Et voici la suite, en espérant qu'elle vous plaira, moi je l'aime bien ^^ Merci encore à tous ceux qui m'ont laissées des Reviews, Chattoncharmant, emichlo, Sara B, Triskelle sparrow, Nicky ( j'espère que ce chapitre te rendra une fois de plus indécise dans ce que tu ressent ^^ ) et pour finir merci Melfique =) et bien sur à tous les autres que je n'est pas cités. bon trêve de Blabla inutile place au chapitre 10 !
Chapitre 10 : Instinct
Le soleil inondait ma chambre de lumière, mes fins rideaux laissant passer des faisceaux brillants sur les murs et le sol. Je pouvais aussi sentir la chaleur, une douce chaleur d'un matin du début de l'été. J'ouvris finalement les yeux et rapidement, ces derniers s'adaptèrent à la clarté de ma chambre. Pourtant, même ce beau soleil ou cette douce chaleur ne parvenaient pas à me réjouir. J'avais encore mal dormi et surtout, j'avais rêvé de lui. Les rêves variaient mais il en restait toujours l'acteur principal. Mon réveil affichait neuf heure quinze. Je n'avais pas beaucoup dormi, pourtant, je me sentais totalement réveillée. Je me décidai après quelques encouragements mentaux à sortir de mon lit douillet pour investir la salle de bains. En passant devant la chambre de Seth, je pus constater que ce dernier dormait encore à poings fermés. En revanche, la chambre de ma mère était vide. Sûrement au travail ou avec Charlie.
Je n'avais toujours pas reparlé à ma mère de sa relation avec Charlie. J'avais néanmoins appris qu'elle s'était décidée à en parler à Seth, et comme prévu, celui-ci s'était réjoui pour elle. Quant à moi, malgré les trois jours qui avaient passé, je n'avais pas vraiment repensé à cela, le sujet principal restant Eric, encore et toujours lui. Mes remords quant à notre dernier échange étaient de plus en plus envahissants et je risquais de craquer incessamment sous peu. Pour ne pas trop y penser, je me penchais parfois sur le sujet K et Cie. Il avait été décidé après mon appel passé à Jacob pour rapporter en détail l'histoire d'April et de Catarina, que le mieux serait d'aller de nouveau dans ce club, bien sûr pour le « plaisir ». Il avait été convenu qu'y aller seule était trop dangereux. Mais dans un souci de discrétion, le mieux était de m'y rendre avec d'autres ami « e »s, faisant ainsi passer cette inspection en soirée entre copines. Seulement, les amies filles ne se bousculant pas au portillon, je devais m'y rendre avec Rachel et Julia, qui avaient été ravies de revoir quelqu'un d'autre de la Réserve et surtout, de sortir en boîte. Une partie de la meute serait chargée de nous accompagner pour rester en retrait, au cas où il leur faudrait intervenir. Paul avait bien sûr insisté pour en être, accompagné de Quil, Embry, Collin et Corin. Restant ainsi sur la Réserve, Enola, Seth, Jared et Jacob pour veiller sur Ben, un ado de seize ans aux sautes d'humeur répétées et à la température plutôt élevée, laissant penser à une mutation imminente. Mais tous ces problèmes de meute ou d'attaque, ou même de nouveaux membres, ne parvenaient pas à me faire oublier bien longtemps le fiasco de l'autre jour. Cette conversation avait déjà dû se jouer un milliard de fois dans ma tête.
Après mon petit détour par la salle de bains, je m'apprêtai à aller prendre mon petit déjeuner lorsque quelques coups résonnèrent à la porte. C'était Enola. Cette dernière était de nouveau sur pieds depuis trois jours et elle ne cessait de réprimander Seth quand celui-ci tentait encore de la ménager.
« Salut, Leah !, me dit-elle à peine la porte ouverte. Seth est prêt ?
- Salut ! Euh… Non, pas vraiment. Il dort. »
Elle laissa échapper un juron et sa petite main forma un poing qui vint s'abattre dans son autre main. Même si je connaissais réellement la force d'Enola, c'était plutôt dur d'être intimidée par son petit gabarit.
