Bonjour bonjour mes chatons ! Comment allez vous ? Perso je me fais chier comme un rat mort de mes journées, mais ça vous vous en fichez peut-être alors je vous laisse la paix avec mes histoires :p
Je suis de retour pour vous poser un nouveau chapitre des aventures de Chuck. Vous allez voir comment elle peut être déterminée et à quel point elle tient à la compagnie dans cette partie.
Trêve de bavardages. Je remercie JunyTheKid et Neiflheim pour leur pitite review :3
Et encore un grand merci à milyi pour son super travail qui m'aide beaucoup beaucoup ! Bisous ma tomatocollège :*

Enjoy !


Chapitre 9 :

Le lendemain fut une longue marche (pour changer) sur les crêtes des montagnes. Je regrettais de ne pas avoir mon appareil photo. Le paysage était magnifique. Je ne pouvais pourtant pas m'arrêter pour l'admirer, si je ne voulais pas perdre la troupe. Les jours se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. On se réveillait aux premières lueurs de l'aube, on déjeunait, marchait, dînait, marchait, soupait. Puis je me couchais à la belle étoile dans les bras de Kili, après avoir fait la vaisselle comme à mon habitude. Cette routine ne me déplaisait pas au début, mais cela faisait une semaine maintenant et je commençais vraiment à en avoir par dessus la tête. C'était épuisant et ennuyeux à souhait, les conversations étant tournées sur les souvenirs que les nains avaient d'Erebor ou des histoires qui leur avaient été contées.

Quand je me levai ce matin, le jour n'avait pas encore pointé son nez. Pour une fois que j'étais levée avant tout le monde ! Seul Balin était assis près des dernières braises du feu, le regard perdu dans les cendres. Je le rejoignis en prenant soin de ne réveiller personne.

-Déjà debout ?

-Oui.

-J'espère que vous vous êtes bien reposée, nous attaquons la partie la plus dure de cette montagne.

Je haussai les épaules. Tout pour moi semblait dur depuis notre départ de Fondcombe de toute façon. Les nains s'éveillèrent chacun leur tour. Le petit déjeuner fut prit, comme à l'accoutumée, puis nous partîmes.

A midi, le soleil s'était caché derrière un léger brouillard, ce qui diminua le temps de pause. Balin ne m'avait pas menti. Le chemin était plus étroit et escarpé qu'auparavant. Aussi je devais faire preuve d'une extrême concentration pour ne pas tomber à chaque pas.

Le ciel s'était assombri depuis le début de la journée, le moral de la compagnie devenant de la même couleur que les nuages. Et puis, alors que nous étions sur un sentier plus étroit encore que précédemment sur le versant d'une falaise, un orage se déclencha accompagné de la pluie. Heureusement que la cape elfique était un tant soit peu imperméable, sinon j'aurais été trempée jusqu'à la moelle.

Il faisait de plus en plus sombre et cela me terrifiait. Déjà qu'en plein jour je manquais de tomber… Le sol était de plus en plus glissant à cause de la pluie, et il fallait vraiment faire attention pour ne pas déraper. Par dessus le marché, la montagne semblait geindre et grincer au fur et à mesure que nous avancions. Bilbon fut le premier à glisser. Je criai de terreur en voyant le hobbit penché dans le vide et si Dwalin n'avait pas été là, il se serait sans aucun doute écrasé des centaines de mètres plus bas.

-Il faut trouver un abri ! hurla Thorin.

-Attention ! lui répondit sur le même ton Dwalin.

Un autre cri d'effroi sortit de ma bouche quand je vis un immense rocher s'abattre de notre côté de la falaise. Il fallut se plaquer contre la montagne pour éviter les grosses pierres qui nous tombaient dessus.

-Ce n'est pas un orage, comprit Balin. C'est un duel de roches ! Regardez !

En face de nous, un monstre de pierre se décrochait de la montagne, envoyant avec lui un autre rocher en notre direction.

-Mince alors… Les légendes disaient vrai. Des géants ! Des géants de pierre !

La révélation de Bofur m'acheva. C'était quoi ce monde de tarés bon sang !?

Maman je veux rentrer chez moi !

Derrière nous, un autre géant se leva. Nous étions pris entre deux feux.

-Abrite toi pauvre idiot, beugla Thorin à Bofur.

J'eu juste le temps de le tirer en arrière avant qu'il ne se fasse écraser par un rocher.

-Merci, Dame Chuck.

-Taisez-vous, on n'est pas encore sorti d'affaire, fis-je tremblante.

En effet, le chemin se sépara entre Fili et Kili, ce dernier étant emporté avec d'autres nains… Nous étions sur les jambes d'un troisième géant ! Était-ce donc ainsi que nous allions mourir ? Dans un combat de catch entre des créatures tout droit sorties des enfers ? Notre petit groupe, soit Thorin, Fili, Oin, Gloin, Bifur et moi, arriva à rejoindre la montagne stable, les autres étant toujours sur la jambe du géant. Le premier monstre de pierre attaqua « le nôtre » qui en perdit la tête. Littéralement. Le corps se fit lâche et alla s'écraser sur la falaise. La lourde jambe où se trouvaient nos amis en premier.

-Kili ! hurlai-je, terrorisée.

Thorin lui aussi criait le nom de son neveu. Il était… Ils étaient tous… Je me refusai de penser à ça. Ce n'était pas possible… Les larmes roulèrent sur mes joues. J'avais assisté, impuissante, à la mort de nos compagnons.

