Chapitre 9 : L'effondrement du dernier rempart.
Les études du petit LENNON se déroule avec la plus grande attention. Du moins les premières années. Le jeune garçon a tellement à découvrir, d'apprentissage. Le garçonnet étudie sur place, dort dans le dortoir avec un de ses aîné et parrain. Un adolescent qui possède des aptitudes dans le maniement des flammes. L'étudiant est même impressionné que son cadet soit aussi à l'aise avec cet élément, alors qu'il est un fils d'artisan. Mais les barrières tombent une fois que l'on partage la même passion. Celle de la découverte et de la connaissance.
Une fois par mois, tout comme les enfants de son âge, Balthazar Octavius Barnabé est autorisé à retourner pendant une semaine voir ses parents. Chaque famille doit ramener leur progéniture par leurs propres moyen. Sinon, il reste le choix de les laisser à l'académie. Pour B.O.B, le paladin prend sa responsabilité et vient chercher l'apprenti mage à l'académie pour le ramener dans sa famille.
Le jeune garçon raconte à chacun de ses retours se qu'il a apprit. Les sorts qu'il commence à maîtriser et les moments partagés avec son parrain d'académie et les autres jeunes de son âge, de sa classe.
Un élément, dans tout cet apprentissage, chagrine l'apprenti mage. La devise des pyromages est : le feu destructeur. Cependant, il ne comprend pas ce credo, car B.O.B veut rendre ce feu bénéfique. Encore immature, incapable de se rebeller ou de se révolter pour défendre son opinion, Balthazar acquiesce aux professeurs. Apprend ses leçons. Obéit aux règles et ne contre attaque pas les arguments des mages qui lui enseigne le potentiel destructeurs de sa puissance magique.
Même s'il est un semi-démon, B.O.B passa à sa période la plus rebelle : l'adolescence.
Comme tout les pré-pubères, il se montre un peu rebelle, à l'instar de ses camarades magiciens. Autrement dit, l'étudiant désobéit au couvre feu, s'amusant à faire le mur pour aller en ville la nuit avec ses camarades, pour draguer des jeunes demoiselles. Rentrant au petit jour pour quelques heures de sommeil. Le jeune homme sait allié sa vie diurne avec sa vie nocturne et ses résultats ne sont pas mauvais.
Hélas, quelques transgressions n'est pas du à la période de l'adolescence. Balthazar entend parfois, dans sa tête, une petite voix désirant briser le règlement. Une fois, le jeune homme a été prit sur le fait d'avoir utiliser de la magie d'attaque en dehors des cours et sans avoir la permission du doyen. Heureusement pour lui, il n'y a eu qu'un buisson comme victime. L'adolescent ne raconte pas se qu'il a ressenti, préférant chercher un autre prétexte. Et surtout désireux de chercher par lui même la solution à cette énigme.
A cet âge, le damoiseau peut gagner son argent pour ses études. Comme une partie de ses camarades de la basse classe, il a un métier en ville, en tant que vendeur dans différentes échoppes. Certaines de potions, dans une auberge et même chez un tailleur. Avec ses confrères, ils tournent dans les échoppes selon les besoins des marchands. Ils alternent leur vie d'étudiants, avec les cours durant la matinée. L'après midi, travaillant dans les échoppes. Le soir, sur leur étude ou sortant pour draguer les jeunes demoiselles.
Cette expérience dans la vente a permis à Balthazar de peaufiner son côté citadin et sociable. Il a même pu jouer sur la psychologie des personnes pour leur conseiller tel produit. Réussir à vendre l'invendable, comme étant quelque chose d'indispensable pour la vie. Non, il ne mentait pas. Le damoiseau explique d'une autre vision du monde et l'utilité de l'objet dans cet autre univers. Durant cette expérience, le jeune homme lie l'utile à l'agréable. N'ayant pas un physique méchant, il profite de son charisme pour séduire les dames et jeune fille de la capitale. Parfois, cela ramène de la clientèle au grand plaisir de l'aubergiste. D'autres fois, cela déplait, comme au marchand de potion qui ne voit pas l'attitude du jeune homme sérieuse.
Quand cela est nécessaire, B.O.B rédige des rédactions, des comptes-rendus pour les plus nobles élèves. Riches et fainéants. Ceux qui considèrent que le monde leur appartient car ils ont de l'argent. Hélas pour vivre, le jeune homme se refuse de demander de l'aide de ses parents et acceptent de mentir à ses professeurs. Au fond de lui, l'adolescent pense que justice sera faite. Que ces riches élèves ne seront pas gagnant lors des épreuves finales pour posséder leur diplôme de mage. Lui, il sortira du lot.
