Beta : EmInu

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Il savait qu'il ne pouvait pas reculer la conversation. Pourtant il allait essayer, ayant peur de sa réaction, peur de son rejet. Durant une seconde, il se souvint de la raison pour laquelle il ne voulait pas retrouver de compagne : cette faiblesse que l'on ressentait à ses côtés… Mais bien vite, il sentit sa force se décupler à ce même contact.

- Vos animaux de compagnie ont-ils des dons particuliers ?

- Mon chat, oui, dit-elle d'une voix bizarre. Il reconnaît les créatures spéciales… Que veux-tu me dire ?

Caïus ricana, ce qui fit froncer les sourcils de la jeune femme.

- Ne te moque pas de mon chat !

- Je pensais à toi.

- Quoi ? Ne te moque pas de moi !

Il avança sa main libre et lui caressa la joue.

- Avec nos caractères, nos disputes promettent d'être explosives… Je ne pensais pas à mal de toi, je ne le pourrais jamais.

- Que pensais-tu de moi, alors ? demanda-t-elle, sceptique.

- Lorsque tu as une idée en tête, nul ne peut t'en détourner.

Hermione le fixa quelques secondes, hésitant entre s'excuser pour son impulsivité ou le remercier. Caïus, n'attendant pas de réponse, continua sur sa lancée.

- Mais là n'est pas le sujet… Je n'ai pas le souvenir d'avoir été aussi couard.

Le voyant si inquiet, la jeune femme ne put s'empêcher d'avoir de la compassion et lui serra la main afin de lui montrer son soutien.

- Tant que tu ne m'annonces pas ma mort ou la fin du monde, je ne pense pas que ça soit si horrible que cela, dit-elle en souriant.

Même si ce fut très léger, Caïus esquissa un sourire en coin qui fit frémir Hermione de la tête aux pieds. Comment un homme pouvait-il être aussi sexy ? Est-ce qu'il se rendait compte de son charme ? Non, probablement pas et c'était ce qui le rendait d'autant plus attirant.

- Alors ? demanda-t-elle doucement.

Hermione voudrait aussi lui demander s'il la pensait stupide, mais encore une fois, elle savait qu'il ne le pensait pas.

De son côté, Caïus ne savait pas par où commencer, même s'il avait répété au moins mille fois ce discours dans sa tête. Il préféra d'abord vérifier ce qu'elle savait.

- T'es-tu sentie bizarre ou différente depuis notre première rencontre ? Ressens-tu des choses…

- Que je ne devrais pas ressentir, surtout au bout de quelques heures ? Oui à tout cela, dit-elle en bonne élève et légèrement gênée de parler aussi ouvertement de ses sentiments.

- Je le ressens aussi, dit-il pour la rassurer. Au début, je ne voulais pas de ces sentiments, je les ai combattus, me rendant encore plus désagréable que je le suis d'habitude et ce n'est pas peu dire.

- Je confirme.

Ils se souvinrent de leur combat. Caïus regrettait, mais pas Hermione.

- Après avoir pris le temps de réfléchir et après de longues discussions avec mes frères, je me suis rendu compte de ce que je t'ai fait endurer et de ma bêtise, lui expliqua-t-il. Je n'aurais jamais dû me comporter ainsi et rejeter notre lien, murmura-t-il, honteux.

Du moins, aussi honteux qu'il pouvait se sentir.

- Quel lien ?

Le vampire pouvait pratiquement voir les rouages de son cerveau tourner.

- Oui, nous sommes reliés.

- Ce n'est pas un sort ou un don ?

Elle n'avait toujours pas mis le doigt dessus.

- Non. Personne à ma connaissance ne peut faire cela et si un vampire pouvait faire une telle chose, il serait exécuté.

- Pourquoi ? demanda-t-elle, indignée. Créer un lien d'attirance entre deux personnes n'est pas une mauvaise chose.

Devant l'air furieux du roi, Hermione comprit que si.

- Les vampires ont très peu de lois, mais elles sont sacrées. Celui qui les brise doit mourir. Nul ne peut y déroger, pas même les rois.

- Quelles sont-elles ?

Le blond prit une inspiration inutile avant d'ancrer son regard dans le sien.

- L'une d'elles dit qu'aucun vampire n'est en droit de se mettre entre deux... compagnons.

- C'est ce que nous sommes, conclut la jeune femme. Qu'est-ce que cela signifie ? J'ai compris que c'était la réponse à toutes mes interrogations seulement, je n'en saisis pas l'importance, dit-elle d'une voix douce.

Caïus s'étonna de la sérénité de la jeune femme et cela l'apaisa. Leur lien se renforçait à chaque minute. Il se rendit compte de la chance d'avoir trouvé une nouvelle compagne. Peu de vampire la trouvait.

- Caïus ?

