Helloooooooooo les jeunes !
IceQueen38 : Et oui, Tom n'est pas un habitué des contacts physiques haha ! J'espère que cette partie était assez crédible pour toi ! Bisous
Vlad : J'ai bon espoir que Rosaline finisse par te plaire, je ne lache pas l'affaire haha ! Je suis contente que ce chapitre t'ait plu, c'est un tournant dans la relation Tom/Rosie ! Bisous !
MyFairLadyRose : Merci pour ta review ! Par contre je ne suis pas d'accord avec toi : même si tu es dyslexique, tu peux écrire si tu en as envie, et surtout si tu as des idées ! Une bonne Beta, et personne ne s'apercevra de ta dyslexie ! A bientôt !
TheDevilOfSlytherin : Merci pour ta review ! Dommage que tu n'aies pas eu le temps de lire le chap 9 (ou que tu n'aies pas vu l'update) ! A bientôt bises !
Je n'en dis pas plus, vous me faites vraiment plaisir avec vos reviews, et quand je compare avec les autres fics françaises TomOC, je me rends compte que j'ai beaucoup de chance de vous avoir ! Encore merci !
A Dance of Ice and Fire - Partie I
10. Désirs
31 Octobre 1943
- Rosa -
Elle se réveilla en sursaut et se mit assise sur son lit. Sa chemise de nuit était collée à son corps par sa sueur, et dans le silence de sa chambre particulière, son souffle court et saccadé résonnait et se répercutait contre les murs. Elle mit quelques secondes à réaliser qu'elle était bien en sécurité, dans son lit. Elle attrapa sa baguette sous son oreiller et d'un geste souple, remplit d'eau la tasse posée sur sa table de chevet. Elle la but d'un trait, grimaçant lorsque l'eau fraiche coula dans sa gorge sèche. Ses joues étaient trempées de larmes. Depuis qu'elle avait visité la Chambre des Secrets, presque un mois plus tôt, celle-ci hantait ses nuits. Parfois, c'était un rêve agréable où elle parlait Fourchelang et contrôlait le Basilic. Elle se réveillait alors la tête pleine de nostalgie de cette fameuse soirée. D'autres fois, comme cette nuit, Riddle lui tendait un piège et lançait le Basilic à ses trousses. Elle courrait pour lui échapper mais ses jambes étaient molles et elle se retrouvait incapable d'utiliser sa baguette pour se défendre. Des rêves et des cauchemars, et parfois l'impression malsaine qu'elle ne savait plus vraiment faire la différence entre les deux. Elle alluma sa lampe de chevet et passa une main sur son visage.
Depuis ce jour, rien n'avait changé. Riddle l'évitait toujours et ne lui parlait pas plus pendant leurs rondes, elle fréquentait toujours Rob et ses amies, elle était toujours assidue et pertinente pendant les cours. Pourtant, Elle avait la sensation que cette soirée précise avait marqué le début d'un tournant de sa vie, que rien ne serait plus jamais pareil. Elle se souvenait de chaque seconde qu'elle avait passée dans la Chambre. Elle avait encore l'odeur d'humidité dans le nez et la sensation des plumes du Basilic sous les doigts. Il lui suffisait de fermer les yeux pour revoir les colonnes de marbre noir veiné et l'immense statue de Salazar Serpentard, gueule ouverte, cachant à moitié l'antre du Basilic. Mais son souvenir le plus poignant, était cette sensation que Tom était la plus grande source de magie et de pouvoir qu'elle n'avait jamais approchée. C'était comme s'il rayonnait. Elle s'était sentie attirée vers lui, par lui, plus que jamais. Le besoin de faire partie de son pouvoir, de lui, avait été si fort qu'elle n'avait pas pu lutter contre l'envie de le toucher. Et la sensation de sa main dans la sienne, de leurs doigts enlacés... Elle n'avait jamais rien ressenti d'aussi fort physiquement. Son coeur s'était affolé, la tête lui avait tournée, ses idées s'étaient emmêlées jusqu'à ce que plus rien n'existe sur terre à part eux deux et leurs mains jointes. Elle pouvait encore sentir le frisson de plaisir qui l'avait parcourue quand leurs mains avaient été en contact, le corps de Tom qui s'était légèrement tendu, puis détendu. Elle ne s'était pas attendue à cela. Qu'il accepte de la toucher, ne serait-ce que pour quelques instants, sans la repousser ou se moquer d'elle. Ça avait retourné retourné son estomac, et son esprit.
