Et voici votre chapitre mensuel ! Il faut vraiment que j'accélère le rythme au risque de passer trois ans sur ce nuzlocke. Bonne lecture !
Chapitre 10 : Défoulements
-C'est à ton tour, dresseur.
Alfaro leva les yeux de la brochure sur les pokémons eau qu'il lisait à l'appel de son nom. La championne d'Azuria était enfin revenue mais les challengers étaient si nombreux ce jour-là qu'elle avait décidé d'organiser des matchs éliminatoires, matchs que le brun avait remporté sans problèmes grâce à son pokémon plante. Chose rare à Kanto, les combats contre elle avaient lieu en public et profitaient de la fréquentation de la piscine pour attirer les amateurs, ce qui n'était pas du goût d'Alfaro, plus habitué aux combats à l'abri des regards. C'est donc d'un pas nerveux qu'il se rendit vers la partie du bâtiment réservée aux spectacles aquatiques.
Le public était nombreux ce jour-là, comme s'il voulait rattraper les trois jours où la responsable de la zone ne pouvait pas leur offrir leur dose de spectacle. Des applaudissements polis suivirent l'entrée du challenger dans l'arène et triplèrent d'intensité lorsque la favorite entra à son tour. Elle était plus jeune que ce à quoi s'attendait Alfaro, probablement du même âge que son collègue d'Argenta. De taille moyenne mais athlétique, ses cheveux roux coupés courts brûlaient avec autant d'intensité que ses yeux, ce qui lui donnait un air de garçon manqué. Le sourire qu'elle adressait au public ainsi que son salut de la main s'évanouirent lorsqu'elle croisa le regard de son adversaire et son visage devint tout de suite beaucoup plus dur. Alfaro était certain qu'elle n'était pas du genre à faire des concessions en combat.
-Et maintenant, mesdames et messieurs, un combat exceptionnel ! Le challenger tout droit venu de la capitale va subir la déferlante de la sirène d'Azuria : Alfaro Straeno contre Ondine Wauters ! La championne utilisera deux pokémons tandis que son adversaire n'aura aucune limite. Que le match commence !
Les deux dresseurs envoyèrent leurs pokémons au combat en même temps : Billy, matérialisé sur une plate-forme flottante, faisait face à un étrange pokémon jaune en forme d'étoile qu'Alfaro n'avait encore jamais vu : un stari. Ondine fit le premier mouvement.
-Yana, plonge puis charge !
-Reste sur tes gardes, conseilla Alfaro à l'herbizarre.
Pokémon et dresseur scrutaient la surface de l'eau dans laquelle le Stari avait habilement plongé. Le pokémon aquatique pouvait attaquer de n'importe quel côté et seuls leurs réflexes combinés pouvaient faire pencher la balance. L'étoile jaune sortit d'un bond et frappa de plein fouet Billy avant de replonger aussitôt.
-Un coup direct de notre championne ! indiqua inutilement le commentateur. Cela marchera-t-il une deuxième fois ?
Son hypothèse fut contrecarrée par la vivacité du challenger et de son pokémon. Le stari sortit une nouvelle fois de l'eau mais fut stoppé par les lianes de Billy qui l'envoya s'écraser contre un mur. Il glissa et s'échoua lamentablement contre le sol, son joyau régénérateur heureusement intact. Le pokémon qui fut ensuite envoyé était sans aucun doute possible l'évolution du précédent : un staross.
-Armure, plonge et charge !
-Fouet-liane, Billy !
L'étoile mauve fut plus rapide et inaugura un violent ballet aquatique. Elle plongeait, surgissait et chargeait à une vitesse telle que Billy ne pouvait rien faire. Le bord de la plate-forme se rapprochait dangereusement et tous savaient que l'adepte des plantes ne pourrait rien faire une fois dans l'eau. Alfaro ordonna une vampigraine qui parasita le staross mais le temps manquait et elle était toujours infatigable.
