Pour le moment, je n'ai pas trouvé le moyen de mettre la photo de l'anneau, mais vous pouvez le voir sur MSD. Bonne lecture.

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Chapitre 10

Le soir, Jack invita Ianto au restaurant. Il avait envie d'une soirée romantique, il avait envie de parler au Gallois, de lui faire comprendre que ce qu'il voulait était bien plus qu'une relation charnelle, qu'il l'avait véritablement dans la peau et qu'il ne voulait pas le laisser partir et pour cela, il avait trouvé une solution, mais le jeune homme accepterait-il ? Il avait beau avoir une grande ouverture d'esprit, ce qu'il s'apprêtait à lui demander pouvait le déstabiliser.

Lorsque Ianto le rejoignit, Jack vit avec plaisir qu'il portait la même tenue que lors de la soirée du Nouvel An et il était toujours aussi sexy. Le Capitaine, quant à lui, avait troqué son éternel manteau contre une veste de cuir marron qui lui donnait l'air d'un aventurier.

Ils passèrent une soirée agréable, Jack raconta des anecdotes sur son passé ce qui intéressa beaucoup Ianto. Petit à petit, le Capitaine lui ouvrait son monde et il en était heureux.

– Ianto, finit-il par dire.

– Oui, répondit le Gallois, fixant toujours sa glace.

– Je voudrais te demander quelque chose.

– Je t'écoute, dit-il les yeux toujours baissés.

Le ton de la voix de Jack avait changé et le Gallois en eut des frissons.

– Regarde-moi, s'il te plait, ce que j'ai à te dire est important, dit-il en lui prenant doucement la main.

Lentement, il leva les yeux, le cœur battant. À quoi devait-il s'attendre ?

– Ianto, tu es ce qui m'est arrivé de meilleur depuis de nombreuses années, tu le sais ça ? demanda-t-il, quémandant un assentiment.

– Euh… commença le Gallois, ne sachant pas très bien ce qu'il devait répondre.

– Ianto, j'aurais voulu savoir ce que tu dirais si je te remettais ceci, dit-il en posant, de sa main libre, une petite boite devant le jeune homme.

Ianto la regarda quelques instants, cette boite portait la marque d'un grand joaillier de Cardiff. Il la prit, essayant de maîtriser le tremblement de ses mains et l'ouvrit lentement. Sur un lit de velours bleu foncé, une alliance était délicatement posée avec une chaîne. La bague était faite de trois anneaux d'or, deux jaunes enserrant un blanc. Il la prit doucement et vit une inscription délicate à l'intérieur.

J & I

Cariad

Les larmes aux yeux, il regarda Jack qui attendait le verdict, visiblement nerveux. Ianto se leva et s'approcha de lui, puis doucement, il l'embrassa, faisant fi de toutes les convenances.

– Je t'aime, Jack, dit-il tout contre ses lèvres.

Un grand sourire illumina le visage du Capitaine. Son Gallois avait accepté son présent. Il ne lui avait pas proposé le mariage, mais un lien indéfectible et éternel. Ianto tendit la chaîne pour que Jack lui attache, ainsi le Capitaine serait toujours près de son cœur.

– Je vais devoir t'en offrir une aussi, lui dit le Gallois avec un léger sourire.

– Pourquoi ! Ça fait un mois que je porte la mienne, répondit Jack en lui montrant sa propre chaîne au bout de laquelle pendait une alliance identique.

Devant son silence, il poursuivit :

– Je ne savais pas trop comment te le demander. Lorsque tu as été blessé, j'ai vraiment eu peur de te perdre, j'ai eu cent fois envie de te la donner, mais je pensais qu'il était trop tôt pour te demander de t'engager et tu vois, je me suis mis au Gallois, au sens propre, comme au figuré, dit-il en souriant.

– Je pense que nous devrions rentrer pour parler de tout cela, dit Ianto ajoutant un clin d'œil coquin.

Jack ne se fit pas prier, il alla régler l'addition et prit sa veste au vestiaire, puis il rejoignit le Gallois sur la place.

