Bonjour ou bonsoir, tout dépend l'heure à laquelle vous lirez ces quelques lignes. Tout d'abord, je vous présente mes plus plates excuses. Ce n'est pas dans mes habitudes de laisser passer autant de temps entre deux publications.
J'ai essuyé moult problème : Un déménagement, un trop plein de boulot, mon ordinateur qui a décidé de me lâcher. D'ailleurs, j'ai bien cru ne jamais récupérer mes écrits. Des heures et des heures d'écrit...
Bref, maintenant que tout ces petits soucis sont réglés, j'ai préféré mettre le point final à cette histoire avant de recommencer à publier. Et voilà, c'est chose faite !
Sans attendre, je vous livre la suite.
Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de James LaRosa et je ne fais que m'amuser avec eux dans un but non lucratif.
Sur ce, bonne lecture et j'espère que ça vous plaira ;-)
Chapitre 10
Le brun passa les portes de l'Aréna et se dirigea d'un pas incertain jusqu'à son bureau. Il n'eut même pas le temps d'atteindre l'ascenseur qu'il fut stoppé.
― Jude ! Attends-moi, le héla Lionel.
De mauvaise grâce, ce dernier pénétra dans la cabine et en retint les portes pour laisser le temps à son ex belle-mère de le rejoindre. Pas facile de courir avec des talons de douze centimètres et une jupe crayon.
« Ridicule », pensa-t-il.
― Justement, je voulais te voir, lui dit-elle, le souffle court.
― Qu'est-ce que tu veux ?
Elle le fixa quelques secondes.
― Tu as mauvaise mine, rétorqua-t-elle. Laissant passer le ton froid qu'avait employé Jude.
― Merci beaucoup, s'exclama-t-il avec un sourire forcé.
Effectivement, il avait mauvaise mine et plus les mois passaient, plus ça empirait. Il ne se souvenait même plus de la dernière vraie nuit qu'il avait passé. Dormir plus de deux heures d'affilé lui était devenu complètement étranger. Impensable.
Les traits tirés, le teint pâle, le regard terne et des cernes accompagnés de poches sous les yeux. Non, vraiment, il se trouvait à tomber en ce moment…littéralement.
― Tu veux sortir boire un verre avec moi, ce soir ?
Sauvé par le gong ! Au même moment, un bip retentit dans l'espace confiné et les portes de l'ascenseur s'ouvrirent.
― On en parle plus tard, j'ai du travail, dit-il simplement en se précipitent hors de la cabine.
Il parcourut le dédale de couloirs les yeux baissés, fixant le dossier qu'il tenait entre ses mains. Quand enfin, il referma les portes de son bureau derrière lui. Voilà le seul endroit, avec son appartement, où il se sentait bien et en sécurité.
Ces derniers mois, sa vie sociale se résumait aux relations professionnelles qu'il se devait de maintenir cordiales. Hormis ça, il vivait en ermite et ça lui convenait. Il ne demandait pas grand-chose, juste qu'on lui foute la paix. Il n'avait pas besoin de leur fausse sympathie, ni même de leur compassion. Tout ce qu'il voyait dans leurs yeux était de la pitié et il n'y avait rien de pire.
― Marjorie, appela-t-il en appuyant sur le téléphone de son bureau, mettez moi en communication avec l'agent de Derek, s'il vous plait.
Derek n'était autre que le nouveau capitaine de l'équipe et son ancien client. Il avait dû faire un choix. Quand Lionel lui avait offert sur un plateau le poste de vice-président, il avait été obligé de faire une croix sur sa carrière d'agent, mais il ne regrettait pas. Le brun espérait faire changer les choses en acceptant ce poste.
Cette entreprise manquait d'humanité et il s'évertuait à remédier au problème. Pourtant ces derniers temps, il avait l'impression lui-même, d'en manquer cruellement. Tel un automate, il accomplissait ses taches sans cœur ni conscience.
