Voilà la fin de How it began:
On ne distinguait pas de différences entre routes et trottoirs tant le sol était recouvert de neige. Des flocons tombaient, ça et là, et le village fait de bois avait un certain charme. On eut dit un petit village comme les autres, endormi sous la neige et attendant Noël de la même façon qu'un prisonnier attend un cadeau, une fleur, le pardon.
Un grand homme apparut, enveloppé dans un large manteau gris, sale, déchiré.
Il marchait doucement, une certaine tristesse habitant sa démarche bien trop lente pour son imposante carrure. De loin, il retenait l'attention par son immense silhouette. Et de près, par son visage creusé par les larmes et ses cernes noires et gonflées. Il étonnait les passants par ses épaules voutées et son air vulnérable. Ses yeux miels en effet criait une douleur qu'on ne peut ignorer.
Les enfants le dévisageaient sur son passage avec une compassion des plus surprenante, comme s'ils connaissaient l'origine de la peine du grand homme. Ses cheveux noirs, parsemés de mèches grisâtre, étaient ceux d'un jeune garçon qui a grandi trop vite et dont seuls les petits se souviennent.
Rémus –c'était son nom-, que la gaieté froide de l'hiver n'atteignait pas, soupirait. Si les passants savaient ce qu'avaient vécu les habitants de Godric Hollows. Tous ces morts, ces luttes et ce sang que le ciel venait recouvrir par la nuit. Tout cet orgueil et cette honte que la terre s'efforçait de cacher par la neige.
Il ne voyait ni les derniers rayons de soleil qui frappaient inutilement certains toits, ni la petite fille à l'écharpe rouge qui construisait avec calme un bonhomme de neige. Il ne voyait pas les grandes stalactites qui pendaient royalement du toit; il n'entendait pas les rires des adultes et les cloches qui sonnaient, les cantiques de Noël chantés par les enfants. Il marchait, sans se préoccuper des regards, sur la plus grande route du village et ne sentait pas la brise légère et froide.
Seul au milieu d'une foule qui le dévisageait, il ressassait tant de choses à présent perdues sous une couche de glace. Tant de secrets et de trahisons. Ce bonheur perdu et ces morts trop pleurés.
Emporté par le flot de ses pensées, il ne vit pas s'approcher une toute petite fille portant une écharpe rouge. Du haut de ses un mètre, elle le contemplait, la bouche en cœur. Elle tira sur le bas de son manteau miteux. Surpris, Rémus baissa la tête. Ses yeux croisèrent l'éclat malicieux de ceux de la gamine.
Il vit bleu, tendresse, il vit vert, espoir, il vit gris, pardon. Elle sourit, il se souvint: C'était loin, c'était beau. Combien de fois s'était il perdu dans ces grands yeux bleus, cet océan de sentiments? Il ne les comptait plus. Son cœur se gonfla de joie, c'était elle n'est ce pas? C'était ses yeux, son sourire et sa tendresse. C'était son espoir, sa fleur? Elle était revenue, elle était là.
N'est ce pas?
Mais la gamine se colla à lui -sa tête arrivait à peine aux hanches du grand garçon- et lui souhaitant "Joyeux Noël" de cette voix enfantine qu'ont seuls les tout petits, elle s'écarta et disparut.
Le temps s'arrêta, où était-elle?
Rémus la chercha des yeux. A droite. A gauche. Personne.
Puis, d'un coup, comme ça, il sentit se glisser en lui cette joie caractéristique des fêtes et découvrit les trésors qu'apporte l'hiver et qu'il n'avait pas vu. Il lui semblait que les rires de ces défunts amis résonnaient, portés par les cloches, que leur sourire se trouvaient dans les rares flocons qui virevoltaient, que leur amour lui chatouillait le visage tout comme le soleil s'y appliquait dans ses derniers instants. Il leva alors les yeux au ciel et contempla l'étoile polaire que l'on apercevait déjà. Il sourit sous le regard bleu, vert et gris de la reine des étoiles, cet l'enfant de tendresse et d'espoir, alors que flottait dans la nuit une écharpe rouge.
Bon Week-End! :)
