Coucou tout le monde ! Ca faisait longtemps que je devais le poster cet épilogue et le voilà enfin. J'espère qu'il répondra à vos attentes. Cette fin, je l'avait en tête depuis le premier chapitre et pourtant c'est ce que j'ai eu le plus de mal à écrire. C'est difficile de se séparer de ces deux petits anges que sont Meredith et Tyler.
Bonne lecture ! Et n'oubliez pas de laisser un petit mot pour me dire ce que vous avez pensé de cette histoire.
Epilogue
Il avait suffi de quelques minutes pour que la vie des McKay soit bouleversée. Quelques minutes, une voiture, du lait renversé sur la chaussée.
Henry était venu chercher ses enfants chez les Andrews dès qu'il avait pu. Il leur avait expliqué, retenant ses propres larmes, que leur mère était partie. Pour toujours. La petite avait éclaté en sanglots, ne comprenant pas pourquoi elle les avait laissé, demandant entre deux pleurs quand elle rentrerait à la maison. Son frère l'avait prise dans ses bras, le regard sec et perdu au loin. Leur père n'avait pas pu contenir ses émotions plus longtemps, les larmes glissant silencieusement sur ses joues brulantes alors qu'il serrait contre lui ses deux enfants. Une étreinte désespérée pour se raccrocher à la seule famille qui lui restait.
oOo
Durant les semaines qui suivirent, les petits McKay passèrent énormément du temps chez les Andrews, la mère de Tyler ayant refusé de laisser une baby-sitter s'occuper des enfants alors qu'elle pouvait s'en charger. Elle passait sa journée avec Jeannie qui avait très vite retrouvé ses sourires et sa joie de vivre. Du haut de ses quatre ans, la mort était une notion bien étrange et inaccessible. Pourtant, il lui arrivait de se réveiller au beau milieu de sa sieste en criant, trempée de larmes. Madame Andrews la berçait alors patiemment jusqu'à ce que le sommeil gagne à nouveau l'enfant.
Quant à Meredith, il retrouvait Tyler à la sortie de l'école et tous les deux rentraient ensemble, s'amusant sur le chemin du retour avant d'avoir à se plonger dans leurs devoirs. Jamais ils ne parlaient de ce qui s'était passé ce jour là et Meredith faisait comme si c'était réellement le cas. Il n'avait pas versé une seule larme à l'annonce de la mort de sa mère, enfouissant ses émotions au plus profond de son cœur. Pourtant, plus un sourire n'avait illuminé son visage depuis…
Tyler, comme toutes les personnes proches du petit McKay, avait compris sa tentative d'éloigner la réalité et décidé d'abonder dans son sens. Il ne voulait pas qu'il soit malheureux alors il faisait lui aussi comme si tout allait bien, redoublant néanmoins d'efforts pour redonner le sourire à son meilleur ami. Il inventait des histoires les mettant tous deux en scène, héros de l'espace, aventuriers sans peur. Il l'aidait même à faire ses devoirs. Mais malgré les jours qui passaient, l'océan qui se reflétait dans le regard de l'enfant semblait toujours aussi terne et immobile. Sans vie.
Henry McKay faisait tout ce qu'il pouvait pour rentrer le plus tôt possible malgré son travail. Il était mal à l'aise à l'idée de laisser la voisine prendre ses enfants en charge et ce, même si elle semblait le faire avec plaisir. Et puis, il ne voulait pas que Meredith et Jeannie se sentent abandonnés. Il voulait qu'ils soient une famille.
Il leur préparait à dîner, jouait un peu avec sa fille, la baignait et la mettait au lit après lui avoir lu une petite histoire.
Pendant ce temps, Meredith pouvait retourner jouer dehors avec Tyler. Le plus souvent, ils s'asseyaient sur l'herbe ou sur le toit pour regarder les étoiles. Bien qu'inquiet quant à la sécurité de son fils lorsqu'il se trouvait là-haut, le scientifique avait vite compris que cette petite portion de toit était un peu le jardin secret de Meredith. Il l'avait même surpris une fois en compagnie d'un gros chat qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il avait toujours refusé aux enfants la présence d'un animal dans la maison à cause de leurs nombreux déménagements mais lorsqu'il voyait son petit garçon si paisible, sa main glissant dans le pelage roux, il comprenait son erreur. Meredith ne lui parlait pas de la perte de sa mère ni de son enfermement dans le réduit. Il n'en parlait pas non plus aux Andrews ni à Tyler. Ce chat devait être le seul au monde à connaître ses sentiments.
