Coucou les gens...
Aujourd'hui est mon premier jour de vacances et je suis dé-bor-dée! Ben oui, pour être ensuite réellement en vacances, il faut faire un grand ménage! Donc aujourd'hui (et sûrement demain) je me consacre à ça! LE MENAGE! Et après farniente (et j'espère écriture, parce que' je suis toujours au début du second chapitre de ma prochaine fic et j'ai pas le début de l'ombre de l'embryon d'un semblant d'inspiration... Ça m'énerve! Heureusement que Reprise en main est bouclée! Je vous ferais pas le coup de vous faire attendre indéfiniment pour les chapitres suivants!
D'ailleurs je vais vous laisser le lire le chapitre et arrêter de blablater! Comme d'habitude je remercie tout le monde: beta, lecteurs, rewievers... et je vous dis à vendredi!
ps: ça va, criez pas! jusqu'à minuit c'est toujours vendredi! ^^
Enjoy!
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
Les mains sur les hanches, Tessa regardait un imposant sac de voyage en cuir de dragon qui trônait au milieu de la table basse du salon.
N'obtenant aucune réponse, elle jeta un regard noir vers le premier étage et appela, tout en ramassant les pièces de son jeu d'échec :
- Les garçons ! Descendez dans le salon ! Au trot !
Elle entendit aussitôt lesdits garçons sur le palier.
- Qu'est-ce que vous avez fait ? Lui parvint la voix de Sirius.
- Nous ? Retentit celle, indignée, de Harry. Quand elle crie, c'est sur toi en général…
- Les garçons ! répéta Tessa d'un ton menaçant sans leur laisser le temps d'ajouter quoi que ce soit.
Leur réaction ne se fit pas attendre. Ils dévalèrent les marches, Sirius en tête, et pilèrent net à l'entrée du salon sous le regard implacable de la jeune femme. Sans mot dire celle-ci désigna le sac bourré à craquer qui avait balayé son échiquier lorsqu'il avait été posé, voire jeté, sur la table basse.
Harry eut un sourire moqueur et pointa le pouce vers Sirius.
- Vous pouvez remonter les garçons.
Ils ne se le firent pas dire deux fois, soulagés d'échapper à l'humeur massacrante de la maitresse de maison, et remontèrent précipitamment dans leurs chambres respectives pour finir leurs préparatifs pour la rentrée qui avait lieu le lendemain.
Après les avoir suivis du regard, Tess reporta son attention sur son mari et demanda d'une voix doucereuse qui n'aurait rien eu à envier à celle de Severus Rogue :
- Puis-je connaître la raison obscure de la présence de ce contenant qui a, notons-le, manqué de causer la destruction irrémédiable du jeu d'échec de maman ?
Sirius grimaça.
- Quand tu commences à parler comme un bouquin, c'est que tu es vraiment en rogne…
- Sirius ! Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ?
L'animagus retint un sourire. Ce n'était pas le moment de se laisser aller à des phrases telle que : « tu es belle quand tu es en colère ». Au lieu de ça, il contourna habilement son épouse et ramassa un pion sur le canapé où elle avait rassemblée les pièces du jeu.
- Il a l'air indemne…
- Pas grâce à toi…
- Désolé, capitula-t-il, je n'avais pas vu que tu avais changé l'échiquier de ta mère de place. Je ferai attention à l'avenir.
Devant son air de gamin pris en faute, Tessa fronça le nez, peu encline à se laisser attendrir. Désignant de nouveau le sac elle soupira d'un ton agacé.
- Alors ? C'est quoi ?
- Ben mes affaires…
- Tes affaires pour quoi ?
- Pour Poudlard…
- Je croyais que tu n'avais fait qu'emprunter son programme à Remus et que tu voulais te servir des livres présents à la bibliothèque puisque Albus a choisi des livres assez exhaustifs pour les élèves. En plus tu disais que tu voulais improviser tes cours au maximum.
- Ouais ouais, c'est pas mes affaires de cours, ils sont dans la sacoche que tu m'as acheté. Ce sont des affaires perso.
- Perso ? Mais tu rentres tous les soirs…
- Ah non, je rentre pas demain soir…
- Et tu as besoin d'un sac de cette taille pour une seule nuit ?
