Disclaimers : Les personnages ne sont pas à moi, je n'en retire que le plaisir de les mettre en scène.

Titre : Liens de sang II

Auteur : Ephemeris

Résumé : Heero, Duo et Hélène vivent une vie tranquille où ils travaillent dans l'anonymat, mais les choses se compliquent, des événements inattendus arrivent et une lettre étrange leur parvient, peut-être signe de mauvais augure.

Couples : 1x2x1

Genre : Un peu plus comme l'histoire originale de Gundam Wing, moins comme la première partie de cette fic, mais un peu quand même…

Rating : T

Warnings : Yaoi. Ceci est la suite de Liens de sang. Il va sans dire qu'il est préférable pour votre compréhension de lire cette première partie avant de commencer celle qui suit dans sa totalité.


Liens de sang II

Chapitre 10


Les deux Taurus arrivèrent en vue des grandes portes du hangar assez tôt. L'explosion qu'ils avaient provoquée en partant de la base militaire les avait fait déguerpir sans attendre et Heero ne tenait pas à s'éterniser dans cet endroit qui lui donnait la chair de poule l'éloignement le rassura.

Duo, lui, était plutôt frustré. Depuis son entretien avec Howard, qu'il n'avait révélé à personne, pas même à son amant, il réfléchissait. Bien qu'il n'aimait pas Relena, il trouvait insensé qu'elle puisse être à l'origine du ralentissement de la reconstruction des colonies touchées par la guerre et de la misère qui en découlait. Il avait bien pensé interroger subtilement Quatre à ce sujet, tenter de savoir si L4 était dans cette position, mais il craignait que son ami ne se doute de quelque chose et Duo ne voulait surtout pas mêler qui que ce soit à cette affaire.

Alors qu'ils se rapprochaient, la voix de Heero lui parvint à travers le haut-parleur du cockpit.

« Les portes sont fermées et nous avons deux bonnes heures d'avance sur le programme. Comme il fait encore nuit, il est fort probable qu'il n'y ait personne pour nous ouvrir. »

La voix de Heero donna des frissons à Duo qui oublia tout ce qu'il avait en tête d'un seul coup.

« Deux heures tu dis ? »

Sans attendre la réponse de son compagnon, il ralentit brusquement et fit demi-tour. Heero fit ralentir son appareil quand il vit la manœuvre de Duo sans comprendre.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Tu te rappelles cette petite crique à quelques kilomètres d'ici où on s'était réfugiés un jour quand on était infiltrés au château ? »

L'évocation de ce souvenir fit sourire Heero qui changea de direction à son tour et il suivit Duo qui se mit à accélérer. Le Taurus noir arriva le premier et se posa rapidement. Heero n'avait pas encore atterri que Duo était déjà descendu et courait vers un petit renfoncement couvert. Lorsque Heero le rejoignit finalement, il trouva son amant en train d'observer une marque faite dans la pierre. En entendant les pas de son compagnon craquer sur le sable fin, Duo lui dit :

« Tu te rends compte que quand on a gravé les initiales de nos prénoms et celles de nos Gundams, on n'avait aucune idée qu'on sortirait vainqueurs de cette guerre et qu'en plus, on vivrait heureux dans un tel bonheur. »

Heero fut ému par ce constat et ne trouva rien à répondre. Il se rapprocha de Duo et l'enlaça tendrement, plaquant le dos de son amant contre son torse. Sa respiration légère dans le cou de son amant émoustilla ce dernier qui sentit son cœur s'emballer.

« Deux heures… C'est bien, deux heures… »

Duo se retourna pour se retrouver dans les bras de Heero qui ne perdit pas une seconde pour embrasser son compagnon, le serrant un peu plus fort contre lui. Au loin, alors que les deux hommes se laissaient glisser sur le sable, le soleil commençait à passer la ligne d'horizon et à éclairer de sa lumière l'eau bleutée de la mer de Sank.

-§-§-

Dorian boutonnait sa chemise, toujours un peu angoissé malgré la mise au point qu'il venait de faire avec Hélène. En effet, bien que la jeune fille lui avait assuré qu'elle parlerait à son père de leur relation tout juste entamée et qu'elle la désirait réellement, il se sentait fébrile, comme s'il commettait une faute. Alors qu'il resserrait sa cravate, il observait Hélène qui attachait les lacets de ses chaussures.