Elle savait qu'elle n'était pas censée ressentir cela. Elle ne voulait pas ressentir cela, car elle savait que dès qu'elle tenterait de passer à l'étape supérieure, Tom la repousserait, et ses amies secouraient la tête d'un air désolé, en lui disant qu'elle s'était laissée Riddliser. Elle avait tout tenté pour passer outre, pour oublier ce qu'elle avait ressenti en le touchant, pour oublier que tout ce qu'elle voulait, c'était le toucher, encore. Elle avait organisé des soirées dans sa chambre, et elle s'était saoulée avec les filles, mais cela n'avait fait qu'encourager son imagination, cette nuit-là. Elle avait tenté de se contenter avec Rob. Elle s'était dit qu'après tout, elle n'était qu'une jeune fille guidée par ses hormones, et qu'une partie de sexe lui ferait vite oublier le simple contact d'une main. Mais c'était faux. Chaque fois qu'elle avait couché avec Rob depuis, elle avait l'impression qu'elle ne ressentait rien, que ses mains ne savaient pas la toucher, que sa bouche ne savait pas l'embrasser. Le seul moyen qu'elle avait trouvé pour se faire croire qu'elle aimait ces moments, avait été de tourner le dos à Rob et d'imaginer Tom à sa place. Et Tom qui l'ignorait, qui évitait de croiser son regard, qui maintenait une distance de cinquante centimètres minimum entre eux, la rendait folle. Dès qu'il était là, elle ne pouvait rien faire d'autre que le regarder, observer chacun de ses mouvements, penser à tous les secrets qui l'entouraient et qu'elle n'avait pas encore découverts.
Elle prit un bain pour se changer les idées, et entreprit de se faire belle pour cette journée. Elle poudra son visage et sourit à son reflet en étalant du rouge sur ses lèvres. Lorsqu'elle sortit de sa chambre, insigne épinglé sur sa robe et tête haute, elle était certaine de passer une bonne journée. Elle retrouva Alicia, Alatea, Euphemia et Mary au petit déjeuner, en train de chuchoter avec des airs surexcités. Elle s'assit et les salua en se servant un grand bol de café au lait. D'après ce qu'elle comprenait, elles babillaient à propos d'un des jumeaux Smith, qui tournait autour de Mary. Celle-ci était rouge de gêne et ne cessait de lancer des regards à ses chaussures, comme des appels à l'aide. Mary était douce et gentille, mais elle était aussi une parfaite ingénue, beaucoup trop naïve pour le monde dans lequel elle vivait. Rosaline beurra une tartine et la trempa dans son bol. De loin, elle adressa un signe de la main et un sourire à Rob, qui s'empiffrait de porridge à la table des Serdaigles. Il lui répondit si vivement qu'il renversa le reste de son bol sur sa voisine, qui se mit à hurler. Rosaline eut un bref rire, avant de faire courir son regard sur le reste de la Grande Salle. Elle balayait tous les visages bien connus, ceux plus étrangers des première année. Elle s'autorisa alors un regard vers les Serpentards, et comme si son regard savait déjà ce qu'elle y cherchait, il se posa automatiquement sur Riddle. Sourcils froncés, il était absorbé par une lecture, livre ouvert à côté de son mug de café, croquant dans une pomme rouge comme le sang. Elle souhaita être une pomme pendant un instant, puis se gifla mentalement pour être aussi stupide.
"- Qu'est-ce que tu as encore à observer Riddle ?" Lui demanda alors Alicia, un air joueur sur son visage anguleux. Rosaline sentit une vague de chaleur embraser ses joues, et détourna son regard pour le planter dans les yeux d'Alicia.
"- Je ne l'observe pas. Ce n'était même pas lui, que je regardais !" Se défendit-elle. Alicia fit rouler ses yeux, et donna un petit coup de coude complice dans les côtes d'Alatea.
"- Nott m'a embrassée, hier soir." Ce n'était qu'un murmure, presque un souffle, mais cela avait suffit à faire s'écarquiller quatre paires d'yeux. Toutes les filles s'étaient tournées vers Euphemia, qui ne regardait que ses mains.
"- Et tu nous dis ça comme ça ? Comme si de rien n'était ?" Demanda-t-elle, sa cuillère toujours à mi chemin entre le pot de confiture et sa biscotte.
"- Je ne veux pas en parler." Continua Euphemia, toujours sans les regarder.
"- Si, tu veux en parler. Sinon tu n'aurais rien dit." Répondit Rosaline.