- J'aime mon confort… marmonna Sirius d'un ton embarrassé en réponse à celui incrédule de son épouse.
Celle-ci le dévisagea en secouant la tête d'un air moqueur et Sirius croisa les bras, vexé.
- Tu comptes être de mauvaise humeur longtemps ? Siffla-t-il, désireux de changer de sujet.
- Je ne suis pas de mauvaise humeur.
- Hier soir tu as hurlé sur Draco en lui disant d'arrêter ce bruit infernal qui t'empêchait de lire.
- Pour une fois que je l'engueule, tu prends sa défense ?
- Non, mais bon, il avait juste éternué…
Tessa ouvrit la bouche pour riposter, mais, à court d'argument valable, la referma aussitôt avant de quitter le salon.
- Je vais aider les garçons à finir leurs malles, sinon tu vas passer les quinze jours suivants la rentrée à servir de hibou pour leur apporter ce qu'ils auront oublié…
Il la regarda monter rapidement au premier étage, un sourire en coin. Il savait pertinemment ce qui arrivait à la jeune femme. Durant cet été, elle s'était habituée à la présence constante des adolescents et la perspective de la séparation, que connaissaient tous les autres parents, lui serrait le cœur. Sans doute aurait-il réagi de la même façon s'il avait dû se séparer lui aussi de Harry. Il adressa un remerciement muet à Merlin d'avoir permis qu'il soit embauché à Poudlard et qu'il puisse rester proche de son filleul sans pour autant se séparer de son épouse.
Pendant qu'il se faisait ces réflexions, Tessa frappait à la porte d'Harry et passa la tête par l'entrebâillement.
- Besoin d'aide ?
- Non, répondit l'adolescent en lui jetant un regard suspicieux, va plutôt aider Draco. Si j'oublie un truc, je suis sûr que Sirius ne verra aucun inconvénient à me les apporter. En revanche si Draco oublie quoi que ce soit…
La jeune femme hocha la tête. Harry avait raison. Sirius ne montrerait pas avec Draco la patience dont il pouvait faire preuve avec Harry. Elle longea le couloir jusqu'à la seconde chambre et frappa quelques coups.
- Entrez…
Elle ouvrit la porte et s'appuya dans l'encadrement. Draco lui fit un sourire rapide et, bien qu'il ne laisse rien paraître, elle se douta que ses réactions de ces derniers jours l'avaient inquiété.
- Ok, dit-elle avec un sourire penaud, j'ai été une vraie garce ces derniers temps. Je suis désolée.
- J'ai jamais guéri aussi vite d'un rhume, marmonna le jeune homme d'un ton sarcastique.
- Ça aura au moins servi à quelque chose, plaisanta-t-elle. C'est juste que j'ai du mal à me faire à l'idée de ne vous revoir qu'à Noel…
- C'est sûr que se faire engueuler ça nous donnera envie de revenir plus vite, se moqua-t-il.
Tess poussa un petit cri indigné et jeta un pull qui trainait au visage de l'adolescent.
- Au lieu de raconter des âneries, dis-moi si tu as besoin d'aide ?
- Non, j'ai fini. Il ne me restera qu'à mettre un uniforme propre dans mon sac de cours pour pouvoir me changer dans le train. Encore faudrait-il que je le retrouve…
- Le sac ? Il est en bas avec celui d'Harry. Donne-moi ton uniforme, je vais l'y mettre et demain je n'aurais qu'à rajouter votre déjeuner à l'intérieur avant le départ. Si tu as fini de faire ta malle, je vais dire à Kreattur de la descendre dans le hall. Tu n'as rien oublié ?
- Non. Rien qui ne puisse attendre Noël en tout cas.
- Très bien. Et ça, dit-elle en voyant les quelques livres sur les dragons qu'elle avait offert à l'adolescent, tu ne les prends pas ?
- Non. Je préfère les laisser ici. Je n'aurai pas le temps de lire pour le plaisir. Si je n'ai aucun problème en potion, en sortilège ou en métamorphose, je ne suis pas sûr que les cours de défense seront aussi facile pour moi qu'à l'accoutumée, et Sirius m'a bien dit qu'il n'accepterait aucune note en dessous d'Effort Exceptionnel.
