Chapitre 9 : publié !

En voilà un gros chapitre ! Notre chère Ellora commence à se poser des questions, à se remettre en question (bien qu'elle ne comprenne toujours pas certaine choses XD) Et ça s'annonce bien pour la suite, qui va arriver rapidement, puisque lundi est un jour férié.

Encore merci pour les reviews trop gentilles qu'on m'adresse comme celles de ShalymardeConti. N'hésitez pas à me poser des questions si vous ne comprenez pas quelque chose.

POV Ellora :

Alors que je marchais depuis cinq minutes dans une ville un peu plus joyeuse que quand nous l'avions traversé la dernière fois, j'entendis la voix d'un garde crier des choses incompréhensibles. Je me hâtais vers sa provenance en soupirant de soulagement, car le regard des gens (des hommes plus particulièrement) se faisait de plus en plus pesant :

- … partons nous réfugier au Gouffre de Helm. L'entendis-je dire aux villageois. Ne vous embarrassez pas de trésors. Emmenez le strict nécessaire.

- Le Gouffre de Helm ! S'exclamait Gimli alors que je rejoignais mes compagnons. Ils fuient dans les montagnes au lieu de combattre. Qui les défendra si ce n'est leur roi ?

- Il fait ce qu'il croit être le mieux pour son peuple. Contrat Aragorn. Le Gouffre de Helm les a déjà sauvés par le passé.

- Ce ravin n'offre aucune issue. Déclara Gandalf au rôdeur. Théoden y sera piégé. Il croit les sauver alors qu'ils courent au massacre. Théoden est volontaire mais j'ai peur pour lui. J'ai peur pour la survie du Rohan. Il aura besoin de vous avant la fin. Le peuple du Rohan aura besoin de vous. Leurs défenses doivent tenir. Il montasur son cheval. Le Pèlerin Gris. On m'appelait ainsi. Depuis 300 vies d'Hommes, je foule cette terre et là, le temps me manque. Avec de la chance, ma quête ne sera pas vaine. Attendez ma venue à la première lueur du cinquième jour. A l'aube, regardez à l'Est. Puis il partit au grand galop.

Etant calmée, je remontais dans la salle du trône avec mes amis. Je vis Eowyn travailler avec son épée et sachant ce qui se passerait, je laissais Aragorn avec elle et me posais un peu plus loin. Je regardais par la fenêtre quand un bruit de deux lames s'entrechoquant me fit sourire mélancoliquement. J'aurais aimé être à la place d'Eowyn, même si je savais que leur amour n'avait qu'un sens, elle au moins elle connaissait ce sentiment. Moi j'étais une enveloppe vide de tout sentiment qui pourrait faire de moi une personne. Je n'avais que la vengeance, la colère, le dégoût et le combat. Je n'étais même pas sûre d'avoir une âme. J'étais monstrueuse. Il n'y avait que les Hobbits et Aragorn qui arrivaient à me faire sentir un tant soit peu… humaine. Sauf peut-être Legolas. Je ne savais plus trop comment me comporter avec lui ces derniers temps. C'était… très perturbant d'être à ses côtés depuis hier, à cheval, quand je m'étais rendue compte que je me sentais en sécurité près de lui.

- Ellora, vous allez bien ? Me demanda Eowyn, me ramenant à la réalité.

- Oui, et vous ?

- Oui, très bien. Je me demandais juste si on ne pouvait pas faire notre duel maintenant.

- Euh… oui. Vous me permettez d'aller chercher mes armes dans ma chambre ?

- Oui, bien sûr, allez-y.

Je partis donc chercher mes deux sabres, ma deuxième dague et deux autres poignards. En la rejoignant, je vis qu'elle papotait tranquillement avec Gimli. A ce moment là, sans pouvoir m'en empêcher, je me mis à jalouser cette femme qui menait une vie si simple, avec joie, tristesse, rire, pleure, amitié, amour…

- Ah ! Ellora, on vous attendait. Déclara Gimli.

