DISCLAIMER:
CETTE FIC NE M'APPARTIENT PAS!
TOUT CE QUE VOUS RECONNAISSEZ DU MONDE DE HARRY POTTER APPARTIENT A J. K. ROWLING, TOUT CE QUE VOUS NE RECONNAISSEZ PAS APPARTIENT A JENIMA.
Chapitre 50: le mariage (2)
C'est un cauchemar, je dors encore, c'est évident que je dors encore sinon comment expliquer la présence de cette main ?
Et comment expliquer le bras qui va avec ? Et il y a sûrement un corps rattaché à ce bras !
C'est forcément un cauchemar, la preuve, je ne me souviens de rien, le noir total.
Et je n'ose pas me retourner, qui que soit le mec à côté de moi, ça ne peut pas être une bonne chose.
Comme c'est un cauchemar, il pourrait s'agir de n'importe quel monstre : Rusard, Dumbledore, Hagrid, son chien ( quoique la patte du chien du gros doit être plus poilue ), Rogue… ou pire : Black.
Bon, de toute façon c'est un cauchemar, alors autant me retourner, voir de qui il s'agit, hurler un bon coup et me réveiller tranquillement chez moi en plein été réalisant que cette foutue année scolaire n'a pas encore commencé.
Au prix d'un grand effort, je me retourne le plus doucement possible pour ne pas réveiller le possesseur de la main et je réprime un hurlement en constatant qu'il s'agit de Black.
Me calmer, me calmer, je dois me calmer, tout ceci n'est qu'un rêve, un putain de mauvais rêve, mais un rêve quand même.
Sauf que tout est trop réel pour qu'il s'agisse d'un rêve, après tout je la sens bien sa main sur mon ventre, et puis j'ai un peu froid, ce qui n'arrive jamais en rêve.
Mais c'est un rêve, c'est forcément un rêve, un cauchemar pour être plus exacte.
Ça ne peut être qu'un cauchemar, sinon ça veut dire que je deviens folle, et si je deviens folle je vais devenir comme Gwen, une chtarbée folle amoureuse de Rogue.
J'arrive pas à croire que j'ai pu faire une connerie pareille, je devais pas être consentante, ou alors j'étais trop bourrée pour me rendre compte… ouais c'est sûrement ça, j'étais trop bourrée la preuve je me souviens de rien.
Et comment je vais faire quand il se réveillera ? Je vais lui faire un grand sourire en lui disant « eh salut, on a couché ensemble, je te hais et j'ai envie de te tuer. » ?
Si il était aussi bourré que moi, il ne se souviendra de rien, si il n'était pas aussi bourré que moi, alors il a profité de moi et il ne l'admettra jamais.
Faut que j'efface toute trace de ma présence dans ce lit, il ne doit rien deviner.
J'enlève précautionneusement sa main, puis je me lève doucement et je commence à récupérer mes affaires en faisant le moins de bruit possible.
Une fois que j'ai ramassé tous mes habits, je m'enferme dans la salle de bains.
Il ne s'est pas réveillé, un vrai miracle.
Une fois en sécurité dans la salle de bains, je me remet à penser à la gravité de ce que j'ai fait.
J'arrive pas à croire que je suis descendue aussi bas, je me dégoûte moi-même.
J'ai entendu dire que quand on se dégoûtait soi-même, le meilleur moyen de se sentir bien dans sa peau, c'était de prendre une douche, pour se laver de la crasse qui nous faisait nous sentir si mal.
A mon avis, vu la hauteur du dégoût pour moi-même que j'ai atteint, une douche à l'eau de javel ne serait pas une mauvaise idée.
Manque de bol, pas d'eau de javel chez les sorciers, je vais devoir me contenter d'une douche normale.
Je suis tranquillement en train de prendre ma douche, avec la même idée désagréable qui me revient constamment en tête : « j'ai couché avec Black, j'ai couché avec Black, j'ai couché avec Black… » Quand j'entends quelqu'un donner des coups sourds à la porte de la salle de bains.
Merde, à tous les coups c'est Black qui a finit par se réveiller.
Je suis la douche, il a pas entendu l'eau couler ? En tout cas il peut crever pour que j'aille lui ouvrir.
Les coups s'arrêtent, il a enfin fini par comprendre.
Je me replonge dans mes pensées, ou plutôt dans ma pensée.
« J'ai couché avec Black, j'ai couché avec Black, j'ai couché avec Black, j'ai couché avec Black… »
Soudain, un bras m'attrape l'épaule et me tire hors de la douche.
C'est Black.
C'est l'heure de la confrontation.
« Non mais ça va pas ? Qu'est-ce qui te prend ? Tu peux pas attendre ton tour ?
- J'ai attendu, j'ai frappé à la porte au bout d'une heure, et comme tu répondais pas j'en ai eu marre de poireauter, répond-il.
- Une heure ? dis-je, étonnée.
- Ouais, une vraie gamine superficielle, commente-t-il. On peut savoir pour qui tu te faisais belle ?
- Mais qu'est-ce que ça peut bien te foutre ? J'estime avoir le droit de prendre des douches d'une heure si j'en ai envie !
- Jones… tu voudrais pas passer un peignoir avant de continuer cette discussion passionnante ? »
Je sors de la douche donc je suis nue… il peut-être raison, passer un peignoir serait pas une mauvaise idée.
J'enfile le peignoir qu'il me passe et je recommence à l'engueuler.
« De quel droit t'entres dans la salle de bains ? Si je l'ai fermée à clé, il y a bien une raison, non ?
- Au bout d'une heure la raison n'est plus valable, j'ai pas envie de prendre une douche glacée, répond-il.
- On est dans un hôtel de luxe sorcier, dis-je. La réserve d'eau chaude est inépuisable !
- J'aime pas poireauter comme un con.
- C'est pas une raison pour sortir les gens de leurs douches de force, dis-je.
- Si tu veux pas être sortie de force de ta douche, reste pas pendant une heure dedans, réplique-t-il. Au fait, Jones, il m'est arrivé quelque chose de très bizarre tout à l'heure.
- Ah, j'suis bien contente pour toi, dis-je en amorçant un geste pour aller dans la chambre.
- Une minute, dit-il en me retenant. Tu vas peut-être pouvoir m'aider à comprendre. »
Je pousse un soupir exaspéré en m'asseyant sur le rebord de la baignoire.
« J'écoute, dis-je.
- Je me suis réveillé avec la pire gueule de bois de ma vie, raconte-t-il. Je ne me souviens pas du tout de la nuit dernière, en fait c'est à peine si je me souviens de la journée d'hier.
- C'est follement passionnant, Black, mais j'ai pas que ça à foutre alors…
- J'ai pas fini, me coupe-t-il. Donc, quand je me suis réveillé avec une gueule de bois monstre, j'étais dans le lit, je ne portais rien sur moi, et le côté du lit que je n'ai pas utilisé était défait.
- Et alors ? Tu peux très bien bouger dans ton sommeil, dis-je.
- Et t'expliques comment le fait que j'étais à poil ?
- Qu'est-ce que j'en sais ? Tu devais être trop bourré pour trouver ton pyjama.
- Moi je crois que j'étais avec une fille, et je crois que tu le sais, et que tu ne veux pas me le dire pour je ne sais quelle raison.
- C'est complètement débile, dis-je. Je ne sais rien.
- T'es rentrée avant ou après moi ? demande-t-il.
- J'en sais rien, je me souviens pas d'hier soir. J'étais saoule et je ne sais même pas comment j'ai fait pour rentrer.
- Et ce matin, t'as pas entendu quelqu'un partir ? questionne-t-il.
- Non, je dormais comme une masse, dis-je.