C'était assez aisé de s'occuper financièrement de l'équipe des Los Angeles Devils. Elle brassait des millions sans qu'il ne lève le petit doigt. C'était nettement moins « facile » quand il s'agissait de gérer les joueurs, de négocier les contrats, les échanges et autres termes inappropriés pour parler d'êtres humains.
Alors Jude c'était mis en tête de changer leur façon de procéder. Ne plus traiter de la carrière de ses hommes comme s'il participait à une vente aux enchères d'objets. La prise de conscience semblait rude en fonction de qui se trouvait face à lui, mais il n'en démordrait pas… Les choses devaient changer.
Il n'admettrait jamais, devant quiconque, que c'était aussi une manière de s'occuper l'esprit. Oui, ses intentions étaient honorables, mais elles n'étaient pas complètement désintéressées et, bien qu'il en soit conscient, il avait du mal à l'admettre. Peu importe le motif, il faisait son travail et il le faisait bien. De ça, il en était sûr. La satisfaction du travail accompli, lui permettait au moins de garder la tête hors de l'eau, tout en l'empêchant de se perdre dans ses pensées.
Comme tous les soirs, Jude rentrait tard chez lui. C'était mieux ainsi, se disait-il. Lui qui avait toujours affectionné son appartement s'était mis à le regarder de travers, l'œil suspect. Persuadé qu'il faisait exprès de lui embrouiller la tête avec des flashbacks de sa vie devant. Celle où il était heureux. Chaque recoin sentait son odeur. Plusieurs lessives n'avaient pas suffi à la faire disparaitre du linge de maison. Oreillers, couette, draps, serviettes ou encore les plaids posés sur le canapé.
Comment était-ce possible que le temps n'ait pas effacé toutes traces de sa présence ? Peut-être que le problème venait de lui ? Peut-être même qu'il n'avait pas vraiment envie de l'oublier ? C'était sans doute pour la même raison que la nuit quand il n'arrivait pas à dormir, il se relevait pour aller sur Twitter.
Il écumait le réseau social à la recherche de la moindre trace de son ancien amant. Le compte de ce dernier était inactif depuis son accident. Malgré sa disparition des médias et des terrains de basket, il voyait encore des messages de fan le concernant. Les plus tweeters étaient les clicher de son dernier photoshoot pour le magazine Inside Style.
Comme il les comprenait ! Lui-même avait eu beaucoup de mal à se contenir en tombant dessus par hasard. L'image de son homme, imprimée sur papier glacé, trainait négligemment sur le bureau de Lionel. Toute la conversation, ou plutôt le monologue de son ex belle-mère, était passé inaperçu après ça.
En rentrant ce soir-là, il l'avait trouvé dans la cuisine affairé à faire couler du café…nu. Une simple serviette enroulée autour de sa taille. Des gouttes d'eau ruisselant encore sur sa peau. Ses yeux en attrapèrent une et la suivirent avec fascination, déambulant sur ce corps lisse, sur ces muscles fermes. Ce corps qui faisait rêver hommes et femmes, était à lui et rien qu'à lui. Un sentiment d'euphorie et de désir possessif le submergea.
― Jude, ça va ?
Ce dernier sursauta au son de la voix grave de son amant. Il sentit ses joues chauffer, gêner d'être surpris en train de fantasmer. Sous le rire du blond, il remarqua qu'il se léchait inconsciemment les lèvres et il cessa derechef, intimant à cette traitresse de retourner se cacher.
― Ce que tu vois te plaît ? lança Zero avec son sourire de séducteur, détendant l'atmosphère.
N'y tenant plus, Jude lâcha sa mallette sur le sol et traversa d'un pas vif, le salon, sous le rire de son amant, bien loin de le refroidir. Il prit son visage en coupe et l'embrassa à pleine bouche, lui arrachant sa serviette dans le même temps.
― J'ai envie de toi, souffla-t-il sur ses lèvres.
