Disclaimer : J.K.Rowling Tout ; Moi Rien

Bêta : Aucune ! Provisoirement Leilia, à qui je dédicace ce chapitre parce qu'elle m'a vraiment beaucoup aidé!

Embauche : Je cherche une bêta ! Si ça intéresse quelqu'un, ce serait très gentil de sa part de me prévenir –fait bisous déjà à l'avance- Je ferais de mon mieux pour laisser aussi peu de fautes que possible. –sourire-

Warning : Toujours slash, bien évidemment et puis quelques scènes de tortures plus ou moins détaillées…. Cette histoire est en rating M, c'est pas pour rien ! Même si les lemons devront attendre encore un peu, nihihihi !

A/N : Voici donc un chapitre un peu plus mouvementé et plus long aussi! Les choses commencent à bouger, les camps à être choisis.

Je dois dire que quelques uns d'entre vous ont été vraiment inspirés pour des scènes de tortures. Voici quelques exemples (mes préférés –mdr-) tirés de leurs esprit pervertis (c'est un compliment !)

- l'obliger à baiser trois gros thon hideux et ensuite leurs arracher les poils de la foufe avec les dents...

- faire des guillis dos et cheveux, ensuite arrêter d'un coup, et l'autre supplie de recommencer et non ... c'est fini ! NON! lol.

- arracher les ongles des pieds et lui faire sentir les odeurs nauséabondes qui s'en échappent

-écouter en boucle tous les albums de David Charvet, Lorie et les L5 (c'est insoutenable)

-tous les épisodes des bisounours et de candy (c'est pire)

et must du must: privation de fic à vie! (harghh je meurs)

LOL! J'adore trop! –se roule parterre en pissant de rire- Franchement, trop bien! Mais bon, assez déliré maintenant, revenons en aux choses sérieuses! –essuie larmes et prend air sérieux-

Enjoy…


Curieux, il s'apprêta à lire la première partie. C'est alors qu'un gémissement le tira de sa lecture et relevant les yeux, il vit Harry gémir et se tortiller dans son sommeil. Il se leva et s'approcha quelque peu du brun, le détaillant avec curiosité et c'est alors qu'il vit avec horreur Harry tenter de s'arracher les yeux avec ses ongles.

Chapter IX

Breakout

Noirceur, obscurité, ténèbres. Le néant. Nébulosité opaque, suffocante. Harry lâcha un souffle tremblant. Encore une vision... Il ne tenta pas de se débattre, sachant pertinemment que ce serait en vain. Alors il attendit. Il attendit que la désormais familière lueur l'enrobe et le mène là où il devait aller et pendant cette attente il tenta désespérément de ne pas penser à ce qu'il allait y voir.

Et elle arriva, après ce qui lui sembla une éternité. Se faufilant au travers des ténèbres tel un serpent luminescent, ondulant de ses jolis reflets vert dorés, elle se dirigea vers lui, inexorablement, jusqu'à ce qu'il se fasse immerger. Sa cicatrice picota légèrement, comme à chaque fois et il se mit à marcher, suivant le sentier étincelant et pourtant terne jusqu'à sa source.

Quelque chose était différent. Normalement les images apparaissaient subitement autour de lui, se forçant un passage dans son esprit pour disparaître aussitôt. Mais là, il n'y avait rien. Rien à part l'épaisse et pourtant inconsistante brume qui l'entourait.

Alors il marchait, se dirigeant vers ce qu'il savait être l'esprit de Voldemort, la fin de ce sentier, de leur lien. Et même le fait qu'il pouvait se déplacer par lui même ne l'étonna pas. Tout cela était sûrement lié à la proximité du sombre seigneur dans la réalité. Le lien ne s'en trouvait que plus renforcé.

Alors qu'il avançait, il observa le jeu de lumière autour de lui. C'était fascinant, complexe et insaisissable, beau et laid à la fois et plus il avançait, plus la brume semblait se concrétiser, formant peu à peu des pierres, puis des murs.

Curieux, Harry observa tout cela, en oubliant presque où il était. Mais lorsqu'il regarda de nouveau vers l'avant, il se rendit compte qu'il se trouvait à présent dans une pièce, assis derrière un lourd bureau de bois sombre, couvert de livres et de parchemins.

L'un d'entre eux attira son attention. Il semblait représenter une carte et si Harry ne se trompait, le dessin à droite représentait Hogwarts. Il parcouru le parchemin des yeux. Oui c'était ça, c'était bien Hogwarts et à coté la forêt interdite. Il y avait moult petites inscriptions à différents endroits de la forêt et Harry eut un mauvais pressentiment. Cela ressemblait étrangement à un plan de bataille. Il frissonna. Si Voldemort comptait attaquer Hogwarts il fallait absolument qu'il sorte d'ici et qu'il aille prévenir Dumbledore. Son estomac se noua et il réfléchit à toute vitesse, parcourant la carte des yeux. Un petit bâtiment tout à gauche attira son attention. Est-ce qu'il se pouvait que ce soit l'endroit où ils se trouvaient ?

Un bruit le tira subitement de ses pensées. Avec un dernier regard sur la carte il tenta de la mémoriser aussi bien qu'il le put, puis il laissa errer son regard dans la salle et ce qu'il vit le ramena brutalement à la réalité.

Il sentit son estomac se révulser et pris d'un haut-le-cœur il tenta de se retourner, la main plaquée sur la bouche. Mais il était incapable de tout mouvement, ancré à cette chaise, derrière ce bureau, les yeux rivés sur ce spectacle morbide qui se déroulait devant lui, incapable de détourner son regard. Et c'est là qu'il comprit.

Il était lui. Non, il était en lui, son corps lui donnant fenêtre ouverte sur cette pièce et ce qui si passait. Il était coincé dans son esprit et ne pouvait se détourner de ce que lui voyait et se rendant compte de cela, il sentit une vague de plaisir obscène parcourir son corps, alors que lui n'avait qu'une envie, fermer les yeux et ne jamais avoir à revoir ça.

Mais c'était trop demandé. Sans qu'il ne puisse rien y faire, ses yeux restaient rivés sur cette comédie morbide, glaçant le sang dans ses veines, se gravant à jamais dans sa mémoire.

La pièce n'était pas bien grande et le nombre de personnes présentes, les murs sombres et la quantité de sang la faisait paraître encore plus petite qu'elle ne l'était déjà. Surtout le sang. Il y en avait partout, recouvrant le sol, les murs, les occupants, s'écoulant entre les interstices des dalles.

Un hurlement de femme le fit sursauter et comme hypnotisé, son regard se tourna vers la gauche. Environ cinq hommes se tenaient là, autour d'une femme enchaînée au mur du cachot, les pieds à une dizaine de centimètres du sol. Ils encourageaient leur compagnon à la prendre plus violemment, la faire crier.