« J'espère qu'il n'y aura personne dans le couloir, il ne faudrait pas qu'on me voit sortir de ta chambre. »

« Je pense que ça va aller, il est encore tôt. Les autres ne sont peut-être pas encore réveillés, surtout vu ce qu'on a bu hier soir. »

Dorian ricana à cette affirmation, ce qui fit relever la tête à la jeune fille.

« Tu crois vraiment que d'anciens pilotes de Gundams vont avoir du mal à se lever un lendemain de beuverie ? Laisse-moi en douter. »

Ils échangèrent un sourire rapide, mais Hélène prit alors peur et se précipita à la porte pour vérifier si le couloir était dégagé. Elle entrouvrit rapidement la porte et s'assura qu'il n'y avait personne, ce qui la rassura, puis elle referma et se retourna vers Dorian.

« C'est dégagé, dépêche-toi. »

Le jeune homme s'approcha de la porte, mais alors qu'il allait sortir pour suivre la demande implicite d'Hélène, cette dernière l'arrêta juste avant qu'il n'ouvre la porte, passa un de ses bras autour de son cou et l'embrassa tendrement sur les lèvres, à la grande surprise de l'ingénieur. Lorsqu'elle s'écarta de lui légèrement, le tenant toujours par le cou, elle lui murmura doucement, sans le lâcher du regard :

« Ca va marcher. »

Ils échangèrent un sourire et Hélène ouvrit la porte par laquelle Dorian s'engouffra, le visage illuminé.

-§-§-

Trowa n'avait pas beaucoup dormi. Il avait eu en tête toute la nuit l'image de Dorian et Hélène ensemble et ne pouvait s'empêcher d'y penser. D'où lui venait cet instinct paternel mal placé ? Hélène n'était pas sa fille, alors pourquoi ressentait-il le besoin de se conduire comme son père ? Son comportement le dépassait.

Il entrouvrit la porte de sa chambre pour voir ce qui se passait, ou plutôt ce qui ne se passait pas, dans le couloir. En effet, le calme plat régnait en dehors de la pièce et la porte de la chambre de la jeune fille, en face de la sienne, était close. Mais alors qu'il allait refermer, un bruit lui parvint et il vit un trait de lumière apparaître et le visage d'Hélène sortir du cadre de la porte. Après un coup d'œil des deux côtés du couloir, la jeune fille disparut et la porte se referma.

« Qu'est-ce qu'elle fait ? » se demanda Trowa, intrigué et, sans savoir pourquoi, un peu énervé.

Une poignée de secondes plus tard, il vit de nouveau la porte s'ouvrir, mais cette fois-ci un peu plus et, au lieu de revoir le visage d'Hélène, il vit sortir Dorian rapidement. Le sourire que l'ingénieur affichait lui fit froncer les sourcils. Il resta tout de même en poste, déduisant au vu de l'heure que la jeune fille ne tarderait pas à sortir de sa chambre à son tour, ce qui ne manqua pas de se produire.

Hélène, qui s'était remise de ses émotions, avait rapidement terminé de se préparer et sortit de sa chambre d'un pas léger, un petit sourire sur le visage. Mais alors qu'elle avait fermé la porte et qu'elle allait partir, une voix l'interpella.

« Tout va comme tu veux ? »

Le bond qu'Hélène fit en entendant la voix de Trowa fit comprendre à ce dernier qu'elle n'avait pas remarqué sa présence.

« Je vois que Duo ne t'a pas appris les techniques d'espionnage qu'il maîtrise si bien. Par contre, je constate qu'il t'en a transmises d'autres par les gênes. »

Hélène ne comprit pas à quoi Trowa faisait allusion. Elle était déjà très surprise de le voir là, elle ne comprenait pas ce qu'il lui disait.

« Les gênes de quoi ? Je comprends rien. »

Trowa soupira. Décidément, il fallait tout expliquer de manière claire quand on s'adressait à un Maxwell.

« Ton père est un dragueur invétéré, ou du moins il l'était. Je le trouve un peu plus calme là-dessus maintenant. Il est au courant pour Rockside ? »

Hélène devint rouge, réalisant qu'elle était démasquée.

« Mais… Comment… »

« Oh je t'en prie ! J'ai vu comment il te regarde depuis un bon moment et en plus, je l'ai vu sortir de ta chambre tout à l'heure. »

Hélène était déconfite. Elle aurait voulu disparaître, ne pas avoir à affronter Trowa qui, elle ne savait pas pourquoi d'ailleurs, semblait contrarié. Voyant son état, le pilote baissa le ton et reprit, plus gentiment.