« Celui-là alors ! Il devait venir avec moi chez Emily. Elle a proposé de me donner des cours. »
Ordinairement, le simple fait de parler d'Emilie m'aurait mise de mauvaise humeur pour la journée. Pourtant, ça ne me fit rien, et c'était d'ailleurs plutôt étrange. Mais j'eus beau chercher, même au plus profond de moi, rien. Parler d'une inconnue m'aurait sûrement fait le même effet, et je devais bien le reconnaître, cela faisait du bien.
« Je crois bien qu'il a dû oublier…Tu veux que j'aille le réveiller ? demandai-je tout de même.
- Non, dis-lui juste qu'il va m'entendre. Je n'ai pas le temps, là. Qu'il me rejoigne plus tard s'il veut, sinon je repasse ce soir, après les cours. Mais je ne sais pas trop à quelle heure… Je ne pense pas trop tard mais on ne sait jamais. Qu'il ne s'inquiète pas, au pire, qu'il m'appelle, ou Emily. Allez, je file ! Salut.
- Salut. »
Je n'étais pas tout à fait sûre de me souvenir de tout ce que cette pipelette venait de dire, mais une chose était sûre : Enola était le genre de filles à ne pas croiser au saut du lit ou lorsqu'on avait la migraine. J'avais rarement vu quelqu'un avec un tel débit de paroles. Je préférais encore lorsqu'elle avait peur de moi, ça m'évitait d'avoir à écouter ses interminables tirades.
Malgré tout, je ne pus m'empêcher d'aller aussitôt réveiller Seth. Le fait de savoir qu'il venait tout juste de rater sa petit Enola allait le faire se lever d'un bond et s'agiter dans tous les sens. Mais je le connaissais assez pour savoir que si je n'allais pas lui dire aussitôt, il allait râler.
J'entrai dans sa chambre de manière assez peu discrète mais cette marmotte ne se réveilla pas pour autant.
« Seth ! Debout ! Criai-je tout en tirant sa couette.
- Quelle heure est-il ? dit-il en se réveillant d'un bond.
- Trop tard, elle vient de partir, répondis-je, moqueuse.
- Et merde !, lâcha-t-il en se laissant retomber sur son lit. Elle avait l'air contrarié ?
- Doux euphémisme… Elle va te faire la peau ! »
Il attrapa son coussin pour y enfouir sa tête. Je ne savais pas trop pourquoi c'était si grave qu'il n'y aille pas. Surtout que Seth avait déjà eu son diplôme.
« De toute façon, tu n'as pas vraiment besoin de suivre des cours, si ?
- Non, mais je lui avais promis de lui tenir compagnie. Elle a du mal à se faire à l'idée qu'elle ne peut plus vraiment aller au lycée. Elle y avait toutes ses copines et ses habitudes… Je sais que ça lui manque alors je lui avais promis de venir avec elle, pour qu'elle se sente moins seule.
- Je vois… Eh bien tu as merdé là, c'est clair, affirmai-je.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? s'enquit-il, inquiet.
- Que tu devais la rejoindre…. »
Bon, elle n'avait pas dit que ça… Mais je me voyais mal rapporter mot pour mot à Seth le monologue auquel j'avais eu droit.
Je le laissai se préparer et me dirigeai vers la cuisine. Ce contretemps n'avait pas plu à mon estomac qui criait de plus en plus famine. J'avais quasiment fini lorsque Seth me rejoignit. Il prit place sur la chaise en face de moi et commença lui aussi sa razzia matinale.
« Comment ça va ? », me demanda-t-il, la bouche pleine de céréales.
Cette question était celle que j'attendais. Il ne me l'avait pas encore posée et pour cause, comment voulait-il que ça aille ? Il avait eu droit, comme le reste de la meute d'ailleurs, à son petit résumé complet de l'horrible conversation que nous avions eu et de l'état déplorable dans lequel j'étais depuis. C'était bien simple : une part de moi était bien contente de l'avoir envoyé promener, mais l'autre, la plus importante, croulait sous les remords qui se faisaient de plus en plus pesants dans mon esprit.
