L'heure du rendez-vous avec la directrice était enfin arrivée et Hermione se tenait devant la statue de gargouille. Elle avait prononcé le mot de passe et regardait l'escalier se déployer devant elle complètement avant d'y monter pour rejoindre le bureau de la directrice. Elle n'y avait pas souvent mit les pieds au cours de sa vie d'étudiante, mais avait constaté à son arrivé que l'endroit n'avait à peu près pas changé depuis la mort de Dumbledore.

-Ah miss Granger, vous voilà. J'imagine que vous devez vous demander pourquoi je voulais vous voir aujourd'hui. Eh bien j'ai quelque chose à vous demander, une mission en quelque sorte. Il y a un historien de la magie plutôt paranoïaque qui a enfin accepté de me céder quelques boîtes de livres rares qu'il a en trop. Comme c'est un collectionneur, il recherche toujours les livres les plus parfaits possibles et les éditions les plus rares alors il lui arrive au cours de ses quêtes de trouver des livres en meilleure condition que ceux qu'il possède déjà et il accumule des doublons. J'aimerai que vous vous rendiez chez lui et que vous rapportiez les boîtes de livres à Poudlard. Pour cette mission, je veux que vous soyez accompagné…

Quelqu'un frappait au même moment à la porte et la directrice fit entrer cette autre personne.

-Ah monsieur Malefoy, vous arrivez pile.

Elle avait repris les explications du début et Hermione avait compris à ce moment là avec horreur, qu'elle n'allait pas avoir le loisir de choisir son partenaire de mission.

-Comme je vous l'ai dit, cet homme est paranoïaque. Il a jeté un sort anti-transplannage sur l'ensemble du village où il vit afin de s'assurer de ne jamais se faire attaquer ou surprendre par des sorciers qu'il n'a pas invités. Voilà pourquoi j'ai fait appel à vous miss Granger, je pense que vous avez votre permis de conduire moldu si ma mémoire est bonne?

-Oui madame, avait répondu humblement Hermione.

-Donc vous aller vous rendre avec monsieur Malefoy chez cet homme, à Toddington, c'est à environ 160km de Londres et vous aller devoir vous y rendre en voiture pour récupérer livres. Par contre, il ne les laissera pas aller si facilement, c'est là que j'ai besoin de vous monsieur Malefoy.

-De moi madame? S'étonna Drago qui avait été plutôt silencieux depuis qu'il avait franchit la porte.

-Comme je vous l'ai dit, il est historien de la magie et c'est aussi un collectionneur. Bien que ce soit majoritairement les livres rares qui l'intéresse, il collectionne aussi autre chose : Les souvenirs. Il veut l'un de vos souvenir à vous monsieur Malefoy.

-Moi?

-Oui vous. Il ne m'a cependant pas précisé lequel, mais il a exigé que ce soit vous qui vous rendiez chez lui. Je vous donne par contre le choix de décider si oui ou non vous voulez rencontrer cet homme. Bien que ces livres soient importants pour l'école, je ne veux pas vous obliger à faire quoi que ce soit!

-Si j'accepte…. je pourrais avoir quelque chose en échange, questionna Malefoy.

Hermione serrait les poings. Elle se doutait bien que Malefoy réclamerait quelque chose en contrepartie, aucun chance qu'il fasse quoi que ce soit pour quelqu'un d'autre que lui-même…

- Oui, mais cela dépend de ce que c'est, dit sérieusement McGonagall qui n'avait pas l'air surprise du tout de la requête du jeune homme.

-Je sais que vous aller créer dans la salle des trophées, un mur commémoratif pour souligner le rôle des différents héros qui ont participé à la bataille de Poudlard et je veux que le nom de ma mère y soit. Je crois qu'elle y mérite une place.

-Je trouve cette demande tout à fait équitable monsieur Malefoy, je crois que votre mère a fait preuve d'un grand courage ce jour là. Je sais que le plan final de la murale n'est pas encore complété, donc cette demande est assez facilement réalisable. Monsieur Potter doit approuver les noms de ceux qui y figureront, mais je ne serais pas surprise qu'il l'ait déjà de lui-même suggéré. Considérer votre requête comme accordée. Est-ce tout monsieur Malefoy?

-Oui madame, avait répondu Drago, le visage indéchiffrable.

Hermione n'avait cessé de le regarder depuis qu'il avait fait cette surprenante demande. Il n'avait rien demandé pour lui, pas de congé d'examen, pas d'exemption de cours, rien d'égoïste, pas d'appartement privé, de repas particuliers, rien pour lui-même. Son expression restait froide et son ton toujours égal, sans émotion, mais elle avait remarqué que ses yeux le trahissaient quelque peu et pour la première fois elle senti qu'elle était capable de lire jusqu'au fond de son âme, au delà de son don pour l'occlumancie.

Dans son souvenir, le Malefoy qu'elle avait toujours connu aurait fait des demandes extravagantes pour lui-même et aurait profiter de la situation pour pousser la directrice à l'extrême, mais le jeune homme à côté d'elle aujourd'hui ne ressemblait plus au garçon blond égoïste qu'elle avait toujours côtoyer lors de sa scolarité.

Les détails de leur petit voyage, furent rapidement réglés. Ils partiront mercredi matin assez tôt. Hermione avait proposé d'emprunter la voiture de sa mère qui la mettait toujours à sa disposition en cas de besoin, plutôt que d'en louer une. Il ne lui restait plus qu'à lui écrire pour l'en informer.

Drago Malefoy était sorti du bureau de la directrice plutôt content de ce qu'il avait réussi à négocier. Sa mère serait à jamais immortalisée comme ayant eu un rôle important dans la bataille de Poudlard, car après tout sans elle, Potter ne serait peut-être plus en vie. Quand la directrice avait accepté sa requête, il avait senti en lui remonter un flot d'émotions en pensant à la fierté de sa mère quand elle le découvrira. Elle qui se battait à coup d'œuvre de charité pour faire remonter dans l'estime publique le nom de sa famille, elle aura enfin la notoriété qui lui revient.

