Hello donc après "Harry et l'héritier de Dumbledore", comme je vous l'ai déjà dit, ce soir, c'est "Un été inoubliable". La dernière fois, Lucius a laissé Harry, renonçant à faire quoi que ce soit avec lui. Que s'est-il passé depuis? Comment a réagi notre 'tit Harry ?

Merci à tous les lecteurs et reviewers.

A bientôt...

Chapitre 10 : Non dits et vieux souvenirs

Harry prit entre ses mains le réveil qui reposait sur la petite table de nuit. Il était cinq heures trente et c'était déjà la troisième fois qu'il regardait les aiguilles qui n'avançaient vraiment pas assez vite à son goût. Il n'avait plus qu'à se lever, de toute façon, il ne réussirait pas à se rendormir, comme toujours. Cela faisait déjà cinq jours et ce n'était plus ses habituels cauchemars qui l'accompagnaient pour une fois. Il revoyait, dès qu'il fermait les yeux une seconde ce qui s'était passé la soirée, lors de l'arrivée de Severus Snape et Remus Lupin. Il s'était enfui en courant du lac, lorsque le Lord lui avait annoncé qu'ils ne devaient plus se voir même pour les séances de pose qu'ils venaient juste de commencer.

Le jeune homme repoussa les draps d'un coup de pied et se leva d'un bond de son lit trop grand, il ne voulait qu'une seule chose, traverser le couloir, frapper à la porte de la chambre de Lucius et faire changer d'avis le Lord, lui prouver qu'il avait tort, qu'ils seraient mieux ensemble. Mais Harry ne fit rien de la sorte comme à chaque fois qu'il s'était levé ainsi. A la place, il se rhabilla rapidement, se glissant dans un de ses vieux jeans élimés et un tee-shirt noir. Il avait besoin de sentir le vent frais sur lui, de se changer les idées, il ouvrit lentement la baie vitrée et l'air s'engouffra immédiatement, dans sa chambre surchauffée, rien que de respirer cette bouffée d'air frais, le brun se sentit mieux, allégé d'un poids même si ce n'était que temporairement. Harry avait pris avec lui son nouveau paquet de cigarettes et il ne s'était pas écoulé une minute qu'il en allumait déjà une, ses yeux rivés vers l'autre balcon, là où le Lord s'était tenu la nuit de son arrivée si droit et si rêveur qu'il avait eu une folle envie de le peindre. Le jeune brun n'avait quasiment plus recroisé Lucius depuis cette soirée près du lac, ils s'évitaient mutuellement. Harry exhala de la fumée, il profitait du calme ambiant et de la douceur du temps, en ce mois de juillet caniculaire, le brun espérait que son hôte reviendrait sur son choix, qu'il ouvrirait dans une seconde la fenêtre de sa chambre et de sa voix chaude, lui susurrerait qu'il avait eu tort, qu'il voudrait poser de nouveau pour lui et bien plus, en fait.

Harry avait passé tous ces derniers jours à rester seul dans sa chambre, dans la bibliothèque ou à retourner près du lac, il ne retrouvait les autres que pour manger. Même Drago l'avait laissé tranquille, le blond connaissait assez bien le jeune artiste pour savoir que lorsqu'il s'éloignait volontairement des autres, il valait mieux respecter son désir et lui laisser un certain espace. Harry avait passé la plupart de son temps à dessiner, principalement les lieux du Manoir qui l'intriguait le plus et il avait surtout continué, en secret, sa représentation du Lord, même s'il avait beaucoup plus de difficultés qu'à l'accoutumée pour dessiner de mémoire. Il n'était d'ailleurs jamais satisfait et refaisait sans cesse le regard, l'ovale des yeux du Lord, il n'arrivait pas à retranscrire exactement ce qu'il avait perçu dans le regard de Lucius ce mélange de désir, de tension et de retenue. Harry entendit un léger cliquetis d'une baie que l'on ouvre, ses deux yeux se dirigèrent aussitôt, vers un homme blond, à la chevelure presque blanche, le visage rivé au sol, Harry était sûr que le Lord ne l'avait pas encore aperçu. Le jeune brun vit deux yeux gris monter progressivement vers l'horizon, ce n'était qu'après quelques secondes que le Lord se rendit compte de la présence de l'adolescent.