- Gimli… Soupirais-je pour réponse. Combien de fois devrais-je te le demander : TUTOIE-MOI ! Et c'est valable pour vous aussi Eowyn, j'ai l'impression d'être une vieille alors que je suis plus jeune que vous.

- Quel âge avez-v… as-tu ? Se reprit Eowyn.

- Dix-huit.

- Quoi ?! S'exclama Gimli alors que la jeune femme se mettait en garde. Pourquoi est-ce qu'on l'a acceptée dans la Communauté, par Mahal… Je me le demande… Marmonna-t-il tout seul.

Elle me demanda si j'étais prête, ce que je répondis par un simple hochement de tête. Elle sortit sa lame et moi un de mes sabres. Je me mis dans ma position de défense alors que plusieurs têtes se tournaient vers nous. Elle examina ma position, fronça les sourcils mais ne fit aucun commentaire, sachant déjà qu'il ne faut pas se fier aux apparences, ce que j'appréciai en souriant. Elle fit un pas vers moi et monta haut son épée mais avant même qu'elle ne puisse l'abaisser, je n'étais déjà plus là.

Elle était particulièrement lente pour moi, j'esquivais donc sans montrer toutes mes capacités. Je m'étais glissé vivement sur son côté droit, sous son bras. Je pris son poignet et le tordais doucement pour ne pas lui faire trop de mal, juste assez pour lui faire lâcher son arme. Ensuite je me faufilais derrière elle, posais mes mains sur ses épaules et remontais mon genou jusqu'au bas de son dos, là où j'appuyais ce qui la fit tomber en arrière. Au dernier moment, alors qu'elle allait toucher le sol, je lui attrapais le bras et la ramenais à moi pour lui poser presque délicatement mon épée sur sa gorge.

Elle me regardait les yeux écarquillés de stupeur. L'action n'avait pas duré 10 secondes. Je l'aidais à se remettre debout, avec un grand sourire et ramassais son épée pour la lui donner :

- Ne t'inquiètes pas, tu n'es pas la première à me mettre à terre : Aragorn, Haldir le capitaine des gardes de la Lothlorien et bien d'autres encore… Personne n'a réussit les premières fois. Tu veux continuer ?

Elle récupéra son épée et hocha la tête. Elle respira profondément alors que je reculais et me remettais en position, tenant mon sabre de la main droite, ce qu'elle fit elle-même. Cette fois-ci, elle me laissa porter le premier coup. J'avançais donc de deux pas et laissais ma lame aller lentement vers le côté droit de son cou. Elle para et donna un coup horizontal violent. Je parais à mon tour et vis ses petits bras trembler sous le coup.

- Trop violent ! Tu n'es pas assez précise ! Analyse mes attaques !

Je donnais un coup, puis un autre, et encore un autre, qu'elle esquiva en reculant, les yeux fixé sur ma lame.

- Que vois-tu ?! Lui demandais-je sans arrêter d'attaquer.

- Précision ? Essaya-t-elle en reculant encore.

- Quoi d'autre.

- Souplesse. Et force.

Alors même que nos armes se fracassaient l'une contre l'autre, j'avançais vite mon pied gauche vers ses jambes et les fauchais. Sous le choc avec le sol, elle lâcha son arme que j'envoyais balader d'un simple coup de pied et avant qu'elle ne puisse faire un seul mouvement, je posais mon arme sur sa poitrine.

- C'est là qu'est la différence : force, pas violence. La hargne ne peut te servir qu'à raccourcir ta vie. La concentration, est la clé.

Finalement, je lui tendis une main qu'elle accepta avec gratitude. Je ramassais son épée et la lui redonnais :

- Encore ! Exigea-t-elle.

Je souris et pour toute réponse, attaquais. Elle esquiva agilement, et répondit.

- Non ! Ton épée doit être tenue à deux mains pour ce genre d'attaque ! La repris-je alors que j'avais simplement déviée sa lame, la déséquilibrant par la même.