- Tu dormais où ?
- Dans la baignoire.
- Donc t'as rien vu et rien entendu, résume Black.
- Ouais, dis-je. Mais cherche pas, si t'as réussi à ramener une fille, c'est forcément la strip teaseuse.
- Non, c'est pas possible, répond-il très sûr de lui.
- Et pourquoi ça ?
- Parce qu'elle ne porte pas ce genre de trucs. »
Il sort un soutien gorge de sa poche, je pâlis.
J'étais pourtant sûre d'avoir ramassé toutes mes affaires !
« Maintenant que j'ai ça, suffit de trouver la fille qui entre dedans, dit-il.
- Logique… dis-je. Mais comment tu vas faire ?
- De la manière la plus laborieuse qui soit : je vais interroger toutes les invitées. De toute façon, la fille en question ne manquera pas de me le rappeler.
- Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- Jones, je sais bien que t'es conne, mais quand même ! répond-il en riant. N'importe laquelle des filles de ce mariage ne rêve que de passer une nuit avec moi, alors crois-moi elle va s'en vanter.
- Et pourquoi tu veux la retrouver ?
- Pour éviter qu'elle le raconte à tout le monde, je suis sensé être casé, vaut mieux être discret.
- Et tu crois que ça va être discret d'interroger toutes les filles du mariage ?
- Je t'ai dit qu'elle viendrait toute seule, répond-il. J'espère juste qu'elle va pas s'en vanter avant.
- Peut-être qu'elle a honte et qu'elle se pointera pas, dis-je.
- Et de quoi elle aurait honte ? C'est de moi qu'il s'agit quand même !
- Redescend un peu sur terre, Black. Il y a plein de monde qui te déteste ici, alors pourquoi pas cette fille mystère ? «
Il tressaille légèrement quand je parle de fille mystère, et décide d'abréger la conversation.
« Bon, Jones, j'ai mieux à faire que parler avec toi, alors montre-moi le soutien-gorge que tu portais hier et barre-toi de la salle de bains », ordonne-t-il.
Merde.
« J'en portais pas, dis-je.
- Si si, j'en ai vu un bout au travers d'un des trous de ta robe, répond-il. Fais pas ta pudique, Jones, c'est qu'un morceau de tissus, alors montre-le moi.
- Non.
- T'es vraiment puérile, Jones ! C'est qu'une simple vérification, ça va pas te tuer de me le montrer, qu'est-ce qui te dérange tant que ça ? »
Silence, je demeure muette.
Il semble attendre une réponse, puis, au bout d'un moment, il comprend et me regarde l'air profondément dégoûté.
« C'est pas possible ! Tu mens !
- J'ai rien dit, dis-je.
- Tu sais très bein ce que j'ai voulu dire ! C'est impossible, ça ne peut pas être vrai !
- Je préfererai nettement que ça soit faux, dis-je.
- Tu me donnes envie de vomir », marmonne-t-il avant de s'enfermer dans la salle de bains.
Cool, il a réagi pile comme je l'espérais, il va me foutre la paix.
Je prends quelques fringues dans ma valise et je commence à m'habiller, quand je tombe sur la boîte de préservatifs que j'avais refilé à Rogue avant qu'il ne parte en vacances chez Gwen.
Il a dû la glisser dans ma valise en sachant que j'allais au mariage, une blague vraiment très spirituelle…
Une pensée horrible me vient à l'esprit en voyant cette foutue boîte.
Est-ce que Black et moi on s'est protégés ?
Difficile de savoir étant donné qu'on ne se souvient de rien, mais je crois bien qu'on était trop bourrés pour lancer un sort, et comme on est chez les sorciers aucun de nous deux n'a dû penser à utiliser un préservatif.
Alors je pourrais très bien être… enceinte de Black ?
J'en ai déjà eu des idées désagréables, mais ça c'est pire que tout.
Je suis soudain prise de panique et de nausées, je sens que je vais vomir.
Je me précipite vers la salle de bains, j'ouvre la porte avec un sort et je fonce sur les toilettes pour vomir.
« Mais t'es vraiment dégueulasse ! s'écrie Black en sortant de sa douche. Tu peux pas te retenir un minimum ?
- Black…
- Quoi ? Je suis sûr que tu t'es faite vomir exprès pour avoir une raison de venir dans la salle de bains, juste pour te venger parce que je t'ai sortie de force tout à l'heure !
- Black…
- Quoi ? Mais vas-y, dis-là ton excuse bidon ! De toute façon je te croirai pas !
- On ne s'est pas protégés », dis-je.
Silence.
Il comprend instantanément de quoi je veux parler, et il perd d'un seul coup toutes ses couleurs.
« T'en es sûre ? Je croyais que t'avais aucun souvenir d'hier soir ?
- On était beaucoup trop bourrés pour y penser, dis-je. C'est possible, mais ça m'étonnerait.
- Tu prends pas ce truc moldu pour éviter de tomber enceinte ? demande-t-il.
- Non, j'utilise des sorts ou des préservatifs d'habitude, dis-je. Il existe pas de sorts de contraceptions qui marchent après ?
- Non… Mais t'es vraiment conne ! Tu pourrais pas prendre ce truc moldu comme toutes les filles saines d'esprit ?
- T'es quand même pas en train de dire que je vais peut-être tomber enceinte de toi ? dis-je.
- Maintenant c'est trop tard, je vois pas ce qu'on peut faire, répond-il. Tu pourrais pas prévoir ce genre de truc ? Toi qui passes ta vie à te saouler, tu devrais y penser ! »
J'arrive pas à croire que je risque d'avoir un gosse avec Black, je me demande à partir de quand on peut avorter, je crois qu'il faut attendre quelques semaines.
Je deviendrai complètement folle avec un mini Black dans mon ventre.
« T'as perdu ta langue ? me demande Black.
- Généralement quand je me saoule c'est chez les moldus et les mecs moldus pensent tous à utiliser des préservatifs à cause des MST…
- C'est con que ces trucs ne marchent pas après l'acte », commente Black.
Eh, mais il y a un moyen de contraception qui marche après l'acte !
La pilule du lendemain !
Je me lève précipitamment, Black me lance un regard interrogateur.
« Qu'est-ce que t'as ? me demande-t-il.
- Il y a une solution pour que je tombe pas enceinte, dis-je. C'est moldu, ça s'appelle la pilule du lendemain mais il faut que je la prenne au plus vite.
- Et on va trouver ça où ?
- Dans une pharmacie moldue, il faut qu'on aille chez les moldus, ça devrait pas être long si t'y vas tout seul en transplanant.
- Et comment je saurai laquelle prendre ? Hors de question que j'y aille tout seul, si jamais ça foire tu vas tout me foutre sur le dos, dit-il.
- Et comment on fait ? Je ne sais pas transplaner ! dis-je.
- Poudre de cheminette, répond-il.
- Le réseau de poudre de cheminette ne va pas jusque chez les moldus.
- On va aller sur le chemin de traverse, de toute façon on va devoir changer de l'argent pour l'acheter cette pilule. Alors reste pas plantée là, vas t'habiller, met des fringues moldus, on part dans 5 minutes. »
Six minutes plus tard, j'aterris lourdement dans la cheminée du Chaudron Baveur, à la suite de Black.
Les quelques clients présents nous regardent, l'air légèrement intrigués.
D'un commun accord muet, on décide de sortir avant qu'ils ne nous posent trop de questions.
« On aurait pas dû venir à cette heure-ci, maugrée Black une fois qu'on est dehors. Maintenant ils vont tous s'imaginer des trucs…
- J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi égocentrique, dis-je, consternée. Tous les Londoniens ne te connaissent pas, et tu ne crois pas qu'ils ont d'autres choses en tête ? Je sais que c'est dur à assimiler pour toi, mais tu n'es pas le centre du monde, ni même le centre de Londres.