« Hum… Je prends ce silence comme un mal… »
Je ne pris même pas la peine démentir. Après tout, non, ça n'allait pas, et je ne me sentais pas la force de faire semblant. Je ne m'étais jamais senti de la sorte. Ca n'avait rien à voir avec ma dépression suite à ma rupture avec Sam. Ou même après le décès de mon père. J'avais l'impression de manquer d'oxygène en permanence, et surtout d'être seule au monde. Jamais je ne m'étais sentie aussi seule que ces derniers jours. Le pire restait encore que je savais pertinemment comment mettre fin à cela : le voir, peut-être même m'excuser. Mais non, j'étais trop bornée pour accepter le fait que lui seul avait le pouvoir de me remonter le moral.
« Peut-être que parler à quelqu'un qui te comprenne te ferait du bien… » proposa Seth.
Quelqu'un qui me comprenne ? Se moquait-il de moi ? À ma connaissance, aucun autre loup n'avait eu à s'imprégner d'un vampire. Personne ne pouvait savoir ce que l'on ressentait de s'imprégner de son pire ennemi, de tout à coup le désirer, ne penser qu'à lui, vouloir qu'il soit heureux et en sécurité à tout prix.
« Je t'en prie, Seth, vous tous, vous êtes imprégnés et hop ! c'était parfait et sans problèmes.
- Non, pas tous… »
Je compris tout de suite de qui il voulait parler et cela ne me rassura pas pour autant sur le fait qu'il fût sérieux.
« Franchement, Seth, tu me vois débarquer et dire : Salut Sam ! Ca va ? Ca te dérange si on cause deux minutes de nos soucis d'imprégnation ?
- Leah, avant tout ça, toi et Sam étiez amis, non ? Pourquoi ne pas lui parler ? Il est le seul qui peut comprendre un tant soit peu ce que l'on ressent à s'imprégner de la mauvaise personne… »
C'était vrai. Seth n'avait pas totalement tort. Sam était peut-être le seul qui pourrait me comprendre, et peut-être que je pourrais me sentir mieux si l'on discutait, lui et moi. Mais à vrai dire, m'imaginer retourner le voir ainsi, de mon plein gré, juste pour discuter, c'était tellement étrange. Même si j'en étais sûre et certaine dorénavant, Sam ne représentait plus rien pour moi. Je me rendais d'ailleurs compte que jamais je ne m'étais mise dans un état pareil pour lui, même pas après qu'il m'ait larguée, et pourtant j'étais devenue invivable… Mais tout n'avait été que colère et ressentiment. Là, c'était tout autre chose.
« J'ai l'impression que c'était il y a des siècles..., répondis-je tout en me levant pour me poster devant l'évier, dos à Seth.
- Peut-être… Mais ni lui ni toi n'avez oublié. C'est le principal, non ?
- Je ne sais pas trop… Je verrais.
- Leah, je te connais. Quand tu dis ça, c'est juste pour te débarrasser de moi plus rapidement. Tu ne vas pas y aller, pas vrai ?
- Seth, je …
- Aujourd'hui, je vais étudier toute la journée avec Emily et Enola. Sam sera sûrement dans son atelier, c'est l'occasion parfaite pour aller lui parler, me coupa Seth.
- Ok… soufflai-je, résignée.
- Je le saurais si tu y as été, alors n'essaye pas de me berner ! »
Après cela, il se dépêcha de finir et sortit en quatrième vitesse pour aller rejoindre Enola. Moi aussi, j'avais envie d'aller le rejoindre…
Ou pas, je n'ai besoin de personne ! Malheureusement si, ma chère Leah, tu as besoin de lui plus que tout et tu t'en rends compte de plus en plus à mesure que les jours passent.
Je remontai dans ma chambre et me laissai choir sur mon lit, Evans m'avait donné ma journée et je me demandais comme j'allais pouvoir m'occuper un minimum l'esprit.