« Duo ne sait pas, c'est ça ? Personne ne sait ? »

Hélène ne put que secouer la tête pour toute réponse. Trowa soupira de nouveau.

« Il va falloir lui dire. »

A ces mots, Hélène releva brusquement la tête avec un regard paniqué.

« Ne lui dis rien, s'il te plaît ! »

Voyant le regard doux que lui renvoyait Trowa, elle se calma presque instantanément. Elle s'approcha un peu de lui et ajouta, d'une voix beaucoup plus calme :

« Ne lui dis rien, je lui en parlerai moi-même. »

Trowa scruta le regard de la jeune fille et se rendit compte que la pointe d'énervement qu'il ressentait depuis la veille avait disparu. Un semblant de sourire apparut sur ses lèvres.

« Tu es sûre de ce que tu fais ? »

Le sourire franc qu'afficha Hélène lui suffit, voyant le bonheur sur le visage de la jeune fille, et lui-même ne put s'empêcher de sourire franchement. Il lui caressa tendrement les cheveux, puis lui tapota l'épaule en lançant :

« T'as vu l'heure ? Allez, va bosser. »

-§-§-

Le bruit des vagues parvenait aux oreilles des deux hommes qui étaient enlacés sur le sol. Duo tenait Heero contre lui, la tête du jeune homme contre son torse. Ses deux bras enroulés autour du corps de l'ancien pilote de Wing Zero, il lui caressait doucement le dos tout en ayant les yeux dans le vague.

« J'aimerais rester là pour toujours, » murmura Heero. « Toute cette histoire commence à me fatiguer. »

Duo soupira. Il était d'accord avec son amant et réfléchissait de plus en plus à ce que Howard lui avait dit.

« Heero, tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose de bizarre dans cette affaire ? »

Il avait posé cette question sans arrêter ses caresses dans le dos de son amant, sur un ton détaché pour ne pas trop s'avancer, mais il redoutait que Heero n'ait rien remarqué, puisque ses propres inquiétudes lui avaient été mises en tête par Howard, à l'abri des regards.

« Bizarre ? A part l'attitude de Relena en général, je n'ai rien trouvé de bizarre. »

Duo poussa un soupir d'exaspération.

« Il va falloir que tu arrêtes de parler de cette fille quand on est dans une position aussi intime. Je vais vraiment finir par mal le prendre. »

Heero ne put s'empêcher de ricaner et se serra un peu plus contre Duo.

« C'est toi qui as posé la question. »

L'autre se mit à sourire également et décida de ne pas revenir sur la question qu'il avait posée, Heero ne savait rien. D'un commun accord, malgré de la réticence de la part des deux hommes, ils se levèrent pour retourner à leurs Taurus et rentrer à la base. Les deux heures étaient écoulées.

-§-§-

Hélène arriva dans le hangar en s'efforçant d'avoir une attitude naturelle, du moins comme elle était depuis qu'elle travaillait là. Elle salua comme elle le faisait tous les matins les mécaniciens quand elle les croisait, soit à leur poste, soit au niveau de l'entrée des machines de guerre en train de fumer leur cigarette. Cela, elle put le faire sans trop avoir à se forcer, mais elle dut être plus vigilante lorsqu'elle se présenta à la table centrale pour prendre son travail de la journée.

« Bonjour Dorian, » arriva-t-elle à dire sans tremblement dans sa voix malgré son cœur qui battait si fort dans sa poitrine à la vision de son amant.

Ce dernier, qui l'avait vue entrer dans le hangar, mais qui avait ignoré sa présence, arriva à garder un certain naturel également et la salua comme il aurait pu le faire pour n'importe qui, sans pour autant arriver à chasser cette étincelle qui apparaissait dans ses yeux à chaque fois qu'il voyait Hélène. Celle-ci lui fit un clin d'œil à peine perceptible, ce qui fit s'emballer son cœur. Heureusement pour lui, à cet instant, Trowa et Quatre arrivèrent à leur niveau et les saluèrent également, ce qui força Dorian à détourner le regard d'Hélène un moment et lui permit de se calmer.

« Qui part aujourd'hui ? » demanda Quatre une fois que les politesses furent échangées.

