Cette nuit, j'ai fait un rêve qui était, comment dire… difficile à décrire. Il n'y avait rien, je ne ressentais rien, tout était noir, comme si j'avais remonté le temps avant le Big Bang. Peu à peu, j'entendis comme un son bourdonnant qui grandissait. J'avais l'impression que ça s'approchait de plus en plus. Soudain, je vis une nuance verte apparaître devant moi. Puis une forte lumière aveuglante s'ouvrit. Là, je reconnus la tête du bâton-aigle pointé vers moi, et derrière, il me semblait presque apercevoir Jadina. Elle me regardait et essayait de me parler, mais je n'arrivais pas à comprendre ce qu'elle disait. Et tout disparut en un éclair. ZAP !
Je me suis réveillée avec le front en sueur, à cause du choc et aussi de la chaleur. Tout va bien, ça n'était qu'un rêve, je dois reprendre mon calme. Durant le petit déjeuner, je n'ai pas dit grand-chose. Je n'arrêtais pas de repenser au rêve de cette nuit. Qu'est-ce que Jadina a voulu me dire ? Toujours autant de questions auxquelles je ne suis pas prête de recevoir des réponses. Comme il va faire plus chaud aujourd'hui, je me suis habillée plus léger. Maintenant j'étais prête à partir au lycée.
Peu après, devant le lycée…
Alors que je n'étais plus qu'à quelques mètres de l'entrée, mon flair sentit une mauvaise présence. Ce n'était pas l'odeur de Nelson, mais tout m'indiquait que c'était quelqu'un que j'avais déjà vu auparavant, et pas quelqu'un de sympathique. J'ai regardé partout aux alentours, cherchant qui cela pouvait bien être. Puis mon regard s'arrêta en direction d'une voiture bleue garée sur le trottoir d'en face, là où l'odeur sentait plus fort. Au début, je ne comprenais rien avant qu'un passant ne regarde avec curiosité la partie cachée de la voiture. Là je compris mieux les choses : quelqu'un était planqué derrière cette voiture, à m'espionner. Je pouvais le sentir.
J'ai commencé à faire le premier pas pour traverser la rue et découvrir qui était caché là-bas. Sauf que-
« Hey Vanessa ! » Je fus interrompue par l'appel de Zoé.
En me retournant, je l'aperçus devant l'entrée du lycée, en compagnie de Nora et Alice. J'ai directement abandonné mon idée de départ et suis partie les rejoindre. Je préfère ça plutôt que de leur tourner le dos.
« Eh ben, t'en fais une tête. » Remarqua Nora.
Elle n'a pas tort. D'habitude, je suis tout le temps heureuse de les revoir.
« J'ai encore fait un rêve étrange cette nuit. »
« Vraiment ? Raconte-nous. » Dit Alice.
« Est-ce que ça avait un rapport avec les Légendaires et ta transformation ? » Me demanda Zoé.
« Je… je préférerais qu'on soit à l'intérieur pour tout vous expliquer. Venez. »
Avant de rentrer dans le lycée, j'ai jeté un dernier coup d'œil en direction de la voiture bleue où j'avais senti cette sale odeur familière. J'ai un mauvais pressentiment.
Ce que Vanessa ignore :
Il y avait bien quelqu'un planqué derrière la voiture bleue. C'était Clément, l'un des sbires de Nelson. Une fois que Vanessa et ses amies étaient entrées dans le lycée, Clément se releva avant de pousser un soupir de soulagement. Puis il afficha un malicieux sourire en regardant les photos de Vanessa qu'il a pris avec son Smartphone. Maintenant que Clément avait eu ce qu'il voulait, il tapa le numéro d'un autre complice qui se trouvait dans un autre endroit de la ville.
–Allô ouais ? Dit le gros.
« Ça y est, j'ai les photos. Et toi, comment ça se passe de ton côté ? » Dit Clément.
–J'suis à la bonne adresse. Je photographie vite fait la baraque où elle habite et j'me casse.
« Ok. Moi en attendant, je vais aller rendre une petite visite à des gars qui pourraient nous filer un coup de main. À plus. »
Clément repartit en courant comme un voleur, aussitôt qu'il raccrocha.
Point de vue de Vanessa :
Une fois que nous étions dans la cour, je leur ai raconté mon rêve de cette nuit sur Jadina.
« Et que t'as-t-elle dit ? » Demanda Nora.
« Aucune idée. Je n'ai entendu que des bouts de mots. » Ai-je répondu.
« Qu'en dis-tu, Zoé ? » Demande Alice.
« Mmh… je dirais que Jadina a probablement essayé d'entrer en contact avec toi, mais qu'elle n'a pas réussit à créer une connexion fiable. Peut-être était-ce pour te redonner ton apparence ordinaire, qui sait ? » Dit Zoé.
En guise de réponse, je ne fis que baisser lentement les yeux avec un regard penseur. J'étais en train de me remettre en question sur un certain point, celui qui m'obsédait depuis ma transformation.
« Allons ne t'en fais pas, Vanessa. Tu as peut-être loupé ta chance de redevenir humaine, mais l'occasion se représentera. J'en suis sûre. » Me dit Nora en posant sa main sur mon épaule.
J'ai pris un peu de temps avant de trouver les bons mots afin de leur expliquer ce à quoi je pensais en cet instant.
« Les filles, il faut que je vous dise que… finalement, je… » Ai-je commencé à dire.
Leur attention était fixée sur moi, comme si elles s'attendaient à entendre quelque chose d'affreux de ma part, ce qui n'était pourtant pas le cas.
« …Je… je ne sais pas comment vous le dire. Plus tard, je vous le dirai, c'est promis. »
Elles s'échangèrent des regards confus, limite inquiets. Mais elles ont tout de même accepté d'attendre qu'on en reparle. La sonnerie retentit, c'est l'heure d'aller en cours.
Plus tard, dans une banlieue en dehors d'Argenteuil…
Hors du point de vue de Vanessa
Nelson rentrait chez lui après être parti s'acheter une pizza. Sa mère l'avait pourtant privé de sortie depuis qu'il s'était fait renvoyer du lycée. Mais Nelson s'en fichait royalement. De toute façon, cela faisait longtemps qu'il n'obéissait plus beaucoup à ses parents. Nelson était seul chez lui. C'est alors qu'il reçut un message de Clément.
-Bonne nouvelle, mec : on a quatre nouvelles recrues dans notre bande. Tu les connais, c'est Yohann, Aînesse, Luis, et mon cousin Raphael. J'les ais convaincus de nous rejoindre en leur racontant toute l'histoire sur ta copine loup-garou, et aussi grâce aux photos d'elle que j'ai prise ce matin. Ils nous seront grandement utiles, crois-moi. On va pouvoir commencer à préparer notre plan pour ta vengeance. J'te recontacterai.
Nelson sourit malicieusement. Il connaissait effectivement bien ces quatre nouvelles recrues. Il répondit :
-T'as réussi à choper le dingue de basket qui habite dans le quartier d'à côté ? C'est cool, mec.
Ce dingue de basket auquel il fait référence, c'est Yohann. Plus un maniaque qu'un simple dingue. Avec sa tête vide, son brushing brun, son sourire de débile, et sa barbe, il adore agresser les gens avec son arme favorite : son ballon de basket. En termes d'apparence, c'est une sorte de sous-Pierre Niney sans cervelle.
La deuxième recrue, c'est Aînesse. Avec sa mâchoire ronde nettement reconnaissable, il est l'exemple parfait du sale gosse désobéissant. Sa bêtise la plus courante reste celle du complot. Quand il se met à comploter contre ses ennemis, il devient un vrai cerveau. Bref, quelqu'un de très malin et organisé.
Ensuite, Luis, un brun frisé à lunettes et au menton pointu, connaissant mieux les arts martiaux que tous ses potes. Pour décrire sa personne, c'est très simple : il est macho et n'aime rien. À chaque fois que Luis entend parler d'un sujet quelconque, il fait exprès de dire que c'est pourri, dans le seul de but de provoquer afin de pouvoir se battre.
Et enfin, il y a Raphael, le cousin de Clément. Il lui ressemble largement trait pour trait, à part qu'il a un visage un peu plus boutonneux, qu'il n'a pas de brushing, et que ses cheveux sont d'une couleur châtain plus foncé. En plus de posséder la même voix que son cousin, son plus gros défaut est qu'il déteste toutes les musiques en dehors du (mauvais) rap.
Très satisfait d'avoir été informé de cette nouvelle, Nelson se relaxa sur son canapé pour dévorer sa pizza comme le font les gens mal élevés.
Encore plus tard, au centre commercial d'Argenteuil…
Point de vue de Vanessa :
Après une longue et fatigante journée de cours, mais qui s'est très bien passée, j'ai invité mes amies à prendre un verre dans une cafétéria au centre commercial.
« Ahhhh bonheur. » Dit Alice en savourant sa boisson.
« Kitou et Lady Morigane doivent ressentir le même soulagement quand vient l'heure de pointe. » Dit Zoé.
« C'est super sympa de ta part de nous offrir un verre, Vanessa. » Me dit Nora.
« Je vous en prie, ça me fait plaisir. J'avais pensé qu'on irait au fan-club, mais comme vous aviez l'air si fatiguées, je me suis dit que vous auriez besoin de rafraîchissements. »
« Nous te remercions de penser à nous. » Me dit chaleureusement Alice.
« Ah oui, au fait, tu voulais nous faire part de quelque chose, il me semble ? » Dit Nora.
« Oui. J'allais justement y venir. » Répondis-je en préparant bien mes mots, comme si je devais répéter un discours face au royaume d'Orchidia tout entier. « Voyez-vous, depuis que je suis une Jaguariane, je suis effrayée. La seule chose qui comptait le plus à mes yeux était de redevenir humaine coûte que coûte. Mais à force de voir les réactions positives qu'ont les gens autour de moi, comme hier lorsque tout le lycée m'a applaudit, il y a une grande part de confiance qui est apparue en moi. Grâce à ça, j'ai fini par m'habituer à ce que je suis. La preuve, je ne m'habille plus de manière à cacher mon apparence féline. Et le fait de redevenir comme avant n'a plus vraiment d'importance pour moi. Je me sens bien dans ma peau à présent. Rester une Jaguariane toute ma vie n'est plus un problème puisque les gens m'acceptent tel que je suis, même s'il y a des situations où ça peut devenir un poil embarrassant. Mais ce qui est vraiment important, en fin de compte, c'est que ça ne m'empêche pas d'être heureuse et d'avoir des gens qui m'aiment, tels que vous, les amies. »
Un doux sourire s'est dessiné sur leur visage. Je pouvais lire au fond d'elles que mes mots les touchaient en plein cœur.
« Mais cette peur que j'avais de moi-même, je ne serai jamais parvenue à la surmonter sans votre soutien. Alors sachez que je vous suis vraiment très reconnaissante de m'avoir aidé dans tout ça, et de ne m'avoir jamais abandonnée. Merci infiniment à vous trois. Vous êtes les meilleures amies du monde. »
Émues, elles se sont rapprochées de moi et m'ont câliné avec amour et tendresse. Un doux moment d'amitié comme on les aime. Un peu plus tard, après que nous ayons payé nos boissons, à peine étions-nous sorties de la cafétéria que nous entendîmes :
« Au voleur ! Mon sac ! Il m'a pris mon sac ! Au secours ! » Cria une vieille dame.
Un vol à l'arracher ! Au loin, nous aperçûmes un voleur courir comme un dingue sous tous les regards qui se tournaient vers lui, mais personne ne tentait de l'arrêter.
« Il va se tirer ! » Dit Zoé.
« T'inquiète, j'men charge ! » Ai-je dis en enlevant ma casquette.
Réagissant à l'instinct, je me suis lancer à la poursuite du voleur en courant sur mes quatre pattes. Il était rapide, mais je suis parvenue à le rattraper. Je me suis jetée sur lui et l'ai plaqué au sol. C'était un homme qui avait l'air d'avoir plus d'une trentaine d'années. Il m'a saisie par le cou et a tenté de m'étrangler. Je lui ai alors mordu la main avec mes crocs, ce qui l'a fait hurler de douleur, forcément. De toutes ses forces, Il m'a ensuite bousculée sur le côté, ce qui lui laissa juste le temps de se relever pour s'enfuir à nouveau.
Pas question de le laisser filer avec quelque chose qui ne lui appartient pas. Je repartis aussitôt à sa poursuite. Cette fois, la course nous a mené au cœur du centre-commercial. Je le rattrapais de plus en plus alors qu'il se dirigeait vers les escalators. J'allais lui faire un croche-patte, juste avant qu'il ne les atteigne. Mais manque de bol pour moi, sans prendre garde où je mettais les pattes, j'ai glissé sur une flaque d'eau qu'un personnel de ménage était en train de nettoyer. Incapable de pouvoir m'arrêter, je me suis retrouvée propulsée tout droit sur un stand de produits bio et l'ai démoli en même temps que je me suis prise des choux de Bruxelles sur la figure. Décidément, Alice avait raison : je suis Gryf tout craché.
Le voleur quant à lui n'avait pu s'empêcher de me regarder faire ma chute avant de sauter entre les deux escalators et de se laisser glisser jusqu'au rez-de-chaussée (pour rappel, nous étions au premier étage). Vite ! Il faut que je le rattrape ! C'est alors qu'une brillante idée me vint à l'esprit, quoiqu'un peu dangereuse : si je sautais dans le vide et que j'attrapais une de ces longues bandes publicitaires accrochées au plafond pour me balancer dessus, je pourrai atteindre le rez-de-chaussée plus rapidement. Exactement comme l'a fait Schwarzy dans Commando.
C'est ce que je fis. Sautant sur la barrière de sécurité, j'ai aussitôt attrapé la bande publicitaire située devant moi et me suis balancée en direction du voleur, tout en me laissant glisser jusqu'en bas. Et TAC ! Je me suis jetée à nouveau sur lui. On a roulé tous les deux par terre jusqu'à se cogner contre un gros pot qui contenait un palmier. Il a encore tenté de se débattre, mais j'ai su mieux le maîtriser ce coup-ci. Il aura fallu que je faufile ma queue de félin sous son t-shirt et lui chatouille les aisselles pour lui reprendre le sac des mains. Vite, tant que le voleur était à terre, je me suis précipitée contre le mur afin de lui renverser le pot dessus. Le dos collé contre le mur, j'ai poussé le pot avec mes pieds.
Pouf ! Le voilà écrabouillé, enfin presque. Le tronc du palmier était suffisamment gros pour le maintenir prisonnier. Il ne pouvait plus s'enfuir maintenant. Et hop ! J'ai sauté sur le tronc pour regarder le voleur en face et lui dit :
« Alors, mon gaillard ? On peut dire que j'tai pris la main dans le sac. »
C'est pas vrai, voilà que je me mets à sortir des blagues idiotes, comme Gryf. Des agents de sécurité sont vite venus l'arrêter juste après que je sois partie pour rendre le sac à sa propriétaire. Quand j'ai revu la vieille dame, toujours devant la cafétéria, mes amies étaient avec elle.
« Votre sac, madame. » Ai-je dis en le lui rendant.
« Oh merci infiniment jeune fille. Heureusement que vous étiez là. » Me dit-elle avec la main sur le cœur.
« Bien joué, Vanessa. Tu as- »
« Eh toi ! Reste où tu es ! »
Oh non. À peine mes amies voulaient me féliciter qu'un autre problème apparut. D'autres agents de sécurité se précipitaient vers moi, et ils n'avaient pas l'air de vouloir me féliciter. Soudain, quelqu'un est arrivé devant nous et a fait signe aux agents de s'arrêter en disant :
« Non non non non. Ne l'approchez pas. »
Oh mon dieu. Cette personne, cette voix… mais c'est…
Après une longue période de fatigue, me revoilà en pleine forme. Mais qui est donc cette mystérieuse personne venue s'interposer pour sauver Vanessa ? Un élément à la fin nous permet de savoir quel est son métier. Quant à son identité, à vous de la deviner. Les paris sont ouverts !
Mais d'ici là, je vous souhaite à toutes et à tous un merveilleux Noël et de très belles fêtes de fin d'année. À bientôt en 2018 ! Je vous aime.
Hommage :
J'en profite au passage pour rendre hommage à Johnny Hallyday. Chaque fois que j'entends le nom de ce talentueux chanteur, je repense notamment à Je te promets. Repose en paix Johnny, et merci à toi pour tes magnifiques chansons.