Je pourrais toujours aller voir Sam comme me l'avait conseillé Seth. Peut-être même pouvait-il me faire du bien, m'aider à y voir plus clair. Alors pourquoi ne pas y aller ? En réalité j'avais surtout peur qu'il me dise d'aller me faire voir. Et le pire, c'était peut-être que je le méritais. Je lui en avais fait voir de toutes les couleurs et j'avais été tout simplement exécrable. Mais tout de même ! Il m'avait brisé le cœur pour ensuite aller s'amouracher de ma cousine. J'avais du ensuite ressentir tout l'amour qu'il avait pour elle et non pour moi ! J'avais le droit d'être en colère ! Je me rendais compte aujourd'hui que j'étais réellement allée trop loin parfois. J'ouvrais enfin les yeux. Si seulement j'avais pu prendre conscience de tout cela en m'imprégnant d'un humain ordinaire.
Rien n'avait changé. Son atelier était toujours comme dans mon souvenir. Comment est-ce que je m'étais retrouvée ici ? Mais après avoir passé la matinée à ruminer des choses et autres, j'avais tenté pour une fois de faire ce que l'on me conseillait. Et c'est comme ça que j'étais venue jusqu'ici pour parler à Sam comme Seth m'avait dit de le faire. Mais maintenant que j'étais là, je me disais de plus en plus que je n'avais rien à y faire. Sam ne pourrait pas m'aider, pas plus que n'importe qui, d'ailleurs. Seth m'aurait surement traitée de Calimero s'il avait entendu ce que je pensais, mais après tout, ce n'était que la vérité. S'imprégner d'un vampire ne pouvait en aucun cas être comparé à ce que Sam avait vécu, ce à quoi il avait renoncé. Moi, j'avais l'impression de tout simplement renoncer à moi-même et à ce en quoi je croyais.
« Leah ? Il y a un problème ? », me demanda Sam en courant vers moi.
Bien sûr, à une fois de plus ruminer, j'étais restée plantée là trop longtemps, comme une cruche, et Sam m'avait sentie.
C'était tellement étrange de le voir. En réalité, ce qui était étrange, c'était justement que ça ne me faisait ni chaud ni froid. Rien. J'en aurais presque ri. C'était ce que j'avais toujours voulu après notre rupture : l'oublier définitivement et complètement. C'était enfin chose faite, mais il fallait que ce problème soit remplacé par un autre.
« Leah ? répéta-t-il.
- Non, il n'y a pas de problème, répondis-je en soutenant son regard.
- Que se passe-t-il, alors ?
- En réalité, je ne sais pas trop ce que je fais là… C'était l'idée de Seth et une fois de plus, c'était une idée stupide, lâchai-je tout en commençant à tourner les talons.
- Attends ! Tu es venue jusqu'ici, alors vas-y, insista-t-il.
- Je me suis imprégnée. », lâchai-je d'un coup, sans me retourner.
Je ne vis pas sa première réaction mais quand je lui fis face à nouveau, il souriait. C'était un sourire sincère, un de ces sourires que je n'avais pas vus m'être destinés depuis bien longtemps.
« C'est génial, Leah ! Je suis vraiment heureux pour toi, tu mérites d'être heu…
- Stop !, le coupai-je. Ce n'est pas ce que tu crois. Je suis tout, sauf heureuse. »
Je ne sais pas si Sam comprit enfin pourquoi j'étais là, mais il m'invita à m'assoir sur un vieux banc devant son atelier. N'étant pas du genre à y aller par quatre chemins, je me lançai aussitôt.
« C'est un vampire.
- Quoi ? Mais c'est impossible !
- C'est aussi ce que je pensais… Et pourtant, c'est bien vrai.
- Mais… Comment l'as-tu…Vous l'avez …
- Non. Ce n'est pas un vampire nomade mais un ami des Cullen, en visite. Je dois dire que je préfére quand même ça. »
Je m'imaginai alors imprégnée d'un vampire nomade comme il en passait parfois, un de ce qui tuait et détruisait tout sur son passage. Je crois que je n'aurais pas survécu à cela.
« Leah, je ne vois pas ce que je pourrais te dire..., lâcha-t-il finalement, confus.