- Certains cherchent leur compagne durant des siècles et moi, j'ai la chance de t'avoir trouvé.

- A nouveau, comprit Hermione.

- Oui, mais Anthénodora n'est pas le sujet, dit-il avec fermeté. Il est important que tu comprennes que tu es la seule.

Hermione fit un bref signe de tête, attendant de connaître la suite avec impatience, comme la jeune femme qui aimait en savoir toujours plus. Elle sentait au plus profond d'elle que le bonheur était à portée de main et que celui-là allait durer. Son cœur et son corps l'affirmaient.

- Lorsque nous trouvons notre compagne, c'est comme si nous trouvons une partie manquante de notre corps.

- Et lorsque tu rencontres cette personne, tu traverses une bonne partie du monde pour la retrouver.

- Oui.

Il serra les dents pour la laisser arriver aux bonnes conclusions.

- Parce que c'est douloureux d'être loin d'elle, autant physiquement que mentalement.

La jeune femme frotta sa peau là où la douleur avait disparu.

- Oui.

- Pour les deux personnes ? demanda-t-elle en le fixant.

Il lui prit la main.

- Oui. Seulement, chacun gère sa douleur à sa façon.

- Pourtant, en Italie, tu as refusé notre lien. Savais-tu ce qui nous arrivait ?

- Oui et oui.

- Tu ne voulais pas de moi ?

Caïus, sentant que la situation n'allait pas tourner à son avantage, essaya de rétablir la situation.

- Si je te dis qu'il n'y a que le futur qui compte, ça ne te suffira pas ?

- Non, claqua-t-elle.

- N'oublie pas que j'ai plusieurs siècles et que je ne vois pas les choses de la même façon que les mortels.

Hermione fronça les sourcils, ne voyant pas où il voulait en venir. Néanmoins, elle aimait sa franchise et le fait qu'il ne l'épargne pas. Cela la rassurait et lui donnait envie de se reposer sur lui. Chose qui, bien sûr, n'était jamais arrivée par le passé.

Sortant de ses douces pensées, elle continua son interrogatoire pour être sûre d'avoir bien compris.

- Comment me voyais-tu ?

- En premier, comme une gêne, puis comme une femme trop indépendante qui ne serait pas facilement manipulable. Or, une femme que l'on ne peut manipuler est dangereuse pour la survie des vampires.

- Pourtant, nous vous servons de dîner.

- Les mortels ne réagiraient pas très bien en apprenant qu'ils ne sont pas en haut de la chaîne alimentaire. Ils déclencheraient des guerres, s'entre-tueraient, mettraient leur monde à feu et à sang. Crois-moi, il vaut mieux que nous restions dans l'ombre. Et les terroriser alors qu'ils ne savent qui nous sommes est un bon passe-temps, dit-il avec son sourire de psychopathe.

- Je comprends… enfin je crois.

-Y a-t-il même quelque chose que tu ne puisses pas comprendre ? plaisanta-t-il.

Caïus n'aimait pas la voir ainsi. Même s'ils ne se connaissaient pas beaucoup, il la préférait souriante.

- J'aime savoir ce qui se passe autour de moi pour m'en sortir... le mieux possible.

- Tu veux dire vivante ?

- En partie, dit-elle en baissant les yeux.

- N'aie pas honte de ton passé, jamais. Il fait de toi ce que tu es aujourd'hui et j'apprécie la femme que j'ai en face de moi. Une combattante qui, malgré son âge, s'en est très bien sortie.

Il lui caressa la joue, remontant quelque peu le plaisir d'Hermione. Il était loin de se douter du bien qu'il faisait à la jeune femme. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait comprise et appréciée à sa juste valeur, même si elle trouvait bizarre qu'un homme qu'elle ne connaissait quasiment pas la comprenne si bien.

- Je te sens perplexe.

- Je le suis, dit-elle en reculant afin de garder les idées claires. Même si tu m'as expliqué ce que nous étions, ce n'est pas- Je ne comprends pas, il y a certaines choses que je ressens... c'est bizarre.

Caïus se retint de rire.

- Quoi ? demanda Hermione.

En temps normal, la brune l'aurait mal pris, mais là, elle semblait tout aussi amusée.

- Allez, dis-moi, insista-t-elle vu qu'il restait silencieux à la fixer.

- Vas-tu me remettre la tête à l'envers ? demanda-t-il, mi-figue mi-raisin.

Cette fois, ce fut au tour d'Hermione de rire à gorge déployée.

- Tu n'as pas aimé.

- Tu connais des personnes qui apprécient ? bouda-t-il gentiment.

- Non, mais certains sont moins susceptibles que d'autres, plaisanta-t-elle.

- Je ne suis pas susceptible, dit-il de mauvaise foi.

- Mais bien sûr, Pinocchio !

