Auteur : Nami-chan.

Couples :DateSana, MotoMoto, KoSasu, IeMitsu, bref révéler tout les couples maintenant serait...

Disclaimers : Je crois qu'on aimerai tous posséder les droit sur Sengoku Basara, mais ce n'est pas mon cas

Dragon Tales Livre Deux

Partie 10

Quand Ieyasu s'était décidé à faire face à Hideyoshi, il avait préparé son mental à faire face à toutes les conséquences de cette décision. Cependant, maintenant qu'il se trouvait devant le géant, les yeux de leurs hommes tournés vers eux, attendant, prendre la parole et exprimer son ressentit s'avéra plus compliqué que prévu.

La vie de ses hommes était en jeu...ils prenaient de gros risques à se rebeller ici et maintenant

Il avait toujours respecté Hideyoshi jusqu'à maintenant, cela n'avait pas changé en un jour. C'était la cause de nombreux événements, le besoin d'affirmer ses convictions de protéger les liens qu'il avait conçus avec le temps. L'un de ses liens était relié à Hideyoshi et il se devait de l'altérer dans l'espoir de protéger ceux actuels et ceux à venir.

Hideyoshi le regardait, son regard aussi dur et inexpressif qu'a son habitude, il ne fit pas le moindre geste pour s'avancer le premier. Un homme d'âge mûr qu'Ieyasu n'avait jamais vu auparavant l'accompagnait. Un homme étrange vêtu de noir et de blanc, qui restait un peut en retrait, observant la scène qui se jouait entre le jeune général et son seigneur. Ce n'était pas son sourire qui gênait Ieyasu mais plutôt le fait que cet homme n'avait aucune odeur, aucune aura perceptible.

Il ne s'était pas rendu compte qu'il fixait l'homme depuis un certain temps quand Hideyoshi finit par s'impatienter et prendre la parole.

"Ieyasu, me ramènes-tu la victoire ?" dit-il simplement.

Le jeune général retourna son attention sur le géant, oubliant jusqu'à la présence de l'autre homme. Sa détermination fut renouvelée, serrant les poings, il afficha une expression renfrognée, sévère sur son visage habituellement souriant.

"La victoire et mienne, pourtant je ne suis pas en paix."

En entendant ses mots, Hideyoshi continua de le regarder d'un air vide et sans émotions. Il ne regardait pas le jeune homme, ses yeux regardant derrière lui, vers Kai. Il émit un grognement satisfait. Sans autre forme de procès, le géant tenta de passer, ignorant Ieyasu.

Choqué par cette attitude, venant de son seigneur, Ieyasu tarda à se repositionner, repassant devant Hideyoshi, il écarta les bras pour l'empêcher de progresser. L'empêcher d'aller troubler davantage son mentor.

"Le tigre de Kai est tombé, il n'est nulle raison de conduire plus de troupes. Je m'occuperais du traité de reddition en temps voulu." commença Ieyasu. "Vous ne conduirez jamais le pays à la paix en agissant ainsi." il s'était enfin exprimé clairement, haut et fort.

Cette fois Hideyoshi l'écouta, baissant la tête vers le plus jeune. "Je savais que ce moment viendrais. Tu veux régner à ma place, n'est-ce pas ? Tu ne peux pas attendre-"

"Non, c'est là que vous vous trompez." Hideyoshi se tendit encore plus quand Ieyasu lui fit l'affront de l'interrompre. "Pour moi la véritable force se trouve dans les liens entre les hommes, ses liens apporteront une paix durable qui succédera à leur descendance j'en suis persuadé. Vous ne voyez pas cela, vos actions, vos ambitions, elles plongerons le pays dans une guerre sans fin, jamais cette ère ne connaîtra la paix si je vous laisse continuer ainsi."

Ieyasu avait mis tellement d'émotions, tellement de conviction que les hommes de Toyotomi, encore à porter de voix, reculèrent. Un murmure passa entre eux et il comprit qu'il avait au moins atteint leur cœurs.