Pendant ces rédactions, la voix ressurgit dans sa tête. Lui incitant à écrire avec une encre magique. La propriété de cette dernière est d'écrire normalement les mots, mais au fur et à mesure que le temps passe, les lettres s'effacent. Puis deviennent d'autres mots. B.O.B ne comprend pas la raison de cette idée qui germe dans la tête et qu'il applique bêtement à un de ses riches camarades.
Résultat : Le professeur sanctionne l'élève qui a payé Balthazar. L'étudiant ne comprends pas comment le devoir rendu est différent de celui qu'il a eu entre ses mains quand B.O.B l'a rédigé. Au début, l'adolescent pense à une blague d'un de ses amis. Mais en lisant les mots démoniaques, le pré-pubère sait qu'aucun n'aurait pu faire cela. Sauf peut être B.O.B.
N'ayant aucune preuve de se qu'il suppose, l'adolescent ne demande plus à Balthazar de l'aider.
L'hiver est la période plus difficile.
Les examens de fins d'année arrivent. La préparation du diplôme pour être reconnu comme Pyromage est proche. Ses études ne seront pas terminé, mais au moins il pourra réaliser de nouvelles tâches, de nouvelles recherches. Pour cela, l'adolescent a déboursé une grande partie de son argent pour les grimoires demandés par les professeurs. En fouillant sa bourse, le jeune homme constate qu'il va devoir faire un choix entre bien se nourrir et ses recherches dans les objets mystiques. Serrant les dents, B.O.B se promène dans la capitale avec les chauds vêtements que lui a confectionné sa mère. La condensation sort de sa bouche tandis qu'il observe le ciel nuageux, où la neige tombe vers le sol. Le damoiseau réfléchit et voit une promotion devant le marchand de fruit et légumes. Un sac de 3 kilos de pommes pour un prix défiant toute concurrence. Se frottant le début de barbiche qu'il a sur le visage, le jeune homme calcule. En prenant ce sac, contenant donc 20 pommes, il sait qu'il pourra en manger une pour chaque repas et finalement vivre presque une semaine avec. Donc, dans son esprit talentueux, il s'imagine prendre 4 sacs de pommes pour le mois et avoir ainsi assez d'argent pour acheter quelques objets mystiques pour ses études.
Une fois les achats effectués, Balthazar se rend compte, tout comme ses camarades de basse classe, qu'il a beaucoup de retard a rattrapé. En effet, les plus riches ont la chance de pouvoir étudier plus longtemps et pour la plupart de ces élèves, leur mémoire est déjà prêt. Aujourd'hui, ces collègues peuvent s'entraîner à la magie. Comptant le nombre de jour qu'il lui reste et le travail immense se dressant devant lui, le damoiseau prend parti de ne pas se coucher, étudier pendant toutes les nuits jusqu'aux examens. Le pré-pubère aurait voulu demander à son parrain la méthode qu'il a employé à son âge pour allier les études et le travail à la capitale. Mais ce dernier est parti jusqu'à la période des examens avec sa classe dans des ruines mystiques. Un voyage de classe en quelques sortes qui leur permet de valider leur nouvelle année.
Le premier jour de ce régime spécial, rien de spécial n'est à signaler. Au matin, B.O.B est toujours à l'heure, prêt à apprendre, l'après midi se rendant dans son travail et le soir étudiant sans dormir. Mangeant que des pommes. Le second jour, il sent quelques vertiges mais rien d'alarmant. Au troisième jour, la fatigue se fait plus intense, mais l'adolescent se plonge corps et âme dans ses études. En cette période de préparation d'examens, les vendeurs n'ont pas appelé les étudiants pour travailler chez eux. Durant les cours, Balthazar sent qu'il a des difficultés à se concentrer. Le damoiseau résiste et continue son régime particulier.
Au bout du septième jour, le jeune homme est livide. Heureusement pour lui, en cette fin de semaine il n'a pas cours. LENNON peut alors se consacrer à son seul désir, apprendre encore et toujours.
Son parrain rentrant de son voyage de classe, s'aperçoit de la maigreur et de la pâleur extrême de son cadet. Des cernes immenses se dessinent sous ses yeux. Inquiet par ce changement d'état, l'aîné pose la main sur le front de son cadet. B.O.B tente de répliquer et de travailler sur ses études, ses recherches, son mémoire.