Mais la femme s'affaiblissait à vue d'oeil, la chair de ses poignets à vif et infectée témoignant de la durée de son calvaire. Bientôt, elle ne laissa plus qu'échapper de faibles gémissements. C'est alors qu'Harry remarqua qu'elle avait les épaules déboîtées et que les hommes en noir n'hésitaient pas à s'accrocher à elle, ajoutant ainsi leur propre poids au sien.

Lorsque ce fut le tour au prochain et qu'elle ne donna plus signe de vie, Voldemort sembla se lasser du spectacle et détourna les yeux. Harry du faire de même, l'estomac noué d'appréhension. Et ce qu'il vit était bien plus répulsif.

Aux premiers abords, il ne put distinguer grand-chose, un homme à la stature imposante cachant la victime à ses yeux. Mais à en juger par les cris étranglés et inarticulés qu'elle émettait, ce que le tortionnaire lui faisait subir devait être insupportable et Harry pria qu'il ne se pousse pas, qu'il ne lui offre pas la vue de ce spectacle.

Mais c'était trop demandé. Comme si il avait lu ses pensées, le tortionnaire fit un pas de coté et Harry vit. Il vit un jeune homme, à peine plus vieux que lui, attacher sur une table de travail grotesque, couverte de sang et d'outils morbides. Et il vit que cet homme n'avait plus de doigts, sa main droite pas plus qu'un tas de chairs informes et estropiées. Lorsque malgré lui son regard se posa sur sa main gauche, il réprima un haut le cœur.

Le tortionnaire s'acharnait sur lui, sectionnant lentement les doigts restant et lorsque le jeune homme hurla, Harry hurla aussi.

Une vague d'intense plaisir parcourut le corps de Voldemort. Il se délectait à la vue de tant de souffrance et de perversion et lorsqu'il détourna son regard, Harry fut forcé de faire de même.

Il ne sut combien de temps cella dura, combien de gens il vit mourir, souffrir. Il ne comptait plus les ongles arrachés à la pince, les yeux crevés, l'huile bouillante, les clous, les membres amputés, les personnes éventrées alors qu'un sort quelconque les empêchait de mourir.

Tout ceci n'était pour lui plus qu'un fleuve de cris et de sang et il suppliait inlassablement que cela cesse, qu'il puisse enfin se réveiller.

Ce fût une voix familière qui le tira subitement de son état léthargique. Ses yeux s'agrandirent d'horreur et son estomac se noua. Non, s'il vous plait, faites que ce ne soit pas elle… S'il vous plaît…

« Lâchez moi… Je vous en prie, ne me faites pas de mal. S'il vous plait... »

C'etait bien elle.

Cho.

Hoquetant, suppliant, pleurant. Complètement terrifiée. Deux hommes en noir la maintenait fermement part les épaules et la tirait face à Voldemort, alors qu'elle n'était pas plus qu'un tas misérable et tremblant.

« Tiens, tiens, tiens. Mais si ce n'est pas Chang, la petite amie de Potter. Que nous vaut cet honneur ? » La voix de Voldemort résonna sinistrement à travers les cachots, alors qu'elle se mélangeait aux cris des torturés, sans pour autant si noyer.

« Je… Je vous en supplie. Je n'ai rien fait. Mon père travaille au ministère. Je pourrais vous être utile… M… Mais je vous en prie, ne me faites pas de mal. » bégaya t-elle, les yeux emplie de larmes.

Harry sentit ses traits, non, ceux de Voldemort, s'étirer en un sourire mauvais.

« Mais tu ne me serrais d'aucune utilité, petite sotte. » susurra t-il d'une voix suave. « Si je t'ai fait mener jusqu'à moi, c'est parce que tu est la seule personne jusqu'à présent à avoir poser tes mains sur Harry Potter. Et cela de manière intime. Et je suis sûr que tu sais que cela comporte une très forte magie. La personne à avoir pris sa virginité… » Il sourit alors que les yeux d'Harry et Cho s'agrandirent d'horreur à l'unisson. « Vraiment, quels pouvoirs vais-je sortir de toi ? » Il fit un signe de la tête et les deux hommes la portèrent jusqu'à une table inoccupée.

« Sais tu, petite sotte, que c'est le cœur qui contient cette magie ? Non. Tu ne le savais sans doute pas. Mais qu'importe. Sache seulement que tu serras la première sorcière à être sacrifié à la gloire d'un dieu et selon les rites aztèques. » Cho cessa un instant de se débattre, regardant le Lord noir d'un air complètement paniqué.

« Mais… mais… non ! Lâchez moi ! Je vous en prie ! Je n'ai rien fait ! Je n'ai jamais eu de rapports sexuels avec Harry, je le jure ! Pitié, laissez moi partir… » supplia t-elle, ses mots entrecoupés de sanglots.

« Pas de rapports sexuels ? J'ai pourtant quelqu'un qui m'affirme que c'est le cas. Une certaine Padma Patil. Il me semble que vous me connaissez. » Les yeux de Cho s'agrandirent d'horreur. C'était vrai qu'elle avait frimé en faisant croire qu'elle avait été la première fois du survivant. Mais c'était un mensonge.

« Ce… C'était un mensonge… je vous jure que je n'ai jamais toucher Harry ! Ne me faites pas de mal, je veux pas vous aider. Je veux pas vous aider à le nuire… » »

« Voyons, quoi que tu fasses, Potter est déjà condamné. Je le tien en mon pouvoir. Ce qui m'intéresse, c'est de récupérer la magie virginale en ton sein. Elle m'appartient. » Prononçant ces mots, il s'avança vers la jeune fille tremblante et hystérique, qui commençait à crier frénétiquement.

Face à elle il lui arracha ses vêtements, la laissant se débattre à moitié nue, appréciant grandement ces efforts désespérés. Puis il se saisit une dague en argent noir qu'un de ses serviteurs lui tendait et avec une lenteur agonisante il coupa un cercle sanguinolent dans la chair et les os autour du cœur de Cho, avant de plonger ses longs doigts pâles dans la plaie béante pour en ressortir le cœur de la Ravenclaw.

La jeune fille se serait évanouie à l'instant même ou Voldemort avait commencé à inciser ses chairs, mais il lui avait jeté un sort pour empêcher cela. Elle était obligé de supporter la douleur des ses chairs arrachées et la vue de son cœur pulsant dans la main du Lord noir.

Voldemort sourit mauvaisement et commença à psalmodier une incantation dans une langue que le brun ne connaissait pas. De toute façon il était bien trop occupé à essayer d'ignorer les cris étranglés de la jeune asiatique, alors que son corps à présent sans aucune utilité avait été négligemment laissé choir au sol.