« Selon le planning, vous devriez partir avec Monsieur Chang en fin de matinée, Monsieur Winner. »

« Appelez-moi Quatre, je vous en prie. Nous sommes tous dans la même galère, pas besoin de faire des manières. »

Le sourire de Quatre était chaleureux et doux. En côtoyant les anciens pilotes de Gundams, le jeune homme se rendait compte que l'image qu'il en avait était bien erronée et qu'ils étaient tous différents, mais humains.

« Pareil pour moi, » enchaîna Trowa. « Chang ne sera peut-être pas à l'aise avec ça, mais je crois que vous pouvez faire la même chose avec les deux retardataires. »

« D'ailleurs, Heero et Duo ne sont toujours pas rentrés ? » demanda Quatre.

Hélène tourna la tête vers l'entrée du hangar, son oreille attirée par un vrombissement lointain. Au même moment, elle aperçut les fumeurs s'écarter et rentrer alors que le bruit devenait plus fort. Rapidement, les deux Taurus attendus entrèrent dans le hangar et chacun prit sa place attitrée. Alors que Duo était toujours le premier à quitter le cockpit de son appareil lors de ses atterrissages en terrain allié, ce fut celui de Heero qui s'ouvrit d'abord, ce dernier descendant rapidement pour retrouver ses compagnons.

Duo, dans son cockpit, scrutait les écrans devant lui, analysant les diverses options proposées et les données enregistrées dans le système informatique. Il avait déjà vérifié à plusieurs reprises la programmation du système, utilisant ce qu'il avait appris pendant la guerre pour aller plus en profondeur, sans rien trouver d'anormal, mais il continuait, au cas où quelque chose lui sauterait aux yeux. Ce fut d'ailleurs le cas d'un élément qui surprit le garçon, bien que cela n'avait rien à voir avec ce qu'il cherchait. Une programmation inscrite dans le système lui fit froncer les sourcils d'abord, puis un petit rire amusé lui échappa.

« Tu penses vraiment pouvoir nous cacher ce genre de programmation ? Ma pauvre Relena… »

Quelques manipulations plus tard, Duo se rendit compte qu'il avait atterri depuis un certain temps et que les autres pourraient trouver étrange qu'il reste aussi longtemps dans son Taurus. Il ouvrit la porte du cockpit et sortit de manière fluide, comme à son habitude. Alors qu'il descendait, il eut la mauvaise surprise de voir en bas, les bras croisés, la ministre qui semblait contrariée. A peine posa-t-il le pied au sol qu'elle s'adressa à lui.

« Qu'est-ce qui vous a pris autant de temps ? »

« Bonjour, ravi de te voir de si bon matin Relena, » ironisa le pilote.

Son regard fit un rapide tour de hangar et il croisa les yeux de sa fille à qui il fit un rapide clin d'œil. Puis, il revint à la jeune femme.

« Je vérifiais que tout fonctionnait correctement dans le cockpit pour pouvoir faire mon rapport technique pour la maintenance, comme on nous l'a demandé dès le premier jour. »

Le sourire et l'aplomb de Duo ne rassurèrent pas Relena qui resta tendue. Elle observa un moment les pilotes et Dorian pendant le rapport de mission, suivant les expressions de Duo avec attention. Il y avait quelque chose d'étrange dans son attitude qu'elle n'aimait pas du tout. Au bout d'un moment, elle tourna les talons et se rapprocha de ses deux hommes de main qui la suivaient continuellement.

« Je veux que tous les déplacements de Duo Maxwell dans le bâtiment soient surveillés. Dites aux opérateurs de la salle de contrôle de suivre ses moindres faits et gestes et de m'en faire un rapport toutes les deux heures. »

« Bien Madame, » répondit l'un des deux hommes avant de sortir pour aller exécuter l'ordre qu'il venait de recevoir.

Avant de sortir à son tour, la ministre jeta un œil vers Duo qui parlait toujours et qui riait avec ses compagnons. Elle ne le laisserait pas faire ce qu'il voulait.