Comprenant ce que son amant désirait, Zero le déshabilla sans ménagement, dans des gestes brusques. Ne lui laissant pas le temps de reprendre pied, il se mit à le caresser. Ses mains prenant possession de chaque parcelle de peau à leur portée. Sa bouche partit à la découverte de ce corps qu'il ne connaissait que trop bien. Titillant les zones qu'il savait sensibles chez le brun. Ce dernier ne l'entendait pas de cette oreille et prit à pleine main les fesses de son vis-à-vis. Pressant leur sexe l'un contre l'autre, à la recherche d'une quelconque friction.
― S'il te plaît, gémit Jude avec impatience. Tu sais ce que je veux.
― J'ai fait de toi un monstre, grogna son amant avec humour.
Leurs bouches se retrouvèrent plus voraces que jamais. Le baiser devenait féroce. Ils n'avaient jamais assez de l'autre. Jamais assez de contact.
Zero empoigna les cuisses du brun et le souleva. Le plaçant sur le plan de travail de la cuisine. Il se glissa entre ses jambes reprenant cette friction qui faisait haleter son amant. Récoltant le liquide qui perlait sur son gland, il le pénétra d'un doigt, puis rapidement il en ajouta un deuxième. Faisant gémir de plus en plus fort son compagnon. Il le força à se pencher en arrière pour avoir un meilleur accès. Sa main ne put s'empêcher d'aller jouer avec le sexe du brun, le faisant languir.
― Viens, lui ordonna Jude en accentuant la pression sur ses fesses.
― Qu'est-ce que tu veux ?
Le blond aimait jouer, même s'il était à la limite de céder et Jude le savait. Il suça, lécha et mordilla ses tétons. Ses paumes s'imprégnant du corps pressé contre le sien. C'était comme une drogue. Chaque son, chaque geste de l'autre les emmenaient un peu plus loin. Ne pouvant s'en empêcher, il ne cessait de geindre.
Il en voulait plus. Il avait besoin de plus.
― Baises-moi, bordel !
C'était le signal qu'attendait Zero et d'un coup de reins, il le pénétra jusqu'à le garde, les faisant grogner de satisfaction. Ses mouvements de bassin se firent rapides et violents. C'était exactement ce que voulait Jude.
Il avait fait découvrir à son amant, l'amour, la douceur et la tendresse, mais avec lui, il avait également découvert un autre aspect du sexe, et il aimait ça. De temps en temps, il en ressentait le besoin et Zero le savait. Il reconnaissait les signes.
Ils avaient appris à se faire confiance, suffisamment pour partager leurs pensées les plus intimes.
Jude ouvrit les yeux et fit le tour de la pièce. Il avait recommencé. Tous ces flashbacks l'épuisaient, ils creusaient à chaque fois un peu plus, le trou béant dans sa poitrine. Des mois que ça durait. Il n'y arrivait plus. Par moment, son absence se faisait tellement pressante qu'il avait l'impression d'étouffer.
Comme à cet instant où il pouvait encore sentir ses mains sur sa peau.
Jude s'en voulait terriblement, se sachant en partie responsable de la disparition de l'homme qu'il aimait. Quand Zero avait fait son coming-out en l'embrassant au beau milieu du terrain, alors qu'ils venaient de remporter le championnat, ils avaient fait les choux gras de la presse people. Après ça, ce dernier avait souhaité mettre un frein à sa carrière, faire une pause pour profiter de leur nouvelle vie. Mais Jude s'y était opposé, le poussant à continuer. Il ne lui avait pas mis un couteau sous la gorge, mais il avait des arguments et avait su convaincre son partenaire.
Le seul moment où il aurait pu prouver à Zero qu'il l'aimait pour ce qu'il était et non pour son statut, il lui avait démontré l'inverse.
Il avait merdé, il n'y avait d'autre façon de le dire.
Il regarda son téléphone qui affichait dix appels manqués de Lionel. Il avait complètement oubliée l'invitation de cette dernière. Jude soupira, se disant qu'il trouverait bien un moyen de se faire pardonner.
Sur cette dernière pensée, il partit se coucher espérant glaner quelques heures de sommeil.
…
N'hésitez pas à me laisser votre avis !
Bisous
Sarah