"Écarte-toi, Ieyasu, je n'ai pas de temps à perdre. "

Quelque chose passa dans le regard teinté de carmin d'Hideyoshi, un éclat rouge qui n'échappa pas à Ieyasu. Il ne s'étonna que brièvement de cette constatation, trop préoccupé par l'entêtement d'Hideyoshi à refuser de l'écouter. Ieyasu ne connaissait que trop bien ce qu'il devrait faire pour l'arrêter s'il s'obstinait. Faisant bloc, le jeune général refusa de bouger, il tenta une fois de plus de faire entendre raison à Hideyoshi.

"Écoutez-moi seigneur Hideyoshi." Insista Ieyasu décider à terminer son discours. "Je ne vous reconnais plus. J'ignore ou est passé le seigneur Hideyoshi qui m'a inspiré autrefois en ordonnant que toutes les armes soient saisies dans les campagnes et réservées aux soldats, cette compassion dans vos yeux... Je n'y vois plus que l'horizon."

"Tout simplement parce que ce n'est plus Hideyoshi que tu as devant toi. J'aurai cru que tu aurais su le voir, toi un Omnyoji." la voix qui le coupa sembla comme venue de nulle part.

Ieyasu avait complètement oublié l'homme au manteau noir et blanc. Alors quand il s'avança entre lui est Hideyoshi, prononçant ces mots, le jeune général n'en saisie pas tout de suite l'amplitude.

"Hisahide !" protesta Hideyoshi, tournant sa colère vers l'homme.

Hisahide secoua la tête en signe de désapprobation, les mains jointent dans son dos il s'approcha lentmeent d'Ieyasu, "Quelle importance qu'il sache, vous devez le tuer de toute façon. Un exorciste gênera vos plans tôt ou tard."

Hideyoshi hocha la tête, visiblement en accord avec ce que venait de dire l'homme étrange. Il se contenta d'observer avec stoïcisme quand celui-ci se pencha à l'oreille d'Ieyasu lui murmurant la vérité sur ce qu'il était advenu d'Hideyoshi.

Hideyoshi vit d'abord la suspicion sur le visage d'Ieyasu, puis ses yeux s'illuminèrent quand il réalisa que ce qu'il venait d'entendre était l'entière vérité...que pendant tout ce temps il avait été trompé. Quelque part, cela avait quelque chose de délectable. Cependant, Hideyoshi, ou ce qui habitait son enveloppe n'en oublia pas les priorité, ne tardant pas à se mettre en garde, prêt à tuer ce petit avorton qui se mettait entre lui et son destin.

"Comment-n'ai-je pas pu m'en rendre compte plus tôt." affirma Ieyasu, se préparant lui aussi au combat. Il secoua la tête devant sa propre incompétence. "Il es de mon devoir de te renvoyé là d'où tu viens, démon." il n'était heureusement pas encore trop tard pour l'arrête...même s'il était trop tard pour Hideyoshi.

L'armure noire d'Hideyoshi recouvrait entièrement son corps, protégeant jusqu'à son cou, et la veste sans manches, de couleur rouge qu'il portait ne laissait pas non plus beaucoup d'ouverture. Ses grandes épaulettes cachaient les bras qui se terminaient par deux grand gantelets. Pourtant Ieyasu savait que s'il y avait prêté plus attention, il aurait pu le voir. Même alors qu'il avait oublié la pratique des arts obscure, il aurait vu que chaque centimètre de peau de cet homme, excepté son visage, était sans doute recouvert de cette marque noire. La marque du fléau. La marque d'Orochi.

Hideyoshi se mit à rire, un rire sinistre et sans aucune vie. "Et dire que cet homme voulait faire de toi son successeur. Toi un petit exorciste affaiblit. Tu n'as aucune chance contre nous."

Sans plus attendre Hideyoshi porta le premier coup, son poing aspirant l'air autour de lui pour former une sorte de tourbillon sur le point d'écraser Ieyasu.