"- En tout cas, on ne peut pas en parler ici, qui sait où rôdent les amis de Fleamont ?" Dit Mary en scrutant à gauche et à droite à la recherche d'un espion. Elles étaient dans la même Maison que Fleamont, et mangeaient à la même table. Il aurait été indécent de discuter des amours d'Euphemia et Nott à portée d'oreille de son goujat de fiancé. Rosaline avait du mal à y croire. La sage, la droite, la psychorigide Euphemia s'était enfin laissée aller à ses désirs. Elles devraient effectivement en discuter, toutes les deux, quand les autres filles auront eu tous les détails croustillants dont elles mourraient d'envie. Rosaline et sa meilleure amie échangèrent un regard entendu.
"- Faisons ça dans votre dortoir. J'ai des devoirs de Préfète à accomplir ce soir, mais je vous rejoindrai après." Dit-elle alors, en avalant un dernier morceau de pain complet. "C'est l'heure d'aller en Métamorphoses."
Le cours de Métamorphoses étaient un des préférés de Rosaline lorsqu'elle était plus jeune. Elle n'avait jamais eu l'occasion de voir une métamorphose avant d'arriver à Poudlard ( ce n'est pas un talent qu'on utilise souvent dans la vie quotidienne, même chez les sorciers...). A l'époque, elle s'était ébahit de voir une fleur se changer en plume. Aujourd'hui, elle pouvait changer une plume en un véritable oiseau, capable de picorer dans sa main et de siffler les plus jolies mélodies. Ce jour-là, ils devaient changer leurs partenaires en lui donnant une apparence complètement contraire à la sienne. Rosaline était en binôme avec Mary, et elle s'évertuait à lui donner l'aspect d'une vieille femme brune et laide, maigrichonne et édentée. Elle imaginait cette femme dans sa tête, lui donnait un prénom et une personnalité, jusqu'à ce qu'elle soit la plus crédible possible, puis, avec un petit tourniquet de la main et une formule en latin, elle lançait le sort sur son amie. Chacune de ses tentatives se soldait par un échec. Elle changeait la couleur des cheveux de Mary, la forme de son nez, ou seulement sa poitrine, mais elle ne se transformait pas en la vieille dame de ses pensées. Pourtant, Dumbledore était entièrement satisfait de son travail, et il ne manqua pas de la féliciter en passant entre les rangs. D'après lui, il s'agissait de magie d'un niveau très avancé, auquel il voulait simplement les initier, sans rêver qu'aucun d'entre eux ne réussisse réellement à accomplir le sort. Elle devait bien avouer qu'autour d'elle, peu avait plus de succès qu'elle. Mary, par exemple, n'avait pas réussi à faire une seule modification de son physique. Riddle, lui, avait réussi à changer Fleamont en une petite fille d'à peu près huit ans. La seule chose qu'il n'avait pas pu modifier était sa voix. Ils devaient donc tous supporter une gamine qui braillait avec la voix d'un garçon de dix-sept ans, et Riddle qui refusait d'arrêter le sort avant que Dumbledore ne vienne le complimenter. A la fin du cours, Rosaline fit mine de faire tomber son sac et de devoir tout ramasser pour que tout le monde sorte de la salle avant elle. Habituellement, c'était Tom qui restait le dernier. Quand les autres furent partis et que Dumbledore était occupé à relire ses notes pour son prochain cours, Riddle mit son sac sur son épaule et prit le chemin de la porte. Rosaline le suivit rapidement et lui bloqua la porte.
"- Hé, Riddle !" Appela-t-elle en souriant. Il soupira entre ses dents serrées et jeta un regard furtif vers le bureau du professeur. Il n'aurait pas été malin de la repousser à ce moment, devant son Directeur de Maison.
"- Qu'est-ce que tu veux, Miss Mesnaud ?" Murmura-t-il d'un air exaspéré. Une douleur doucereuse traversa sa poitrine. Ils ne s'étaient pas parlés depuis des semaines, et elle avait espéré que leurs prochains échanges seraient plus cordiaux, après la Chambre des Secrets. Elle trouva tout de même de quoi feindre un sourire enjoué.
"- J'ai quelque chose à te montrer. Une chose qui est à Poudlard et que tu n'as pas découverte." Ajouta-t-elle en chuchotant. Il fronça les sourcils et approcha son visage d'elle, assez près pour qu'elle puisse sentir son souffle.
"- Qu'est-ce qui te fait croire que je ne l'ai pas encore découverte ?" La questionna-t-il d'un air méfiant. Elle haussa les épaules.
"- Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que tu seras très content de découvrir cette chose. C'est un objet très précieux, qui n'existe qu'en un seul exemplaire." Elle pouvait voir les rouages se mettre en route à travers son crâne. Il prit un air agacé. Elle était sûre que sa curiosité était bien plus forte que sa défiance envers elle.
