Résumé : Sur un air de chanson, la vie amoureuse d'un couple… des moments de vie… de leur vie…

Bill a attendu, désespéré le retour d'Harry, le reste de la nuit et prend conscience que ce dernier est parti… sa famille a détruit son couple et il se sent terriblement responsable de cette situation, de son échec. Harry après un dernier baiser déposé sur les lèvres de son amour endormi dans un fauteuil, quitte Grimmaurd…

Sur un air de chanson, mon amour…

Chapitre 10 : Parce que

(Barbara)

POV Harry

C'est parce que ton épaule à mon épaule,
Ta bouche à mes cheveux
Et ta main sur mon cou,
C'est parce que, dans mes reins,
Quand ton souffle me frôle,
C'est parce que tes mains,
C'est parce que joue à joue,
C'est parce qu'au matin,
C'est parce qu'à la nuit,
Quand tu dis "viens", je viens.

Tu souris, je souris.

Une dernière fois… Juste une autre fois… Pourquoi suis-je si faible face à toi ? Pourquoi je sombre toujours plus loin quand je croise ton magnifique regard d'azur, quand tu me souris si doucement ainsi, dis le moi, mon tendre Bill, mon si bel amour ? Juste pour sentir encore une fois ta main sur mon cou, tes caresses sur mon corps, esquisse de mon paradis abandonné, cet éden bientôt disparu à tout jamais que représente pour moi la douceur de ton souffle chaud et haletant qui me frôle, ce courant magnifique et troublant le long de mon dos jusqu'aux creux de mes reins, le frisson de ton amour quand tu me fais tien et que je suis heureux comme lors de cette nuit extraordinaire et inoubliable…

Je n'ai pas pu, j'ai vraiment essayé, de toutes mes forces, de toute mon âme, j'ai prié pour avoir ce courage ou cette lâcheté, je ne sais plus trop en fait, juste partir loin de toi, avoir la volonté de te laisser dans un passé révolu, tourner simplement la page sur ce qui nous a unis pendant ces quelques mois, t'oublier, juste essayer d'avancer, continuer ma vie ailleurs sans ta présence si rassurante, sans ton amour, sans ta passion, te quitter finalement pour toujours, ne pas courir désespéramment vers ce vain rêve qui me tue inexorablement… Douleur.

Je voulais vraiment partir, ne plus jamais revenir ici, m'enfuir en gardant gravé dans mon âme brisée et mon cœur meurtri l'image de ton beau visage endormi dans ce fauteuil, dans ce lieu où notre amour s'est échoué, écoeuré de contempler ce naufrage de nos vies entre ces murs sales et sombres de Grimmaurd mais j'ai failli, je suis si faible face à toi, je suis finalement revenu vers toi, encore une fois, une tout dernière fois. Je le sais désormais, si j'étais honnête, je t'avouerais que je le savais déjà bien avant cette ultime étreinte entre tes bras, c'est fini, quelque chose est mort en moi, mon cœur esquinté, cassé, irrémédiablement détruit par la réaction de tes proches, par ton attitude… Tu m'as laissé partir, tu ne m'as pas retenu ; malgré toutes tes promesses, je ne peux pas oublier ton choix parce que je suis certain que cela se reproduira tôt ou tard, un jour ou l'autre, ils seront à nouveau entre nous… Tu m'as perdu. A tout jamais, Bill, si tu savais comme j'ai mal. Trop de douleurs, trop de souffrances… Pourquoi cette dernière fois alors ? Peut-être pour me convaincre de l'irréparable, de l'issue fatale.

Ce matin, il faisait à peine jour lorsque je refermais la porte de ce qui fut notre maison pour un temps si bref, je voulais te laisser et garder la vision de ton visage encore endormi dans ce fauteuil, ton sourire mystérieux et parfait, ton odeur forte et délicate en même temps, toi, seulement toi, face à la fenêtre du salon, cette impression apaisante qui émanait de tout ton être gravée en moi. Je voulais juste espérer que peut-être tu avais cru en mon retour lorsque tu avais abandonné ton combat face à Morphée, que quelque part dans tes rêves lointains, tu te souvenais encore de moi, de nos étreintes. Je voulais simplement partir en gardant la saveur des tes lèvres en un baiser à peine frôlé, ne plus souffrir. Impossible. Je n'ai pas pu, j'ai erré, des heures et des heures dans Londres, chaque pas me reconduisait inexorablement à Grimmaurd, inconsciemment tout me ramenait toujours vers toi. Je voulais te revoir, c'était inévitable, ma raison avait finalement perdu cette guerre, définitivement, je voulais ressentir une autre fois ces sensations extraordinaires, quand ton corps est tout contre moi, ton épaule à mon épaule, ta bouche à mes cheveux et ta main sur mon cou…

C'est parce que je n'ai pas pu, c'est parce que je suis faible face à toi, c'est parce que j'ai tellement mal, c'est parce que tout était déjà fini, c'est parce qu'à la nuit tombée, trempé de cette pluie battante et cinglante d'automne, j'ai frappé un seul coup bref et lointain contre le bois vermoulu de la lourde porte en chêne du numéro 12. C'est parce que tu m'as ouvert, c'est parce que tu m'as regardé… Mes cheveux étaient collés à mon visage par l'eau froide et glacée, mes larmes glissant inexorablement sur mes joues, mes vêtements détrempés, je tremblais, je crois.

