De l'amour et des révélations... enjoy !
(les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo)
Chapitre 9 : délivrance
Dix ans plus tôt
_ Kaien dono...
Le mentor de Rukia sourit devant l'étonnement de Rukia. Celle-ci s'écarta brusquement, méfiante.
_ Dois-je vous tuer, vous aussi, comme tous les autres ?
L'homme éclata de rire. Un rire franc et sincère.
_ Non. Moi je suis déjà mort. Deux fois en plus !
_ Alors pourquoi êtes vous là ?
_ Parce que tu m'as appelé, dit-il comme s'il s'agissait d'une évidence.
_ Non, je ne..
_ Tu as demandé de l'aide et je suis là.
_ Mais comment est-ce possible ?
_Te souviens tu de ton combat contre Aarionero ?
Comment ne pas s'en souvenir. C'était le pire cauchemar de sa vie.
_ Et bien, tu t'es souvenu qu'en mourant, je t'avais confié mon cour. Tu t'en ais souvenu et tu as réussi à vaincre ce monstre. Mais je n'ai pas disparu avec lui. Je suis toujours avec toi.
Après tout ce qu'elle avait vécu, Rukia avait du mal à y croire... beaucoup de mal. Toutes les personnes auxquelles elle tenait s'étaient retournées contre elle. Pourquoi pas Kaien... ça n'aura pas été la première fois.
D'un air de défi, elle lança :
_ Alors, vous êtes surement capable de m'expliquer ce qui se passe ici.
_ Ha ça ! Ça ne dépend que de toi, fillette !
_ Facile !
Kaien lui lança un sourire narquois et ajouta en levant les yeux au ciel
_ Mais je suppose que je peux quand même t'aider à trouver... à ton avis, que représente chaque personne que tu as tué ?
_... je ne sais pas... ce sont des personnes qui me sont chères.
_ oui mais à part ça... quel aspect de ta vie représentent t-elles... si on commence par ton capitaine.
Rukia hésita. Elle ne savait pas trop où Kaien voulait en venir exactement.
_ Et bien... je suppose qu'il représente ma vie de shinigami...
_ hum hum... et Byakuya
_ je ne sais pas... c'est mon frère...
_ n'y a t-il pas eu une réaction chez toi quand tu l'as affronté...
_ et bien... c'est comme si j'avais été libérée de quelque chose... ce que m'imposait mon rang...
_ hum hum... et Renji ? Où avait lieu le combat...
Le souvenir du visage de Renji torturait encore Rukia mais elle se força à réfléchir...
_ Au Rukongaï...
_ Ça ne t'évoque rien...
_ Mon enfance...
_ Donc...
_ Donc... je suis en train de détruire tout ce qui constituait ma vie...
_ … tu te libères de ton passé, de ce que tu as été. Ces gens représentent des aspects de ta vie, des instants. Symboliquement, tu dois les tuer afin de te libérer et acquérir de nouveaux pouvoirs.
_ Mais Ukitake taicho, nii-sama et Renji font partie de ce que je suis...
Kaien soupira.
_ Oui, c'est vrai mais ils t'entravent également. C'est un paradoxe. Ce qui te construit t'impose également des limites, te cloisonne. Avec Renji, il t'était difficile de te libérer des souvenirs et de ta vie passée au Rukongai. Tu étais toujours cette fille pauvre des bas quartiers. Byakuya t'a adopté et de fait t'as fait rentrer dans la classe des nobles avec leurs codes, leurs règles et leurs contraintes. Quant à Ukitake, il représente ton devoir de Shinigami. Toutes ces personnes sont à la fois des piliers mais aussi des chaînes. Pour acquérir un pouvoir capable de sauver Ichigo, tu dois t'en défaire.
Epuisée, Rukia tomba à genoux... c'était si évident... et si effrayant à la fois.
_ Vais-je les oublier ?
_ C'est probable... Et il te reste un dernier aspect à oublier...
_ …
_ Ta vie en tant qu'humaine...
10 ans plus tard.
