Bonjour tout le monde ! J'ai travaillé fort cette semaine pour vous poster ce chapitre un peu en avance cette fois… j'espérais réussir à le poster la semaine dernière mais finalement je n'y suis pas arrivée ! : ( Mais au moins, il est là !
Le dernier chapitre vous a fait réagir au quart de tour et ça m'a ravi ! J'ai adoré lire vos réactions ! Celui-ci est un peu moins palpitant. C'est d'avantage un chapitre de transition… et il y a une petite surprise à la fin : le premier pv d'Edward !
À partir de prochain chapitre, il n'y aura plus de pv Bella ! (à moins que je change d'avis, ce qui est tout à fait possible) On se concentrera uniquement sur notre Adonis préféré.
Sur ce, je dis merci à vous toutes pour vos reviews et merci à Nanoulaet qui a relu ce chapitre et corrigé mes petites bourdes !
Bonne lecture !
Chapitre 9-Un vent de changement
Je pousse un soupir de bien-être, m'enfonçant un peu plus dans le matelas, et je me tourne sur le côté, recherchant la présence réconfortante à côté de moi. Là où il aurait dû se trouver, il semble n'y avoir que le vide. Perplexe, je tends ma main plus loin et tapote le lit. Je dois admettre l'évidence : la place du lit d'Edward est vide. Et froide.
Il est parti.
J'ouvre les yeux, émergeant définitivement du sommeil, et je me redresse, espérant le trouver dans ma chambre ou l'apercevoir dans la salle de bain.
-Edward ?
Je me lève lentement, me sentant un peu cotonneuse après la nuit de la veille, et je marche doucement jusqu'à la cuisine.
-Edward ?
Je fais le tour de mon appartement, ce qui ne me prend que quelques secondes et je ne peux m'empêcher de remarquer que sa veste et ses chaussures ont disparu. Edward est parti, sans un mot, sans une explication.
Retour à la case départ.
Je pousse un gémissement et prends ma tête entre mes mains. Et moi qui croyais que nous avions avancé! Qu'est-ce qui m'a pris aussi ? Depuis quand est-ce que baiser dans les toilettes des filles arrangent les situations chaotiques ?
Puis soudain, je suis prise d'une illumination ! Attendez une minute : et si j'avais rêvé tout cela ? C'est vrai parce que j'étais légèrement pompette hier…
Carrément bourrée tu veux dire !
…alors peut-être que j'ai rêvé avoir fait l'amour dans les toilettes et avoir ensuite ramené Edward chez moi ?
Ce serait tout à fait mon genre de prendre mes rêves pour la réalité !
Sans attendre, je cours vers ma chambre et j'empoigne l'oreiller sur laquelle Edward est supposé avoir dormi, pour en avoir le cœur net.
Et là, je soupire. De déception ou de bonheur, je ne sais pas trop.
Son odeur est bien là. Il a dormi à côté de moi cette nuit. Après m'avoir fait l'amour contre une porte, dans un pub bondé. Serrant l'oreiller contre moi, ma seule preuve que tout cela s'est bel et bien passé, je me laisse tomber sur le lit.
Résumons la situation : J'ai enclenché la phase deux du plan séduisons Edward et j'ai passé la soirée à essayer de le tenter. Ça a marché au-delà de mes espérances et il a craqué, ne pouvant même pas attendre d'avoir quitter le pub pour me faire l'amour.
Et après…
Après les choses se sont légèrement gâtées. C'est vrai : tout était parfait. Il m'a fait atteindre le septième ciel avant de se laisser lui aussi aller à l'orgasme…
Puis il m'a gardé un long moment dans ses bras, se contentant de me serrer contre lui, sa main caressant paresseusement mes cheveux alors que nos respirations reprenaient un rythme normal. Et même lorsqu'il s'est retiré de moi, même lorsqu'il m'a déposé sur le sol, il s'est rhabillé rapidement et ensuite, il m'a gardé contre son torse, comme s'il voulait ne jamais me laisser partir.
Je me souviens avoir soupiré son nom et qu'il a répondu en déposant un baiser sur le sommet de ma tête. Puis, soudain, il m'a lâché et s'est éloigné de plusieurs pas. Il me fixait, l'air hagard, le teint pâle.
-Edward, ça ne va pas ?
Il n'a rien répondu, a secoué la tête et s'est précipité sur la toilette pour y rendre tous les verres qu'il avait ingurgité et sûrement aussi son dernier repas.
Je dois avouer que ça a un peu cassé l'ambiance… et ça m'a aussi ramené à la réalité. Même si ça ne paraissait pas, Edward était bourré lui aussi. Et c'était sûrement la seule raison pour laquelle il avait craqué. Aurait-il fait l'amour avec moi s'il avait eu toute sa tête ?