Lorsqu'il eut refermé la porte de l'appartement, Jack plaqua Ianto contre le mur et l'embrassa passionnément. Ils n'avaient pas encore atteint le salon, ça promettait pour le reste de la soirée.

Effectivement, lorsqu'ils s'effondrèrent, épuisés sur le lit, ils avaient testés le canapé du salon, la table de la cuisine et la cabine de douche. Ils s'endormirent lovés l'un contre l'autre, après un dernier baiser.

Au matin, ils se levèrent et se préparèrent pour aller travailler. Lorsque Jack sortit de la salle de bain, Ianto était devant la glace, la main refermée sur l'alliance et les yeux clos. Le Capitaine se pressa contre lui, l'entourant de ses bras. Le jeune homme ouvrit les yeux, surpris par ce contact qui l'avait sorti de sa rêverie.

– Une livre pour tes pensées, lui dit Jack en l'embrassant dans la nuque.

– Je me disais que j'avais vraiment beaucoup de chance, répondit le Gallois en glissant la chaîne sous sa chemise et en ajustant sa cravate.

– Qu'est-ce que je devrais dire, soupira le Capitaine, le serrant un peu plus.

– Tu devrais te préparer, lui dit Ianto en le regardant dans la glace, sinon, on ne sera jamais à l'heure.

À regret, Jack le lâcha et alla s'habiller. Il aurait bien le temps, plus tard, de lui montrer à nouveau à quel point il tenait à lui.

À leur arrivée à l'office, Ianto s'occupa d'ouvrir le bureau et de lire les e-mails reçus. Jack descendit au Hub et s'enferma dans son bureau après avoir salué ses collègues. Lorsque le jeune homme arriva un peu plus tard, Tosh remarqua qu'il avait l'air heureux. Voulant en connaître la raison, elle le suivit à la cuisine.

– Ianto, dit-elle doucement, tu m'as l'air en forme ce matin.

– Oui, je dirais que je suis sur un nuage et que je n'arrive pas à redescendre sur Terre.

– Oh, à ce point-là ! répondit-elle en souriant. Dis-moi tout !

Il ne parla pas, mais lui montra la chaîne et elle ouvrit de grands yeux. Puis elle se jeta dans ses bras.

– Je suis heureuse pour toi, dit-elle sincèrement. Tu le mérites. Prend bien soin de lui, il en a besoin.

– Ne t'en fais pas, c'était bien mon intention, répondit le Gallois en lui tendant sa tasse.

Ensemble, ils retournèrent dans la salle centrale. Elle fit un signe à Jack qui les regardait de son bureau et lui répondit par un sourire. Ianto distribua les autres tasses et fit le ménage.

Drystan, de son poste de travail, observait le Gallois. Il semblait de bonne humeur et cela l'inquiéta un peu. Quand Jack était arrivé, il avait consulté l'écran de surveillance de l'office et avait souri, puis il était monté dans son bureau. Il y avait quelque chose entre ces deux hommes, mais il n'était pas décidé à laisser tomber. Ses premières tentatives avaient avorté, mais lorsqu'il aurait montré au Capitaine à quel point il l'attirait, il était persuadé qu'il tomberait dans ses filets. Il réussissait toujours dans ses entreprises amoureuses, il n'y avait pas de raison que Jack passe à travers les mailles.

Une semaine plus tard, la ville s'apprêtait à célébrer la fête nationale et Ianto était débordé par les demandes des tours operators qui devaient envoyer des clients. Comme d'habitude, c'était au dernier moment qu'ils s'assuraient que les festivités prévues seraient bien maintenues. Le Gallois leur répondait, en blaguant, que si la ville était toujours là le 1er mars, il n'y avait pas de raison que les activités soient suspendues.

Ce fut lors d'un des ces jours où Ianto ne savait plus où donner de la tête que l'alarme retentit, mais il devait rester à l'office, il n'avait pas le choix.