Ce soir là, lorsqu'il entra dans la chambre de son fils, Henry McKay sut tout de suite que Tyler avait rejoint Meredith sur le toit. L'homme passa la tête par la fenêtre et sourit en voyant le vaisseau spatial qu'il avait fait construire surfer doucement sur les étoiles, soutenu par la main du petit Andrews étendu sur le dos. Meredith était allongé près de lui, le gros chat orange confortablement installé sur son ventre.
Sentant la présence de l'adulte, le chat s'enfui. Avisant son père à la fenêtre, Meredith secoua l'épaule de son ami.
- Ty, c'est l'heure d'aller dormir. On se voit demain.
L'enfant se redressa et offrit son plus beau sourire au scientifique avant de rendre le vaisseau spatial à Meredith.
- OK, je t'attendrais devant la maison. Bonne nuit Rodney.
Sur ce, Tyler se leva et glissa le long de l'échelle que monsieur McKay avait installé à son intention, de peur de voir la gouttière s'effondrer sous le poids du garçon. D'autant que le garçon en question était du genre à faire le pitre même accroché à une gouttière à deux mètres du sol.
Meredith rentra dans sa chambre et ferma la fenêtre avant d'enlever le pull qu'il avait passé par dessus son pyjama et de se glisser dans son lit. Son père avait déposé un verre de lait sur sa table de chevet, il en but une gorgée avant de le reposer et de s'installer contre son oreiller, attendant que son père vienne s'asseoir près de lui.
Un rituel rassurant, tenant à l'écart les cauchemars de l'enfant.
Henry ramassa le roman qui se trouvait au pied du lit avant de s'installer près de son fils. Mais il ne commença pas la lecture immédiatement, gardant le bouquin fermé contre sa poitrine.
- Tu sais Meredith, j'aurais bientôt terminé mon travail à la base et on m'a proposé un poste d'enseignant dans une université. Ca me permettrait d'être à la maison et de vous voir, toi et ta sœur, plus souvent. Je pourrais m'occuper de vous correctement…
- On va déménager ? L'interrompit le garçon d'une voix neutre, son visage ne laissant transparaître aucune émotion.
- Oui. Souffla le père en baissant les yeux un instant avant de les plonger dans l'azur de ceux de son fils. Mer… Rodney. Tu dois comprendre que maintenant que maman n'est plus là, je ne peux pas vous laisser derrière moi. Je sais que tu as ton école et Tyler mais je te trouverais une meilleure école ou tu te sentiras mieux et Tyler restera toujours ton ami.
Henry s'attendait à tout sauf à ce que Meredith n'ait aucune réaction. L'enfant se contenta de lui dire :
- Je comprends. Tu me lis la fin de Moby-Dick ?
Le cœur du scientifique se serra et il sentit ses yeux le piquer alors qu'une larme tentait de s'échapper. Jamais il ne pourrait panser le cœur de son petit garçon… Malgré le nœud qui se formait dans sa gorge, il ouvrit le livre et débuta la lecture du dernier chapitre.
oOo
De l'eau à perte de vue. Il avait beau tourner la tête dans toutes les directions, il n'y avait que de l'eau, étendue sombre et immobile. Pas un souffle de vent effleurant l'océan, pas un bruit résonnant dans l'immensité du ciel.
Jusqu'à ce qu'un grondement terrible fasse trembler la barque dans laquelle était recroquevillé l'enfant. Il se pencha au dessus de l'eau et serra le bois de l'embarcation de toutes ses forces lorsqu'il vit l'ombre gigantesque qui passait sous la barque. Un nouveau grondement, plus terrible que le tonnerre dans la nuit noire, et la queue gigantesque de la baleine blanche jailli à la surface, retombant dans un fracas, éventrant l'océan.
Meredith attrapa les rames qui reposaient dans l'embarcation dans l'espoir d'échapper au monstre. A cet instant une lueur éblouissante explosa à l'horizon.
Une forme sombre se détacha peu à peu de la lumière, une silhouette lointaine, inaccessible, enveloppée d'un feu surnaturel.