Ondine n'avait plus rien ordonné depuis la première attaque et restait immobile et silencieuse, le petit sourire sarcastique s'étendant sur ses lèvres la faisant ressembler à une statue issue de la mythologie grecque. Le brun avait à un moment pensé à de la télépathie mais une telle chose lui paraissait absurde. Il fallait bien qu'elle communique ses ordres, mais avec quoi ?
C'est alors qu'il comprit. Rien n'avait été dit depuis le premier ordre car il n'y avait rien à dire ni à communiquer. En y regardant de plus près, les mouvements du staross se répétaient dans un ordre compliqué mais identifiable. Chaque charge poussait Billy selon un degré déterminé et le staross s'y adaptait, parvenant ainsi à combiner rapidité et invulnérabilité. Maintenant qu'il avait été vu et revu, ses failles étaient facilement exploitables.
-Esquive en arrière, Billy !
-Plonge !
Le staross n'eut pas le temps d'obéir. Billy se déplaça comme ordonné et le pokémon eau, dont le timing avait été brisé, fut amené sur la plate-forme par ses lianes. Quelques coups suffirent pour lui ôter toute envie de combattre.
-Et notre challenger triomphe de la maestria d'Ondine ! Applaudissez bien fort notre vainqueur du jour : Alfaro Straeno !
Les deux dresseurs se rapprochèrent sous les acclamations du public. A peine eut-elle donné son badge que la championne retourna dans ses vestiaires sans qu'Alfaro ne puisse lui dire le moindre mot, ce qui ne l'étonna qu'à moitié. Une discussion devant un tel public était la chose la moins discrète à faire dans l'état actuel des choses. Il fallait cependant plus qu'une expression neutre et une sortie conventionnée pour l'empêcher de mener son enquête.
Ondine plongea dans la piscine vide et nagea quelques brasses avant de faire la planche. Elle était désormais seule dans son arène et profitait de la fermeture pour se détendre, sans personne pour la déranger. Le travail ne manquait pas et il lui arrivait de regretter d'avoir accepté le poste de champion d'arène - ou la moitié, pour être plus précis.
Elle sortit de l'eau et se dirigea vers ses vestiaires privés pour se changer sans prendre la peine de fermer la porte. Cette erreur lui coûta l'intimité de ses épaules car elle aperçut le jeune homme qu'elle avait combattu plus tôt se refléter dans un miroir.
-Dis-le si je te gêne ! dit-elle d'une voix offusquée. Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Je voulais vous poser quelques questions mais vous étiez introuvable, alors j'ai attendu.
Ondine claqua la porte de son vestiaire au nez du brun qui attendit tranquillement devant. Il espérait que le mauvais timing dont il avait fait preuve serait vite oublié et que la championne accepterait de l'aider. Elle n'avait pas eu l'air rancunière lors de leur match, peut-être oublierait-elle tout aussi vite l'affront qu'il venait de lui faire. Il se promit de ne pas laisser son regard vagabonder sur ses courbes pour ne pas la fâcher davantage.
La championne sortit après un temps incroyablement court par rapport aux autres femmes qu'il connaissait. Son visage était cependant toujours aussi furibond.
-Grouille-toi, qu'est-ce que tu veux ?
-Je voulais savoir si vous connaissiez quelqu'un...
-Désolé, c'est pas bonne adresse.
-Mais on m'a dit que vous étiez la personne la plus...
-Qui ça "on" ?
-Le champion d'Argenta, répondit Alfaro, agacé d'être sans cesse interrompu. Je lui ai demandé la même chose et il...
-Le bougre d'imbécile. Il sait pourtant que je ne suis qu'à demi-championne. Je ne m'occupe que des combats, précisa-t-elle. La vraie responsable en est pour l'instant incapable.
Alfaro remua les lèvres dans un juron inaudible. La rousse en face d'elle n'avait pas un bon caractère et il avait peut-être fait tout ça pour rien. Encore une perte de temps.
-Où puis-je la trouver ? demanda-t-il le plus poliment du monde.
-Si tu crois que je vais te le dire, tu peux te mettre le doigt dans l'œil.
-On peut peut-être en discuter devant un verre ?
