Titre : Porte ouverte
Genre : Aventure, romance, énième variation sur les pérégrinations d'une fille ordinaire en Terre du Milieu
Disclaimer : Les personnages et l'univers sont la création de Monsieur Tolkien, gloire et cookies sur lui. Le personnage original, par contre, est mon entière propriété. Cette histoire ne me rapporte pas un sou et c'est aussi bien ainsi.
Notes : Mes remerciements chaleureux à Karine Darnessy, la plume d'Elena, Temperence18, RachelTW, Luna Tonks, Toutouille, manelor et Darkklinne pour les messages qui comme d'habitude réchauffent le c œur. Merci aussi aux lecteurs anonymes et aux gens qui ajoutent cette histoire ou son modeste auteur en favoris.
Les commentaires nombreux faisant un auteur heureux, n'hésitez pas à laisser un petit mot, ça me ferait immensément plaisir.
Petit rappel, j'utilise en fonction de mes besoins l'univers des films et des livres, en espérant que ça reste cohérent et que ça ne déstabilise pas les gens.
Ce chapitre contient un passage vaguement osé mais pas de quoi choquer qui que ce soit outre mesure … sauf peut-être par la qualité d'écriture puisque je ne suis vraiment pas à l'aise avec ce genre de choses.
Bonne lecture.
Tell me again when I'm clean and I'm sober, tell me again when I've seen through the horror, tell me again, tell me over and over, tell me that you want me then, amen (Leonard Cohen – Amen – Old Ideas – 2012)
Ne rien faire de la journée était étrange après ces semaines passées à crapahuter dans les montagnes et autres plateaux arides. Il n'avait fallu qu'une nuit de sommeil digne de ce nom aux Hobbits pour que ceux-ci retrouvent leur énergie. De mon côté, après avoir dormi une partie de la matinée, je traînai sur le campement en ressassant mes pensées. L'état de choc passé, il me faudrait du temps pour assimiler les conclusions de ce que m'avait montré le Miroir de Galadriel. Je savais à présent que tout occulter ne m'apporterait rien de bon. Dans le même temps, les émotions me faisaient toujours aussi peur parce que je ne les maîtrisais pas et que de fait, je risquais d'y perdre des plumes. Il me faudrait trouver un compromis et ce serait sans doute compliqué.
Le flou que constituait mon avenir était en quelque sorte un souci en plus. Avant mon arrivée en Lórien, j'avais un but. A présent qu'il était atteint, j'ignorais ce qu'il allait advenir de mon cas. A part insister pour que je regarde dans son Miroir, la Dame Galadriel ne m'avait pas dit grand-chose. Par ailleurs, si j'étais amenée à rester ici un moment, je trouvais curieux qu'on m'ait laissée en compagnie du reste de la Communauté.
Bien évidemment, ce n'était pas un hasard. En milieu d'après-midi, l'Elfe très mince qui s'était occupée de moi et m'avait prêté des vêtements à notre arrivée vint me trouver sur le campement en m'expliquant que le seigneur Celeborn et son épouse souhaitaient s'entretenir avec moi. Je m'excusai donc auprès de mes compagnons et suivis la femme à travers la cité sylvestre. Elle me guida jusqu'à un arbre gigantesque dans lequel la résidence royale semblait avoir été installée. Je traversai une très grande salle ovale pleine de gens qui discutaient en sindarin dans une ambiance feutrée. Personne ne sembla remarquer ma présence, ce qui m'arrangea. Machinalement, je cachai les lobes arrondis de mes oreilles sous mes cheveux, ce qui sembla amuser ma compagne ; ses yeux brillèrent de malice et elle sembla sur le point de pouffer. Il n'y avait toutefois aucune moquerie dans son regard, et il me fallut admettre que mon geste était effectivement un peu ridicule : ma petite taille et ma silhouette étaient aussi peu « elfiques » que mes oreilles et faire illusion n'était pas possible.
Je fus conduite jusqu'à une porte gardée par un soldat en cotte de maille qui nous laissa entrer en s'inclinant poliment, une main posée sur le cœur. Ma compagne me laissa dans une petite pièce ronde aux murs lambrissés baignée par la lumière du soleil. Il y régnait une atmosphère des plus agréables et les maîtres des lieux me parurent un peu moins impressionnants que la veille. J'affrontai le regard de Galadriel qui devina probablement sans difficulté à quoi ma fin de soirée avait ressemblé. Elle ne fit aucune remarque et me sourit avec douceur.