Tu m'as dit 'viens', ta main tendue vers moi en une invitation muette, je t'ai suivi presque machinalement, tu as souri, tu m'as souri alors que nous remontions les escaliers sombres. Il n'y avait pas besoin de parler, je savais où tes pas me guidaient, vers notre chambre, là où nous avions fait l'amour la première fois, là où toute mon existence a changé en une seule nuit magnifique, magique. Doucement, tu as posé tes mains sur ma nuque, me rapprochant de ton corps, me poussant si délicatement vers le rebord du lit, je sentis brusquement le matelas buté contre mes jambes, tes lèvres se perdaient dans mes cheveux, embrassant, glissant sur mon front, redécouvrant ma cicatrice. J'avais instinctivement clos mes yeux, ton souffle contre mes paupières, et enfin contre ma bouche, une bien trop légère et fugace sensation, je m'ouvrais à toi. Cette sensation presque paralysante de nos langues se tordant, se caressant, s'apprivoisant encore et encore, tes mains partout, mes vêtements disparaissant au gré de tes assauts et moi, je suffoquais, c'était si fort, c'était tellement beau. Tu m'as fait l'amour, comme ces termes paraissent fades et plats face à ce bouleversement, ce tremblement dévastateur, cet incroyable tourbillon d'émotions.

Mais c'est parce qu'au matin, je te regarde, encore endormi, je pleure, doucement, mes mains passent sur ton visage masculin et fort, juste pour me remémorer chaque courbe et creux de cette figure tant aimée, cette cicatrice, souvenir presque effacé de ton rude combat contre Greyback…

C'est parce qu'ici ou là
Dans un autre pays,
Pourvu que tu y sois,
C'est toujours mon pays.
C'est parce que je t'aime
Que je préfère m'en aller.
C'est mieux, bien mieux, de se quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.

C'est tellement dur, si difficile, je me demande s'il existe pire épreuve que celle-ci, que te laisser, te quitter, m'éloigner de toi contre tout ce que me dicte mon cœur mais je sais que je n'ai pas d'autre choix, pas d'autre solution… Je me dois de faire face, pour toi, pour moi, pour nous deux, je ne serai pas lâche, cette fois ; je vais t'affronter et te dire adieu avant de m'en aller. Si aujourd'hui, cette décision te brise tout autant que moi et te laisse dans un état de souffrance indéfinissable et incommensurable, un jour, tu comprendras et peut-être, tu m'en remercieras. J'ai vraiment cru l'espace d'un instant, durant ces quelques mois d'abandon, de magie entre tes bras puissants et protecteurs, que tu serais à tout jamais mon point d'ancrage, mon unique repère, ma boussole, celui qui guiderait ma vie, qui lui redonnerait sens et raison, profondeur et vérité. Je pensais vraiment que peu importait le lieu où je serai désormais, tant que tu te trouvais à mes côtés, le reste ne m'était d'aucune importance, toi seul comptais dans mon univers. Je n'avais que faire de vivre ici ou là, dans un autre pays, pourvu que tu y sois, c'était toujours mon pays…

Tu as été, tu restes et tu resteras à tout jamais, celui que j'aime, je l'ai compris et admis cette nuit mais, ils sont entre nous, ils se sont insinués dans notre vie, dans notre couple et je ne veux pas t'imposer de devoir choisir entre ta famille et moi, je ne veux pas que tu condamnes notre histoire, notre amour plus tard parce que tu auras été contraint de me suivre, de tourner le dos à tes parents, à tes frères, je ne veux pas être un jour celui que tu mépriseras et haïras. Un jour, tu me le reprocherais, sois-en certain… Ce serait le temps des rancœurs, des non-dits dévoilés, des phrases acerbes et assassines, des vérités tues que l'on lance au visage pour blesser l'autre. Alors, crois-moi, c'est mieux, bien mieux de se quitter avant que ne meure le temps d'aimer…


C'est parce que j'ai peur de voir s'endeuiller
Les minutes, les heures, les secondes passées,
C'est parce que je sais qu'il faut un presque rien
Pour défaire une nuit et se perdre au matin.
Je ne laisserai pas pencher sur notre lit
Ni l'ombre d'un regret, ni l'ombre d'un ennui.
Je ne laisserai pas mourir au fil des jours
Ce qui fut toi et moi, ce qui fut notre amour.
Pour qu'il ne soit jamais emporté par le temps,
Je l'emporte moi-même. Il restera vivant.