Jack le prévint que l'équipe sortait, mais sans Tosh qui avait dû se rendre dans sa famille. Drystan tenait enfin sa chance. Il n'y avait que lui et Owen et ce dernier était plus aguerri que lui, il n'y avait aucune raison pour qu'il accompagne le Capitaine et effectivement, Jack lui confirma qu'ils seraient ensemble pour la chasse.

Owen conduisait le SUV et déposa ses collègues sur les docks. C'était dans cet endroit que les Weevils sortaient le plus souvent, mais avec la fête nationale, il fallait éviter que les touristes fassent des mauvaises rencontres.

Ils se séparèrent et commencèrent à arpenter les allées, cherchant les intrus. L'un des Weevils avait repéré le Capitaine et s'approchait en catimini. Drystan qui le surveillait, se précipita et plaqua Jack contre le contener, tirant sur l'alien. Lorsque celui-ci se fut écroulé, il regarda son patron avec un sourire et l'embrassa passionnément, laissant sa main se perdre dans son entrejambe. Surpris pendant un instant, le Capitaine ne réagit pas, puis brusquement, il le repoussa violemment.

– Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ? dit-il visiblement en colère, tu es malade !

– Ne me dites pas que vous n'avez pas apprécié, répondit Drystan, assez fier de lui. C'est autre chose qu'un jeunot qui n'y connaît rien, reconnaissez-le !

– Tu serais étonné de voir à quel point il est doué, lui dit le Capitaine, s'essuyant les lèvres d'un revers de manche. Et je te prierai à l'avenir de t'abstenir de ce genre de comportement.

Jack n'avait pas répondu à son attente comme il le prévoyait, ce Ianto était vraiment trop encombrant. Il lui restait maintenant une option, c'était de s'occuper du Gallois, semer le doute dans son esprit, le séparer du Capitaine.

Owen, de son côté, avait fait une capture et appela son patron pour qu'il l'aide à la charger dans le véhicule. Lorsqu'il vit arriver ses collègues, il se dit que quelque chose n'allait pas, Jack semblait énervé et Drystan avait un air de chien battu.

Quand ils arrivèrent au garage, Owen aida le Capitaine à descendre le Weevil dans les voûtes et Drystan se rendit dans la salle centrale. Quand il entra, il afficha un large sourire et se mit à siffloter. En passant près de Ianto, il lui dit doucement, d'un air entendu, un sourire aux lèvres et les mains dans les poches, avant de rejoindre son poste :

– Jack est vraiment une affaire !

Le Gallois le regarda passer, essayant de comprendre ce qu'il venait de dire. Lorsque Jack entra, il se rendit directement dans son bureau et Drystan sourit en le voyant monter l'escalier. Quand Ianto tourna les yeux vers lui, il le vit baisser la main comme si ce dernier avait fait un signe au Capitaine et affichait toujours le même sourire satisfait.

Brusquement, la lumière se fit dans l'esprit de Ianto. Il venait de comprendre la signification de sa phrase. Il leva la tête et regarda la porte du bureau. Comment avait-il pu être aussi naïf ? Comment avait-il pu croire que lui seul comptait pour Jack ?

– Drystan, appela le Capitaine du pas de sa porte, peux-tu monter ?

– Bien sûr Jack, répondit ce dernier, visiblement ravi, jetant un coup d'œil à Ianto en passant.

Lorsque la porte fut refermée, le Gallois essaya de rassembler ses esprits. Ainsi, il n'était pas seul dans le cœur de Jack ! Mais alors cette bague qu'il lui avait donné quelques jours plus tôt, ces mots d'amour et de tendresse qu'il avait prononcé, ces caresses… tout cela n'était donc qu'un amusement pour lui. Il ne savait plus où il en était, il avait mal, il fallait qu'il parte.

Il croisa Tosh et lui dit qu'il devait s'absenter, qu'il ne se sentait pas bien. Un peu surprise, elle le regarda partir. Effectivement, il était pâle, il valait mieux qu'il aille se reposer, puis elle retourna à son poste. Elle avait des graphiques à étudier et Jack attendait ses conclusions.