Lucius avait eu besoin de prendre l'air, il trouvait sa chambre étouffante, il n'avait pas réussi à fermer l'œil de la nuit, il n'avait eu de cesse de repenser à ce que Drago lui avait dit la veille avant d'aller au lit. Le père et le fils s'étaient retrouvés seuls, sur le perron du manoir, c'était l'une des premières fois depuis le début du séjour de Drago, alors qu'ils le faisaient si souvent les étés précédents. Harry était remonté bien vite dans sa chambre et Sev et Remus étaient partis se servir de l'ordinateur dans le bureau de Lucius pour s'assurer que tout se passait bien à l'association, qu'il n'y avait aucun problème. Le jeune blond avait profité de l'occasion pour reprocher au Lord le fait qu'il s'était servi à plusieurs reprises de son travail, pour ne sortir de son bureau qu'aux heures des repas. Lucius avait été très surpris de la réaction de son fils qu'il aimait plus que tout et il s'en était voulu car il semblait que le jeune homme était vraiment navré de la situation, Drago avait beau adorer son oncle et s'être très rapproché de Remus, il aurait voulu passer plus de temps avec son père qu'il n'avait presque pas vu en un an. Le jeune homme ne comprenait pas ce qui se passait avec lui, d'habitude, il est vrai que l'aristocrate travaillait beaucoup mais il consacrait une partie de son temps à son fils alors que cette fois, il s'isolait et cela perturbait Drago plus qu'il ne voulait bien le reconnaître. Narcissa était déjà cloîtrée dans sa chambre et il ne voulait pas que Lucius fasse de même. La discussion s'était achevée lorsque Drago avait fini par dire au Lord qu'il pourrait faire un effort, qu'après tout, il était son fils, que l'été passerait vite, très vite et que tout le monde reprendrait sa vie d'avant. Les derniers mots de son fils avaient fait écho en Lucius, mais peut-être pas comme l'espérait Drago. Le Lord n'avait en fait pensé depuis lors qu'à une seule chose, bientôt, tout redeviendrait comme avant et bientôt Harry retournerait à Poudlard…

Lorsque Lucius rencontra les yeux d'Harry et comprit que tout comme lui, le jeune homme n'arrivait pas à dormir, l'aristocrate eut un très léger mouvement de recul, il bafouilla légèrement :

« Ha… Harry ? Tu ne dors pas ?

- Je suis comme vous, je pense, j'ai quelques difficultés à trouver le sommeil, il fait beaucoup trop chaud, dans la chambre.

- Effectivement. »

Harry vouvoyait de nouveau Lucius comme si pour lui, leur dernière entrevue en tête-à-tête n'avait jamais eu lieu. Quant au Lord, il n'avait pu s'empêcher de légèrement sourire devant la situation. Quelle ironie du sort ! Les deux hommes qui faisaient presque tout ce qui était en leur pouvoir pour éviter de se croiser depuis plusieurs jours, se retrouvaient encore sur le balcon, au beau milieu de la nuit comme s'ils s'étaient donné un nouveau rendez-vous ou comme si leurs esprits les guidaient l'un vers l'autre. Harry ne voulait pas reprendre de suite leur dernière, vraie conversation et il continua comme si de rien n'était.

« Et puis, c'est le meilleur endroit pour fumer au Manoir, à la belle étoile, sauf peut-être au lac.

- Harry…

- Lucius, vous voulez une cigarette ? »

Le jeune adolescent n'avait pas attendu la réponse de l'adulte et lui tendait déjà le paquet ouvert par-dessus la séparation entre les deux balcons. Le Lord accepta l'offre et prit une cigarette, il était tenté de caresser la main du jeune homme, mais il n'osa pas. Harry fit comme s'il n'avait pas vu d'hésitation dans le regard de l'aristocrate et fit comme s'il n'avait pas ressenti un pincement au cœur à ce moment-là. Machinalement, Lucius porta ses mains à son pantalon et partit à la recherche de son briquet.

