emportée par les nouvelles qu'elle donnait à sa mère. Enfin les deux blondes se séparèrent. Fleur se releva pour faire face à son mari qui tenait Dominique dans ses bras. La petite fille tendait ses petites mains vers sa mère et gigotait pour se dégager de la poigne de son père. Ce dernier passa l'enfant à sa femme. Répétant les mêmes gestes pour sa seconde fille, Fleur se sentait enfin en paix. Elle avait retrouvé sa progéniture. La jeune femme sentait le regard de William sur elle. Mais elle était résolue à ne pas croiser son regard. Ce dernier tomba sur Victoire qui demandait son attention en tirant sur son pantalon.

- Maman ! Maman ! Mamie Molly a fait des gâteaux de Noël, j'ai pu les faire avec elle !

- C'est très bien ma chouette, j'ai hâte de les goûter.

- Alors viens à l'intérieur, tout le monde t'attend !

La mère de famille pâlit. Combien de personnes étaient présentes au Terrier ? Son mari dut s'apercevoir de son changement d'humeur car il lui apprit que toute la famille était présente pour le goûter. Gardant Dominique dans ses bras, Fleur demanda à Victoire de tenir la main de son père. Elle remercia cordialement William pour l'information. Elle qui pensait seulement voir ses beaux-parents, elle allait devoir faire face à l'entièreté des Weasley. Elle sentait déjà la lassitude prendre place dans son cœur.

Pourtant Fleur entra dans un Terrier plutôt silencieux. Tout le monde était assis au salon, avec une tasse de thé et devant les assiettes de biscuits préparés plus tôt. Il n'y avait pas de discussions enjouées. Tous attendaient quelque chose. Dominique se débattait pour descendre des bras de Fleur pour aller rejoindre sa sœur qui était déjà partie retrouver Teddy Lupin et James Potter. Prenant le temps d'enlever le manteau de sa fille, Fleur se concentrait sur ce qui allait arriver. Elle ne savait pas ce que William avait dit à sa famille. Elle se doutait que Molly et Arthur étaient dans la confidence mais elle ne savait pas pour les autres.

Une fois Dominique posée au sol, Fleur et William enlevèrent leurs manteaux et allèrent s'asseoir sur le dernier canapé de libre. Le roux ne tenta aucun geste affectueux vers la blonde. Cette dernière se tourna vers la famille qui la regardait avec curiosité. Elle avait l'impression de se retrouver huit ans auparavant quand Bill l'avait présentée à eux. Certes il n'y avait plus l'animosité qu'elle avait pu ressentir mais elle sentait que les choses avaient changé.

- T'es-tu bien reposée, Fleur ?

- Oui merci Molly, vous avez le bonjour de mes parents. D'ailleurs il faudrait que l'on discute de l'anniversaire de Dominique.

- Dis-moi tout.

- J'aimerais le faire ici au Terrier. J'aimerais aussi inviter mes parents, ma sœur et son fiancé. Croyez-vous cela possible ?

- Mais bien sûr Fleur ! Je vais m'occuper de tous les détails. Dominique aura un très beau premier anniversaire.

Fleur remercia chaleureusement sa belle-mère. Elle savait qu'elle pouvait toujours compter sur elle quand il s'agissait d'organiser un événement. La légèreté du moment retomba quelque peu et le silence était seulement rompu par le bruit des tasses dans leurs soucoupes. Même les enfants semblaient jouer calmement. Fleur fut surprise quand William se pencha vers elle. Elle faillit reculer mais se retint au dernier moment. Ce dernier lui demandait de venir avec lui dans la cuisine. Elle accepta bon gré mal gré. Elle savait qu'une discussion s'imposait. Ils devaient annoncer la future naissance. Une fois dans la cuisine, William lança un Assurdiato, connaissant parfaitement sa famille et sa capacité à écouter aux portes.

- Comment vas-tu Fleur ?

- Du mieux que je peux, William.

- Veux-tu annoncer ta grossesse maintenant ?

- Je pense que c'est le meilleur moment. Dans quelques jours, l'attention sera tournée sur Dominique et je ne veux pas lui enlever cela.

- Très bien. Nous allons donc l'annoncer à la famille. As-tu été voir ton médecin ?

- Oui, hier. Je vais bien et le bébé aussi. J'ai pris rendez-vous pour dans un mois et demi, à la fin de mon second trimestre.

