L'ange démoniaque : Content que ça t'ait plu. ;) C'est vrai que c'était pas ce à quoi on pouvait s'attendre mais j'aime bien surprendre justement. Lol Et puis ça aide à rendre Harry un peu plus imprévisible. ;)

Titmo : Voilà des questions très intéressantes. ;) Pour ce que va faire Harry, tu vas en avoir un aperçu ici, mais pour Lily il faudra attendre encore un peu. Lol En ce qui concerne des fics à te conseiller, je te dirais que la plupart des celles que j'ai lu sur un Harry sombre et délaissé sont en anglais. Néanmoins, je peux te recommander Revenge is so sweet, une fiction en français que j'ai commencé à lire et qui me paraît prometteuse.

Gulian : Hello ! Ravi que ce chapitre t'ait plus à ce point. :) Pour la princesse, elle ne va pas tarder à apparaître mais la manière dont elle le fera pourrait te surprendre. ;) Leur relation sera plus clairement présentée lors de leur prochaine rencontre si cela peut te rassurer. En ce qui concerne Harry, tu as vu juste, c'est tout à fait l'idée que je voulais faire passer. La suite de son voyage laissera cependant place à de nouvelles surprises.

Tylia-sama : lol à ce que je vois, tu n'aimais pas beaucoup ce cher Peter. :p Lily est sur la bonne voie mais des remords vides de sens ne suffisent effectivement pas. Pour ce qui concerne notre Hermione, elle joue un jeu dangereux, et elle se rendra bientôt compte à quel point. ;)

Afreen : mdr pourquoi encourager William ? Il n'était pas là au moment des faits, enfin disons que son apparence y était mais c'est tout. Mdr Pour Lily, c'est vrai que je ne lui donne pas une image très… intelligente mais il faut dire que ce qu'elle est sur le point de découvrir va lui faire un sacré choc. ;) (Beurk, Voldy avec de la dentelle ?! Tu veux me donner des cauchemars ?!! mdr)

Hedwige31 : Très bonne question, Hed mais à vrai dire, je ne pourrais pas trop te répondre. Lol J'ai une idée assez précise du plan et des éléments à mettre en place mais histoire de ne pas tomber dans la routine, je laisse certains détails au feeling et à l'approvisation. Mais à vue de nez, je dirais un certain nombre. lol

Kit'Katze : Hello Kit ! C'est vrai que j'ai pris un sujet assez… « commun » en apparence mais j'avoue qu'en lisant quelques fics à ce sujet, ça m'a donné envie d'exploiter ce genre d'Harry dans un scénario de mon cru et j'en suis plutôt satisfait. Lol Je suis content si mon style te plaît, il n'est pas forcément très détaillé mais je suis du genre à préférer la fluidité et la concision plutôt que trop de détails. En revanche, je suis un peu étonné que tu veuilles mettre ma fic sur ton blog vu qu'en le parcourant un peu, je crois n'avoir vu ou presque que des fics yaoi. Ça ne me pose néanmoins aucun problème que tu l'y fasses figurer. ;)

Demenciae : Merci d'avoir la patience d'attendre à chaque fois la suite. ;) Mon rythme de parution n'est plus très rapide et j'avoue avoir à chaque fois peur de décevoir mes lecteurs donc je prends plus de temps à peaufiner les scènes et les détails.

Bachelor49 : lol Si tu relis le chapitre 6 sur l'Ordre du Phénix, tu constateras que Dumbledore fait état d'une liste de douze mangemorts s'étant échappé d'Azkaban. Pettigrow mort, Harry fait référence aux onze mangemorts encore en liberté. ;)

Eliane Gil : Question pertinente. :D Je me contenterais de répondre que douze mangemorts se sont évadés d'Azkaban. Est-ce que cela signifie qu'ils sont les seuls mangemorts à l'extérieur ? Je laisse ce détail non négligeable aux prochains chapitres. ;) Pour ce qui est arrivé à William, je ferais une petite anecdote là-dessus si ça t'intéresse mais tu vas voir que mon choix n'est pas très original. :p

666Naku : La suite ci-dessous. Enjoy-it ! ;)

Grispoils : Question intéressante, et dont tu auras la chance d'avoir la réponse dans le chapitre ci-dessous. :D

