Fanfiction Mass Effect : Mémoires perdues
Désolée pour le laps de temps depuis mon dernier post... j'avoue que j'ai été occupée par ailleurs, notamment avec d'autres fics... ^^
Je tenais aussi à remercier Emilie pour son comm, qui m'a vraiment fait très plaisir :D Même si je suis très loin de considérer cette fic comme parfaite XD je suis en tout cas ravie qu'elle plaise !
Chapitre 10 : Les ombres du passé (acte 2)
Je fermai les yeux, presque sans m'en rendre compte, comme si en les rouvrant tout aurait disparu, tout ceci n'aurait été qu'un mauvais rêve.
Mais lorsque je les rouvris, ce fut pour découvrir Max, notre petite albinos, dos à moi, s'effondrant sur le sol. Le son funèbre de la cartouche qu'on éjecte avait clairement chanté à mes oreilles et je m'étais préparée à gouter à son feu dévorant mais le spectacle qui s'offrait à mon regard était encore pire.
Je croyais qu'elle avait fui après les autres, qu'elle était déjà dehors. Je me souvenais alors qu'elle m'avait toujours promis de payer sa dette un jour ou l'autre, d'une manière ou d'une autre. Mais ça c'était trop cher payé !
Elle s'était manifestement élancée afin de se tenir entre moi et mon bourreau. Elle avait pris ce coup, cette balle qui m'était destinée, à ma place.
Elle pivota légèrement vers moi, me lançant un regard que jamais je n'oublierais. Il n'y avait aucune tristesse, aucune colère ni rancœur, aucune peur... Une certaine sérénité semblait brillait au fond de ses yeux, comme la satisfaction d'un devoir accompli. Comme si cela avait toujours dû se dérouler ainsi.
Je n'eus pas le loisir de le lui tendre mes bras, de l'accompagner durant ces derniers instants, ces dernières secondes. Car bien que la directrice ait dû être tout aussi abasourdie que moi par cette entrée en scène pour le moins inattendue, nul doute qu'elle allait vouloir terminer son office. Je profitai alors de ce moment de relâchement de sa part, n'offrant qu'un bref regard néanmoins chargé d'intensité à Max et je couru sur mon adversaire, plus décidée que jamais à lui faire payer. Elle aussi devait régler ses dettes.
Elle n'eut pas le temps de réagir assez vite. Alors qu'elle s'apprêtait à braquer à nouveau son arme sur moi, je choppai son bras et me débattit contre sa résistance. Elle était plus coriace que je ne le pensais, cette vielle sorcière. Je lui donnai un coup de poing mais elle n'en démordit pas.
Puis j'entendis à nouveau une détonation. Mon sang se figea alors dans mes veines et mes yeux fixèrent les siens.
Elle glissa à mes pieds, les yeux révulsés, tentant de m'agripper. L'arme tomba à terre, je la repoussai par réflexe.
Elle essayait de dire quelque chose sans y parvenir. Je lui offris un regard vide, lui signifiant simplement qu'il y avait toujours un prix qu'on devait bien payer un jour.
Puis je la laissai agoniser seule sur le sol glacé du hall, un sol qui commençait à se réchauffer à mesure que les flammes grandissaient et s'étendaient dans l'établissement.
Je retournai rapidement auprès de Max, mais il était déjà trop tard.
- Je suis désolée. Murmurais-je.
Puis je la pris dans mes bras, elle ne pesait pas bien lourd, et me dirigea vers la sortie.
La directrice se trainait sur le carrelage, et à mon passage près d'elle, elle voulut me retenir mais je l'évitai. J'aurais pu la repousser, mais cela ne servirait plus à rien maintenant d'en rajouter. La haine et la violence gratuite ne résoudrait rien et ne changerai rien.
Cette nuit là, je me fis la promesse de ne jamais laisser quiconque à l'avenir se sacrifier pour moi. Jamais.
Après cet évènement, j'avais erré plus d'un an dans les rues, me débrouillant comme je pouvais pour survivre. Je trouvais des squats, volais et de temps en temps j'accomplissais des petits boulots pour des particuliers. Cela pouvait être un paquet à apporter quelque part, faire le guet pour une transaction, ou encore m'infiltrer dans un lieu sécurisé afin d'ouvrir la porte de l'intérieur. Les gangs et autres factions utilisaient souvent les enfants pour ce genre de besogne, l'avantage à cet âge de pouvoir se faufiler dans des conduits exigus par exemple.
C'est durant cette période que ma route croisa celle des TSR. J'avais eu la brillante idée, si l'en est, de tenter de voler leur chef. J'avais en effet eu l'audace, sans le savoir, de lui faire les poches. Malheureusement (ou heureusement) il me prit la main dans le sac comme on dit. A cette époque, ce n'était pas Liam le chef de meute, mais son grand frère Jack. Pour la gamine de 12 ans que j'étais alors, sa carrure était des plus impressionnantes. Et j'ai cru, à ce moment là, qu'il allait me trucider ou même me couper la main, telle que cette pratique avait cours il y a plusieurs siècles de cela.