- Il est gonflé, marmonna Tess, songeant aux « exploits » scolaires de son époux, rapportés par Remus.
- Quoi ?
- Non, rien. Bon, tout est prêt alors, déclara-t-elle en saisissant l'uniforme que lui tendait le Serpentard. Je t'envoie Kreattur pour ta malle. Dîner dans trente minutes !
Elle sortit de la pièce et, en passant devant la chambre d'Harry, lui cria qu'il lui restait trente minutes pour finir sa malle avant de passer à table.
- C'est bon j'ai fini, répliqua l'adolescent en ouvrant la porte, un uniforme propre dans les mains.
- A mettre dans ton sac ? Demanda-t-elle.
Devant son hochement affirmatif, elle se saisit des vêtements et lui ordonna d'attendre dans sa chambre que Kreattur vienne prendre sa malle pour la descendre avec celle de Draco.
Arrivée dans la cuisine, elle rangea l'uniforme d'Harry dans un sac en papier épais et glissa ce dernier dans le sac de l'adolescent avant de faire de même avec les affaires de Draco.
Sirius la rejoignit à ce moment et sans qu'elle ait besoin d'insister trop lourdement, il accepta de l'aider à préparer le diner. Elle n'était pas la seule à rechigner à la séparation, se dit-elle avec un sourire. Allons, se morigéna-t-elle, Sirius ne serait absent qu'une seule nuit. Et les journées passaient tellement vite. Même lorsque l'animagus était à la maison elle ne le voyait guère, plongée dans les entrailles de son studio, quand elle n'était pas carrément en rendez-vous extérieur.
Quarante minutes plus tard, ils étaient attablés en compagnie de Remus, que Tess avait invité. D'un commun accord, il ne fut pas question de travail ou d'école.
- Remus, tu sais que tu peux venir ici quand tu veux, hein ? Je sais que tu as des choses à faire avec tes nouvelles fonctions de directeur des agents de liaison, mais tu auras bien le temps de venir prendre le thé avec moi !
- Bien sûr Tess, j'en serai ravi.
- Attention tous les deux, je vous ai à l'œil…
- Dis celui qui a mis trois mois à se rendre compte que Sue Hamilton sortait avec Amos Diggory alors qu'elle lui jurait qu'elle ne regardait que lui… railla Remus, faisant se renfrogner son ami.
- C'est arrivée à une amie quand on est entrés à Weirdsister.
- Weirdsister ? Demanda Harry.
- Oui, le système éducatif au canada est légèrement différent. Disons pour simplifier que les filles et les garçons étudient séparément jusqu'à l'équivalent de votre quatrième année, d'abord dans les écoles primaires où on apprend aussi bien à lire et à écrire que l'histoire de la magie, puis à l'académie caquet pour les filles et à l'académie Mordred Granchester pour les garçons. Ensuite tous ceux qui ont obtenus des notes suffisantes entrent au collège Weirdsister, qui lui est mixte.
- Logique imparable, s'amusa Sirius, ils séparent des enfants mais réunissent des adolescents assaillis par les hormones.
- Et tu en connais un rayon question hormone…
Tout le monde éclata de rire, même Draco, contaminé par la gaité ambiante.
A 21h30, Tess sonna l'heure du coucher pour les garçons. Draco, habitué à obéir ne protesta pas et après avoir souhaité bonne nuit à tout le monde, monta aussitôt. Harry tenta de négocier mais le regard noir de Tessa décida Sirius à se montrer ferme. L'adolescent, qui n'avait protesté que pour la forme, ne put résister à faire un clin d'œil à la jeune femme en traitant son parrain de poule mouillé avant de s'enfuir à l'étage tandis que Sirius, faussement furieux, faisait mine de se lever, sous le ricanement de Remus.
Le lendemain matin, Tessa prépara un pique-nique pour chacun des voyageurs et les rangea dans leurs sacs respectifs.
Après avoir dû monter à plusieurs reprises au premier étage pour presser et houspiller Sirius et Harry qui trainaient dans leurs salles de bain, la jeune femme réussit à faire transplaner tout le monde dans un local désaffecté de King Cross. Sirius partit le premier, à la recherche de chariots à bagages, puis Tessa et les garçons sortirent discrètement à leur tour, trainant derrière eux les malles et la cage d'Hedwige, amenés par Kreattur.