« Nous avons cherché une explication à votre venue parmi nous, dit-elle, et je suis navrée de vous apprendre que nous n'avons rien trouvé. Jamais ce genre de phénomène ne s'est produit en Terre du Milieu depuis l'apparition des différents peuples. De fait, nous ignorons si vous serez amenée à rester dans notre monde ou si vous repartirez un jour dans le vôtre.
— Je n'y tiens pas plus que cela, répliquai-je en jetant à la dame de Lórien un regard entendu.
— Il est évident que vous avez pris fait et cause contre l'Ennemi, intervint Celeborn. Vous avez supporté un voyage dangereux depuis Fondcombe jusqu'ici avec un grand courage.
— Maître Elrond ne m'a pas vraiment laissé le choix », dis-je.
Le maître des lieux pencha la tête sur le côté avec un sourire malicieux.
« Apprenez, jeune fille, qu'on a toujours le choix. Vos décisions peuvent être influencées mais c'est à vous d'avoir le dernier mot. Subir la volonté d'autrui n'est pas toujours la meilleure solution. »
J'accusai le coup, un peu gênée. Celeborn avait raison en tout point : j'avais souvent laissé les autres décider à ma place sans faire entendre mes arguments pour éviter de me faire remarquer.
« Nous pouvons vous proposer deux solutions concernant votre avenir proche, dit Galadriel. Vous pouvez soit rester parmi nous soit repartir avec la Communauté de l'Anneau.
— Je croyais que la Lórien était le but de mon voyage, objectai-je.
— C'est effectivement ce qui était prévu.
— Alors pourquoi…
— Nous ne pouvons pas faire grand-chose pour vous, mon enfant. Les changements pouvant intervenir dans votre vie ne dépendent que de vous. Suivre vos compagnons pourrait vous permettre de prouver votre valeur et d'en apprendre beaucoup sur vous-même. Toutefois, le choix vous revient et si vous préférez rester ici, sachez que nous vous accueillerons avec plaisir. »
Je ne savais quoi penser. Mettre fin à mon voyage comme prévu au préalable était une solution simple. Je serais à l'abri, personne n'y trouverait rien à redire et aller au Mordor était beaucoup trop dangereux. Pourtant, la perspective de voir repartir la Communauté me rendait triste. Je les appréciais. Ils me manqueraient. En Lórien, je ne connaissais personne et j'aurais tout à construire.
« Je ne sais pas quoi faire, dis-je.
— Vous devriez prendre le temps d'y réfléchir, dit Celeborn avec sagesse, et en parler avec vos compagnons. Vous avez deux jours devant vous. »
Je quittai le couple royal quelques instants plus tard, en proie à la perplexité la plus totale. Ils avaient beau prétendre ne pas vouloir m'influencer, il était évident que pour eux, je ferais mieux de reprendre la route. Je ne comprenais pas vraiment en quoi crapahuter des jours durant dans les recoins les plus périlleux de la Terre du Milieu m'aiderait à comprendre ce qui m'était arrivé mais visiblement, la réponse à cette question ne se trouvait pas en Lórien.
Je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire.
oOØOo
Aragorn et Boromir étaient seuls quand je regagnai le campement. Les Hobbits devaient être partis se promener et Legolas tentait probablement de persuader Gimli avec des arguments concrets que les Elfes étaient des gens tout à fait fréquentables. J'allai m'asseoir dans un coin en me demandant comment j'allais présenter à mes compagnons la situation qui était la mienne. Il était hors de question de prendre une décision sans en avoir parlé avec eux. Je n'eus guère le loisir de cogiter bien longtemps car je fus interrompue dans le fil de mes réflexions par le rôdeur.
« J'imagine que la Dame Galadriel vous a fait part de son idée de vous voir repartir avec nous, dit-il.
— En effet, répondis-je.
— Je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose. Plus nous nous rapprocherons du Mordor, plus nous serons en danger. Je ne tiens pas à ce que vous soyez inutilement exposée.