Elle hocha la tête, me montrant qu'elle avait compris. Je reculais et me repositionnais.

- Tu sais ce qu'il faut faire pour avoir une bonne offensive. Maintenant, on va essayer une autre méthode pour une bonne défense, ok ? Durant tout l'échange, tu vas me regarder, mon visage je veux dire, et tu vas essayer de deviner mes prochains mouvements et les parer.

Elle hocha la tête, déterminée à réussir.

C'est comme ça que le simple combat devint un cours de combat.

- … -

- Oui, c'est bien, continue !

Je regardais un millième de seconde son oreille gauche et baissais mon regard sur le bout de mon sabre. J'attaquais à droite, prêt de son cou. Elle para habilement. Et tomba par terre, fauchée par mon pied.

- En baissant mon regard, je me suis arrêtée sur tes jambes. Lui fis-je remarquer en l'aidant à se relever.

- On arrête. Dit-elle, à bout de souffle.

J'attrapais une servante qui passait et lui demandais deux verres d'eau.

- Tu es une fine lame. Tu a aussi une assez bonne défense, mais tu es trop impressionnable. Je pense qu'il faut juste que tu travailles encore un peu la maîtrise de ta force. Mais tu pourras tuer sans problème des Orques. Tu es une guerrière dans l'âme, qu'on enferme trop souvent dans le rôle de Dame. Mais souviens-toi que dans toute prison, il y a une sortie. Lui souris-je gentiment.

Je restais avec elle pendant les 2 heures qui suivirent. Il était bon de papoter avec une femme qui ne parlait pas que de vêtements. Elle me parla beaucoup de son rôle en tant que Dame Protectrice du Rohan et son frère, malheureusement absent, qu'elle aimait plus que tout. Je l'écoutais me décrire ses journées, avide de connaissances. En contrepartie, je l'aidais à préparer les sacs de couvertures, d'outils de cuisine, d'armements…

Quand sonna l'heure du départ, je partis chercher mes affaires pour le voyage. Je remis tous mes poignards à leur place et plaçais mon sac en bandoulière au travers de mes épaules. Ensuite je redescendis et demandais à la nièce du roi si je pouvais l'aider. Elle me donna deux sacs et me demanda de les emmener en bas de la cité, à la grande porte, vers les autres vivres.

Au loin, je vis une vielle femme portant un sac certainement plus lourd qu'elle. Alors qu'elle allait tomber, je me précipitais vers elle et la redressais :

- Laissez-moi faire, ma Dame. Lui dis-je en prenant son paquetage.

- Merci beaucoup, mais je ne suis pas une Dame contrairement à vous.

- Je suis bien moins une Dame que vous.

- Mais vous voyagez avec des Seigneurs…

- Cela ne fait pas de moi une Dame. La coupais-je gentiment. Allez, venez, nous partons.

Je lui pris doucement le bras et l'amenais vers le début de file, juste derrière les deux enfants sur leur cheval. Elle me remercia grandement et nous parlâmes beaucoup. Elle me dit s'appeler Anielle. Elle me raconta sa vie au Rohan, la fierté qu'elle avait en voyant son fils, Gamelin, être le second du Roi… Elle me parla aussi de son quotidien, beaucoup plus dur que celui d'Eowyn, mais entouré de ses petits-fils, qu'elle aimait par-dessus tout. Moi, j'évitais subtilement ses questions par d'autres.

Le soir, nous nous arrêtâmes et je la laissais en m'excusant.

Je m'assis à côté d'Aragorn, face à un feu. A droite Legolas et à gauche Gimli. Chacun polissait sa propre lame. Une épée pour l'homme, une dague pour l'elfe, et une hache pour le nain. C'est là que je me rendis compte à quel point nous étions chacun différent des autres. Et pourtant, c'est aussi à ce moment-là que je me rendis compte que jamais, pour rien au monde, je n'aurais échangé ma place. Pas même si on m'avait proposé de me venger du Maître, ou même de pouvoir tout oublier.