Quelques minutes plus tard, munis des encombrants chariots dénichés par l'animagus, ils arrivaient enfin sur la voie 9 3/4.
Sirius enlaça son épouse comme s'il ne devait jamais la revoir, s'attirant les railleries d'Harry. Il grommela quelque chose d'inaudible dans le cou de la jeune femme qui éclata de rire.
- Voila ce que c'est de vouloir revivre sa jeunesse en prenant le Poudlard Express au lieu de transplaner directement aux grilles de l'école. Maintenant tu vas devoir subir les persiflages de ton cher filleul toute la journée !
Sirius afficha un air boudeur qui ne fit que redoubler l'hilarité de Tess et Harry et la jeune femme ordonna aux garçons de porter leurs malles dans le compartiment à bagages, nouveauté instaurée par Dumbledore cette année-là, à la demande des préfets qui ne supportaient plus l'encombrement des couloirs du train à chaque rentrée.
Abandonnant la cage d'Hedwige aux adultes, seul « bagage » à voyager avec les adolescents, ceux-ci obéirent immédiatement, laissant quelques instants d'intimité au couple.
- Donc je ne vais pas te manquer une seule seconde, grogna Sirius.
- Tu pars deux jours Sir', sourit la jeune femme.
- Oui deux jours… 48 heures. Dont 8 heures de nuit que tu passeras seule. 8 heures, 480 minutes, 28800 secondes, seule, dans une pièce vide, dans le silence…
L'animagus ne put retenir un rictus satisfait en voyant son épouse verdir légèrement au fur et à mesure de sa tirade.
- Tu finis à quelle heure demain ? Finit-elle par demander d'une petite voix.
- Je serais là vers 18h, répondit-il d'un ton triomphant.
- Je te hais, soupira la jeune femme avant de l'embrasser rapidement et de le repousser tandis que les garçons revenaient.
- Bon on va finir par le rater ce train, se moqua Harry en poussant son parrain sur le côté pour embrasser Tess à son tour. A bientôt !
- A bientôt, répondit la jeune auteur, travaille bien, ne profite pas d'être fils de prof pour faire des bêtises en pagaille hein ? Soit sage et ne te crois pas dispensé de me donner quelques nouvelles !
- C'est juré, promit-il avant de sauter dans le train où l'attendaient Ron et Hermione qui saluèrent Tessa avec force signes depuis la fenêtre de leur compartiment.
Sirius embrassa une dernière fois son épouse avant d'emboiter le pas à son filleul. La jeune femme se tourna vers Draco, qui n'avait plus prononcé une parole depuis qu'elle était montée le réveiller le matin même, et le serra dans ses bras.
- On se revoit très vite pour Noël, lui murmura-t-elle à l'oreille. Tout va très bien se passer, ajouta-t-elle devant le silence persistant de l'adolescent.
- Si tu le dis, soupira-t-il d'un air résigné mais peu convaincu.
- Je t'écrirai souvent, d'accord ? N'hésite pas à m'écrire si tu as besoin de quoi que ce soit. Et je dis bien quoi que ce soit. Plume, parchemin, friandises, bouquins, conseils, n'importe quoi. Tu peux m'envoyer ça par hibou si tu ne veux pas confier tes lettres à Sirius.
- D'accord.
Elle le serra dans ses bras, plus longuement qu'elle ne l'avait fait avec Harry.
- On se voit à Noël, ça va passer très vite, assura-t-elle. Tu vas me manquer.
- Tu vas me manquer aussi, murmura le jeune Serpentard si bas qu'elle faillit de pas l'entendre.
Il la repoussa doucement et se redressa, le regard dur. Le masque était de nouveau en place.
Le sifflement du départ retentit et elle le regarda monter dans le train, lui lançant de saluer Blaise de sa part, avant de rejoindre Molly et Arthur qui, à quelques pas de là, étaient venus accompagner leurs propres enfants.