Elle crispait désespérément ses mains autour de la blessure dans sa poitrine, son corps agité de soubresauts. Bientôt ses cris ne furent plus qu'un râle d'agonie et en un dernier sursaut, son corps tomba au sol, sans vie.

Harry était fou de rage et de douleur, mais rien n'y faisait. Ses yeux restaient rivés sur ce cœur palpitant et il pouvait sentir l'excitation du sombre seigneur.

Puis l'incantation s'arrêta. Voldemort fit éclater le cœur de sa victime dans la paume de sa main et Harry vit quelques fils de magie s'élever et pénétrer sa peau. Puis le cœur s'enflamma et tomba en cendres.

Une vague de colère parcourut le corps de Voldemort avant que celui-ci ne laisse échapper un hurlement de rage.

« Sale petite garce ! Elle m'a menti ! Il n'y aucune magie virginale dans cette ordure, cette catin n'a jamais posé ses mains sur le survivant ! »

Furieux, il serra le poing et se tourna vers l'un des hommes en noir, qui tressaillit. « Amène moi la fille. »

L'homme fit une révérence et parti en direction de la porte, hors du champ de vue de Harry.

Il revint quelques instants après, traînant une Padma Patil terrifié derrière lui.

Voldemort posa son regard haineux sur elle. « Peux tu m'expliquer pourquoi il n'y à aucune trace de magie virginale en elle ? » demanda t-il, la voix sifflante, alors qu'il désigna le corps sans vie à ses pieds.

Les yeux de Padma s'agrandirent d'horreur et elle commença à bégayer. « Maître…je… je ne sais pas. Elle ma dit qu'elle avait été la première fois de Potter, je vous le jure ! »

Elle se jeta aux pieds du Lord noir et agrippa ses robes d'un air désespéré. Voldemort lui jeta un regard emplit de dégoût et pointa lentement sa baguette sur la jeune fille.

« Voilà ce que méritent ceux qui osent mentir à leur maître. Cruccio. » Le corps de la Ravenclaw fut jeter en arrière, alors que chaque muscle, chaque tendon semblait se tordre douloureusement, au delà du supportable.

La jeune fille hurla en se tordant au sol et Harry hurla aussi. Il porta ses mains à ses yeux, près à tout pour ne plus avoir à supporter ce spectacle.

Tout, tout sauf ça.

oOMOo

Draco, que les gémissements de sa Némésis avaient tiré de sa lecture, s'approcha doucement de celle ci. Il n'avait pas oublié l'épisode qui s'était déroulé juste avant, l'accès de rage du Gryffindor, et il lui en voulait.

Alors en voyant le tas misérable que formait le survivant, secoué de sanglots, gémissant des bribes de phrases incompréhensibles, deux pensées traversèrent simultanément son esprit. Devait il le réveiller pour lui rire au nez ou plutôt le laisser comme ça et admirer le spectacle ?

Il considérait ces deux options, quand une troisième traversa son esprit, nettement moins malveillante. La pensée indésirable fut accompagné par une sensation plus si inaccoutumé que ça: de l'anxiété.

Draco mit quelques instants à réaliser ce qu'il était en train de penser et fut immédiatement consterné et horrifié par la traîtrise de son propre esprit. Après la prise de tête précédente il aurait du lui en vouloir, pas s'inquiéter.

Il mordit sa lèvre inférieure, tentant d'annihiler cet effet secondaire de son obsession, mais en vain, comme trop souvent ces deux derniers jours.

Ceci n'était pas Harry Potter. Du moins pas le Harry Potter que Draco connaissait. C'était une personne qu'il ne connaissait pas, qu'il n'avait jamais rencontrée. Pas le héro, pas le bâtard de Gryffindor. Non, c'était une vraie personne, de vraies larmes et Draco ne savait que penser.

Finalement, il l'avait la preuve que le balafré était misérable. Il aurait du être satisfait, se réjouir de son malheur, mais il ne pouvait pas.

Il avait toujours cru que le brun avait tout ce qu'il désirait : célébrité, amis, réussite. C'était simple de haïr Potter quand il semblait que celui ci possédait tout. Mais là, c'était différent.

Où était passé le bâtard increvable, si gâté et sûr de soi ? Où était le rival insupportable que Draco avait tourmenté en classe, affronté en face de l'école et combattu sur le terrain de Quidditch ? Où était Potter ?

C'est là qu'il réalisa que Potter n'était qu'un nom, tout comme Malfoy. Un nom auquel on associait bien trop de choses. Un nom où le principal concerné n'avait pas son mot à dire. Un masque…

Il n'eut pas le temps de s'interroger plus avant, les pleurs du brun se transformant en cris, le faisant sursauter. Son attention à nouveau rivée sur sa Némésis, il vit avec horreur Harry porter ses mains à son visage, se griffant la chair, y laissant des traînées rougeâtres.

Le blond resta interloqué, abasourdit par le spectacle qui se jouait sous ses yeux. Mais lorsque les coups de griffes du survivant se ciblèrent autour de ses yeux, alors qu'il hurlait et suppliait, il émergea de son inertie.

« Merde, mais qu'est ce qu'il fout ! »

Se précipitant sur la forme frémissante il se saisit de ses deux poignets et tenta d'éloigner ses mains de son visage. Mais Potter se débattait comme un forcené, se tordant dans tout les sens en donnant des coups de pieds et de poings, mordant ce qu'il parvenait à saisir et Draco commençait sérieusement à paniquer. Après s'être prit plusieurs coups dans la figure, il ne put autrement que de le serrer contre lui, l'immobilisant de son corps, lui chuchotant des paroles apaisantes dans l'oreille.

Lentement le brun se calma, son corps par moment toujours agité de soubresauts et Draco soupira de soulagement. Il regarda la forme frêle dans ses bras et devint pensif. Qu'est ce que le brun avait bien pu voir pour se mettre dans cet état ? Il ne l'avait jamais vu si faible, si craintif. Inconsciemment il resserra quelque peu son étreinte autour du survivant. Il soupira, avant de le relâcher, s'apprêtant à se relever.

Mais dès qu'il desserrait sa prise, le brun recommençait à s'agiter, le suppliant de rester, de ne pas le laisser. Si il savait qui le tient dans ses bras il ne me supplierait sûrement pas de continuer, pensa Draco, amer. Repoussant le brun un peu plus brusquement que voulu, il se releva.

Immédiatement, le jeune garçon recommença à s'agiter. Draco tenta de l'ignorer, mais lorsqu'il vit le brun de nouveau porter ses mains à ses yeux, il se précipita sur lui et le secoua violemment.

