Le procès de l'année

Mickaël était inquiet. L'audience allait bientôt commencer mais Harry manquait toujours à l'appel. Ce dernier lui avait confié l'un des Galions de l'AD pour qu'ils puissent communiquer ensemble mais le brun était aux abonnés absents. Le rictus satisfait de Molly Prewett Weasley, aux côtés de sa fille Ginny, n'était pas pour le rassurer mais il ne voulait pas être pessimiste.

Des clameurs derrière lui achevèrent de le rassurer. Mais pour peu de temps seulement. Le regard noir de son client montrait qu'il s'était passé quelque chose.

-Monsieur Potter, est-ce que … commença Mickaël.

-Nous en parlerons plus tard, coupa Harry.

Mickaël regarda attentivement son client avant qu'un détail ne lui saute aux yeux.

-Vous avez du sang au niveau de l'oreille, chuchota Mickaël.

Harry retint un juron entre ses dents avant de faire un geste discret de sa main pour nettoyer entièrement son visage.

-Je vous laisse le champ libre pour ce matin, déclara Harry. Je ne compte pas intervenir.

Mickaël fronça des sourcils. Quand ils avaient discuté du déroulement de cette audience, ils s'étaient mis d'accord pour parler à parts égales. Pourquoi ce retournement de situation ?

-Je vous expliquerais tout, assura Harry.

-Bien, fit Mickaël.

Ils ne purent continuer à parler puisque le juge Joshua Mathis entra, suivi de deux autres pour l'assister.

-Bonjour à tous, fit le juge. Nous sommes réunis aujourd'hui pour décider des conditions du divorce entre Ginny Prewett Weasley et Harry Potter. Que les parties concernées se lèvent.

Mickaël Lawrence et Harry Potter d'un côté, Yann Leroy et Ginny Prewett Weasley de l'autre se levèrent.

-Bien, fit le juge. Maîtres, veuillez m'apporter les desiderata de vos clients.

Mickaël et Yann s'approchèrent et lui tendirent chacun un parchemin. Le juge Matis les parcourut rapidement.

-Il me semblait que vous vous étiez concertés, maîtres, fit le juge. Alors pourquoi vos demandes sont-elles si opposées ?

-Ma cliente a estimé qu'elle était lésée, fit Yann.

-Pas de commentaire ? s'étonna le juge

-Ce serait déplacé, répondit Yann.

Le juge jeta à nouveau un coup d'œil sur les demandes.

-Je voudrais vous parler quelques instants avant la pause du déjeuner, déclara le juge. Certains points me sont assez obscurs.

-Oui, votre Honneur, s'inclinèrent les deux avocats avant de regagner leurs places.

La matinée se passa assez rapidement. Durant l'heure et demie suivant l'ouverture du procès, chaque avocat avait dressé un portrait très flatteur de leur client. Et alors que la salle se vidait pour le déjeuner, les spectateurs s'étaient rappelés que le procès allait opposer l'un des poids lourds du monde Sorcier, le futur lord Potter-Black et surtout, celui qui les avait tous sauvé dix ans auparavant.

Comme promis, Mickaël et Yann s'approchèrent du juge. Ce dernier les mena dans son bureau qu'il isola.

-Je ne vais prendre de gants, déclara le juge Mathis. Quelque chose m'a particulièrement choqué. Pourquoi madame Prewett Weasley Potter ne réclame pas la garde de ses enfants ? Est-ce un oubli, Me Leroy ?

Yann soupira. Honnêtement, il avait honte de défendre une telle femme mais il s'était engagé et il ne pouvait plus reculer.

-Ce n'est pas un oubli, avoua Yann. J'ai tenté d'avoir la position de ma cliente concernant ce point mais il avait été clair qu'elle ne se préoccupait absolument pas des enfants qu'elle a eus de son union avec monsieur Potter.

Mickaël ne s'étonnait même pas. Il avait compris depuis belle lurette que Ginny ne jurait que par l'argent et ses enfants ne prendraient de la valeur que s'ils lui offraient l'accès à d'immenses fortunes.

-C'est la première fois que je vois ça, fit le juge Mathis. D'habitude, les parents se déchirent pour la garde des enfants mais là, rien. Auriez-vous une proposition ?