— Je suis bien consciente d'être un poids, répondis-je. Un élément inutile qui ne ferait que vous retarder et vous causer du tort. »
Aragorn soupira.
« Ai-je dit cela ?
— Non mais je comprendrais si vous le pensiez.
— Je ne vous ai jamais octroyé le droit de penser à ma place. Je sais que vous ne m'appréciez pas mais ce n'est pas une raison pour prendre vos impressions pour une réalité. »
Je déglutis péniblement. Il ne semblait pas en colère mais plutôt contrarié. Je pris alors mon courage à deux mains il était temps de crever l'abcès. Depuis que je l'avais rencontré, cet homme me faisait peur alors qu'il n'avait rien fait en ce sens. C'était de la paranoïa pure et simple de ma part.
« Ce n'est pas que je vous apprécie pas, expliquai-je. Vous m'impressionnez.
— Vraiment ? »
Il se mit à sourire d'un air amusé, comme si je venais de faire une plaisanterie particulièrement spirituelle. Je soupirai à mon tour.
« Ecoutez, j'ignore combien de temps vous avez parcouru la Terre du Milieu sous l'aspect d'un vagabond mais même avec ce passif, il est évident que vous serez amené à être roi un jour. Vous en avez la prestance et le caractère.
— Expliquez-vous.
— Vous êtes un meneur d'hommes, Aragorn. Quand Gandalf a disparu, vous nous avez tous secoués, peu importait notre état d'esprit, parce que nous étions en danger. Vous avez eu raison, même si je me suis mise en colère contre vous et même si je ne cautionne toujours pas votre façon de faire. »
Son sourire se fit soudainement triste :
« La personnalité ne fait pas tout… je pourrais bien mourir plus prématurément que prévu.
— Vous n'avez pas intérêt, dis-je en le foudroyant du regard. Je sais que Frodon compte sur vous, comme tout le reste de la Communauté. Gandalf aurait sûrement voulu que vous restiez en vie et que vous montiez sur le trône du Gondor. Et puis… »
Je me tus au dernier moment. J'avais failli parler d'Arwen mais ça ne me regardait pas et Aragorn ignorait encore que je les avais surpris tous les deux.
« Et puis quoi, Lisbeth ?
— Et puis rien. Ne vous faites pas tuer. C'est tout. »
Il n'insista pas et en revint au sujet de départ de la conversation :
« En votre âme et conscience, sans tenir compte de mon avis et de ce que souhaite la Dame Galadriel, voudriez-vous reprendre la route avec la Compagnie ou préféreriez-vous rester ici ?
— Je l'ignore, répondis-je. Je ne maîtrise pas les raisons de ma présence en Terre du Milieu. La moindre chose que je puisse faire, c'est essayer d'avancer mais je ne sais pas dans quelle direction.
— Je vois.
— La Dame Galadriel m'a expliqué qu'aucune explication concernant ce qui m'est arrivé ne se trouvait ici. Par ailleurs, la Communauté est une famille pour moi, et les Hobbits sont devenus comme mes petits frères. Cela dit…
— Je sais, vous ne voulez pas être un fardeau.
— Le Mordor ne me semble pas un endroit très engageant. »
Je me mis à rire nerveusement de mon propre euphémisme ; il était évident que le repère de Sauron n'avait rien à voir avec un jardin fleuri où gambadaient des licornes en liberté. Aragorn sourit et me dit :
« Nous discuterons de tout cela avec les autres… en attendant, je vous remercie de votre honnêteté. Vous êtes quelqu'un de bien. Et sachez que quoiqu'il arrive, vous êtes l'une des nôtres et si la Communauté venait à échouer, ce ne serait pas de votre fait.
— Comment le savez-vous ?
— Une intuition qui m'a été confirmée par Galadriel. »
Sur ces mots, il me laissa seule. J'étais soulagée et contente d'avoir parlé avec le rôdeur. Contrairement à ce que j'avais pensé, il ne m'avait pas prise de haut et avait écouté mes arguments sans m'imposer les siens pour autant. Il m'impressionnait toujours un peu mais finalement, il était loin d'être fermé à toute discussion.
