Un nouveau chapitre, posté un peu tard! J'espère qu'il vous plaira. Pour ma part, je ne l'aime pas particulièrement, il est assez ennuyeux du point de vue des évènements, mais indispensable pour faire la liaison avec les autres! je vous promets que le prochain sera plus riche en rebondissement et beaucoup plus long!
Merci pour vos reviews, je réponds à toutes celles qui disposent d'un lien ou d'une adresse. Si vous n'êtes pas inscrit sur le site, laissez moi votre mail, je vous enverrai une réponse un peu plus longue et surtout, cela m'évitera d'avoir des ennuis avec le site car les RAR sur les chapitres sont interdites, mais je tiens à remercier mes lecteurs...
Sorka:Pacte avec le diable, c'est le mot… mais à trop jouer avec le feu, on finit par se brûler… et Sigrid en fera les frais! Je te laisse découvrir tout cela… Merci et bisous
desea oreiro:L'histoire des ordres a troublé tout le monde… patience, ils s'égrèneront au fil des chapitres! Je suis contente que mon histoire te plaise, et voilà la suite, le plus vite possible, le temps que fanfiction la mette! Bisous
Bonne lecture et n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez!
Chapitre 10 ; Premier ordre
Le mois de janvier fut gris et froid. Un monde figé, pas une seule fois éclairé par la lumière d'un franc soleil. L'astre restait une boule voilée, qui ne réchauffait pas la terre. Les jours passaient , tous semblables. Le temps semblait ne pas s'écouler et le concept de chaleur oublié.
Sa vie était rythmée comme du papier à musique. Des cours, qu'elle s'efforçait de suivre avec le plus d'attention possible. Des réunions avec Jedusor. Alias Voldemort comme elle l'avait appris. Elle avait froncé les sourcils en entendant ce nom et l'avait regardé, ne sachant pas très bien si elle devait rire ou non. Il avait semblé que non. Il était sérieux et tous les autres l'observaient avec respect. Cela avait soulevé son attention ; pourquoi vouloir se débarrasser de son nom à lui ? Elle n'avait pu s'empêcher de remarquer la légère grimace qu'il faisait quand elle l'appelait Tom. Le nom, c'était l'origine. Elle, elle était fière de la sienne. Et lui ? Pourquoi voulait-il l'oublier ? Elle ne lui avait pas posé la question ; c'était prendre beaucoup de risques pour une chose qui n'était sûrement pas aussi importante.
Ils pratiquaient surtout des sorts durant ces rassemblements ; elle se fermait hermétiquement à toutes ses théories sur les Sang Pur, ayant l'impression d'entendre les mots de son tuteur. Pour l'instant, il ne lui avait rien demandé. Pas un seul ordre. Elle en était soulagée mais se doutait que cela n'allait pas durer. De Grindelwald, ils n'en parlaient jamais, la gazette du sorcier était là pour leur donner des nouvelles. Les meurtres s'intensifiaient, on ne comptait plus dans l'école ceux qui avaient perdu un être cher. Ce sorcier sentait que sa chute était proche ; il réagissait comme un animal blessé qui cherche à mordre tout ce qui bouge.
Un matin, alors que le Cours de Métamorphose venait de s'achever, à la joie des élèves, car il avait été particulièrement difficile, la voix de Dumbledore s'éleva, grave et portant loin :
« -Miss Haufter, j'aimerai vous parler.
-Mais j'ai cours, Monsieur et je… dit-elle, en ramassant ses affaires, et en serrant ses livres contre elle, le sac passé sur une seule épaule.
-Je n'en n'aurai pas pour longtemps.
-Bien. »
Elle s'approcha de son bureau, sentant le regard de Tom dans son dos, pesant. La salle fut vide. L'immense fenêtre, très haute, à côté du bureau laissait passer une lumière douce, mais mélancolique. A cet étage, on ne voyait que le ciel, gris, et un bout de terre, brun. Couleurs ternes, qui n'avaient rien à voir avec la beauté du parc qu'elle avait pu admirer cet automne, l'étalage de roux, d'orange et de doré, dans une valse des couleurs, entraînante et chaleureuse.
Dumbledore se tenait debout, très grand, mince, ses cheveux et sa barbe auburn éclairés de reflets fauve , ses yeux bleus pétillants derrière ses lunettes. Il la regarda, attentivement. Elle avait maigri. Ses pommettes étaient plus hautes, ses yeux immenses dans ce visage triangulaire et tourmenté. Il n'y alla pas par quatre chemins et tout en rangeant la salle à coup de baguette magique (papiers, bouts de parchemin, effacer les traces de brûlure sur une table…)
« - Y a-t-il quelque chose qui ne va pas, Sigrid ?