"- D'accord. Je n'ai pas de cours ensuite. On y va maintenant." Elle balaya sa proposition d'un geste las.
"- Retrouve-moi devant ma Salle Commune au couvre-feu." Sans attendre sa réponse, elle sortit de la salle. Finalement, cela n'avait pas été si terrible qu'elle imaginait, et elle avait bon espoir que leur relation change dès qu'il aura vu ce qu'elle voulait lui montrer. Si elle voulait se rapprocher de Riddle, elle devait gagner sa confiance. Après l'énorme secret qu'il lui avait révélé, elle lui devait au moins de partager avec lui une de ses découvertes. Elle sourit pour elle-même, quand soudain, on lui vola un baiser. Elle leva la tête pour découvrir les traits fins et lumineux de Rob, qui la prit par la main.
"- Qu'est-ce qui te rend si heureuse ?" Demanda-t-il alors. Elle embrassa le dessus de sa main, satisfaite de ne pas ressentir de culpabilité. Après tout, que faisait-elle de mal ?
- Tom -
"- Quelque chose ne va pas, Riddle ?" La voix de Lestrange, par dessus le brouhaha ambiant, le sortit de sa léthargie. La Salle Commune de Serpentard était bondée, en ce Vendredi soir. Certains préparaient leur prochaine expédition à Pré-Au-Lard, d'autres organisaient une soirée où l'alcool coulerait à flots, et d'autres encore disputaient des parties d'échecs, ou argumentaient en faveur de leur équipe de Quidditch favorite. Tom était assis sur son fauteuil habituel. Sa baguette tournoyait entre ses doigts fébriles, et ses yeux restés fixés sur l"horloge, même si son esprit était ailleurs.
"- Tout va bien. Je dois y aller." Répondit-il froidement. Il ne lui laissa pas le temps de lui demander plus de détails. Depuis qu'il avait demandé à Rosier d'être son Enchaineur, il avait senti un changement de comportement chez ses trois suiveurs les plus fidèles. Malfoy, Rosier et Lestrange semblaient suspicieux. Ils se lançaient parfois des regards entendus, pendant qu'il leur parlait. Il savait bien ce qui s'était passé : Malfoy et Lestrange avaient harcelé Rosier après le Serment, et en commère qu'il était, il n'avait pas su tenir sa langue. Il y avait deux moyens de régler cette histoire : par la force, ou par la malice. Et Tom préférait toujours la malice, lorsqu'il s'agissait de ses suiveurs. Mieux valait une personne fidèle que dix imbéciles qui le suivraient uniquement par peur. Tous les trois étaient d'une grande utilité pour lui, et il ne pouvait pas se permettre de perdre leur loyauté maintenant. Il savait exactement sur quels leviers appuyer pour les faire rentrer dans le droit chemin. Malfoy avait besoin d'être séduite, Rosier voulait obtenir une confidence, et il devait feindre d'avoir besoin d'un conseil de Lestrange. Néanmoins, Rosier l'avait trahi et il comptait bien lui faire avouer sa faute, et le plonger dans la culpabilité. Ce soir, il avait prévu s'occuper de Malfoy, mais encore une fois, Mesnaud avait mis son nez dans sa vie, et ses plans étaient ruinés.
"- Bonsoir Tom." Elle l'attendait déjà devant le tableau de la Grosse Dame, uniquement vêtue de son uniforme. Ils n'iraient pas dehors. Il retint une grimace en voyant sa main tendue vers lui. Depuis qu'il l'avait emmenée dans la Chambre des Secrets, il avait soigneusement éviter tout contact physique. Ils s'étaient déjà serrés la main un millier de fois, sans que Tom ne ressente rien, mais il ne voulait prendre aucun risque. Lorsque cette petite sotte lui avait pris la main, dans la Chambre, il avait découvert des sensations qui lui étaient jusqu'alors inconnues. Des sensations qu'il ne voulait plus jamais ressentir. Lorsqu'il serra sa main, il rendit sa poigne dure et se força à penser à autre chose que ses yeux, sa bouche, ses cheveux. Sans trop savoir pourquoi, il était certain que cela pouvait l'aider. Une vague de chaleur envahit son ventre lorsqu'ils se touchèrent, mais rien de comparable à l'autre soir.
"- Où va-t-on ?" Demanda-t-il froidement. Il lut une légère déception sur ses traits, mais elle se força à sourire.
"- Suis-moi, tu verras bien." Lui répondit-elle d'un air énigmatique. Il sortit sa baguette et la planta discrètement dans ses côtes alors qu'elle passait à côté de lui, la faisant sursauter.