- Tu peux parler toi, réplique-t-il. T'as mis un chapeau et des lunettes noires pour pas qu'on te reconnaisse !
- C'est une mesure de prévention au cas où je rencontrerai quelqu'un que je connais, dis-je. Je te rappelle que je vis à Londres.
- Tu risques de rencontrer un moldu qui te connaît sur le chemin de traverse ? Se moque Black.
- On va aller du côté des moldus aussi, dis-je.
- Et alors ? Tu connais trois personnes au grand maximum, tu crois vraiment que tu vas tomber sur eux ? Enlève donc ces trucs, t'as vraiment l'air débile.
- Va te faire foutre », dis-je.
Il pousse un soupir exaspéré et m'arrache mon chapeau ainsi que mes lunettes.
« On passera déjà un peu plus inaperçu », dit-il.
Il y a foule à Gringotts, à ce rythme là on en a pour une heure de file d'attente.
C'est vrai que c'est horriblement gênant d'être vu en compagnie de Black, c'est comme si les gens pouvaient voir immédiatement qu'on a couché ensemble.
J'ai bien réfléchi à la situation, et je me dis que je vais pas tenir encore deux jours avec Black, alors autant profiter de cette sortie à Londres pour le semer.
Je vais lui dire que j'ai trop honte d'aller acheter la pilule avec lui, il m'attendra dehors et je sortirai par la sortie de secours.
Black s'agite, apparemment il est pas patient et n'aime pas attendre.
« Je pourrais être tranquillement en train de dormir, mais par ta faute je dois m'enfermer dans cette foutue banque à poireauter au milieu de la moitié de Londres !
- Comment ça « par ma faute » ? dis-je.
- Si seulement t'avais l'intelligence de prendre régulièrement cette foutue pilule, on en serait pas là, répond-il.
- Inverse pas les rôles, Black, dis-je. Si toi tu n'avais pas été trop bourré pour lancer un sort, rien ne serait arrivé !
- Si j'avais pas été aussi bourré, je t'aurai jamais touché ! hurle-t-il.
- Alors tu admets que tout est de ta faute !
- J'AI JAMAIS DIT CA ! JE DIS QUE J'AURAIS PAS DU BOIRE AUTANT ! s'écrie-t-il.
- ALORS ARRETE DE BOIRE ! CA NOUS EVITERA BIEN DES EMMERDES A L'AVENIR !
- QUEL AVENIR ? JE VEUX PLUS RIEN AVOIR À FAIRE AVEC TOI !
- Hum, Mr ? Mrs ? intervient un gobelin.
- QUOI ? hurle-t-on d'une même voix.
- C'est votre tour, répond le gobelin.
- Déjà ? Il y avait la queue i peine 5 minutes, dis-je.
- Vous avez fait fuir les clients », répond le gobelin.
Je regarde autour de moi, effectivement la salle est presque vide à l'exception de quelques sorciers qui nous regardent, l'air horrifiés.
Cool, pour une fois Black aura servi à quelque chose.
« Tu crois quand même pas que je vais te laisser y aller toute seule ? dit Black en riant. Je te connais, Jones, je sais que tu vas te tirer à la première occasion. »
Nous sommes devant la pharmacie et je lui ai dit de m'attendre parce que je trouvais gênant d'y aller avec lui.
Ça n'a pas marché, il a vu le piège.
Tant pis, faut bien me faire une raison : je vais encore devoir passer deux jours avec ce mec.
On entre, la pharmacie est presque vide.
Tant mieux.
La pharmacienne au comptoir nous accueille avec un grand sourire joyeux.
« Bonjour les jeunes ! Belle journée n'est-ce pas ? Que puis-je pour vous ?
- On voudrait acheter la pilule du lendemain », dis-je.
Le sourire de la pharmacienne s'efface immédiatement.
«La pilule du lendemain.
- Ouais, dis-je.
- Et pourquoi ça ?
- Ben…
- Vous les jeunes vous ne pensez vraiment à rien ! Enfin si, vous pensez au sexe, mais ça ne vous viendrait pas à l'esprit de vous protéger ! Qu'est-ce que vous avez tous contre les préservatifs ? C'est pas assez branché pour vous c'est ça ?
- Non… c'est pas ça, dis-je.
- Et en plus vous le faites avec des inconnus, vous faites n'importe quoi n'importe quand avec n'importe qui, vous trouvez ça responsable ? Est-ce que vous êtes ensemble tous les deux ?
- Non mais… répond Black, mal à l'aise.
- Qu'est-ce que je disais ! Des débauchés, voilà ce que vous êtes ! De mon temps, les gens restaient vierges jusqu'au mariage, nous au moins on savait se tenir ! On ne se sautait pas dessus comme des animaux en rut, on était décents, on attendait avant de consommer notre amour !
- Mais madame, on a pas consommé notre amour, dis-je.
- Quoi ? Mais alors pourquoi avez-vous besoin de la pilule ? S'étonne-t-elle.
- En fait, on a eu un rapport sexuel sans protection, c'est pour ça qu'on a besoin de la pilule, dis-je. Mais comme on est pas amoureux on a pas pu consommer notre amour fictif, vous saisissez ?
- Arrêtez de faire la maligne, jeune fille ! Vous êtes irresponsable, j'aimerai bien savoir quelle bonne excuse vous avez trouvé pour expliquer que vous faites l'amour sans protection », répond la pharmacienne.
Cette vieille commence vraiment à me saouler, elle est vraiment obligée de remuer le couteau dans la plaie ?
J'ai comme l'impression que Black est mal à l'aise et qu'il veut se tirer au plus vite.
« Vous voulez vraiment savoir ? dis-je. Très bien. Ce charmant jeune homme et moi-même sommes des sorciers. Or, il se trouve que dans le monde de la magie, il existe des sorts de contraception aussi efficaces que la pilule ou le préservatif, mais le problème de ces sorts c'est qu'ils ne marchent que pendant l'acte, contrairement à la pilule du lendemain. Le problème, c'est qu'hier soir au moment de notre rapport sexuel, nous étions tous les deux beaucoup trop saouls pour penser à lancer le sort. J'ai donc besoin de cette pilule car je hais ce jeune homme et que je n'ai aucune envie d'avoir un mioche avec lui, alors donnez-moi cette foutue pilule, vous m'éviterez le désagrément d'un avortement. »
La pharmacienne a l'air consternée, je me demande si elle compte appeler l'asile.
« Ca fera 3£ », dit-elle finalement.
Black lui donne le fric et on s'apprête à sortir, quand je me fais interpeller.
C'est Lena, la copine de Steve qui m'a appelé.
Je suis plutôt contente de la voir, ça me change agréablement de voir une copine moldue quand on se coltine des sorciers méprisants tous les jours.
Je commence à discuter avec l'ex serveuse du Grand Triton, ce qui a le don d'énerver Black qui finit par sortir en me disant qu'il m'attendra dehors.
« C'est quoi son problème ? s'étonne Lena.
- Le sien je sais pas, le mien c'est qu'il existe, dis-je.
- Au fait, qui est-ce ? J'ai l'impression de l'avoir déjà vu.
- Il est venu au bar avec quelques uns de ses copains, dis-je. Pendant les dernières vacances.
- Ah oui, je me souviens ! s'exclame l'ex-serveuse. Qu'est-ce que tu fais avec lui ?
- C'est une longue histoire, dis-je.