Le combat entre la volonté et la fatigue. L'enchainement des cours, de son travail et de la faim. Conséquence de cette bataille : Balthazar Octavius Barnabé tombe sans connaissance sur le sol. Avant de s'évanouir, l'adolescent entend une étrange voix dans la tête, il sent une puissance différente de la magie pyromancienne. L'adolescent se voit transmettre des images dans le cerveau de son parrain. Les images de se qu'il a vécu. Un court instant, le colocataire aperçoit brièvement des yeux reptiliens dans le regard de son cadet, avant de le réceptionner pour qu'il ne se cogne pas la tête sur le bureau.
L'aîné installe son cadet dans son lit, il va chercher des amis à lui et un professeur pour aider à la guérison de l'apprenti pyromage. Le paladin considéré comme le tuteur du jeune homme, est informé de la nouvelle. Etant à proximité, il se rend rapidement au chevet de son protégé.
Il faut quelques jours de sommeil et d'alimentation liquide pour que B.O.B reprenne conscience. L'esprit légèrement vaseux, un peu fiévreux, surtout surprit de voir autant de monde à ses côtés. Il apprit qu'il a été inconscient pendant trois jours.
"Pourquoi avoir fait cela ?" demande le professeur fou de rage par l'attitude de l'apprenti magicien.
Ce dernier honteux explique, d'une voix faible, le rythme effréné des études. Le besoin d'argent pour avoir les mêmes capacités que les étudiants plus riches. Qu'il n'a pas voulu demander de l'argent à ses parents. Qu'il a désiré rattraper le retard dans ses études. Qu'il n'a pas écouter les signaux d'alerte de son corps, risquant sa vie pour l'accession de nouvelles connaissances et du diplôme.
"Je vois. Il est vrai que le rythme de vie et d'étude n'est pas le même selon les possibilité d'accession du pouvoir. Cependant, vous devez savoir que votre corps ne peut pas vivre que de pommes et sans sommeil ! Au moins, je suis rassuré de savoir que ce n'est pas à cause de folies ou de sorties. Maintenant, prenez vos précaution Monsieur LENNON. Sinon, je ne payse pas cher de votre peau. De mon côté, je vais voir si un budget ou la création d'une association peut permettre d'aider des personnes comme vous." averti le professeur avant de partir avec ses élèves vers leur cours.
Le malade est exclus des cours, afin qu'il reprenne des force pour étudier. L'apprenti magicien tourne sa tête vers le paladin qui lui est aussi peu ravi de l'expérience menée.
"Que va dire votre mère, si elle apprend cela. Elle va être folle d'angoisse."
En imaginant la scène, l'adolescent prend peur. Il a toujours eu peur que sa mère ne subisse les effets de ses contestations. Se qui effraye de plus en plus le jeune homme, est cette voix qu'il entend maintenant. Quelque chose qui nait en lui, et qu'il ne contrôle pas. Il attrape la main du paladin avant de lui avouer à demi-mots.
"Il y a quelque chose que je n'ai pas avouer, ni au professeur, ni à mes camarades." souffle l'adolescent apeuré.
Le paladin l'observe avec une certaine appréhension. Il connait les différents visages du damoiseau. Et ce dernier ne montre que très rarement un visage aussi inquiet. Apeuré. Effrayé.
"Depuis quelques temps, j'entends une voix dans ma tête. Elle m'oblige à commettre des actes contre mon envie. Me servir de la magie pour aller contre mes convictions. Contre l'envie de faire du bien. La nuit, pendant mon sommeil, j'entend un appel demandant une orgie de mort et une servitude à un nom, Enoch..."
Le guerrier de foi sent son cœur se serrer. Il comprend tout les symptômes de l'adolescent. Le démon tente d'attirer son fils dans le creux de ses bras, sous sa servitude. Heureusement les convictions de B.O.B lutter contre l'être supérieur.
Sans répondre à la question, le paladin va demander l'autorisation au doyen pour ramener l'adolescent dans sa famille afin de reprendre des forces auprès des siens.
Sur le chemin, le héro repense à les origines du damoiseau. Et ses craintes se sont renforcées quand le parrain de l'apprenti pyromage a décrit au paladin les images dans sa tête, concernant la semaine passé par le malade et les yeux reptiliens. L'adulte répond au jeune qu'il s'agit d'une légère hallucination du à la panique, se que l'étudiant accepte sans aucune condition.