Adhafera Black : Hello Adhafera ! Je suis content que cette fic te plaise, je reconnais que c'était un pari risqué de distiller autant de mystère mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Lol Pour Pettigrow, je reconnais que j'ai hésité mais le laisser en vie ne me paraissait pas cadrer avec le caractère de cet Harry. En effet, ça va apporter une nouvelle dimension au personnage, mais sa complexité va aussi devenir une source croissante d'intérêt pour certains personnages. Dont Ginny, qui dès qu'elle croit commencer à le connaître, va comprendre qu'elle est encore loin d'avoir cerné le mystère qui l'entoure. Je ne peux pas te spécifier encore son rôle exact (ce serait gâcher ton plaisir ;) ) donc je me contenterai de dire qu'elle aura un rôle important. En ce qui concerne Severus, on peut dire que tu as le nez fin car il est présent dans ce chapitre. Il faudra en revanche attendre un peu pour revoir Remus, même s'il va être vite impliqué. ;) Je te remercie toi aussi de suivre mes fics avec autant d'attention, c'est à la fois agréable et rassurant pour moi.

Nefertari Vivi : Content que l'histoire te plaise. La suite est juste après, enjoy it. ;)


Chapitre 9 : Conseils d'un mage noir

Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes.

François de La Rochefoucauld


Il connaissait ce tunnel, il était sûr d'y être déjà venu auparavant. Sombre, étrangement silencieux, si ce n'est le bruit régulier de gouttelettes qui s'écrasaient sur le sol. L'adolescent tenait sa baguette devant lui, l'extrémité émettant une lumière blanche pour éclairer les alentours. Il ne lui fallut que quelques instants pour arriver devant un mur immense, où étaient gravés deux serpents entrelacés. Son regard se posa naturellement sur les émeraudes qui leur servaient d'yeux, cette couleur si semblable aux siens…

- Ouvrez.

Le sifflement était sorti tout naturellement de sa bouche, sans même qu'il n'ait le besoin d'y penser. Comme pour répondre à son ordre, les deux serpents se séparèrent alors que les deux pans de mur s'écartaient dans un silence de mort. Le visage serein, le jeune homme entra dans la salle d'un pas calme et mesuré… pour se retrouver face à un spectacle des plus familiers.

Il se trouvait à présent dans une longue salle dont le plafond était impossible à distinguer. De gigantesques piliers de pierre encadraient sa marche, chacun d'eux étant enroulé d'un serpent de pierre. Même s'il ne percevait aucun mouvement, ces serpents donnaient l'impression à l'adolescent d'être observé, sensation que ce dernier n'appréciait guère.

Il finit par arriver au niveau des deux derniers piliers et put enfin admirer l'immense statue qui se trouvait devant lui. Elle représentait un sorcier simiesque, dont la longue barbe mince lui arrivait presque jusqu'au bas de sa robe. Contemplant un instant le visage du plus sombre des quatre fondateurs de Poudlard, il fut tiré de ses pensées par une voix derrière lui.

- Salazar Serpentard, le plus grand des quatre… n'as-tu pas toi aussi le sentiment d'être minuscule en sa présence ?

L'adolescent fit volte-face, apercevant un visage qu'il n'aurait jamais pensé revoir un jour. Le garçon, apparemment âgé de seize ans, portait l'uniforme des Serpentard et un badge de préfet qui brillait sur sa poitrine. Le jeune homme au visage séduisant avait des cheveux noirs de jais, aussi noirs que ses yeux qui fixaient l'adolescent avec intensité.

- Nous nous ressemblons, Harry. Je peux sentir la haine qui t'habite au plus profond de ton être… à l'égard de tes parents, de ton frère, de tous ces sorciers pitoyables qui t'ont ignoré pendant toutes ces années…alors que tu es puissant, tellement plus puissant qu'eux…

Harry garda une nouvelle fois le silence, sachant qu'il mentirait en affirmant le contraire. La voix de Tom n'était pas doucereuse ou mielleuse comme quand il s'adressait à ceux qu'il voulait séduire ou persuader de faire ce qu'il voulait. Ça le peinait de devoir le dire mais il savait que l'ancien préfet était sincère, et cela lui faisait presque peur.

- Tu as été capable de leurrer Dumbledore encore plus facilement que moi. Il faut dire que tu avais un bon… bouc-émissaire pour récolter la gloire et les honneurs qui auraient dû te revenir. Tellement semblables et tellement différents… je me demande comment le vieil imbécile réagira lorsqu'il comprendra son erreur. Mais il est déjà trop tard, bien trop tard…

- Que me veux-tu, Tom ? Finit par lâcher le jeune Serdaigle, d'un ton agacé.

Les yeux noirs du Seigneur des Ténèbres s'illuminèrent d'une lueur pourpre alors qu'un sourire machiavélique prenait place sur son visage. Harry leva instinctivement sa baguette, prêt à l'utiliser à la moindre menace de la part de son ennemi mais à sa grande surprise, ce dernier se contenta d'éclater de rire, d'un rire aigu et froid qui vous glaçait le sang.