- Laisse-moi deviner… tu as couché avec lui mais tu ne t'es pas protégée et du coup vous êtes venus en catastrophe à Londres pour acheter la pilule du lendemain. Vous en avez pas dans ton école ?
- Non, du coup on a séché les cours et on s'est débrouillés pour venir à Londres, dis-je.
- Cool, faudra être plus prudents la prochaine fois, commente Lena.
- Il n'y aura pas de prochaine fois, j'ai déjà assez de mal à assumer cette fois-là, pas la peine d'en rajouter.
- C'est quoi le problème ? Il est mignon, tu ne trouves pas ?
- Je refuse de répondre à cette question, dis-je. Et puis même, il aura beau être très mignon il restera un con fini, je peux pas le voir ce mec.
- Dans ce cas, fallait pas coucher avec lui, répond l'ex serveuse.
- T'en as beaucoup des réflexions intelligentes dans le genre ?
- Oh ça va, moi j'veux juste t'aider, mais si c'est pour me faire insulter…
- Non, désolée, j'suis un peu à cran, dis-je. Cette histoire me travaille.
- Mais je vois pas où est le problème, dit Lena. T'as couché avec lui, et alors ? Ca arrive même aux meilleurs de faire des conneries.
- En plus j'étais saoule.
- En plus ! Tu vois ? T'as rien à te reprocher, oublie cette histoire, c'est pas comme si t'avais couché avec lui en étant pleinement consciente de tes actes. Et si tu peux vraiment pas voir ce mec, tire donc avantage de cette histoire ! A mon avis il a autant honte que toi, alors si t'arrives à assumer ce que t'as fait, tu pourras t'en servir contre lui. »
J'aime vraiment beaucoup cette fille, qu'est-ce qu'elle fout avec Steve ?
Je la remercie et je lui dis au revoir, parce que je crois que Black commence à s'impatienter.
Ça m'a vraiment fait du bien de parler avec elle, après tout elle a raison : pourquoi se miner pour un truc qui est passé ? En plus j'étais pas consciente.
On ne peut pas revenir en arrière, alors autant assumer et enfoncer Black, parce que lui il assumera pas.
Le truc, c'est que si j'assume trop, il va croire que je suis folle de lui et que j'attendais que ça depuis que je l'ai rencontré ou une connerie du genre…
Je pourrai peut-être lui laisser entendre qu'il est nul au lit ?
J'en sais strictement rien mais il a le profil type du mauvais coup.
Je crois que je vais bien me marrer cet après-midi…
J'ai pris ma pilule dès que j'ai rejoint Black devant la pharmacie, et on est rentrés à l'hôtel sans problèmes.
Ce midi on bouffe avec la famille, il y a un grand repas d'organisé ainsi qu'une réception, il paraît qu'on va avoir une surprise.
Black et moi on ne s'est pas adressés la parole depuis qu'on est rentrés.
Il s'est enfermé dans la salle de bains du coup je reste coincée dans la chambre, ce qui n'a rien d'agréable.
C'est pas que la chambre ne soit pas confortable, au contraire, mais j'ai peur de regarder le lit et de me souvenir d'un coup de tout ce qui s'est passé la nuit dernière.
Je sais, c'est débile, ce genre de trucs ça arrive que dans les films, mais je préfère pas prendre le risque.
Je sais bien que je dois assumer, ou du moins faire semblant, mais me demandez pas d'accepter mes conneries instantanément, ça demande une préparation psychologique.
Mais ça ne m'empêche pas de jouer la comédie avec les autres.
Tout le monde est déjà attablé quand on arrive, ils arrêtent tous de parler et nous fixent bizarrement, presque cérémonieusement.
Il reste juste deux places, entre la gothique et sa sœur.
« Bien, dit Artus Black une fois qu'on s'est assis. Sirius, mon fils, tu t'es légèrement écarté du droit chemin ces temps derniers.
- Fils ingrat, honte de la famille ! Crache Venus Black assise à côté de son mari.
- Heu… ce que ta mère veut dire, c'est que tu nous a déçus en quittant la maison l'été dernier, car on t'aime, tu es notre fils quand même !
- Le noble nom des Black est souillé par ta faute ! Continue la mère de Black.
- Ta mère s'est aigrie, comme tu peux le constater, elle a beaucoup souffert de ton départ.
- Je la trouve pas très différente, répond Black.
- Pourriture ! J'ai sacrifié un elfe de maison pour remercier Merlin de t'avoir fait quitter mon toit ! Eructe Venus.
- La raison pour laquelle tu es parti, c'est le choix de ta fiancée, n'est-ce pas ? Demande Artus Black.
- On va dire que c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, acquiesce Black.
- Alors tu seras heureux d'apprendre qu'on t'a choisi une nouvelle fiancée ! » S'exclame le père de Black.
Silence consterné de Black.
Une nouvelle fiancée ? C'est ça la grande surprise ? C'est réussi, je m'y attendais vraiment pas.
« Papa, je ne suis pas intéressé, dit Black.
- Attends au moins de savoir de qui il s'agit avant de répondre ! S'écrie son père. Ta fiancée est la cousine de Narcissa, une petite française. »
La gothique ou sa sœur ?
« C'est Elodie Malfoy, tu la connais depuis pas mal de temps », continue le père de Black.
Je me souviens plus du nom de la gothique ni de celui de sa sœur, alors ça m'avance pas.
« C'est vrai qu'elle sort un peu de l'ordinaire… »
OK, c'est la gothique.
« …Mais elle a un bon fond et je suis sûr qu'ensemble vous reviendrez sur le droit chemin », achève le père.
La gothique n'a pas levé les yeux de son assiette, elle a l'air de s'en foutre royalement.
« Papa… j'ai déjà une petite amie, rappelle Black. Et tu pourrais au moins faire semblant de la respecter, t'apprécierais qu'on présente un nouveau futur mari à maman devant toi ?
- Pas vraiment, non… veuillez m'excuser, mademoiselle. Mais, vous comprenez, vous ne pouvez pas rester avec mon fils, vous n'êtes pas assez…
- Pure ? Dis-je.
- On peut dire ça comme ça, aquiesce le père de Black. Ça va aller ?
- Non, ça ne va pas aller, dis-je en sanglotant. C'est une blessure terrible que vous m'infligez là, Mr Black. Bl…Sirius était mon seul amour, le seul homme que j'ai jamais aimé à part bien sûr le chien de ma voisine. Je ne supporterai pas de le voir avec une autre, je préfère rentrer tout de suite et noyer mon chagrin dans un pichet de jus de citrouille typique de Poudlard.
- Vous m'en voyez désolé, miss, répond Mr Black gêné. Mais vous ne pouvez pas partir, les invités et leurs cavaliers doivent rester jusqu'après la cérémonie. Y a-t-il quelque chose que l'on puisse faire ?
- Est-ce que ma rivale a une chambre pour elle seule ? Dis-je en pleurnichant.
- Heu…oui mais, commence le père de Black.
- Très bien, alors je prends sa chambre et qu'elle partage la mienne avec Black… je veux dire Sirius, dis-je en arrêtant de jouer la comédie. Ça marche ? »
La gothique finit par lever le nez de son assiette.
Posément, elle sort un paquet de clopes de sa poche, en sort une, l'allume, la porte à sa bouche et finit par répondre.
« Ca marche. »
Affaire conclue, je vais me débarrasser de Black et en plus je ne serai même pas obligée d'assister à leurs réceptions débiles, je pourrai rester enfermée dans ma chambre.
Plus besoin de rester dans le même endroit que Black, plus besoin de faire semblant d'assumer nos conneries d'hier soir, le rêve.
Je me sens beaucoup mieux d'un seul coup, je crois que je vais pouvoir commencer à foutre un peu la merde dans le coin.