« Bordel Potter ! Tu vas arrêter ! Qu'est ce qui t'arrive ? » lui hurla t-il, le secouant comme un prunier. Il commençait sérieusement à paniquer et le brun ne voulait tout simplement pas se réveiller. Désespéré, il le secoua de plus belle, doutant sérieusement que cela le mène quelque part. Lentement ses gestes se firent plus mou et il ferma les yeux, furieux contre lui-même, contre son manque d'utilité.

Puis, soudainement, le brun se redressa en sursaut, les yeux grand ouverts, aspirant avidement de grande goulues d'air. Draco sursauta quelque peu, surpris par le réveil inattendu du brun, mais il se ressaisit bien vite, réaffirma sa prise sur les épaules du survivant et le força à lui faire face. Mais l'expression hantée de ses yeux le stoppa dans son élan. Ils avaient l'air morts, éteints et voilés, comme si ils avaient vu beaucoup trop d'horreurs, des horreurs qu'un jeune homme de seize ans ne devrait pas avoir à voir.

Le Gryffindor ne sembla pas le remarquer, comme si il était toujours plongé dans ses cauchemars et doucement Draco lui effleura la joue.

« Potter, je peux faire quelque chose.. ? » lui demanda t-il, anxieux. A ces mots le brun sursauta, se rendant soudainement compte de la présence de l'autre garçon. Il braqua ses yeux ternes sur le blond et celui-ci vit qu'ils retrouvaient peu à peu de l'éclat, comme si les paroles qu'il avait prononcées commençaient lentement à le faire émerger de son rêve.

« Si tu peux faire quelque chose ? » souffla t-il, quelques temps après. « Bien sûr que tu peux faire quelque chose. Sors moi d'ici. » Sa voix était posée, calme et son regard n'arborait aucune colère. Il était las, terriblement las, et sérieux aussi, trop sérieux pour quelqu'un d'aussi jeune. Il le fixait de ce regard inhabituel et Draco su que cette fois ci, c'était lui qui arborait un regard hanté.

Il recula quelque peu, ses yeux rivés à ceux du brun.

« Je…Je peux pas… » murmura t-il, affolé. Immédiatement, la colère revint dans ces orbes vert émeraude, mélange de haine et fureur et Harry le fusilla du regard. « Mais bordel, Malfoy ! Bien sûr que tu peux ! » hurla t-il. « Pourquoi ! Pourquoi tu t'accroches tant à ça ? Tu vois bien de quoi il en retourne ici... » Sa voix se brisa et Draco cru pendant quelques instants qu'il allait recommencer à sangloter. Mais le survivant continua, reprenant d'une voix plus calme.

« Voldemort n'en a rien à faire de ses serviteurs. Tout ce qu'il veut c'est leur peur. Et il y parvient. Ses serviteurs ont autant peur de lui que ses ennemis et c'est ainsi qu'il les contrôle. Ton père ne fait pas exception Malfoy. Il n'hésiterait pas à te sacrifier si son maître le lui demandait… »

« TA GUEULE ! TA GUEULE POTTER ! » hurla le blond, se relevant en serrant les poings. « Tu n'en sais rien. Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Jamais mon père ne ferait ça ! »

Harry se releva à son tour, la voix toujours terriblement calme. « Bien sûr qu'il le ferait et tu le sais aussi bien que moi. Pour vous, la famille n'a aucune importance. Tout ce qui compte c'est l'honneur de votre nom. » Draco secoua la tête, les yeux écarquillés. Harry s'approcha davantage, la voix dangereusement basse. « Sirius Black en est le parfait exemple. Ne l'avez-vous pas banni, tout ça parce que ses idéaux ne correspondaient pas aux vôtres ? »

« C'était un traître. » répondit vaguement Draco. Mais au fond il savait que Potter avait raison. L'honneur du nom familial devait être protégé au delà de chaque individu. Voila comment les choses fonctionnaient et ce depuis des générations. Mais la façon dont Potter l'avait décrit, le concept entier avait pris une toute autre dimension dans son esprit.

« Il avait ses propres idées, Malfoy. Le problème le plus important étant qu'actuellement il se souciait des autres. Cela a fait de lui un inconvénient, une ignominie. Et sa propre famille l'a rayé de l'arbre généalogique. Est-ce ainsi que ça marche chez des gens comme vous, Malfoy ? Déshériter vos proches le moment où ils deviennent inconvénients ? »

« Tu ne sais rien de ce que c'est que de préserver l'honneur d'une lignée Potter. Il y a des gens qui ne méritent pas de porter leur nom, qui n'ont pas su être à la hauteur. Moi je l'ai été. Ma famille l'a été. Un nom peut être tel un fardeau. »

Harry renâcla. « Alors comme ça tous ceux qui ne sont pas un modèle parfait de pur sangs, haïsseurs de moldus, adorateurs de Voldemort et Slytherins ne valent rien ? »

« Tu n'es vraiment qu'un satané Gryffindor ! Chevaleresque, près à sauver tout le monde ! » Draco lâcha un rire méprisant. Le Gryffindor avait bien trop d'arguments à son goût et le sourire mauvais qui étira à présent ses lèvres ne lui dit rien qui vaille.

« Ohhh, et je suppose que c'est quelque chose de Slytherin alors de ne pas s'inquiéter des autres ? » Harry était juste en face du blond et riva son regard au sien.

« Tu n'y comprends rien. » répondit sèchement Draco. « Tu es un Gryffindor. Je n'en attendais pas plus de toi. »

« J'ai failli ne pas l'être. » souffla le brun.

« Pardon ? »

« Un Gryffindor. J'ai failli ne pas l'être. »

Draco le dévisagea d'un air ahuri. « Potter, tu ne va pas me dire ce que je crois que tu vas me dire. »

Harry secoua la tête. Il avait presque l'air honteux de lui-même. « Tu as d'immenses qualités, sais-tu? Je le vois dans ta tête et Slytherin t'aiderait singulièrement sur le chemin de la grandeur, ça ne fait aucun doute. »

Draco n'en croyais pas ses oreilles. Potter ? A Slytherin ? « Pourquoi diable es tu allé à Gryffindor alors ! »

« J'ai demandé à ne pas être mit à Slytherin. »

« Quoi ! » s'exclama Draco, abasourdit. « Pourquoi ne voulais tu pas aller a Slytherin ? »

Harry serra ses bras autour de lui et regarda dans le vague. « Il y avait deux raisons, je pense. Premièrement, j'ai entendu dire que tous les sorciers étant devenus des mages noirs étaient allés à Slytherin. Et puis deuxièmement, » il regarda Draco d'un air impénétrable, « tu avais déjà était choisi pour cette maison. »

Draco ouvrit la bouche à plusieurs reprises, mais aucun son ne franchit ses lèvres. A nouveau le brun venait de lui avouer quelque chose à quoi il ne s'attendait pas du tout, bouleversant complètement son état d'esprit. Potter à Slytherin ? A cause de cette révélation il devait à présent reconnaître quelque chose qu'il n'aurait jamais prononcé à haute voix : Potter était son égal. Et ceci entraîna de nouveau un sentiment qu'il ressentait bien trop souvent ces derniers jours : du respect.