- Je vais me contenter de te regarder, pendant ta lente descente aux enfers, Harry… Le meurtre de Queudver n'était qu'une étape de plus mais elle a scellé ton voyage vers les ténèbres…

- C'est faux ! Je ne suis pas comme toi !

- Ah oui ? Alors retourne-toi et dis-moi donc ce que tu vois…

Irrité par les paroles du mage noir, le jeune Potter se retourna avec prudence… avant de se retrouver incapable de bouger. Ce n'était pas dû à l'effet d'un quelconque sort, c'était juste ce qu'il voyait qui le tétanisait.

Là où rien ne se trouvait juste quelques instants auparavant, se dressait à présent le Miroir de Risèd dans toute sa splendeur. Et pourtant les yeux émeraude du jeune Potter exprimaient pour la première fois de la peur, car la vision du miroir lui était insupportable.

Il se voyait lui, un peu plus âgé, son visage ressemblant étrangement à celui de son père… à la différence que ses yeux étaient devenus d'une couleur aussi écarlate que ceux de Tom. Son reflet le fixait avec un sourire sarcastique, une lueur malsaine dansant dans son regard pourpre. Il était revêtu d'une robe de sorcier d'un noir immaculé et il émanait de tout son être une aura de puissance et de respect.

A ses pieds se trouvaient les cadavres de James et Lily Potter, leurs yeux étrangement dépourvus de la moindre étincelle de vie. Mais à sa grande horreur, il aperçut également ceux de Remus et de Ginny, le visage du lycanthrope figé dans une expression de peine et de déception alors que les joues de l'adolescente ruisselaient encore de larmes.

Des dizaines, peut-être des centaines de silhouettes encapuchonnées se trouvaient derrière lui, chacun d'entre eux étant agenouillé dans une attitude soumise à son égard. Le sourire de son reflet s'accentua alors qu'Harry sentait tout son corps se mettre à trembler. Non, il ne voulait pas ça. Pas du tout, c'était impossible.

- Voilà ce qui arrivera si tu vis, Harry… Je n'ai pas à m'inquiéter pour mes projets à présent. Je sais que tu répandras la destruction et le sang sur ton passage comme je l'aurais fait… Tu peux être fier de toi, Harry Potter, tu seras très bientôt un puissant mage noir toi aussi… HA ! HA ! HA ! HA ! HA ! HA !

- NOOOOOOON !!!



Harry se réveilla en sursaut, le front trempé de sueur. Tout son corps tremblait encore, comme pour lui faire souligner la réalité de ce cauchemar. Passant une main sur son visage, il essaya de vider son esprit par un exercice d'occlumencie mais sans grand succès.

Jetant un coup d'œil à son réveil après avoir attrapé ses lunettes sur la table de nuit, il ne put s'empêcher de pousser un soupir. 5h33. Pourquoi fallait-il qu'en plus de ses vieux souvenirs, ce soit maintenant des cauchemars à propos de Voldemort qui vienne le réveiller ? Avec tout ça, il avait de plus en plus de mal à récupérer et il en venait à penser qu'une potion de sommeil ne serait pas une si mauvaise idée, ça lui éviterait des rêves désagréables…

Après un rapide tour dans la salle de bain, Harry ouvrit sa malle, qui n'était autre qu'un coffre à sept serrures dissimulé sous un très léger sort pour ressembler à une malle ordinaire. Il en sortit un objet enveloppé dans du papier, qu'il n'avait pas utilisé depuis un moment. Son regard émeraude s'attarda un moment sur l'objet en question puis il referma la malle, avant de quitter son dortoir.


Terry Boot était un Serdaigle tout ce qu'il y a de plus normal. Intelligent, calme, posé mais un tantinet solitaire, il possédait la plupart des caractéristiques propres à sa maison. En temps normal, il aurait dû être en train de dormir à une heure pareille, après tout il n'était même pas six heures du matin. Cependant, Terry avait été réveillé quelques minutes plus tôt et n'avait pu se rendormir.

La raison de son insomnie était aisément visible à l'extérieur du château. De lourds nuages noirs dissimulaient le ciel et des pluies diluviennes s'abattaient sur Poudlard avec fracas. Le Serdaigle n'aimait pas l'orage, c'était instinctif. Le bruit assourdissant du tonnerre et le martellement discontinu de la pluie sur les vitres l'empêchaient de dormir, et c'était le cas autant à l'école de Sorcellerie que chez ses parents.