Je crois que j'ai emporté l'enregistrement que j'ai fait de Malfoy il y a quelques temps, quand il a essayé de me faire chanter… ça fera sensation pendant la cérémonie.
Je pourrais aussi tenter de retrouver le string du strip teaseur que Narcissa Black a arraché avec les dents… peut-être que Malfoy a fait un truc du genre avec la strip teaseuse, il faudrait que je les retrouve pour avoir leurs témoignages.
Vous pensez sûrement que j'ai envie de casser leur couple, mais c'est faux. Leur couple est trop malsain pour être cassable avec de simples preuves d'infidélité, mais Narcissa Black n'appréciera pas et son image du mariage parfait avec l'homme idéal comme dans les feuilletons moldus pourris sera cassée.
Faut pas que j'oublie d'enfoncer Black non plus, et accessoirement Bellatrix Black et son mec.
Et en plus demain les autres invités débarquent, ça promet d'être marrant.
Le repas se termine et on part tous s'installer sur la terrasse.
J'aperçois la journaliste qui est en train d'interviewer Sandrine Malfoy, sûrement à propos des fiancailles de Black et de sa fille.
Bizarrement, si tout le monde gravite autour de Black pour connaître ses sentiments à propos de ses fiancailles, personne ne s'intéresse à la gothique à part sa sœur, sa mère et la journaliste.
Je m'approche d'elles, la journaliste recopie fébrilement le récit de Sandrine Malfoy pendant que la sœur de la gothique explique à sa frangine qu'elle doit changer d'attitude si elle veut conserver un mec comme Black.
« C'est avec une joie non dissimulée qu'elle m'a remerciée de lui avoir arrangé ce mariage, je crois qu'elle était amoureuse de lui depuis très longtemps, raconte Sandrine Malfoy à la journaliste.
- L'écoutez pas, elle raconte des conneries, intervient la gothique.
- Il faudra que tu arrêtes de te maquiller autant. Tu vas prendre un fond de teint un peu plus foncé, un seul trait de crayon khol sous les yeux, une ombre à paupière claire et discrète, plus de noir à lèvre, tu changes pour du gloss à la framboise transparent, énumère la sœur de la gothique. Tu enlèves aussi les clous qui sont sur ton visage et dans tes oreilles…
- C'est des piercing, Morgane, marmonne-t-elle.
- Peut-être, mais c'est hideux quand même alors tu les enlève, tu te laisses pousser les cheveux et tu arrêtes de les teindre, avec un peu de chance ils reprendront leur couleur naturelle, sinon on trouvera bien un sort pour leur rendre leur éclat naturel.
- J'ai pas envie de redevenir blonde, répond la gothique, lasse.
- Nous pensons organiser la cérémonie l'année prochaine, en Mars, pour les 18 ans de ma fille, explique Sandrine Malfoy à la journaliste.
- Je crois que le plus important, c'est de modifier intégralement ta garde-robe, dit la sœur de la gothique. Je ne veux plus jamais te voir porter quelque chose de noir, on va aller faire les boutiques, ils doivent bien avoir quelques magasins potables dans ce pays…
- Je vous suggère « au monde du macho » sur le chemin de travers, à Londres, dis-je. Ils ont des trucs vraiment très sympas.
- C'est pas un magasin de fringues de mec ? Demande la gothique.
- Ça expliquerait pourquoi je trouve jamais ma taille… dis-je.
- Dégage, sang de bourbe, tu vois pas qu'on est occupées ? Dit la sœur de la gothique.
- Si, je vois que tu t'éclates à relooker ta frangine, dis-je. Tu sais, tu peux faire la même chose avec une poupée Barbie, la seule différence c'est que la poupée n'aura pas envie de te tuer. Quoique… même une poupée en plastique sans cervelle doit être plus intéressante que toi, donc c'est possible qu'elle tente de t'étriper.
- Va te faire voir, sang de bourbe ! Si tu crois que tu peux obtenir mon intention en me cherchant des poux, tu te plantes le doigt dans l'œil jusqu'au coude alors oublie-moi et va t'amuser avec un elfe de maison, eux ils sont de ton niveau.
- J'ai une vie tellement vide, tellement inintéressante alors que toi tu es parfaite, comment peux-tu me reprocher d'être jalouse ? Dis-je. J'aimerai tellement être une blondasse sans cervelle tellement commune qu'elle se fait oublier deux secondes après l'avoir rencontré ! C'est vraiment le but ultime de ma vie ! Mais c'est vrai que tu ressembles un peu aux elfes de maison, c'est d'ailleurs eux qui m'ont conseillé de venir te voir, ils pensent que tu peux m'aider dans ma quête de la non-existence. Eux ils ne sont pas encore à ton niveau, la preuve je me souviens encore de leurs prénoms alors que j'ai complètement oublié le tien.
- Ça c'est parce que t'as un problème de mémoir, normal pour les sang de bourbe, réplique-t-elle.
- Et c'est normal pour tous les autres invités de la fête ? Je crois que c'est tous des sang pur, dis-je.
- Eux ils me connaissent, répond-elle.
- Ceux qui sont de ta famille, mais les autres ? Tu n'intéresse personne, la preuve : c'est ta petite sœur et pas toi qui a été choisie pour se fiancer. Ça doit être rageant, non ? Surtout qu'il te plait bien, Sirius. Alors pour cacher ta déception, tu décides de transformer ta petite sœur en clone de toi pour vivre ton histoire d'amour avec lui à travers elle. C'est assez tordu et plutôt pitoyable, tu ne trouves pas ? »
La gothique sourit presque imperceptiblement et sort encore son paquet de clope tandis que sa frangine se lève et s'en va en me lançant un regard digne d'une bonne douche glacée.
« Je pense que nous commanderons la robe chez Martine, une grande boutique de mode sorcière française… mais qu'est-ce qui se passe ici ? Demande Sandrine Malfoy en voyant sa fille se tirer.
- Elle avait un peu soif, on va la rejoindre de ce pas », dis-je.
Rassurée, la mère de la gothique se remet à parler de la robe.
La gothique et moi on cherche à s'installer dans un coin un peu à l'écart, mais pas trop quand même au cas où j'enfoncerai Black je tiens à ce qu'il puisse entendre.
Un mur du bâtiment se trouve à côté de la piscine, avec une fenêtre et un léger renfoncement. En-dessous de la fenêtre, il y a un vieux banc.
Parfait.
Je m'assois dans le renfoncement du mur et la gothique s'assoit sur le haut du banc, les pieds sur la banquette.
Au bout de cinq minutes de silence, je finis par dire quelque chose.
« Alors, t'es contente d'être fiancée à Black ?
- Bof, lui ou un autre… Je suis plutôt contente d'être fiancée à un anglais, parce que mes parents ont décidé que j'irai vivre dans le pays de mon fiancé, pour qu'on apprenne à mieux se connaître. C'est pas que j'aime particulièrement l'Angleterre, mais si je vais vivre dans un autre pays, je serai plus obligée de supporter mes parents et ma sœur. »
Je crois que c'est le plus long truc qu'elle m'ait jamais dit.
« Donc… t'es contente d'être fiancée à Black, dis-je.
- Ouais. »
Là ça me paraît déjà plus normal.
« Il est comment Black ? Me demande-t-elle.
- Comment ça ?
- Comment il est quand on sort avec lui ?
- Je saurais pas trop te dire… Il est égoiste, lunatique, chiant, il pense qu'à lui n'essaye même pas de lui parler de tes problèmes, il n'est pas fidèle, il est pas romantique, il s'intéresse pas du tout à sa copine.