-Si vous voulez mon avis … fit Yann.

Les deux Sorciers se tournèrent vers lui.

-Notre principale préoccupation est de protéger ces enfants, déclara Yann. Si ma cliente ne veut pas en entendre parler, alors nous devons régler le problème à notre niveau, sans prendre en compte leur avis. Enfin, si, nous connaissons leur avis et ils concordent. Qu'en dites-vous ?

-Il n'a pas tort, concéda Mickaël. Mon client réclame la garde exclusive de ses enfants et mademoiselle Prewett Weasley n'a pas l'air d'en vouloir.

-Je vais y réfléchir, fit le juge Mathis. Merci d'avoir répondu à mes questions. Vous pouvez y aller.

Les deux avocats quittèrent le bureau et ils se séparèrent. Pendant que Yann se dépêtrait de l'envahissante Ginny qui tentait en vain d'entrer dans son lit, Mickaël rejoignait Harry sous Glamour à l'extérieur du ministère, côté Moldu. Le brun le mena dans les quartiers Sorciers et ils se retrouvèrent devant un restaurant renommé. Ils entrèrent et se présentèrent à l'accueil.

-J'ai rendez-vous avec monsieur Zabini, déclara Harry en tendant la lettre de Blaise.

La réceptionniste consulta la lettre avant d'appeler l'une de ses collègues pour aller chercher le patron. Ce dernier apparut très vite et sans un mot, les mena vers son bureau. Une fois à l'intérieur, Harry laissa tomber ses Glamour.

-Mickaël Lawrence, avocat de monsieur Potter, se présenta Mickaël.

-Blaise Zabini, propriétaire des lieux, répondit Blaise. Je vous présente Théodore Nott, mon responsable de la sécurité et Draco Malfoy, un de vos confrères, il me semble.

-Enchanté, firent Mickaël, Théo et Draco.

-Installez-vous, invita Blaise.

-Potter, ton message était inquiétant, tu sais ? fit Théo

-Je ne voyais personne d'autre pour répondre à mes questions, soupira Harry.

-Tu n'as pas l'air d'être surpris de nous voir là, commenta Draco.

-Parce que je m'en doutais, répondit Harry. Je connais les connaissances de Nott et ce qu'il ne sait pas, vous le savez. Malfoy, tu n'aurais pas une potion contre le mal de crâne ?

-Est-ce que c'est naturel ? demanda Draco

-Non, avoua Harry. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé de l'aide à Nott. J'ai reçu un sort ce matin mais je ne sais pas quoi.

-Allonge-toi, ordonna Théo. On va voir ce qu'on peut faire.

Docile, Harry obéit et successivement les baguettes de Théo, Blaise et Draco se déplacèrent au-dessus du corps du brun.

-Sort de contrainte, révéla Théo. Et plutôt puissant. Tu as l'air de l'avoir contré mais pas totalement. Tu as des barrières Occlumens ?

-J'ai tenté d'apprendre, avoua Harry du bout des lèvres. Mais ça n'a pas été une grande réussite.

-Est-ce que tu permets que je vérifie ton esprit ? proposa Draco. Je veux juste voir si les barrières naturelles ont été ébréchées ou non.

-Fais-toi plaisir, soupira Harry.

Avec précaution, le blond le fixa dans les yeux et entra dans son esprit. A sa plus grande surprise, le mur autour de l'esprit du brun, bien que portant des traces de fissures relativement profondes, semblait très solide. Par acquis de conscience, il en fit le tour pour repérer toute fissure bien plus importante.

-Théo a raison, tu devrais t'y remettre, annonça Draco en revenant. Mais je n'ai rien vu qui pourrait te mettre en danger.

-Bonne nouvelle, souffla Harry.

-Ne bouge pas, je vais te donner une potion pour ton mal de tête, sourit Draco.

La minute suivante, Harry soupira de soulagement alors que sa tête devenait plus légère.

-Tu as été touché par un sort considéré comme étant de magie noire, commenta Théo. Assez puissant vu ton état. Qui tu as énervé à ce point ?

-Molly … avoua Harry.