Drago doutait cependant de ce que la directrice avait dit au sujet de Potter et du fait qu'il l'aurait probablement suggéré lui-même. Après tout, ce n'était pas par compassion ou intérêt pour Potter qu'elle l'avait aidé dans la forêt face au seigneur des ténèbres, mais parce qu'il avait sauvé la vie de son fils unique dans la salle sur demande. Les livres d'histoire n'étaient pas encore écrits pour raconter en détails l'ensemble des évènements qui s'étaient produits l'année dernière et beaucoup de sorciers ne croyaient pas à la version selon laquelle Narcissa Malefoy avait réellement fait quelque chose pour aider Harry Potter et la plupart des gens croyaient plutôt qu'il ne s'agissait que d'une rumeur propagée par elle pour se faire de la publicité sur le dos du survivant. Certains sorciers qui avaient pris partie pour le lord noir racontaient des histoires à propos de leur changement de camp en fin de parcours afin de se faire pardonner leurs actes plus sombres. La différence c'était que l'histoire de Narcissa était bien réelle. Maintenant grâce Drago, il y aurait un endroit où l'on ne pourrait pas réfuter sa contribution et sa version des faits.

Granger avait eu l'air si surprise qu'il ne fasse pas de requête égoïste. Il savait que malgré le fait qu'ils avaient arrêtés de se détester publiquement, ils étaient loin d'être des amis. Il avait cependant eu un drôle d'impression à propos de la jeune femme. C'était presque comme si elle avait été capable de voir au plus profond de lui, ses émotions qu'il dissimulait assez habilement en générale. Pourtant il croyait bien les avoir refouler profondément de son cœur, les rendant invisible aux yeux des autres. Le sens de l'observation de cette fille commençait à l'agacer sérieusement! C'est comme si elle avait le don de lire au fond des âmes et de connaître les pensées secrètes des gens… Pas des gens en fait, mais les siennes plus spécifiquement.

Il se fâcha contre lui-même :

-Pourquoi suis-je encore entrain de me prendre la tête avec cette fille!

Il se fichait bien d'aller raconter un quelconque souvenir à un stupide historien paranoïaque, mais la façon de s'y rendre et la personne avec qui il devait s'y rendre le dérangeait énormément. Ils seraient confinés plusieurs heures ensemble dans un endroit restreint, où il leur serait impossible d'échapper l'un à l'autre. Essaiera-t-elle de le confronter sur ses cauchemars ou sur le baiser qu'ils avaient échangé? La tension sexuelle qu'il avait ressentit dans la bibliothèque en sa présence, sera-elle supportable dans le petit habitacle d'une voiture? Aura-t-il le courage de l'interroger sur ce qui le ronge depuis des mois déjà soit son témoignage lors de son procès? Feront-ils simplement le voyage en silence et mal à l'aise l'un envers l'autre? Finalement se rendra-elle compte qu'il n'avait jamais mit les pieds dans une voiture…

La semaine avait presque passé à l'accélérer et le mercredi matin était très vite arrivé. Les autres élèves avaient assez rapidement été mis au courant de la mission qui avait été confiée à Hermione et Drago, mais pour les détails, l'un comme l'autre étaient restés dans le vague. Neville avait cependant signalé à Hermione son inquiétude par rapport au fait qu'elle allait partir seule et très loin avec Malefoy.

-Tu as l'air détendu Hermione, mais c'est tout de même de Malefoy qu'il s'agit, s'inquiétait Neville.

-Depuis le début de notre projet, il ne m'a pas embêter une seule fois alors ne t'inquiète pas, lui disait Hermione pour l'apaiser.

-Il n'avait pas encore eu d'occasion c'est aussi simple que cela! Je ne lui fais pas confiance et je n'aime pas comment il te regarde… Il restera toujours Malefoy, un sale type!

-Tu sais Neville, comme on ira là bas avec ma voiture, je peux toujours décider de le jeter dehors quand bon me semble si jamais il me cherche des problèmes.

-Et si tu le poussais dehors une fois à destination. Il devra alors marcher pendant 15 kilomètres avant de pouvoir transplanner, ce serait une belle vengeance pour toutes les années de méchanceté qu'il t'a fait subir.

-Tu sais Neville, je ne suis pas vraiment le genre de fille à chercher vengeance.

Elle ajouta pour elle-même : « et à garder des rancunes… » Pourtant elle avait toujours été une personne qui n'accordait pas facilement son pardon allant même jusqu'à faire durer des chicanes durant des mois pour des raisons souvent bien ridicules. Avait-elle changer à ce point ou était-ce seulement avec Malefoy qu'elle avait choisi d'être aussi tolérante?

Drago et Hermione franchirent ensemble les grilles du château et Hermione agrippa le bras de son partenaire de mission et transplanna vers la maison de ses parents en l'entraînant avec elle. Les deux étudiants avaient atterrit en douceur dans la cours juste devant la maison des Granger. Il était tôt et les parents de la jeune femme n'étaient pas encore debout.

En marchant vers le véhicule, elle avait jeté un coup d'œil à son compagnon de voyage. Elle trouvait vraiment que sa tenue vestimentaire était beaucoup trop habillée pour l'activité qu'ils devaient faire et elle lui fit remarqué de façon assez directe :

-Tu sais, nous avons plusieurs heures de voiture à faire, tu aurais pu t'habiller plus décontracté, tu as l'air d'un croquemort.

-Qu'est-ce que tu insinues, s'indigna Malefoy qui visiblement se méprenait sur la signification de l'expression croquemort.

Hermione avait alors comprit pourquoi le jeune homme semblait si choqué et elle lui expliqua :

-J'ai pas dit Mangemort, mais croquemort. Chez les moldus, c'est le surnom qu'on donne aux entrepreneurs des pompes funèbres!

Voyant que le jeune homme ne comprenait toujours rien à ses explication, elle laissa tombé et lui demanda simplement de retirer son veston qu'elle jugeait simplement trop… juste trop tout pour faire une longue virée en voiture.

-T'avais qu'à me le dire de façon à ce que je comprenne plutôt que d'utiliser des expressions de moldu au sens douteux.

-Je n'avais pas réfléchit avant de te dire cela. J'imagine que lorsque je suis près du lieu où j'ai grandit, j'oublie qu'il y a des sorciers qui ne connaissent pas le monde d'où je viens, déclara la jeune femme avec un ton un peu nostalgique.

Elle avait sorti les clés de la voiture de sa poche et appuyé sur le bouton de la télécommande pour déverrouiller les portières tout en invitant son compagnon à prendre place sur le côté passager.