"- Si c'est un piège, tu vas le regretter." Menaça-t-il. Elle fit rouler ses yeux et repoussa sa baguette.
"- Arrête un peu, tu veux ?" Pria-t-elle avec un mélange de colère et de déception dans ses yeux. "De toute façon, grâce à ton Serment, je ne peux te faire aucun mal. Jusqu'à ce que la mort nous sépare." Ajouta-t-elle en prenant un air faussement solennel. Tom pinça les lèvres et rangea sa baguette. Sauf que c'était faux. Aucun terme du Serment Inviolable ne certifiait qu'elle ne pouvait pas lui faire de mal. Ils arrivèrent bientôt devant le tableau des trolls, et Tom souffla ouvertement.
"- Tu m'as fait perdre mon temps pour me montrer la Salle sur Demande ?" Se moqua-t-il.
"- Ce n'est pas la Salle en elle-même que je voulais te montrer, reste là et sois patient." Comme prévu, elle passa trois fois devant le mur. Elle avait les yeux fermés et les poings serrés, bien concentrée sur sa demande. La porte apparut et il s'en approchèrent ensemble. Lorsqu'elle ouvrit la poignée, ils entrèrent dans une salle immense, bien plus grande que la Grande Salle, qui avait tout d'un capharnaüm.
"- Qu'est-ce que tu as demandé ?" Elle sourit d'un air triomphant.
"- Nous sommes dans la Salle où Tout est Caché" l'informa-t-elle. Tom passa en revue les centaines d'objets qui trainaient, plus ou moins vieux et abîmés. Cette salle contenait forcément des trésors, c'était une belle découverte.
"- Comment est-ce que tu l'as découverte ?" Demanda-t-il, absorbé par une collection de livres anciens posés sur un guéridon hors de prix. Elle haussa les épaules.
"- Comme tous ceux qui l'ont découverte avant moi, j'imagine..." Elle s'éloigna jusqu'à se trouver hors de sa vue. Il reviendrait ici seul, plus tard, pour fouiller soigneusement les tas d'objets poussiéreux. "Riddle ?" Appela-t-elle de loin. Il suivit sa voix et la retrouva bientôt, debout à côté d'une psyché encadrée d'or. "C'est ça que je voulais te montrer. Regarde-toi dedans."
Il s'approcha et regarda son reflet dans le miroir. La scène qu'il y voyait n'avait rien à voir avec celle qu'il vivait. Il était le même, jeune beau et puissant, baguette à la main, mais il était surtout le seul debout, avec à ses pieds des dizaines de cadavres. Il sentit un poids sur sa poitrine. Qui étaient ces gens ? En regardant mieux, il reconnut Malfoy, Crabbe, Lestrange, Slughorn et Mesnaud, les jumeaux Smith et Fleamont Potter, mais tous semblaient être morts très âgés. Leurs visages étaient ridés, leurs bouches édentées et leurs corps maigres. Ils étaient tous des sangs-purs, il n'avait jamais prévu de les tuer. Soudain, il comprit. Il ne se voyait pas tuer tous ces sorciers, il se voyait battre la mort. Seul jeune et vivant parmi tous les vieux maccabées de sa génération. Il avait la gorge sèche.
"- Tu peux voir ce que je vois ?" Murmura-t-il. Elle vérifia dans le miroir et secoua la tête.
"- C'est ce que j'avais espéré, mais non. Au moins c'est un secret que je n'aurai pas à garder pour toi." Dit-elle en haussant les épaules.
"- Il montre le futur, c'est ça ?" Elle secoua la tête d'un air triste. "Comment tu peux en être aussi sûre ?" Elle soupira.
"- Mon père y apparait toujours. Il est mort il y a des années. Le Miroir montre nos souhait les plus chers." Il ne répondit pas tout de suite. Il ne savait pas que son père était mort. En réalité, il ne savait pratiquement rien d'elle, si ce n'était qu'elle était française et de sang-pur. Elle évitait son regard, mais elle vint se positionner à côté de lui en face du miroir, sans regarder son reflet.
"- Qu'est-ce que tu y vois d'autre ?" Ne put-il s'empêcher de demander. Elle eut un sourire enigmatique.
"- Si tu veux vraiment le savoir, je vais devoir appeler un nouvel Enchaineur." Plaisanta-t-elle. Il leva les yeux au ciel. "Allons-y, je dois rejoindre les filles." Bizarrement, il regretta qu'elle n'ait pas fait un geste pour se rapprocher de lui.