Byakuya resta un moment interdit par cette révélation. Tout d'abord parce que l'être qui lui avait révélé ce secret avait été longtemps quelqu'un qu'il considérait comme un être fragile et innocent. Il prit soudain pitié de sa jeune sœur adoptive dont le poids d'une telle révélation avait pesé sur ses épaules pendant tout ce temps. Elle lui avait manqué, c'était certain. Il la contempla un moment en silence, observant ses traits fatigués mais également plus marqués qu'autrefois, tristes souvenirs des épreuves qu'elle avait enduré. Et Ichigo. Pourquoi le sort tenait-il à s'acharner sur lui ? Oui, Byakuya éprouva un sentiment qu'il avait pourtant oublié depuis longtemps. La compassion... pour un être qui semblait irrémédiablement destiné à un sort tragique.
Puis il se mit à réfléchir. Il n'était pas encore trop tard pour éviter un massacre. La Soul Society pouvait encore éviter l'ascension d'Aizen et sa prise de contrôle sur le monde des esprits.
Alors qu'il était plongé dans ses pensées, Rukia ne pouvait s'empêcher de l'observer. Elle le trouvait beau, cet homme, et un peu effrayant aussi. Mais pour la première fois depuis très longtemps, elle se sentait en sécurité, en confiance. Avoir révélé son secret était pour elle un soulagement tellement intense qu'elle en aurait pleuré de joie. Mais pour l'heure, elle ne pouvait s'empêcher de penser à Ichigo. Son obsession la torturait. Les dernières images de lui gisant sur le sol la mettait au supplice. Elle avait faillit... contre Tousen qui plus est. Elle se laissa d'un coup envahir par le désespoir. Pourquoi avait-elle été choisie ? Elle n'était pas assez forte pour lutter contre un homme qui avait réussi à terrasser plusieurs capitaines à lui seul et dont la compréhension du monde était bien supérieur à elle. Aizen était un adversaire redoutable et elle ne se sentait pas la force de l'affronter.
Comme s'il avait deviné ses pensées, Byakuya intervint.
_ Ceci est une affaire de la plus haute importance. Je vais en avertir la Soul Society et nous protégerons Ichigo en conséquence.
Puis, dans un murmure, il ajouta :
_ Tu n'es plus seule. Repose toi. Nous avons encore beaucoup de travail.
Sur ce, il se releva avec la grâce habituelle qui émanait de sa personne et sortit de la chambre.
Rukia resta un moment à contempler la porte puis s'allongea.
Sa vie était chaotique. Son seul point de repère était la seule personne qu'elle ne pouvait plus approcher. Les larmes commencèrent à lui monter aux yeux.
Non, se dit-elle. Tu as traversé bien pire et tu n'es pas là pour te lamenter. Il faut prendre le problème à bras le corps.
Sur ce, elle se leva et se dirigea vers la boutique d'Urahara. Elle le trouva examinant ce qui semblait être d'anciens documents mais n'y prêta pas attention.
_ Ha, Kuchiki san ! S'exclama t-il avec sa bonne humeur habituelle.
_ Bonjour, Urahara san. J'ai quelque chose à vous demander.
_Je t'écoute, répondit le scientifique avec un sourire complice.
….
Aïe.
C'était bien la seule pensée qu'avait pu avoir Ichigo pendant plusieurs jours. Sa dernière rencontre avec Tousen s'était soldée par une pitoyable défaite. Heureusement que Yoruichi était intervenue à temps. Mais il ne s'expliquait pas pourquoi cette brusque apparition d'un des sbires d'Aizen. Ce dernier l'avait attaqué sans pourtant vouloir le tuer. Il n'avait utilisé que des attaques indirectes pour l'affaiblir et l'avait eu à l'usure. C'était étrange... tout aussi étrange que cet appel d'Inoue qui lui demandait de le rejoindre dans le parc. Quand il était arrivé sur place, le lieu était désert et seul Tousen l'attendait. Il avait demandé par la suite à Yoruichi si Inoue avait été présente dans le parc et si elle avait été blessé. Surprise, Yoruichi lui a expliqué que c'était elle qui l'avait prévenu de l'attaque en allant chez Urahara. Étrange se dit Ichigo.