Elle le sentait un peu nerveux, même s'il ne le laissait pas voir sur son visage. Elle avait le pressentiment que c'était la première fois qu'il monterait dans l'un de ces engins moldu. Étant né dans une famille de sorcier au sang pur, où les déplacements se faisaient soit en balais, soit en utilisant de la poudre de cheminette, soit en transplannant ou soit en utilisant un porte au loin, ce ne serait pas très surprenant.

Drago la regardait démarrer le moteur, fasciné par le fonctionnement de la chose. Elle lui expliqua ensuite comment enfiler la ceinture de sécurité, et il rouspétait un peu :

-À quoi cela peut bien servir, après tout on est enfermé dans une boite, au sol, c'est toujours plus sécuritaire que sur un balais où on se ballade à plusieurs mètres dans les airs.

-Oui mais si la police te voit sans ceinture, elle pourrait nous arrêter et nous donner une contravention, lui avait expliqué la jeune femme.

Ne voulant pas lui dire qu'il n'avait aucune idée de ce qu'était la police et encore moins une contravention, il arrêta d'argumenter et la laissa l'aider à attacher sa ceinture. Elle lui avait frôlé accidentellement la joue en allant la chercher au dessus de sa tête et il avait eu un frisson, qu'il avait heureusement réussi à dissimuler.

Depuis qu'il l'avait lui-même touché dans la section interdite de la bibliothèque, il avait éviter autant que possible les contacts physiques avec la jeune femme. Chaque frôlement de sa peau douce laissait comme une traînée brûlante sur sa propre peau et cette sensation perdurait assez longtemps pour qu'elle en devienne dérangeante. La proximité de cette fille lui faisait un drôle d'effet.

Il la connaissait depuis longtemps, mais jamais avant cet été, elle n'avait autant capté son attention. Ça faisait à peine 30 secondes qu'il était dans la voiture et il sentait déjà cette tension entre eux, celle qu'il avait tant redouter depuis qu'il avait appris qu'il partirait en mission avec elle.

Après avoir quitté le quartier de banlieue où ses parents habitaient, Hermione alluma le GPS intégré afin de connaître la meilleure route à emprunter pour se rendre à destination. Elle conduisait en silence, perdue dans ses pensées. Bien qu'elle comprenait parfaitement la raison de sa propre présence dans cette mission, en revanche, la présence de Malefoy était entourée d'une aura de mystère. L'historien Finéas Lighthrow avait réclamé sa présence en échange de livres rares. Malefoy possédait apparemment un souvenir que l'homme voulait et elle était un peu surprise que cet homme s'intéressait plus à Drago Malefoy qu'à elle, car après tout, n'avait-elle pas passé du temps à coté du célèbre Harry Potter, le survivant. À moins que son souvenir ne soit en lien avec Voldemort, que Malefoy avait étroitement côtoyé. Drago se doutait-il de ce que l'homme allait lui demander? Elle préféra cependant ne pas lui demander, vu son air renfrogné de ce matin.

Drago scrutait furtivement les gestes posés par Hermione Granger pour manœuvrer le véhicule. Elle devait conduire avec une étrange roue qu'elle avait appelé un volant, synchroniser ses pieds avec différentes pédales, un peu comme sur un piano et bouger un levier centrale qui faisait changer les vitesses du moteur selon une séquence pour accélérer ou ralentir. Le véhicule arrivait, à son grand étonnement, à atteindre une certaine vitesse sur la voie rapide, mais cela restait tout de même beaucoup plus long pour ce déplacer que de transplanner ou de voler. Il commençait à apprécier cependant la balade, il regardait le paysage défiler et aussi sa compagne de voyage qui devait rester concentré sur la route et qui grâce à cette distraction, ne remarquait pas le nombre de fois où l'avait fixé.

Elle semblait cependant un peu mal à l'aise dans le silence qui régnait entre eux. Au bout d'un moment elle avait décidé d'allumer la radio. La musique se diffusait partout dans l'habitacle et il constata que ça la détendait peu à peu. Elle s'adressa à lui :

-Ça ne t'ennuie pas que je mette un peu de musique.

-Pas de problème, c'est ta voiture.

-Tu as l'air plus détendu que lorsque nous sommes partis.

Il était surpris qu'elle ait remarqué le changement de son état général et il lui avait simplement répondu :

-Je m'y suis habitué.

-Tu n'avais pas eu l'occasion de monter dans une voiture avant, je me trompe?

-Disons que ma famille n'en possède pas.

Ce que Drago gardait pour lui en revanche, c'était qu'il ne s'était pas uniquement habitué à la voiture, mais aussi à la proximité et l'odeur envoûtante du parfum de la jeune femme. Il se doutait bien qu'elle, si observatrice, avait remarqué qu'il n'était pas à l'aise au début dans le véhicule et à voir comment elle avait dû lui attacher la ceinture de sécurité comme à un enfant, elle n'avait pu que conclure que c'était la première fois qu'il y montait alors inutile de lui confirmer plus directement se disait Drago.

-Je savais en commençant à étudier à Poudlard, que j'apprendrais à connaître d'autre moyen de transport plus efficace et plus magique pour voyager, mais j'ai toujours aimé les ballades en voiture. Mes parents et moi prenions souvent la route et on roulait sans avoir vraiment de destination précise, en écoutant de la musique et en chantant en famille On se retrouvait dans des endroits pittoresques et souvent moins touristique et on s'arrêtait pour pique niquer ou magasiner dans des petites boutiques artisanales. Pour moi c'était comme une forme de liberté et c'est sans doute pour cela que j'ai été cherché mon permis de conduire, même si je n'ai pas eu souvent l'occasion de conduire depuis l'été dernier.

Drago l'écoutait patiemment raconter son histoire. Il y avait un brin de nostalgie dans sa voix... Il essayait de se remémorer dans sa propre famille, un moment qui pourrait correspondre à celui qu'elle décrivait avec tant d'émotions, mais aucun ne lui venait à l'esprit. Elle lui raconta ensuite un peu plus en détail certaine anecdote de voyage, et riait parfois d'un événement plus spécifique. Il se demandait si c'était bien à lui qu'elle s'adressait et non à elle-même, mais ça lui était égal au fond. Il se rendait compte qu'il appréciait l'entendre raconter et qu'elle avait ce don de rendre intéressante même la plus banale des histoires.