J'en doute fortement.
Et moi donc !
Malgré tout, j'espérais qu'il resterait avec moi ce matin. Que nous pourrions… discuter de tout ça.
Après tout, je suis restée auprès de lui, j'ai pris soin de lui alors qu'il était dans un état épouvantable.
Je ne pouvais pas l'abandonner ainsi, la tête sur le bord de la cuvette, son teint livide, ses yeux injectés de sang. Alors j'ai mis un peu d'eau froide sur un papier à main et je me suis accroupie à ses côtés, mouillant sa nuque et son front, caressant doucement son dos et ses cheveux, lui murmurant des paroles de réconfort… jusqu'à ce qu'il glisse sur le côté et tombe sur le carrelage, endormi.
Je suis alors partie à la recherche de Jasper et d'Emmet qui avaient visiblement disparus, nous abandonnant lâchement ici. J'ai donc fait la seule chose que je pouvais faire : j'ai demandé l'aide d'un barman et ensemble, nous avons mis Edward dans un taxi qui nous a conduits jusque chez moi.
Après tout ça et malgré mon propre état peu reluisant, j'ai dû aider Edward, à demi-conscient, à grimper les escaliers jusqu'à mon appartement et c'est seulement arrivé en haut qu'il a semblé reprendre un peu ses esprits.
-Où sommes-nous ? a-t-il demandé d'une voix pâteuse.
-Chez moi.
Il a secoué la tête dans tous les sens, tanguant sur ses pieds.
-Non. Nooooon. Ça ne va pas. Je ne peux pas rester ici.
Il s'est défait de ma prise et a essayé de marcher jusqu'à la porte, mais est tombé sur le sol. Je me suis approchée de lui, les mains sur les hanches, agacée.
-Je crois que tu n'as pas le choix, ai-je dit, plus blessée que je n'avais voulu l'admettre.
Après ce qui venait de se passer entre nous, il refusait de passer la nuit chez moi ?
Edward a poussé un gémissement, prenant sa tête entre ses mains.
-Tu as juré ma mort Bella ? Parce que tu es bien partie pour me tuer !
Je l'ai fixé un instant, me demandant ce qu'il voulait dire par là, mais j'étais trop fatiguée pour me disputer avec lui.
-Fais ce que tu veux… tu peux même rester sur le plancher si c'est ce que tu souhaites ! Moi, je vais dormir.
Et j'ai titubé jusqu'à mon lit, me déshabillant au passage, ne gardant que ma culotte et je me suis enfin glisser entre les draps en poussant un soupir de satisfaction.
C'est là, à ce moment-là que j'ai cru que les choses allaient vraiment s'arranger avec Edward… parce qu'il est venu me rejoindre dans mon lit et il m'a attiré dans ses bras. Je m'y suis enfouie avec plaisir, mon cœur s'affolant dans ma poitrine. Ma tête reposant sur son épaule, nos jambes entrelacées, je glissais lentement vers le sommeil lorsque j'ai entendu Edward murmurer :
-Je suis désolé de me comporter ainsi Bella… c'est juste que… tu l'as brisé.
-Quoi donc ? ai-je eu la force de demander, entrouvrant seulement un œil.
Il a pris ma main et l'a déposée sur sa poitrine.
-Mon cœur, a-t-il soufflé.
J'ai voulu dire autre chose, lui répondre que je l'aime, que je n'ai jamais voulu le blesser, mais j'ai glissé malgré moi dans le sommeil.
Et j'ai cru que ce matin, je pourrais tout arranger.
Edward m'a avoué qu'il m'aime ! Enfin, pas dans ces mots, seulement c'est ce que ça voulait dire… je lui ai brisé le cœur, mais je peux encore tout réparer !
Non ! Tu ne peux pas idiote : il est parti !
Ah oui ! Nous revenons donc au problème de départ : Edward est parti alors que je dormais encore. Il s'est glissé hors du lit et a filé sans demander son reste, comme un voleur.
Sans me laisser aucune chance de m'expliquer.
Le regard fixé sur mon plafond, je pousse un nouveau soupir. J'ai l'impression de ne faire que des erreurs depuis le moment où je l'ai appelé.
Ce n'est pas qu'une impression ma veille !
Erreur numéro 1 : je lui ai menti.
Erreur numéro 2 : je suis tombée en panne et je n'ai pas pu me rendre à notre rendez-vous. Ce qui aurait vraiment changé les choses. Bon, cette erreur n'en ait pas vraiment une mais comme elle découle de ma maladresse et de ma camionnette veille comme le monde, je la compte tout de même.
Erreur numéro 3 : lorsque je l'ai appelé de chez Rosalie, je ne lui ai toujours pas dit la vérité et lorsqu'il est apparu devant moi, je n'ai même pas tenté de m'expliquer, sautant tout de suite à la conclusion qu'il draguait son amie.