La communauté ne fut pas au complet avant le coucher du soleil. A ce moment-là, comme il me l'avait promis, Aragorn évoqua la possibilité que je les accompagne pour la suite de leur voyage plutôt que de rester à Caras Galadhon. Personne ne s'y opposa vraiment : les Hobbits étaient ravis que je reste, Boromir et Gimli laissèrent entendre qu'à partir du moment où j'avais survécu à la Moria, j'avais une chance de terminer la quête sur mes deux jambes, et Legolas déclara qu'à partir du moment où il s'agissait d'une décision de la Dame Galadriel, il fallait s'incliner et faire ce qu'elle disait. Il fut donc décidé que j'allais reprendre la route. La discussion dériva ensuite sur les prochaines étapes du voyage, la route à emprunter, les risques, etc. Je n'y prêtai qu'une oreille distraite, laissant ceux qui connaissaient mieux le coin que moi décider à ma place. Avant de prendre congé pour me coucher, j'appris que le départ était fixé au surlendemain.
Il ne restait que peu de temps pour le repos… car en un sens, c'était autant de temps de gagné pour Sauron.
oOØOo
« Lisbeth. »
Les yeux plissés, assombris, il m'observait avec une drôle d'expression que je ne parvenais pas à interpréter.
« Vous faites quoi, là ?
— Je vous regarde. »
Evidemment, mais encore ? S'il était effectivement en train de me dévisager, j'ignorais pourquoi j'étais l'objet de tant d'attention de sa part.
« Vous êtes la créature la plus adorable qui ait jamais croisé mon chemin. »
Je plissai les yeux à mon tour. Ce genre de compliment n'avait aucun effet sur moi. Je ne savais pas ce qu'il voulait mais ce n'était pas avec ce genre de baratin qu'il l'obtiendrait.
« Vous ne me croyez pas.
— Non. »
Il sourit. J'eus un mouvement de recul mais il m'attrapa par la taille pour m'attirer contre lui.
« Je ne vous mens pas. D'ailleurs, je ne mens jamais. Je vous désire, Lisbeth. »
J'aurais dû avoir peur, pourtant ma seule réaction fut de me laisser aller dans ses bras. Il était doux et chaud, jamais je ne m'étais autant sentie à l'abri. Je sentis ses grandes mains aller et venir dans mon dos, lentes caresses qui me donnèrent des frissons. Mon souffle se fit plus court, mon rythme cardiaque s'accéléra. Une boule apparut dans mon ventre. Je reconnus vaguement les symptômes du désir mais je n'en ressentis pas la moindre inquiétude. Il posa ses doigts sur ma nuque et me fit lever la tête vers lui pour m'embrasser sur la bouche. Mes bras se nouèrent autour de son cou, je plongeai les mains dans son improbable chevelure blonde, épaisse et tellement douce. Mon esprit avait pris le maquis, se dispersant dans la forêt vierge de la déraison. Je n'avais plus qu'à subir et il me fallait admettre que cette passivité était loin de me déplaire. Il n'obtint aucune résistance en voulant approfondir le baiser, en enroulant sa langue autour de la mienne. Je le laissai glisser ses mains sous mes jupes et me soulever de terre comme si je ne pesais rien. Mes jambes entourèrent ses hanches machinalement. Effectivement, il ne mentait pas, je sentais son désir contre moi mais je n'en tirai ni surprise ni peur. Au contraire, je me liquéfiai, au sens le plus strict du terme. Son corps était une liane qui me serrait sans m'étouffer, aussi douce que tentante.
« Lisbeth. »
Le son de sa voix me fit bouillir le sang. Elle était rauque, chaude, feutrée, il ne faisait que prononcer mon prénom mais je n'avais jamais rien entendu d'aussi érotique. Dans sa bouche, ce n'était plus un nom mais un hybride entre le mot tendre et le terme salace.
« Ça me fait mal… Je vous veux tellement que c'est insupportable. »
Je ne pouvais pas lui répondre, ma voix semblait scellée dans ma gorge. Mes doigts glissèrent sur sa nuque, je le regardai. Ses yeux étaient tout à fait noirs à présent et ses lèvres entrouvertes laissaient échapper un souffle court. Bon sang, il était tellement beau… Il aurait pu faire ce qu'il voulait de moi. Je n'étais qu'une poupée tremblante et consentante entre ses bras. Un sourire aguicheur éclaira son visage.