-Molly Prewett Weasley ? pesta Mickaël. Mais elle se prend pour qui ? Il faut porter plainte !

-Pas maintenant, se rebiffa Harry. Si on le fait maintenant, tout ce que nous avons préparé tombera à l'eau.

-Potter, fit Draco. Je comprends ce que tu veux dire mais tu ne peux pas laisser un tel crime impuni.

-Si elle avait forcé un peu plus, elle aurait pu te tuer ! abonda Théo. C'est un sort qui ne peut être lancé sans risques que par des personnes qui le maîtrise ! Elle a joué à un jeu dangereux !

-Pourquoi elle aurait fait ça ? demanda Blaise

-Parce qu'elle a compris que sa fille perdrait le procès quoi qu'elle fasse, grinça Harry. Et elle ne veut surtout pas perdre les avantages que lui apportait notre mariage.

-Mais elle voulait vous contraindre à quoi ? demanda Mickaël

-Sûrement à accorder tout ce que veut Ginny, renifla Harry. Ce qui comprend absolument tous mes coffres.

-Est-ce une impression ou tu te lâches en notre présence, Potter ? sourit Draco. Parce que je ne t'ai jamais entendu critiquer ta femme jusqu'à aujourd'hui.

-Je ne suis pas en état de jouer le parfait Gryffindor, railla Harry. Je suis un adulte qui a le droit de pousser une gueulante de temps à autre.

-Tu n'es pas le parfait Gryffindor mais tu en es le Prince, rappela Blaise. J'ai l'impression que tu vas le leur rappeler avec pertes et fracas.

-Oh que oui, ricana Harry avec un sourire machiavélique. Tout le monde va payer très cher.

-Me Black Malfoy n'a pas tort, intervint Mickaël. Ce crime ne doit pas être laissé impuni.

-Tu devrais quand même le signaler, ajouta Draco. Mais fais en sorte que ta plainte ne soit pas connue avant que tu ne le décides.

-Excellente idée, sourit Mickaël. Vous ne déméritez pas votre réputation.

-Merci, s'inclina Draco.

-Je suis désolé mais j'ai vraiment faim, se plaint Harry. Surtout que le procès ne va pas tarder à reprendre.

-Je manque à tous mes devoirs, s'excusa Blaise. On va prendre ma table personnelle. Personne ne vous verra.

-Il manquerait plus que ça, maugréa Draco.

Les cinq Sorciers descendirent quelques étages et entrèrent dans le restaurant par une autre entrée. Harry reconnut la mezzanine où il avait déjeuné la première fois qu'il avait rencontré Blaise dans le cadre de son enquête et sentit les différents sorts tout autour qui garantissait leur intimité. D'un commun accord, ils ne remirent pas sur le tapis l'agression du brun mais réussirent à le convaincre déposer plainte à la fin de la journée.

Deux heures après, Harry et Mickaël se présentaient à nouveau à l'audience.

§§§§§

Ginny était venue se réfugier au Burrow à la fin de la journée. Le premier jour du procès avait été dur à supporter car elle avait dû se tenir à moins de cinq mètres d'Harry tout en sachant qu'elle ne pourrait peut-être plus jamais profiter de ses coffres remplis à ras-bord. Molly s'était assise face à elle.

-Il va falloir qu'on se prépare pour la suite, fit Molly. J'ai pu arrondir les angles avec Harry. Il va sûrement t'accorder assez d'argent pour que nous puissions vivre tranquillement jusqu'à la fin de notre vie.

-Une bonne chose, sourit Ginny. J'ai commencé à prendre un peu plus d'argent dans ses coffres.

-Pas trop, j'espère ? gronda Molly. Il ne faut surtout pas alerter les Gobelins !

-Juste assez pour faire des réserves, fit Ginny. Tu penses qu'on ne remarquera pas tout ce que j'ai pris ?

-Je ne crois pas, répondit Molly. Ces coffres sont tellement pleins qu'il ne remarquerait même pas s'il lui manquait quelque chose.

-J'ai réussi à mettre quelques maisons à mon nom, ajouta Ginny. Au moins, il nous restera quelque chose. Je ne suis même pas sûr qu'il sache qu'il a autant.