« Je ne veux pas oublier. Je veux pouvoir accepter mon passé et y puiser une force »

Là, maintenant, je me rendis compte à quel point ses 3 personnes, autour de moi, m'avaient aidée, m'avaient changée, sans qu'ils ne le fassent forcément exprès. Je compris à quel point je tenais à eux.

« Jamais ils ne me feront du mal. S'ils le voulaient, ils l'auraient déjà fait »

Alors, quand je me couchais ce soir-là, je posais mon lit de fortune entre celui d'Aragorn et celui de Legolas, en toute confiance. Aucun mot n'aurait pu être plus fort que ce geste, qu'ils comprirent silencieusement. Et aucun mot n'aurait pu leur faire plus plaisir. Je m'endormis en fixant le ciel noir, un sourire sur le visage.

Je commençais à guérir.

- … -

Je me réveillais à l'aube, sans qu'aucun cauchemar ne soit apparu dans mon sommeil. Comme la veille, je passais la journée avec Anielle.

Le soir, Aragorn me demanda de passer la journée suivante avec eux, à l'avant du convoi, mais je refusais, prétextant devoir aider une vieille Dame, en l'occurrence Anielle, à porter ses affaires. La vérité, c'était que je n'avais pas de cheval et que la simple idée de me retrouver à nouveau collée à Legolas me perturbait bien assez. Le repas fut comblé par Gimli nous racontant ses nombreuses et amusantes aventures de jeune nain. Je m'amusais beaucoup et me rendormis une nouvelle fois entre l'homme et l'elfe

La nuit fut toutefois agitée. Je me réveillais le matin après un cauchemar monstrueux. Je me tamponnais le front brûlant, en sueur, et me levais difficilement, tout mon corps criant.

- Ellora ? Ca va ?

Legolas me fixait, inquiet mais je lui souris comme si de rien n'était. La journée se passa sans réel incident. Tant que ça en devenait morose.

« Je vais finir par m'ennuyer si ça continue ! »

Le soir, je décidais donc de quitter le camp et de me promener un petit peu, jusqu'à ce que je trouve une petite colline où je m'allongeais.

Pour la première fois depuis que j'étais arrivée ici, et peut-être même depuis toujours, je réfléchis intelligemment à ma situation, par moi-même. Tout ce que je vivais était complètement dingue. Tout ce qu'il m'arrivait était complètement dingue. Et j'aimais particulièrement ça. J'aimais aussi le changement qui s'opérait en moi. La simple idée d'une possible nouvelle Ellora, en robe rose, pleine de joie, amoureuse d'un homme, et riant à tord et à travers faisait battre un peu plus fort mon cœur, rempli d'espoir d'un futur tel que celui-là. Sauf la robe rose, qui me donnait la nausée.

« Un jour, je serais une fille comme une autre. Un jour, je serais normale ! Enfin… j'espère… »

Pour l'instant, ma situation me suffisait amplement. Jamais encore je n'avais ressentie autant de sentiments, positifs particulièrement. Je me sentais vivante, vibrante aux côtés de mes amis.

Un bruit, comme un froissement, très flou, me fis tendre l'oreille.

- Qui est là ?

- C'est moi.

Je reconnue immédiatement la voix de Legolas.

- C'est toi…

- Tu es déçue ? Demanda l'elfe, une certaine tension dans la voix.

- Non, bien sûr que non ! Dis-je directement dans une tentative de le rassurer que je ne compris pas sur le moment. J'ai eu peur que ce soit quelqu'un d'autre, seulement. Tu peux t'assoir si tu le souhaites.

Il ne se fit pas prier et vint s'assoir à mes côtés. Un silence paisible s'installa, et chacun entreprit de regarder les constellations dans le ciel. Sa présence me réchauffa le cœur, et en même temps, me gêna particulièrement, sans savoir pourquoi.