Erreur numéro 4 : je n'ai pas répondu au téléphone lorsqu'il m'a appelé après cela…
Erreur numéro 5, la plus grosse de toutes : j'ai voulu le séduire, jouer avec l'attirance qu'il semble ressentir pour moi et ça a si bien marché que nous avons fait l'amour sous l'influence de l'alcool.
Ce qui n'était pas la meilleure chose à faire parce que de toute évidence, Edward regrette ce qui s'est passé maintenant.
Alors que moi…
Je repense à ses mains sur mon corps, à ses lèvres sur les miennes, à son souffle dans mon cou et je frissonne. Puis je pousse un gémissement dans mon oreiller.
Je dois faire quelque chose. Je ne veux pas retrouver la pathétique Bella. Et je ne peux pas le laisser fuir comme ça éternellement.
Je me redresse dans mon lit. C'est décidé : je vais chez lui et je lui dis que je l'aime. Tout simplement.
Et tant pis pour mon orgueil, tant pis pour mon cœur si jamais il me repousse.
Je dois tenter le tout pour le tout et comme la séduction n'a pas fonctionné, du moins pas comme je le souhaitais, je vais essayer l'honnêteté.
Je me lève enfin de mon lit et je me prépare en quatrième vitesse, me brossant les dents d'une main et me peignant les cheveux de l'autre. Je mets des vêtements convenables, jette un dernier œil sur mon reflet… et je sursaute.
J'ai l'air fripé et malade d'une fille qui a pris une cuite la veille, mais tant pis ! De toute façon, Edward doit être dans le même état que moi.
Quoique… je ne peux me l'imaginer être autrement que magnifique et parfait !
Ok. Là, je ne suis plus certaine de vouloir me retrouver comme ça devant Edward. Je devrais peut-être attendre un peu, le temps de reprendre figure humaine.
Mais j'ai peur de ne plus avoir le courage de le faire si j'attends encore…
C'est maintenant ou jamais ma grande.
Je prends une grande inspiration et marche d'un pas résolu vers la porte que j'ouvre en grand… pour me retrouver devant un ours qui tient un plateau d'une main et un sac qui sent divinement bon de l'autre.
Je recule, surprise, puis je souris à Emmet.
-Hey ! Qu'est-ce que tu fais là si tôt ?
Emmet fronce les sourcils, puis jette un œil à sa montre.
-Heu… il est 13 heures Bella.
Vraiment ? Si tard ? Je ne croyais pas avoir dormi autant ! Mais cela ne répond pas à ma question…
-Qu'est-ce que tu fais là ? répétai-je en observant Emmet qui me semble de moins bonne humeur que d'habitude. Est-ce que c'est pour moi ?
Je pointe les cafés et il me tend le plateau.
-Ouais. Pour toi, Edward et moi…
-Oh !
Je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux.
-Edward n'est pas là, dis-je en fixant le sol, honteuse.
Mon Dieu ! Emmet sait ce qui s'est passé entre nous !
Bien sûr qu'il sait ! Il t'a vu te jeter sur lui et l'embrasser à pleine bouche !
-Il n'est pas là ? s'étonne mon ami. J'ai cru que… vu qu'il n'est pas chez lui et que vous sembliez chaud hier soir…
Emmet me fait alors un énorme sourire, retrouvant toute sa bonne humeur.
-Tu veux partager les croissants avec moi ? demande-t-il en me montrant le paquet.
Je me mords la lèvre, hésitante. Je dois absolument discuter avec Edward, mais d'un autre côté, un café me ferait du bien…
À cet instant, mon estomac se manifeste et je me dis que quelques minutes de plus ou de moins ne changeront pas grand-chose.
-D'accord.
Je me pousse pour laisser entrer Emmet à l'intérieur, puis je l'amène jusqu'à la cuisine où nous nous assoyons face à face.
-Alors… tu es allé chez Edward avant de venir ici ? demandai-je en toute innocence.
-Ouais. On devait jouer ensemble ce matin, mais il n'est pas venu alors je suis passé chez lui. Il n'était pas là alors j'en ai déduis que…
Je me sens rougir de nouveau.
-Hum… oui… je suis désolée pour hier soir. Je me suis comportée comme une garce !
Emmet hausse les épaules en souriant.
-Moi je t'ai trouvé plutôt drôle ! Et puis, on s'est bien amusé, non ?
Je lui retourne son sourire.
-Oui, on s'est amusé.
Je croque alors dans mon croissant et je gémis. Bon sang ! Il est délicieux ! Le meilleur que j'ai jamais mangé !
-Miam… Emmet ! Où as-tu trouvé ça ? C'est… le paradis en une bouchée !