- Maman ? Essaya d'appeler Meredith. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Il appela plus fort sans succès tandis que les larmes commençaient à courir sur ses joues pâles.
La silhouette se tourna vers lui et lui sourit. Il eut envie de sauter à la mer pour la rejoindre mais le monstre était toujours là, l'empêchant de s'approcher. Meredith attrapa les rames et les fit frapper l'eau de toutes ses forces, la vue embuée par le désespoir. Mais la barque n'avançait toujours pas, la baleine blanche se rapprochait et la lumière s'estompait.
- Maman ! Maman ! Reviens, ne me laisse pas !
Seul le grondement sourd de la baleine fit écho au cri silencieux de son cœur.
- Maman…
Bientôt, le sourire de sa mère disparut, laissant l'enfant seul au milieu d'un océan de larmes, seul avec le monstre qui s'apprêtait à le dévorer.
Soudain, il sentit une pression sur ses épaules. Il se débâtit, persuadé qu'une créature était apparue pour le jeter dans le ventre de la baleine. Mais la pression était de plus en plus forte.
- Meredith !
La voix était familière. Rassurante.
- Meredith, réveille-toi !
L'océan infini s'effaça brusquement, laissant la place au visage inquiet de son père. L'enfant, à peine réveillé, se jeta dans les bras du scientifique. Les larmes ne cessaient de couler et son corps était parcouru de soubresauts incontrôlables. Henry resserra son étreinte sur son fils pour le calmer.
- Tout va bien. Ce n'était qu'un cauchemar.
Entre deux sanglots, Meredith leva les yeux vers son père.
- Je veux pas partir. Si on part, je serais encore tout seul et… comment maman va faire pour nous retrouver…
Un nouveau flot de larmes le submergea et il enfouit son visage dans le cou du scientifique. Père et fils restèrent enlacés ainsi de longues minutes, sans rien dire. Aucun mot n'était assez puissant pour guérir un cœur d'enfant. Seul l'amour et le temps pouvaient y parvenir.
oOo
Le cauchemar qu'il avait fait cette nuit là avait débloqué quelque chose chez Meredith. Faire face à ses émotions, les laisser déferler, lui avait fait du bien. Il avait pris conscience de l'amour qu'il portait à sa mère et du vide laissé par sa disparition. Le garçon n'arrivait toujours pas à en parler, c'était encore trop tôt, mais cela n'avait pas d'importance. Il avait son père et sa sœur auprès de lui et ils n'avaient pas besoin de parler pour savoir qu'ils étaient là les uns pour les autres.
Même si son cœur se serrait parfois sans raison apparente, Meredith recommençait à vivre malgré la date du déménagement qui approchait à grands pas. Il réussissait même à obtenir des notes correctes à l'école, grâce à Tyler qui tournait tous ses devoirs en jeux.
Lorsqu'il avait appris que son ami allait partir, le jeune Andrews avait fondu en larmes. Meredith ne l'avait jamais vu dans un tel état et bien qu'il soit lui aussi extrêmement triste de devoir dire au revoir au seul ami qu'il ait jamais eu, savoir qu'il tenait à lui à ce point le réconforta. Tyler avait alors élaboré tout un tas de plans plus farfelus les uns que les autres pour que Meredith reste avec lui. Il avait même été voir monsieur McKay pour lui demander si ses parents pouvaient adopter son fils. Ce qui, évidemment, n'avait pas fonctionné. Il avait même proposé de cacher son ami dans son grenier, en compagnie du fantôme, pour que son père, ne le trouvant pas le jour du déménagement, parte sans lui.
Il avait pourtant fini par se faire une raison, tout comme le petit McKay, et décidé de profiter au maximum du temps qui leur restait à partager. Dès lors, les jours ne furent plus que rires et jeux. Souvent Jeannie les rejoignait dans leur monde imaginaire, petite princesse en danger secourue par deux vaillants héros.
Il aurait pu en être ainsi indéfiniment.
oOo
L'aube pointait à peine à l'horizon mais l'heure du départ était arrivée.
- Tu vas me manquer mon poussin. Souffla la mère de Tyler en serrant le petit Meredith dans ses bras. Promet moi de bien travailler à l'école, d'accord ?
- D'accord. Acquiesça le garçon, essayant d'ignorer les larmes qui commençaient à perler au coin des yeux de sa voisine.