Dans les salles de classe, il arrivait souvent à Hermione Granger de réciter des définitions de livres et de répondre longuement à une question posée par un professeur. La voix de la jeune femme en classe l'avait toujours agacé auparavant, mais aujourd'hui, alors qu'elle parlait sans répit de choses plus personnel, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier le moment.

Une chanson qui contenait une mélodie au piano résonnait dans les haut-parleurs et Hermione pianotait sur sa cuisse. Il se rendit compte que ça ressemblait beaucoup aux notes de la mélodie. Drago, visiblement intrigué lui demanda naturellement :

-Ça fait longtemps que tu joues du piano?

-Depuis que j'ai 5 ans, ma mère en jouait et ça m'a donnée envie d'apprendre, mais comment tu le sais?

-Tu pianotais sur ta cuisse et ça me semblait correspondre aux notes de la mélodie.

-Tu en joues toi aussi à ce que je comprends? S'étonna qu'à moitié la jeune femme qui ne doutait pas qu'il y avait une salle de musique dans son immense manoir.

-Plutôt bien en plus, probablement mieux que toi étant donné que j'en joue depuis que j'ai 4 ans, se venta Drago s'un ton léger.

-J'aimerais bien t'entendre! Je pourrais alors juger de ton talent, répliqua Hermione sur le même ton que lui.

Au bout de plus d'une heure de route, elle gara la voiture devant une petite maison blanche avec le toit rouge, plutôt banale dans ce petit village. Les deux compagnons s'étaient dirigés d'un pas lent vers la porte et un homme aux cheveux long gris retenus par un ruban de cuir brun avait ouvert. Il devait avoir près de 80 ans selon ce que McGonagall leur avait dit, mais il paraissait beaucoup plus jeune. Il se tenait assez droit aussi pour un homme de cet âge. Comme prévu par la directrice, il dégageait un haut niveau de paranoïa.

-Ah les voilà, les voilà, les petits protégés de Minerva, eh bien eh bien entrer, les pressa l'homme en surveillant dehors que ses visiteurs étaient bien seuls.

-Bonjour, je m'appelle Hermione Granger, se présenta la jeune femme et voici Mal… Drago Malefoy, se reprenait Hermione juste à temps, un peu embarrassée.

-Bienvenu mes jeunes amis, je suis Finéas Lighthrow. Je ne sais pas ce que Minerva vous a dit à mon sujet, mais ma réputation est un peu surfaite!

Une fois entrée dans la maison, Hermione avait figée sur place les yeux écarquillés, émerveillée par la pièce adjacente à l'entrée : une immense bibliothèque qui contenait une impressionnante collection de livres desquels émanaient une odeur de vieux cuir et de parchemin qu'Hermione appréciait fortement.

-Votre collection de livre à l'air incroyable, le complimenta la jeune femme.

-C'est toute une vie de dur labeur, venez, ne soyez pas timide, je vous fais visiter.

L'homme les conduisait aux travers des rayonnages, expliquant son mode de classement. Hermione n'arrivait pas à se retenir quand elle reconnaissait un ouvrage rare ou une édition qui était devenue depuis longtemps considérée comme disparut et l'homme fut très impressionné par l'énorme savoir littéraire d'une si jeune femme.

Drago se tenait un peu en retrait, ne pouvant participer à l'émerveillement de sa compagne. Il souriait intérieurement en pensant comment elle serait impressionner de voir la bibliothèque du manoir Malefoy qui devait être le double de celle-ci, avec cependant un peu moins de livres rares, mais tout de même assez bien garnit niveau rareté. Bon voilà que ça lui reprenait encore de penser à emmener Granger chez lui. Il avait rapidement chassé cette image de sa tête et attendait patiemment le moment où l'homme reporterait son intérêt sur lui, car il le savait, il était là pour une raison bien précise.

Laissant Hermione regarder de plus près certains ouvrages, l'homme avait pris congé de la jeune femme et avait entraîné Drago dans la cuisine. Il le regardait dans les yeux longuement avant de s'adresser enfin à lui :

-Comme tu t'en doutes, je n'ai pas demander à Minerva de te rencontrer par hasard, mais avant que je te dise précisément ce que j'attend de toi, laisse moi te dire mon autre nom : je suis le diseur de vérité.

-Ainsi c'est vrai, déclara simplement Drago qui connaissait parfaitement cette appellation, vous existez réellement. Mais comment ça marche au juste?

Drago avait entendu la légende, mais il n'avait jamais cru que cet homme existait réellement. Un homme capable de rentrer littéralement dans votre tête sans sort particulier, juste en vous touchant…

-Comme tu le sais, les voyants voient l'avenir, font des prophéties, moi c'est tout le contraire, je vois le passé, je lis dans les souvenirs. Plus l'émotion reliée au souvenir est puissante, plus le souvenir est clair pour moi. Vois-tu jeune Malefoy, je ne collectionne pas uniquement les livres anciens, je collectionne aussi les souvenirs et le souvenir que tu détiens est très précieux pour ma collection, car tu es la seule personne encore vivante à pouvoir me le donner. As-tu deviné de quel souvenir il s'agit?

-Je n'en suis pas certain.

-Tente quelque chose mon jeune ami, encouragea l'historien avec au sourire énigmatique.

Drago réfléchissait un moment et analysait l'âge de l'homme et son affection pour tout ce qui touchait au passé du monde sorcier et cela lui avait sauté aux yeux, presque comme s'il s'agissait d'une évidence :

-Je dirais la mort d'Albus Dumbledore

-Gagné! Tu es plus brillant que tu en as l'air. Vois-tu la mort du plus grand sorcier de tout les temps est un événement en soi, mais rien ne vaut vivre l'expérience en face plutôt que de simplement en lire des récits, même si certains réussissent quand même par l'écriture à relater fidèlement le passé… Donne moi tes mains maintenant jeune Malefoy.