-Dans une pâtisserie française, à Times Square. Ils font des desserts encore meilleurs que ça… presque aphrodisiaques !
Il se détourne soudain de mon regard et dit d'une voix un peu trop forte :
-Si tu as envie, on pourrait aller prendre un café un soir.
J'ouvre la bouche, sous le choc. Est-ce qu'Emmet vient de me demander… un rendez-vous ? Non. Impossible. Il doit parler d'une sortie en amis, rien de plus. Mais alors, pourquoi a-t-il l'air aussi mal à l'aise ?
Je cherche quoi répondre lorsqu'on sonne à la porte. Je pousse un soupir de soulagement, espérant que mon ami ne l'ait pas entendu. Sauvée par la cloche !
Je me lève d'un bond maladroit.
-Je reviens !
Je vais alors ouvrir la porte et me retrouve devant le visage de mon autre ami cette fois.
-Jasper ! Et bien, c'est le matin pour les visites je crois.
Jasper n'attend pas que je lui dise d'entrer : il me repousse un peu et franchit le seuil de mon appartement.
-J'étais inquiet Bella ! Toi et Edward avez disparu hier soir… je t'ai laissé un tas de messages, mais tu ne m'as pas répondu ! Edward non plus ne répond pas ! Je commençais à me demander s'il ne vous était pas arrivé quelque chose de plus grave que vous être envoyez en l'air toute la nuit !
Je referme la porte et me retourne vers lui en croisant les bras sur ma poitrine.
-Je suis désolée, je n'ai pas pensé à ouvrir mon téléphone ce matin. Je me sens encore un peu dans les vapes.
Jasper m'observe un instant, puis il hoche la tête d'un air compréhensif, sa propre colère semblant retomber.
-Alors, que s'est-il passé avec Edward ? demande-t-il d'une voix lugubre.
Comme s'il se doutait que les choses ont mal tournées…
-Hey ! Salut Jasper ! s'écrie alors une voix dans notre dos. Tu veux un café ?
Mon meilleur ami se tourne vers Emmet qui lui sourit, puis il reporte son attention vers moi, les sourcils froncés à l'extrême. Je comprends aussitôt à quoi il pense.
-Emmet est arrivé il y a quelques minutes pour m'apporter un café et des croissants. C'est gentil, non ?
-Très gentil, oui, répond Jasper en me fixant dans les yeux, comme s'il essayait de me faire passer un message.
Mais que veut-il à la fin ? s'énerve ma conscience et je le suis autant qu'elle. Pourquoi est-ce que les gens n'arrivent jamais à dire clairement ce qu'ils veulent ? Ce n'est pas bien compliqué il me semble !
-Je suis la gentillesse même ! réplique Emmet en riant. Mais en fait, je cherche Edward. Ce lâcheur m'a laissé tomber pour notre répétition et je ne le trouve nulle part. Il ne répond pas au téléphone.
-Je sais. J'ai essayé de le joindre aussi.
Je sens mon moral tomber soudain dans mes chaussettes. Si Edward n'est pas chez lui et qu'il ne répond pas à ses appels… comment vais-je faire pour le rejoindre ?
-Il… il va bien finir par revenir, non ? On a cours demain !
Jasper passe devant moi sans répondre et il se laisse tomber sur mon sofa, comme toutes les autres fois où il est venu chez moi. Emmet le rejoint et lui tend le troisième café, celui qui était destiné à Edward.
Moi je reste debout, plantée devant eux, trop nerveuse pour m'asseoir sans que je comprenne pourquoi.
-Ce ne serait pas la première fois qu'il sèche les cours! répond alors Emmet avec un temps de retard. Il peut se le permettre : c'est le petit prodige de cette année. Le chouchou de monsieur Petrelli, le directeur de programme.
Jasper lui lance un regard d'avertissement, mais Emmet y semble totalement hermétique et il continue.
-La semaine dernière, il n'est pas venu en cours lundi. Il ne répondait pas à nos messages et n'a donné aucun signe de vie. Mardi matin non plus… Rose et moi on a été obligé d'aller le chercher et si tu l'avais vu Bella ! Il était dans un état lamentable ! Il avait l'air… complètement pathétique! Si tu veux mon avis, il y a une fille là-dessous…
Lundi, la semaine dernière. Donc la journée même où j'ai moi aussi manqué les cours. À cause de lui.
Lui, était-il resté enfermé chez lui à cause de moi ? De ce qui s'était passé entre nous ?
Je me tourne vers Jasper qui semble savoir à quoi je pense et il hoche la tête, l'air de dire : « je te l'avais bien dit. »
Oui, il me l'avait dit. Il m'avait dit que j'avais brisé le cœur d'Edward, mais j'avais eu de la difficulté à y croire.