Puis la deuxième partie de ce que le brun vint de lui dire s'insinua inconfortablement dans ses pensées. Il l'avait poussé à haïr la maison des Slytherins avant même qu'il ne soit reparti et… ça le dérangeait. Etait il vraiment si offensif que ça ?

« Tu me connaissais à peine que tu avais déjà décidé de me haïr. N'est ce pas un peu précipité comme jugement ? », demanda t-il négligemment.

Harry le regarda d'un œil dubitatif. « La première fois que je t'ai rencontré, tout ce que tu as fais c'était des remarques déplacées sur Hagrid et sur les moldus. Tu t'es pavané devant moi. Comme quoi que tu allais intégrer l'équipe de Quidditch et puis tu m'as demandé quel était mon nom, comme si cela répondait à tout ce qu'il y avait à savoir sur moi. »

Draco se mordit la lèvre. Dit comme ça c'est sur qu'il semblait y avoir de bonnes raisons. Il détourna quelque peu son regard, mal à l'aise.

Le silence qui s'en suivit était comme une admission non prononcée de quelque chose qu'ils avaient toujours su. Depuis le tout début ils s'étaient choisis comme rivaux. Personne ne pouvait mettre Draco hors de lui tel que le faisait Harry, et personne ne

faisait enrager Harry comme y parvenait Draco. C'était comme ça depuis le début, leur rivalité comme un miroir entre eux, agissant tel un constant, presque tangible compagnon.

Et Draco réalisa qu'il allait perdre tout ça. Que ça allait lui manquer, comme si une partie de lui-même disparaissait en même temps. Cela faisait si longtemps déjà que leur relation durait qu'à cette pensée un étau se resserra dans sa poitrine et il eut du mal à respirer. Il allait perdre cette compagnie. Harry allait mourir aux mains du sombre seigneur et tout ça part sa faute.

Combien de gens mourraient après ça ?

Combien de ses amis ?

Il tenta de s'imaginer quel serait son avenir une fois le survivant mort, mais tout ce qu'il vit n'était que néant, destruction et ténèbres. Il n'y avait aucun futur sous le règne du sombre seigneur.

Et avant même d'y réfléchir à deux fois, les mots quittèrent sa bouche. « D'accord. »

Harry le regarda d'un air incompréhensif. « D'accord quoi ? »

« Je vais te sortir d'ici. » Nous sortir d'ici, ajouta t-il silencieusement

Harry le regarda complètement médusé. Une énorme lueur d'espoir commença à se propager en lui, faisant palpiter son cœur. Il avait l'impression qu'un millier de papillons venaient de se déverser dans son ventre, battant furieusement des ailes.

Mais il se refréna, refusant d'y croire.

Pas encore.

Sûrement Malfoy se jouait encore de lui pour mieux l'anéantir ensuite.

Son cœur se resserra quelque peu et il plissa les yeux. « Laisse tomber Malfoy, t'es bien trop lâche pour faire ça. », lâcha t-il finalement, alors même que l'étincelle d'espoir s'éteignait dans ses yeux.

Draco sembla s'assombrir. « Un Malfoy n'est pas lâche. Il est prudent. La prudence n'enlève en rien le courage. » Harry ferma les yeux. Il avait tellement, tellement envie d'y croire. Mais comme venait de le dire le blond, la prudence était un luxe qu'il devait s'offrir. Il ne voulait pas d'espoir si c'était pour qu'il soit brisé avant même d'avoir existé.

« Même si c'était le cas, tu en serrais incapable. Trahir ton père, ton futur maître ? Tu sais que ce qui t'attend sera loin d'être le paradis.»

Draco sembla à présent lancer des étincelles. « Tu vas voir si j'en suis incapable. » siffla t-il. « J'ai quand même été le deuxième de notre promotion pour les BUSEs. Et si ce n'était pas à cause de la sang de Bourbe et ses tricheries j'aurais été premier. » Il dévisagea le brun de haut, les bras croisées sur sa poitrine.

C'était mieux. Voila un terrain qu'il connaissait. Où il maîtrisait les règles. Cela avait toujours été ainsi.

Sa décision était prise. Il allait montrer à cet imbécile qu'il était capable de les sortir de là. De tous les sortir de là. Au moins le brun penserait que c'était par orgueil. Il ne voulait pas qu'il sache à quel point ses paroles l'avaient bouleversées...

Se raclant la gorge il détourna son regard des yeux émeraudes qui à présent irradiaient d'espoir. Ce regard le mettait mal à l'aise, lui donnant des sensations étranges dans la poitrine.

« Kanye ! » appela t-il d'une voix ferme, heureux de pouvoir se concentrer sur quelque chose d'autre que ce regard perturbant.

Mais contrairement à ce qu'il avait espéré, Harry s'approcha de lui, les yeux rivés sur son visage. Draco déglutit péniblement et il vit le brun lever doucement sa main, lui effleurant les lèvres du bout des doigts, les sourcils légèrement froncés. Draco frissonna à ce toucher.

« Comment tu t'es fais ça ? » murmura le brun, ses doigts remontant le long de sa joue pour se poser délicatement sur sa pommette.

Draco passa sa langue sur ses lèvres et y perçu un goût de sang. « C'est toi qui m'a fais ça. », répondit-il. Les yeux du brun s'agrandirent légèrement. « Moi ? Mais comment ?»

« Quand tu dormais. Je sais pas ce que t'as rêvé, mais tu as tenté de t'arracher les yeux. C'est un spectacle qu'il ne me plaît pas trop de voir, même si c'est toi. Quand j'ai essayé de t'arrêter tu t'es débattu, c'est tout. J'ai du prendre quelques coups… » Il détourna son regard, quelque peu honteux de sa réaction face à l'état du brun quelque temps auparavant.

Harry s'apprêta à dire quelque chose mais c'est ce moment là que choisit Kanye pour apparaître.

« Draco Malfoy Sir désire quelque chose ? » s'empressa de demander la créature, souriant bêtement. Le blond sentit le Gryffindor retirer sa main de son visage et soupira. Il n'avait pas l'habitude de contacts charnels. Ils lui laissaient toujours une sensation étrange.

Draco chassa le souvenir de cet effleurement rapidement. Même avec sa famille le contact physique était limité et impersonnel. La proximité ne faisait tout simplement pas partie de sa vie.

Mais qui aurait cru qu'un contact tellement bref, avec une personne qu'il s'était juré d'haïr, créerait une brèche dans ces barricades qu'il avait érigées tout autour de cette partie en lui qui nécessitait chaleur, contact et émotions humaines ?

