Nda : ça y est, on y est. Le dernier chapitre de ma fic. Alors un grand merci à tous ceux qui m'ont suivie fidèlement et qui m'ont laissé des reviews (et ce n'est pas parce que la fic est terminée qu'il ne faut pas en laisser, au contraire, lâchez vous !). J'avoue, je pensais que ce chapitre arriverait bien plus tard, donc remercions Tiffany Vanchester qui m'a inconsciemment motivée. Je pense que cette fin ne conviendra pas forcément à tout le monde, mais bon, il en faut pour tous les goûts, et moi, j'aime bien cette fin.

Bref, pour terminer, je suis ravie de l'avoir enfin terminée, parce que mine de rien, le premier chapitre est écrit depuis janvier 2008. Trois ans et demi pour en venir à bout, c'est une bonne moyenne ^^. Encore merci à tous, et bonne lecture, en espérant que cet ultime chapitre vous plaise.

Chapitre X: Je t'…

D'un geste vif de la main, Lizzie rejeta une de ses longues mèches de cheveux venue lui chatouiller le front. Dans la chambre encore envahie par la pénombre, seul son souffle et celui de son fils se faisaient entendre. Leur départ était prévu pour le lendemain matin, et Lizzy comptait bien avoir terminé leurs valises le plus rapidement possible. Lily avait programmé pour ce dernier jour une promenade à Pré-au-lard en famille, c'est dire en compagnie des trois maraudeurs. Un sourire vint fleurir sur les lèvres de la jeune femme, quand elle repensa aux deux derniers jours. Après leur discussion nocturne, Lily n'avait eut de cesse de d'inviter Sirius, et de le laisser en tête à tête avec Liz. A ses côtés, elle avait senti son cœur s'adoucir, se réchauffer et sortir du long hiver dans lequel elle l'avait plongé. Mais toujours ses doutes la retenaient. Et Mattis. Elle était mère, et si elle décidait de vivre quelque chose avec Sirius, mais que ça ne marchait pas, elle ne serait pas la seule à en pâtir. Et Mattis était sa priorité.

Secouant la tête, Liz chassa Sirius de ses pensées.

La valise pleine, elle la boucla et l'amena dans sa chambre. Seul le strict minimum restait sorti, elle le rangerait dans son sac à dos au dernier moment.

Laissant Mattis dormir encore un peu, elle descendit dans la cuisine. La maison était encore silencieuse et plongée dans la pénombre. Il est vrai qu'à 6h30 du matin, il y avait peu de chance qu'elle croise les Potter.

Tout en essayant de faire le moins de bruit possible, elle se prépara un café et alla s'assoir sur la terrasse. L'air était encore frais et des volutes de buées sortaient de sa bouche à chaque expiration. Tenant la tasse fumante entre ses doigts, elle inspira une grande bouffée d'air. Elle avait toujours aimé l'aube. L'air chargé d'humidité, les gouttes de rosées dans l'herbe, les nappes de brouillard s'accrochant encore aux arbres, le silence ambiant, uniquement troublé par la nature qui s'éveille.

- Maman.

Sortant de ses pensées, la jeune femme se tourna pour découvrir son fils, traînant derrière lui sa robe de chambre, les yeux encore envahis par le sommeil. Pensant sa tasse à côté d'elle, elle tendit ensuite les bras vers son enfant, qui vint s'y blottir. L'enveloppant de sa robe de chambre, elle le cala contre elle, le berçant contre son cœur. Et très vite, entouré par la chaleur maternelle, Mattis referma et les yeux et se rendormit.

Elle fut à nouveau sortie de ses pensées après un long moment lorsque Sirius passa le petit portail du jardin des Potter.

Ses yeux fixés aux siens, elle le regarda avancer de sa démarche nonchalante, un grand sourire aux lèvres.

- Salut ma belle ! Dis moi, tu t'es levé tôt ce matin.

- Je n'avais plus sommeil. Et toi, que fais-tu là ? On ne t'attendait pas avant au moins 10h.

- Pareil que toi.

- Ah.

- Et aussi… tu me manquais.

Ces trois mots la troublèrent surement, en tout cas, elle n'en montra rien, préférant tourner la situation à la plaisanterie plutôt que de se diriger vers une conversation qu'elle ne voulait pas encore.

- Sirius, on s'est vu hier soir.

- Faux ! Hier soir, j'ai principalement joué avec Mattis et Harry, donc on ne peut pas vraiment dire que j'ai passé du temps avec toi.