-Le problème n'est pas là, balaya Molly. Il faut que nous sachions les conditions du divorce d'Harry pour que nous puissions y réfléchir.

-Une pension ? proposa Ginny

-C'est le mieux que nous puissions faire, confirma Molly. Ou il doit nous céder plusieurs de ses coffres.

-L'un dans l'autre, il devrait apprécier, pouffa Ginny. Je vais aller voir Yann pour voir s'il peut me négocier ça ou s'il peut m'obtenir la moitié des biens des Potter.

-Excellente idée, félicita Molly.

-Je vais aller me préparer pour aller rencontrer mon avocat, sourit Ginny.

-Va, ma fille, répondit Molly.

§§§§§

Le juge Joshua Mathis soupira lourdement en regagnant sa maison ce soir-là.

Cela faisait maintenant une semaine que le procès entre Harry Potter et Ginny Prewett Weasley se déroulait et il ne pensait pas que ça serait aussi compliqué.

Après les deux premiers jours où la salle d'audience avait été prise d'assaut par les spectateurs et les journalistes, il avait annoncé que le procès se tiendrait désormais à huit-clos. Une salle de Transports avait été mise à la disposition exclusive des participants pour ne pas qu'ils aient à traverser la foule qui campait littéralement devant les portes.

Mais ce qui l'étonnait le plus, c'était les deux protagonistes.

Il avait entendu parler par les journaux du couple fusionnel qu'ils formaient mais comme toute personne qui savait réfléchir un minimum, il avait noté que dans les médias, il n'y avait que les affirmations de Ginny Prewett Weasley. Et toujours d'après elle, Harry Potter ne ferait rien sans son accord.

Visiblement non, puisque c'était lui qui avait déposé la demande de divorce.

Les principales informations concernant le brun étaient transmises généralement par sa femme. Mais depuis le début du procès, il était clair que le Sorcier était très loin de la description de la rousse. Harry Potter avait une maîtrise de soi digne des plus grands de ce monde, surtout en sachant qu'il avait été élevé par des Moldus les dix premières années de sa vie. Il n'avait pas cillé une seule fois quand l'avocat de sa femme avait argué une nouvelle fois que le nom des Potter n'avait jamais autant été prestigieux que depuis que Ginny était la femme d'Harry. Pour contrer cet étalage, l'avocat d'Harry avait ressorti certains articles de la Sorcière parmi les plus célèbres mais aussi et surtout, les procès-verbaux des procès qui en avaient découlé contre elle, ce qui était bien moins connu.

A sa plus grande surprise, le juge avait compris que ce qu'il avait lu le premier jour concernant les enfants Potter était avéré. A aucun moment Ginny n'avait réclamé leur garde, quand bien même Yann Leroy tendait la perche pour les mettre sur la table. Tout ce qui semblait intéresser Ginny, c'était de pouvoir encore bénéficier des immenses coffres du patrimoine Potter et à quelle hauteur. Après concertation avec les deux avocats, il avait décidé de suspendre le procès pour pouvoir mettre tout à plat.

Conscient qu'il n'arriverait pas à dormir tout de suite, il se changea pour une tenue plus confortable et se rendit dans son bureau. Munis des notes des deux avocats et des siennes propres, il se mit à étudier le dossier plus attentivement.

Alors que la nuit était bien entamée, les alarmes de la maison retentirent, tirant le juge de sa réflexion.

Qui pouvait bien venir à cette heure-là ?

Intrigué, Joshua se leva et prit sa baguette avant de se rendre à la porte d'entrée. Il la rendit transparente et fut surpris de voir qui se tenait sur le pas de la porte. Non sans prendre des précautions, il ouvrit.

-Madame Potter ? s'exclama Joshua. Que puis-je pour vous ?

-Puis-je entrer ? demanda Ginny

-Bien sûr, fit Joshua. Entrez.

La rousse entra et sur l'invitation de son hôte, ôta sa cape pour dévoiler une robe Moldue très près du corps et particulièrement échancrée, tant au niveau du décolleté que des fentes sur les cuisses. En clair, la rousse était en chasse. Et savoir qu'il était sa proie n'était pas pour plaire à Joshua.