- C'est apaisant, n'est-ce pas ? Souffla l'elfe, comme si parler fort briserait l'instant.

- Quoi donc ? Chuchotais-je aussi.

- Le ciel, les étoiles.

- C'est vrai… Je réfléchis toujours plus objectivement la nuit. J'ai l'impression de me ressourcer quand je regarde les étoiles et que je leur soumets mes problèmes. Elles ne me répondent pas concrètement mais me soufflent alors ce que je dois faire.

Je vis Legolas me jeter un regard incrédule :

- Je ne pensais pas que tu étais aussi romantique, Ellora. Me taquina-t-il.

- J'ai une image à entretenir, quand même ! Souris-je en rentrant dans son jeu.

- Ne t'inquiète pas, ton secret est bien gardé.

Il ria et ça me fis tout drôle.

- J'aime aussi la nuit. Se confia-t-il à son tour. Ca me rappelle ma mère. Quand j'étais petit, tous les soirs, elle m'emmenait dans la forêt. Nous montions jusqu'à la cime des arbres et elle me racontait à chaque fois un peu plus l'histoire d'Elbereth, la mère des étoiles, représentée dans le ciel par la lune, blanche et pure, même la journée. Alors, à chaque fois que je regarde le ciel, je pense à ma mère, et à combien je l'aime. Un jour, bientôt je l'espère, je la reverrais, m'attendant sur les berges de Valinor.

Souhaitant lui montrer mon soutien, je posais ma main sur son épaule :

- Ce jour arrivera Legolas, ne t'inquiète pas. Les Valars savent ce qu'ils font.

Il attrapa ma main et la serra, en silence. Je le laissais faire, sachant qu'il en avait besoin. Et puis, je n'avais pas non plus l'envie de la retirer… Je me sentis alors dans le besoin de lui parler.

- Je n'ai jamais connue ma mère. Je ne sais même pas à quoi elle ressemblait. Ni mon père d'ailleurs. Je leur ai été enlevé peu de temps après ma naissance. Ce jour-là, ceux qui m'ont kidnappée les ont tués de sang froid, alors qu'ils n'avaient rien fait. C'était juste tombé sur nous. J'ai été emmenée dans leur camp, et formée à tuer, comme eux, de sang froid. C'est ce que j'ai fait.

- Ellora ? Regarde-moi. Il attrapa la tête et accrocha nos regards l'un à l'autre. Ce qui compte, ce n'est pas ce que tu as fait par le passé, c'est ce que tu fais maintenant, ok ? Aujourd'hui, tu te bats pour le bien des peuples, tu te bats pour tes amis, et tu te bats pour devenir meilleure, pour réparer tes anciennes erreurs. Tu sauves des gens, au risque de ta vie. Et ça, c'est bien !

Il essuya sur ma joue une larme que je n'avais même pas remarqué.

- Allez viens, on rentre au camp et on va se coucher.

J'hochais simplement la tête, ses paroles tournant en boucle dans ma tête. Etais-je en train de réparer mes erreurs ? De me repentir ? Etais-je aujourd'hui quelqu'un de bien ? Ou au moins en train de m'améliorer ? D'après Legolas, oui. A vrai dire, je me sentais meilleure, sans dire que je prônais la paix, je me battais en son nom maintenant. Je le voulais, et c'était là toute la différence entre l'ancienne Ellora, et la nouvelle.

Le retour se passa en silence. Arrivé aux abords du camp, je retins l'elfe.

- Merci, Legolas. Pour tes paroles bienveillantes, et ta confiance. Merci beaucoup.

- Je le pensais vraiment. Tu es quelqu'un de bien au fond. Il faut juste que tu fasses sortir plus souvent cette personne là.

- Merci…

Je me couchais sur ma couette et soufflais :

- Bonne nuit Legolas…

- Fais de beaux rêves, douce Ellora…

- … -

C'est Legolas qui me réveilla. Aucun cauchemar, ni aucun rêve n'avait troublé mon sommeil. Je me sentais reposée, pour la première fois depuis très longtemps. Je lui souris doucement, me levais et m'étirais puis rejoignis Anielle pour l'aider, comme chaque jour.