Drago s'exécuta. Cet homme, selon la légende, avait le don de voir la vérité en toute chose. En fait, comme il pouvait accéder aux souvenirs des gens directement. Il était donc difficile de lui mentir et ce même si on avait de grandes facultés en occlumancie. Le seigneur des ténèbres aurait aimé pouvoir trouver cet homme à une certaine époque, mais il avait toujours réussi à se faire discret et à s'entourer de puissantes protections pour éviter d'être repéré. Maintenant que la guerre était terminé, il était possible pour lui de refaire un peu surface. Ce que Drago ne savait pas par contre, c'était la façon exacte que ce don fonctionnait, et il ne tarderait pas à le découvrir…

Une fois que l'homme était entré dans le souvenir ciblé, on revivait la scène comme dans une pensine, mais en plus intense, car les émotions elle-même étaient revécues par celui qui possédait le souvenir. C'était comme si on y était, avec tous les détails et ce jour là pour Drago, les émotions avaient été plutôt fortes. Il avait dû faire le choix entre sa famille et sa personnalité profonde, celle que Dumbledore avait décelée en lui : le fait, par exemple, qu'il n'était pas un tueur étant donné les méthodes maladroites dont il avait fait l'usage pour essayer de le supprimer. Il avait laissé son parrain finir le travail à sa place et même s'il savait aujourd'hui que cela faisait parti du plan de Dumbledore, il revivait encore toute la scène exactement comme il l'avait vécu ce jour là dans la tour d'astronomie. Le souvenir était si puissant, qu'il avait faillit se mettre à pleurer, mais quelque chose interrompit le moment. Hermione était entrée dans la pièce ne sachant rien de l'échange mental qui se déroulait entre les deux hommes.

Elle avait posé une simple question à l'historien en entrant dans la pièce. Cette question, Drago l'avait à peine entendue tant son expérience l'absorbait. La voix de la jeune femme l'avait cependant fait sortir de sa transe face au souvenir de Dumbledore, mais l'avait aussi soudainement entraîné vers d'autres types de souvenir, ceux la concernant elle.

En une fraction de seconde, plusieurs émotions avaient refait surface en lui et tous les souvenirs qu'il avait le reliant Hermione Granger refaisaient surface d'un seul coup. La première fois où il l'avait vue avec le choixpeau sur la tête en première année, dans la classe pendant qu'elle levait la main de façon exubérante. La retenue dans la forêt interdite qu'ils avaient partagé pour s'être promener en dehors de l'école la nuit, la première fois qu'il l'avait appelé sang de bourbe en deuxième année, les nombreuses taquineries et confrontations qu'ils avaient vécu au cours de leur scolarité, le coup de poing au visage en troisième année, son arrivée au bal au bras de Victor Krum en quatrième année, la capture de l'AD en cinquième année. Les souvenir de cette année refaisait maintenant et incontrôlablement surface, plus claire encore que tous les autres, en commençant par la torture qu'elle avait subit des mains de sa tante Bellatrix dans son manoir, elle sur un balais quand ils étaient entrain de s'échapper le la salle sur demande en feu, elle qu'il revoyait au première jour de cet été, elle qui dansait sensuellement avec Édwardo, elle qui lui tenait la main au réveil de son cauchemar, elle qui l'embrassait fougueusement, elle qui caressait sa marque des ténèbres dans la section interdite de la bibliothèque, elle qui lui prenait le bras pour transplanner, elle qui lui souriait dans la voiture… La jalousie, la haine, la peur, la tristesse et le désir…

Finéas Lighthrow lâcha le bras de Drago et souriait étrangement à la jeune femme, répondant à sa question comme si de rien n'était. Il l'avait ensuite accompagne vers la bibliothèque de sa maison.

Drago n'arrivait plus à bouger, submergé d'un coup par toutes les émotions de la pire à la meilleure, qu'il avait pu ressentir pour la jeune femme. Il reprenait peu à peu ses esprits et il constata tout ce qu'il venait de revivre. Tous ses souvenirs qui le reliaient à Hermione Granger avaient refait surface d'un seul coup et il avait partagé tout cela avec Lighthrow. Il se sentait vraiment gêné de savoir qu'en ce moment même, il était dans l'autre pièce avec elle. Lui qui gardait depuis toujours ses sentiments les plus secrets enfouit au fond de lui, se refusant à les exprimer trop ouvertement. Il n'avait pas réalisé jusqu'à aujourd'hui à quel point Hermione Granger avait tout au long de ces années d'études, susciter une variété d'émotions contradictoires et plutôt fortes en lui.

Comment le simple son d'une voix, de sa voix, avait-il réussi à faire remonter autant de choses? Réponse simple : l'étrange don de ce sorcier, le diseur de vérité, qui venait de lui exposer directement en plein visage une vérité sur l'évolution de ses sentiments pour la jeune femme au fil des années. Il ne se sentait pas prêt à en assumer la portée pour le moment, se contentant de remettre, non sans difficulté, son masque habituelle d'impassibilité.

Plus tard, Hermione aida Drago à charger les cinq boites de livres dans la voiture, soit 3 dans le coffre et 2 sur le siège arrière. Pendant que Drago apportait la dernière boîte, Finéas de son côté tendait à Hermione un paquet qu'il avait préparé spécialement pour elle, un livre qu'il tenait absolument à lui offrir.

-Ma chère, lui disait-il en lui donnant le paquet, je vous offre la solution à une énigme dont vous cherchez à découvrir le secret. Ouvrez le quand vous serez seule dans votre chambre et porter une attention particulière au chapitre 12…

-Merci mais...

-C'est moi qui vous remercie! Grâce à vous je me suis senti redevenir jeune à nouveau…

Malefoy l'attendait à l'extérieure, regardant la jeune femme prendre congé de l'étrange sorcier qui la gratifia de loin, d'un immense sourire. Hermione savait qu'il s'était passé quelque chose entre les deux hommes, un étrange échange, mais Malefoy affichait un visage tellement calme… Et pourtant, il la fuyait du regard depuis qu'il était sorti de cette cuisine. Elle savait qu'il cachait forcément quelque chose, mais elle préféra ne pas lui poser trop de question pour le moment. Comme la route était longue, peut-être pourra-t-elle réussir à faire bifurquer la conversation sur le sujet.

Au début du trajet du retour, Drago était plutôt silencieux se contentant souvent de répondre à la jeune femme d'un simple grognement ou d'un hochement de tête. Drago sentait, qu'elle était curieuse de savoir ce que Finéas Lighthrow lui voulait exactement, mais il n'était pas pressé d'en parler. Il essayait plutôt de se changer les idées en s'intéressant au fonctionnement de la voiture et en demandant à la jeune femme de lui expliquer le lien entre les différentes pédales et le levier centrale qu'elle manipulait assez régulièrement.