Même lorsqu'Edward me l'a dit cette nuit, j'ai gardé une part de scepticisme. Je ne pouvais croire qu'il avait souffert autant que moi quand il m'avait repoussé ou quand il avait dragué Rosalie, puis ensuite Tanya sous mes yeux.
Et j'ai une autre de mes illuminations : l'erreur numéro 5 est une erreur monumentale ! S'il ressent vraiment ce que moi je ressens pour lui, si vraiment son attirance, son désir, son amour même, pour moi sont aussi forts que les miens… alors me voir me comporter avec ses amis comme je l'ai fait ne peut que l'avoir fait souffrir encore et encore.
-Oh mon Dieu ! Jas ! J'ai fait une bourde ! Une énorme bourde ! Toute cette histoire de rendre Edward jaloux : c'était une erreur ! Il doit tellement m'en vouloir maintenant…
-Rendre Edward jaloux ? demande Emmet, perdu. Mais de quoi parlez-vous ?
Jasper et moi nous fixons, sans lui répondre. Mon ami se lève et dépose une main sur mon épaule.
-Je sais Bella. J'ai essayé quelques fois de t'avertir hier, de te dire que tu allais trop loin, mais… tu n'étais pas prête à écouter ! Il devait croire que moi j'étais intéressé par toi, pas le contraire !
-Je suis tellement idiote ! Je voulais seulement que… que…
Je cache mon visage dans mes mains, honteuse et paniquée aussi, je dois l'avouer.
-Quelqu'un veut-il enfin me dire ce qui se passe ? demande Emmet, qui semble furieux à présent.
Jasper et moi nous tournons vers lui d'un même mouvement.
-Tu as raison Emmet : c'est bien à cause d'une fille qu'Edward s'est comporté comme ça, commence mon ami.
-C'est à cause de moi, ajoutai-je, en évitant son regard, ne pouvant m'empêcher de me demander s'il a vraiment voulu m'inviter à un rendez-vous ou si c'est un tour de mon imagination.
Je ne veux pas lui faire de la peine. Je ne l'ai jamais voulu : il est mon ami maintenant. Je l'ai utilisé pour rendre Edward jaloux et peut-être que je suis allée trop loin avec lui aussi.
-Toi et Edward, répète Emmet, semblant plongé dans une intense concentration. Alors tu le connaissais avant, c'est ça ? Avant de le revoir à la cafétéria ?
J'hoche la tête, simplement.
-J'avais bien l'impression qu'il se passait quelque chose que je ne comprenais pas… mais personne ne me dit jamais rien à moi ! Comme si je ne pouvais pas comprendre !
Il prend une mine boudeuse et sombre. Je lui dis, avec un regard d'excuse :
-Je suis désolée. Je n'aime pas parler de mes problèmes personnels et on ne se connaît pas assez bien tous les deux pour que…
Il me fit un sourire rassurant.
-Toi, tu es hors de cause. C'est lui, dit-il en pointant un doigt accusateur vers Jasper, et Edward qui auraient dû m'en parler !
Il se lève alors et se dirige vers la porte.
-Emmet ! Attends ! Tu peux rester si…
-Edward n'est pas chez lui : soit il est au conservatoire en train de se défouler sur un piano, soit… il est retourné se cacher dans les jupes de sa mère. Si je le retrouve, je le ramène ici par la peau des fesses pour que vous discutiez tous les deux ! D'acc ?
À ce moment, les larmes emplissent mes yeux et je me jette dans les bras d'Emmet pour le serrer contre moi, reconnaissante de ce qu'il fait.
Il me rend mon étreinte, puis me repousse sans douceur, mais un sourire sur le visage.
-Tu devrais t'éloigner. Je commence à trop apprécier.
Il me fait alors ses yeux séducteurs, spécial Emmet, et j'éclate de rire. Sur un dernier signe de la main, il sort de mon appartement et je regarde la porte, pensant à combien j'ai de la chance. En quelques semaines, je me suis fait trois véritables amis : Tanya, Jasper et Emmet. Et j'ai retrouvé Edward, le seul garçon que j'ai jamais aimé. C'est plus que tout ce que j'ai eu au cours de ma vie.
J'ai fait des erreurs avec chacun d'eux, mais je vais réparer mes torts. Ma vie ressemble enfin à ce que j'ai toujours voulu ou presque. Il y a quelques ombres au tableau, mais je peux les chasser. Je peux faire en sorte que tout soit parfait… pour moi.
Et je réalise enfin que je n'ai pas besoin de changer du tout au tout pour ça. Je n'ai pas besoin de devenir une autre moi pour être heureuse. Quand je suis avec Tanya, Emmet, Jasper ou Edward, je me sens bien. Je suis enfin dans mon élément, je ne me sens plus ni timide ni maladroite parce que ma place est ici, avec eux.