- Seth pense… » Je marquai une pause. « …que tu pourrais comprendre ce que l'on ressent lorsque l'on refuse son imprégnation. »
Le silence se fit. Comme je l'avais imaginé, Sam ne comprenait pas réellement ce que je pouvais ressentir. Sa situation avait été bien plus facile. Je m'apprêtais à me lever et partir mais Sam brisa le silence.
« Quand j'ai croisé le regard d'Emily pour la première fois, j'étais encore totalement amoureux de toi, et je croyais dur comme fer en notre relation. Mais d'un coup, tout ce que en quoi je croyais s'est brisé, et Emily est devenue comme une drogue. J'y pensais tout le temps. J'avais besoin de la voir, d'être près d'elle… D'un autre côté, tu étais là, avec tous les projets qu'on avait ensemble, et ma raison me disait que je devais être à coté de mes pompes à cause de ma mutation, que ça allait me passer. Tu t'en doutes, c'était inutile de me battre contre ça. Tu t'es effacée si vite… Je tenais à toi mais ça me semblait tellement fade par rapport à ce qu'Emily me faisait ressentir. »
Il marqua une pause et tourna son regard vers moi.
« Crois-moi, je sais parfaitement ce que tu ressens. Tu te dis que l'imprégnation te fait devenir quelqu'un d'autre, te fait aimer des choses que tu détestes, que suivre ce qu'elle te dit de faire serait comme renier qui tu es. »
Je sentis une boule se former dans ma gorge. Je n'avais pas pensé que Sam aurait pu si bien savoir ce que je ressentais et pourtant, il était là à me raconter ce qu'il avait vécu et j'avais l'impression qu'il essayait de lire mes propres sentiments.
« Crois-moi, Leah, te battre ne sert à rien. L'imprégnation ne fait pas changer qui tu es, elle t'ouvre les yeux. Elle ne m'a pas fait tomber amoureux d'Emily, elle m'a juste fait réaliser que ma véritable âme sœur, c'était elle, et personne d'autre. C'est avec le temps, en apprenant à connaitre qui elle était, que j'en suis tombé fou amoureux. C'était réel, et pas dicté par l'imprégnation. C'est vrai que les sentiments sont plus forts, plus intenses, mais en réalité, elle ne décuple que ce qui doit être. Si tu t'es imprégnée de lui, c'est que, vampire ou pas, c'est celui qui t'es destiné.
- Mais ce sont nos ennemis ! Je les ai détesté plus que tout pendant tellement longtemps ! Je ne peux pas aujourd'hui faire comme si de rien n'était... » soufflai-je, au bord des larmes.
Je n'allais tout de même pas pleurer comme une idiote devant Sam… Mais mon cœur me faisait tellement souffrir. Je me rendais de plus en plus compte que je ne pouvais plus lutter.
« Leah, tu ne t'es pas imprégnée de la race vampirique, mais d'une personne, avec des rêves et des convictions. C'est tout cela qui fait qu'il t'est destiné. Vois-le simplement de cette façon. C'est ton âme sœur, le seul qui pourra réellement te faire accéder au vrai bonheur. » affirma-t-il sans douter.
Je sentis une larme couler le long de ma joue. A entendre Sam, cela semblait si simple. Se pouvait-il que ça le soit réellement ? Je compris qu'en réalité, depuis le début, je savais bien tout cela au fond de moi, j'avais juste peur d'être heureuse à nouveau. C'était tellement fort, tellement intense. De tels sentiments ne pouvaient mener qu'à la perte si les choses tournaient mal.
« Leah, tu as le droit d'être heureuse, que se soit avec un humain, un loup, un vampire, peu importe. Vous êtes destinés l'un à l'autre. Jamais tu ne souffriras de l'imprégnation comme tu as déjà souffert. »
Une fois de plus, Sam avait visé juste. Après tout, pourquoi ne pas simplement accepter. Oui, le bonheur se présentait enfin à moi, et j'étais en train de lui claquer la porte au nez parce qu'il ne venait pas comme je l'avais espéré. Mais le final serait le même. Et puis, après tout, c'était irrémédiable. C'était comme ça ou rien.