Secouant légèrement la tête il se tourna vers Kanye, attendant toujours sa requête. « Mr. Potter et moi-même partons ce soir. Je veux que tu me prépares des affaires. »

Les yeux de l'elfe s'agrandirent d'horreur. « Mais… Mais Sir, vous ne pouvez pas… Que dira votre père ? Et le grand maître ? » Sa voix se fit un chuchotement et il laissa errer son regard alentour, visiblement terrifié. Doucement, sur un ton de conspiration, il reprit. « Vous savez Sir, le grand maître est mauvais. Mauvais, mauvais, mauvais, mauvais. Ohhh, si il savait, il ne vous laisserait jamais partir ! Jamais, jamais, jamais, jamais… »

Draco s'empressa de l'interrompre. « C'est pour ça que j'ai besoin de ton aide. Il faut que tu ailles au manoir, me chercher de quoi manger pour survivre quelques semaines et des vêtements de rechange. Mais fait vite, nous devons partir avant la tombée de la nuit. »

L'elfe semblait loin d'être convaincue. « Mais, mais… »

« Ecoute Kanye, tu n'as rien à craindre. Une fois mes affaires ici je te libèrerais et tu pourra te rendre a Hogwarts. Tu seras sûr là bas. »

La créature regarda quelques instants son jeune maître et lu la détermination dans son regard argenté. Vaincue, elle hocha la tête et disparut.

Harry, lui, n'avait écouté que d'une oreille, toujours confus. Il regardait le jeune homme blond à coté de lui, la lèvre fendue et la pommette légèrement bleutée, rapetissant les livres sur le banc avant de les enfouir dans ses poches. Il l'avait aidé ? Draco Malfoy l'avait aidé ? Mais pourquoi? Il l'aurait plutôt imaginé à être du genre de se demander si il devait le réveiller pour lui rire au nez ou le laisser dormir et admirer le spectacle.

Il observa le blond quelques instants encore, avant qu'un léger sourire ne s'insinue sur ses lèvres. Draco Malfoy l'avait aidé au péril de sa beauté ! Ron n'en croirait jamais ses oreilles ! Il en aurait rit si la situation n'avait pas était si délicate. Immédiatement son regard se durcit. Draco Malfoy allait l'aider au péril de sa vie. Harry ne savait pas pourquoi, mais savoir le blond en danger par sa faute le mettait mal à l'aise. Il n'aurait jamais cru que sa Némésis déciderait de tout laisser tomber, sa famille, son honneur et son avenir. Tout ça pour lui… Non, pas pour lui ! Pour toute la communauté sorcière. Il devait pourtant savoir que même malgré cela on ne l'accueillerait pas à bras ouverts…

Harry soupira. Il lui était reconnaissant pour tout ça, mais il ne savait pas comment le lui dire. Après tout, il n'avait jamais dit merci à Malfoy. Se balançant inconfortablement d'un pied à l'autre en se tortillant les mains, il assembla tout son courage.

« Malfoy, je… » L'interpellé se tourna vers lui, l'air interrogatif. Harry rougit légèrement et détourna son regard. « Je voulais te dire merci… » souffla t-il finalement.

Draco le dévisagea quelques instants, avant de répondre d'une voix calme. « Les mots ne servent à rien Potter, les valeurs d'un homme se mesurent par ses actes. »

Entendant cela, le brun redressa la tête, ancrant son regard à celui du Slytherin. Puis il sourit, reconnaissant ses propres paroles. Etonnamment, le blond lui rendit son sourire, avant de se ressaisir et de se tourner prestement vers le banc, les joues légèrement enflammées.

Harry le regarda quelques instants encore, ne pouvant s'empêcher de le trouver mignon lorsqu'il perdait ses moyens.

Mignon ! Il n'avait sûrement pas pensé ça! Bouffon oui, c'était sûrement le mot qu'il cherchait.

Se raclant la gorge il tenta de détendre l'atmosphère. « Sais tu au moins comment sortir d'ici ? » demanda t-il casuellement.

« Non. »

Harry faillit s'étouffer. « Pardon ? »

« Non, Potter, je n'ai pas la moindre idée de comment sortir d'ici. »

Harry le regarda complètement abasourdit et bégaya. « Mais… Mais… Mais ça va pas non ? T'as cru qu'on était au cirque où quoi ! Tu crois que parce que Monsieur Malfoy a décidé qu'on allait sortir de là, hop, c'est fait ? Il y a probablement des dizaine de gardes la dehors et pis jte parle même pas du nombre de sorts de protection et… »

« Potter. Potter ! J'ai compris, c'est bon ! Tu me prends pour un imbécile où quoi ? », l'interrompit Draco, agacé. « Ce bâtiment date environ du XIIIème siècle. A cette époque tous les sorciers avaient des passages secrets partant des cachots et menant vers l'extérieur. »

Harry le détaille d'un air dubitatif. « Et d'où monsieur sait tout ça ? Monsieur est historien maintenant ? Et pis qui te dis que c'est bien des sorciers qui ont construit cet endroit ? »

Draco le regarda, exaspéré. « Potter, t'es bête où tu le fais exprès ? Tout le monde sait que c'est au XIIIème siècle qu'a commencé l'inquisition médiévale. Tous les sorciers, en plus des sorts de protection et d'antidétection entourant leur demeure, avaient des passages secrets, en cas d'une fuite impromptue. De plus, l'église n'était pas leur seul ennemi, ces passages ont donc toujours eu leur utilité. D'où le fait que je pense qu'il y en a au moins un ici encore plus au moins entretenu. Et pour ce qui est de l'âge de cette bâtisse, il suffit de regarder l'assemblage des pierres et la construction des cachots. »

Harry le regarda bouche bée, alors que Draco poursuivait sa litanie. « Et pour ce qui est du fait que ce soient des sorciers qui aient construits cet endroit, je te l'accorde, ce n'est pas le cas. »

Harry fronça les sourcils. C'était lui où Malfoy venait d'entièrement se contredire ? « Mais si c'est pas des sorciers qui sont à l'origine de ce bâtiment, ça veut dire qu'il n'y a pas de pass… »

« Ts ts ts Potter. J'ai dis qu'ils ne l'avaient pas construits, pas qu'ils n'en n'étaient pas l'origine. Crois tu vraiment que des sorciers se rabaisseraient à construire leur propre demeure ? Ils avaient des esclaves moldus, bien entendu. » lâcha t-il, comme si c'était la chose la plus normale au monde.