-Non, monsieur, répondit-elle calmement, habituée à mentir. Pourquoi ? Je croyais que les professeurs étaient contents de mon travail.
Ils le sont, n'ayez aucune inquiétude. Le professeur Slughorn ne tarit d'ailleurs pas d'éloges sur vous, dit-il malicieusement, s'amusant de la grimace de la jeune fille. Non, mais vous me semblez préoccupée depuis quelque temps. Depuis la rentrée en fait.
-Non. Je suis juste… un peu fatiguée. »
C'était un mensonge, mais il ne releva pas. Son élève était fière et il devinait qu'elle n'ouvrirait pas son cœur à beaucoup de personnes, à moins d'y être contrainte. Il la laissa sortir et s'assit sur sa chaise, les mains jointes sous son menton, perplexe. I
l avait remarqué qu'elle semblait plus proche de Jedusor. Ils s'asseyaient toujours l'un à côté de l'autre, à présent. Il n'aimait pas les regards qu'ils se lançaient parfois, porteurs de secrets. Deux esprits retords. L'un profitant de la subite faiblesse de l'autre. C'était un couple étrange, à la fois semblables et radicalement différents. Elle était plus fragile que lui, moins perverse. On lisait plus de franchise dans ses grands yeux clairs, même si une ombre y demeurait, une ombre de haine, contre le monde entier. Peut être aussi contre elle-même.
Après les cours du matin, elle se rendit dans la Grande Salle pour manger un peu. Elle n'avait plus d'appétit, mais elle se forçait. Elle reconnut la flamboyante chevelure de Jill et se dirigea vers ses camarades, qui s'écartèrent pour lui laisser de la place. Deirdre engloutissait déjà sa purée, ce qui était plutôt de nature à couper l'appétit à ceux qui se trouvaient à côté d'elle. Lisbeth se servit du jus de citrouille et tandis que Sigrid chipotait avec ce qui se trouvait dans son assiette :
« Tu ne portes pas le collier qu'Anthony t'a offert pour Noël ? »
Sigrid rougit légèrement. Anthony lui avait donné le paquet avec un enthousiasme un peu enfantin, un joli paquet enrubannée, papier argentée et ruban bleu, aux couleurs de sa maison. L'écrin était tout simple, le collier l'était aussi. Une simple chaîne d'argent. Elle se souvenait encore de sa gêne ; d'abord parce que personne ne lui avait offert de cadeaux depuis la mort de ses parents, ensuite parce qu'elle était toujours décidée à se débarrasser de lui, en étant la plus odieuse possible. Elle l'avait remercié du bout des lèvres, mais n'avait pas mis le bijou. Le claquement de l'écrin qui se refermait, en même temps que l'expression douloureuse sur le visage du jeune homme, restait une image nette dans son esprit.
Pour être cruelle avec lui , elle l'avait été, mais il s'accrochait. Tout était subtil, pour que les autres élèves ne puissent l'accuser de se jouer de lui. Elle « oubliait » pratiquement tous leurs rendez-vous,demeurait distante, refusait qu'il lui tienne la main en public et l'évitait le plus souvent possible. Généralement, elle prenait soin d'être la plus froide quand ils n'étaient que tous les deux. Elle avait appris quelque chose des Poufsouffle ; ils étaient loyaux, et n'aimaient pas critiquer leurs camarades dans leurs dos, alors sa petite amie… C'était tout à leur honneur mais il était tellement plus simple de manipuler de telles personnes!Il supportait tout ce qu'elle lui faisait, mais elle faisait confiance au temps. Elle l'userait jusqu'à la corde. Il souffrirait sans nul doute ; et après ? Elle aussi avait souffert et elle n'en n'était pas morte. Il se relèverait.
« Non, j'ai oublié de le mettre » répondit-elle.
Lisbeth haussa les épaules mais ne fit aucun commentaire. Pourtant, elle avait bien remarqué les changements survenus chez sa compagne de chambre, plus sombre que jamais, plus renfermée et plus effrayante.
Dans sa chambre, ce soir-là, elle attendit que ses camarades se fussent endormies, pour se relever discrètement. Tom lui avait demandé de le rejoindre dans la Salle sur Demande. Elle se rhabilla ; un sort utile lui avait enseigné à métamorphoser ses vêtements en une fraction de seconde. Si quelqu'un arrivait dans un couloir pour la surprendre, elle n'avait qu'à marmonner entre ses dents «vêtipronto »pour qu'une chemise de nuit apparaisse, lui donnant juste l'air d'une élève insomniaque, qui serait allée faire un tour.