C'est pourquoi il avait décidé de marcher un peu et d'essayer d'oublier le mauvais temps. Son regard fut capté malgré lui par un objet mouvant dans le ciel. Tournant complètement la tête en direction du ciel, il aperçut alors ce qui ressemblait à une silhouette sur un balai.

L'individu en question était incroyablement rapide, et se livrait à toute une série de cascades toutes plus dangereuses les unes que les autres. Fan de Quidditch depuis sa première année, époque à laquelle il avait découvert le plus célèbre des sports sorciers, Terry ne put s'empêcher d'être en admiration devant le style si particulier du sorcier qui volait sur ce balai.

A le voir ainsi zigzaguer à travers les trombes d'eau qui lui tombaient dessus, on aurait pu croire qu'il ne sentait pas les rafales de vent lui fouetter le visage, de même qu'il ne semblait pas voir les éclairs à l'horizon. Pas la moindre peur ne se dégageait de lui, il semblait seulement en train de profiter d'un moment d'évasion sur son balai. Terry réalisa alors que le sorcier qu'il admirait depuis plusieurs minutes avait finalement regagné la terre ferme.

Et quelle ne fut sa surprise lorsqu'il réalisa de qui il s'agissait. Les cheveux noir de jais, la robe trempée révélant une musculature raisonnable pour un joueur de Quidditch, les lunettes rondes sur son nez et les traits de son visage ressemblant à une version miniature du professeur de Défense Contre les Forces du Mal, on aurait pu jurer qu'il s'agissait du célèbre William Potter, l'attrapeur de Griffondor.

A la différence près que l'adolescent en question portait le blason des Serdaigle sur son torse et non celui des rouge et or. L'évidence frappa Terry de plein fouet alors que ses yeux s'écarquillaient sous l'effet de la surprise. Le garçon sous ses yeux n'était pas le Survivant mais Harry Potter. Harry Potter le solitaire, le meilleur élève de Serdaigle et le plus studieux puisqu'il semblait passer son temps à étudier à la Bibliothèque.

Voilà qu'il apprenait que l'unique élève capable de rivaliser en intelligence avec Hermione Granger était non seulement un bourreau de travail mais aussi incroyablement doué sur un balai. Les rouages commencèrent à lentement s'amorcer dans l'esprit de l'adolescent. La maison Serdaigle avait une bonne équipe mais ils n'avaient pas remporté la coupe de Quidditch depuis près de trois décennies. Et le trophée semblait à présent danser devant les yeux de Terry alors qu'il venait de voir un prodige du Quidditch dans les loopings de son condisciple. Oh oui, si Serdaigle avait la moindre chance de remporter la coupe cette année, ce serait avec Harry Potter à ses côtés.

La seule chose – et probablement la plus difficile –qui restait à faire consistait à obtenir l'accord du principal intéressé. Un sourire rayonnant sur le visage, Terry fit demi-tour sans se faire remarquer par Harry et fonça vers la tour de Serdaigle, des rêves de victoires illuminant ses pensées et lui redonnant le moral en cette triste journée.


Harry était toujours trempé lorsqu'il pénétra dans la Salle sur Demande. Il n'était pas encore sept heures et il avait le temps de faire quelques exercices avant de commencer la journée. Il commença par sécher ses vêtements à l'aide d'un sort avancé puis conjura une serviette pour se sécher les cheveux. Cette petite heure passée sur son balai lui avait fait un bien fou et même si ce n'était pas la même chose que de voler « de ses propres ailes », la sensation d'évasion que lui procurait le balai était très appréciable.

En revanche, les conditions météorologiques peu clémentes en cette matinée n'avaient pas facilité son vol, tout en ne le décourageant pas pour autant. Le jeune Potter avait toujours aimé les défis et si son frère n'avait pas été l'attrapeur fétiche des Griffondor, Harry aurait peut-être songé à entrer dans l'équipe de Quiddich de sa propre maison.

Malheureusement, il lui avait fallu éviter le plus possible les contacts avec son frère, et surtout les situations qui auraient pu créer un semblant de rivalité entre eux et alerter un tant soit peu l'attention des époux Potter. Il avait réussi à se faire oublier d'eux pendant sept ans et il comptait à ce que cette situation continue ainsi jusqu'à l'achèvement de ses projets.

Le Serdaigle fut sortit de ses pensées en entendant un « pop » sonore derrière lui, caractéristique d'un elfe de maison qu'il connaissait bien. Esquissant un léger sourire, il commença à se retourner vers lui tout en prenant la parole.