« Et tu te demandes sûrement d'où je sais que ce sont bien des sorciers qui sont à l'origine ? » Harry hocha lentement de la tête. « Et beh c'est tout simple. Voldemort n'aurait jamais choisit un endroit construit pas des moldus. D'autres questions ? » Harry secoua prestement la tête, la bouche toujours légèrement entrouverte. Draco sourit d'un air très satisfait et enfoui le dernier livre dans sa poche.

« Bon, je pense qu'il est temps d'inspecter ces cachots. » Ceci dit il extirpa le trousseau de clés de sa poche et déverrouilla la porte.

Mais à peine eut-il fait un pas à l'extérieur qu'une lueur bleue parsemée de scintillements argentés les enveloppa tout deux et l'instant d'après Harry se retrouva collé à Draco.

Ils regardèrent tous deux leurs poignets d'un air ébahit. Ceux-ci étaient auréolés d'une faible lueur argentée, qui peu à peu se dissipa, les laissant tout deux dans le couloir, à l'extérieur de la cellule.

Draco fut le premier à se ressaisir. « Ha merde, je l'avait complètement oublié celui là… », soupira t-il, excédé. « On a pas trop le choix, va falloir chercher à deux. »

Ceci dit il saisit le brun par le poignet et l'entraîna à sa suite, s'enfonçant dans les ténèbres des cachots.

oOMOo

Cela faisait un bon moment qu'ils parcouraient les souterrains, lorsqu'une voix interrompit le silence oppressant.

« Je… peux peut-être vous aider ? » Les deux garçons sursautèrent et firent volte face, les traits figés par l'horreur. Draco braqua immédiatement sa baguette sur le nouvel intrus et fit un pas en avant, couvrant Harry de son corps.

Celui-ci dévisagea le blond, étonné par ce geste spontané. Il était sur que le Slytherin n'avait même remarqué ce qu'il venait de faire.

Mais à son tour il fit un pas en avant, se mettant à la même hauteur que sa Némésis. Il n'était pas une demoiselle en détresse qu'il fallait secourir et il n'allait sûrement pas monter sa peur face à …

« Pettigrew ? » Le nom avait franchit ses lèvres avant même qu'il ne s'en rende compte.

Devant eux, se découpant parmi les ombres, se trouvait bel et bien la forme frêle et tremblante de Peter Pettigrew. Mais, chose qui étonna Harry, il n'avait pas sa baguette en main.

« Qu'est ce que tu veux ? », cracha t-il, s'avançant vers lui d'un pas menaçant. Pettigrew s'agita quelque peu.

« Je… Je suis venu vous aider… » concéda t-il finalement, observant le survivant d'un œil craintif. Celui-ci explosa de rire. « Nous aider ? » demanda t-il, moqueur. Puis son ton changea du tout au tout. « Malfoy, tue le. » Il sentit le corps du blond à ses cotés se crisper et il cru pendant un moment qu'il allait se défiler, que peut-être après tout, tout ceci n'était qu'une grosse mascarade.

Mais contrairement à ce qu'il avait cru, le blond fit un pas en avant et réaffirma sa prise autour de sa baguette, fronçant les sourcils. « Avada Ke… »

« NOON ! » s'écria l'homme en noir, se jetant aux pieds d'Harry. « Non ! Je vous en supplie, ne faites pas ça. Je… je peux vous aider. S… Sans moi vous ne sortirez jamais vivant d'ici. »

Harry fit un pas en arrière et posa sa main sur celle du blond, le faisant quelque peu baisser son arme. « Qu'est ce que tu veux dire ? »

Soulagé, l'homme à leurs pieds se releva quelque peu. « Les cachots sont un véritable labyrinthe. Je peux vous indiquer le bon chemin. Et puis j'ai ceci… » Disant cela il enfoui ses mains dans ses poches et immédiatement les deux garçons réagirent, pointant de nouveau leur baguette sur le Deatheater, la main d'Harry toujours sur celle du blond.

Pettigrew leva immédiatement les mains au ciel, prouvant qu'il n'avait aucune mauvaise intention. Il tenait un parchemin dans l'une d'entres elles, mais ce fut un scintillement qui attira l'attention d'Harry.

« Qu'est ce que c'est ? » demanda t-il, désignant le petit objet dans la main droite de l'homme d'un signe de la tête.

« C'est une sorte d'antidétecteur. Vous êtes couverts de sorts de repérage, pistage et bien d'autres encore. Croyez vous sérieusement que le Lord vous aurait laissé sans surveillance ? »

Draco hoqueta. « Sa Seigneurie ne me faisait pas confiance ? », s'exclama t-il, outré. Harry le dévisagea du coin de l'œil. « Euh… On peut pas dire qu'il ait eu tort. » Draco le fusilla du regard. « Enfin bref, comment il marche ce bidule alors ? »

Pettigrew se releva entièrement, bien conscient de la baguette rivé droit sur son cœur.

« C'est une bague. Tant que l'un de vous la porte, elle brouillera les signaux. Vous ne devez simplement pas trop vous éloigner l'un de l'autre. »

Leurs yeux se posèrent sur leurs poignets liés. « C'est pas trop comme si on avait le choix… » murmura Draco, l'air blasé.

Harry lui, observa de nouveau l'homme face à eux, visiblement pas convaincu. « Pourquoi on te croirait ? Qui nous dit que ce n'est pas un piège ? Pour tester la loyauté de Malfoy. Et puis comment as-tu su où on se trouvait ? »

« Mon garçon, mon garçon… » commença le Deatheater, s'apprêtant à s'approcher du brun. Le regard que celui ci lui lança l'en dissuada aussitôt. « Je… Comme tu le sais, je faisais parti des maraudeurs et il me semble que tu connais très bien l'une de nos inventions. » Il lui sourit et lui fit un clin d'œil en agitant le parchemin, tentant de s'attirer sa sympathie. Le survivant ne lui jeta qu'un regard glacé et croisa ses bras sur sa poitrine. Pettigrew déglutit et poursuivi, mal à l'aise. « Tu sais, cette carte, j'y ai participé. Je ne sais trop comment, mais Voldemort a apprit son existence et m'a ordonné d'en faire une identique pour ces lieux. »

Harry blêmit à vu d'œil. Merde, si c'est le cas, alors sûrement Voldemort sait ce qu'on prépare…

« Ne t'inquiètes pas mon garçon, il ne sais rien. C'est moi qui suis chargé de la surveillance et je n'ai rien dit. »

Le Gryffindor se détendit imperceptiblement. Draco lui, laissa errer son regard de l'un à l'autre, ne saisissant pas entièrement de quoi il s'agissait. « C'est quoi cette carte ? Et c'est qui ces maraudeurs ? »

Harry se tourna vers lui et lui expliqua rapidement ce qu'il y avait de plus important à savoir. Draco hocha la tête et regarda de nouveau Pettigrew. « Pourquoi tu nous aides ? »

Cette fois si, l'homme à la stature frêle dévisagea le survivant. « Une vie pour une vie. » répondit-il calmement.