"Ses pouvoirs s'intensifient." pense le paladin en se demandant s'il va devoir éliminer B.O.B maintenant. Si le guerrier de foi doit mettre fin à la vie de l'apprenti.
Pendant ce temps un étrange individu pénètre dans la tour sans attirer l'attention. Ou du moins, il la détourne par le pouvoir de sa présence. En passant non loin des étudiants, il provoque des conflits entre les différents cerveaux de cet école. Les élèves se battent pour faire accepter une idée. Les professeurs inquiets de leurs états tentent de les calmer, sans voir la silhouette continuer son chemin jusqu'à la chambre de l'adolescent affaibli.
A pas de loup, il ouvre la porte, prend une chaise et s'installe en face du visage endormi de B.O.B. Il admire le visage de sa progéniture. Lui caresse la barbiche et les longs cheveux ondulés qui couvre le visage fin de ce dernier.
"Tu as résisté à mon appel. Tu essayes d'utiliser tes pouvoirs pour servir le ''bien'', mon fils ?"
Balthazar Octavius Barnabé Lennon sent la présence, imposante, puissante et inquiétante. Le malade ouvre ses yeux aussi grand qu'il le peut. Avec étonnement, il croit reconnaître l'individu, tout en n'arrivant pas à mettre un nom sur ce visage. Il sent que l'individu n'est pas humain, ainsi qu'une attache qui le lie à lui. Une filiation d'une nature bien étrange.
"Qui êtes vous ?" articule difficilement l'adolescent encore en proie à la fatigue, déplaçant son visage pour observer la personne en face de lui.
"Ta mère ne t'a pas parlé de moi ? Et bien mon cher Balthazar Octavius Barnabé. Je crois que tu as du ressentir déjà que je ne suis pas humain. Si tu peux me voir, me parler, c'est que ta partie sombre est déjà éveillée." sourit l'individu.
B.O.B ne comprend pas un mot de ce dernier. Il ressent un certain malaise et assimile ce que ce dernier veut dire. C'est un démon. L'adolescent veut hurler quelque chose pour avertir les supérieurs, mais Enoch bloque sa bouche en posant délicatement sa main.
"Non, mon petit. Soit sage avec ton père. Je n'ai pas envie de t'entendre crier. De toute façon, personne ne viendra t'aider. Ils sont trop occupés à se disputer entre eux. C'est mon talent en tant que démon. Je suis venu te voir, pour te faire comprendre les choses te sont cachées."
Il retire en douceur sa main de la bouche du Lennon qui reprend son souffle et ses esprits. Une question lui brûle les lèvres, la phrase que lui a dit ce démon. Le refus de l'appel. "Père". Il pense cerner les paroles, et n'ose pas l'accepter. Pourtant, il lui faut prononcer ces paroles :
"Votre appel ? Ma partie sombre ? "Père" ? De quoi parlez-vous ?"
Le démon sourit de plus belle en approchant sa bouche de l'oreille de l'adolescent.
"Tu ne t'es pas demandé d'où vient tes puissants pouvoirs ? D'une force rivalisant celle des demi-dieux, des demi-élémentaires."
Les goûtes de sueur perlent sur le front et les joues blanches de B.O.B. Sa gorge se noue en entendant chacune des paroles du démon. Son cerveau, bien que fatigué, fait les liens entre les différentes connections. Son cœur est le seul organe qui ne l'accepte pas.
"Je vais te dire se que je suis. Je m'appelle Enoch et je suis ton père. Mon cher Balthazar Octavius Barnabé. C'est moi qui t'a enfanté, ton géniteur. Tu es un demi diable."
L'iris de l'adolescent se rétracte en entendant ces paroles. Le vide s'installe dans son esprit. L'idée effraye le malade qui repousse, de ses faibles forces l'être au pouvoir sombre. D'abord abasourdi par la nouvelle, la conscience du pyromage assemble le puzzle. Tandis que le patriarche démoniaque s'amuse à clarifier quelques ombres sur le tableau.
"Oui, la voix que tu entends parfois, ma voix. Cet appel à me servir. Et aussi, ce don à transmettre tes pensées envers ton parrain. C'est mon héritage. Ton père adoptif et le paladin ont toujours essayé de te protéger de ce côté obscur. Ta mère ne t'a pas menti. Elle t'a juste dit que je suis quelqu'un possédant de grands pouvoirs. Ce qui est vrai. Et puis les petites vieilles du village n'ont raconté que la vérité en disant que tu es un enfant du diable."