« Merci, Sam… », soufflai-je simplement.
Il se contenta de me sourire, puis il posa une main sur mon épaule et m'encouragea encore à accepter le cadeau que l'on me faisait. Puis, il repartit et me laissa seule. Cette conversation m'avait fait du bien. Ca me tuait de l'admettre mais Seth avait eu raison, hormis le fait que Sam pouvait peut-être mieux me comprendre que les autres, je me rendais compte qu'il avait toujours été ainsi, à trouver les bons mots. Surtout, je compris que peut-être, si j'acceptais d'apprendre à le connaitre, je pourrais mieux l'accepter. Si, comme Sam le disait, nous étions faits l'un pour l'autre, alors nous avions forcément des choses en commun. Je me levai à mon tour et jetai un dernier regard à Sam, en le saluant. Puis, je disparus dans la forêt.
Il fallait que je le vois, et tout de suite. Notre échange, à Sam et moi, m'avait surtout fait réaliser à quel point j'avais besoin de lui. De simplement le voir, je le savais, me ferait me sentir plus légère. Je mutai en route pour arriver plus vite et espérai que l'on me passerait des affaires une fois là-bas. Cependant, je ne n'eus pas le temps d'arriver chez les Cullen, car une fois sur leur territoire, je perçus son odeur. Rien que cela me fit réaliser qu'il n'était pas simplement un vampire. Il sentait bon. En réalité, son odeur était semblable à celle d'un vampire, mais il y avait également un petit je ne sais quoi qui la rendait différente, agréable. Je poursuivis l'odeur. Elle était bien présente. Il venait juste de passer par là. Je courus à en perdre haleine. Sentir son odeur avait déclenché en moi des sentiments très primaires et ma forme de loup n'arrangeait rien. Je l'aurais voulu que je n'aurais pas pu faire marche arrière. Mon corps répondait à une seule et unique demande : le retrouver. Et mon esprit, ma raison : disparaître dans la brume. Je le voulais, à tout prix. Mon cœur le voulait et il venait de gagner cette bataille.
Finalement, ma course me mena en haut d'une montagne. Il était là, debout face au vide, la lumière du soleil le faisant briller de mille feux, et je le trouvai tout simplement magnifique. Car il l'était, et que je le trouve superbe parce que je m'étais imprégnée ou parce qu'il était réellement mon genre d'homme devint le cadet de mes soucis.
Avait-il senti ma présence ? Sûrement. Me reconnaitrait-il sous cette forme ? Je l'espérais, je ne pouvais pas vraiment reprendre forme humaine maintenant. Imprégnation ou pas, je restais tout de même un minimum pudique. Je continuai de m'approcher et finalement, je fus à côté de lui. C'était si bon que j'avais l'impression que mon cœur allait exploser. J'avais tellement désiré le revoir et enfin, je l'avais près de moi. C'était tout ce qui comptait.
Il tourna finalement son visage vers moi et j'eus l'impression que j'allais fondre. Il souriait, m'offrant ce sourire à moi, et personne d'autre. Car j'en étais sûr, il savait que c'était moi. Pourquoi avais-je cette certitude ? Aucune idée, mais j'en étais certaine.
Une fois de plus, je sentis mes membres se mouvoir seuls, répondant au besoin primaire de le savoir toujours plus près de moi. J'étais collée à lui et le contraste entre sa peau froide et la chaleur de la mienne n'était pas aussi violent que je l'avais imaginé, sûrement à cause de ma fourrure. Sa main effleura doucement mon pelage, intentionnellement ou non, je n'en avait aucune idée . Juste lui et moi et se silence infinie, c'était comme si on balayait la poussière d'un revers de main, faisant ainsi s'envoler le poids qui pesait sur mon cœur. Je respirais à nouveau, et c'était jouissif. C'était comme de voir la lumière du jour après un séjour enfermée dans une grotte obscure. Je levai mes yeux vers lui. Il souriait encore, et moi aussi. Pouvait-il le voir ? Sûrement pas sous cette forme.
« Leah, tu es magnifique… » murmura-t-il.