Une robe un peu grande pour elle, bleue foncée, une ceinture à la taille et une paire de chaussons. Elle avait à chaque fois de la chance ; dans la salle commune, il n'y avait que le feu qui ronronnait doucement dans la cheminée et la grosse dame était pratiquement toujours somnolente.
Elle monta les escaliers, tout en laissant les tableaux et les armures chuchoter sur son passage ; elle arriva au septième étage et s'arrêta devant cette affreuse tapisserie qui représentait Barnabas le Follet battu par les Trolls. Elle trouvait que la décoration du château était d'un goût discutable, mais là, c'était franchement hideux. Elle marcha de long en large devant, tout en pensant très fort « Je veux entrer dans la Salle où se trouve Tom… je dois le retrouver dans cette salle… je dois… » Au bout de son troisième passage, une lourde porte noire était apparue dans le mur. Elle la poussa.
Elle pénétra dans une pièce spacieuse, éclairée par des torches accrochées au mur. C'était un poêle qui dispensait un peu de chaleur, en plein milieu de la pièce. Une impression de malaise l'envahit. Les bibliothèques croulaient sous des livres anciens et au vu des titres, qui traitaient tous de magie noire, de descendance, de Sang Pur. Une Pensine était posée sur une table basse, vasque de pierre, runes gravées sur les bords. Une table plus grande que les autres, avec des parchemins, des encriers.
Jedusor était assis dans un fauteuil vert sombre, et tournait les pages d'un livre, tout en murmurant les mots qu'il lisait. Elle toussota, ce qui lui fit relever la tête. Aucun signe de bienvenue, il lui désigna juste le fauteuil en face de lui, d'un geste impérieux. Il se tenait très droit, toujours aussi arrogant. Elle s'assit, croisa les jambes. Il ne lui accorda pas plus d'attention, continuant à lire. L'horloge murale juste derrière lui égrenait les minutes, dans un tic-tac qui commença à lui taper sur les nerfs.
Cinq minutes, dix, quinze, trente, quarante-cinq… elle se forçait à rester éveillée. Finalement, une heure sonna. Il se leva, remit le livre dans la bibliothèque et revint s'asseoir.
« - Je t'ai fait venir pour te demander quelque chose, débuta-t-il.
-Je m'en doutais, grommela-t-elle.
-Je te demande pardon ?
-Non, rien. »
Jouer à l'insolente n'était certainement pas une excellente tactique. Pas avec lui. Elle avait tout à y perdre.
« - Tu es toujours avec Anthony ?
-Oui.
-Je veux que tu le quittes. »dit-il d'un ton tranquille, comme s'il venait de parler du temps qu'il faisait dehors, et sans aucun préavis.
Elle le fixa, incrédule. Il était idiot pour ne pas avoir remarqué qu'elle voulait le quitter, mais qu'elle lui laissait simplement la sale besogne ? Mais elle ne pouvait pas lelâcher elle-même, cela ruinerait ses longues semaines de travail !
Tom souriait. Tom… ou plutôt Voldemort, en cet instant. Il n'était Tom que quand il jouait à l'agneau innocent, devant les professeurs. Après, il redevenait... celui qui lui faisait peur.
« - C'est stupide, lui dit-elle. Je ne le ferai pas.
-Sans doute me suis-je mal fait comprendre, Sigrid. Ce n'était pas une proposition, c'était un ordre. Et je te rappelle que tu dois m'obéir, quel que soit l'ordre, répondit-il sereinement , jubilant.
-Oui, mais là c'est complètement hors de question ! Il voudra me quitter de lui-même !
-C'est certain, vu ton attitude avec lui, d'après ce que je devine. Mais moi, je veux que ça soit toi qui le quittes. Avec le plus d'éclat et le plus de cruauté possible »
Elle secoua la tête ; ses cheveux retombaient en lourdes boucles sur ses épaules. Ses mains tremblaient légèrement ; les ongles étaient rongés.
« - Pourquoi ? demanda-t-elle. Tu veux me faire haïr par le reste de l'école ?
-Je veux te mettre dans une situation difficile. Je veux t'isoler.