- Bien, bien …

William ne semblait pas avoir autre chose à dire. Fleur n'avait rien d'autre à partager avec lui pour l'instant. Ils s'étaient parlés mécaniquement. Leur ton était neutre. Aucun des deux n'esquissait le moindre geste pour revenir au salon. La mère de famille luttait contre son instinct d'aller vers lui et de le prendre dans ses bras. Elle ne devait pas lui montrer qu'il lui manquait. Mais elle n'oubliait pas la faute qu'il avait commise et cela l'aida à rester forte. Le silence commençait à devenir lourd entre eux. La blonde décida de rompre le sort que son mari avait posé sur la pièce et sortit rejoindre les autres au salon. Elle entendait ses pas derrière elle, preuve qu'il la suivait. Ils se rassirent côte à côte. William s'éclaircit la voix pour attirer l'attention de sa famille.

- Nous avons une nouvelle à vous annoncer. Victoire, Dominique, approchez mes chouettes.

Le père de famille attendit que les deux petites soient installées près de lui pour parler.

- Fleur et moi attendons notre troisième enfant. Il arrivera au printemps prochain. Victoire, Dominique, vous allez avoir un petit frère ou une petite sœur.

Les deux fillettes explosèrent de joie. Les autres membres de la famille se levèrent pour féliciter les futurs parents. Tout le monde s'embrassa et la joie fut de retour au Terrier. On aurait dit que les nuages noirs d'orage avaient disparu. Mais si l'on était vigilant, on pouvait remarquer que William et Fleur ne se touchaient pas, ne se donnaient aucune marque d'affection. Malgré l'heureuse nouvelle, quelque chose était brisé.

Le soir arrivant, il fut temps pour Fleur, William et leurs deux enfants de rentrer chez eux. Les deux fillettes n'ayant jamais pris la voiture, elles grimpèrent avec curiosité dans le moyen de transport. La mère de famille avait fait apparaître des sièges autos et avait montré à William comment attacher les enfants. Plus d'une fois, leurs mains s'étaient frôlées. Fleur ressentait toujours le frisson caractéristique de sa peau reconnaissant celle de son mari. Mais elle n'avait rien dit et avait fait attention à ses gestes. Pendant le trajet, elle expliqua à William qu'elle avait loué cette voiture à Londres et qu'elle irait la rendre le lendemain au village. Ce dernier avait acquiescé et n'avait plus dit un mot depuis. Une fois arrivés à la Chaumière, ils couchèrent les petites filles et se retrouvèrent seuls dans le salon. Il était temps pour Fleur de faire part de sa décision à William.

- William, j'ai pris ma décision. Je voudrais que tu te taises peu importe ce que tu voudrais dire. J'ai besoin de tout dire d'une seule traite sinon je n'y arriverais jamais. Je vais être directe car je ne sais pas comment t'annoncer ça autrement. J'aurais voulu ne jamais en arriver là mais la situation l'exige. Je vais demander le divorce. Je ne peux pas vivre avec quelqu'un qui m'a trahie comme tu l'as fait. Mais j'aimerais que cette séparation soit faite à l'amiable. Je ne veux pas que nos filles soient prises entre le feu de nos disputes. Bien sûr, il va falloir leur en parler et leur expliquer ce que tout cela veut dire pour elles. Je ne t'enlèverai jamais la garde des enfants. Tu auras le droit de les voir autant qu'il te plaît. Cela me déchirerait le cœur de voir nos filles grandir sans leur père à leurs côtés. Je compte m'acheter une maison bientôt. Je te laisse celle-ci puisqu'elle est dans ta famille depuis longtemps. Tu n'auras pas de pension alimentaire à me verser. Je ne veux pas te prendre tout ton argent pour compenser ta faute. Cela serait complètement inutile. J'espère que tu comprends tout cela.

Fleur observa William. Ce dernier semblait totalement perdu. Il avait les yeux dans le vague. La mère de famille avait débité son monologue d'une traite, d'une voix calme. À l'intérieur, elle bouillonnait. Sa colère n'était pas redescendue mais elle ne voulait pas se disputer avec lui ce soir. Elle était lasse.

- M'aimes-tu encore Fleur ?

- Oui William. Mais cela ne suffira pas cette fois. Nous ne résisterons pas.

- En es-tu sûre ? Que puis-je faire pour te convaincre de revenir sur ta décision ?