Plus que jamais, la détermination du jeune général à stopper le géant était inébranlable. Il n'était plus question de lui faire entendre raison. Cela avait été une bataille perdue d'avance et quelque part Ieyasu s'en était douté. Cela aurait dû être clair au moment même ou cette idée lui avait traversé l'esprit.

"Je vous terrasserais !" répondit- il. Sautant en arrière pour éviter l'attaque.

Les coups d'Hideyoshi étaient puissants, risquant de broyer Ieyasu au moindre impact. Le jeune homme devait reste en alerte . Il se battait également avec ses poings, lacéré des cicatrices faites au combat et à l'entraînement.

Les gantelet d'or qu'il portait touchait le plus souvent le vide, car bien que la carrure imposante d'Hideyoshi soit difficile à manquer, il n'arrivait pas à l'approcher. Prendre trop de risque et c'était fini.

Les deux hommes se rendaient coup pour coup, l'un plus fort mais l'autre plus rapide, sautant esquivant, se frayant un chemin. Ieyasu parvint enfin à trouver une ouverture, utilisant sa taille plus compact. L'impact de son poing percutant l'estomac du géant fit reculé Hideyoshi. La douleur fut enfin visible sur le visage du plus grand. Ieyasu prit une seconde pour souffler et essuyer la sueur qui s'accumulait dans son sourcil.

Il savait que maintenant était sa chance, s'il laissait le temps à Hideyoshi de se reprendre, il n'en aurait pas d'autre. Alors il frappa, son poing fermé s'abattant sur le torse de l'autre. Puis il frappa encore, encore, encore. Il n'entendait plus que le bruit de ses coups qui raisonnaient jusque dans sa propre chair, ses muscles se tendant à leur limite sous l'effort. Ses yeux ne voyaient plus que la forme devant lui qu'il devait cogner, frapper vite et juste, mettre à terre.

Jusqu'à ce que tout s'arrête net, son bras stoppé en plein élan quand une gigantesque main se referma autour. Les yeux d'or d'Ieyasu rencontrèrent les yeux vides d'Hideyoshi pendant un court instant, le temps que le jeune enregistre qu'il avait échoué, qu'il avait perdu sa chance.

"Petit insolant." dit Hideyoshi.

Son avant-bras finit par céder sous la pression le craquement de ses os se brisant couvert par le cri de douleur qu'il laissa échapper. Mais ce n'était rien, Ieyasu utilisa son pied pour surprendre Hideyoshi, il le frappa à l'arrière du genou ce qui le déséquilibra, lui permettant de se dégager au dernier moment, libérant son bras de la prise du géant.

Ieyasu laissa son bras inutile pendre à ses côtés tandis qu'il se remit en position défensive face à Hideyoshi mis en colère par sa résistance. Le géant ignorait que Ieyasu était prêt à tout mettre en œuvre si cela signifiait survivre. Il ne pouvait pas se permettre de mourir et de laisser un démon d'Orochi libre sur cette terre qui lui était chère. Il ne le laisserait pas vaincre. Il anéantirait ce démon même s'il ne lui restait plus ni bras ni jambe pour le faire.

Hideyoshi sembla reculer face au regard de feu que lui lança le jeune homme, une main se portant sur les morceaux craquelés de son armure, il laissa les miettes tombées.

"Je vais te réduire en miettes, comme cette armure." menaça Hideyoshi.

"Alors ce coup sera votre dernier." lança Ieyasu en retour.

Les deux hommes ne perdirent pas d'autres secondes en paroles. Chacun utilisant sa gorge pour relâcher un cri de guerre quand ils s'élancèrent l'un sur l'autre. Avant même qu'ils ne se rencontre face à face, l'impact de leur force fit chassa l'air autour d'eux projetant un épais nuage de poussière qui les dissimula aux yeux de tous.