A la fin de la matinée, j'entendis des grognements, un unique cri puis Aragorn qui hurlait.

- Nous sommes attaqués ! Hurlais-je au peuple. Dépêchez-vous de rejoindre le Gouffre de Helf ! Allez ! Ne perdez pas de vue la Dame Eowyn, elle vous y conduira ! Et faites moins de bruit ! Coordonnez-vous en vitesse et en silence !

Je posais le sac au sol en m'excusant auprès d'Anielle et partis en courant vers le roi. J'interpellais ce dernier alors que j'aidais Gimli à monter sur Hasufel

- Donnez-moi un cheval !

- Que faîtes-vous ici ?! Rejoignez ma nièce ! M'ordonna-t-il.

- Non, je combattrais.

- Ellora, vous ne…

- Roi Théoden, que vous le vouliez ou non, je me battrai. C'est mon choix.

Il soupira mais me montra un cheval seul, qui piaffait. Je sautais sur son dos et le talonnais. Je sortis mes deux sabres, attendant avec impatience le moment du choc. Un premier warg passa à côté de moi. Je le tranchais de tout son long. Un deuxième attrapa dans sa grosse gueule puante l'encolure de ma monture et l'envoya au loin. Ma tête frappa durement le sol, me sonnant un instant. Un rire résonna à mes oreilles. Au dernier moment, j'eu le reflexe de lever mon sabre. L'épée de l'orc le percuta. Je frappais du pied et me relevais pour enfoncer mon arme en plein dans son œil gauche. La lame traversa le cerveau de part en part, et l'orc s'effondra au sol, mort avant de l'avoir touché.

Je me retournais vers le cheval. Il était encore en vie et respirait difficilement, le sang s'écoulant de sa carotide à flot. Immédiatement, j'enlevais ma barrière et me précipitais sur lui.

- Chut… Tiens bon… Juste 30 secondes…

Je plongeais au plus profond de moi-même et en vitesse, reformait sa plaie, relançant le sang dans tout son corps. Immédiatement, le cheval se releva, bien que difficilement, et partit en galopant hors du combat. Moi, j'attrapais à nouveau mes sabres et sautais dans la bataille, tranchant tous ce qui passait à ma portée.

Je coupais la dernière tête qui passait près de moi et me précipitais vers Legolas qui se tenait le bras.

- Tu es blessé ? Laisse-moi voire.

- Ce n'est rien…

Je ne l'écoutais pas et attrapais son bras pour voir une estafilade d'une dizaine de centimètres sur son avant bras gauche, pas trop profonde. Je jetais un coup d'œil autour de moi avant de lui guérir sa blessure. Je remis ma barrière, alors que je remettais en place sa manche, sur sa peau toute neuve. Sa main droite vint se poser sur les miennes.

- Merci Ellora. Souffla-t-il, me regardant les yeux dans les yeux.

Encore une fois, je me sentis… comme pleine. Je me sentis bien, simplement. Jusqu'à ce que…

- Aragorn ! Hurla Gimli.

Immédiatement, nous nous relevâmes, à la recherche du rôdeur. Je me dirigeais vers la falaise. J'entendis mes deux compagnons appeler Aragorn jusqu'à ce qu'un Orc leur dise qu'il était tombé de la falaise…

« Vrai »

…et qu'il était mort

« Faux. Enfin, j'espère »

Théoden demanda à ce qu'on s'occupe des blessés et qu'on laisse les morts.

Moi, je restais à regarder le fleuve. Je me demandais si je n'aurais pas mieux fait de ne pas venir avec mes compagnons. Peut-être qu'à cause de moi, Aragorn n'allait pas survivre. Peut-être que j'aurais mieux fait de me faire oublier.