-§-§-

Dorian luttait pour rester naturel. Il voyait Duo en face de lui, en train de lui faire son rapport sur sa mission, et au lieu d'écouter ce que le pilote lui disait, il ne pouvait s'empêcher de penser : « J'ai fait l'amour avec ta fille et tu vas me démolir quand tu le sauras ». D'ailleurs, sans pouvoir se contrôler, il lançait des regards discrets à Hélène qui était un peu plus loin, en train de discuter avec un mécanicien. Trowa remarqua ces œillades et leva les yeux au ciel. Il avait envie de secouer l'ingénieur et lui dire qu'il ne craignait rien, que Duo ne le mangerait pas s'il était sérieux, mais il réalisa que Dorian ne connaissait pas Duo aussi bien que lui et qu'il était en droit d'être inquiet, très inquiet même vu la réputation de l'ancien pilote de Deathscythe.

« Au niveau de la machine, tout va bien, » continua Duo. « Je vais me répéter encore, mais je suis impressionné par la qualité et la ressemblance de ces Taurus avec nos Gundams. »

« J'en suis ravi, » répondit Dorian, se décidant à avoir un comportement normal. « Nous effectuerons uniquement la maintenance de base. En va-t-il de même pour votre Taurus, Monsieur Yuy ? »

« Oui, et vous pouvez m'appeler Heero. »

« Je vous l'avais dit, » ajouta Quatre avec un sourire.

« Pareil pour moi, » se précipita Duo. « Les seuls qui m'appellent par mon nom de famille sont une ministre qui se prend pour la reine du monde et un Chinois qui semble toujours en colère. »

« Maxwell ! »

Wufei venait d'entrer dans le hangar et s'approchait d'un pas assuré.

« Qu'est-ce que je vous disais, » termina Duo en souriant.

« Il faut qu'on parle tous les deux, » enchaîna le nouvel arrivant. « Viens avec moi. »

Duo ne demanda pas plus d'explication et s'apprêtait à suivre son compagnon lorsqu'il vit un mouvement de sa fille dans sa direction. Il tourna la tête vers elle et lui fit un clin d'œil en lui faisant signe qu'ils parleraient plus tard. Hélène lui fit un petit sourire et le laissa suivre Wufei. Les deux hommes marchèrent un moment dans le couloir, Duo un peu en retrait, et le premier prit la parole d'une voix feutrée et basse.

« Je ne sais rien, mais je sens que quelque chose cloche. Je sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que peut-être, tu en sais plus que moi. »

« Wufei… » commença Duo, perplexe.

« Ne dis rien, on est peut-être surveillés. Je vais t'amener jusqu'à un endroit où tu pourras peut-être trouver des informations. Fais attention, tout le bâtiment est sous surveillance. Ca m'ennuie de te mêler à tout ça, mais je suis coincé, je suis traqué partout où je vais. Je fais confiance à tes dons d'espion, mais fais attention quand même. »

Duo acquiesça, surpris, mais satisfait d'avoir une piste d'investigation pour ce qu'Howard lui avait dit, mais il était inquiet de voir Wufei dans cette position. Que se passait-il dans ce pays ? Alors qu'ils arrivaient à un croisement de couloir, il vit son compagnon lui faire un signe vers la droite à deux reprises et le vit tourner à gauche au croisement. Duo, sans changer son allure, prit à droite et aiguisa son regard pour commencer son investigation.

Les portes devant lesquelles il passait dans le couloir lui semblaient totalement normales. Il avait ralenti son pas, mais gardait une attitude calme et posée. Il s'approcha d'une porte et fit tourner la poignée elle était verrouillée. Il avança encore un peu et réessaya avec une autre porte celle-ci était ouverte, mais la pièce était vide. En avançant encore, les choses devinrent un peu plus intéressantes, il aperçut un pavé numérique à l'entrée de la pièce qui se trouvait complètement au bout du couloir. Un sourire apparut sur le visage de Duo qui ne pouvait s'empêcher de trouver bizarre d'avoir placé une pièce confidentielle dans un endroit aussi reculé du bâtiment.

Se disant qu'une absence prolongée de sa part pourrait attirer l'attention sur son comportement, Duo prit la décision de rebrousser chemin et revenir à cette pièce un peu plus tard, à l'abri des regards, et de retourner au hangar avec les autres. Lors de sa remontée du couloir, il eut la mauvaise surprise de voir Relena au tournant que lui avait indiqué Wufei. Elle venait vers lui, sans pour autant l'avoir remarqué, le nez plongé dans un dossier. La jeune femme releva la tête rapidement pour voir où elle allait et s'arrêta net quand son regard se posa sur le pilote.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Elle était agressive, ce qui renforça le sentiment de confiance de Duo sur sa position géographique.