L'atmosphère se figea, le silence régna puisque plus un atome ne pouvait porter de son. Ce fut comme une implosion. Le nuage de fumée fut aspiré vers l'intérieur avant d'être violemment repoussé dans toutes les directions, comme une violente rafale qui mit tout le monde à terre.

Le dos d'Ieyasu percuta le sol qui se fissura sous son poids. Sonné, il se releva chancelant, regardant à plusieurs mettre de lui la forme étendue d'Hideyoshi. Il semblait respirer mais c'était difficile à dire.

Ieyasu il savait très bien que son poing n'avait jamais atteint Hideyoshi. Ieyasu avait entendu un soupir, puis une sorte de claquement de doigts, et là tout avait explosé.

Il se précipita au chevet d'Hideyoshi. Bien qu'il ait voulu sa mort, Ieyasu craignait que l'homme ait rendu son dernier souffle. Cet homme avait été son mentor et le voir partir ainsi le lui allait pas, Ieyasu espérait qu'il y ait encore quelque chose à faire...Hideyoshi avait pris le plus gros de l'exposions.

Hisahide le devança, arrivant avant lui. Il tenait une sorte de perle noire et brillante dans sa main. Un grand sourire sur les lèvres, il jouait avec l'objet entre ses doigts.

"Tu étais ennuyeux en fait. Trop prévisible." Ieyasu l'entendit clairement parler à Hideyoshi. "Le petit Omnyoji promet plus d'amusements, alors que lui donne cette chance." dit-il.

Il termina a phrase en tenant la perle au-dessus du corps d'Hideyoshi qui se mit à convulser. Son corps se tordant sous la douleur, il cria. Des crépitements sortirent de la perle et des sortes d'éclairs bleutés vinrent se répandre à l'intérieur même d'Hideyoshi qui hurla encore plus fort. Puis soudainement la main d'Hisahide se referma sur la perle, le corps d'Hideyoshi retombant lourdement.

"Ne craint rien pour Orochi, petit Omnyoji, je viens de le détruite. Hum, mais il en a d'autres, enfin tu dois le savoir. Je veux voir si tu sauras m'arrêter." Hisahide s'adressa à un Ieyasu abasourdi, le faisant sortir de sa torpeur.

Une nouvelle fois jeune homme ne parvint pas réellement à voir n'y a entendre ce que venait de lui dire l'homme d'un air satisfait. Au lieu de cela il tomba à genoux, sa main s'avançant pour toucher celle d'Hideyoshi. Deux yeux ayant retrouvé leur lumière fixaient maintenant le ciel.

"Seigneur Hideyoshi?" tenta Ieyasu.

Un lourd soupir souleva le torse meurtri du géant. "Hanbei...qu'ai-je fait." tendant une main vers les nuages, il sembla vouloir attraper un oiseau qui passait au dessus d'eux. "Ah...je ne mérite pas ton pardon. Où m'emmènes-tu maintenant ?"

Sa voix s'estompa dans un murmure au moment où ses yeux se fermèrent. Ieyasu se releva lentement, son regard ne quittant pas le corps sans vie du géant. Ses yeux descendirent finalement sur sa main valide, il fléchit le poing.

Ieyasu ne pouvait plus reculer maintenant. Qu'allait-il advenir du pays sans Hideyoshi ? Il n'y avait plus que lui, ses mains taché de sang, qui pourrait trouver la réponse.

"Je dois utiliser ses mains pour protéger les liens..." murmura-t-il.

"IIIIIIEEEEEEYAAAAASSSUUUU !"

Un hurlement déchira le silence, raisonnant comme le tonnerre qui poussa Ieyasu à se retourner.

Quelque chose en lui sembla se brisé au moment ou il vit Mitsunari.

L'expression habituellement froide et distante de son ami et amant était maintenant tordue par la rage et toutes sortes d'émotions conflictuelles luttant pour dominer le cœur de l'argenté. Ses yeux olive rivés sur lui, Ieyasu ne pus alors que ressentir ses pulsions destructrices maintenant tournées vers lui.