-Et maintenant ? me demande Jasper en se postant à côté de moi. Que vas-tu faire ?
-Rien.
-Rien.
-Rire. Pleurer. Vivre. Être moi-même Jasper.
Je lui souris.
-Juste… être moi-même.
Mon meilleur ami me sourit en retour, puis entoure mes épaules de ses bras.
-C'est ce que j'espérais entendre, dit-il avec douceur. Parce que tu es quelqu'un d'exceptionnel Isabella Swan. Je suis heureux que tu le réalises enfin.
Quelqu'un d'exceptionnel, moi.
Il est fou ! Il a perdu l'esprit !
Je souris d'avantage. Peut-être… oui peut-être. Dans ce cas, alors j'ai moi aussi perdu l'esprit parce qu'en ce moment, je me sens comme quelqu'un d'exceptionnel.
Jasper, Emmet et Tanya sont trois personnes d'exception. Trois personnes qui sont venus à moi pour m'offrir leur amitié. Et Edward… Edward est simplement l'homme le plus extraordinaire que j'ai jamais rencontré et c'est moi qu'il aime. Moi. Pas la belle Rosalie, ni la superbe Tanya.
Moi.
Alors je me dis qu'ils doivent bien avoir vu quelque chose en moi… quelque chose qui me rend différente… ou quoi que soit cette chose, je suis bien déterminée à le découvrir.
Avec eux.
Pv Edward
-Tous les passagers doivent maintenant attacher leurs ceintures. Nous entamons notre descente sur l'aéroport de Seattle.
La tête appuyée sur mon siège, les yeux fermés, je retiens difficilement un gémissement. Cette foutue voix est bien trop forte ! Elle ne pourrait pas descendre d'un cran ? C'est que j'ai mal au crâne moi !
Malgré tout, je m'exécute, attendant avec impatience que l'avion se pose sur le sol.
Chez moi. Je suis enfin chez moi.
Je souris pour la première fois depuis mon réveil difficile, un peu plus tôt ce matin. Enfin… difficile… c'est une façon de parler.
J'aurais pensé que c'était le réveil le plus beau de ma vie si cela avait été dans d'autres circonstances. J'étais étendu dans le lit de Bella, serrant son corps découvert contre le mien, un bras possessif entourant sa taille alors que son nez était enfoui dans mon cou. Je suis sorti du sommeil et la première chose que j'ai senti, c'est la peau de Bella contre la mienne. La première chose que j'ai vu quand j'ai ouvert les yeux, c'est son visage paisible et toujours aussi magnifique.
C'était une sensation merveilleuse. Grisante. J'aurais voulu me réveiller ainsi chaque matin.
Mais le mal causé par la gueule de bois, l'une des pires de ma vie, l'était beaucoup moins. Et le souvenir de ce qui s'était passé entre nous est venu gâcher cet instant paisible.
J'ai finalement craqué. Malgré tous les efforts que j'ai déployés depuis nos retrouvailles pour résister à l'attraction qu'elle exerce sur moi, j'ai craqué.
J'étais complètement saoul et elle m'a allumé toute la soirée, mais ce n'est pas une excuse à mon attitude. J'ai toujours été un gentleman; mes parents m'ont élevé ainsi; et pourtant, je l'ai prise contre la porte d'une toilette miteuse alors qu'elle n'avait pas toute sa tête.
Je grogne contre mes pensées, tentant de chasser cette nuit de ma tête. Au moins pour quelques heures. Au moins pendant le temps que je passerai avec Alice qui arrive toujours à deviner mes pensées.
Et je n'ai aucune envie qu'elle sache à propos de ça.
Je fais donc de mon mieux en sortant de l'avion pour garder un visage neutre. Je suis la file, peu nombreuse à cette heure, et je récupère mes bagages, m'attendant à tout moment à entendre une petite voix de lutin hurler mon nom de façon quasi hystérique. Mais rien de tel n'arrive.
Merde ! Alice a-t-elle eu mon message ?
Je soupire en passant une main lasse dans mes cheveux.
Qu'est-ce qui m'a pris aussi de venir à Forks, comme ça, sur un coup de tête ?
On appelle ça la fuite mon gars…
Ouais, la fuite…
J'ai fui Bella. Je suis parti avant qu'elle ne se réveille et que nous nous retrouvions tous les deux mal à l'aise et embarrassé de ce qui s'était passé sous l'influence de l'alcool. J'ai appelé un taxi qui m'a ramené chez moi, mais en entrant dans la résidence que je partage avec quatre autres étudiants, j'ai réalisé que j'avais besoin de plus.
Il fallait que je m'éloigne de Bella. J'avais besoin de réfléchir, de faire le point, de m'aérer l'esprit.