- Ça suffit, sois sage. Tu as déjà mangé ?

- Hum nan, mais je vais me rattraper maintenant, si bien sur tu m'accompagnes à la cuisine.

Esquissant un sourire, Liz se leva, en prenant garde de ne pas réveiller son fils, toujours endormi dans ses bras. Et accompagnée de Sirius, elle retourna dans la cuisine, où ils furent très vite rejoints par Lily et Harry, ce qui acheva de réveiller Mattis.

Il ne fallut que quelques heures pour que Remus arrive, que James se réveille (à coup de chatouilles et d'oreillers dans la figure) et que tout le monde soit prêt à partir. Et après voir effectué un transplanage d'escorte, tout ce petit monde se retrouva sur la place de Pré-au-lard.

Le temps était ensoleillé, illuminant la place centrale du village. Emerveillé, Mattis ne savait plus où donner de la tête, voulant tout voir, tout découvrir.

Avec un clin d'œil vers les jeunes femmes, James attrapa les deux enfants et les entraîna d'un pas rapide vers le magasin de farces et attrapes Zonko, bientôt rejoint par Sirius qui ne pouvait en aucun cas résister à l'appel des maraudeurs, contrairement à Remus, qui avait décidé de se montrer plus raisonnable que ces compagnons.

- Papa ! Regarde, qu'est ce que c'est ?

- Ah, ça mon fils, c'est l'élément indispensable quand tu seras à Poudlard… c'est aussi ce qui te vaudra pas mal de retenues, et surement quelques beuglantes de ta mère. Mais si tu ne t'en sers pas, alors, je serais très déçu. Ça mon fils, ce sont des bombabouses.

Et tandis qu'Harry gambadait d'un présentoir à l'autre, entraînant son père par la main, Mattis restait prés de Sirius. Dans ce monde magique imprévisible et extraordinaire, le seul point rassurant et familier, en dehors de sa mère, c'était Sirius Black.

- Mattis ? Vient voir, mon grand.

- Qu'est ce que c'est ?

- Des boursouflets. Regarde, il y en a de toutes les couleurs.

- On dirait des petites belettes pleines de poils.

Quelques instants plus tard, ils se résignèrent à sortir de la boutique, les bras chargés.

- Qu'est ce que tout ça ?

- Mais Lily, ma chérie, on n'a plus de stock !

- James, ôte-moi d'un doute. Tu sais que tu as quitté Poudlard ?

- Mais il faut bien tester les nouveautés… et puis il faut qu'on commence à éduquer Harry, tu sais, pour la relève des Maraudeurs…

- Très bien, tu as intérêt à ce que ton fils ramène que des E et des O. S'il veut devenir la « relève des Maraudeurs », alors il sera aussi le meilleur élève de sa promo.

- Bien sur Lilounette. Mais c'est évident de toute manière, notre fils est l'être le plus intelligent de cette planète, une addition de nos deux cerveaux !

- Pauvre enfant.

Après Zonko, ils passèrent par le magasin de Quidditch, puis par Honey Ducks. Dans chacun des magasins, ils restèrent un long moment, et en ressortir les bras chargés.

A la cabane hurlante, James et Sirius racontèrent des histoires terrifiantes sur les fantômes qui y aurait sois disant élu domicile, sous le regarde amusé des autres adultes. Régulièrement, ils demandaient confirmation à Remus, quand à la véracité de leurs histoires.

Lors de cette journée, très souvent, Sirius attrapait la main de sa douce, entrelaçant ses doigts aux siens. Lizzie sentait son cœur s'envoler à chaque fois, retenait un sourire et se laissait faire.

Le groupe s'était arrêté aux trois balais pour déjeuner. L'ambiance y était chaleureuse, comme d'habitude, et Rosmerta toujours aussi avenante. Elle les accueillit d'ailleurs avec un grand sourire, et beaucoup de gentillesse. Il faut dire que les maraudeurs avaient été des clients assidus, avant de quitter Poudlard, et Rosmerta ardait pour eux une certaine affection.

Alors que les conversations allaient bon train, une jeune femme s'approcha de leur table. Elle était grande, des jambes de gazelle, une taille fine et une poitrine plus que conséquente, le tout moulé dans une petite robe aux couleurs éclatantes. Son visage fin et pointu était encadré par une cascade soyeuse de cheveux platine. Elle était très belle, très sexy, une vraie bombe en fait. N'ayant d'yeux que pour Sirius, elle ouvrit sa bouche vermeille.