- Tu ne peux rien faire William. C'est impossible de défaire ce qui a été fait. Tu pourras me présenter mille et une fois tes excuses, je ne céderais pas.

- Et si je ne suis pas d'accord avec les conditions que tu as posées ?

- Alors il faudra en venir à un procès long et fastidieux. Veux-tu vraiment te lancer là-dedans ?

- Non … Non je ne veux pas … Je ne veux pas non plus que tu quittes cette maison. J'ai besoin de toi ! Je ne peux pas vivre sans toi … Je t'aime trop pour ça.

- Il va falloir apprendre à vivre avec ça. Depuis que tu m'as annoncée ta tromperie, le bleu s'est terni à mes yeux. Mais comme pour mes précédentes batailles, il faudra faire avec. Combattre la tristesse, la déprime, la colère qui voudront noyer le bleu.

Fleur plongea ses yeux dans ceux océans de William. Ils étaient remplis de larmes. Elle avait conscience qu'elle lui brisait le coeur mais c'était un mal nécessaire. La jeune femme se leva et s'approcha du jeune homme. Elle se posta devant lui. Elle se pencha pour l'embrasser sur le front. Elle lui donnait ainsi sa bénédiction. Fleur le laissait vivre sa vie de son côté. Il tenta de s'accrocher à ses jambes pour la retenir mais elle le repoussa. Serrant les lèvres pour retenir son chagrin, la Française sortit de la Chaumière aux Coquillage, luttant contre son envie de se retourner.

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Le divorce fut prononcé en quelques semaines. Fleur avait expliqué à ses filles ce qui allait se passer. Victoire avait beaucoup pleuré car elle ne verrait plus sa mère tous les jours. Ses jouets avaient voleté autour d'elle pendant un long moment. Dominique était encore trop jeune pour tout comprendre. Mais Fleur savait que la petite brune l'appelait souvent quand elle dormait à la Chaumière aux Coquillages. Plus tard, elles comprendraient pourquoi leurs parents avaient dû se séparer.

La famille Weasley fut anéantie par la nouvelle. Eux qui fêtaient l'arrivée d'un nouvel enfant, ils devaient faire leur deuil d'un mariage. Fleur n'avait pas osé mettre les pieds au Terrier pendant de longs mois. Mais la naissance de son fils arrivant, elle avait pris son courage à deux mains pour aller voir les autres femmes de la famille. Ces dernières avaient été particulièrement froides au début. Cependant elles se réjouissaient de pouvoir se réunir autour d'un heureux événement.

Fleur avait revu William de nombreuses fois depuis que la sentence avait été prononcée. Tout comme elle, il avait été fatigué les premiers temps. Il y avait un vide dans sa vie. L'absence du roux près d'elle avait été pesante. Il lui manquait énormément. Cependant, elle ne regrettait pas sa décision. Elle ne pouvait plus rester en face du regard bleu de William. Ce regard bleu qui avait désiré une autre femme. Elle ne détestait pas ce bleu comme elle avait pu le faire pour celui de Maxence. Elle ne pouvait tout simplement plus l'aimer. Il était devenu ordinaire à ses yeux. Ce bleu qui lui avait promis toute une vie de bonheur. Elle n'y trouvait plus l'étincelle qui l'avait fait chavirer le jour de ses dix-huit ans.

Le petit Louis était né en avril. Son père avait été présent pour l'accouchement. Fleur avait tenu à ce que William soit présent. Après tout ils l'avaient fait à deux ce bébé. Quand ce dernier ouvrit enfin les yeux, le cœur de Fleur chavira une nouvelle fois. Louis avait encore une autre nuance de bleu dans ses iris. Une nuance qui différait de celle de son père, de sa mère ou de sa sœur. Mais ils n'en restaient pas moins magnifiques. Fleur sut que son fils allait faire revenir un bleu éclatant dans sa vie.

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Fleur ne retrouva jamais un amour comme celui qu'elle avait eu avec William. Au cours de leur longue vie, le roux avait essayé de la reconquérir. Mais la Française n'oubliait pas. Pourtant la femme au sang de Vélane expira entourée de toute sa famille, son ancien mari y compris. Non, elle n'oubliait pas. Peut-être que dans une autre vie, William et elle se seraient donné une seconde chance. Ils auraient probablement toujours continué à aimer le bleu.