Les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.

Just Right For Me est une histoire de la talentueuse archy12.

Traductrice de la version française : Milk40

Merci infiniment pour tous vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 10

« Hé, Edward, tu veux bien me montrer celui que tu préfères parmi ceux-là ? »

Je farfouillais dans ses livres pour passer le temps jusqu'à ce que ce soit le moment de descendre pour le déjeuner. Edward m'avait assurée que ce n'était pas un problème pour lui de m'apporter le repas en haut, mais je voulais manger avec tout le monde. Bien entendu Carlisle et Jasper ne seraient pas là, mais Emmett se joindrait à nous. Il s'était rendu à Seattle pour quelques jours, et Rose m'avait confié la veille qu'elle attendait son retour avec impatience. Si sa rougeur était un signe, leur réunion promettait d'être quelque chose.

Cela m'avait causé un pincement au cœur. Même si Jasper avait formulé un plan pour que nous soyons ensemble un jour, je n'étais pas sûre de ressentir ce genre d'impatience pour le jour en question. Ça changerait de la situation actuelle, mais est-ce que ça me rendrait véritablement heureuse ? Je n'en avais aucune idée.

De son côté, Edward était assis à sa table, un crayon à la main et un carnet de croquis ouvert devant lui. Cependant, jusqu'à maintenant il n'avait pas tracé une seule ligne sur la page blanche. Je songeai qu'il avait l'air triste comme si quelqu'un venait de donner des coups de pied à son chiot préféré devant lui avant de s'enfuir avec la pauvre bête. J'aurais voulu pouvoir faire quelque chose pour lui remonter le moral, ou du moins le distraire des paroles blessantes de Jasper. Peut-être que parler de ses livres serait un moyen d'y parvenir.

Il se leva immédiatement et vint se placer derrière moi, son expression s'égayant un peu. Il indiqua les comic books qui occupaient toute la tablette supérieure de l'armoire.

« Je collectionne les bédés et les comics depuis très longtemps. Je ne me souviens même plus à quand remonte l'achat de mon premier comic book, mais c'était celui-là. »

Il sortit une vieille édition de Batman avec le plus grand soin et me la montra. Les pages étaient en parfaite condition. Il n'y avait pas de coins repliés ni quoi que ce soit qui aurait prouvé qu'il avait manipulé l'album tout en mangeant ou en buvant quelque chose. J'eus tout à coup l'impression d'être à l'église. Il était évident qu'il vénérait ses livres.

« Tu dois avoir pris très grand soin de ces livres, » commentai-je après qu'il m'en ait montré d'autres en mentionnant quelque chose de spécial à propos de chacun.

Il acquiesça avec sérieux. Je fus frappée de constater qu'il agissait bien plus en adulte quand il parlait de ses livres bien-aimés. Même son expression était différente – plus mature.

« Je les aime. Ils sont les meilleurs amis du monde – ils ne me quittent pas, ne me blessent pas, et ne se battent pas avec moi. Et ceux que j'ai reçus en cadeaux de ma famille et de mes amis à diverses occasions sont doublement spéciaux en raison des sentiments qui s'y rattachent. »

Nous passâmes à l'étagère en-dessous de la plus haute, qui était remplie de bandes dessinées variées. Je reconnus quelques personnages de Marvel Comics, mais les autres m'étaient complètement inconnus.

« Je n'ai pas lu beaucoup de bandes dessinées, » avouai-je, jetant un coup d'œil à quelques-unes qui racontaient des histoires de guerre. Il y avait aussi quelques histoires d'espionnage. J'avais entendu parler de 'Watchmen,' bien sûr, mais je n'avais jamais pris le temps de les lire.

« Ce n'est pas inhabituel, Bella, » m'assura-t-il. « Les bandes dessinées sont différentes des comic books dans le sens qu'elles peuvent aussi raconter des histoires qui ne sont pas de la fiction. La plupart des gamins sont seulement intéressés par les personnages des comics populaires, et en plus, certains de ceux que j'ai sont des éditions limitées. Très peu de gens les possèdent. »

« Ils doivent coûter très cher. »

Il sourit avec nostalgie. « J'ai économisé mon argent de poche pour me les procurer, et j'ai aussi fait des petits boulots pour maman et pour quelques voisins. Et l'argent que j'ai reçu de mes grands-parents et des autres membres de ma famille est aussi allé dans la même tirelire. Je n'étais pas intéressé à grand-chose d'autre de toute façon, donc c'était ok. »

Je me souvins des classeurs dans sa commode.

« Quand as-tu commencé à faire ceux-là ? » Demandai-je en pointant du menton dans la direction générale du meuble. Nous allâmes nous asseoir sur le lit, et Edward ouvrit le tiroir pour en sortir un des classeurs. Il était beaucoup plus mince que les autres et avait une couleur rouge vif. 'Comment Josh a Sauvé les Arbres' était le titre inscrit dessus en lettres majuscules élégantes.