Ianto rentra chez lui et alla dans sa chambre sortir son sac de voyage qu'il remplit, jetant pêle-mêle les premiers vêtements qui lui tombaient sous la main. Les yeux baignés de larmes, il ne voyait rien. Il prit sa trousse de toilette et alla débrancher la machine à café. Après avoir envoyé un message à Tosh pour la remercier de sa gentillesse et un autre à Jack pour l'informer que sa démission arriverait par courrier, il sortit de l'appartement, laissant sur la table basse, la petite boite avec l'alliance et la chaîne.

***

Lorsque l'entretien fut terminé, Drystan sortit du bureau et retourna à son poste de travail. Le Capitaine venait de le remettre à sa place d'une manière assez brutale, mais ne voyant pas Ianto, il se dit qu'il avait peut-être réussi à le faire fuir.

– Jack, cria soudain Tosh, je peux venir te voir ?

– Oui, bien sûr, qu'as-tu trouvé ?

– Il ne s'agit pas des graphiques, dit-elle en montant rapidement, c'est plus grave.

Qu'est-ce qui pouvait être plus grave qu'une éventuelle attaque ? Tosh se laissait parfois emporter, mais là, elle semblait vraiment inquiète.

– Jack, il est parti, dit-elle.

– Qui ça, demanda-t-il, visiblement, il y avait quelque chose qui lui échappait.

– Ianto, il vient de m'envoyer un message !

– Tu plaisantes ! Et il disait quoi ?

– Qu'il n'était plus utile ici et que le mieux serait qu'il parte. Il a ajouté qu'il t'avait aussi envoyé un message.

Jack pianota sur son clavier et ouvrit le e-mail qu'il avait reçu. Quand elle vit les larmes lui monter aux yeux, Tosh fit le tour du bureau et lut le message.

– Tu ne peux pas laisser faire ça, dit-elle affolée, croyant à peine ce qui était écrit. Il ne peut pas partir.

Le Capitaine était effondré, Ianto venait de démissionner et il était parti. Ce n'était pas possible, il devait le rattraper.

– Je vais à son appartement, viens avec moi, dit-il en attrapant son manteau qu'il mit en dévalant les escaliers.

Alerté par le bruit, Owen sortit de la baie médicale.

– Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il en voyant le Capitaine et Tosh courir vers le garage.

– Je t'appelle ! lança la jeune femme en suivant son patron.

– Tu sais ce qu'il se passe ? dit-il en se tournant vers Drystan.

– Aucune idée, répondit-il en souriant, mais il y a l'air d'y avoir urgence.

Quand ils arrivèrent à l'appartement de Ianto, Jack ouvrit avec sa clé. Depuis quelques temps déjà, le Gallois lui en avait donné une pour qu'il puisse rentrer sans le déranger. Ils firent le tour de l'appartement, mais ne trouvèrent aucun indice quant à l'endroit où Ianto aurait pu aller.

– La machine à café est débranchée, j'ai l'impression qu'il a quitté l'appartement pour un moment, lança-t-elle de la cuisine.

N'ayant pas de réponse, elle revint dans le salon et trouva Jack tenant la boite, des larmes coulant le long de ses joues.

– Mon Dieu, Jack, que s'est-il passé ? Pourquoi est-il parti ? Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en ouvrant le coffret.

En voyant l'alliance, elle eut de la peine pour son Capitaine. Ianto lui avait rendu sa bague. Jack ne comprenait pas, il ne lui semblait pourtant pas avoir fait quelque chose qui aurait pu blesser Ianto. Il se sentait vide et abandonné. Devant sa détresse, Tosh le prit dans ses bras et lui murmura des mots de réconfort.

– Viens, dit-elle doucement, on va rentrer au Hub et voir si je peux trouver quelque chose. Il n'y a pas de raison pour qu'il ait totalement disparu. Je vais interroger la gare et l'aéroport, ensuite on verra ce qu'il convient de faire.

Le Capitaine mit la boite dans sa poche et se laissa conduire. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la base, Owen et Drystan les dévisagèrent, l'un cherchant à comprendre pourquoi Jack semblait effondré, et l'autre, un sourire aux lèvres. Le Gallois était parti, il avait gagné !

À suivre…