Le coup de poing qu'il reçut dans la mâchoire, sans faire craquer l'un de ses os, fut suffisamment violent pour qu'il abandonne tout espoir d'en savoir plus sur son père. Il s'était cependant toujours interdit de frapper les femmes et recula de quelques pas, bien que la tentation soit plus grande que jamais.
-Ecoute-moi bien, petit con : je ne suis pas une de ces filles en jupe courte qu'on croise à Safrania. Garde tes sales pattes loin de moi ou mon staross te réduit en charpie !
-Je ne voulais pas...
-Outa, météore !
Le pokémon eau, maintenant hors de sa ball, fit immédiatement pleuvoir une série de projectiles qui poursuivirent Alfaro jusqu'à la sortie de l'arène. Le jeune homme murmura une insulte à l'égard de la rousse et parcourut les rues d'Azuria, les mains rageusement enfoncées dans ses poches. Quitte à devoir fouiller la ville entière par lui-même, autant commencer par avoir un aperçu des lieux. Il se dirigea vers les hauteurs de la ville pour avoir une bonne vue mais son humeur massacrante augmenta encore quand un homme le bouscula.
-Hé ! Fais gaffe où tu marches, connard !
L'inconnu ne releva pas l'insulte et descendit une volée d'escaliers à toute vitesse. C'était la première fois qu'Alfaro croisait quelqu'un d'aussi pressé en dehors de sa ville natale. Il le suivit des yeux, sa curiosité prenant le pas sur sa colère, et le vit rejoindre la façade d'une maison gardée par un policier. Le brun ne pouvait pas entendre leur conversation mais il devinait que le représentant de l'ordre tentait de chasser l'inconnu. Ce dernier ouvrit le manteau qu'il portait et montra ce qu'il y avait en-dessous. Le policier cessa toute réprimande et pâlit pour une raison qu'Alfaro devina immédiatement. L'entrée de la maison fut ouverte et refermée dès que l'inconnu s'y fut réfugié, confirmant les soupçons d'Alfaro. Il sourit comme un prédateur qui venait d'apercevoir sa proie. La soirée n'était pas perdu et il allait pouvoir rendre justice tout en se défoulant un peu.
L'agent de police ne se sentait plus très bien depuis que le Rocket l'avait intimidé, et c'était un euphémisme. On lui avait appris que les malfaiteurs se rendaient parfois sur les lieux du crime mais il n'avait jamais pensé qu'ils l'utiliseraient pour fuir. La maison qu'il surveillait avait été victime d'un cambriolage et ses propriétaires avaient été logés ailleurs, ce qui lui avait paru étrange. Il comprenait maintenant que tout avait été orchestré pour que les responsables des vols puissent fuir sans être gênés et son sens de la justice était entravé par la peur de voir ses proches menacés par la mafia de la région. Il n'était maintenant plus seulement le responsable de la sécurité de la demeure mais également de celle du Rocket en fuite.
Tétanisé par la peur, il ne remarqua pas le rattata qui s'était approche de lui jusqu'à ce qu'il lui morde violemment la cheville. Le policier hurla de douleur et donna un grand coup de pied que le rongeur évita avant de le mordre de nouveau. Il ne remarqua ni la liane qui s'empara de son trousseau de clés, ni le jeune homme qui entra discrètement dans la propriété. Quand au rattata, il disparut derrière la maison où Alfaro le récupéra.
-Beau travail. T'es un vrai rat des villes, maintenant !
-Ta ! Ta !
La team Rocket n'y était pas allé de main-morte pour trouver le moyen de s'enfuir. La maison qu'ils avaient choisi comme couverture était éventrée, tout comme le mur du jardin qui se trouvait derrière. Le fuyard était si sur de sa retraite qu'il y était encore et reprenait son souffle. Le bruit de la porte l'avait alerté et il n'était qu'à moitié surpris de voir Alfaro.
-C'est un peu tard pour jouer les héros, gamin. Toute la police de la ville est maintenant dans notre poche.
-Qui a dit que je voulait vous livrer à ces abrutis ? Joey, à l'attaque !
-Soporifik, règle son compte à ce gamin !