- Alors c'est quoi l'intérêt de sortir avec lui ? s'étonne-t-elle. Il est bon au lit ?
- Pas vraiment…
- C'était comment la première fois avec lui ?
- La première fois ? Elle se résume en neuf mots : les deux minutes les plus affligeantes de ma vie, dis-je.
- Et ça s'est amélioré ?
- Non, c'est allé crescendo dans l'affligeance. La deuxième fois c'était la minute et demie la plus affligeante de ma vie, la troisième fois c'était la minute la plus affligeante de ma vie….
- Mais au bout d'un moment il n'y a plus de temps, comment vous avez fait ?
- Il est devenu impuissant, dis-je. Le mec le plus affligeant de ma vie. Je te déconseille fortement d'essayer avec lui.
- J'ai jamais couché avec un mec, dit-elle.
- Alors t'es vierge ?
- Non. »
Hein ?
« Je suis lesbienne, explique-t-elle.
- Et t'as pas eu besoin de coucher avec Black pour te convertir ? dis-je.
- Non, j'ai juste eu besoin de coucher avec une fille de mon dortoir pour m'en rendre compte, répond-elle.
- Tes parents sont au courant ?
- Tu crois qu'ils essayeraient de me fiancer si ils le savaient ? réplique-t-elle froidement.
- Oh oui, ça doit pas faire bien une homo dans la famille Malfoy, dis-je.
- Effectivement.
- T'as une copine ? dis-je.
- Tu crois que je chercherais à quitter mon pays si j'avais une copine ?
- Si elle est très collante oui.
- Pas bête, mais non. »
Elle sort encore son paquet de clopes, cette fille est une vraie toxico.
J'observe les gens attroupés de l'autre côté de la piscine, la fête bat son plein entre le mariage Black/ Malfoy et l'annonce des fiançailles de la gothique et de Black.
Je pourrais casser l'ambiance en annoncant que la goth est lesbienne, mais bon, je préfère éviter de me la mettre à dos.
Par contre, je mettrai Black au courant dès que l'occasion se présentera.
Tamara Cook, la journaliste, est encore* en train de recueillir le témoignage de Sandrine Malfoy, les lectrices de Sorcière Hebdo ont vraiment que ça à foutre ? Lire des conneries racontées par une vieille peau qui rêve encore aux contes de fées ?
Faut croire, sinon la journaliste ne serait pas pendue à ses lèvres.
La sœur de la gothique est en train de discuter avec Bellatrix Black et Rodolphus Lestrange, ils lancent des regards méprisants dans notre direction, la française a dû leur raconter notre entrevue.
Lucius Malfoy flirte gentiment avec Narcissa Black, ils sont entourés par une foule incroyablement émue et émerveillée.
Je regarde un peu partout, à la recherche de Black, mais je ne le vois nulle part.
Je demande à la gothique si elle l'aperçoit, mais elle ne le trouve pas non plus.
La fenêtre derrière moi s'ouvre brusquement et je tombe sur le sol.
« C'est moi que vous cherchez, les filles ? Demande Black, à la fenêtre.
- Tu pourrais prévenir quand même ! T'avais pas vu qu'il y avait quelqu'un devant la fenêtre ? Dis-je en me relevant.
- Si, j'avais vu, répond-il avec un grand sourire.
- T'es là depuis longtemps ? S'inquiète la gothique.
- Quand j'ai réussi à semer les emmerdeurs qui voulaient savoir ce que je ressentais en étant de nouveau accepté dans la famille, je me suis réfugié aux cuisines et je n'en ai pas bougé. Je suis là depuis que vous êtes arrivées. »
La gothique perd le peu de couleurs qu'elle avait sur le visage.
« Dis pas à mes parents que je suis homo, Black.
- T'inquiète pas, Elodie, je ne leur dirai rien, c'est pas mon genre, répond Black. Par contre c'est tout à fait le genre de Jones. »
La gothique me gratifie d'un regard froid, méprisant et menaçant qui signifie que si je dis quoi que ce soit, je vais perdre la tête au sens propre du terme.
« Je ne dirai rien, promis, dis-je.
- Parole de Serpentard, commente Black.
- Ça vaut mieux que la parole d'un mec qui a trahi sa propre famille, dis-je.
- Un mec qui a trahi une mauvaise famille, corrige-t-il.
- Sa famille quand même.
- Elodie, tu veux bien nous laisser une minute ? On a des choses à se dire.
- Et c'est parti pour trente secondes d'affligeance », dis-je.
La gothique me fait un signe impercetible de soutien moral et s'en va rejoindre sa famille.
Une fois que la goth s'est un peu éloignée, je me tourne vers Black qui est toujours accoudé à la fenêtre.
« Alors, qu'est-ce que tu as à me dire ?
- Je sais très bien à quel jeu tu joues, répond-il. Tu crois que parce que mes parents ont décidé de me fiancer, tu vas pouvoir m'éviter pour le reste du mariage et du coup tu en profites pour jouer les pétasses insolentes. Tu peux faire semblant d'assumer la nuit dernière maintenant, si tu penses que t'auras plus à me supporter, que tu ne seras plus forcée de rester dans la même pièce que moi. Mais tu sais, Jones, tu oublies un détail capital.
- Lequel ? Dis-je.
- Je n'ai pas encore accepté de me fiancer, et si je dis non, Elodie restera dans sa chambre à elle, et toi tu m'auras encore sur le dos.
- Et évidemment, tu vas dire non parce que tu n'as pas apprécié que je dise que tu es le mec le plus affligeant de ma vie, dis-je.
- Non, ça je m'en fous, répond-il. Je n'ai jamais eu l'intention de dire oui. Je voulais juste te prévenir pour que tu arrêtes ton numéro. Tu n'es pas débarrassée de moi.
- Je sais ,t'es pire qu'une verrue, dis-je. T'es quand même cruel avec Elodie, elle aurait préféré rester ici.
- Ses parents ne rêvent que de se débarrasser d'elle, alors elle aura vite un nouveau fiancé et elle émigrera, répond Black. N'essaye pas de me faire croire que l'avenir de cette fille t'intéresse, tout ce que tu veux c'est récupérer sa chambre.
- Je la récupérerai quand même, dis-je. Parce que t'as mis du temps avant de refuser les fiançailles, alors c'est quand même vachement blessant, je peux dire que je ne crois plus en ton amour et donc je récupère sa chambre.
- Bonne parade, commente-t-il. Mais tu sais, tout ne se passe pas toujours comme prévu dans la vie, tu viens ? Je crois qu'on nous attend. »
J'ai pas confiance, il a l'air très calme, très sûr de lui, il doit préparer quelque chose.
De toute façon je ne comprends pas son acharnement, pourquoi il veut absolument que je reste dans la même chambre que lui ? Il devrait être content de se débarrasser de moi !
On rejoint les invités, Black monte sur la scène, l'air toujours aussi serein et calme.
« Mesdames et Messieurs, votre attention s'il vous plaît », dit-il.
C'était inutile de réclamer le silence, dès qu'ils nous ont vu arriver, les gens se sont tus et la journaliste a ressorti sa plume bizarre qui écrit toute seule.
« Comme vous le savez tous, ce midi mon père m'a proposé une fiancée : l'originale mais néanmoins délicieuse Elodie Malfoy. »
Applaudissements à la mention du nom de la gothique.
« Elodie est une charmante jeune fille, très jolie, très… très jolie en tout cas. Mais il se trouve que j'ai déjà une petite amie, la très charmante Tania Jones. »
Black s'arrête un instant pour que les gens applaudissent, mais personne ne lève le petit doigt.