Bouleversé Balthazar observe le démon qui continue de sourire, tout en jouant de ses doigts sur le frêle visage de son fils. L'adolescent est incapable d'avoir une pensée cohérente. Il se souvient de tous les mots prononcés. Le jeune homme se sent sale. Il regarde ses mains et hallucine en les voyant tâchées de sang, comme dans ses cauchemars les plus terrible. Le damoiseau s'explique la raison du pouvoir qui coule en lui, de cette infinie puissance. Les paroles de la matriarche reviennent à lui, quand un jour, elle lui a annoncé qu'il devrait choisir sa voie. Un choix pour son avenir et celui du monde.
"Mon fils." clame Enoch d'une voix puissante et mielleuse."Tu dois cesser tes bêtises et me suivre. Tu va découvrir toute la puissance qui se cache au fond de toi. Viens dans mes bras. Je serai ton guide, ton protecteur." prononce-t-il en tendant une main, avec un sourire malfaisant, vers la chair de sa chair.
L'adolescent lance un regard noir vers son paternel. Refusant l'offre avec sa faible force physique, mais d'une volonté à toute épreuve.
"Tu es peut être mon géniteur, mais je refuse de te suivre. Je veux marcher sur mon propre chemin. Mes propres expériences. Peut être un jour je vais te rejoindre. Pour le moment, je veux vivre ma vie comme je l'entends."
Intrigué par cette volonté qui lui ai propre, le démon hausse légèrement les épaules. Au lieu de s'offusquer, il s'amuse à voir son enfant, son jouet, combattre sa nature démoniaque.
"Comme tu l'as dis, fils. Ce n'est qu'une question de temps. Un jour, tu sera obligé de me rejoindre. En tout cas, jusqu'à notre prochaine rencontre, essaye de ne pas mourir." Ajoute Enoch en jouant avec les cheveux de son rejeton. "Tu saluera ta mère de ma part et celle de ta tante." termine-t-il avant de se retirer.
Sans aucun bruit, aucun son, le démon retourne dans les couloirs de l'académie pour repartir vers ses fonctions.
L'apprenti pyromage prend du temps, avant de comprendre l'intégralité de la situation. Pourtant, sa conviction d'effectuer des recherches pour l'utilisation de la magie pyromancienne pour le bien ne s'affaiblit pas, au contraire. A partir de ce jour, le jeune étudiant se promet d'être plus attentif à ne pas sombrer dans les désirs de son géniteur et d'effectuer les choix pour réussir son chemin.
Le lendemain matin, le damoiseau et le paladin partent en direction de la ville natale. Le voyage d'une journée complète se déroule en silence. Chacun des deux hommes étant dans sa bulle, dans leur réflexion. Aux premiers rayons de soleil, ils atteignent la ville et plus précisément la boulangerie de ses parents. Ces derniers, avertis par l'ouverture de la porte, sont étonné de voir leur enfant. A leurs questions, B.O.B un peu honteux explique se qui s'est passé. Son expérience et ses conséquences sur sa santé. Immédiatement, l'esprit mère poule de Maria ressort. Elle prend mille et une précaution pour son fils. Le père laisse la couturière agir, comprenant que l'apprenti mage allait tiré des conséquences de ses actes. Léonard ne cherche pas à le disputer et attend le bon moment pour s'expliquer, préférant laisser la mère et le fils se retrouver.
La génitrice s'occupe de son descendant, en lui servant un bol de bouillon avec un morceau de fougasse. Inquiète par la maigreur de ce dernier, elle prend toutes les précautions pour s'assurer qu'il mange à sa faim. Maria le couvre d'une de ses couvertures chaudes dont elle a le secret de fabrication.
Pendant ce moment de tête à tête, le fils avoue un autre événement passé dans l'académie, dont il n'a pas parlé au paladin.
"Maman. Je sais ce que je suis."
La mère se fige en entendant ces paroles. Elle avait imaginé cette scène où un jour son fils aller apprendre la vérité. La couturière aurait voulut le lui apprendre elle même. Hélas, son cœur et sa volonté ne l'ont pas aidé à lui expliquer sa vraie nature. Le mystère sur sa naissance et du fameux père absent.
"Je suis un demi-diable."
La matriarche tord son torchon, tout en observant les yeux de son fils. Aucune colère n'est visible dans son regard. Pas même de la peine. Juste l'envie de connaître la vérité de la bouche de celle qui l'a enfanté. La dame murmure d'une voix faible.