Molly et elle agitèrent la main jusqu'à ce que le train ne soit plus qu'un point noir filant vers l'horizon. Puis, Tessa accepta volontiers de passer au terrier pour le déjeuner et ils se dirigèrent ensemble vers la sortie de King Cross. Le local désaffecté étant prit d'assaut par les parents rentrant chez eux, ils se dirigèrent vers le chaudron baveur, à quelques centaines de mètres de la gare, d'où ils pourraient regagner tranquillement le terrier.
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OoO
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Draco jeta machinalement un coup d'œil par la fenêtre après être monté dans le train. Il sursauta en voyant que Tess, si elle avait rejoint les parents de la belette, ne semblait pas pressée de s'en aller. L'apercevant à travers la vitre, elle lui fit un chaleureux sourire et agita la main dans sa direction. Il se retint de répondre au geste, se contentant de sourire brièvement avant de tenter de se frayer un passage au milieu des première-année agglutinés devant les vitres pour voir leurs parents. Sa mère ne l'avait jamais accompagné, laissant ce soin à Lucius qui, dès qu'il s'était assuré que son héritier était bien dans le Poudlard Express, tournait précipitamment les talons, ne supportant pas de côtoyer le bas peuple plus longtemps que strictement nécessaire.
Alors que l'adolescent passait devant un compartiment à la porte entrouverte, dans l'intention de se rendre vers le dernier wagon du train où il savait qu'il retrouverait ses camarades de Serpentard, une voix sèche l'interpella.
- Où vas-tu comme ça ?
Il se tourna, se retrouvant nez à nez avec Sirius, appuyé contre la porte coulissante du compartiment qu'il venait de dépasser.
- Je vais m'installer dans un compartiment, répondit-il d'une voix neutre, conscient de ne plus avoir la protection de Tessa dans l'immédiat.
- Pressé d'aller retrouver la confrérie des mangemorts en herbe ? Siffla Sirius un ton plus bas.
Draco jugea plus prudent de ne pas répondre. Même si les Zabini n'avaient jamais été de ce bord-là, les convictions des parents de Pansy Parkinson, Daphnée Greengrass, Théodore Nott et bien sûr de ses incontournables bras-droit Crabbe et Goyle, étaient connus de tous et toutes.
- Je t'ai déjà dis que je ne voulais pas te voir trainer avec cette engeance, insista l'animagus, que faut-il que je fasse pour que tu m'obéisses ?
- Je suis dans la même maison qu'eux, protesta Draco d'un ton polaire qu'il ne put maitriser, je vais, de fait, être tenu de les fréquenter.
Sirius plissa les paupières.
- Tu te fous de moi ?
Quelques élèves trainaient encore dans les couloirs et Draco maudit intérieurement Sirius d'attirer l'attention sur lui mais il réalisa que personne ne leur prêtait attention, son tuteur n'ayant pas élevé la voix, ne voulant certainement pas se faire remarquer lui-même.
- Rentre dans ce compartiment tout de suite, ordonna l'animagus en se décalant sur le côté.
Draco hésita. Passer la journée dans un compartiment de train, coincé entre la belette et Sirius ne lui disait rien qui vaille. Il nota, vaguement amusé, que la présence d'Hermione, qui l'aurait rebuté quelques mois plus tôt, était celle qui le dérangeait le moins aujourd'hui. Tout comme celle d'Harry qui n'avait jamais cherché à l'ennuyer ou à profiter de sa position d'héritier de la couronne comme il l'avait craint…et comme il l'aurait certainement fait à sa place.
Sirius fit un pas en avant et Draco sursauta, réalisant que tout à ses réflexions, il n'avait pas obéi à son cousin, lequel considérait visiblement qu'il s'agissait d'une rébellion de sa part.
Avant que Sirius ne l'atteigne, Harry se glissa à son tour hors du compartiment.
- Qu'est-ce que tu fous, Sirius ? On t'attend pour jouer aux cartes !
Sirius se tourna vers Harry, qui lui regardait Draco d'un air interrogatif.
- T'as pas trouvé tes potes ?
- Draco va rester avec nous, répondit Sirius d'un ton sans réplique.
- Pourquoi ? Demanda Harry que l'air furieux de son parrain n'impressionnait pas le moins du monde.
- Comment ça pourquoi, s'indigna Sirius.
