Où la colère est plus forte que la raison.
Désordre
Plus tard dans la semaine, le grand jour était arrivé pour les deux policiers de Jump Street. L'un devait passer devant sa classe pour un exposé sur le nitrate de carbone et l'autre devant toute l'école pour la représentation de Peter Pan.
Mais avant cela, Jenko était tranquillement en train de prendre son déjeuné avec Erik qui riait sur une anecdote que le policier lui disait. La veille, les deux jeunes hommes étaient sortis. Erik avait emmené le policier dans un bar dont ses parents connaissaient les propriétaires. A croire qu'Erik fréquentait tout le monde en ville. Ils avaient assisté à un match du championnat dans une ambiance de bar, avec cris de joie et de la bière. Ils avaient même revu l'ami basketteur du jeune dealer avec qui ils avaient passé une bonne soirée et plus tard, Jenko avait de nouveau fini chez le plus jeune...
« C'est quoi ça ? » demanda le policier en pointant un bracelet qu'Erik portait alors qu'il mangeait tranquillement son plat.
Erik leva un regard interrogatif, puis il fit un sourire :
« C'est ton frère qui me l'a donné. Un bracelet de l'amitié, ce n'est pas cool ça ! »
Jenko roula des yeux, il n'y avait que Schmidt pour offrir ce genre de choses. Il haussa les épaules et continua à manger :
« Mais tu sais ce qui est peu être vraiment cool ? Un bracelet d'amour. » Continua-t-il en chuchotant ses derniers mots en se péchant vers le plus vieux.
« N'y pense même pas. » répondit du tac au tac le policier, les yeux toujours rivés sur son assiette. « Pourquoi ? Je veux dire d'où vient ce genre idée idiote ? Ah si je sais : Glee. Fuck Glee ! »Erik se mit à rire, puis au bout d'un moment il prit rapidement congé, il avait une affaire à régler avec Tommy.
Jenko le regarda partir sans un mot et reporta son attention sur son plat.
Il culpabilisait.
Il n'arrivait pas à se sortir Erik de la tête et cela allait de mal en pire. Hier soir, il pensait mettre les choses au clair avec le jeune dealer, oui encore une fois, mais Erik ne l'avait pas laissé parler et l'avait emmené dans cet endroit.
Mais là, il sentait le poids de la culpabilité revenir parce qu'il ne fallait pas se mentir, il avait aimé passer la soirée en tant que « petit ami ». Il n'hésitait pas pour embrasser de temps à autre le plus jeune durant la soirée et le serrer contre lui tout en regardant le match, comme... - oui c'était bizarre de le dire - comme un couple normale.
Jenko regarda sa montre. Son cours ainsi que son exposé n'allait pas tarder à commencer. Il déposa son plateau, mit correctement son sac sur l'épaule et se dirigea vers la salle de classe. Mais sans s'y attendre il fut happé d'un coup et poussé contre un mur. Jenko eut à peine le temps de dire ou réagir qu'une paire de lèvre s'abattit contre les siennes.
La surprise passée et la découverte d'Erik, Jenko répondit au baiser du brun.
Il passa un bras autour de son dos pour le serrer contre lui, alors qu'Erik passait ses bras autour de son cou.
« Ça m'aurait bien embêté de ne pas pouvoir t'embrasser avant la fin de la journée, mais surtout de ne pas pouvoir te souhaiter bonne chance pour ton exposé. » fit Erik en se reculant en faisant un sourire en coin. Il embrassa de nouveau le policer sur le coin des lèvres, puis il le regarda intensément en se pinçant la lèvre inférieure. Jenko passa doucement une main sur sa joue dans un geste tendre. C'était décidément plus fort que lui. Mais Erik ne tarda pas et avant de quitter définitivement la pièce, il jeta tout de même un regard par-dessus son épaule agrémentée d'un clin d'oeil.
Jenko soupira en s'adossant contre le mur, mais il était plutôt content. Ce fut dans la bonne humeur qu'il rejoignit sa salle de classe et qu'il avait du coup la motivation pour réussir son exposé. Il envoya un message à Schmidt pour lui souhaiter bonne chance pour sa représentation et lui précisa qu'il serait dans les premiers rangs. Ils s'étaient un peu rapprochés ces derniers jours, Jenko avait fait des efforts malgré le fait qu'il en veuille encore à son coéquipier.