-J'ai été seule pendant des années, dit-elle en éclatant d'un rire triste. Si c'est tout ce que tu as trouvé…
-Seule oui. Mais pas au milieu de centaines de personnes, exposée à la vindicte populaire. A moins que je n'ai loupé un épisode de ta vie. Mais ton esprit est relativement facile à lire, quand on maîtrise la legilimencie. »
Elle plongea ses yeux clairs dans les siens. Elle n'y lut aucune pitié ni aucune chaleur. Il ressemblait à un chat qui regardait mourir sa proie. Cette exaltation gâchait la beauté de ses traits, le rendant plus ordinaire.
« - Je ne comprends ce que tu cherches.
-Si tu es venue vers moi, c'est simplement parce que tu penses que je peux t'aider pour tes projets à toi. Une aide n'est jamais à sens unique et je veux que tu m'obéisses au doigt et à l'œil. j'aimerai savoir ce qui t'a amené à accepter ma proposition, mais cela sera pour un autre jour. Une seule demande à la fois.
-Le Serment Inviolable ne t'a pas suffit ? s'exclama-t-elle.
-Je ne veux pas seulement te lier à moi, Sigrid. Je te briserai. »
Elle le dévisagea, ne sachant comment prendre cette menace. Il se rassit à sa table, et commença à griffonner sur un parchemin. Le crissement de la plume était doux, mais il lui était quand même désagréable. Il la trempa dans l'encre. Elle se tourna vers lui. Penché ainsi, il ne pouvait pas la voir. Lui jeter un sort aurait été facile. Même le tuer aurait été facile.
Il aurait suffit d'un simple poignard, et de l'égorger. Elle imagina la mare de sang qui se serait formée ; les êtres humains pouvaient en perdre des quantités ahurissantes. Cacher son corps ? Un jeu d'enfant ! Elle aurait même pu se jeter aussi par une fenêtre, tiens ! On aurait retrouvé son corps à lui baignant dans son sang, le siendémembré des mètres plus bas.
« Oui, mais je te l'ai déjà dit, ça ne ferait pas une belle morte, dit-il la faisant sursauter. Tu es tellement guidée par ta haine, Sigrid, que tu n'arrives pas à cacher tes pensées. Heureusement pour moi, d'ailleurs…et je n'aimerais pas être un cadavre livide. Je pense que tu vas patienter jusqu'au prochain match de Quidditch, parce qu'il sera suffisamment en condition. Serpentard viendra de lui administrer une défaite cuisante à lui et son équipe de minables. Ils se réconforteront dans leur salle et toi, tu viendras lui donner le coup de grâce. »
Elle ne répondit rien. A quoi bon ? La cause était entendue. Elle devrait obéir. Elle passa la main sur son visage, se rongea l'ongle du pouce gauche. L'atmosphère devenait lourde. Elle avait besoin d'air. Un grand besoin de respirer et de réfléchir. Elle se leva et lui demanda :
« - Est-ce tout ?
-Presque. Tu vois la Pensine là-bas ?
-Oui, bien sûr. »
Il repoussa sa chaise et alla chercher le bassin, qu'il posa sur la table. Il sortit sa baguette et d'un signe du doigt, l'invita à s'avancer, ce qu'elle fit à contrecoeur. La surface était trouble et épaisse.
« Ne bouge pas » lui ordonna-t-il. Elle sentit la pointe de la baguette se poser sur sa tempe droite. Elle ferma les yeux ; un murmure, et l'impression que quelque chose se détachait d'elle. Quand elle ouvrit les paupières, à travers ses cils, elle vit un long filament, qu'il déposa dans la vasque. Des images s'agitèrent.
« - Tu peux partir.
-Qu'y a-t-il dans mon esprit qui puisse t'intéresser ? s'écria-t-elle.
-Ton pire souvenir, Sigrid. Celui qui fait que tu es ce que tu es. »
Une lueur meurtrière passa dans les iris clairs. Elle voulu se jeter sur lui, mais avant qu'elle n'ait pu faire un mouvement :
« Tu as juré de m'obéir. Et là, je t'ordonne de partir. Tout de suite. Ne te fais pas prendre. »
Elle recula, les jambes flanchantes. Ce qu'il verrait… oh, ce qu'il verrait… ces images qu'elle voulait chasser de sa mémoire, mais qui revenaient hanter ses rêves. Les hurlements... la souffrance... les pleurs...
Elle sortit de la salle, et se précipita en courant dans les toilettes, pour y vomir longuement, secouée de spasmes. Elle se passa de l'eau sur le visage. Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même. Elle avait choisi Tom. Elle avait choisi de tout subir, jusqu'à ce qu'elle le trahisse, ce qui la mènerait à la mort, ou jusqu'à ce qu'il la libère de son serment.
Jedusor se pencha au-desssus de la Pensine. Ce qu'il y vit...