Et nous restâmes ainsi un moment. Je me sentais si bien, tellement apaisée. J'avais l'impression de flotter, que tous mes problèmes s'étaient évanouis. Plus rien ne comptait à part lui, et cette présence froide et pourtant si agréable contre mon pelage. Et sans que je m'en rende compte, je m'endormis.
A mon réveil, j'étais allongée sur le sol. L'air s'était un peu rafraichi et surtout, quelque chose de froid et de dur pesait sur mon flanc droit. Je relevai alors la tête et ouvris les yeux pour voir qu'il était là, assis près de moi, s'appuyant légèrement sur moi.
« Bien dormi ? » me demanda-t-il, le sourire toujours aux lèvres.
J'acquiesçai, encore un peu sous le choc de m'être endormie comme ça auprès de lui, comme si je ne courrais aucun danger. Et c'était vrai : je me sentais en totale sécurité auprès de lui. C'était tellement étrange de me sentir ainsi auprès d'un vampire ! Et pourtant, Sam avait raison : il n'était pas juste un vampire, c'était Eric, mon imprégné. Rien de plus, rien de moins.
« Pendant que tu dormais, Alice est passée par là et t'a apporté des affaires. Au cas où. »
Je ne savais pas trop comment elle avait pu savoir que nous étions ensemble vu qu'elle ne parvenait pas à nous voir, mais en réalité je m'en fichais. Je me relevai et pris le vêtement pour aller m'habiller. Il laissa sa main courriel le long de ma fourrure et se simple contact si insignifiant soit il me procura des frissons, j'étais à fleur de peau, et la plus infime des caresses était un pur délice. Cela était-il du à ma forme de louve ?
Il se retourna et je repris ma forme humaine. J'enfilai rapidement le tee-shirt et le pantalon en lin d'Alice. Il sentait atrocement mauvais mais j'y prêtai à peine attention.
« C'est bon. » soufflai-je.
Il me fit face à nouveau, continuant de sourire. Quant à moi, je me sentais tout d'un coup mal à l'aise. Comment avais-je pu à ce point me laisser aller, à m'endormir ainsi auprès de lui ? Mais surtout, sous cette forme, je me sentais plus vulnérable.
« Je suis désolé de t'avoir blessée l'autre fois, lança-t-il, peiné.
- Ce n'était rien. », répondis-je.
Allez, Leah, excuse-toi ! C'est le moment parfait. Lui vient de le faire, alors toi aussi !
« En fait … »
Mais je ne pus finir ma phrase car nous parvint une odeur singulière, celle de vampires, plusieurs même. Je mutai aussitôt, surprenant Eric qui recula in extrémis. Mais cette odeur avait réveillé en moi un instinct de protection que je ne pensais pas ressentir un jour, un besoin de protéger mon imprégné du danger imminent que laissait sous-entendre cette odeur. Je poussai aussitôt un hurlement qui déchira le silence, pour prévenir la meute, puis partis au-devant du danger. Je ne sus même pas, sur le moment, si Eric me suivait. Mais après tout, je ne préférais pas, au contraire. Rapidement, cependant, me parvinrent le bruit de sa course à quelque mètres de moi. Il était tout proche. J'accélérai un peu plus ma foulée. L'odeur se faisait de plus en plus insistante. Ils étaient tout proches.
Je fus bientôt rejointe par les pensées de la meute au complet. Très vite, tous me localisèrent et ils se mirent en route pour me rejoindre, avec pour seule pensée commune anéantir. Enfin, nous arrivâmes devant les ennemis, et ce fut une véritable vision d'horreur. Ils étaient trois, et autour d'eux étaient amoncelés six corps humains sans vie. L'odeur du sang était insoutenable. Je jetai aussitôt un regard vers Eric. Ses yeux s'étaient noircis, l'odeur ne le laissant pas indifférent. Pourtant, même cette vision de lui ne me dissuada pas de le protéger.