Alors j'ai fait ma valise et j'ai filé à l'aéroport pour acheter le premier billet pour Seattle, revenant là où je me sens bien : à Forks.
D'un pas lent, je me rends jusqu'à une rangée de siège et je me laisse tomber sur l'un d'eux, prenant ma tête entre mes mains.
Et maintenant, qu'est-ce que je fais ?
Je loue une voiture pour aller à Forks ? Je reste à Seattle pour la journée et reprend l'avion plus tard ? Ou je me dis que l'absence de ma petite sœur est un signe et que je dois retourner immédiatement à New-York ? Que je dois arrêter d'être un connard borné et m'expliquer enfin avec Bella ?
Je sais que c'est la meilleure solution, mais je ne suis pas certain d'avoir envie d'entendre ce qu'elle a à dire.
Je ne suis qu'un peureux et un lâche.
Il y a deux jours, je ne voulais pas écouter ses explications parce que j'avais peur de flancher, de lui pardonner et de souffrir encore…
Et maintenant, je ne veux plus l'écouter parce que… si elle me dit qu'elle ne ressent rien pour moi, je serai blessé. Si au contraire elle me dit que cette nuit a représenté plus pour elle qu'une simple baise, je ne saurai pas quoi répondre.
Parce que je ne suis plus certain de ce que je ressens pour elle.
Pendant six long mois, je n'ai pensé qu'à elle, qu'à notre nuit ensemble. J'étais amoureux d'elle et je me disais qu'un jour, nous nous retrouverions. Ce n'était simplement pas le bon moment, mais un jour nous serions ensemble. Il n'y avait qu'elle pour moi, qu'elle dans mon cœur et ma tête. Mon lit aussi qui est resté vide de toute présence féminine pendant tout ce temps.
Six mois à attendre, six mois à espérer pour finalement réaliser que cet amour n'est qu'une chimère. Un mensonge que je me suis racontée à moi-même.
Comment ai-je pu croire que je connais vraiment Bella alors que nous n'avons discuté que quelques heures au téléphone ? Comment ai-je pu penser que je savais qu'elle est la bonne alors que je n'ai passé qu'une nuit avec elle ?
Ce genre de chose n'arrive que dans ces films que ma sœur m'obligeait à regarder avec elle parfois. Pas dans la vraie vie.
Je ne lui dirai jamais, mais Rosalie a raison : je suis trop naïf. Naïf et idiotement romantique.
Je pousse un autre soupir et me décide enfin à relever la tête, jetant un regard plein d'espoir autour de moi.
Toujours aucune trace d'Alice.
Et maintenant ? pensai-je à nouveau.
J'en sais rien, mais bouge tes fesses avant de prendre racine !
Je me lève enfin, résolu. Je vais rester à Seattle et je vais profiter de ma journée pour réfléchir à ce que je veux. Voilà.
Je marche d'un pas vers la sortie, traînant ma valise derrière moi lorsque j'entends crier mon nom…
-EDWARD !
Je me retourne, un sourire aux lèvres. Ma sœur court vers moi et se jette dans mes bras en riant.
-Edward ! crie-t-elle encore, dans mes oreilles cette fois.
-Moins fort Alice ! Ouch ! Je vais devenir sourd si tu continues…
Elle pouffe de rire et plaque un baiser sonore sur ma joue.
-Désolée d'être heureuse de te voir.
Elle m'examine un instant et je baisse les yeux au sol, devinant ce qu'elle va me dire.
-Tu as une sale tête; tu ne devrais pas boire autant.
-Je sais, grognai-je en réponse.
Oui, je le sais très bien. Merci petite sœur pour tes conseils avisés.
-Il y a plus que ça, devine-t-elle en m'étudiant trop attentivement.
Alice a toujours su lire en moi et je sais que cette fois, elle va deviner facilement ce qui c'est passé. Je me détourne d'elle, sentant mon visage rougir, chose peu commune pour moi.
Elle pousse alors un soupir théâtral.
-Tu as craqué, c'est ça ?
Je me contente d'hocher la tête, ne voulant pas m'attarder sur ma nuit avec Bella.
-Et qu'est-ce qui est arrivé ? insiste-t-elle.
-Alice… il est hors de question que je discute de sexe avec ma petite sœur !
Elle pointe un doigt vers moi, un sourire aux lèvres.
-Haha ! s'écrie-t-elle de sa voix fluette. Alors vous l'avez fait !
Puis ses sourcils se froncent et sa bouche prend un pli pensif.
-Alors je ne comprends pas ce qui te met dans cet état : tu as passé la nuit avec la fille dont tu es amoureux… tu devrais être heureux, non ?