Du haut de ses 1m90, les cheveux noirs hirsutes, le teint blafard et les yeux d'un gris qu'on aurait presque cru blancs. Autant dire qu'il faisait froid dans le dos, et s'imposait de sa présence qui tenait quiconque en respect.
Pourtant, alors qu'il me tenait à bout de bras, m'ayant chopé par le col de ma veste et m'ayant soulevé légèrement du sol, il m'étudia. J'en eu presque la sensation qu'il scrutait jusqu'aux profondeurs de mon âme. C'était pour le moins déroutant.
Il me subjugua littéralement, à tel point que je ne me débattis même pas sur le coup. Puis je finis par reprendre tant bien que mal la maitrise de mon être afin de tenter vainement de me soustraire à son emprise.
Cela l'amusa étrangement, et il se mit à rire de bon cœur, ce qui ne fit qu'ajouter un peu plus à mon trouble déjà conséquent.
- Calme-toi, petite !
Sa voix, aux intonations rocailleuses, était à la fois douce et ferme et compléta le tableau de cet homme qui dès la première rencontre avait scellé mes prédispositions à être l'une de ses disciples.
Il fut en effet mon premier "mentor".
Il était âgé d'environ 23 ans et pourtant il en paraissait bien 10 de plus. Liam quand à lui, en avait 18.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? Me tuer ?! Lançais-je, d'un ton que je voulais dédaigneux mais dont je ne pus empêcher le léger tremblement qui trahissait mon malaise.
- Te tuer ? Non... Me répondit-il d'un ton toujours aussi calme.
- Alors lâche-moi !
- Tu as du cran ! Tu me plais. J'ai une proposition à te faire, fillette... Je suis toujours à la recherche de bonnes recrues pour mon gang.
Ce mot éveilla inévitablement mon intérêt. J'en oubliais jusqu'à sa manière de me traiter, comme si j'étais une petite fille idiote.
- Ok. Repose-moi et on en discute.
J'étais loin d'être une gamine stupide. J'avais dû apprendre à grandir vite et à développer une certaine maturité qu'on ne possède généralement pas à cet âge.
Il me déposa à terre. Je fus fortement tentée de le frapper pour la forme, voir même de m'enfuir ensuite mais comme je le disais j'étais loin d'être stupide.
C'est ainsi que je m'enrôlai dans les TSR.
Enfin pour être plus exacte, mon enrôlement ne prit effet que lorsque je réussis avec succès l'épreuve de passage.
Celle-ci se décomposait en trois étapes, censées évaluer mes capacités et donc mon aptitude ou non à rejoindre les TSR.
La première fut une épreuve de force. Dans l'arène. Mais il n'était pas question d'avoir le droit à du un contre un, car les choses se passaient rarement ainsi dans le tumulte de vrais combats. Je dû affronter une équipe de quatre adversaires.
Ils s'avancèrent face à moi. Sans plus d'hésitation, je m'élançai vers le premier, lui décochant un coup de genou en plein vol qu'il ne vit pas venir. Dans mon élan, je balançai un coup de pied retourné au second à ma portée. Je ne pus cependant éviter l'un des autres gars qui me fit gouter à sa droite, et son camarade qui m'envoya un coup de pied me rétamant à terre. Ils n'avaient pas l'intention d'être tendres. Tant mieux. J'attendis que l'un d'eux s'avance vers moi pour le faire trébucher d'un coup de pied circulaire au niveau des chevilles, puis j'en profita pour me relever, esquivant la prochaine attaque, je dansa littéralement sur les flancs de mon adversaire, m'en servant d'appui contre son gré pour envoyer un coup de pied au suivant. Je retournai ensuite celui que j'avais esquivé et lui donna un violent coup de tête.
Je me mangeai d'autres coups par la suite, mais en définitive je remportai haut la main l'affrontement. Jack, à l'autre bout du terrain m'observai l'air satisfait. Je m'étais directement tourné vers lui après ma victoire, lui offrant un regard arrogant et déterminé, comme si j'avais quelque chose à prouver.
La seconde épreuve fut une simulation de ruse et de stratégie que je parvins également à remplir.
La dernière fut une mise en situation, une mission à accomplir, mettant en avant mes talents d'adaptation sans lesquelles j'avais peu de chance d'en sortir indemne.
Au final de ce rite initiatique, encore une chose m'attendait. Je devais recevoir la marque du gang des Tenth Street Reds, gravant à jamais sur ma peau mon appartenance. Un tatouage. Le premier que je reçu et que je conservai même après mon départ du gang. Car pour moi, à l'instar de mes cicatrices, ces tatouages racontent mon histoire, ma vie, ce par quoi je suis passée, ce que je suis.
Jack et Liam étaient encore présents lors de cette séance qui dura plusieurs heures.
Le tatouage, représentant un dragon noir aux yeux rouges, s'enroulait autour de mon bras droit, sa gueule béante apparaissant au niveau du début de ma main, entre mon pouce et mon index.
« Armed with Spirit, for the Freedom, until Death. » : le slogan du gang lors de sa création, des mots qui guidèrent mon adolescence, et même encore après.
Comme un signe du Destin, même si je ne crois pas au destin…