« Je suis navré, Harry mais j'ai oublié mon briquet, sans doute sur la table de nuit, cela te gênerait-il ? »

Le brun ne prit même pas la peine de répondre. Il tendit le petit objet brillant vers le Lord qui lui prit des mains. Cette fois, leurs deux peaux se touchèrent et les deux hommes restèrent plus de temps que nécessaire, les deux mains collées l'une sur l'autre. Lucius souffla un simple 'merci' qui mit Harry dans un état assez pitoyable, ce n'était pas pour lui avoir prêté son briquet qu'il voudrait entendre ces quelques mots mais le jeune artiste continua toujours de faire semblant, il espérait tellement que Lucius fasse en premier machine arrière, sans qu'il n'ait quoi que ce soit à lui dire. Un silence lourd s'imposa à eux, ni l'un, ni l'autre n'osant engager une conversation dont personne ne pouvait savoir quelle direction elle prendrait. La gêne était palpable. Ils regardaient le ciel encore étoilé au-dessus de leur tête, même si la nuit commençait à perdre face au jour qui revenait progressivement. Cette scène devenait, plus les minutes s'égrenaient, dure et douloureuse. Harry se maudissait intérieurement, il avait sans doute la meilleure occasion depuis des jours de faire évoluer la situation, et il n'osait pas, il n'osait rien. Etrangement, Lucius fut le premier à céder, à ne pas résister à la tentation de s'adresser à Harry, il voulait entendre à nouveau la voix du jeune homme lui parler, comme lors de son arrivée au Manoir sur ses passions, sur ses œuvres, sur lui. Il était toujours et irrémédiablement attiré par Harry comme un papillon par la lumière, il risquait de se brûler les ailes mais peu lui importait, il voulait profiter de ce moment face à ce jeune homme.

« Harry… »

Lucius se demandait quelle banalité il pourrait dire, il ne savait trop, il ne connaissait pas assez l'artiste pour amener la discussion sur un sujet qui n'aboutirait pas à ce qu'ils s'étaient dits quelques jours plus tôt. Harry était loin d'être majeur et la politique, moteur principal de la vie du Lord, ne devait guère trouver grâce à ses yeux, tous les deux ne semblaient pas être des fanatiques de sport et Lucius craignait de parler d'art, sous quelque forme que ce soit, et de ramener Harry sur sa peinture et sur leur tentative avortée. Pourquoi tout paraissait-il toujours si compliqué, si dur ? Le brun écrasa le mégot de sa cigarette avec une certaine impatience, il voulait entendre ce que Lucius allait lui dire, il regardait le père de Drago et il était toujours aussi fasciné par ce personnage si complexe. Les secondes s'écoulaient et le Lord finit par se lancer.

« Tu as pu évoquer avec Sev ou Remus des souvenirs de Poudlard, ils ont pu te parler de tes parents.

- Pas vraiment. Mais je suppose que nous en aurons bientôt l'occasion. »

Harry se mordit les lèvres, il ne voulait pas avouer à Lucius qu'il faisait la même chose que lui et qu'il n'avait eu quasiment aucun contact avec les autres en dehors des repas en commun, il se sentait déjà assez coupable. En effet, grâce à Lucius, il avait pour l'une des premières fois de sa vie, l'occasion d'entendre parler de ses parents à nouveau en bien, car depuis la mort de Sirius, depuis plus deux ans, il n'entendait plus que les commentaires désobligeants de tante Pétunia et oncle Vernon.

« J'en suis sûr. C'est vraiment dommage que je ne les ai connus que de réputation, je suis persuadé que c'étaient des personnes très agréables et que j'aurais aimé connaître.

- Merci beaucoup. Excusez-moi, Lucius, si vous n'avez jamais connu mes parents à Poudlard, comment cela se fait-il que vous sembliez connaître Remus à l'époque, à moins que je ne me trompe ?