Le désespoir de Thorin n'arrangeait rien à ma douleur. Ses hurlements étaient comme un million de poignards dans ma poitrine.

Le reste du géant s'écroula et nous courûmes avec un fol espoir à l'endroit du choc. Mes larmes redoublèrent quand je les vis sur le sentier, bien vivants. Je me jetai dans le bras de Kili, n'arrivant pas à faire cesser mes sanglots de joie.

-Dieu soit loué, tu es vivant, tu n'as rien.

-Tu ne te débarrasseras pas si facilement de moi, je te le promets.

Il caressa mes cheveux tandis que je glissai mon nez dans son cou.

-J'ai eu si peur…

-Je suis là, je vais bien, ne t'inquiète pas…

-Où est Bilbon ? demanda Bofur. Où est le hobbit ?

Je me redressai d'un bon pour voir le Semi-Homme accroché au bord du sentier, les jambes balançant dans le vide.

-Bilbon ! paniquai-je.

Au moment où Ori allait l'attraper, il glissa de quelques centimètres, rendant impossible aux nains de le secourir. Il allait tomber ! Avec un geste que je ne pensais pas possible de sa part, Thorin se jeta en contre bas et remonta le petit homme d'une seule main. Malheureusement il glissa à son tour. Pour la deuxième fois, sans Dwalin nous perdions un autre membre des plus importants de la compagnie. Je soupirai de soulagement quand tout le monde fut sain et sauf.

-J'ai cru que nous avions perdu notre cambrioleur, fit le tatoué.

-Il est perdu depuis qu'il est sorti de chez lui, grogna Thorin. Il n'aurait jamais du venir, il n'a pas sa place parmi nous.

La déception se lut sur le visage de Bilbon. On aurait pu, à ce moment là, voir un enfant qui avait déçu ses parents après sa première bêtise. Il faisait de la peine à voir et mon cœur se serra pour lui. Je posais une main sur son épaule, mais il s'en dégagea aussitôt.

Le chef de la compagnie trouva une grotte quelques mètres plus loin et il fut décidé que nous y passerions la nuit.

Je n'arrivai pas à dormir, malgré la chaleur réconfortante de Kili à mes côtés. Alors je rejoignis Bofur qui avait le premier tour de garde.

-Dame Chuck, vous devriez dormir.

-Je n'y arrive pas… Et je vous en prie, je ne suis pas une Dame.

-Excusez-moi. Trop d'émotions ?

-Sans doute. Je n'en ai pas vraiment l'habitude… Croyez vous que Gandalf nous rejoindra ?

-Je n'en sais rien, ma D… Chuck. Thorin ne semble pas vouloir l'attendre.

Alors que nous doutions sur la venue du magicien, le Semi-Homme passa devant nous, le sac sur les épaules.

-Où est-ce que vous allez comme ça ? l'interrompit Bofur.

-Je retourne à Fondcombe.

-Non, non, non ! Vous ne pouvez pas rebrousser chemin, vous faites partie de la compagnie.

-Bofur a raison Bilbon. En plus c'est trop dangereux dehors.

-Vous êtes l'un des nôtres, accentua le nain.

-Ah bon, c'est nouveau ? Thorin a dit que je n'aurais pas dû venir, et c'est vrai. Je ne suis pas un Took, je suis un Sacquet, je ne sais pas ce que je m'imaginais… J'aurais dû rester chez moi.

-Mais Bilbon…

-Non, Chuck. Je suis désolé. Je ne fais pas partie de cette compagnie, pas plus que vous.

Ses mots me blessèrent en tous points, me murant dans un profond silence.

-C'est pas très gentil ça, fit Bofur.

-Pardonnez moi.

-Votre village vous manque, poursuivit le nain, je sais que c'est dur.

-Non, vous ne savez pas, s'impatienta le hobbit. Vous ne comprenez pas, aucun de vous ne comprend, vous êtes des nains ! Vous ne connaissez que cette vie. Vous vivez sur les routes sans jamais vous installer nulle part, vous n'avez pas de chez vous !

Je réprimai un hoquet de surprise. Ses paroles ne ressemblaient pas au caractère si calme et doux du hobbit. Bofur baissa les yeux, déçu lui aussi de son attitude.

-Oh, excusez moi…

-Non, c'est vrai. Nous n'avons pas de chez nous. Je vous souhaite bonne chance Bilbon, du fond du cœur.

Je me levai pour raccompagner le hobbit jusqu'à l'entrée de la grotte.

-Vous allez me manquer Maître Sacquet. Je vous souhaite tout le bonheur du monde jusqu'à la fin de vos jours.

-Vous allez me manquer aussi Dame Chuck. Je…

-C'est quoi ? l'interrompit Bofur.

Nous suivîmes son regard jusqu'à la dague de Bilbon. On pouvait voir une teinte bleue luire au bord de son fourreau. Il la sortit, confirmant la lumière qui étincelait sur toute la lame. Un silence de mort s'installa, pour laisser place à un bruit étrange, comme celui du sable dans un sablier.

-Debout ! commanda Thorin.

Il devait avoir suivi l'échange, même si nous le pensions endormi. Le sol s'ouvrit comme une trappe sous les nains qui basculèrent dans le vide. Je voulus me précipiter pour retenir Kili, mais la main puissante de Bofur me poussa vers l'extérieur avant que lui même et le hobbit ne sombrèrent dans les profondeurs de la montagne. Je me retrouvai ainsi seule, sans plus personne pour me dire quoi faire. