Réponses aux commentaires :

Lady Amethyste : Merci pour ton message. J'essaie autant que possible de respecter les personnages, même si c'est pas toujours facile. J'espère que la suite continuera à te plaire.

T Aria Sam : Merci beaucoup pour ton super commentaire. Je trouve aussi que Christina n'est pas assez mise en avant, et c'est pourquoi j'essaie de lui redonner un peu de gloire via mon histoire. J'espère que la suite te plaira.

Clem 2605 : Merci de ton commentaire. J'espère que ton examen s'est bien passé. Tu trouveras le nouveau chapitre juste après. J'espère qu'il te plaira !

Noémie Francia : Merci pour tes commentaires. J'espère que tu as pu poursuivre ta lecture et que tu as aimé. A bientôt j'espère.

Julie Potter 39 : Merci pour tes commentaires. Je suis contente si ma fic te remonte le moral avec la fin de "Allegiant". Je commence à penser aussi qu'ils se sont additionnés même si je doute encore par moments, aussi frustrant que ça puisse être. En tout cas, je suis partie sur cette piste pour mon histoire. j'espère que la suite te plaira.

Alice Jeanne 17 : Merci pour tes commentaires. Puis je te demander qui t'a conseillé ma fic ? (oui, je suis curieuse). Tes commentaires me vont droit au cœur et me motivent pour la suite. J'espère que ça continuera à te plaire.


Et voici le chapitre 10. Encore une fois, sincèrement désolée pour le délai, mais je vous promets que je ne lâche pas, je dois juste mener 4 histoires en même temps et une vie privée/pro assez compliquée. J'espère en tout cas qu'il va vous plaire.


CHRISTINA

Il ne neige plus, mais la route est toujours aussi défoncée. Devant nous, la première camionnette conduite par Georges est chahutée par les nids de poule de la chaussée. La nôtre, conduite par Quatre, subit le même traitement, malgré tous les efforts de mon chauffeur pour esquiver les trous. Mais il a beau faire, il ne parvient pas à en éviter un, et je décolle de dix bons centimètres sur mon siège. En retombant, mon dos heurte assez violemment le dossier, pile poil là où je dois me payer un énorme bleu, souvenir de la nuit dernière.

Je ne pensais pas que Matthew, sous ses airs d'intello, serait aussi créatif et passionné dans le sexe. C'était notre troisième nuit ensemble, et pour un premier amant, je ne pouvais pas rêver meilleur professeur. Il nous a fallu trois rounds avant de parvenir à atteindre son lit. La porte, le sol et la table en ont fait les frais, tout comme mon dos. Je sens encore ses mains sur mes fesses, sa bouche sur mes seins, son...

Je me baffe mentalement pour ne pas rougir et soupirer comme une gamine énamourée. Déjà parce qu'aussi bon que ce soit, ça ne reste que du sexe entre amis, rien de plus. Et aussi parce qu'avec Quatre juste à côté de moi, ce n'est vraiment pas le moment de se laisser aller. OK, depuis que nous sommes partis, il n'a pas ouvert la bouche, et le seul bruit qui nous tient compagnie, c'est celui du moteur rythmé par les changements de vitesse.

Je ne lui reproche pas son silence. Nous sommes tous venus dire « au-revoir » à Tris, mais ensuite, nous les avons laissés seuls tous les deux. Et à voir sa tête furieuse quand il nous a enfin rejoint aux véhicules, il était encore plus mécontent – ceci est un euphémisme – de devoir quitter les lieux.

— Mal au dos ? me demande-t-il soudain, me surprenant complètement alors que je me faisais une raison à ne pas échanger un mot de tout le trajet.

Sa voix est dure, et je comprends qu'il essaie de faire un effort. Je suis sûre que si ça ne tenait qu'à lui, il n'aurait pas ouvert la bouche.

— Oui, je lui réponds en gigotant sur mon siège pour trouver une position plus confortable. J'ai un bleu dans le dos et...

— Un bleu ? Dans le dos ? Mais comment tu as pu...

— Me faire ça ? je termine avant qu'il n'en ait eu le temps, car parler me permet de réfléchir à l'excuse que je vais trouver. Je me le demande bien, j'ai dû me cogner quelque part.

Oui, je le reconnais, c'est pathétique come excuse. Mais j'ai pas trouvé mieux. Je lui jette un coup d'œil et je crois apercevoir un début de sourire chez mon interlocuteur. Si ma douleur peut le faire rire, c'est déjà ça de gagné.

— Quelque part... répète-t-il. Comme... Contre une porte ?

Oh oh... D'un seul coup, j'en suis à regretter qu'il ne soit pas resté muet, ça m'aurait évité de me retrouver dans cette situation. Je me tourne vers lui, en affichant un sourire que j'espère convaincant, et en essayant d'appliquer mon éducation de sincère.

— Oui, pourquoi pas une porte ? Ou bien un coin de table...

Le souvenir de moi assise sur la table de la chambre de Matthew, et lui entre mes jambes, s'incruste dans mon esprit et je fais tout mon possible pour rester impassible. Faut que je change de sujet...

— On est encore loin à ton avis ?

— Une bonne heure, me répond-il. En tout cas, s'il ne se met pas à neiger... Et si on ne s'arrête pas pour une pause pipi...

Je pouffe de rire. C'est un des bons souvenirs de cette journée où nous avons lancé une mini révolution. Et où Tris a failli perdre la vie.

— T'inquiète pas, je suis allée aux toilettes avant de partir. Pas besoin de s'arrêter en ce qui me concerne !

Il sourit, et sans quitter la route des yeux – heureusement ! -, il me murmure :

— Toi et Matthew, ça fait longtemps ?

Ma première envie est de sauter du camion, là, tout de suite, et tant pis s'il est en marche. Mais je me reprends assez vite. Après tout, il ne s'agit que de Quatre. Je ne dis pas qu'il est mon meilleur ami, mais quitte à ce que quelqu'un soit au courant, autant que ce soit lui. Au moins, je sais que mon secret est en sécurité.

— Co... Comment es-tu au courant ?

— Je vous ai aperçu hier soir... Enfin, cette nuit... Ou tôt ce matin...

— Tu n'étais pas censé dormir ? je réplique en ignorant la rougeur qui me monte aux joues.

— Pas moyen... Alors plutôt que de réveiller Tris à bouger dans le lit...

— Vous avez dormi dans le même lit ? !

Je tiens une échappatoire. Et foi de Christina, je ne vais pas le lâcher de si tôt !

— Oui, mais...

— Le docteur avait dit...

— Je m'en fiche du docteur ! Je ne vais pas la revoir avant plusieurs jours donc...

— J'espère que tu as veillé à ce qu'elle soit sur le dessus, histoire que tu ne l'écrases pas de tout ton poids !

— Je... Mais on a rien fait !

L'avantage avec ma peau bronzée, c'est que quand je rougis, ça se voit moins. Son visage se situe entre le rouge tomate et le rouge sang. Couleur qui lui va plutôt bien, soit dit en passant.

— C'est ça, je te crois ! Vous vous retrouvez enfin seuls tous les deux, dans le même lit, et tu veux me faire croire qu'il ne s'est rien passé.

— C'est exactement ça ! On s'est embrassés et... Et c'est tout. Rien de plus. Pas comme...

— Pas comme quoi ?

Non seulement j'ai réussi à totalement détourner la discussion de moi et Matthew, mais en plus, je tiens peut-être un scoop. En tout cas, Quatre semble vraiment mal à l'aise, et je m'en veux – presque – de le cuisiner comme ça. Mais mon excuse c'est que ça sonne comme le début d'une nouvelle vie pour eux.

— Pas comme la dernière fois... finit-il par marmonner, tellement bas que je dois me pencher pour l'entendre.

— Ah je le savais ! Vous vous êtes additionnés ! Je savais que vous le feriez, y'a qu'à voir comment vous vous dévorez et déshabillez des yeux à tout bout de champ...

— On ne se déshabille pas...

— Oh que si ! Ça en est tellement gênant que j'ai parfois envie de vous plonger la tête la première dans un tas de neige, histoire de vous refroidir les esprits !

— T'exagère...

— A peine ! Et alors, c'était quand, comment, où...

— Christina, je veux bien qu'on s'entende mieux toi et moi, mais si tu crois que je vais devenir un bavard de Sincère, tu te trompes...

— OK OK j'insiste pas plus. Dis moi juste si c'était aussi bien que tu l'avais imaginé.

Il continue de fixer la route devant lui, mais son visage reprend une couleur normale, et le sourire qu'il affiche fait plaisir à voir.

— Aussi bien, me répond-il finalement. Et même encore mieux...

Je me mets à sourire niaisement à mon tour. Ces deux-là sont amoureux, aucun doute là-dessus. Et même si je me sens hyper heureuse pour eux, je ne peux m'empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Ma première fois aurait dû être avec Will. Et je me demande si un jour, je pourrais retomber amoureuse...

— Tu ne m'as pas répondu, ajoute-t-il. Toi et Matthew, ça fait longtemps ?

— Quelques jours, je réponds en faisant semblant d'admirer le paysage pour retenir mes larmes.

— Et vous en êtes déjà au stade du... De... Enfin...

— On a commencé par coucher ensemble, directement. C'est pas une histoire d'amour, c'est juste une histoire de sexe entre amis consentants.

J'ai peut-être été un peu sèche, mais le pathétique de la situation m'a soudain sauté aux yeux.

— Excuse-moi, me dit-il. Je ne voulais pas me montrer indiscret. Je... Je suis sûr que lui et toi, vous allez finir par devenir... Plus. Tu le mérites. Et c'est quelqu'un de bien. Il ne te fera jamais de mal... En tout cas, en dehors d'un bleu dans le dos...

Je ne le regarde pas, sous peine de ne plus retenir mes larmes. Mais je souris, non pas d'espoir vis à vis de sa remarque, mais plus par rapport à son souci à mon égard. Quatre a beau être froid et sévère en apparence, je sais que ce n'est qu'une façade. Il est fort, mais comme tout le monde, il a ses faiblesses, ses blessures. Et si mon amitié peut l'aider, je le ferais. Je l'aiderais à être encore plus, car lui aussi me rend plus forte.

C'est ça, être amis.


Finalement, il nous restait beaucoup plus qu'une heure, mais c'est passé plutôt vite. Quatre et moi on a pas mal parlé, de notre passé « avant la cérémonie du choix ». Même s'il n'a rien d'un grand bavard comme je peux l'être, il s'est dévoilé un peu, et maintenant, je comprends un peu mieux ce qu'il est, et pourquoi il est devenu ainsi. Marcus, Evelyn, Amar, Tori, Zeke, Shauna... Ils ont tous joué un rôle, bon ou mauvais, dans son histoire. Tris m'a dit un jour qu'il était une sorte de sentinelle, à monter la garde sur son passé, son histoire, ses sentiments. Ça s'explique. Si j'avais vécu tout ce qu'il a enduré, je ne sais pas si j'aurais résisté comme il a pu le faire. Il force l'admiration, mais pourtant, il reste tout au fond de lui ce petit garçon Altruiste qui baisse les yeux et s'oublie face aux autres.

Lorsque nous arrivons au poste de garde de la barrière, il n'y a personne. C'est grand ouvert, mais nous marquons une petite halte, autant pour se dégourdir les jambes que pour réaliser ce que nous sommes en train de faire. J'étais heureuse de quitter Chicago, mais au final, je suis contente d'y retourner. Je vais retrouver ma famille, et je vais pouvoir commencer une nouvelle vie, pour de bon cette fois-ci.

Cara et Amar nous rejoignent. Caleb est resté avec Peter, pour le surveiller je pense, mais aussi parce qu'il ne sent pas totalement à l'aise avec nous. J'aimerais pouvoir dire qu'un jour je ne lui en voudrais plus. Mais je dois être un peu comme Quatre : je vais avoir besoin de temps.

— Alors, demande Amar. On va où maintenant ?

— On essaie de trouver Johanna, répond Quatre. Même si les élections n'ont pas eu lieu, c'est elle qui dirige, ça peut valoir le coup d'aller la voir. Elle pourra nous aiguiller je pense.

— Et tu sais où la trouver ?

— On va aller là où se trouvais la base des Loyalistes, intervient Cara. Même si elle n'y est plus, il y aura forcément quelqu'un pour nous dire où la trouver.

— On vous suit alors, conclut Quatre, avant de se rediriger vers notre véhicule.

Je le suis et me réinstalle sur mon siège. Nous pénétrons dans Chicago, qui n'a pas changé depuis la dernière fois que j'y suis venue. Cette fois, aussi bien lui que moi sommes silencieux. Le moment est assez solennel, et je pense qu'il doit se poser à peu près autant de questions que moi. Reste à savoir quand les réponses vont arriver.

Cara avait raison : Johanna est restée à la base des Loyalistes. Il doit y avoir des sentinelles sur la route car elle nous attend devant l'entrée lorsque nous y arrivons. Cara est la première à descendre et l'étreinte que lui donne l'ancien porte-parole des Fraternels est presque maternelle. Amar, Caleb, Peter, Quatre et moi nous joignons à eux, et elle nous salue tous avec respect, avant de nous inviter à entrer. Nous la suivons jusqu'à la pièce qui lui sert de bureau, et j'avoue que c'est très agréable de s'asseoir sur un siège qui ne bouge pas. Mon dos me remercie avec gratitude.

Je ne prends pas part à la discussion qui suit. Cara et Quatre exposent tout ce qui s'est passé depuis qu'on s'est tous enfuis de la ville, de notre arrivée au Bureau jusqu'à notre expulsion, en passant par la révolution et les blessures de Tris. Johanna les écoute patiemment, ne les interrompant que de temps en temps, pour poser une question. Je ne peux m'empêcher d'observer cette femme, qui parait si douce mais qui possède assez de tempérament pour tenir les rênes de la ville. Et je sais qu'elle y arrivera. Marcus, Evelyn, Jeanine, tous ont échoué car ils étaient trop égoïstes – même s'il y avait deux Altruistes parmi eux. Johanna, depuis que je la connais, elle a toujours essayé de faire le bien pour tout le monde.

Il fait bon dans cette pièce, et même si je ne m'endors pas, je décroche complètement pour me perdre dans mes pensées. J'essaie de ne pas me replonger dans le passé, mais de me concentrer sur l'avenir. Une fois que j'aurais trouvé un toit, qu'est-ce que je vais faire ? J'avais choisi les Audacieux, j'y avais ma place. Mais maintenant... Est-ce que la ville va avoir besoin de moi ? Qu'est-ce que je vais pouvoir apporter à cette renaissance que nous avons mise en place ? Les autres doivent se poser les mêmes questions que moi. Mais je ne sais pas, je pense qu'ils trouveront plus facilement que moi. Au final, je me sens si... inutile. Je suis sûre que même Matthew, qui n'a jamais vécu ici, se fera une place. Après tout, si je fais l'inventaire : il va falloir des policiers pour assurer la sécurité de la ville, donc Amar, Georges et Quatre seront parfaits pour ce rôle ; des médecins, des chercheurs, des trucs d'intellos en fait, où Cara, Caleb et Matthew feront des merveilles ; Tris parlait d'être ambassadrice avant que Jeanine ne nous transforme en robots tueurs, elle pourrait tout à fait en devenir une. Mais moi... Je ne veux plus me battre, je ne suis pas assez intelligente – et de toute façon, ça ne m'intéresse pas -, et il est hors de question que je trouve un boulot typiquement Sincère. Il me reste quoi ? Fraternelle ? Aller cultiver la terre et cueillir des fruits ? Pourquoi pas... Mais est-ce que ça me plaira ?

Je suis tellement absorbée par toutes ces pensés que je ne m'aperçois même pas que la discussion est finie. Et le pire, c'est qu'il semble qu'une question m'ait été posée car tous les regards sont tournés vers moi.

— Chris ? me demande Cara, confirmant ma crainte.

— Oui ? Vous m'avez demandé quelque chose ? Désolée, je n'écoutais pas, je réfléchissais à autre chose...

Autant jouer la franchise. Après tout, mieux vaut passer pour une étourdie que de répondre n'importe quoi.

— Où voulez-vous aller ? me demande alors Johanna. Il me semble que vous avez encore de la famille ici. Voulez-vous la rejoindre ?

Pourquoi je n'y ai pas pensé ? Je me suis posée une quantité de questions, mais pas un moment je n'ai songé à mon point de chute.

— Oui... Ce sera le plus simple, je pense... Enfin, si c'est possible.

— Bien sûr... Elle se trouve toujours dans le quartier des Sincères, à votre ancien domicile.

— Ça va, je devrais pouvoir retrouver la route.

— On va te déposer en chemin, me dit Cara. Seuls Caleb et Peter restent ici. Nous autres rentrons chez nous.

Chez nous... Est-ce que je peux lui dire que ces mots n'ont pas de sens pour moi ? La maison de ma famille n'est plus la mienne, pas depuis que je l'ai quittée, il y a moins d'un an.

Nous prenons congés de Johanna, Peter et Caleb. Amar prend le volant et suis les indications de Cara, pour rejoindre l'endroit où se trouve sa famille. Alors que nous roulons, je me dis qu'une fois qu'elle sera arrivée, je devrais peut-être aller les saluer. Mais je n'en ai pas envie, pas tout de suite. Je viendrais les voir, mais plus tard, quand je me sentirais assez forte pour affronter leur douleur, qui me rappellera tant la mienne.

Une fois à destination, Cara nous donne rendez-vous le lendemain, chez Johanna, pour voir ce que nous allons faire, désormais. Ça me laisse la nuit pour y réfléchir. Youpi...

— Alors ? demande Amar. Quartier des Sincères, mais dans quel coin ?

— Roule, je lui réponds. Je te guiderais au fur et à mesure.

Il s'exécute sans discuter. J'ai peut-être été un peu sèche, mais je ne me sens pas aussi enthousiaste que je le devrais. Il faut que je me reprenne, vraiment. Sinon ma mère va me faire subir un interrogatoire jusqu'à ce que je lui dise ce qui me tracasse. Et je n'ai vraiment pas envie d'en discuter avec elle.

— Vous allez à la Flèche tous les deux je suppose ?

— Oui, me répond Quatre. La majeure partie des Audacieux s'y trouve encore. On devrait pouvoir se trouver un lit, une douche et de quoi manger. Au moins pour ce soir. On verra demain pour la suite.

Lui aussi n'a pas l'air inquiet de ce que l'avenir lui réserve. Je suppose qu'il doit déjà penser au petit nid douillet qu'il va se construire avec Tris. Veinards... Mais je me sermonne en me disant qu'après tout ce qu'ils ont traversé, ils l'ont bien mérité.

Le trajet est plus court que je ne le pensais. Je me retrouve très vite devant la porte du domicile de ma mère, après avoir dit au-revoir à Quatre et Amar. J'hésite un bref instant, puis je frappe.

Ma mère vient m'ouvrir aussitôt, et je me retrouve très vite prise dans l'étau de ses bras, à l'entendre me dire que c'est bon de me revoir à la maison. Je lui rends son étreinte, maladroitement. Comment lui dire que ça n'est plus ma maison... Comment...

Je sais comment. En toute sincérité.

— Je ne fais que passer, maman. Je... Je vais m'installer chez les Audacieux, en attendant de me trouver un logement. Je... Je suis juste venue pour vous saluer, et vous dire que j'étais de retour en ville.

Ma sœur nous a rejoint, sur le pas de la porte. Ma mère me regarde, me scrute, et je sais qu'elle vérifie si je dis bien la vérité. Sincère un jour...