- Euh… non, tu as bien compris, je connaissais Remus. »

Lucius s'arrêta et ne donna pas d'autres explications à Harry, il se voyait mal raconter son histoire, dire pourquoi il connaissait effectivement Remus mais pas les autres. Ils s'étaient rencontrés au club d'échec de Poudlard, Remus était deux promotions en dessous de la sienne et ils étaient tombés sous le charme l'un de l'autre comme n'importe quels jeunes adolescents âgés de quatorze, quinze ans peuvent le faire au lycée. Leur relation avait été tenue secrète, la période ne s'y prêtait guère, déjà qu'aujourd'hui, ce n'était pas toujours facile que deux garçons puissent être ensemble au grand jour, alors à la fin des années soixante-dix, c'était impensable, surtout dans les familles les plus conservatrices d'Angleterre. De toute manière, Lucius avait toujours su depuis son enfance que pour le maintien de l'aura familial, il devrait épouser la jeune fille parfaite, celle que ses parents auraient choisie. Remus et lui étaient restés cependant plus de deux ans ensemble, personne n'était au courant, sauf Severus qui les avait surpris une fois, Lucius et Remus n'étaient jamais, pas même une seule fois sortis ensemble officiellement, et au quotidien, à Poudlard, ils s'évitaient. Lucius se souvenait d'avoir invité à la fin de sa septième année, Remus au Manoir pendant quelques jours et cela avait été un véritable désastre, ils avaient été obligés de se cacher devant ses parents, même si les deux adolescents avaient pu également jouer de la situation, ces vacances avaient marqué le début de la fin. Lucius s'était vraiment rendu compte qu'il ne se sentait pas apte à aller à l'encontre de la volonté familiale et Remus était parti vers d'autres rivages. Les deux amants avaient fini par se séparer d'un commun accord et s'étaient ainsi quittés en très bon terme. Le Lord se perdait dans ses souvenirs, tous ces secrets, ces non-dits, l'aristocrate se rendit compte que rien ne changeait, aujourd'hui il ne se sentait toujours pas capable d'aimer un jeune homme. Harry le regardait intrigué, il essayait de comprendre ce que pensait le Lord.

« Lucius, Lucius…

- Pardonne-moi, j'étais ailleurs. »

Lucius ne rajouta rien d'autre, le silence reprit alors de plus bel et se fit encore plus pesant. Lucius se maudissait, il se rendait compte qu'il ne voulait en fait qu'une seule chose se perdre dans les bras du jeune homme, caresser cette peau douce et veloutée qu'il avait trop brièvement découverte, ses doigts se crispèrent légèrement.

« Je crois qu'il vaut mieux que je vous laisse seul.

- Je ne veux pas te faire fuir. Tu peux rester, tu sais, c'est moi qui vais te laisser.

- Non restez. Je vais retourner dans ma chambre et m'atteler à un nouveau dessin.

- Tu as une idée de ce que tu vas dessiner ? »

Le Lord aurait dû laisser partir le jeune homme sans essayer de le retenir quelques minutes de plus mais il n'avait pas pu et questionnait Harry sur son art, ce qu'il ne voulait surtout pas. La première réponse qui vient en tête à Harry était un simple 'vous' mais il n'osa le dire de peur de choquer Lucius.

« Pas vraiment. Je vais faire sans doute du dessin compulsif.

- Du dessin compulsif ?

- Oui, c'est quelque chose que je fais, que j'ai inventé depuis mon… depuis mes dix ans, je ferme les yeux et je laisse aller mon fusain ou mon crayon glisser sur le papier. C'est très libérateur, un peu comme lorsqu'on s'abandonne dans les bras de quelqu'un, le contact d'un crayon sur le papier me fait penser à une main qui glisserait lentement sur la peau nue d'un autre, je me sens si bien, apaisé, presque heureux après avoir dessiné ainsi comme après avoir... fait l'amour. »

Harry avait hésité un quart de seconde avant de finir sa phrase mais il n'avait pas pu résister, ce n'était que pure vérité, c'était sa méthode de psychanalyse personnalisée pour être mieux et il savait que depuis qu'il avait commencé son histoire avec Drago, il y avait eu moins recours car il s'était senti bien, la nuit quelqu'un le réconfortait, le caressait, le touchait, il ne sentait plus le besoin de faire sortir toute cette douleur enfouie en lui par le dessin.