La jeune femme avait alors décidé sur un coup de tête de faire quelque chose auquel il ne s'attendait pas. Elle lui avait pris la main et l'avait mise sur le bras de vitesse du véhicule. Elle avait ensuite mis sa propre main par-dessus la sienne. Elle lui expliquait en même temps, en toute innocence évidemment, comment changer de vitesse. Elle lui faisait suivre le mouvement du pommeau avec sa propre main. Elle lui disait d'écouter attentivement la révolution moteur en lui apprenant comment déceler le bon moment pour passer au rapport de vitesse suivant. Quand elle avait commencé à constater qu'il semblait avoir compris, elle le laissa ensuite décider lui-même du moment opportun pour changer de vitesse. Il devait lui signaler quand elle devait appuyer sur la pédale d'embrayage et initier le mouvement du levier. Il se débrouillait plutôt bien et il se rendait compte qu'il avait une facilité étonnante à travailler en équipe avec elle.

La main de la jeune femme n'avait cependant pas quitté celle du jeune homme et ce même si elle s'était depuis longtemps aperçut qu'il n'avait plus besoin d'elle pour bouger le pommeau. Elle n'arrivait tout simplement pas à se résigner à la lâcher. Elle appréciait la douceur de sa peau et la sensation de chaleur qui se répandait partout dans son corps, chaleur causée uniquement par ce simple contact si innocent pour la majorité des gens, mais si dangereusement envoûtant avec lui.

Finalement, la jeune femme décida d'un coup de garer la voiture dans la cours d'une usine fermée.

-Qu'est-ce qu'on fait ici, demanda-il intrigué.

-Je te montre à conduire, viens prendre ma place.

Drago ne se fit pas prié, car il s'était rendu compte qu'il avait réellement envie d'essayer. Elle lui expliqua plus en détail le fonctionnement du véhicule sur un ton digne du professeur McGonagall, qui faisait bien rire le jeune homme. Pour lui démontrer le genre de pression qu'il devait appliquer sur les pédales, elle avait mit la main sur sa cuisse afin de lui faire sentir ce qu'elle essayait de lui expliquer. Ce contact physique inattendu lui avait fait manquer un battement de cœur. Il devait se concentrer plus fort désormais pour suivre toutes ses instructions, tant ce simple attouchement l'avait troublé.

Au bout de quelques essaies plutôt boiteux, il avait exactement saisit comment faire et le faisait avec une telle agilité qu'on aurait cru qu'il avait déjà conduit auparavant. Il se rendait aussi compte du sentiment de puissance qu'on avait quand on tenait le volant de cet engin dans ses mains. Ce sentiment, on ne pouvait pas vraiment le comprendre quand on se tenait du côté du passager. Comme il ne connaissait pas le code de la route, ils étaient restés dans le vaste stationnement à accélérer, freiner, déraper et s'amuser. Au bout d'un très long moment qui leur parut pourtant très court, ils avaient décidé de reprendre la route.

Le temps s'était écoulé rapidement et l'heure de dîner arrivait à grand pas. Hermione décida de lui faire vivre une autre expérience de voiture : le service au volant. Drago la regardait parler dans une drôle de boîte qui lui répondait à son tour. Elle avait ensuite avancé le véhicule jusqu'à une fenêtre et payé avec de l'argent moldu avant de recevoir un sac brun et des boissons dans des verres de cartons. Ils s'étaient stationnés près d'un parc et dégustaient leur Big Mac et leurs frites en regardant les moldus qui promenaient leur chien et couraient après leurs enfants. Il découvrait avec fascination le monde d'où elle venait.

Il vivait pleinement cette nouvelle expérience et au final, il se rendait peu à peu compte que les moldus n'étaient pas si différent des sorciers. Il se disait que Granger avait eu de la chance d'avoir pu connaître à fond les deux univers et pour la première fois de sa vie, son sang pur lui parut un peu fade et vide, comme s'il manquait une partie de culture dans sa vie.

Une fois bien restaurée, Drago avait surpris la jeune femme en prenant la parole :

-J'imagine que tu te demandes pourquoi Finéas Lighthrow tenait tant à me rencontrer.

-Je suis curieuse, je te l'avoue, mais sens toi libre de ne rien me dire si tu préfères.

Drago avait déjà pris sa décision. Il voulait lui confier son expérience avec le vieil homme, du moins en partie, celle qui ne la concernait pas directement.

-Tu as entendu parler du diseur de vérité

-Oui c'est une légende selon laquelle il existe un homme à la capacité de voir la vérité en toute chose et à qui il est impossible de mentir.

-La légende est basée sur un don très rare qui permet de voir dans les souvenirs des gens uniquement en les touchant. Le sorcier revit alors avec eux le souvenir choisi. Comme il est impossible de changer le passé ou d'en altérer le déroulement, alors on dit qu'il voit la vérité. Lighthrow a ce don et il l'utilise pour se faire une collection de souvenir précis, aussi rare que ses livres qu'il garde si précieusement.

-Quel souvenir avais-tu de si précieux à ses yeux.

-La mort de Albus Dumbledore!

Hermione repensait à l'expression étrange de Drago quand elle était entrée dans la pièce, au fait qu'il avait l'air comme figé et ailleurs. Elle se doutait de combien cela devait être dure de revivre un événement triste comme si on y était. Ce diseur de vérité était un homme bien étrange d'avoir exigé de pouvoir assisté à la mort d'un individu, même s'il s'agissait du plus grand sorcier de tous les temps. Finéas Lighthrow était peut-être historien, mais la plupart des historiens se contentaient de laisser les gens raconter leur histoire, ils ne les forçaient pas à se replonger directement dans l'émotion et la revivre. Hermione était en colère, mais en même temps un peu soulagé que ce sorcier ne l'est pas sollicité elle pour lui faire revivre une émotion difficile.

-Je suis désolé que tu ais eu à revivre ce souvenir, lui déclara-t-elle d'un ton remplit de sincérité.

-Ne t'en fait pas, j'en ai de bien pire que celui là, avait-il répondu.