« On arrête les politesses à ce que je vois. Ca ne me dérange pas. »

Il était moqueur, comme à son habitude, et Relena, avait horreur de ça, comme à son habitude.

« Ne t'affole pas, je me suis trompé de chemin et je retourne au hangar. C'est bien par là ? » termina-t-il en montrant du doigt le couloir d'où venait la ministre.

Duo n'attendit pas la réponse de Relena et la dépassa pour continuer son chemin. Elle le suivit du regard et lorsqu'elle le vit disparaître au tournant du couloir, elle continua son avancée jusqu'au pavé numérique qui avait intrigué Duo, y indiqua le code et entra dans la pièce, les sourcils froncés.

-§-§-

Les deux Taurus rentrés de mission, l'équipe de mécaniciens s'affairait à la vérification du matériel et au changement de certaines pièces qui montraient des signes de faiblesse. Hélène s'était rapprochée de certains de ses collègues qui, vu sa maîtrise et vu le professeur qu'elle avait eu, n'hésitaient plus à lui demander des éclaircissements sur certaines manipulations, ce qui lui donnait une raison supplémentaire de s'investir dans son travail.

« Et sois bien vigilant sur ta soudure, j'ai pas envie que mon père se crashe pour une petite pièce mal accrochée, » lança-t-elle à son compagnon sur le ton de la plaisanterie.

Parce que c'était le cas, elle arrivait à plaisanter et à rire avec ses collègues qui avaient été si froids avec elle lors de ses premiers jours de travail. Tous ceux qui étaient autour d'eux et à portée s'étaient mis à rire à sa réflexion, ce qui avait le don de détendre l'atmosphère et de dédramatiser la situation pas toujours facile. Les pilotes encore présents furent témoin de cela et sourirent.

« Elle ressemble à Duo, même dans sa façon de parler, » déclara Trowa.

« Et pourtant, elle ne vit avec lui que depuis un peu plus de trois ans, » répondit Heero.

« On ne peut renier ses gênes et ses origines, tout simplement, » ajouta Quatre. « C'est beau à voir en tout cas. »

A peine le jeune homme venait-il de terminer sa phrase que Duo entra de nouveau dans le hangar, tout sourire, comme à son habitude. Il rejoignit ses compagnons et ils commencèrent à discuter de la prochaine mission programmée. Wufei et Quatre allaient devoir faire un repérage sur une base et sur un village en périphérie de la ville de Sank où un petit groupe de résidents du village se réunissait et avait des activités douteuses, selon la rumeur. Wufei n'était pas encore arrivé, pris par d'autres obligations, mais il ne tarderait pas.

Lorsque la maintenance des Taurus qui venaient d'arriver et des deux qui allaient sortir fut terminée, Hélène se rapprocha de Dorian au centre de la pièce pour lui donner les rapports. Ce dernier était visiblement nerveux, bien qu'il s'évertuait à cacher son état.

« Tu es tendu, tu le caches pas trop mal, mais ça va finir par se voir. »

« J'ai l'impression que mes heures sont comptées, que je vais me faire éventrer et émasculer, j'y suis pour rien si je suis tendu. »

« Fais-moi confiance, je vais lui parler et il sera heureux pour nous. Tu vas finir par me communiquer ton stress, calme-toi. »

« Dépêche-toi alors, que ce supplice s'arrête. S'il veut me tuer, autant que ça arrive le plus vite possible. »

Il gardait les yeux sur les documents qu'il avait dans les mains, pour ne pas croiser le regard de la jeune fille, pour ne pas être troublé davantage par ses sentiments pour elle, mais le silence de celle-ci lui fit relever la tête et croisa le regard intense qu'Hélène posait sur lui.

« J'ai tellement envie de t'embrasser… » murmura-t-elle.

Dorian eut le souffle coupé par ces mots et sentit le désir monter en lui. Hélène continua.

« S'il savait déjà, je pourrais t'embrasser maintenant, devant tout le monde. Je vais me dépêcher de lui en parler. Et tu ne mourras pas ! »

Elle ne le laissa pas rajouter quoi que ce soit, il n'était pas en mesure de parler de toute façon, et elle tourna les talons pour rejoindre les pilotes. Il l'aimait, il la désirait, il ne voulait pas être séparé d'elle. Il réalisait qu'elle était la femme de sa vie et en était complètement chamboulé.