Je passe une main dans mes cheveux qui doivent être dans tous les sens à présent. Pas comme si c'est un changement, mais… je les malmène particulièrement aujourd'hui.
-C'est compliqué. Je ne t'ai pas tout raconté au téléphone hier…
J'ai appelé Alice pendant la soirée au bar. Je me sentais sur le point de faire une bêtise et j'avais besoin de parler à quelqu'un qui m'aiderait à garder la tête froide. J'aurais pu appeler Rosalie bien sûr, mais à la seule idée d'entendre sa voix satisfaite alors qu'elle m'aurait lancé : « Je te l'avais bien dit. », j'avais repoussé cette solution.
J'ai donc appelé Alice et lui ai raconté, en gros, que j'ai retrouvé la fille dont je suis amoureux, qu'elle flirtait avec d'autres hommes depuis le début de la soirée et que je me sentais sur le point d'agir comme un homme de cro-magnon : de l'empoigner par les cheveux, l'entraîner de force jusque chez moi où je la ferai hurler mon nom jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus.
Bien sûr, je ne l'ai pas dit de cette façon -c'est ma petite sœur quand même- mais je l'ai pensé ainsi.
Alice me donne une tape sur le bras pour ramener mon attention sur elle. Elle me toise d'un regard dur.
-Alors raconte-moi maintenant. J'ai tout mon temps.
Son ton est inflexible, mais je n'ai aucune envie de déballer toute l'histoire encore une fois. Je l'ai déjà fait : d'abord avec Rose, puis avec Jasper…
-Je n'ai pas envie d'en discuter avec toi Lily. Désolé.
Ma sœur croise les bras sur sa poitrine, furieuse.
-Tu lui as dit à ELLE, c'est ça ? crache-t-elle avec hargne. Cette fille que tu considères comme une sœur ?
Je lève les yeux au ciel, un petit sourire aux lèvres.
-Tu es ridicule Alice ! Tu ES ma sœur ! répliquai-je, laissant échapper un petit rire.
-Oui, je le suis. Et je vais mettre les points sur les I dès que je vais rencontrer cette garce blonde qui essaie de me voler ma place !
J'imagine alors Alice se battre contre Rosalie et je ris franchement cette fois. Leur rencontre, si elle a lieu un jour, risque d'être un moment… mémorable !
Le lutin vs la Belle. Un match jusqu'à la mort…
Je ris de plus bel et sans pouvoir m'en empêcher, j'attire ma sœur dans mes bras pour un câlin : je suis vraiment heureux de la voir et sa présence me fait du bien. Alice se dégage vivement, mais un sourire étire ses lèvres.
-Et maintenant, dit-elle, est-ce que tu pourrais venir avec moi pour payer mon taxi ? Je n'ai pas un sous sur moi !
Je la regarde sans comprendre.
-Pourquoi n'as-tu pas pris une des voitures du paternel ?
-Oh ! Et bien… il aurait dû venir la chercher jusqu'ici et je ne crois pas qu'il aurait aimé, me répond-elle en se dirigeant vers la sortie.
Je la suis, de plus en plus perdu.
-Quoi ? Mais pourquoi ?
-Parce que je ne retournerai pas à Forks.
Elle s'arrête alors devant un taxi qui attend devant la porte de l'aéroport, remercie le chauffeur d'un sourire chaleureux, puis, me fait signe de le payer. Je lève les yeux au ciel, mais je m'exécute à contre-cœur.
Lorsque je rapporte mon attention sur ma sœur, trois énormes valises attendent à ses pieds. Je me gratte la nuque, mal à l'aise, ayant soudain peur de comprendre.
-Heu… Alice… qu'est-ce que tu fais ?
Elle me fait un sourire lumineux.
-J'ai décidé de me bouger enfin les fesses et comme tu sembles avoir besoin d'aide… je viens vivre à New-York avec toi. Génial, non ?
Je ne réponds pas, sous le choc. J'imagine alors ma petite sœur au milieu de mes amis… Rosalie qui essayera de protéger son territoire comme elle le fait toujours face à de nouvelles venues; Emmet qui parlera de sexe à tout moment et racontera avec plaisir mes pires moments et d'un autre côté, continuera à draguer Bella; Jasper qui… qui fera je ne sais pas quoi. Et peu m'importe au fond ce sale traître.
Puis Bella. Bella qu'Alice voudra absolument connaître. Et je connais suffisamment ma sœur pour savoir qu'elle essaie de jouer les entremetteuses entre nous.
Oh. Mon. Dieu. Aidez-moi, je vous en prie !
Je sais que ce pv d'Edward ne vous dit pas grand chose, mais… patience ! Vous aurez accès à toutes ses pensées dès le prochain chapitre et vous en saurez plus sur sa vie et aussi celle d'Alice! : )
À bientôt pour la suite !