Mais il était trop préoccupé pour approfondir la question. Ses pensées se redirigèrent automatiquement vers la personne avec qui il avait le plus besoin de parler. Rukia. A peine songeait-il à la jeune shinigami que son coeur se mettait à battre à une allure folle. Pourquoi ? Depuis qu'elle était revenue, il ne pensait qu'à elle, ses pensées n'allaient que vers elle... il se voyait la serrer contre lui, l'enlacer, la caresser... n'avaient ils pas assez souffert tous les deux ? Chaque fois qu'il la voyait, l'approchait, elle lui échappait, s'enfuyait sans motifs particuliers. La colère l'envahit peu à peu. Il devait prendre les devants. Il devait absolument lui parler. Il se leva d'un bond malgré les douleurs qui parcouraient son corps. Il devait la voir. Il s'habilla en vitesse et sortit de chez lui sans même faire attention à son père qui gesticulait en pleurant.
Il couru en direction de la boutique d'Urahara et arriva essoufflé.
_Où est-elle ? Hurla t-il en entrant dans la boutique.
Uharara agita son éventail
_ Quel fougue ! Tu n'as pas mis longtemps à te remettre, Kurosaki san !
_ Où est Rukia ?
_ Hum, je vois que je ne pourrai pas avoir de conversation suivie avec toi pour le moment. Elle est dans sa chambre. Elle essaie son nouveau gigai. Mais fais attention de frapper avant d'entr...
A peine eut-il le temps d'achever sa phrase qu'Ichigo était déjà devant la porte de Rukia et entra sans crier gare.
Son souffle se coupa à la vue de cette dernière, à moitié nue au milieu de la pièce. La jeune femme resta interdite, laissant pendre négligemment le yukata qui lui couvrait à peine les épaules et le reste du corps.
_ Qu'est ce que …
L'air devint soudain glacial, manifestation visible de la colère de Rukia qui transforma rapidement l'atmosphère de sa chambre en congélateur. Ichigo restait néanmoins sur la pas de la porte, incapable de détacher les yeux de la créature céleste qui se tenait devant lui. Le satin de sa peau d'ivoire, ses cheveux couleur ébène qui coulaient sur ses épaules, ses yeux immenses... il était comme hypnotisé. Charme qui tourna court quand la créature en question lui envoya une de ses getas en pleine figure.
_ Idiot ! On ne t'a jamais dit de frapper avant d'entrer chez quelqu'un.
Reprenant ses esprits, Ichigo riposta
_ Ce n'est pas toi qui me fera la leçon sur l'intimité ! Je te rappelle que c'est toi qui a squatté ma chambre pendant des mois !
Tout en se chamaillant, Ichigo avança davantage vers Rukia. Celle-ci l'observait avec une certaine appréhension. Il s'arrêta enfin à quelques centimètres d'elle, le visage soudain grave.
_ Il faut qu'on parle...
Rukia ne le regardait pas. Elle gardait les yeux fixés dans le vide, comme si elle réfléchissait profondément. Interloqué, Ichigo recommença à s'énerver.
_ Dis ! Tu pourrais au moins …
_ Ca MARCHE ! hurla soudain la jeune femme, visiblement folle de joie. Dans un mouvement d'euphorie, elle enlaça Ichigo qui rougit presque instantanément.
_ Qu'est ce que …
Et ce fut à son tour d'être interdit.
Passé l'euphorie, Rukia s'écarta d'Ichigo et lui dit en souriant.
_ Urahara a réussit à me créer un gigai qui bloque ton reiatsu. Je ne suis plus malade quand je suis près de toi.
_Comment ça, je te rends malade ?
Rukia prit soudain un air grave.
_ Oui c'est une des conséquence de ma transformation en gardien. Je ne pouvais pas rester près de toi trop longtemps sans être .. en quelque sorte intoxiquée par ton reiatsu...
_ Pourquoi...
_ Je n'en sais rien...