"Oui. Je suis désolée de te l'avoir caché. Le paladin t'a tout raconté ?"
Étonné, B.O.B hoche négativement de la tête, surprit que son tuteur soit au courant de l'affaire. L'adolescent avoue, incapable de mentir à sa mère :
"Non. C'est mon père, Enoch est venu. Mon géniteur. Il m'a dit de te transmette le bonjour ainsi que celle de ma tante."
Maria sent un poids être retiré de ses épaules. La couturière raconte les larmes aux yeux l'histoire de sa vie. Le sabbat. L'aide apportée par la matriarche. Sa naissance avec l'aide de Louise, la tante de B.O.B. Leur arrivée en ville lorsqu'il n'était qu'un nourrisson malade. L'accueil du boulanger. L'aide du paladin. La mère s'effondre en larme, de ne pas avoir dit la vérité et l'origine de ses pouvoirs depuis le début.
Ému par l'émotion de la femme qui l'a enfanté. Comprenant cette difficulté. Découvrant le courage de son père adoptif, qui l'a aidé à devenir se qu'il est. Balthazar se lève de sa chaise et entoure sa mère dans ses fins bras et sa couverture lui posant un léger baiser, comme celui d'un petit enfant sur la joue de sa génitrice.
"Merci de m'avoir tout raconté. D'avoir toujours pris soin de moi, maman." prononce-t-il d'une douce voix. "Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas le rejoindre. Je vais continuer mon combat. Je ne vais pas renoncer à mon idée d'utiliser les flammes pour le bien."
Rassurée et bercée par les paroles de son fils, Maria sent son devoir de mère accomplie. Avec une grande attention, B.O.B repose son plat, laissant sa mère reprendre ses esprits. L'adolescent part dans sa cachette secrète avec sa couverture pour réfléchir. Il repense à tous ses instants de son enfance, innocent. De cet accident avec le fourneau qui lui a valu des journées de sommeil et une grande inquiétude pour sa famille. L'apparition dans sa vie de ce tuteur paladin. L'apprenti mage se rappelle de ses cours, concernant les différents types de magie. L'histoire des paladin engagés pour éliminer le ''mal'' de ces terres. Des hérétiques et des personnes comme lui : des démons et enfants du diable. C'est sur ce point que B.O.B ne comprend plus. Il cherche la raison de la protection et non la destruction de la part du paladin.
Le fils se laisse surprendre par la voix de son père adoptif qui l'interpelle et pénètre le sanctuaire de son enfant.
"Même adolescent, tu continues à te réfugier ici." sourit Léonard en frottant les cheveux de son enfant. Avant de constater des larmes couvrant une partie de ses yeux. " Que se passe-t-il Bob ?"
Sans prononcer le moindre mot, brisant l'image de faiblesse d'être pris dans les bras comme un petit garçon, B.O.B se blotti dans les bras musclés de son père adoptif en couvrant son visage.
"Je veux juste te dire merci. De m'avoir accepté comme je suis. D'accepter mon choix pour les études. Je te promets que je vais faire du mieux. Pour ne pas ressembler à ce démon."
Léonard est surprit d'entendre que son fils a apprit la vérité. Puis, l'étonnement laisse place à la compassion et à l'étreinte parentale. Tout en le berçant, le père de famille écoute l'histoire à l'académie. La rencontre avec Enoch. Son appel à le rejoindre. Le refus de le suivre et l'envie de continuer d'apprendre la magie. Pour suivre l'exemple qui a toujours été le sien. Celui de ce boulanger, réussissant à subvenir au besoin de sa famille et offrant à son fils une éducation que peu de parents accepteraient.
Pendant plusieurs minutes, père et fils restent dans le secret de cette étreinte masculine empli d'amour.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas.
La famille au complet profite pour resserrer les liens. Les parents s'assurent que l'adolescent ne se plonge pas dans ses livres. Qu'il mange et dort correctement, bercé par les doux souvenirs dont la maison est remplie.
Profitant de l'occasion le paladin part pour une courte mission, le temps des retrouvailles. L'homme de foi ne sait pas que l'adolescent est au courant de tout.
Quand le paladin revient, il peut lire dans le regard de l'adolescent que quelque chose a changé. Y comprit chez les parents. Comme si un fardeau est retiré de leurs épaules. Intrigué, le héro ne pose aucune question. Il observe simplement ses parents offrant à leur progéniture de la nourriture pour que le même accident ne se reproduise pas. L'apprenti magicien accepte les conditions sans se contrarier et enfourche le cheval avec son tuteur pour retourner à l'académie des mages.