"Qu'est-ce que tu as fait !" hurla de nouveau l'argenté.

La source du problème était là, justement. Ieyasu n'avait rien fait. Il n'avait pas remarqué d'Hideyoshi avait été possédé. Il n'avait pas remarqué les changements dans son comportement. Pire encore, aucun moment il n'avait anticipé ce que ce qu'il venait de faire pouvait représenter pour l'homme qu'il aimait.

"Tu l'as tué ? !" Questionna Mitsunari, refusant de croire ce que ses yeux lui montrait.

Frappé de plein fouet par la culpabilité, Ieyasu baissa la tête. Il était prêt, prêt à supporter toute la responsabilité.

"Je devais le faire, Mitsunari."

Mitsunari recula d'un pas, son corps tremblant sous la colère, l'incrédulité, la trahison qui prédominaient maintenant. Il saisit son épée et dans un cri de rage se jeta sur Ieyasu.

Refusant de rencontrer son regard, Ieyasu se contenta de sauter en l'air, ses pieds rencontrèrent la surface métallique du dos de Tadakatsu qui l'emmena hors de portée du sabre de Mitsunari.

"Je ne peux pas te laisser me tuer maintenant." dit-il avant de laisser son vassal l'emmener au loin par la voie des airs.

"IIIIIIEEEEEEYASSSU ! Ne t'enfuis pas sale lâche !"

Mais Ieyasu était déjà loin. Ne restait devant lui que le corps sans vie et défait d'Hideyoshi. Comme Ieyasu l'avait fait avant lui, il s'agenouilla au côté du géant, il tenta de pendre la main dans la sienne. Sa main sembla bien petite dans celle de son seigneur. Mitsunari la contempla pendant un moment, le chagrin et le remords de ne pas avoir été assez rapide, anéantissant son corps.

Jusqu'à l'instant où il trouva enfin la force en lui de se tourner vers le ciel.

"Je te détruirais Ieyasu ! Tu m'entends ! Je te tuerai ! IIIIIIEEEEEEYYYYASSSSU ! IEYASU ! IEYASUUUUUU ! " à bout de souffle il retomba.

Le souffle coupé, le cœur serré, vidé de toutes ses force, anéantis, les mots pour décrire l'état d'esprit actuel du général argenté était nombreux pourtant, il n'avait qu'une seule chose à la bouche, qu'un seul mot qu'il permettait à ses lèvres de prononcé, le venin s'insinuant dans ses paroles.

Mitsunari murmura encore et encore le nom de celui qui récoltait toute sa haine, son visage se posa sur l'épaule encore chaude d'Hideyoshi. Et pour la première fois depuis aussi longtemps que remontait sa mémoire, des larmes descendirent le long de ses joues.

"Je te hais, Ieyasu...je te tuerai." souffla-t-il. "Hideyoshi-sama...Hanbei-sama...je le tuerai."

Oooooooooooooooooooooo

Keiji s'était rapidement fait bruits des marteaux et des scies des hommes qui s'affairaient à réparer le bateau. Cela ne le dérangea pas outre mesure, hormis le fait qu'il mourrait d'envie d'aider et qu'on lui avait refusé.

Au lieu de cela, les pirates lui avaient confié la tâche de veiller sur leurs capitaine. Motochika n'avait pas repris connaissance depuis l'attaque de Saika. Les hommes avaient rapidement trouvé un port sûr pour réparer les avaries, rassurant le vagabond de Maeda. Enfin il ne pourrait être tranquille que quand son ami aura enfin ouvert un œil.

Cependant, il le veillait maintenant depuis plusieurs heures sans la moindre pause, il avait besoin d'un peu d'air. Normalement, il ne se serait pas permis d'abandonner son ami, mais avoir vu l'oni se tordre de douleur dans un sommeil sans repos avant de finalement se calmer et de sembler dormir paisiblement l'avait épuisé moralement.