-Mais tu avais l'air tellement secoué quand je t'ai vu…

Le voyant se figer elle tenta de se rattraper avant que le moment ne soit complètement gâché par ce qu'elle venait de lui dire:

-Après tout c'est toi qui le sais.

Hermione savait que Drago Malefoy devenait plutôt mauvais quand il s'agissait de parler de ses émotions et qu'il lui en voudrait certainement de lui avoir révéler qu'elle l'avait encore vue dans une situation où il avait perdu tout contrôle et se sentait faible.

Il se contenta cependant de rester là, sans aucune réaction, continuant à fixer les gens dans le parc. Il n'avait fait aucun geste impulsif pour se venger cette fois, comme la dernière fois… Cette fameuse nuit où il l'avait embrassé. Elle se sentait soudainement embarrassée d'avoir repensée à ce baiser alors qu'il ne se tenait qu'à quelques centimètres d'elle.

Les deux jeunes avaient repris la route au bout d'un long moment de calme. C'était Drago qui lui avait proposé de reprendre la route, sentant une soudaine tension qui se dégageait de la jeune femme. Il se doutait qu'elle s'était rendue compte d'elle même qu'elle avait été un peu trop loin avec lui quand elle lui avait lancé ce commentaire sur son expression traumatisée après sa rencontre avec Lighthrow. Pour la première fois cependant, il n'avait pas envie de se fâcher contre elle, car au fond, elle n'était pas au courant de toute l'histoire, de la partie qu'il lui avait caché volontairement, de ce flot de souvenirs la concernant qui avait implosé en lui quand elle était entrée dans la pièce. C'était surtout à cause de cela qu'il avait été perturbé et non à cause du souvenir de la mort de Dumbledore, même si ça l'avait aussi un peu replongé dans ses souvenirs à propos des mauvais choix qu'il avait fait durant la guerre.

Et puis, elle avait été parfaite avec lui en sortant de chez l'étrange homme. Elle ne l'avait pas interrogé immédiatement, bien qu'elle était de nature si curieuse d'habitude. Elle lui avait laissé le temps de se reconstruire mentalement et elle lui avait même fait assez confiance pour lui laisser le volant de sa voiture. En plus, elle lui avait même payé à dîner et il s'était promis de lui remettre un jour la pareille...

Elle lui avait aussi tenu la main longtemps sur le bras de vitesse et ce contact à l'air innocent lui avait fait du bien. Il avait réussi à s'habitué à la chaleur de sa peau et avait réalisé que dans sa vie, il échangeait en général que peu de contact physique avec les gens de son entourage.

Quand elle lui avait touché la cuisse en revanche, il avait ressentit quelque chose de différent... C'était probablement un effet secondaire de tous les événement la concernant qu'il venait à peine de revivre, surtout celui du baiser torride échangé avec elle, souvenir auquel il ne s'autorisait jamais à repenser. Leur après-midi de mission officielle avait finalement pris des airs de premier rendez-vous...

En regardant le paysage, Drago constata qu'il commençait à reconnaître le quartier d'où ils étaient partis et il savait qu'ils approchaient de la maison des parents de la jeune femme et que bientôt, ils seraient de nouveau séparés et retourneraient chacun à leurs activités normales au château dans une indifférence mutuelle. Cette constatation lui faisait ressentir un léger pincement au cœur.

Hermione ramena la voiture dans la cours de chez ses parents. La voiture de son père était garée dans l'allée... Ses parents étaient donc déjà de retour du travail.

Elle expliqua à Malefoy la procédure pour le transfert des boîtes de livres jusqu'à Poudlard. Ils devaient empilés les boites par terre et les recouvrir d'une couverture spéciale. Une fois tout en place, il ne suffisait de dire la formule : Déportendo, et les objets sous la couverture transiterait directement à l'endroit où une couverture jumelle avait été installé. C'était un peu le même principe qu'une armoire à disparaître. C'était la façon sorcier de faire un déménagement.

Les parents d'Hermione ayant entendu la voiture se garer, avait décidé de venir à la rencontre de leur fille et de son nouveau compagnon. Hermione n'avait pas eu d'autre choix que de le leur présenter :

-Papa, maman voici Mal… Eh Drago Malefoy.

-Enchanté de faire votre connaissance, Hermione ne nous ramène pas souvent d'amis à la maison, déclara la mère d'Hermione sur un ton enjoué.

Hermione ne savait pas trop si elle pouvait qualifier Malefoy d'ami, mais après la belle journée qu'ils venaient de vivre ensemble sans confrontation d'aucune sorte, peut-être après tout…

-Vous avez sûrement le temps de venir prendre le thé avec nous.

-En fait nous sommes attendus... lui disait Hermione pour se défiler.

-Aller juste une petite tasse de thé, ça fait des semaines qu'on ne s'est pas parlé et j'aimerais bien connaître un peu ton ami!

-Ok c'est bon ça va, mais pas trop longtemps, capitula Hermione devant l'insistance de sa mère.

Elle regardait maintenant en direction de Drago Malefoy qui affichait une expression amusée et elle le foudroyait du regard et lui faisait d'un signe de la main de la suivre.

Elle lui glissa à l'oreille :

-Bienvenue chez les moldus!

Drago regardait la maison, l'aménagement paysager complexe, les détails de l'architecture et il se disait que cette maison était plutôt vaste et luxueuse. Bon jamais autant que son manoir, mais la petite Granger venait d'un milieu aisé tout comme lui, dans un monde totalement différent par contre.

Mme Granger avait invité Drago à s'asseoir avec monsieur Granger au salon, pendant qu'elle et sa fille apporteraient le thé et des scones, spécialité de la maison. Le regard de Drago avait été rapidement attiré par la télévision. Il n'en avait jamais vraiment vu de près et il était très captivé par les images qui bougeaient, se demandant comment cela fonctionnait.

Le voyant intrigué par l'écran, monsieur Granger lui demanda :

-Tu aimes le soccer?

-En fait, c'est la première fois que j'en vois.

-C'est quand même pas la première fois que tu vois une télé?

-C'est la première fois que j'en vois une allumée, déclara-t-il d'un ton neutre.

-Personne n'a de télé chez les sorciers.

-Oui certain en ont, mais pas quand on vient d'une famille de sang pur.

-Sang pur?