Une fois devant la salle, il s'encouragea avant d'aller rejoindre le petit groupe des Nerds. Rien ne pouvait gâcher la fin de la journée.
C'était rapidement dit. Et de cause...
Comment s'étaient- ils trouvés lui et Schmidt sur la rocade à vouloir à tout prix faire exploser des véhicules pour échapper à leur poursuivant ? Ah oui. La piñata.
« Attention ! » cria Jenko à Schmidt alors que ce dernier fit un dérapage sur la gauche pour éviter la voiture devant lui.
Jenko se tourna et regarda si les bikers étaient toujours là. Et évidemment ils l'étaient. Le chef ainsi que le sosie de ZZTop les poursuivait encore.
Peu avant, il avait réussi à semer deux des bikers en les envoyant respectivement contre une citerne de pétrole et un chargement de gaz et à la surprise des deux policiers aucun des véhicules n'avaient explosé. Ils se retrouvaient maintenant à courir sur l'autoroute : Schmidt a envoyé des messages à Molly et Jenko à se débattre avec son slim. Essayant de trouver une nouvelle voiture.
Ce dernier se rappela brièvement les derniers évènements.
Pourtant, après avoir quitté Erik, tout s'était plutôt bien passé: sa présentation sur le nitrate de carbone avait intéressé la classe. Enfin, intéressé était un bien grands mots mais là n'était pas le sujet. Mme Griggs lui avait lancé des regards appuyés d'encouragements et Zack en faisait de même. Oui il allait pouvoir s'en sortir. Après tout le policer n'avait pas préparé son exposé pour rien ! Et il avait intérêt à avoir une très bonne note. Peut être pas la meilleure, mais une note qui n'équivalait pas à un D.
Mais alors qu'il s'était tourné totalement par hasard vers Mme Griggs, il avait vu son petit ami accompagné de Tommy et d'une piñata.
Et le déclic se fit. Le déclic qui allait le mener sur cette série de catastrophe.
Cependant, avant cette course poursuite, il y avait eu le vol de la voiture de conduite, puis la filature jusqu'à un endroit égaré, où Erik donna la piñata à un groupe de Bikers. Ceux-ci se révélant être les mêmes qu'ils avaient arrêtés il y a plusieurs mois dans un parc et qui -part extension - étaient aussi la raison de leur arriver à Jump Street. Décidément la coïncidence pouvait une vraie whore quand elle le voulait, se disait Jenko en regardant de là où il était l'échange. Il n'appréciait d'ailleurs pas la façon dont leur chef parlait à Erik.
« Alors, c'était eux les fournisseurs ? Ce gang de motard ! » Fit Schmidt. Jenko le regarda avant de reporter son attention sur ce qui se passait plus loin. Au moment où le gang décida de prendre le large, les deux policiers de cachèrent tant bien que mal dans la voiture et Jenko eut une idée :
« Suck my dick ! »
Schmidt s'exclama de surprise, essayant de se révéler, mais Jenko le retint vers le bas. Ce dernier lui expliquant que c'était lui qui avait le costume de Peter Pan, donc qu'il devait se contenter de le faire. Une explication bien sommaire...
Mais ce petit indicent ne fut rien à ce qui les attendit par la suite. Leur vieil querel repris alors qu'ils suivaient le gang et qu'ils se garèrent derrière eux.
« C'est moi qui conduit, Jenko ! Si on reste trop derrière eux on aura l'air trop suspect. »
« Mais si on les colle, ça va être pire ! »
« Retire ton pied de l'embrayage » s'énerva Schmidt.
Si Schmidt n'était pas son collègue, mais surtout son meilleur ami Jenko n'aurait pas hésité une seule seconde et l'aurait cogné. Oh qu'il l'énervait et c'est qu'il restait sur ses positions en plus ! Certes il était aussi têtu que lui, mais ce n'était pas une raison !
Et l'inévitable arriva, ils rentrèrent dans la Harley d'un des bikers, le renversa à terre et retournèrent ainsi contre eux tout le gang.
C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent à peine 20 minutes plus tard à courir sur l'autoroute à trouver une nouvelle voiture.