Keiji ne se sentait pas bien. S'était lui qui devrait annoncer à Motochika qu'ils n'avaient pas retrouvé Motonari. Ce préparer mentalement n'était pas une mince affaire.

Retrouvant enfin le soleil sur le pont, il respira un grand coup, Yumekichi lui grimpa sur la tête et l'imita quand il s'étira. Une soudaine pointe au cœur poussa une grimace sur le visage du jeune vagabond. Instinctivement, il tourna son regard au nord, loin derrière les montagnes. Sa main se porta sur le charme qu'il portait en pendentif autour du cou. Il caressa la petite pochette en soie violette du bout des doigts, traçant le symbole du clan Maeda représenté dessous.

"Que fait tu maintenant Hideyoshi ? " demanda-t-il. Puis il caressa la tête de son petit compagnon. "Pourvu que Motochika se réveille vite. J'ai un très mauvais présentement Yumekichi."

Le singe émit un petit couinement triste, approuvant son ami.

Ooooooooooooooooooo

Le dragon borgne observa ses membres engourdi, satisfait de ne pas y trouver la moindre trace de blessures. Il avait rapidement compris qu'il était revenu ici en constatant qu'il avait pleinement accès à toutes ses facultés.

C'était sans doute parce qu'il avait tellement voulu voir Yukimura à cet instant, il avait tant désiré pouvoir lui dire, pouvoir lui parler. Même si au fond de lui il détestait l'éventualité que ce moment puisse être le dernier.

Masamune devait se hâter, il était dans les mondes des rêves mais il lui était impossible de dire combien de temps lui était accordé, il devait faire vite.

Ses pensées fixées sur le seul objectif de trouver l'objet de ses désir, ses pas le conduisirent rapidement devant un pavillon. Une maison qu'il reconnut non sans mal comme étant la maison d'enfance de Yukimura.

Là où quand ils étaient des enfants, la maison avait été chaleureuse, accueillante, fleuri, emplis de parfum de bonne nourriture ou de linge séchant au soleil, il n'y avait plus qu'un pavillon terne, sans vie, toutes portes closes.

Peu importe, le dragon bleu n'avait pas le temps de revenir sur ce fait. Il posa un pied sur l'engawa vermoulu, faisant appel à sa mémoire pour retrouver la porte coulissante qui donnerait sur la chambre de Yukimura. La porte s'ouvrit en grinçant quand il la tira, donnant sur une chambre vide, sans meubles, sans Yukimura. Alors Masamune tenta d'aller plus loin dans la maison, il fit glisser la porte qui aurait dû donner sur le couloir. Le dragon se retrouva dans la même pièce vide, les mêmes fresques peintes au mur, il se retourna pour constater que la chambre qu'il venait de traversée était encore derrière lui. Il ouvrit une autre porte, encore la même pièce...cela commençait à devenir agaçant. Il le fit s'avoit vocalement.

"C'est chiant." grommela-t-il.

Sentant que son inconscient ne tarderait pas à vaciller, Masamune décida d'obliger l'autre à venir à lui plutôt que de continuer ce stupide jeu de cache cache. "Yukimura ? You there ?"

"Masamune ?" entendit-il.

C'était immanquablement la voix de Yukimura. Masamune n'eut pas le temps de déterminer la provenance du son qu'une porte s'ouvrit brutalement. Yukimura lui saisit le bras et l'attira à lui, refermant la porte à la volée. La pièce dans laquelle l'avait attiré Yukimura était la seule qu'il avait vu différent. C'était la seule chose qu'il avait vue depuis qu'il était entré qui avait cette empreinte de nostalgie.

Le lit de Yukimura était étendu au centre et le jeu de cartes préféré de Yukimura était répandu sur les tatamis.

"Je suis heureux que tu sois venue." fit Yukimura, son visage reflétant son enchantement.