- Bonjour Dobby, qu'est-ce qui t'amène…

Potter stoppa net, en remarquant que l'elfe de maison auquel il était très attaché, n'était pas apparu seul dans la pièce mais en compagnie d'une Griffondor dont le visage était coloré d'une teinte presque aussi pourpre que celle de ses cheveux.

Arborant à présent un parfait masque d'impassibilité, le jeune Potter reprit la parole d'une voix calme et neutre.

- Bonjour, Ginny.

L'élève de deuxième année avait visiblement mal dormi car ses yeux étaient rougis, probablement par des larmes. Elle tenait dans sa main un morceau de parchemin froissé qu'Harry reconnût aisément comme la lettre qu'il lui avait fait parvenir la veille. Jetant un regard interrogatif à Dobby, Harry n'eut droit qu'à un regard désespéré de la part de l'elfe.

- Je suis désolé, Harry Potter. miss Weasley voulait absolument voir Harry Potter, monsieur et comme Dobby a senti qu'Harry Potter avait achevé sa tâche, Dobby a amené miss Weasley ici. Dobby demande pardon, monsieur, Dobby mérite un châtiment exemplaire…

Les yeux du petit être étaient maintenant baignés de larmes et Harry se surprit à penser qu'il ne pourrait jamais se mettre en colère contre le petit elfe. Laissant échapper un léger soupir, il finit par esquisser l'ombre de sourire en direction de l'elfe.

- C'est inutile, Dobby. Je ne suis pas en colère contre toi, et il aurait fallu que je parle à Ginny à un moment donné de toutes manières…

L'intéressé releva subitement la tête, les yeux remplis d'espoir alors qu'il se mettait à pleurer à nouveau mais de joie cette fois-ci. Se rapprochant d'Harry de ses petits pas rapides, il étreignit le jeune sorcier tout en continuant à sangloter.

- Dobby est content qu'Harry Potter aille bien. Dobby a eu si peur que le rat blesse maître Harry…

- Chut… tout va bien, Dobby. Je suis en un seul morceau, et il a eu ce qu'il méritait. Répondit l'adolescent d'une voix douce.

Visiblement ce dernier échange fit craquer les derniers restes de patience de Ginny qui finit par ouvrir la bouche pour laisser échapper un cri de colère.

- Qu'est-ce que tout ça veut dire ?! Tu disparais pendant trois jours sans me parler ! Tu me laisses une soi-disant lettre où il y a seulement écrit « Tout va bien, on reprendra les leçons d'ici un jour ou deux. Entraîne-toi à l'occlumencie en attendant. » !! Comme si je pouvais attendre sans rien faire !! Je veux savoir ce qui s'est passé ! Qui est ce rat ?! Et pourquoi Dobby a-t-il dit que c'était dangereux ?! HARRY, REPONDS-MOI !!

Voilà pourquoi Harry n'avait pas ressenti le besoin de se faire des amis. Il n'aimait pas qu'on lui dise ce qu'il devait faire, ou bien qu'on l'oblige à se justifier. Au vu de l'état quasi-hystérique de la jeune Weasley, celle-ci avait dû se faire un sang d'encre durant ces derniers jours et n'allait certainement pas décolérer avant qu'il ne lui ait dit toute la vérité.

Bien qu'il ne soit pas très à l'aise à l'idée de lui parler de ses occupations récentes, Harry comprit qu'il n'y avait rien d'autre à faire. C'est pourquoi le Serdaigle conjura deux confortables fauteuils à taille humaine et un plus petit pour Dobby. Harry se laissa tomber dans le sien avant de croiser les jambes et de finalement reporter son attention sur Ginny.

- Tu te souviens des mauvaises nouvelles qu'avait énoncées Dumbledore pendant la réunion de l'Ordre ? Commença le jeune Potter d'un ton las.

- Tu veux dire l'évasion des mangemorts ? Oui, bien sûr… mais où est le rapport ? L'interrogea Ginny, d'une voix confuse.

L'adolescente prit place face au jeune Potter, alors que ce dernier tournait son regard émeraude vers la cheminée. Ses yeux se perdirent dans l'âtre pendant un instant avant qu'il ne lui réponde, d'un ton détaché.

- Il y a douze ans, l'un d'eux était un proche ami de mes parents. Il s'agissait Peter Pettigrow, surnommé Queudver car il faisait partie des Maraudeurs, un groupe de farceurs Griffondor qui comportaient aussi mon père, mon parrain et mon oncle Remus. Il s'agissait d'un animagus non déclaré, dont la forme était un rat.