Lucius ne pouvait pas mettre en doute les dernières paroles d'Harry, tellement les grands yeux verts déjà illuminés du jeune homme s'étaient légèrement agrandis, tandis qu'une adorable rougeur montait aux joues pâles du brun.

« Tu sais, Harry, je pense que peu de personnes pensent comme toi.

- Et pourtant ce n'est que la vérité, enfin en ce qui me concerne, j'ai toujours eu un rapport très physique, presque charnel avec la peinture, c'est assez difficile à expliquer. Et ce n'est pas seulement lié au fait de peindre, il suffit parfois que je pose les yeux sur certains tableaux de Turner ou sur 'La nuit étoilée sur le Rhône' de Van Gogh, il se dégage une telle impression de sensualité, d'amour. »

Lucius était ravi d'entendre ce jeune homme se livrer, quand il parlait de peinture, son visage déjà beau s'illuminait et devenait superbe, magnifique, il s'oubliait totalement.

« Harry, si tu savais à quel point tu as de la chance, d'avoir une telle passion dans la vie.

- Tout le monde devrait avoir ça, pas forcément la peinture, mais quelque chose qui permet de tenir, de se dire que tout n'est pas vain.

- Mais tout le monde n'est pas comme toi.

- Pourtant, cela devrait être le cas.

- Harry ce n'est pas la réalité, regarde-moi. La politique a toujours été un dû, c'est la naissance et le choix de la reine qui fait que nous prenons place dans la chambre des Lords et rien de plus et si naïvement quand j'étais jeune, je croyais que c'est grâce à la politique que les choses évoluent, je sais que ce n'est plus le cas aujourd'hui.

- Mais comment faites-vous pour rester comme ça ? Vous méritez tellement mieux, vous valez tellement mieux, vous n'êtes pas ce que vous croyez… Un être sans avenir, qui ne sert à rien sauf à rester fidèle aux idées de sa famille. N'avez-vous envie de rien ? »

A l'intonation de la voix d'Harry, le sous-entendu était plus qu'explicite et Lucius n'avait qu'une seule et unique envie, celle de finir sa nuit avec ce jeune homme idéaliste, aux yeux si verts, au talent incroyable mais il savait que cela n'apporterait rien d'autre que ruine et déception car il aura toujours presque trente ans de plus, qu'Harry n'aura aucun avenir avec lui et que tout s'achèvera l'été fini. Ce que les deux hommes craignaient et attendaient s'était produit naturellement, ils allaient reparler de leur attirance et de leur désir.

« Harry, tu le sais et je ne serais pas assez hypocrite pour nier, j'ai envie de toi comme rarement, comme je n'ai jamais désiré quelqu'un depuis mon adolescence mais ce qui nous sépare est plus important que ce qui pourrait nous unir…

- C'est faux !

- Harry, tu veux de l'amour et de la stabilité, tu ne veux plus d'une relation comme celle que tu as entretenu, que tu entretiens avec mon fils, tu me l'as toi-même avoué.

- Je n'entretiens plus de relation avec votre fils. Et pourquoi vous remettez cela sur le tapis ?

- Car Drago est l'un des nombreux obstacles entre nous. Comment crois-tu qu'il va réagir quand il l'apprendra ? Pourquoi, d'ailleurs, tu ne lui as encore rien dit, si ce n'est par crainte de sa réaction ?

- Je ne veux pas faire souffrir Dray et je ne le ferai pas souffrir, il le saura en temps utile, s'il doit l'apprendre. Et si alors il ne l'accepte pas, eh bien tant pis pour lui, il n'a aucun droit sur ma vie ou sur la vôtre.

- Harry, ce n'est pas vrai les autres auront toujours un droit de regard sur notre vie.