- Bonjour Sirius. Comment vas-tu ?

- Euh, salut… Katleen ?

- Rassure toi, je ne m'attendais pas à ce que tu ais retenu mon nom. Je vois qu'il y a toute la bande et… excuse moi, je ne me souviens plus toi…

- Liz Tallis.

- Ah oui, peu importe. Alors, que deviens-tu ?

- Pas grand-chose depuis Poudlard.

- Ça te dirait qu'on se voit autour d'un verre, pour parler de ce… pas grand-chose.

- Euh, pourquoi pas.

- Très bien, j'attends ton hibou alors. A très bientôt Sirius.

- Ouai, à bientôt.

Assise sur sa chaise, Liz fulminait. Cette pétasse siliconée se permettait de draguer Sirius sous son nez. A aucun moment l'idée qu'il puisse être avec elle ne l'avait effleurée. Et elle l'avait traité avec un tel mépris ! Et l'autre imbécile qui n'avait rien dit, qui avait joué les jolis cœurs. Elle était furieuse. Furieuse, et blessée. Elle commençait tout juste à croire à un possible avenir entre elle et Sirius, et voilà qu'il ruinait tout ses espoirs d'un coup.

Ruminant sa colère et sa douleur, Liz passa le reste la journée à éviter le jeune homme, s'occupant exclusivement de son fils, et le reste du temps, gardant les bras croisés et discutant avec Remus et Lily.

De retour à Godric's Hollow, Sirius essaya de l'approcher.

- Alors, c'est demain que tu pars ?

- Oui. Très tôt le matin.

- Tu ne veux pas rester ?

- Non. Ma vie est en France, il n'y a rien pour moi ici.

- Ah. Et… tu reviendras ?

- Peut être. Je ne sais pas. On verra bien. Je dois y aller, j'ai encore plein de trucs à faire. Au revoir Sirius.

- Ouai. Au revoir Lizzy.

Coupant ainsi court à la discussion, elle monta se réfugier dans sa chambre. Elle ne voulait plus le revoir. Elle ne voulait plus l'entendre l'appeler Lizzy. Elle ne voulait plus se sentir fébrile à ses côtés.

Ce soir là, elle se coucha tôt, après avoir mis son fils au lit, mais elle pleura longtemps dans la pénombre de sa chambre, serrant sa poitrine de ses bras, étouffant ses sanglots entre ses draps.

L'aube arrive rapidement, sortant Liz des cauchemars qui avaient peuplés sa nuit. En se regardant dans le miroir, elle gémit. Elle avait une tête à faire peur. Des yeux tout petits et gonflés, les joues encore rouges des larmes qu'elle avait versées, les traits tirés par le manque de sommeil. Affreuse.

En soupirant, elle se passa de l'eau froide sur le visage, et entreprit de se rendre à peu prés présentable.

Lorsqu'elle vint prendre son petit déjeuné dans la cuisine, Lily était déjà là, la regardant d'un air soucieux.

- Tu as passé une bonne nuit ?

- Mouai, bof.

- Hun hun… tu sais, il ne s'est pas rendu compte hier.

- Tais-toi, je ne veux pas en parler.

- A ta guise. Mais je trouve ça idiot.

- Ouai, t'as raison, c'était parfaitement idiot de draguer cette pétasse sous mon nez.

- Mais tu sais bien que c'est une seconde nature chez lui… les femmes l'aiment, et… et il aime les femmes, il a toujours aimé les femmes. Seulement il t'aime plus qu'elles.

- Mais moi je ne suis pas sure de l'aimer suffisamment pour vouloir de cette vie. Je ne veux pas le retrouver un matin avec une autre femme dans notre lit. Je ne veux pas voir les regards qu'il jettera à des femmes beaucoup plus belles que moi. Je ne veux pas me rendre compte un beau jour que finalement, je suis malheureuse. Tu sais ce que mon fils m'a dit hier soir ? Il ne veut plus jamais que je sois triste.

- Tu parles sérieusement ? Tu penses vraiment que tu ne l'aimes pas assez ?

- Non. Alors il vaut mieux que ça reste ainsi.

- D'accord.

Lorsqu'enfin le taxi s'arrêta devant la maison des Potter, Liz attrapa ses valises et sortit de la maison avec son fils. Et pendant que le chauffeur chargeait les bagages dans le coffre, elle se tourna vers la famille Potter.

- Merci de nous avoir accueillis.

- T'inquiète Tallis, tout le plaisir était pour nous. Finalement, je crois que je t'aime bien.