« Hum… bref, bien que j'apprécie beaucoup Elodie, et bien qu'elle soit en tout point supérieure à Tania, ça n'est pas elle que j'aime. »
Il est quand même très doué pour cacher des insultes dans des compliments.
« Oui, vous avez bien entendu, je suis amoureux de cette fille qui ne sait ni s'habiller, ni se coiffer, et qui ne sait pas se tenir en société ni nulle part ailleurs. »
Là c'était moins subtil, je sens que son speech va dérailler.
« Je sais que j'ai été long à donner ma réponse, ce qui a d'ailleurs blessé l'amour de ma vie, mais accepter cette fiancée m'aurait permis de me réconcilier avec ma famille, et quel enfant n'en rêverait pas ? J'ai longtemps pesé le pour et le contre, ça n'est pas facile de choisir entre la famille et l'amour, et j'ai fini par laisser parler mon cœur au lieu de mon cerveau. Je pense que la vie est trop courte pour ne pas la passer avec les gens qu'on aime, et bien que cette fille n'ait rien d'exceptionnel à vos yeux, elle est la femme la plus merveilleuse qui soit aux miens. C'est vrai qu'au début, je ne l'appréciais pas beaucoup, mais j'ai appris à la connaître et je me suis rendu compte qu'elle était sûrement la personne la plus parfaite pour moi. »
Une déclaration d'amour en public pour que je ne puisse pas faire semblant d'être blessée ?
C'est tordu mais pas stupide.
Par contre il devrait abréger parce que si il continue je crois bien que je vais vomir.
« Sous ses airs de garçon manqué rebelle, sous son insolence et son mauvais caractère se cache une jeune fille aussi douce et sensible, une perle rare avec qui j'ai envie de passer le restant de mes jours. »
Je le sens de moins en moins son truc…
Black quitte la scène pour me rejoindre, il sort une bague de sa poche et se met à genoux devant moi.
C'est quoi ce délire ?
« Tania, veux-tu m'épouser ? » Demande-t-il.
Il s'attend quand même pas à ce que je réponde oui ? J'ai peut-être perdu l'occasion de changer de chambre, mais je peux encore enfoncer Black.
Sauf qu'il me broie les os de la main pour que je réponde comme il faut.
C'est pas une pauvre petite douleur qui va m'empêcher de donner la réponse que je veux.
Quoique…il me fait vraiment très mal.
« Ouais », dis-je à contrecoeur.
Il me passe la bague au doigt, c'est une bague affreuse avec un gros cœur rose au milieu.
La journaliste, qui a noté fébrilement le speech de Black, pleure d'émotion.
Elle est bien la seule, les autres visages autour de nous ont plutôt l'air choqués et dégoûtés.
« Arrêtez… ARRETEZ ! hurle Sandrine Malfoy, hystérique. Est-ce que tout ça veut dire que ma fille va rentrer en France avec nous ? Est-ce que vous voulez dire que je vais encore devoir supporter cette PESTE ?
- Ma chérie, calme-toi, intervient son mari.
- J'EN PEUX PLUS DE CETTE GAMINE ! ELLE A ENFERME UN ELFE DE MAISON DANS LE FOUR !
- Et alors ? Moi aussi je faisais ça quand j'étais gamine avec un de mes amis, dis-je.
- C'ÉTAIT LA SEMAINE DERNIÈRE ET LE FOUR ÉTAIT ALLUME ! »
Ah…effectivement ça change tout.
Sandrine Malfoy fond en larmes, sa fille sourit d'un air profondément sadique.
« Allez viens, mon amour, on va passer le reste de la soirée en tête à tête, je crois que ça vaut mieux », me dit Black en m'entraînant de force jusqu'à l'hôtel.
Il me tient amoureusement par la taille jusqu'à ce qu'on entre dans l'ascenceur.
Une fois qu'on est entrés dans la cabine, il me lâche et s'essuie le bras sur sa robe d'un air dégoûté, comme si il l'avait plongé dans une fosse sceptique.
« Tu l'as trouvée où cette bague ? Dis-je.
- C'est à Kate, j'ai oublié de lui rendre », répond-il.
Ça m'étonne pas que cette bague soit à Foster, c'est de mauvais goût, c'est niais, c'est voyant, en gros c'est une bague symbolique de sa personnalité.
« Tu te rends compte de ce que t'as fait ? Dis-je. Tu t'es ridiculisé devant toute ta famille, Poudlard sera au courant de ça dès qu'on rentrera. Pire : toutes les lectrices de Sorcière Hebdo seront au courant.
- Les gens ne sont pas débiles, ils comprendront vite que c'était du cinéma.
- Pas sûr, dis-je.
- Suffit de bien nous regarder pour comprendre que c'était du cinéma », répond Black avec mépris.
Ça veut dire quoi ça ? Qu'il est trop bien pour moi ?
Il peut dire ce qu'il veut, mais si il était vraiment trop bien pour moi, les gens auraient trouvé bizarre qu'il fasse toute une histoire pour me forcer à rester dans sa chambre ?
L'ascenceur s'arrête, on regagne notre chambre en silence.
« C'est quand même débile, dis-je une fois qu'on est rentrés.
- Qu'est-ce qui est débile ? demande Black.
- Tu t'es ridiculisé devant tous les invités du mariage, tu t'es carrément aplati devant moi, tout ça pour que je ne change pas de chambre ? C'est quoi le but de la manœuvre ? Ça nous arrangerait tous les deux si je changeais de chambre.
- Jones, je crois que tu ne comprends pas à quel point je te hais, répond-il. Tout ce que je veux, c'est faire ton malheur, même si je dois sacrifier mon bonheur pour ça.
- Parce que tu crois qu'il suffit que je reste dans cette chambre avec toi pour être malheureuse ? dis-je en riant. Tu te surestimes beaucoup trop !
- T'aurais pas cherché à changer de chambre si t'étais pas mal à l'aise ici, assure-t-il.
- Faux, j'aime pas être ici parce que je dois te supporter, mais je peux y survivre. Une occasion de me débarrasser de toi s'est présentée, j'ai sauté dessus, dis-je.
- Moi je crois que t'as peur de te retrouver seule avec moi, dit-il.
- Et pourquoi ça ?
- Parce que tu as peur que je réagisse mal aux conneries que tu vas raconter sur mon compte. »
De quoi il parle ? Quelles conneries ? Il y en a trop pour que je sache de quoi il parle exactement.
« De quoi tu parles ? Dis-je.
- De ta conversation avec Elodie, la cousine gothique de Lucius Malfoy, répond-il.
- Quoi, quand j'ai dit que t'étais nul au lit ? dis-je en riant. Tu crois que j'aurais peur de toi parce que j'ai dit la vérité ? »
Ce qui me consterne le plus, c'est qu'il croit que j'ai peur de lui.
« Et comment tu peux être aussi sûre qu'il s'agit de la vérité ? me questionne-t-il.
- Les mecs comme toi je les connais, dis-je. T'as le profil type de l'égocentrique imbu de lui-même qui ne pense qu'à lui et oublie complètement la fille avec qui il est.
- Tu catalogues toujours les mecs comme ça ? se moque-t-il. Parce que dans ce cas-là moi aussi je peux te calatoguer : le genre salope frigide pas foutue de prendre du plaisir et qui met tout sur le dos du mec au lieu de se remettre en question.
- C'est une réponse typique d'un mauvais coup, dis-je avec un sourire triomphant.
- Kate ne s'est jamais plainte, réplique-t-il.
- Deuxième réponse typique d'un mauvais coup, dis-je. Foster était amoureuse de toi, elle était pas objective.
- Tu ne te souviens de rien, rappelle-t-il. T'es pas plus objective qu'elle. »
Réponse typique d'un mec qui a couché avec moi.