Le pokémon psy ne put rien faire contre l'énergie du rattata dont l'agilité se combinait avec la pénombre croissante. Le machoc qui suivit posait cependant un net désavantage et Flavio fut envoyé pour terminer le combat.
-Machoc, poing-karaté !
-Esquive, vite !
L'oiseau avait maintenant suffisamment de réflexes pour esquiver et le machoc alla s'écraser contre le mur de la maison dont quelques briques s'effondrèrent sous la puissance de l'attaque. Un nuage de poussière envahit le jardinet dans un grand fracas et le Rocket en profita pour s'enfuir, abandonnant une partie de son butin derrière lui. Chantage ou pas, attirer ainsi l'attention pouvait lui être fatal.
Il en était de même pour Alfaro. Son petit défoulement nocturne pouvait avoir de lourdes conséquences s'il était prit sur les lieux du crime. Il siffla en direction de Flavio qui traversa la fumée pour se mettre sur son épaule avant de partir à la poursuite du fuyard. Avec un peu de chance, il pourrait terminer ce combat à mains nues et envoyer un message significatif à la team Rocket. Le résultat risquait d'être un peu moche à voir mais la journée qu'il avait passé et son enquête qui piétinait lui semblaient être une bonne excuse.
L'homme avait malheureusement réussi à fuir sans être inquiété par ses poursuivants, ce qui n'était pas le cas d'Alfaro. Ce dernier entendait derrière lui des bruits de pas précipités et devinait que plusieurs policiers le pourchassaient. S'il ne parvenait pas à les semer très vite, son voyage à travers la région s'en retrouverait fort compromis. Alfaro se glissa dans une petite ruelle et s'y cacha, le cœur battant à tout rompre. Les deux policiers qui le pourchassaient sans le savoir passèrent devant, apparemment plus préoccupés par le Rocket que par lui. Peut-être n'étaient-ils finalement pas tous corrompus, pensa-t-il, surtout dans une ville aussi paisible qu'Azuria.
Il resta là plusieurs minutes afin de reprendre son souffle et calmer les battements de son cœur. L'interdiction d'entrer ou de sortir de la ville étant toujours active, il allait devoir rester discret jusqu'à ce qu'il soit suffisamment loin pour ne plus avoir à se justifier.
-Rrouuu. Rourouuuu.
-Pas maintenant, Flavio. Rentre dans ta pokéball.
Le roucool ignora l'ordre et descendit de l'épaule de son dresseur. Il fit quelques pas maladroits puis écarta brusquement ses ailes avant d'irradier une lumière blanche. Alfaro paniqua : évoluer maintenant n'était pas très discret mais il ne savait pas comment l'en empêcher. Il croisa les doigts et assista, impuissant, à la transformation de Flavio. Ce dernier semblait maintenant beaucoup plus menaçant, avait triplé de taille et arborait désormais une superbe queue ainsi qu'une crête, toutes deux rouges. Le petit oiseau fou avait laissé à un prédateur plus convainquant.
-Roucoups ! cria Flavio en s'étirant les ailes.
-Rentre dans ta ball, tout de suite ! ordonna Alfaro, joignant la parole au geste.
Les policiers étaient heureusement trop loin pour l'entendre et le brun se remit en route, tournant nerveusement la tête au moindre son. La meilleure option était de se cacher un petit moment et il savait exactement où aller. Safrania n'était plus très loin et il pensait retourner chez lui afin d'établir un nouvel itinéraire de recherches, mais le sort en avait décidé autrement. La nuit était bien avancée lorsqu'il s'avança vers l'un des postes de douane, à plusieurs kilomètres de la ville. Leur utilité ne dépassait guerre le contrôle ponctuel de marchandise, aussi Alfaro fut-il surpris de voir des gardes armés postés devant. Il tenta de se faufiler discrètement à travers le poste mais fut remarqué avant même d'avoir pu faire trois pas. Un garde à l'air revêche le força à reculer.
-Désolé petit, personne ne passe. La situation d'urgence vient d'être décrétée.