- Merci James. J'ai été ravie de te revoir. Lily… promis cette fois ci je donnerai des nouvelles.

- J'y compte bien, sinon tu peux être sur que je mets tous les aurors d'Angleterre à tes trousses. Reviens nous vite, d'accord ? Tu vas me manquer.

- Tu vas me manquer aussi. Mais vous viendrez nous voir.

- Compte sur nous Tallis, et j'espère bien manger de ta cuisine française.

- Bon, allez, il est l'heure.

Elle embrassa rapidement James, et serra Lily contre elle avec force, avant de faire monter Harry dans la voiture et de s'y installer à son tour. Le taxi démarra, et elle regarda la grande maison s'éloigner, Lily faisant des grands signes de la main.

Elle était partie depuis seulement cinq minutes, quand un doute la pris. Avait-elle bien pris les billets d'avion ? Et les passeports ?

Fébrilement, elle attrapa son sac à main et fouilla dedans pour s'assurer qu'elle n'oubliait rien. Soudain, elle se figea. Là, entre les clefs de chez elle, sa baguette et son porte feuille, il y avait un paquet de cigarette. Son paquet de cigarette. Il était encore plein. Depuis quand n'avait elle pas fumé ? Depuis quand n'avait elle pas eu besoin de respirer cette fumée âcre pour calmer son esprit ?

- Arrêtez-vous !

- Pardon ?

- Stop, arrêtez-vous, maintenant ! Faites demi tour.

- On va être en retard, vous risquez de loupez votre avion. Vous avez oublié quelque chose ?

- Oui… oui, j'ai oublié.

Lily était assise face à la fenêtre, une tasse de café à la main, sentant la mélancolie la gagner. Son amie lui manquait déjà. Soudain, elle vit un taxi arriver à toute allure et s'arrêter devant la maison.

Aussitôt, elle posa la tasse et se rua à l'extérieur. La porte du taxi s'ouvrit sur Liz.

- Lily ! Lily, je t'emprunte ta cheminée !

- Euh… d'accord.

Liz courut à travers la maison, avant de s'arrêter devant l'antique cheminée du salon. D'un coup de baguette, elle y alluma un grand feu, y jeta aussitôt une poignée de poudre de cheminette et se rua dans les flammes vertes.

- 18 chemin de Traverse !

Au 18 du chemin de Traverse, la cheminée correspondante s'alluma brusquement, répandant une lueur verte. A peine sortie de l'âtre, le regard de la jeune femme se posa sur l'homme, assis sur le canapé, la tête entre les mains. Des dossiers et diverses feuilles de papier couvrent le sol, comme si on les avait jetés là. Et sur la table basse, il y a un verre, rempli d'un liquide ambré. A côté, la bouteille de fire whisky est déjà bien entamée.

A peine a-t-elle fait un pas vers lui qu'il relève la tête, posant son regard d'acier sur elle.

- Je…je…il y avait ce paquet et toutes ces cigarettes et… mais cette fille… et je ne savais pas… et elle était si belle, bien plus que moi… et … et je n'étais pas sure de vouloir… de pouvoir… et Lily m'a dit que… que ce n'était pas… mais je ne voulais pas le croire, je ne voulais pas le voir… et j'ai été aveugle…si malheureuse… oh et merde ! Je t'aime ! Tu entends Sirius Black ? Je t'aime.

- …

- …

- …

- Dis quelque chose. Me laisse pas comme ça, dis quelque ch…

Ses derniers mots furent soudainement avalés par les lèvres avides venues se poser brusquement sur les siennes. L'étreinte était fiévreuse, violente, comme un besoin. Les dents cognaient, les lèvres dévoraient, les mains virevoltaient, ne sachant où se poser car voulant être partout à la fois.

Enfin, le besoin frénétique qui les avait envahit s'estompa, les laissant enlacés au milieu du salon.

- Alors… tu ne pars plus ?

- Non. Plus jamais.

- Et tu restes avec moi ?

- Toujours.

- Avec Mattis ?

- Evidemment.

- Ça veut dire que… c'est comme si j'allais être papa ?

- Oui.

- Je t'aime.

- Je sais.

- Oui, mais fallait que je le dise, ça fait tellement longtemps que je m'entraine. Mais ne t'attends pas ce que je le dise tous les jours.

- Je n'en veux pas tous les jours. Juste les jours où il le faut.

- Et tu me laisseras t'embrasser encore sur la bouche ?

- Tous les jours.

FIN