Les trois sangsues échangèrent des regards d'abord inquiets, puis l'un d'eux s'exprima dans une langue inconnue, et la seconde d'après, les trois se jetèrent sur nous. Surprise, je fus propulsée contre un arbre. Me relevant aussitôt, je reviens à la charge et sautai sur celui qui s'apprêtait à s'en prendre à Eric. Je l'attrapai par l'épaule, lui faisant faire un demi-tour, puis je le plaquai au sol avec toute la force que je possédais. Le bruit se répercuta dans la forêt, comme si une énorme pierre tombait du ciel. Et avant même qu'il ne fasse un geste, j'attrapai sa gorge et donnai de puissants coups de crocs de droite à gauche. Un craquement se fit entendre et je tirai une dernière fois, laissant le corps de la sangsue sans tête. Je m'apprêtai à me retourner pour aider Eric lorsque je vis qu'il avait déjà détruit les deux autres.
Le danger était écarté. La meute, proche de nous, décida de se séparer pour patrouiller aux alentours.
Eric amorça un pas vers moi, lorsqu'un bruit étouffé nous interpella. Cela venait d'un des humains. Ils n'étaient en réalité pas six mais sept. Le dernier, que je n'avais pas vu, n'était qu'un enfant, et son cœur battait à peine, luttant pour rester en vie. Il était blessé et avait perdu beaucoup de sang, ou bien était-ce celui des autres, ses parents ? J'avais vu beaucoup de choses depuis que j'étais louve mais voir de tels carnages était à chaque fois aussi douloureux. Je sentis l'envie de vomir me prendre. Et quelle ne fut pas ma surprise quand je vis Eric me devancer pour aller s'emparer du corps presque sans vie du petit garçon. Mon instinct de louve se réveilla et je plongeai aussitôt sur Eric qui s'apprêtait à le mordre. Il lâcha le garçon sous la surprise et fut projeté plusieurs mètres plus loin. Ces yeux noirs étaient effrayants. En réalité, il était effrayant. Et je pris enfin la pleine mesure de mon imprégnation. Mon instinct de louve me disait d'éliminer celui qui tentait de s'en prendre à l'enfant, mais mon cœur s'y opposait fermement.
Il poussa un horrible grognement et j'eus l'impression d'avoir affaire à une autre personne. Ce n'était pas le Eric contre lequel je m'étais endormie et encore moins celui qui m'avait souri. C'était un prédateur et moi, j'étais en ce moment-même l'obstacle l'empêchant d'atteindre son but, sa proie. Pourtant, même ainsi, je ne pus l'attaquer. Je ne parvins qu'à faire rempart, mon corps refusant de bouger, saturé par les messages contradictoires qu'il recevait.
Mais, avant même que lui ou moi ne bougeâmes, je vis le pelage gris et roux de Paul et Rachel apparaître derrière Eric. Bien sûr, aucun des deux ne pouvait bouger pour l'attaquer. Ils n'en avaient pas le droit, du moins pas tant que lui-même ne m'aurait touché. Comment la situation avait-elle pu à ce point tourner au cauchemar ? Le cœur de l'enfant ralentit encore. Il allait bientôt mourir si je ne m'empressais pas l'emmener loin d'ici. Chez les Cullen, peut-être, c'était plus proche que l'hôpital. Eric fit encore quelque pas vers moi, son visage toujours déformé par la soif de sang. Et moi, j'étais toujours incapable de faire quoi que ce soit. C'en était presque douloureux. Eric n'était plus qu'à quelques centimètres de moi. Qu'allait-il faire ? J'aurais du en profiter pour tuer le vampire et l'ennemi qui était si proche de moi, mais je ne pouvais pas. Je laissai échapper un léger couinement. Cette situation était horrible, et la douleur de le voir ainsi prêt à me tuer pour accéder au sang, était dévastatrice. Je me courbai légèrement, ne pouvant rien faire de plus que m'affaisser sous le poids du dilemme qui me déchirait.
« Leah… » murmura-t-il.
Je levai les yeux, et sur son visage, toute colère avait disparu. Au contraire, elle avait laissé place à un rictus de douleur. L'instant d'après, il avait disparu dans la forêt, et le cœur de l'enfant cessait de battre.