« Non ! Si je suis là, c'est pour aider, parce que je le peux ! »

Je me dirigeais vers le roi et mes compagnons qui regroupaient les blessés :

- Où sont les hommes gravement ou mortellement blessés ? Demandais-je d'une voix autoritaire aux soldats qui s'en étaient bien sortit.

- Qu'allez-vous faire ? Me demanda Théoden. Vous n'avez même pas de quoi les soigner, et pour ce qui est de ceux mortellement blessés, il porte leur nom, ils ne survivront pas.

- Arrêtez d'être pessimiste ! Je levais les bras et les yeux au ciel. Si vous partez déjà vaincu pour une bataille, c'est évident que vous n'y arrivez pas ! Merci. Ajoutais-je à l'encontre de l'homme qui m'avait emmené vers les blessés les plus graves.

Celui-ci hocha la tête respectueusement et commença à partir, mais je le retins.

- Pourriez-vous aller chercher de l'eau, s'il-vous-plait ?

Ensuite je m'agenouillais devant un homme qui respirait difficilement et qui allait mourir dans moins d'une minute. J'enlevais mon bouclier et utilisais mon pouvoir pour lui ressouder quelques os et lui refermer ses plus grosses plaies sous les yeux ébahis de tous les cavaliers du Rohan et du roi. Je fermais les yeux, me relevais et demandais à Legolas de me mener vers un autre blessé alors que celui que je venais de sauver se relevait en position assise et haletait, les yeux écarquillés de stupeur d'être encore en vie.

- Apportez-lui de l'eau.

Je sauvais plusieurs autres vies avant d'être exténué et de demander de l'eau à Legolas. Je buvais tranquillement quand le roi vint vers moi. Je refis rapidement ma barrière magique

« Ce qui serait bien, ce serait d'avoir mon bouclier constamment, mais de pouvoir quand même utiliser mes pouvoirs. Je commence à en avoir marre de l'enlever et de le remettre ! »

J'attendis ces questions qui arrivèrent bien vite :

- Qui êtes-vous ? Souffla-t-il. Et… Et comment avez-vous pu faire tous ces miracles ?

- Je ne puis vous apporter aucunes réponses, Roi Théoden, puisque ne les connaissant pas moi-même. Ce pouvoir de guérison est arrivé tout seul, il y a un an environ. C'est tout ce que je sais.

Il hocha lentement la tête, les yeux perdus dans le vague, au dessus de moi. Finalement, ses yeux s'ancrèrent dans les miens, et j'y vis pour la première fois quelque chose de pure, de bon, qui me bouleversa au plus profond de moi-même, me faisant me remettre en question.

- Merci… Merci pour mes hommes. Le peuple du Rohan vous doit une fière chandelle.

Alors, sans réellement réfléchir, je me relevais et posais ma main sur son épaule.

- Merci à vous de m'avoir accueillie et bien traiter. Je n'ai pas toujours été agréable avec vous, et j'en suis désolé.

Il chassa mes excuses d'un revers de la main :

- C'est déjà oublier. J'ai moi aussi du mal à faire confiance. C'est de notre faute à tout les deux.

- Vous pouvez désormais entièrement compter sur moi, Roi Théoden. Souris-je.

Pour la première fois, la désignation de Roi ne sortie pas comme une insulte de ma bouche, mais comme un titre purement honorifique.

Théoden retourna à ses affaires de Roi, préparer le départ de ses guerriers. Et moi je restais plantée là. Aragorn n'était donc pas le seul homme bon sur cette terre. Et si je me méprenais depuis le début ? Après tout, je n'étais plus chez le Maître. Devais-je leur laisser une chance ? Devais-je m'ouvrir au monde, quitte à laisser apparaitre mes blessures ? Quitte à leur donner une chance de mieux me détruire ? Est-ce que ça en vaut la peine

- Ellora ? M'appela Legolas. Tu viens, nous allons partir ?

« Oui, ça en valait la peine »

- Je vais chercher Aragorn. Décidais-je.