— Entre, finit-elle par m'ordonner. Tu vas prendre au moins le temps de manger quelque chose avant de repartir. Et après, tu pourras faire ce que tu veux.

Je ne peux pas refuser. Parce qu'elle a raison, ça me fera du bien. Mais aussi parce que j'en ai envie. Même si je ne veux plus vivre avec elles, je ne veux pas non plus ne jamais les revoir. C'est ma famille.


Je ne sais pas comment il a fait, mais Quatre m'attend lorsque je pénètre dans la Fosse.

— Comité d'accueil ? je lui demande.

— On va dire ça. Ta famille va bien ?

— Oui. Comment... Comment tu as su ?

— Je ne sais pas... Je n'arrivais pas à t'imaginer redevenir une Sincère. Peut-être que j'espérais que tu sois aussi perdue que moi, aussi...

— Toi, perdu ? ! Pfff, ta voie est toute tracée : un super policier qui va protéger tout le monde. Ou alors un instructeur sadique. Les deux rôles te vont bien.

— Non... Justement... Je ne veux plus de ça... Mais je n'ai nulle part ailleurs où aller... Même ma maison chez les Altruistes, ce n'est plus la mienne, je ne veux pas y retourner...

— C'est clair que le gris partout, ça donne pas envie !

Il sourit à ma blague, puis le silence s'installe entre nous. Ça en devient gênant.

— Bon, je finis par dire, je vais essayer de me trouver un coin pour dormir.

— On t'a gardé un lit, me répond-il. Amar et moi on s'est installés dans l'ancien dortoir des transferts. Il n'y a que nous pour l'instant...

— C'est gentil, mais...

Je suis assez surprise qu'ils aient pensé que j'allais les rejoindre. Enfin, je dis « ils », mais vu que je ne connais pas trop Amar, je suppose que c'est l'initiative de Quatre.

— Enfin, si ça te dit d'être avec nous. Je comprendrais que tu préfères te trouver un endroit à toi, plus tranquille, plus intime...

Je ne peux m'empêcher de sourire en voyant son allure mal à l'aise.

— J'ai passé plusieurs mois dans ce dortoir avec plus de mecs que de filles. Crois-moi, une nuit de plus, ça ne me dérangera pas. Et je n'hésiterais pas à vous cogner si vous m'emmerdez.

— Tu es sûre ? Il m'a semblé que tu avais hésité...

— Oui, parce que je ne veux pas vous déranger. Vous êtes amis et je me disais que peut-être, vous aviez des choses à vous raconter, enfin...

— Raconte pas de bêtise. Tu te rappelles du chemin ?

Je lève les yeux au ciel à son allusion, avant de le suivre vers notre ancien dortoir. Amar ne lève même pas les yeux à notre arrivée, trop occupé à lire sur son lit. Quatre s'est installé à côté de lui, et je pose mon sac sur celui juste après. Il s'avère que c'était celui de Will, et cette coïncidence me fait sourire.

Peu après, on part manger quelque chose tous les trois. Sans être aussi animée que nos discussions d'Initiés, notre repas se déroule dans une ambiance bon enfant. Ça me fait presque bizarre de voir Quatre détendu. Mais bon, c'est une nouvelle vie qui s'annonce pour lui, il a raison de sourire.

Une pensée me traverse l'esprit tout à coup, et moi aussi je me mets à sourire. Je viens de trouver ce que j'ai envie de faire. Ce sur quoi j'ai découvert que j'étais plutôt douée.

Je vais essayer d'aider ceux qui vont vouloir s'installer à Chicago, les gens de la marge. Un vrai boulot d'Altruiste ! Mais après tout, mes meilleurs amis le sont, et j'avoue, je suis fière qu'ils aient déteints sur moi.


Voilà, j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à vous lâcher sur les commentaires. Et petite question : qu'avez-vous penser du films "Insurgent" ? J'avoue avoir été un peu déçue...

A bientôt, promis, j'essaie de faire au plus vite !