« Ceci est ma première tentative, » dit-il en souriant timidement. « Ce n'est pas vraiment une bande dessinée. Il s'agit plus d'un conte pour enfants auquel j'ai ajouté quelques dessins. Nous devions faire un projet sur l'environnement, alors j'ai fait ça. J'avais onze ans à l'époque, je crois. »

« Qu'est-ce qu'Esmée pense de ça ? » Demandai-je avec curiosité. Il avait dit qu'il n'y avait qu'Emmett qui avait vu son œuvre. Ses parents ne l'avaient-ils pas du tout encouragé ? « Elle doit avoir vu ce travail, non ? »

Cette fois-ci il rit, mais il y avait peu d'humour dans son rire. « Oh oui, j'étais tellement enthousiaste que je l'ai montré à tout le monde, même à Mme Cope. Probablement au facteur aussi, et au jardinier. Maman et papa en ont fait l'éloge, mais quand j'ai commencé à consacrer davantage de temps à mon hobby, ils ont dit que je devrais me concentrer sur les études, et peut-être sur un sport. Quelque chose de valable, tu sais. Et puis papa a essayé de me décourager en disant que le dessin était un truc efféminé. Jasper n'a pas arrêté de le répéter durant toute une semaine ! »

Je secouai la tête en ouvrant le classeur. Ainsi donc ils aimaient son travail en tant que projet d'école, mais pas comme activité sérieuse. Grosse surprise ! Les parents étaient les mêmes partout, n'est-ce pas ? Tout ce qui n'était pas lié à la carrière ou qui ne valait pas au moins la peine d'être vanté dans leur cercle social était une perte de temps. Charlie avait même dit que mon intention de travailler avec les enfants n'était qu'un caprice. Selon lui, je n'avais pas besoin de gagner ma vie, donc je n'avais pas besoin de travailler. C'était peut-être l'un des facteurs qui l'avait poussé à organiser notre mariage aussi rapidement. Il devait avoir pensé qu'être une épouse me suffirait comme occupation.

Je ne pouvais pas m'empêcher d'admirer la créativité d'Edward, même quand il était enfant. L'histoire était simple mais bien écrite, et les dessins étaient magnifiques. Je souris en m'absorbant dans la lecture, et quand j'eus terminé l'histoire, je rayonnais. Je me tournai vers Edward, qui me regardait anxieusement.

« C'est une histoire tellement belle et remplie de joie, Edward. Je suis si fière de toi ! »

Il m'adressa un grand sourire, le coup de cafard de tout à l'heure oublié.

« Vraiment ? Tu penses que c'est bon ? Je n'ai pas eu beaucoup de temps… »

« Bon ? C'est génial ! Emmett a raison – tu devrais envisager de les faire publier. Il revient aujourd'hui, n'est-ce pas ? Promets-moi que tu vas lui parler à ce sujet. »

« D'accord. Aimerais-tu en lire d'autres ? »

« Oh oui, j'avais commencé à en lire une l'autre jour. » J'ouvris le classeur contenant l'histoire en question et trouvai la page où j'avais arrêté. Je poursuivis ma lecture, prêtant attention à tous les détails fascinants. Edward s'installa à mes côtés, son bras autour des mes épaules, et répondit à mes questions à propos des personnages et de l'évolution des événements. C'était très agréable, et je ne me rendis même pas compte du moment où il commença à renifler mon cou. Mais quand il le lécha légèrement, je laissai tomber le classeur et poussai un hurlement, surprise.

« Edward ! »

Il se mit à rire. « Je ne fais que te goûter, Bella. Savais-tu que ton cou est plus salé que ta joue ? »

J'essayai de m'éloigner. « Eh bien ne fais pas ça. Je suis chatouilleuse. »

Son visage s'illumina comme si je lui avais remis le sabre-laser. Je réalisai mon erreur seulement quand il poussa un cri de bataille et me renversa sur le lit, ses doigts me chatouillant partout où ils pouvaient m'atteindre. J'essayai de riposter, mais ce n'était pas une chose facile à faire en riant de façon hystérique. Finalement je le suppliai d'arrêter, mes yeux larmoyants et mon estomac douloureux à force de rire sans pouvoir me contrôler. Nous restâmes étendus là, pantelants, nos membres enchevêtrés et nos joues rouges comme des pommes. Soudainement, je me rendis compte que c'était… agréable d'avoir son poids sur moi.

Je voulais embrasser ses lèvres charnues couleur rubis, si près des miennes alors qu'il me regardait dans les yeux. Je jure que j'aperçus un éclair de quelque chose qui ressemblait à du désir dans les siens.

Puis la porte de la chambre s'ouvrit avec fracas et Emmett se précipita à l'intérieur en hurlant joyeusement : « Edward, où es-tu ? »

Note de l'auteure :

Euh, Emmett, apprends à frapper ! Ton ami est marié maintenant !

Êtes-vous d'accord avec le jugement que porte Bella sur les parents en général ?

Note de la traductrice :

Ce chapitre me donne envie de vous poser cette question : avez-vous une bande dessinée préférée ? Pour ma part je suis fanatique des Thorgal, et pour vous donner une petite idée de mon âge, je les lis depuis que le premier volume a été publié à la fin des années 70…

Petit ajout pour fan de toi: La bande dessinée (communément abrégée BD ou bédé) est un art, souvent désigné comme le « neuvième artNote 1 ». Will Eisner l'a définie (avant l'émergence d'Internet) comme « la principale application de l'art séquentiel au support papierW 1 » Dixit Wikipédia...

À bientôt

Milk