Hélène arriva à la hauteur de Heero d'abord, qui était le plus en retrait du groupe, et lui prit la main en la serrant doucement pour attirer son attention. Son second père la regarda tendrement avec un léger sourire. Pour ne pas attirer l'attention sur eux, elle lâcha sa main et écouta la conversation des autres qui tournaient autour des Taurus, des missions, et plus précisément sur la prochaine à venir. Elle aimait voir son père en paix avec son passé, en train de rire avec ses anciens compagnons d'armes. Il semblait à l'aise, si à l'aise qu'il mélangeait parfaitement passé et présent, discutant avec les pilotes de son passé et intégrant à la conversation Hélène soudainement.

« Tu as vu ? Pas une égratignure sur mon Taurus ! »

« Pour l'instant, » répondit-elle en lui faisant un clin d'œil. « Continue comme ça, j'aurais moins de travail. »

Ils se regardèrent dans les yeux et, sans prononcer un mot de plus, Duo se rapprocha d'elle et lui prit doucement le bras pour l'entraîner à l'écart, le tout de façon très naturelle. Des caisses en bois étaient disposées sur le sol contre un mur et ils s'assirent dessus, côte à côte, toujours en silence.

« J'ai l'impression que tu as quelque chose à me dire depuis tout à l'heure, » commença Duo.

Hélène eut un petit ricanement discret, elle ne pouvait décidément rien cacher à son père.

« Ca se voit tant que ça ? » demanda-t-elle tout de même.

« Ta mère avait les mêmes expressions quand elle n'osait pas me dire quelque chose. »

L'image de Hilde s'imposa à Hélène qui sourit. Elle était heureuse quand on lui trouvait des points communs avec son père, mais qu'on retrouve en elle une part de sa mère lui faisait tout autant plaisir. Ainsi, elle vivait encore un peu avec elle.

« Alors, qu'est-ce qui se passe ? » demanda Duo, ramenant Hélène à leur sujet.

Elle avait pris sa décision, elle devait lui dire, pour pouvoir vivre sa relation avec Dorian, mais maintenant qu'elle était face à Duo, ses yeux dans les siens, elle ne trouvait pas les mots, elle ne savait pas quoi dire. Le pilote s'en rendit compte et tenta de l'apaiser comme il le pouvait, selon son instinct.

« Je parie que ça a un lien avec ta dernière conversation téléphonique. »

La voix d'Alex revint à l'esprit d'Hélène. En effet, tout était parti de là, sa rupture était ce qui avait séparé sa vie d'adolescente qui trainait et sa toute nouvelle vie d'adulte pour de bon. Est-ce qu'elle le regrettait ? Non, elle était persuadée qu'elle n'aurait pas été heureuse avec Alex et que son bonheur était lié à Dorian. Tout était allé vite, mais son instinct lui disait qu'elle avait agi comme elle le devait. En voyant Duo qui attendait une réponse qu'elle ne pouvait exprimer avec sa voix, elle se contenta de hocher la tête en signe d'affirmation.

« Je ne pense pas que tu regrettes ce que tu lui as dit, mais est-ce que tu penses encore à lui ? »

Duo était subitement inquiet du silence de sa fille et de l'expression plutôt fermée qu'elle affichait. Les traits tendus de son père délièrent sa voix instantanément.

« Non, je suis passée à autre chose. On n'a pas pu en parler après que tu m'aies trouvé au téléphone, je voulais te rassurer. Je ne pleurerais plus pour ça. »

Le visage de Duo s'était détendu à ces paroles, mais il était touché qu'elle ait dû vivre une telle expérience.

« Tu l'as aimé, beaucoup aimé. Il a été important pour toi, ce serait normal que tu penses encore à lui. A moins que tu aies trouvé un autre centre d'intérêt qui te permette de mieux tourner la page… »

Hélène se dit que c'était l'occasion rêvée de tout lui avouer à propos de Dorian, de dire à son père qu'elle était tombée amoureuse comme jamais, qu'elle ressentait pour lui des sentiments si forts qu'elle n'arrivait même pas à y mettre des mots, qu'elle était heureuse, qu'elle le serait pour toujours. Mais tout ceci resta coincé dans sa gorge et elle ne put que sourire, ce qui fit également sourire Duo qui la prit dans ses bras.

« Tant que tu es heureuse, je n'ai pas besoin d'en savoir davantage. Je t'aime mon bébé. »

« Papa… » protesta Hélène.