Elle s'était occupée de lui comme de son propre fils. Devoir lui dire au revoir n'était pas facile et ça l'était encore moins pour Meredith. Il s'était attaché à la famille Andrews. Profondément. Jamais auparavant il n'avait connu autant de personnes qui se souciaient réellement de lui.
Monsieur Andrews s'agenouilla en face de lui et passa sa main dans les cheveux fins du garçon.
- Ne t'inquiètes pas bonhomme. Tu pourras venir passer toutes les vacances que tu veux à la maison.
Meredith fut touché de la sincérité de l'offre et se tourna vers son propre père qui attendait près de la voiture pour obtenir une confirmation. Henry approuva l'idée d'un sourire ce qui enleva un poids énorme du cœur de son enfant. Ce n'était pas un adieu après tout.
Alors que le scientifique se mettait au volant de sa Ford mustang, après avoir vérifié que sa petite fille endormie était bien attachée à l'arrière, Meredith lança un regard inquiet en direction de la maison de ses voisins.
- Tyler ne vient pas me dire au revoir ? Demanda t-il, déçu.
Les Andrews échangèrent un regard peiné et le militaire répondit :
- Il n'était pas dans sa chambre. Je pensais qu'il voulait passer du temps avec toi avant que tu ne partes… Il ne faut pas lui en vouloir Rodney, il est sûrement trop triste. Il n'a pas envie que tu t'en ailles.
Peu importe les raisons de son absence, Tyler n'était pas là. Son meilleur ami, son seul ami, n'était pas là…
Le petit McKay baissa la tête pour dissimuler son regard voilé. Il posa une main sur la poignée de la voiture, résigné, mais une voix se fit soudainement entendre.
- Rodney, Rodney ! Attend !
Courant à en perdre haleine le long de la rue, Tyler serrait contre lui un Schubert au poil hérissé, crachant son inconfort toutes griffes dehors. Arrivé à la hauteur de la voiture, le gamin fit une pause pour reprendre son souffle avant d'essayer d'expliquer son retard à son ami.
- Je l'ai cherché partout… Il dormait sur la terrasse de madame Thomson. Et après, il a fallu que je l'attrape. C'était pas facile.
A l'expression interloquée de Meredith, il crut bon de préciser :
- C'est que… c'est ton ami lui aussi. Et même si moi je peux pas venir avec toi, Schub le peut lui. Tiens.
Tyler tendit le chat roux à Meredith. Soulagé de voir le seul humain qu'il appréciait, le félin rétracta ses griffes et lança un regard suppliant au garçon. Regard qui aurait pu être traduit par « emmène-moi avec toi » ou bien plus vraisemblablement par « sauve-moi de cette tornade miniature que tu appelle ton ami. »
Le jeune McKay prit le chat dans ses bras, l'animal se détendant immédiatement, ronronnant au contact familier.
Meredith hésita. Il était tellement heureux que Tyler ne l'ai pas oublié mais il n'avait pas le droit d'avoir un animal de compagnie…
Henry McKay prit les devants. Il savait à quel point son fils tenait à cet animal et il ne pouvait pas décemment le priver de ses deux amis en une seule fois.
- Tiens le bien pendant le trajet. Lui intima t-il gentiment. Je ne veux pas qu'il me saute dessus pendant que je conduis.
Une lueur de bonheur illumina le regard de Meredith. Il posa son chat sur la banquette arrière de la voiture, près de la petite Jeannie, toujours endormie, et attrapa quelque chose qui se trouvait près d'elle.
Le vaisseau spatial que son père lui avait offert.
Sans hésiter, il le tendit à Tyler.
- Comme ça tu ne m'oublieras pas. Lui dit-il en souriant.
N'en croyant pas ses yeux, Tyler prit délicatement l'objet comme s'il s'agissait du plus beau des trésors. Il rendit son sourire à son ami, le remerciant du fond du cœur.
Ils ne dirent rien de plus mais leurs yeux pleins de promesses leur suffisaient. Ils se reverraient c'était certain et jamais rien ne remplacerait leur amitié.
Doucement la voiture s'éloigna ravivant dans son sillage les souvenirs d'une rencontre entre deux enfants qui cherchaient tout simplement une main tendue, un rire, un sourire.
FIN