-Mais j'habite en ville, je peux pas rester dehors ! fit semblant de s'indigner Alfaro.
-On ne me la fait pas à moi. T'as tout l'air d'un dresseur alors ça devrait pas te gêner, non ?
-Vous voulez voir ma carte, c'est ça ?
-J'en ai rien à foutre de ton morceau de papier. Personne n'entre ou ne sort de la ville, ordre du gouvernement. Maintenant, dégage !
Alfaro dut se plier à l'ordre et s'éloigna, peu enclin à tenter quoi que ce soit devant ces hommes armés. La situation devait être vraiment grave pour que Safrania soit ainsi coupée du monde et gardée à l'aide d'armes à feu. Leur utilisation était rare même au sein de la police qui préférait employer des pokémons soumis à un entraînement quasi-militaire, même après l'adoption de la loi Nuzlocke. La question avait longtemps fait débat mais il avait été convenu que les pokémons étaient non seulement moins dangereux mais également beaucoup plus efficaces, ce qui n'avait pas empêché les défenseurs de la vie sauvage de faire pression pour qu'ils soient moins utilisés. Les dresseurs n'étaient donc pas les seuls à être pénalisés par la loi Nuzlocke.
Le jeune dresseur était donc complètement bloqué, ne pouvant ni rentrer à Safrania ni à Azuria. Ivre d'une rage qu'il avait de plus en plus de mal à contenir, il partit dans la nature et improvisa une séance d'entraînement qui avait plus pour but de trouver des punching-ball vivants que de renforcer ses pokémons, ce qui ne l'empêcha pas de capturer un Miaouss hâtivement surnommé Siam. La rumeur d'un humain colérique se répandit bien vite parmi les sauvages et plus aucun ne l'approcha. A bout de forces, complètement écœuré, Alfaro se laissa tomber sur le sol et resta immobile. Seul Flavio osa l'approcha et tenta de se percher sur son épaule, ce que sa taille ne lui permettait désormais plus.
-Descend, tu vois bien que t'es gros pour ça maintenant.
Le roucoups le regarda et claqua son bec avant de le rapprocher de son épaule. Prenant cela comme une tentative de l'apaiser, Alfaro avança sa main et caressa les plumes du pokémon. La sensation était plus agréable que lorsqu'il était sous sa forme de roucool, peut-être à cause du bienfait que lui avait fait son évolution. Flavio avait remarquablement bien progressé depuis qu'il l'avait capturé à Bourg-Palette et rien ne laissait deviner ses maladresses d'avant. Le frêle et légèrement stupide oiseau ressemblait de plus en plus à un rapace et ces progrès étaient entièrement dus à la patience de son dresseur, ce qui acheva définitivement Alfaro de sortir de sa colère.
-Ouais, t'as raison, c'est juste un retard. Bravo pour avoir évolué.
Flavio roucoula, ce qui fut perçu par tous les autres comme un signal. L'humain fut bientôt recouvert par toute son équipe dans une étreinte collective qui ne le gênait pas mais à laquelle il mit fin peu de temps après. La nuit était maintenant complètement tombée et il n'avait toujours pas installé le campement. Il décida de se passer de feu et de se coucher immédiatement, laissant ses pokémons s'installer comme ils le souhaitaient.
Les plus rétifs au sommeil furent Billy et Joey. Les deux pokémons semblaient plongés dans une discussion qu'ils tentaient de cacher mais que chacun remarquait. L'herbizarre jetait des coups d'œil fréquents à son dresseur, ce qui agaça très vite Alfaro.
-Silence, vous deux. A moins que vous ne vouliez passer la nuit dans vos balls ?
Ils se turent et Joey s'éloigna de Billy comme s'ils s'étaient disputés. L'humain n'y accorda pas d'importance. Faire en sorte que ses pokémons ne se disputent jamais relevait de l'utopie et cela ne le dérangeait pas du moment qu'ils acceptaient de combattre ensemble si cela était nécessaire. Il s'endormit très vite, complètement épuisé, sans savoir qu'il avait été l'objet de la conversation de ses deux pokémons.