Caïus gronda doucement pour ne pas l'effrayer et s'avança vers elle pour la « punir », mais la jeune femme s'en alla en courant, riant franchement. Le vampire pourrait la rattraper en une seconde, mais pour la première fois depuis des siècles, il avait envie de s'amuser et décida de jouer avec elle, profitant de son rire et de ses regards.

Le vampire en lui s'amusait, mais sa patience étant toujours limitée, il finit par l'attraper et la plaqua contre le mur, la bloquant avec son corps. Il sourit avec fierté, pas pour l'avoir attrapé, c'était trop facile, mais parce qu'il ne lui avait pas fait de mal. Enfin, il le pensait, vu qu'il n'avait entendu aucun craquement venant de son corps.

Le temps que la jeune femme reprenne son souffle, il l'observa avec admiration, aimant son regard pétillant et amusé, son souffle saccadé. Une image bien plus salace lui vint en tête : son corps nu sous le sien, se tortillant alors qu'elle gémissait son nom encore et encore.

Hermione ne s'était pas autant amusée depuis bien longtemps. Elle se rendit compte que tous les deux étaient partis du mauvais pied et qu'ils s'étaient jugés trop vite. A moins qu'elle n'ait complètement changé de mentalité après qu'il lui ait expliqué ce qu'ils étaient vraiment l'un pour l'autre. La miss je-sais-tout ne le saurait peut-être jamais. Ce qui était sûr, c'était que la jeune femme appréciait le vampire qu'elle avait devant elle. Ou plutôt collé à elle.

Hermione n'était pas une experte en hommes, mais la bosse contre son ventre lui indiqua que lui aussi appréciait d'être ici. Ses joues se colorèrent. Elle ne s'était jamais menti en le trouvant magnifique, surtout depuis qu'il ne plaquait plus ses cheveux en arrière. De plus, le fait de savoir qu'il la trouvait attirante la flattait. Le pauvre petit humain en elle réagissait face à la beauté parfaite du vampire même si, pour elle, l'important était qu'il ne soit pas un gros con égocentrique.

- Tu sens tellement bon, murmura-t-il.

Hermione rougit encore plus, s'imaginant qu'il pouvait sentir certaines choses qu'elle ne voulait pas qu'il sache. Pas pour le moment, du moins…

Les premières secondes, le roi ne comprit pas la gêne évidente de la jeune femme, jusqu'à ce qu'une douce odeur lui remonte au nez. Il ferma les yeux, canalisant tout son self-contrôle pour ne pas la prendre ici, devant la porte de la salle de bain. Pour essayer de se calmer, il mit son visage dans les cheveux de la jeune femme.

Hermione, qui avait compris son dilemme, se tortilla pour se reculer et lui donner de l'espace. Caïus gronda fortement et lui bloqua les hanches.

- Ne bouge pas, dit-il d'une voix rauque, sauf si tu veux que je te prenne contre ce mur.

Hermione en fut à la fois excitée et inquiète. Après tout, il y avait une grosse différence entre faire l'amour avec un humain et un vampire.

Après avoir failli perdre le contrôle, le roi se reprit assez vite, se concentrant sur sa compagne fragile qu'il pourrait briser facilement. Même si le monstre en lui voulait revendiquer sa moitié, il savait qu'il n'était pas assez habitué au contact humain. Caïus allait y travailler ardemment.

Après ce qui sembla durer des heures, le blond se recula et la fixa. Il vit de l'étonnement dans son regard ambre.

- Tu ne te rends pas compte de l'effet que tu as sur moi.

Ce n'était pas une question. Hermione n'avait jamais fait attention aux regards des autres, au départ parce que les gens étaient méchants avec elle, puis parce qu'elle avait arrêté d'y prêter attention, sauf pour ses meilleurs amis.

- Je ne fais plus vraiment attention à ce que pensent les autres de moi, murmura-t-elle, gênée. Je ne le fais pas exprès, s'excusa-t-elle.

Il lui releva la tête.

- Qui a osé te rabaisser de la sorte ? s'énerva le vampire.

- Ils n'ont plus d'importance.

Son instinct lui souffla de le prendre dans ses bras pour le détendre, ce qu'elle fit.

- Qui ?

- Des enfants mal éduqués. Qu'importe.

- Ils t'ont blessé.

- Oui, mais maintenant, je n'y prête plus attention.

Hermione chercha ses mots pour qu'il comprenne correctement.

- J'ai relégué tout ça au second plan et lorsque je dois m'ouvrir, s'est compliqué. Je ne suis pas douée avec tout ça.

Caïus sourit tendrement.

- Tu es parfaite pour moi, ne l'oublie pas.

Il se baissa et l'embrassa, lui exprimant ce qu'il ne pouvait dire avec des mots.

OoO

A suivre…

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