« J'ai pas besoin de me souvenir de quoique ce soit, dis-je. T'as le profil type.
- Et tu pourrais le définir un peu ce profil type ? demande-t-il, un peu énervé.
- Tu te trouves incroyablement beau ; tu ne t'intéresses pas aux filles, ta propre présence te suffit amplement ; tu penses que t'es à part, différent de ta famille, tu joues l'ado rebelle martyr qui doit endurer les pires sévices et ça te plaît ; tu te sens supérieur à tout le monde et tu penses que les gens le voient au premier coup d'œil… je continue ?
- T'es pitoyable, Jones, répond-il. A chaque fois que tu dois me critiquer, tu ressors les mêmes arguments, t'es trop conne pour innover ?
- Pas besoin d'innover avec toi, Black, dis-je. Tu ne changes pas, c'est très reposant de t'insulter, il n'y a même pas besoin de réfléchir aux trucs à dire, c'est comme un mécanisme.
- Je vois pas en quoi le fait que tu me trouves prétentieux fait de moi un mauvais coup, ça n'a aucun rapport.
- Et en plus de ça, tu es hypocrite ! Tu fais semblant de t'en foutre des filles et de tout le domaine sexuel, mais t'es vexé quand une fille dit que t'es un mauvais coup, tu fais vraiment pitié. Mais tu sais, c'est pas un drame, des tonnes de mecs peuvent vivre presque normalement malgré leur handicap sexuel, mais ta réputation va en prendre un coup… »
Il secoue la tête d'un air profondément consterné et soupire.
« T'essaye de faire quoi, Jones ? M'énerver ? T'es vraiment pitoyable, tu sais ? Tu crois que tes commentaires m'atteignent ?
- Mais je veux pas t'énerver, Black, dis-je. Je veux te rassurer, que tu ne penses pas que tu es le seul homme sur Terre trop nul pour satisfaire une fille, je sais que c'est un sujet très délicat pour les… garçons, on peut pas vraiment dire que tu sois un homme à part entière.
- Jones… arrêtes tu deviens ridicule, dit-il, exaspéré.
- Mais pourquoi ? Dis-je. Tout ce que je veux, c'est t'éviter un complexe qui risquerait de te rendre impuissant pour couronner le tout. Quoique… vu la rapidité et la qualité de tes performances, ça sera pas une grande perte.
- D'accord, Jones, t'as gagné, tu m'énerves, répond-il. Je ne suis pas un mauvais coup, alors arrête tes conneries, ça ne sert à rien.
- Je sais que c'est dur à admettre, Black, mais c'est pourtant la vérité…dis-je.
- Ta gueule », répond-il, en fermant les yeux d'exaspération.
J'ai l'impression qu'il tente de rester maître de lui-même, pour ne pas me donner le plaisir de voir que j'ai raison, qu'il en a quelque chose à foutre qu'on critique ses capacités sexuelles.
« Tu sais, je suis sûre qu'on peut vivre sans sexe, dis-je. Après tout c'est qu'une activité comme une autre.
- FERME LA ! Hurle-t-il.
- Non je te jure ! C'est très surfait, surtout à cause de mecs comme toi… » dis-je.
Il ne me laisse pas finir, à vrai dire il me saute littéralement dessus, je me retrouve coincée entre le mur et lui. Il me soulève sans plus de cérémonies et me force à me taire en m'embrassant.
Alors c'est comme ça qu'il veut me prouver qu'il n'est pas un mauvais coup ?
Remarque…c'est sûrement la meilleure preuve qu'il puisse fournir.
Il passe ses mains dans mon dos et tente de dégrafer ma robe.
Il est malade ! Il croit quand même pas que je vais le laisser faire ?
Je l'ai laissé faire.
Trois fois de suite.
J'ai honte.
Après tout, hier soir c'était pas si grave, parce qu'on était bourrés et totalement inconscients de ce qu'on faisait, mais là…
Comment j'ai pu faire ça ? J'ai vraiment aucune volonté propre, c'était pourtant pas compliqué de lui donner un coup de pied dans les parties génitales pour le refroidir !
Mais j'ai pas pu, je sais pas ce qui m'a bloqué, mais j'ai pas pu.
Et le plus insupportable, c'est qu'on est encore dans le lit, il est en train de se rhabiller le plus naturellement du monde.
Je vais pas le laisser croire que j'ai aimé ça, hors de question. Il a un égo tellement surdimensionné qu'il serait capable de croire que je l'ai provoqué juste pour qu'on couche ensemble.
« C'était nul, dis-je.
- Je sais, j'ai entendu tes « cris de déception », en fait je crois que tout l'hôtel les a entendus », répond-il.
Merde, j'avais oublié ce détail qui décrédibilise ma déception.
J'arrive pas à croire qu'il soit aussi peu gêné, il est pas normal ce mec ! Ce matin il était aussi dégoûté que moi, et ce soir il a l'air de trouver ça tout a fait naturel.
« Tu veux manger quelque chose ? Me demande-t-il en me tournant le dos.
- Des tortelinnis, dis-je machinalement.
- Tu sais que la bouffe italienne c'est aphrodisiaque ? Fait-il remarquer d'un air moqueur.
- Je vais prendre du poisson et des frites à la place. »
Il rit avec mépris et passe la commande.
Je prends un vieux tee shirt XXL qui me sert de pyjama et je me lève dans l'intention d'aller prendre une bonne douche.
« C'est moi qui prends la salle de bains », dit Black sans se retourner.
Il a des yeux collés derrière le crâne ou quoi ?
« Black, arrête, dis-je.
- Arrêter quoi ? demande-t-il.
- Arrête d'avoir l'air aussi détendu et à l'aise, je sais très bien que tu joues la comédie, dis-je.
- Tu te plantes, Jones, je ne joue pas la comédie, répond-il.
- Pourtant ce matin t'as réagi différemment.
- C'est pas pareil, dit-il, tout de suite moins à l'aise.
- Ah bon ? Et pourquoi ? »
Il soupire et se retourne enfin pour me faire face.
« Parce que ce qui s'est passé tu l'as cherché, dit-il. Tu m'as poussé à bout en sachant parfaitement ce qui risquait d'arriver. Hier soir on était bourré, donc c'est ni de ma faute ni de la tienne, mais là ce qui s'est passé c'est entièrement ta faute.
- Je ne t'ai rien demandé, dis-je.
- Peut-être, mais t'as tout fait pour que ça arrive.
- C'est faux, tu dis ça pour te donner bonne conscience.
- Prétend ce que tu veux, toi et moi on la connaît la vérité. Tout est de ta faute, t'es qu'une groupie un peu plus intelligente que les autres qui me manipule pour obtenir ce qu'elle veut de moi.
- C'est des conneries t'interprète mal mes actions, dis-je. je préfèrerais me couper un pied plutôt que de recommencer.
- Ça tombe bien, moi aussi, dit-il. L'incident est clos. »
Il va s'enfermer dans la salle de bains.
Il dit des conneries, j'ai pas voulu ce qui s'est passé, c'est lui qui déforme la vérité pour se donner le rôle de la victime de la Serpentard sadique manipulatrice alors que c'est entièrement de sa faute.
Je sors mon baladeur et je mets de la musique à fond, pour ne plus entendre la petite voix qui n'arrête pas de me répéter que ce qui s'est passé, on l'a voulu tous les deux.
Note du publicateur: plus que 7 chapitres à savourer! Vous avez peut-être entendu parler de 59 chapitres, mais en réalité il y en a 57. Il y a eu deux bugs sur le site original qui ont perturbé le numérotage.