- Ben faut être logique… Draco est à Serpentard, donc ses amis y sont forcément. On retourne à Poudlard donc il va être avec eux tout le temps, en cours, en étude, à table, le soir… Qu'est-ce que ça peut faire qu'il les retrouve maintenant ou dans six heures ?
L'animagus fronça les sourcils sans répondre.
- En plus, insista Harry, on va être serré comme des cornichons si Draco vient avec nous. Déjà que tu prends beaucoup de place toi !
Un éclair d'amusement traversa le regard de l'ancien maraudeur qui rugit qu'Harry allait lui payer cet affront. L'adolescent s'écarta pour laisser passer son parrain en effectuant une courbette exagéré. Sirius fit signe à Draco de déguerpir avant de s'engouffrer dans le compartiment. Les deux adolescents se regardèrent et Draco hocha la tête en signe de remerciement. Harry lui répondit d'un sourire maladroit avant d'entrer à son tour dans la cabine dont il ferma la porte.
Le Serpentard secoua la tête, plus ébranlé par la scène qu'il ne voulait bien l'admettre. Le train n'avait même pas encore quitté les abords de Londres qu'il avait déjà des ennuis avec son cousin. Secouant la tête, il reprit sa recherche. Il ne lui fallut que quelques minutes pour trouver le bon compartiment. Sans surprise, ses amis s'étaient installés dans le dernier wagon, juste avant celui contenant les bagages. Il frappa un coup sec à la porte et celle-ci s'ouvrit sur un Goyle à la mine patibulaire dont le visage s'adoucit en le découvrant dans le couloir.
- Ah Draco, on commençait à s'inquiéter !
Il entra sans répondre, se laissant tomber sur la baquette avec un soupir soulagé.
- On a cru que tu avais raté le train, lui sourit Pansy.
- Non non, je suis là depuis un moment mais j'ai eu quelques difficultés à me frayer un passage jusqu'ici.
Blaise haussa un sourcil interrogateur mais ne dit rien, ce dont il lui fut reconnaissant. Il jeta un coup d'œil autour de lui. Crabbe et Goyle, assis de part et d'autre de la porte, s'empiffraient déjà de chocogrenouilles et de patacitrouilles. A l'opposé, près des fenêtres, Daphnée, la délicate blonde, leur jetait de réguliers coups d'œil écœurés mais se gardait bien de la moindre réflexion. A côté d'elle se tenait une jeune fille brune que l'adolescent avait déjà vue à plusieurs reprises sans pour autant lui avoir été présenté. Il ne lui semblait pas qu'elle fut à Serpentard. Theodore, Blaise et Pansy étaient assis au milieu et jouaient aux cartes.
Voyant son regard sur l'inconnue, Daphnée lui sourit.
- Draco, je ne crois pas que tu connaisses ma sœur, Astoria. Elle est en quatrième année.
- Enchanté Astoria, lui sourit Draco. Tu n'es pas à Serpentard je crois ?
- Non, répondit timidement la jeune fille, je suis à Serdaigle.
- C'est aussi une bonne maison, lui assura Daphnée, défiant du regard quiconque de dire le contraire.
La jeune fille hocha la tête avec un petit sourire timide à sa sœur. Celle-ci sortit un bouquin de son sac et le lui tendit. Astoria eut un sourire plus franc en s'emparant de l'ouvrage dans lequel elle se plongea aussitôt.
Après quelques minutes, la partie de cartes s'acheva et Pansy se tourna vers Draco d'un air résolu.
- Alors ?
- Alors quoi ? Grimaça l'adolescent qui connaissait l'obstination de son amie.
- Alors qu'est-ce qu'il se passe ? Tu es arrivé pâle comme si tu avais croisé le sinistros, bien après le départ du train, ce qui n'est pas dans tes habitudes. Et tu ne m'as pas écris de toutes les vacances, ce qui est définitivement bizarre.
- Il n'a écris à personne, renchérit Theo, j'ai vu chacun de vous au moins une fois pendant l'été et personne n'avait de nouvelles de lui.
- Ne parle pas de moi comme si je n'étais pas là Théodore !
- D'accord. J'ai vu chacun de nous au moins une fois pendant l'été et personne n'avait de nouvelle de toi, répéta Théo, imperturbable.