Et la suite des événements ne fut pas mieux. Après avoir difficilement trouvé une voiture, ils continuèrent à se faire poursuivre et essayèrent de s'échapper avec l'histoire des camions... Enfin, les deux policiers n'arrivaient justement pas à comprendre pourquoi cela n'explosait pas... comme dans les films.
Mais alors qu'il pensait avoir réussi à fuir de leurs poursuivants, Domingo qui s'était rapproché dangereusement, pointa son arme sur eux. Jenko étant au volant cria à Schmidt de s'en débarrasser, de tirer, mais surtout qu'il les sorte de là. Cependant, les secondes passèrent et rien ne se produisit. Jenko n'eut d'autre choix que de tirer à la place de Schmidt et malgré qu'il les ait sauvé, ce ne fut qu'insulte et engueulade qu'il reçut de la part de son coéquipier. Et ça jusqu'à ce qu'ils reviennent au lycée.
« Tu te fou de moi ! Regarde moi» Fit Jenko en attrapant le bras de Schmidt pour l'arrêter « t'es trop dedans mec ! »
« De quoi tu parles ? »
« Tout ça ! L'infiltration, le personnage, j'ai même vu ton dossier d'inscription pour l'université ! Sérieusement ?! »
Mais cela ne calma en rien Schmidt qui lui expliqua que si Erik avait une chance d'aller Berkeley alors pourquoi pas lui. Ne se rendant pas du tout compte de ce que Jenko essayait de lui dire : qu'il s'éloignait en tant que coéquipier, mais surtout qu'en tant qu'amis.
« J'ai le droit de réfléchir, idiot. »
Schmidt laissa seul Jenko pour se diriger vers la salle de théâtre, sachant bien qu'il était en retard, mais il voulait tout même sauver les meubles. Il n'avait jamais autant réussi au lycée que maintenant et ce n'était pas Jenko qui allait lui retirer son heure de gloire.
Quant à ce dernier, il resta un petit moment dehors encore déçu du comportement de Schmidt, mais cette déception engendra la colère qu'il fit passer dans la première poubelle venue. Ce n'était pas lui qui disait « on s'entendait pas beaucoup au lycée, tu crois que ça va être pareil » Bullshit.
Et il omit de se dire qu'il avait lui-même répondu « non. On est adulte, super pote ça n'arrivera pas. »
Mais Jenko avait bien vu, peu avant la fête qu'ils avaient organisée que les choses commençaient à ne plus aller comme avant...
Il jeta un regard vers l'endroit où Schmidt venait de partir et une idée lui vint en esprit.
Jenko savait pourtant au fond de lui que son idée n'était pas la meilleure et qu'il allait au devant de gros problèmes, mais il n'en avait que faire ! C'était la colère qui dictait ses pas maintenant et il réclamait vengeance. Il se dépêcha de courir vers la salle de représentation pour se diriger vers les coulisses. Il entendit l'exclamation de surprise des gens, Schmidt avait dû monter sur scène.
Et effectivement quand le policier arriva derrière les coulisses, il vit son coéquipier sur scène et son idée de vengeance ne l'ayant pas quitté, il se précipita sur scène...
Ce fut l'hilarité de la foule, certains doigts pointaient sur eux et cette honte qui le pris soudainement qui le fit arrêter au bout d'un moment. Schmidt était en train de l'insulter et les autres se moquaient d'eux. Qu'est-ce qu'il venait de faire ?
Mais parmi toute cette foule, il vit Erik qui prenait par aux festivités et riait accompagné de ses potes. Sans vraiment l'avouer ça lui faisait mal. Mais il n'eut pas le temps de réagir davantage qu'il vit le principal Dadier s'approcher de lui et de Schmidt pour crier d'une voix forte et tonitruante :
« VOUS ETES VIRES ! »
Jenko se tourna vers Schmidt qui le regarda abasourdie. Avait-il bien entendu ? Virés ? Non.
Ils allaient se faire crucifier par Dickson. Mais avant que le rideau ne se ferme sur eux, Jenko vit une dernière fois le regard d'Erik. L'hilarité lui était passée et il était maintenant stoïque fixant droit dans les yeux Jenko.
Chapitre pas du tout intéressant, étant donnée que je parle plutôt de la scène d'action du film, mais bon j'étais obligé de passer par la ! Nous approchons doucement de la fin mes amis ! :)