- Mais je ne vous demande pas d'hurler à la face du monde que vous êtes attiré par moi.

- C'est ce qui faudrait… Tu l'as dit, tu veux quelqu'un que tu puisses aimer.

- Vous avez tort, Lucius. Je ne suis pas contre une vraie histoire avec des sentiments, c'est vrai mais je ne suis pas aussi innocent que ce que vous semblez vous figurer, je ne l'ai jamais été, sachez-le et je ne vous demande pas au-delà de ce que vous pouvez me donner.

- Je ne reviendrai pas dessus, Harry, nous ne devons pas faire quelque chose que nous pourrions regretter.

- Mieux vaut ne pas vivre que de se tromper, c'est ça…

- Oui, Harry. »

Les deux hommes se tenaient face à face, séparés par le muret entre les deux balcons. Le jeune homme n'y tenait plus, Lucius était aussi entêté que son fils et se lança, il demanda ce qu'il voulait le plus.

« Accepter de poser à nouveau pour moi !

- Quoi ?

- Je sais à quoi m'en tenir et je ne ferai rien que vous réprouveriez, je le promets, acceptez, s'il vous plaît.

- Ce ne serait pas raisonnable. Cela risquerait de déraper.

- Vous croyez quoi, que je me suis allongé après chaque séance de pose avec Dray. D'ailleurs, il me semble que nous n'avons rien fait la première fois et je suis sûr que nous ne ferons rien.

- Harry… »

A la colère qui commençait à poindre chez le jeune homme, répondait la résignation du Lord, ce qui énervait encore plus Harry qui fusillait Lucius du regard.

« Comprends-moi.

- Comprendre quoi… Que vous me repoussez de peur de me faire souffrir ou de souffrir vous-même… Vous le reconnaissez vous-même, nous sommes attirés l'un par l'autre et peut-être que je n'ai pas encore énormément d'expérience mais je sais que notre attirance est très forte, quasi inexplicable, profitez du temps qui nous est imparti. »

Lucius admirait les traits de l'artiste qui dégageait un feu à présent. Le jeune homme ne le savait pas mais il employait le même argument que Drago, le temps qui leur était imparti, c'était le temps d'un été. Le Lord pouvait-il faire ça à cet adolescent, lui prendre deux mois de sa vie.

« Harry, ne vois-tu pas que tu mérites mieux que ça, que de te lancer dans une relation qui ne durera pas plus de deux mois ?

- Je préfère deux mois d'une relation avec des sentiments forts et passionnés et qui ne soit pas seulement basée sur le sexe qu'un an ou toute une vie d'une histoire uniquement sexuelle… Et puis tout ne durera pas forcément deux mois.

- Harry.

- Rien ne pourra te faire changer d'avis.

- Je ne veux pas refaire les mêmes erreurs que dans le passé, je sais que les sentiments ne suffiront pas et je sais que tu partiras et qu'après, il ne restera plus rien ni pour toi, ni pour moi, plus rien que de la douleur, de l'amertume, des regrets. »

Le jeune homme se sentait brisé par ce refus du Lord, il voyait tellement de désir et de tristesse dans ce regard gris. Lucius s'était brimé depuis des années, depuis toujours peut-être, qu'il n'arrivait pas à réagir autrement. Et Harry inexplicablement se retrouvait encore plus sous le charme de cet homme si beau, si résigné, il voudrait tant faire changer d'avis le Lord. Harry se lança, même s'il savait qu'il n'avait aucune chance.

« Lucius, je sais que tu ne veux pas d'une relation avec moi, j'ai compris mais je tiens à te préciser que ma proposition pour le tableau tient toujours et je t'attendrai dès demain et les jours suivants là-bas comme il y a quelques jours. Non, ne me répond rien. »

Harry quitta alors le balcon et s'engouffra dans la chambre, Lucius le regarda fuir une nouvelle fois, il savait qu'il avait à réfléchir, sur ce qu'il voulait profondément et s'il acceptait de passer du temps avec le jeune homme en tête-à-tête.

A suivre...

Si vous avez le temps une 'tite review, merci d'avance...