Draco soupira, quêtant le soutient de Blaise du regard. Mais le métis se contenta de hausser les épaules, l'air de dire qu'il lui faudrait bien tout raconter un jour.
- Très bien. Vous savez tous pour mes parents, n'est-ce pas ?
Ses camarades hochèrent la tête en chœur. C'était ça la discrétion Serpentarde. Tout le monde savait, mais personne ne disait rien tant que le principal intéressé n'abordait pas lui-même un sujet aussi grave.
- Bon ben le ministère m'a envoyé vivre chez Sirius Black, le cousin de ma mère.
- Attend, l'interrompit Pansy, incrédule, Black, le tuteur de Potter ? Il a accepté de te prendre alors qu'il connaît ton point de vue sur les moldus ?
Draco hocha la tête sans s'étendre sur ses convictions vacillantes.
- Et donc tu vis avec Potter, renchéris Théo, putain ça doit être un enfer.
- C'est pas franchement Potter le problème, soupira Draco avant de se lancer dans le récit détaillé de ses vacances.
Quand il eut terminé, le silence retomba dans le compartiment. Astoria avait refermé son livre et même Goyle et Crabbe avait cessé de manger leurs friandises.
Au bout d'un moment, Blaise se racla la gorge.
- Tu sais, commença-t-il prudemment Blaise, maintenant que vous-savez-qui est mort il n'est plus trop question de sang-pur, de moldu ou de sorcier… tout le monde va faire profil bas. Personne ne va nous obliger à épouser des moldus ou des nés moldus mais pour le reste…
- Et puis personnellement, je me fiche complètement qu'ils viennent à Poudlard ou pas, renchérit Daphnée, ce n'est pas comme si on leur donnait la priorité sur les sang-pur. Moi ils ne me dérangent pas plus que ça.
- Voilà, continua Blaise tandis que les autres Serpentards hochaient la tête, visiblement d'accord avec Daphnée. Donc Black va bien voir qu'on n'est pas vraiment hostiles aux enfants de moldus, surtout maintenant que nos parents n'ont plus la menace du seigneur des ténèbres ou de ses bras droit qui pèsent sur leur tête. Ça ne peut que le calmer à notre égard et donc par répercussion au tien.
Draco eut une moue sceptique. Sirius, quoi qu'il en dise, était bourré de préjugés et il ne serait pas évident de lui faire entendre raison.
- Peut-être que Black serait plus disposé à te comprendre si tu lui parlais, murmura Pansy.
- Que veux-tu dire, siffla Draco en lui jetant un regard noir.
- Elle veut dire que tu devrais lui parler de ton père, dit Blaise d'une voix ferme. Ça pourrait arranger pas mal de choses entre vous, non ?
Draco secoua la tête.
- Pourquoi, insista Blaise, qu'est-ce que tu aurais à perdre ?
L'adolescent soupira, il ne savait pas comment expliquer à ses amis pourquoi il ne pouvait rien dire à Sirius. C'était confus.
- Parce que Black pourrait ne pas le croire et le traiter de menteur, intervint Astoria d'une voix douce. Ou pire, il pourrait le croire, et s'en ficher complètement. Et ça serait bien plus dur à vivre que la situation actuelle.
Draco releva la tête pour croiser le regard noisette de l'adolescente et lui adressa un sourire soulagé. Oui c'était ça. C'était exactement ça.
Dehors la pluie avait commencé à tomber. Bercé par le roulis du train il finit par s'endormir. Pansy ne le réveilla que lorsque le train commença à ralentir.
Il sortit du compartiment et monta dans une calèche dont il voyait à présent les sombrals. Quelques minutes plus tard, le bâtiment apparut, imposant, après le dernier virage. Draco le regarda et constata qu'il ne ressentait pas cette joie, ce soulagement qu'il avait toujours éprouvé à l'idée de retrouver le château. Il ne ressentait que de la tension et de l'appréhension envers l'année qui se profilait. Il regarda ses amis qui ne pouvaient retenir leurs sourires satisfaits à l'idée d'être de retour. Quant à lui, il devait se rendre à l'évidence : Poudlard était différent. Il avait perdu sa magie.