Alors que le ton avait été dénué d'émotion, le nom du lycanthrope avait été prononcé avec une voix plus douce, plus chaleureuse, plus… aimante. Oui, on pouvait ressentir de l'affection dans cette simple prononciation de son prénom, affection qui était absente lorsqu'il parlait de ses parents ou de Sirius.

- A cette époque, mes parents pensaient qu'il y avait un traître parmi les Maraudeurs, et il ont naturellement pensé qu'il s'agissait de Remus, à cause de son tempérament un peu solitaire et son statut de loup-garou. Au moment de choisir leur Gardien du Secret, ils ont d'abord pensé à Sirius, le meilleur ami de mon père depuis toujours et notre parrain, à moi et William. Toutefois, il leur a pris l'envie de tenter un coup de bluff à l'égard de Voldemort et…

L'adolescent fit une pause, ses yeux verts étincelant de colère et de tristesse alors qu'il reprenait d'une voix monotone.

- Ils ont choisi Peter comme Gardien du Secret. Ils ne se sont jamais doutés un seul instant que le petit Peter, qui les suivait toujours à l'école, le timide Queudver qui les assistait dans leurs petites blagues, puisse les trahir. Et pourtant, une semaine plus tard, Voldemort pénétrait sans aucune difficulté dans Godric Hollow et… la légende du Survivant naquit. Peter fut retrouvé quelques jours plus tard alors qu'il tentait de s'enfuir sous sa forme de rat, et à la grande surprise de mon père et mon parrain, leur ami de toujours arborait la Marque des Ténèbres sur son bras…

Ginny était à la fois fascinée et terrifiée par le récit. William ne lui avait jamais parlé de cette histoire, et probablement pas à Ron non plus. Elle ne savait pas que c'était à cause d'une trahison que Voldemort avait pu approcher les Potter, et tenter d'assassiner William. Se l'entendre dire de la bouche du frère du Survivant sur un ton si détaché l'aurait presque fait douter de la réalité de ce récit, si les yeux d'Harry n'avaient pas reflété autant d'émotions.

- Peter est arrivé à Poudlard il y a deux jours et a essayé de terminer la tâche de son maître. Je me contenterai de dire qu'il n'aura plus jamais l'occasion d'atteindre le Survivant.

Et à cet instant, l'intensité du regard émeraude d'Harry la fit tressaillir. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Avait-il enfermé Pettigrow quelque part ? L'avait-il remis entre les mains de l'Ordre du Phénix ?

Au fur et à mesure que les secondes s'égrainaient, la jeune Weasley sentit son ventre se nouer. Non, Harry n'avait pas voulu révéler sa présence à l'Ordre donc il n'aurait pas compté sur eux pour se charger de Pettigrow. Et cette douleur, cette souffrance dans les orbes vertes d'Harry traduisaient autre chose. Il n'aura plus jamais l'occasion d'atteindre le Survivant…

Les yeux de la Griffondor s'agrandirent de stupeur avant que ses lèvres frémissantes ne prononcent les paroles fatidiques.

- Tu l'as tué.

Cela n'avait rien d'une accusation, c'était un simple constat. Toutefois, les mains tremblantes de Ginny et ses yeux remplis de la surprise et de la peur, exprimaient de manière claire ce qu'elle ressentait. Harry se contenta d'esquisser un sourire cynique avant de prendre la parole d'une voix glaciale.

- Je lui ai laissé une chance de s'échapper… en souvenir de l'homme bien qu'il avait été. Il a préféré essayer de me tuer et je ne peux pas dire que son choix m'ait étonné. Le rat est mort, mais ce n'était que le premier. Les onze autres ne vont pas tarder à se rendre compte de l'échec de Queudver.

- Je…je ne comprends pas. Je veux dire… pourquoi ne pas laisser l'Ordre se charger d'eux ? Il te suffirait d'en parler à ton oncle et…

- Non. S'ils arrivent à s'approcher suffisamment près pour pouvoir tuer Will, c'est que Dumbledore a un excès de confiance en lui. De plus, si l'un ou plusieurs d'entre eux se font capturer par l'Ordre, les autres pourraient renoncer et essayer de retrouver directement Voldemort à la place… et c'est un scénario que je ne veux surtout pas voir se réaliser.