-Désirez-vous quelque chose, madame Potter ? proposa Joshua. Du jus de citrouille, du thé, du café ?

-Non merci, sourit Ginny, charmeuse.

-Venez vous asseoir, pria Joshua.

Tous les deux prirent place dans le salon mais Joshua ne laissa pas pour autant sa baguette sur une table quelconque. Non, il préférait la garder en main. Il ne sentait pas cette visite impromptue.

-Que puis-je pour vous, madame Potter ? demanda Joshua

-Appelez-moi Ginny, papillonna Ginny.

-En d'autres circonstances, peut-être, fit Joshua. Mais de par ma position, je m'abstiendrais.

-Mais vous pouvez, insista Ginny.

-Non, je ne le ferais pas, assura Joshua.

Comprenant qu'elle n'aurait pas gain de cause, Ginny changea de sujet.

-J'aimerai savoir ce que vous pensez du procès, déclara Ginny.

-Je ne préfère pas, refusa Joshua. Vous êtes l'une des parties en procès et si je dois vous dévoiler des informations, je me dois de les transmettre à monsieur Potter.

La légère crispation de son visage trahit son agacement.

-Je ne le dirais à personne, promit Ginny.

Sa progression vers lui qu'elle pensait discrète n'échappa pas à Joshua.

-Madame Potter, non, refusa Joshua. Que faites-vous exactement ici ? Et qui vous a donné mon adresse ?

Ce n'était pas une question anodine. Parfois, Joshua enviait les lois Moldues car les coordonnées personnelles des magistrats n'étaient pas à la disposition du public. Dans le monde Sorcier, ce n'était pas tout à fait ça.

-Ne pouvons-nous pas parler tranquillement ensemble ? minauda Ginny. Nous sommes des adultes, non ?

Joshua pesta intérieurement. Bien que dans la force de l'âge, il restait un homme avec son charme comme se plaisait à lui répéter sa compagne. Et sur le moment, c'était elle qui lui manquait car elle l'aurait mise à l'abri de la mante religieuse qu'était Ginny Prewett Weasley. Surtout maintenant qu'elle se permettait de poser sa main sur son bras. Bras qu'il dégagea immédiatement.

-Madame Potter ! gronda Joshua. Un peu de tenue !

Ginny balaya la remarque d'un geste et s'assit sur les genoux de Joshua, interdit.

-Nous sommes des adultes, n'est-ce pas ? répéta Ginny. Pourquoi ne pouvons-nous pas nous amuser … comme des adultes ?

Les mains de la rousse naviguèrent habilement sous la chemise défaite par magie de Joshua. Ce dernier sentit une chaleur bien connue se répandre dans son corps. Il devait avouer qu'elle savait exciter un homme …

Le juge se reprit et se redressa, jetant littéralement la Sorcière à terre.

-Je vous prierai de quitter ma maison maintenant ! gronda Joshua. Si vous partez maintenant, je ne porterai pas plainte contre vous pour tentative de corruption !

La rousse se remit sur ses pieds et avant qu'il n'ait pu faire un seul geste, le désarma de sa baguette et le repoussa dans le canapé. Plusieurs sorts l'atteignirent mais Joshua ne pouvait plus bouger un seul muscle. Après plusieurs minutes, Ginny se redressa, satisfaite, et prit la direction de la porte.

-Je savais qu'on arriverait à se comprendre, sourit malicieusement la rousse. Je vous dis à bientôt, monsieur le juge.

Et elle sortit.

Ulcéré, Joshua sauta sur ses pieds, enfila des chaussures et une cape puis se jeta dans la cheminée pour se rendre au Département des Mystères. Le Langue de Plomb de garde fut surpris de le voir débarquer mais encore plus de devoir appeler le directeur. Ce dernier arriva rapidement et conduisit le juge dans son bureau.

-Je ne t'ai jamais vu aussi perturbé, constata Jordan, directeur du département.

-Je viens de me faire attaquer et je veux une liste de tout ce que j'ai reçu comme sorts, expliqua Joshua. Et si tu certifies que c'est bien ce que j'ai reçu, alors je pourrais porter plainte sans que ma parole ne soit remise en doute.