Masamune se frotta la nuque, sachant que le message que son inconscient voulait à ce point transmettre ne pouvait que troubler le jeune homme en face de lui. "J'ai eu du mal à te trouver." fini-t-il par dire.

Yukimura haussa les épaules. "Un type bizarre ne fait que me suivre ces derniers temps, alors j'ai dû prendre des précautions."

Un sourire sincèrement amusé se dessina sur la bouche de Masamune. "Tu devais faire un cauchemar. Such a kid." se moqua-t-il.

Le jeune tigre pris d'abord un air outré, puis croisant les bras sur sa poitrine, il affirma. "Mon côté guerrier est resté auprès de Oyakata-sama, alors je n'ai pas la moindre envie de me battre avec toi aujourd'hui, Masamune." dit-il d'un air fier de lui.

Masamune arqua sourcil dubitatif, avant de se rappeler ce que lui avait raconté le ninja une fois. Comment Yukimura, qui n'avait pas supporté la mort de ses parents, s'était enfermé dans une sorte de catatonie ou il refusait tout stimuli extérieur muet et se laissant guidé comme une poupée. Avec ce fait en tête, que son tigre puisse dissocier sa personnalité ne lui semblait plus si extravagant.

"Alors, c'est pour ça que tu es si enfantin." réflechit-il à voix haute.

"Masamune ?"

Le temps qu'il enregistre que Yukimura venait de s'adresser à lui, il ne put que constater que son visage était maintenant à quelques centimètres de lui. Le souffle chaud de Yukimura se rependait sur ses lèvres qu'il humidifia instinctivement.

"Ce n'est plus un cauchemar maintenant." murmura Yukimura, joignant enfin leur corps qui ne désiraient que de se rencontrer.

L'oeil de Masamune se ferma et il se laissa plonger dans les sensations familières et ô combien désirées. Sa main s'accrocha dans les longs cheveux de son amant qui déjà forçait le passage pour imposer sa dominance sur le baiser. Comme si Masamune allait le laissé faire.

Il pouvait tout sentir, tout était tellement réel. La peau du torse de Yukimura était une divine sensation sous ses mains. Le parfum boisé de Yukimura emplissait ses narines tandis qu'il attrapait les cheveux dans sa nuque, attirant encore plus l'autre contre lui. Son goût enivrant, le contact de ses doigts rendu calleux par l'utilisation de ses lances, des mains qui pouvaient le tué comme elles pouvaient l'enchanter, essayant maintenant d'éloigner d'eux tout ce qui pourrait être un obstacle au contact de leur peau.

La chaleur envahissait son corps, la flamme que lui insufflait Yukimura par les caresses de sa langue contre la sienne ne tarda pas à faire disparaître la froideur et la raideur qui avait envahi son corps après son combat contre Mitsunari. Très vite Masamune sentit une nouvelle raideur naître et ne retint pas une exclamation de plaisir étouffé quand Yukimura lui fit savoir d'une pression habille qu'il était dans le même état.

Cette passion, ce feu qui les consumaient, il allait être emporté, dévoré par un tigre féroce. Ce n'était pas la première fois qu'il s'était laisser avoir par la tempête de feu inarrêtable que pouvait devenir Yukimura. En amour comme au combat, le tigre était un vrai challenge et ne décevait pas. Avec l'expérience il avait appris a savoir ce qu'il voulait, et il savait comment l'obtenir. Ça n'avait jamais été déplaisant de se laisser envahir, dominer par ses sens et par son amant...cette passion...cette flamme...elle pouvait bien le dévorer, Masamune en redemanderait.

Yukimura émit un gémissement des plus doux lorsque Masamune lui suçota la langue, essayant tant bien que mal de retrouver un semblant de raison. Le manque d'air dans ses poumons fut le coup de pouce dont il avait besoin pour se rappeler que tout cela n'était pas réal, qu'à aucun moment il n'était venu pour ça... peu importe combien chaque aspect, y compris ce côté affamé et énergique de Yukimura quand il voulait vraiment quelque chose pouvait lui manquer.