Aucun d'eux ne parla pendant les quelques minutes qui suivirent, pendant lesquelles Ginny ne cessa de penser à ce que venait de lui dire Harry. On aurait presque dit que c'était lui le Survivant et qu'il avait pris son destin en main. Mais ce n'était pas possible, Will avait été reconnu par Dumbledore et le monde entier comme étant le Survivant. Alors… pourquoi le Serdaigle se sentait-il le besoin de se battre ainsi contre les mangemorts ? Pour défendre son frère ? Cette idée ne lui paraissait pas très logique, au vu des relations apparemment tendues entre eux…

Malheureusement, elle n'eut pas le temps de s'aventurer plus loin dans ses réflexions parce qu'Harry s'était levé et pointait à présent sa baguette sur elle, un très léger sourire flottant sur ses lèvres.

- Trêve de bavardages inutiles, montre-moi plutôt les progrès que tu as fait… Legilimens !!


- Comme toujours, vous êtes ponctuel, Potter. Refermez la porte derrière vous et mettez-vous au travail.

Clair, précis, concis, Severus Rogue était le parfait exemple de ce que devait être un maître des potions. Méprisé par la majorité de ses élèves autres que Serpentard, mis à l'écart par la plupart de ses collègues, l'ancien mangemort avait certainement un très grand nombre d'ennemis, et le plus grand d'entre eux avait pris le poste qu'il désirait le plus cette année : celui de professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Alors qu'il commençait à rassembler les divers ingrédients dont il avait besoin, Harry se souvint des nombreuses histoires que s'amusaient à raconter James et Sirius au sujet de leur Némésis d'antan. Injustement surnommé Servilus par les deux maraudeurs, Rogue avait été la cible d'un grand nombre de farces de leur part, bien plus que les autres Serpentard. L'inimitié entre Potter et Rogue remontait à leurs débuts à Poudlard, où l'un combattait ouvertement les idéaux de Voldemort malgré son statut de sang-pur, alors que l'autre plongeait au fur et à mesure dans les arts sombres pour faire oublier à ses camarades Serpentard son statut de sang-mêlé.

La haine qui régnait en maître entre le maître des potions et l'Auror avait été si forte que lors de leur première année, William et Harry avaient dû affronter ses remarques acerbes et ses questions avancées en matière de potions. Bizarrement, les deux frères avaient réagi de manière différente à ce traitement.

D'un côté, le Griffondor s'était mis à détester ouvertement le maître des potions et ne perdait pas une occasion de dénigrer Rogue dans son dos. William avait même été jusqu'à penser que le maître des potions était celui qui voulait voler la pierre philosophale lors de leur première année, malgré les dénégations répétées d'Hagrid à ce sujet.

D'un autre côté, Harry s'était montré complètement insensible aux remarques du professeur. Ayant pleinement conscience du comportement passé de son père, tout en ne cultivant aucun désir de le défendre face à son vieil ennemi, le Serdaigle s'était contenté de ne pas répondre aux remarques. En revanche, il répondait à chacune des questions posées avec concision, tout en ayant appris à formuler ses réponses de manière différente à celle du manuel.

En effet, Rogue détestait les « je-sais-tout » et Hermione était rapidement devenue invisible à ses yeux pour cette même raison, alors qu'elle levait toujours la main pour répondre à chaque question comme si sa vie en dépendait.

Il avait fallu un peu plus d'un an pour que le maître des potions daigne le voir autrement que comme le fils de James Potter, même si Harry avait peu à peu gagné son respect durant sa première année, de part son humilité, son savoir en matière de potions mais aussi grâce à sa dextérité innée pour les préparer.

- Un philtre revigorant… Je dois dire que vous m'étonnez chaque jour, Mr Potter. Vous voir préparer des potions normalement réalisées par des élèves de cinquième année, avec autant de facilité, m'amène à m'interroger sur la paternité de James Potter à votre égard…

Cette remarque, qui aurait constitué une insulte du point de vue de William, arracha au contraire un sourire aux lèvres du Serdaigle. En réalité, il s'agissait d'un compliment de la part de l'ancien mangemort, lui signifiant qu'il avait de tels dons en potions en comparaison aux piètres talents de son père dans ce domaine que c'en était tout simplement stupéfiant.

Même sa mère, qui était pourtant très douée en potions, n'avait pas une telle maîtrise de cette manière que Severus qualifiait ouvertement « d'art » par rapport à son fils Harry. Le professeur passa à côté de lui et jeta un coup d'œil à la liste de potions annotées sur le parchemin.

Philtre revigorant

Potion de régénération sanguine

Solution de Force

Felix Felicis

Rogue stoppa net sa lecture sur ce nom précis. Felix Felicis, la potion dite de « chance liquide ». C'était une potion incroyablement longue et difficile à préparer, et certainement pas inscrite au programme de Poudlard ! Seuls les maîtres des potions confirmés et hautement qualifiés pouvaient la préparer, ce qui limitait le nombre à moins d'une dizaine en Grande-Bretagne, Severus compris.