La vérité frappa Ichigo de plein fouet... ce qui s'était passé dans sa chambre quelques jours plus tôt.. tout s'expliquait. C'était de sa faute si Rukia était dans cet état.
Instinctivement, il s'écarta … de peur de la faire souffrir de nouveau. Mais Rukia le retint par le poignet.
_ Non, je t'en prie. Reste. Ce problème est réglé. Du moins temporairement et tant que je reste dans ce gigai... Ichigo... je...
Elle s'approcha de lui. Elle avait tant de choses à lui dire, à lui raconter. Quand elle le regardait, elle se souvenait à quel point ces dix années sans lui avait été une torture.
_ J'ai besoin de toi, lui dit elle en le regardant droit dans les yeux... Elle ne se serait jamais cru dire une chose pareille. Mais maintenant, ça n'avait plus d'importance. L'imminence du danger lui avait montré la nature de ses sentiments. Elle avait besoin de lui...
Ichigo n'en croyait pas ses oreilles. Dans un autre contexte, il lui aurait surement demandé de répéter. Mais son regard... mon dieu. Il se rendit compte qu'il était totalement dépendant de son regard, de sa voix, de son odeur. Plus rien n'existait autour de lui quand elle le regardait avec ses yeux là.
Elle a besoin de moi... non, c'est ma réplique. C'est à moi de dire ça.
Au lieu de ça, il la prit par la taille et la serra contre lui. Peu lui importait qu'elle soit encore à demi nue. Au contraire. Il voulait la sentir près de lui. La chaleur émise par son gigai n'était pas tout à fait la même que celle de son être. Tant pis. Il s'en contenterai.
Il passa la main sur ses cheveux, bien plus longs qu'autrefois mais tellement doux. Il respira son parfum. Elle frémit au contact de ses doigts autour de son cou, sur sa gorge, sa poitrine. Elle hasarda ses mains sur son torse, les passa sous son T-shirt. Sa bouche. Ichigo la voulait tout entière. Il inclina sa tête et pencha celle de Rukia qui s'offrit sans résistance. Il pressa ses lèvres contre les siennes. Doucement puis plus fort. Ce n'était pas assez. Ichigo voulait la goûter tout entière. Il caressa les lèvres de la jeune femme avec sa langue. Elle fit de même et ils entamèrent tous deux un étrange échange dont la passion s'intensifiait au fur et à mesure. Ichigo continuait à promener ses mains à travers tout son corps. Il avait besoin d'elle, comme on a besoin d'eau, de nourriture, de soleil. Elle était vitale. Un sentiment d'urgence s'insinua en lui, mêlé au désir. Il la voulait.
Incertain sur les intentions de Rukia, il préféra néanmoins mettre fin à l'échange. Un grognement de frustration échappa des lèvres de la jeune femme. Voyant Ichigo s'éloigner, Rukia se blottit de nouveau contre lui.
_ N'arrête pas, supplia t-elle.
Les capacités de résistance du jeune homme était limitées. A ces mots, il continua de l'explorer, craintif néanmoins des suites de l'échange. Rukia, plus à l'aise, l'attira vers le lit et s'allongea, offerte. Un boule se forma dans le ventre d'Ichigo. Il ne savait pas comment s'y prendre. Elle était bien trop belle, bien trop fragile. Il avait peur de libérer ce qui le brulait de peur de lui faire mal. Pourtant, il s'allongea sur elle avec la crainte encore plus vive ce qu'il était en train de vivre s'arrête soudainement.
Elle le guida vers les endroits les plus intimes. Timides, ses mains le déshabillèrent méticuleusement. Le contact de leur deux corps les électrisaient et leur échange réchauffa la pièce en un instant. Bientôt, le moment crucial arriva et ils ne firent qu'un. Ils pouvaient se sentir mutuellement, sentir les battements de leurs cœurs qui bientôt se synchronisèrent pour ne faire qu'un. Leurs gémissements se faisaient échos, augmentant leurs désirs mutuels. La chaleur les envahissait et la distance qui jusque là les séparait s'évanouit en un instant. Réunis, ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre … ignorant qu'un témoin avait assisté à leurs retrouvailles...
à suivre