Les yeux d'Harry s'agrandirent légèrement. « Tu sais que si jamais il l'apprend, il te tuera. »

Pettigrew hocha la tête. « Je sais. Mais une dette de vie est une dette de vie et peut-être que… peut-être que d'où il est, James me pardonnera... » Sa voix se brisa et il baissa les yeux.

Harry le détailla d'un air étrange. Puis il se mit à marcher, dépassant l'homme sans un regard, alors que Draco se saisit de la bague et du parchemin au passage. Arrivé au bout du couloir, le brun s'arrêta un instant et sans se retourner il murmura doucement : « Peut-être que oui. »

Puis il disparut, le blond à sa suite, laissant derrière lui un homme brisé, accablé de regret et de culpabilité, à qui on venait de donner un petit peu d'espoir.

oOMOo

Quand ils arrivèrent à nouveau à leur cellule, Kanye les attendait déjà, un sac à dos à ses pieds.

« Draco Malfoy Sir ! » s'écria t-il en les voyant arriver. « Draco Malfoy Sir, Kanye a préparé ce que vous aviez demandé ! Kanye a aussi mit votre épée dans le sac ! » couina t-il, attendant la réaction favorable de son maître. Draco lui sourit et le remercia.

« Tu manie l'épée Malfoy ? » demanda Harry, interloqué. Le blond lui jeta un regard hautain. « Oh, ne te l'avais je pas dit ? Eh bien oui, je manie l'épée. Le tir à l'arc aussi. Il est tout à fait normal pour un pur sang de maîtriser plusieurs armes, cela va de soi. » Une expression hautement autosatisfaite se peigna sur son visage.

Harry leva les yeux au ciel. Il aurait pu s'y attendre. Il observa le Slytherin qui s'était mit à farfouiller dans le sac, en extirpant un t-shirt blanc sans manche.

Le t-shirt dans les mains, il se tourna vers Kanye, qui se balançait inconfortablement d'un pied à l'autre, l'air d'être sur le point de pleurer.

Draco hésita quelque peu avant de se pencher vers lui, comme en proie à un conflit intérieur. Il savait qu'une fois libre l'elfe pourrait faire ce qu'il voulait. Mais il savait aussi que l'elfe l'aimait et qu'il ferrait probablement ce qu'il lui demanderait.

Décidé, il lui posa le vêtement dans les mains. « Je sais que maintenant tu es libre et que tu peux faire ce qui bon te semble, mais s'il te plaît, rends toi à Hogwarts et préviens Dumbledore de ce qui s'est passé. Dis lui que nous nous sommes enfuis et que nous allons essayer de revenir à l'école. »

Kanye hocha la tête et renifla, les yeux pleins de larmes. Harry se rappela subitement de sa vision et s'approcha à son tour.

« Kanye ! Dis lui… Dis lui que Hogwarts va se faire attaquer et… et dis lui que Cho et Padma sont mortes… » Sa voix se brisa et il baissa les yeux, chassant les larmes amères qui menaçaient de le submerger. Draco le regarda stupéfait. « D'où est ce que tu… ? »

« Ca ne te regarde pas. », le coupa le brun d'une voix sèche.

Draco fronça les sourcils puis haussa les épaules. « De toute façon ça ne m'intéresse pas. », signala t-il d'un ton désinvolte, dépliant le parchemin qu'il tenait toujours dans les mains. Menteur ! Et comment que ça l'intéressait !

Curieux, Harry se pencha au dessus de son épaule et contempla la carte qui s'offrit à eux. Elle ressemblait énormément à celle que lui-même possédait de Hogwarts, avec ces empreintes de pas cachetées de leur nom mouvant sur le papier jauni.

Draco regardait la carte d'un air stupéfait. « Wow, ça c'est une invention…! » murmura t-il, plus pour lui-même que pour l'autre. Puis son regard redevint sérieux et il parcouru la carte des yeux.

« On est là ! » s'exclama t-il, pointant leurs étiquettes de l'index. « Et là se sont les passages… Celui la est condamné… Et celui la semble effondré... Peut-être celui la ? Non, à en croire les petits éclairs, il doit être bloqué par un sort… » Harry regarda les petits éclairs. Cette carte semblait plus détaillée que la sienne.

« Que penses tu de celui là ? » demanda t'il, désignant un point sur la carte. Draco le regarda d'un air pensif. « Oui, oui, on dirait que celui là est faisable. Et en plus… » Son regard se leva et se posa sur le mur en face de leur cachot « … il est juste là. »

oOMOo


A/N : Pfiouuu… Voila, la fin du chapitre le plus long de tous jusqu'à maintenant… Il ne voulait tout simplement pas s'arrêter, j'ai même du le couper plus tôt que ce que j'avais initialement prévu…

Les choses commencent enfin à bouger. Je sais que ça a mit du temps, mais je le voulais comme ça. Je pense que c'était nécessaire, ce ne serait pas crédible que Draco change si rapidement…

En tout cas il n'en manque pas une pour se la jouer intello dans toutes les situations ! Lol ! Et pis il va pas hésiter à faire le beau avec son épée non plus, hehehe ! (Bon d'accord, il aura pas vraiment le choix, mais chut ! C'est un secret !)

Ensuite Pettigrew… Je voulais lui donner un rôle important. Il est prêt à se sacrifier pour payer ses fautes et se faire pardonner, et je trouve ça vraiment noble de sa part. Je sais pas, il me fait un peu pitié, malgré le fait qu'il ait été une belle ordure par le passé…

Et pour ceux qui se demandent le pourquoi du comment de la scène de torture détaillée, beh c'est parce que je voulais qu'on voit un peu à quel point Voldemort est mauvais et tordu. Je sais pas vous, mais moi je trouve qu'il doit quand même y avoir une bonne raison pour que les gens aient peur rien qu'à l'entente de son nom. Je ne retrouve pas cette raison dans les livres et encore moins dans le film (ou il est plutôt un psychopathe bienheureux…). Je montre donc un peu le degré de sa perversion et de son obsession de Harry. Il veut vraiment tout lui prendre. Euh, enfin bref, voilà quoi…

A partir du prochain chapitre ça va être un peu l'aventure dans la forêt interdite (un peu beaucoup même) et surtout, surtout, le rapprochement de nos deux héros. Nihihihiii !

Alors à la prochaine !

Bisouille toute baveuse à tout le monde (et n'essayez pas de l'éviter, elle est munie d'un sort de pistage, nihihihi.)

Lynouuuuuuuuu

PS : N'oubliez pas, se serait vraiment gentil si quelqu'un pouvait se proposer comme beta… -fait yeux du chat botté- Siouplait ?