- Potter, pouvez-vous m'expliquer pourquoi et surtout comment vous voulez préparer du Felix Felicis ? L'interrogea l'ancien mangemort d'une voix songeuse.

- En suivant les instructions du manuel avancé de préparation des potions et si vous le permettez, en m'aidant également de vos conseils. Répondit le Serdaigle avec calme.

- Vous vous rendez bien compte que cette potion n'est probablement pas à la portée d'un élève de Poudlard, aussi doué soit-il. De plus, vous n'avez pas répondu à ma première question.

- Je souhaite préparer cette potion en faible quantité afin de m'en servir un jour précis, qui n'aura aucun rapport avec les examens ou une compétition quelconque. Quant à mes qualifications en matière de potions, elles seront soit démontrées par la réussite de cet élixir, soit limitées à celles d'un élève de Poudlard. Cela vous dérange-t-il que je teste mes limites, professeur ?

Harry le prenait totalement au dépourvu, retournant ses doutes avec autant d'aisance et de ruse qu'un… oui, qu'un Serpentard. Bien que le trait dominant du jeune Potter soit sa remarquable intelligence, son caractère semblait bien plus complexe que celui du Serdaigle moyen. En effet, si Severus ressentait une grande soif d'apprendre chez lui, il ressentait également autre chose.

En général, les Serdaigle apprenaient pour apprendre, sans chercher au-delà de l'enrichissement de leurs connaissances. Harry était différent dans cet aspect précis. Il semblait tout autant désirer le savoir, voire davantage que ses condisciples, mais dans un but bien particulier, et non pas pour le simple culte du savoir.

- Excusez-moi professeur mais il y a autre chose que je voudrais vous demander. Je sais que vous êtes l'un des rares maîtres des potions capables de préparer la potion Tue-Loup, mais surtout l'un des seuls à appréhender la complexité de sa conception…

Rogue leva un sourcil devant cette avalanche de compliments. Potter n'était pas du genre à faire des éloges vides de sens ou pour rechercher les faveurs d'un professeur. S'il citait ces qualités spécifiques, c'était qu'il devait avoir quelque chose derrière la tête.

-… j'aimerais donc que vous jetiez un coup d'œil à ces documents. Ils datent un peu mais en les parcourant, je me suis rendu compte qu'ils pourraient probablement être d'une grande aide pour améliorer la potion Tue-Loup, voire l'amener à un plus haut degré d'efficacité.

Et l'adolescent lui tendit tout naturellement un dossier rempli de divers parchemins que le maître des potions s'empressa de parcourir du regard. Ses yeux s'agrandirent au fur et à mesure de sa lecture, son visage laissant percevoir une expression de surprise jamais vue auparavant sur le visage du professeur.

Lorsque ce dernier reporta son regard sur Harry, il prit la parole d'une voix presque chevrotante sous le coup de la stupéfaction qui l'habitait.

- Comment… comment vous êtes-vous procuré ces documents, Potter ? Les recherches de Michael Corvinus sont sensées avoir été perdues depuis plus de quatre siècles !! Même son nom n'est plus connu que de quelques maîtres des potions spécialisés dans la conception de la potion Tue-Loup !

Harry se contenta d'esquisser un sourire avant de fixer son professeur du regard. Pour la première fois, Severus perçut à quel point l'élève était différent de tous les autres. Ses yeux émeraude, si semblables à ceux de Lily, étaient tels une barrière infranchissable à ses talents de legilimens. Le professeur le ressentit ainsi car il venait d'essayer de passer ses barrières mentales pour trouver la réponse à sa question dans l'esprit de l'adolescent, et s'était heurté au plus puissant mur d'occlumencie qu'il ait jamais rencontré.

- La manière dont je me les suis procuré importe peu, professeur. Ce qui importe, c'est la manière dont nous pouvons les exploiter à bon escient…

- Et qu'entendez-vous par là, au juste ? L'interrogea Rogue, qui avait regagné un peu de son impassibilité habituelle.

Les yeux du Serdaigle s'illuminèrent d'une détermination sans faille, tel un brasier dans les émeraudes qui le fixaient sans discontinuer. Severus ne le savait pas à ce moment là, mais les paroles que l'adolescent allait prononcer étaient sur le point d'amener des bouleversements sans précédents dans le monde sorcier... Le Destin était en marche.

- Je veux créer un remède à la lycanthropie, professeur. Un remède… définitif.