-Tu prends ça à cœur, constata Jordan. D'accord, je peux faire ça. Et après ?

-Il faudra que tu envoies deux de tes hommes pour faire vérifier ma maison, demanda Joshua.

-Tu crains quoi ? s'étonna Jordan

-Beaucoup de choses, répondit Joshua. Beaucoup de choses …

§§§§§

-J'en ai entendu parler mais je ne savais pas que c'était comme ça, sourit Kingsley en savourant une gorgée de vin.

-Merci, s'inclina Blaise. Personnellement, quand Potter nous avait dit qu'il lui faudrait de l'aide pour son enquête, je ne pensais pas qu'il réussirait à vous recruter !

-Ce n'était pas prévu, sourit Kingsley. Mais Harry a su trouver les mots pour me convaincre.

Flash-Back

Après que Rufus Scrigmeour ait réussi à obtenir un entretien avec Kingsley Shakelbot, Harry se rendit au point de rendez-vous. Le brun était un peu anxieux parce que l'affaire des clubs de Zabini ne devait surtout pas dégénérer. La drogue découverte devait être détruite jusqu'à sa recette car elle avait bien trop de conséquences. Il était certain que s'il n'arrivait pas à convaincre Kingsley, ce dernier pourrait le diriger vers quelqu'un qui pourrait l'aider.

Le salon de thé dans le monde Moldu à Manchester l'avait étonné quand Harry était arrivé au point de rendez-vous.

-C'est Tonks qui me l'a montré, fit une voix derrière lui.

Harry sourit en reconnaissant la haute silhouette de Kingsley Shakelbot. Ce dernier lui indiqua une table reculée et ils s'y installèrent.

-Ted Tonks y emmenait très souvent Andromeda puis leur fille, expliqua Kingsley. J'y viens au moins une fois par mois, pour me souvenir.

-Teddy est le digne fils de ses parents, sourit Harry. Il a hérité du don de Métamorphage mais heureusement, il n'a pas sa maladresse.

-Heureusement, rit Kingsley. Elle m'a toujours dit que Remus et elle avaient fait en sorte que vous soyez le tuteur de leur enfant, au cas où il leur arriverait quelque chose.

-C'est le cas, assura Harry. Mais avec la folie qu'il y a eu autour de ma victoire sur Voldemort, j'ai préféré l'éloigner de l'Angleterre.

-Où est-il ? demanda Kingsley

-En Autriche, répondit Harry. Andromeda a accepté de l'emmener avec elle pour qu'il soit en sécurité. C'était surtout pour mettre Teddy hors de portée de Ginny. Elle lui aurait fait du mal, j'en suis certain.

-Effectivement, concéda Kingsley.

Par déformation professionnelle, Kingsley avait noté que la benjamine des Weasley avait toujours été dégoûtée par Remus.

-Pourquoi voulez-vous me voir ? demanda finalement Kingsley

Harry résuma succinctement l'affaire dont il était en charge.

-Je comprends ce que vous recherchez, fit Kingsley. Mais pourquoi ne pas faire appel à l'un de vos collègues ?

-Le seul encore disponible est Ron Weasley, avoua Harry.

-Ce n'est pas l'idéal, comprit Kingsley.

Ce dernier avait encore des contacts avec le corps des Aurors et la réputation du dernier mâle Weasley n'était plus à faire. Sans les connexions de sa mère, Ron se serait fait viré depuis longtemps voire, il ne serait même pas devenu Auror.

-Scrigmeour m'a assuré qu'il réglerait le côté administratif de votre participation, dit Harry. Mais je ne veux pas vous créer d'ennuis.

-Si Rufus a pensé à moi, c'est qu'il y a quelque chose qui l'inquiète assez pour me sortir de ma retraite, constata Kingsley. Et si vous êtes ici, c'est que c'est vraiment grave.

-Il ne veut pas que cette drogue arrive sur le marché, souffla Harry.

-Je m'en doute, sourit Kingsley. Très bien, j'accepte. Je commençais à m'ennuyer, de toute façon.

-Vous n'arriverez pas à me faire avaler ça, pouffa Harry.