Oh laisse-moi, je t'aime
Mais je préfère m'en aller.
C'est mieux, tu sais, de se quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.

Comprends-moi, mon tendre Bill et sèche tes larmes qui sont pour moi des douloureux doloris. Il ne faut presque rien pour défaire une nuit et se perdre au matin et que se produirait-il si je restais encore ici, plus longtemps, combien de nuits et de matins, avant que tu ne me haïsses, avant que je ne te maudisse. Tu le sais bien et je refuse absolument de perdre ce que j'ai ressenti dans notre lit, dans cette chambre, totalement abandonné à chacune de tes caresses, à tes doux baisers passionnés et dévastateurs. Je ne laisserai pas mourir au fil des jours, ce qui fut pour toi et moi notre amour, je m'y refuse, c'est au-delà de ce que je peux endurer, supporter. Je t'en prie, je t'en supplie, ne me demande pas de changer d'avis, de revenir sur ma décision, c'est déjà si difficile. Tu m'as fait l'amour comme jamais, tu étais au plus profond de mon corps, transperçant mon âme, j'étais si bien, ainsi, cette nuit parfaite restera intacte, gravée en moi, si je m'en vais avant que ne meure le temps d'aimer… Laisse-moi, je t'aime, mais je préfère m'en aller.

De mille façon, tu m'as prouvé tout ce que je représentais pour toi, tu as inondé chaque infime cellule de mon corps de ta magie, de tout ton amour et pour qu'il ne soit pas emporté par le temps, je l'emporte moi-même, il restera vivant… Tu m'as tellement donné que jamais rien, ni personne ne pourra effacer dans mon cœur et mon âme la chaleur de nos étreintes. Tu m'as remis le plus sublime des présents en me confiant ton cœur, je le protègerai, je le chérirai. Tous ces jours à tes côtés, je me suis senti tellement complet et enfin heureux entre tes bras, envahi par tes caresses chaudes et profondes. Je ne veux pas voir mourir notre amour, s'abîmer au fil des saisons. Tout ce temps trop précieux où je t'ai découvert et aimé, les minutes, les heures, les secondes passées, je refuse qu'un matin, les regrets, les ennuis nous séparent finalement. Je vais m'en aller, je préfère m'en aller, en gardant tout ce que tu m'as apporté en moi, avant que ne meure le temps d'aimer. Laisse-moi t'aimer à jamais, laisse-moi partir et conserver ce qui est toi, enfoui en moi.


J'en ai vu, comme nous, qui allaient à pas lents
Et portaient leur amour comme on porte un enfant.
J'en ai vu, comme nous, qui allaient à pas lents
Et tombaient à genoux, dans le soir finissant.
Je les ai retrouvés, furieux et combattant
Comme deux loups blessés. Que sont-ils maintenant ?

Ca, je ne veux pas. Je t'aime.
Je ne veux pas nous déchirer.

Bien sûr, on pourrait se battre, tu as raison, Bill, mais admets-le, tout ceci serait vain et destructeur… Faire comme si leur avis à tous était sans importance, comme si obtenir leur bénédiction ne comptait pas vraiment à tes yeux, comme si perdre ta famille ne risquait pas à terme de nous séparer, mais, qui crois-tu leurrer ? Mon tendre Bill, nous avons déjà trop lutté au cours de notre vie, furieux et combattants, comme deux loups blessés et je n'en peux plus, comprends-moi, je veux vivre en paix, simplement et je veux garder l'image de ton visage aimant, pas dans quelques mois ou quelques années, celui d'un parfait inconnu, me haïssant parce que je t'aurais séparé des tiens. Combien ont essayé avant nous ? Aller à l'encontre de la foule, de la morale, de tous. J'en ai vu, comme nous qui allaient à pas lents et portaient leur amour comme on porte un enfant et que sont-ils maintenant ? Des personnes qui se croisent, sans se reconnaître, des personnes séparées par la haine et la rancœur, des inconnus qui se demandent comment à un moment de leur passé, par les hasards du destin, leur histoire s'est entrecroisée. Oui, ils ont essayé de conserver cet amour, leur bien si précieux, mais dans le soir finissant, je les ai trouvés, tombés à genoux, pleurant, regrettant amèrement… Je ne veux pas que cela nous arrive, je veux m'en aller car je t'aime, avant que l'on se déchire, comme tous les autres… C'est mieux, tu sais de nous quitter avant que ne meure le temps d'aimer…


C'est mieux, tu sais, de nous quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer.
C'est mieux, bien mieux, de nous quitter
Avant que ne meure le temps d'aimer...

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A suivre…