Le silence pèse pendant une partie du voyage, jusqu'à ce que B.O.B brise la glace en posant une question qui lui taraude l'esprit.
"Pourquoi vous ne m'avez pas tué ?"
La question parait étrange pour le paladin.
"De quoi parles-tu ?"
"Je suis un enfant de démon. Enoch m'a tout raconté. Mes parents aussi."
Le guerrier de foi ralenti la cadence de son cheval avant de soupirer, conscient qu'il ne peut plus se cacher. Avec honte, il avoue qu'il a brisé certain code de conduite de sa religion, car il se sent coupable. Le paladin ajoute à l'histoire de la mère, celle qui s'est passée avant le sabbat. De l'amourette du boulanger. La perte de mémoire de Maria, à cause d'un sort de ce diable. Des restes des autres femmes trouvées et du mensonge raconté à Léonard pendant des années. De la supplication du boulanger quand il a voulu lui sauver la vie, quand il était enfant, à cause de la puissance de son pouvoir démoniaque. Et de terrible promesse de le tuer si Balthazar devient trop dangereux pour la population.
Quand B.O.B réalise la gravité de ce serment, son sang se glace, avant de comprendre l'importance de ce pacte. Pour autant, l'adolescent ne se sent pas blessé.
"Merci. Je comprends parfaitement. Et j'accepterai cette mort si cela est nécessaire." murmure l'adolescent. "Je ne veux pas faire de mal aux autres. Et si ça peut m'empêcher d'aller dans le mauvais chemin, alors j'accepte mon destin."
"Pourtant, tu dois essayer de te battre et de ne pas reproduire la même expérience."
B.O.B sourit un timidement. Il voit le paladin d'un autre œil, il le considère comme un oncle qui lui fait la morale.
A une heure de route de l'académie, un hurlement inattendu résonne. Un cri que ni le paladin, ni l'adolescent n'ont l'habitude d'entendre. Le sol se met à trembler, comme si quelque chose de lourd s'est posé sur la terre. Éclat se cabre en hennissant, faisant tomber B.O.B et ses affaires sur le sol. Le paladin tente de calmer sa monture. Il échoue, à cause de la créature qui s'approche. Déchirant les arbres et bloquant l'apprenti magicien en dessous d'un tronc. L'empêchant de bouger, le piégeant. Le guerrier de foi se retourne et voit l'identité de la créature, le faisant blêmir, car devant lui arrive un immense dragon noir.
Le héro ne s'occupe plus de sa monture préférant être aux côtés de son protégé. Seul, le paladin ne peut vaincre ce dragon. Il espère gagner du temps avant que les magiciens et professeurs arrivent pour vaincre la créature magique. Le guerrier place son bouclier pour empêcher la griffe de l'atteindre. Les boucliers des églises de la lumière ne sont pas conçue pour la force de ces créatures. Le tuteur est projeté vers le tronc où est prisonnier B.O.B.
Les mains coincées derrière le tronc et les branches l'empêchant de les sortir, Balthazar ne peut pas jeter un sort de flammes. Incapable de se défendre. Aussi fragile qu'autrefois enfant, devant la créature hybride, B.O.B se sent faible et impuissant. Certes les pouvoirs de démons pourraient l'aider. Ou détruire le paladin.
L'homme de combat se relève difficilement prêt à nouveau round dans ce combat inégal.
Le regard des deux hommes se croisent. L'apprenti magicien peut voir la vigueur et l'envie de protéger son prochain, même au péril de sa vie. Il lit que le paladin est conscient qu'il n'a aucune chance. Pourtant, il tente de tenir sa promesse, jusqu'au dernier souffle. De sauver son protégés des griffes du mal.
Les crocs du dragon choppe le bouclier que le paladin a conservé. Sans grande difficulté, la chimère désarme le bouclier pour le détruire dans sa gueule. Ses grandes griffes lui assènent un coup fatal dans l'armure. Toute défense est devenue inutile. Le combat se finit rapidement sans aucun effort pour le dragon. La créature, comme l'adolescent, observent le corps du paladin se vider de son sang.
"NON!" hurle Lennon en tentant de se débattre pour sauver le paladin.
Hélas, Balthazar n'a ni la force physique, ni le pouvoir de déplacer ce tronc. Il ne peut ni s'enfuir, ni sauver son tuteur, qui prononce à son adresse ces derniers mots :
" Souviens toi...Pourquoi...Tu fais de la magie...Bob..."