-J'aurais au moins essayé, sourit Kingsley.

Fin Flash-Back

L'ancien Auror s'était fait connaître de Blaise après que Scrigmeour ait régularisé sa situation. Et c'était le cas de le dire, les anciens Slytherin avaient été surpris de le voir débarquer.

-Où se trouve Harry ? demanda Kingsley

-Il vient toujours après que ses enfants soient couchés, sourit Draco. Granger va veiller sur eux.

-Hermione Granger ? s'étonna Kingsley. N'est-elle pas mariée à Ronald Weasley ?

-Si, confirma Blaise. Mais elle a quitté le domicile conjugal. Pourquoi, Potter n'a pas voulu nous le dire.

Les trois Sorciers discutèrent encore un moment avant qu'Harry n'arrive.

-Les enfants étaient intenables, soupira Harry. Heureusement qu'Hermione est là. Si nous nous mettions au travail ?

Tous les quatre réfléchirent à ce qu'ils pourraient faire pour arrêter ce trafic de drogue. Ce ne fut que tard dans la nuit qu'ils se séparèrent.

§§§§§

Mickaël Lawrence ne tergiversa pas très longtemps avant de poursuivre la piste. Pourtant, il n'avait que très peu d'espoir en tournant son regard vers Ron Weasley mais il semblait bien que l'Auror qui n'en méritait même pas le titre se montrait bien plus intéressant que prévu. Le contrat de mariage arrangé par sa mère montrait une personnalité violente mais d'après l'enquête qu'il avait diligentée, il se pouvait bien qu'il ne se soit pas montré brutal uniquement avec son épouse légitime.

Puisque le procès était suspendu pour le weekend, il avait programmé une rencontre sans délai avec son détective privé qui naviguait entre monde Sorcier et monde Moldu. D'ailleurs, il était en train de l'attendre dans un salon privé d'un grand hôtel Moldu.

-Natalia, sourit Mickaël.

-Mickaël, salua la femme en prenant place.

-Nous n'avons pas beaucoup de temps, fit Mickaël. Je t'écoute.

-Nous savons que Ronald Weasley n'est pas le meilleur Auror de l'année, railla Natalia. Il quitte très souvent son poste pour vaquer à ses occupations et on ne peut rien lui dire parce que sa mère, lady Prewett, a les mains plongées jusqu'aux coudes dans les coffres de l'héritier Potter. J'ai réussi à le suivre et il se trouve que mis à part le Ministère, sa maison ou celle de son enfance, il a l'habitude de se rendre dans les quartiers pauvres de Manchester.

-Pourquoi ? s'étonna Mickaël

-Il mène une double vie, grinça Natalia. Dans l'appartement qu'il visite, il y a une fille à peine majeure qui y vit. Vu les bleus qu'elle a, elle doit servir de punching-ball.

Mickaël était dégoûté.

-En plus, elle est enceinte d'environ six mois, ajouta Natalia.

-En vertu de son contrat de mariage, il peut se le permettre, nota Mickaël. Mais que fait-il du fait que tout enfant Sang Pur qui ne devrait pas naître hors mariage ?

-Parce qu'il s'en préoccupe ? railla Natalia. Cette fille vit dans le dénuement le plus total !

-Tu n'as pas tort, concéda Mickaël. Je vais prévenir l'héritier Potter. Il m'a déclaré que Ron n'était pas assez intelligent pour faire quoi que ce soit sans l'accord de sa mère.

-La Prewett saurait ce que son incapable de fils ferait ? leva un sourcil Natalia. N'empêche, ça ne m'étonnerait pas.

-Merci pour tous ces renseignements, sourit Mickaël.

-Il y a autre chose, fit Natalia. J'ai chipé ça dans l'appartement. C'est comme ça qu'il la tient.

Elle lui tendit un sachet de pilules colorées. Dessus étaient tamponnées une baguette croisée avec un balai.

-Drogue ? demanda confirmation Mickaël

-Ça m'en a tout l'air, fit Natalia. Je n'ai pas pu l'analyser.

-Je vais le faire, déclara Mickaël.

Sur ces mots, ils se séparèrent.