« Oui, tu as raison, tu n'es plus un bébé, tu en es même bien loin maintenant. Depuis qu'on est là, tu as encore grandi. C'est peut-être la dernière fois que ça se produira d'ailleurs… »

Elle se détacha de lui pour le regarder dans les yeux ils étaient apaisés, bien qu'un peu tristes. Il lui caressa la joue de sa main pendant quelques secondes avant de se lever en rompant leur contact visuel à l'entrée de Wufei dans le hangar. Elle chercha alors Dorian du regard qui, lui, la fixait déjà depuis un bon moment apparemment. Il ne lui avait pas semblé, en les observant, qu'Hélène avait pu parler de leur relation à son père et attendait donc une confirmation. Elle le regarda et secoua légèrement la tête de gauche à droite, ce qui le fit soupirer. La délivrance, ou la mort, n'était pas pour aujourd'hui.

-§-§-

Il était plus de 23h lorsque Relena revint enfin dans son bureau après une journée à courir à droite et à gauche pour accomplir ses fonctions. Elle était éreintée et très contrariée à cause de ce qu'elle avait dû gérer dans la journée, mais surtout à cause de Duo Maxwell. Elle avait toujours autant de mal à le côtoyer et les choses n'allaient pas en s'arrangeant. Elle s'en voulait de ne pas avoir pu ne faire venir que Heero sur Terre entre lui et Wufei, elle aurait pu régler le problème sans s'encombrer des autres, surtout que Duo était une vraie épine dans son pied. Mais le conseil d'administration et les autres ministres avaient insisté sur l'importance de réunir tous les anciens pilotes pour mener à bien le projet, elle n'avait donc pas eu le choix.

Elle était dans son bureau depuis à peine dix minutes quand un de ses gardes du corps frappa à sa porte et entra lorsqu'elle lui en donna la permission.

« Madame, je vous apporte ce que vous m'avez demandé, » lui dit-il en lui présentant une clé USB.

Relena s'en saisit dès qu'elle fut à sa portée et congédia le garde qui s'exécuta dans la seconde. Elle n'avait pas été dans son bureau pendant une grande partie de la journée, ce qui avait empêché son homme de main de lui montrer les enregistrements de Duo qu'elle lui avait demandés, mais elle les avait maintenant.

Elle inséra la clé dans son ordinateur et y trouva plusieurs séquences sur lesquelles apparaissait Duo. Elle les visionna une par une, le voyant dans le hangar sur une, puis dans un couloir avec Trowa et Heero sur une autre. Elle cherchait visiblement quelque chose qu'elle sembla trouver sur une séquence enregistrée à 22h14 depuis la caméra présente dans le couloir où elle l'avait surpris quelques heures plus tôt.

Sur l'enregistrement, elle voyait Duo marcher avec son habituelle nonchalance, avancer dans le couloir en regardant régulièrement derrière lui. A l'heure où avaient été capturées ces images, cette section du bâtiment est toujours vide. Elle suivit Duo arriver jusqu'à la porte munie du pavé numérique et fut forcée de voir le pilote déclencher l'ouverture de la porte en quelques secondes à peine et entrer dans la pièce, un petit sourire malicieux aux lèvres.

De rage, elle arracha la clé de son ordinateur et rabaissa l'écran violement pour que le visage de Duo disparaisse de sa vue. Elle fulminait de rage et se retenait pour ne pas tout casser dans son bureau.

« Tu veux jouer, Duo Maxwell ? On va jouer… »

A suivre…


Note de l'auteur : Un chapitre qui s'est encore fait attendre malgré une promesse de publication rapide, je m'en excuse platement. J'ai pris la décision de terminer cette histoire avant la rentrée scolaire, la fin ne saurait tarder de toute façon. Il reste un, voire deux chapitres pour conclure cette seconde partie de l'histoire, ça dépendra de mon inspiration. Je répète que je terminerai cette fic, je n'aime pas commencer à lire des histoires dont on n'a jamais la fin, je ne ferai pas la même chose… Je vais faire en sorte d'écrire la suite dans un délai raisonnable.

Merci d'avoir lu et de continuer à suivre cette histoire, n'hésitez pas à laisser vos commentaires (sans être trop dur sur l'attente que je vous fais subir entre chaque chapitre, s'il vous plait…) Au plaisir !

-Ephemeris-