« Je vous attire, Lisbeth, ne le niez pas… dites-moi que vous me voulez… que vous ne souhaitez n'appartenir qu'à moi… que vous avez besoin de moi… »
Cette voix… L'entendre aurait presque suffi à me faire défaillir. Les mots furent plus rapides que ma pensée :
« Je suis à vous. »
Son sourire s'élargit.
« Je pourrais vous prendre debout contre un mur. »
La tournure que prenait la situation rendait la perspective tout à fait vraisemblable et je sentais que je ne pourrais pas refuser. A dire vrai, j'en avais même envie. J'aurais tout accepté pourvu qu'il ne me laisse pas dans cet état. Je m'accrochai à lui, le serrant plus fort entre mes bras et mes jambes, et approchai mes lèvres d'une de ses adorables petites oreilles.
« Je vous en prie, Legolas… »
oOØOo
Mes yeux s'ouvrirent brusquement. Tout était calme. La cité sylvestre était silencieuse et seuls les ronflements de Sam perturbaient le calme ambiant. Néanmoins, mon cœur battait à se rompre et, étant donné la sensation de chaleur sur mes joues, je devais être écarlate. J'essayai de fuir le souvenir du rêve que je venais de faire mais il était trop réaliste et vivace pour quitter la surface de mon esprit.
Je repoussai la couverture et me levai aussi discrètement que me le permettaient mes jambes tremblantes. Sans accorder le moindre regard à mes compagnons — et en espérant qu'ils dormaient tous — je sortis prendre l'air et remettre mes idées en place.
Dehors, il faisait frais, impression renforcée par le fait d'être en sueur sous mes vêtements. Je frissonnai, sans savoir si c'était à cause du courant d'air ou de la réminiscence du songe qui s'accrochait à mon être comme une claquais des dents mais au fond de moi, j'avais l'impression de brûler. Dans le noir, je scrutai mes mains tremblantes comme si elles avaient vraiment touché la peau chaude, laiteuse, douce… Bon sang. Je me laissais déstabiliser par un stupide rêve. En repensant, je fus envahie d'une immense gêne. Même si ça n'avait pas été réel, j'avais eu un comportement inconvenant à mon sens. Ce n'était pas du tout mon genre de laisser quelqu'un s'approcher ainsi de moi sans réfléchir aux consé bon sang, c'était de Legolas dont j'avais rêvé. Un Elfe. Etait-ce bien raisonnable ?
Il paraît que l'amour se joue de tout et qu'on ne choisit pas…
Cette phrase que m'avait dite Glorfindel quand j'avais surpris Arwen et Aragorn me revint à l'esprit mais je la repoussai très vite. Quel rapport y avait-il entre un stupide rêve érotique et le sentiment amoureux ?
Le fait que Legolas ait toujours été là quand tu en avais besoin, stupide Lisbeth. Cesse de te cacher derrière un brin d'herbe, pauvre idiote !
J'avais beau me dire que ce n'était pas une raison, la petite voix têtue au fond de moi n'avait pas entièrement tort. Je l'avais laissé rester près de moi après l'incident du Miroir alors qu'au début, je voulais être seule. Je lui en étais d'ailleurs reconnaissante. Aurais-je agi de la même façon si quelqu'un d'autre que lui m'avait trouvé en larmes derrière mon arbre ? J'étais loin d'en être certaine…
Tu l'as laissé approcher tellement près que tu as dormi avec lui, cette fois-là. L'aurais-tu accepté de quelqu'un d'autre ?
Un point supplémentaire pour la petite voix. Je me sentis alors totalement perdue. Et si le regard que je lui avais adressé cette fois-là, dans la Moria…
Bon sang.
Tremblant de la tête aux pieds, je retournai sous la tente et m'étendis sur ma paillasse. Rester dans le froid ne m'apporterait rien de bon. Au moment de remonter la couverture sur moi, mon regard s'attarda sur les cheveux blonds de Legolas qui me tournait le dos. Je me demandai s'ils étaient aussi doux en vrai que dans mon rêve.
J'étais dans un beau pétrin.
Je ne sais plus qui a dit que les yeux étaient le miroir de l'âme, mais c'était tristement vrai. Lors de mon passage à vide dans les mines, j'avais regardé Legolas comme si je l'aimais… et c'était sans doute déjà le cas.
A suivre