Les larmes coulent sur les joues de l'adolescent qui se débat, qui essaye de garder conscient le paladin, avant de voir dans ses yeux l'abandon de son âme, surement partie rejoindre les dieux qu'il a vénéré.
Les larmes cessent de couler. Conscient qu'il est seul face à cette créature. Balthazar Octavius Barnabé voit que les derniers instant de sa vie. Il revoit les visages de ses parents. De tous ses parents. Sa mère, son père adoptif, tout comme son père démoniaque, Enoch, qui évidement n'est pas présent pour le sauver.
Bien qu'il soit triste de perdre ce lien avec ces êtres chers. L'adolescent est ravi de ne jamais avoir utilisé la magie pour réaliser les sombres desseins de son géniteur démoniaque.
Au moment où Le dragon ouvre sa grande mâchoire, l'apprenti magicien aperçoit une immense main se former de pierre pour le protéger. B.O.B voit les professeurs les plus puissant de l'académie et le doyen se préparant à combattre le dragon.
La main se relève, surélevant l'adolescent et le corps inanimé du paladin. Le précepteur de la magie de terre protège. Le mage de la glace bloque les ailes du dragon afin de l'empêcher de s'envoler. Le mage du vent lance une bourrasque pour le bloquer au sol, tandis que le pyromage et le doyen provoque dans une sphère magique un enfer sur terre pour détruire la créature magique.
Le combat est rapide, le dragon s'affaiblit ne faisant pas le poids face aux magiciens les plus puissants de l'académie. B.O.B reste sans voix observant non le corps sans vie du paladin. De ce tuteur qui vient de lui promettre de le tuer s'il devient un démon. Il est terriblement affligé de ne pas avoir pu aider son prochain et de perdre celui qu'il considérait comme son oncle. En peu de temps, sa vie a été bouleversée. La révélation sur son passé et ses origines. Les efforts de son père adoptif. La protection du paladin. Les larmes sont acides dans la bouche de l'apprenti pyromage. Il regrette de ne pas avoir partagé plus de moments avec ce grand homme, son tuteur. De ne pas l'avoir assez remercié de lui avoir donner de son temps et de ses connaissances pour l'aider.
En revenant à l'académie, les élèves et les professeurs soutiennent le damoiseau dans la difficile épreuve. La volonté de réussir ses études, de contrôler son pouvoir et un jour de trouver une personne rythme ses journées. B.O.B garde toujours en tête la promesse au paladin. Il annonce par lettre à ses parents se qui s'est passé. Malgré la douleur, l'apprenti passe les examens haut la main pour obtenir le grade de magicien. Balthazar n'a pas fini toute la formation des magiciens, car les différentes années indiquent différents rangs. Son année lui permet d'être reconnu par ses pairs.
A la fin de ses études, il apprend à créer une monture d'énergie pure, qu'il appelle Brasier. Plus pratique pour se déplacer. Pour ne pas dépenser de l'argent pour la pension ou la nourriture. L'adolescent grandi et devient adulte.
Chevauchant sa création, il part pour se rendre dans la ville et partager un peu de temps avant de continuer ses études. La peine est immense pour l'ensemble de la famille Lennon. En apprenant le décès héroïque de ce paladin qui enfouis au fond de sa tombe le douloureux secret de l'origine de B.O.B. N'offrant plus aucune protection au monde en cas de transformation de ce dernier.
B.O.B prend la décision en solitaire que ce voyage sera le dernier vers sa maison. Jusqu'à ce qu'il trouve une personne capable de l'arrêter en cas de transformation et acceptant sa part de demi-démon. L'homme sait que dans son académie, sa part démoniaque ne sera pas une raison d'expulsion. Cependant, si l'information venait à se savoir, il deviendra un cobaye pour les autres élèves et professeurs qui l'analyseraient sur toutes les coutures. Le privant de sa liberté. Il en a la preuve par le biais des demi-dieux et semi-élémentaire de son académie. Peu nombreux et surtout très demandé par les professeurs pour des études approfondies. Il choisi de taire sa part sombre et continue ses études. Tout en se fixant comme objectif, que le feu, élément de forces naturelles, ne doit pas uniquement servir à des fins destructeurs.
De temps à autres, B.O.B se rend à l'endroit du combat contre ce dragon. Là, le pyromage a conçu une petit pancarte pour se rappeler de ce paladin portant le nom d'Eduard Silverberg.
A suivre...