"Yuki-yukimura." souffla-t-il.

Mais Yukimura était bien trop sauvage, indomptable, et il réclamait Masamune de tout son être. Bien que le dragon tentait d'éloigner leurs lèvres pour parler, il les rattrapa avec force et vivacité, reprenant leur échange avec gourmandise, bloquant tout fuite de Masamune en lui prenant la tête entre ses mains.

Non, il ne pouvait pas le laissé faire, pas cette fois, s'il ne réagissait pas maintenant il serait trop tard.

Saisissant les épaules du jeune samouraï, il le repoussa. "Non, Yukimura, j'ai quelque chose à te dire."

Difficile de trouver les mots quand face à lui se trouvait un Yukimura aux joues et au lèvres rougis, les yeux embrumés de désir qui susurra son nom avec tant d'envie que cela lui envoya un éclair droit dans l'entre-jambe.

Masamune ferma les yeux et pris une grande inspiration pour se calmer. Il devait dire la vérité à Yukimura, il perdrait sans doute cet endroit alors qu'il venait juste de lui être accordé, mais c'était le prix à payer... et s'il devait ne pas se réveiller... alors au moins...

Non, il allait vivre.

"Je ne suis pas un rêve, je suis le vrai Masamune." avoua-t-il. "Je ne sais pas comment, mais je peux connecter nos subconscients."

Yukimura fit un pas de recul, éloignant les mains de Masamune, il le regarda, ne trouvant pas en lui une once de mensonge...tout cela était-il possible ?

"Tu... je te crois...mais je ne suis pas encore prêt à te voir, je n'ai pas envie que tu sois là." Masamune ne s'était pas attendu à ce rejet, le soupçon de colère dans la voix de Yukimura le troubla. Alors qu'il avait été si passionné en croyant que ce n'était pas lui...il ne comprenait plus son tigre.

Masamune grimaça en sentant une douleur dans son cœur qui n'était pas dû a son trouble, s'il restait inconscient une minute de plus..." Don't do that. Je n'ai pas le temps pour cette querelle, Yukimura." le jeune tigre ne le rejeta pas cette fois quand il posa les mains sur ses épaules.

Encourager par la passivité du jeune tigre, Masamune posa son front sur celui de Yukimura, comme il aimait le faire dans leur moment les plus intimes.

"Je veux que tu saches, quoi que tu entendes, quelle que soient les rumeurs qui arriveront à tes oreilles. Je suis bien vivant, et je vivrai pour voir un autre lendemain. Je ne laisserai pas un foutu gamin avoir ma peau. Tu verras, Je reviendrai te conquérir, Yukimura. "

Yukimura ne répondit pas, se contentant de fermer les yeux pour échapper au regard perçant du dragon, il se mordit la lèvre inférieure, en proie à la colère après avoir été jeté et humilié mais aussi au soulagement que Masamune veuille toujours de lui.

"Si mon côté guerrier était là, tu aurais pris un pain dans la figure." affirma-t-il simplement.

Cela eut pour effet de soulager Masamune qui laissé échapper un petit rire. C'était une excuse bien étrange

"J'ai hâte de croiser le fer avoir toi une toute nouvelle fois." son âme tout entière le réclamait.

C'était les derniers mots que Masamune se souvint d'avoir prononcé. Quand il recommença à comprendre ce qui l'entourait, la chambre chaleureuse de Yukimura n'était plus là, ses cheveux soyeux n'étaient plus entre ses mains. Son dos était contre le sol dur et froid, sa main serait la poignée de son sabre, il sentait cette odeur de sang qui lui donnait de haut le cœur. Et ce que son œil vit en premier, ce fut les yeux chocolat embués de larmes de la petite Itsuki.

"Ne meurt pas guerrier bleu !" renifla-t-elle.

"No. I've made a promise." souffla-t-il dans la langue qu'il appréciait tant.

TBC