-Mes parents sont sorciers et leurs parents l'étaient aussi vous voyez. Hermione elle, est née moldu. Si elle avait des enfants avec un sorcier ce serait des sangs mêlés, expliqua Drago.

En voyant le regard confus de monsieur Granger, il avait repris les explications avec moins de détail.

-Enfin bref, je n'ai ni télé, ni électricité chez moi.

-Même pas l'électricité, c'est vraiment différent de chez nous. Ma fille a fait installé l'électricité dans sa maison avec son ami Harry. Ils ont aussi installé un très gros écran de télé, le genre que ma femme détesterait, mais qui est idéal pour regarder des films et se sentir comme au cinéma. Ma fille ne m'invite pas souvent chez elle, mais quand j'y vais, j'insiste toujours pour que nous regardions un film afin de profiter un peu de cet écran. J'imagine que Harry est un sorcier plus comme ma fille.

-Il est sang mêlé et il a été élevé par des moldus au départ alors tout comme votre fille, la technologie de votre monde a toujours fait partie de sa vie.

-Eh bien mon cher, il était tant que vous rencontriez quelqu'un comme ma fille pour vous initier au mode de vie palpitant des, comment vous dites : moldus, termina monsieur Granger avec un grand sourire remplit de sous-entendus.

Drago décida cependant de ne pas démentir les pensées de monsieur Granger sur une possible relation entre lui et sa fille.

Hermione aidait sa mère à la cuisine, jetant un coup d'œil inquiet au salon de temps à autre. Elle voyait Malefoy discuter beaucoup avec son père et ça la rendait plutôt nerveuse. Elle se demandait de quoi ils pouvaient bien parler.

Sa mère s'adressa à elle tout sourire :

-Ne t'inquiète pas ma chérie, ton père s'occupe bien de lui. Au fait c'est un très beau garçon, il a l'air plutôt en forme et ses yeux sont magnifiques.

-Maman c'est juste un amie, lui expliqua-t-elle un peu embarrassé. Et puis d'ailleurs, j'ai déjà un petit ami : Ronald tu te souviens!

-Comme tu ne l'amènes jamais à la maison, je commençais à me demander s'il existait toujours.

-Je sais que je vous ai pas mal négligé depuis que je suis déménagée, mais je te jure que je vais me reprendre avant la rentrée des classes.

-N'empêche qu'il est vraiment jolie garçon celui que tu nous a ramené aujourd'hui.

-MAMAN!

-Ça va, ça va, j'arrête de jouer les entremetteuses…

Une fois tous assis au salon, la conversation tourna surtout autour de la restauration de la bibliothèque. Hermione n'avait pas parlé de la guerre à ses parents et elle fut soulagée que Drago ne mentionne rien sur ce sujet. Hermione leur avait parlé plutôt d'une rénovation des locaux et d'une mise à niveau de l'inventaire de livres, ce qui n'était pas loin de la vérité.

Dans le salon des Granger, il y avait un magnifique piano à queue d'une marque prestigieuse et Drago n'avait pas pu s'empêcher d'aller le voir de plus près. Madame Granger qui adorait la musique, l'avait acheté pour sa fille quand elle suivait des cours de piano. Drago leur disait que lui aussi en possédait un semblable et madame Granger lui demanda d'en jouer un peu pour elle.

Drago avait choisi de leur interpréter l'une de ses compositions, un morceau un peu triste, mais d'une beauté incroyable qui avait fait rapidement pleurer madame Granger qui avait d'ailleurs pris place sur le tabouret près du jeune homme. Il lui expliqua qu'il avait écrit cette mélodie pour sa mère, ce qui avait complètement fait fondre la femme pour le charmant « ami » de sa fille.

Hermione qui avait du retenir des larmes pour ne pas pleurer elle aussi en entendant la mélodie, se disait que le jeune homme avait vraiment le don de séduire les gens et que ses parents étaient maintenant eux aussi, devenus les victimes du charmes légendaire des Malefoy.

Ils avaient finalement passé plus d'une heure à discuter avec les Granger, avant de réussir à prendre congé et sortir de la maison.

Hermione s'adressa à Drago une fois à l'extérieure :

-Merci de ne pas avoir parler de la guerre et de mon escapade de l'an dernier devant mes parents. J'avais complètement oublié de te dire qu'ils n'en savent rien.

-J'étais déjà au courant du fait que tu ne leur avais rien dit.

Elle le dévisagea. Elle était assez étonnée qu'il soit au courrant de son secret…

-Samedi soir, je t'avais entendu discuter avec Séléna avant de m'endormir sur le divan. Tu lui disais que tu leur avais effacé la mémoire quand tu étais parti avec Potter sur la route et qu'à ton retour, tu ne leur avais pas tout dit pour la guerre, pour ne pas les inquiéter.

-Tu entends plus de chose que tu le laisses paraître toi, commenta la jeune femme.

-C'est le secret de mon succès. En parlant d'oreille qui entendent tout, combien de fois ta mère t'as-t-elle répéter que je suis un beau garçons, plaisanta-t-il.

Elle lui envoya un gros coup de coude dans les côtes et ce qui avait eu pour effet de le faire rire encore plus fort. Elle s'était alors mise à lui donner des petits coups de poing sur le torse, pas trop violent, juste assez pour lui faire enlever le sourire moqueur de son visage.

-Arrête de sourire comme cela!

Il lui agrippa les deux poignets et planta son regard dans le sien. D'un geste non prémédité, il amena les bras de la jeune femme de chaque coté de son corps et il l'embrassa sur la bouche.

Le baiser était doux, tout en retenue, pas aussi dévastateur que le premier qu'ils avaient échangé, mais oh combien plus délicieux. La jeune femme s'était laissée aller contre lui naturellement, se fondant sur lui comme si elle avait toujours eu sa place réservée à cet endroit. Quand il força le passage de ses lèvres avec sa langue, elle ne résista pas, approfondissant elle aussi leur baiser. Drago avait une main qui caressait sa nuque et l'autre qui se baladait dans le bas de son dos. Elle répondait parfaitement à son baiser, comme si leurs bouches avaient toujours été faites pour s'accorder, se comprendre, se compléter. C'est au moment où elle l'avait entendu gémir qu'elle avait réussi à revenir dans la réalité. Elle s'écarta de lui d'un coup et transplanna.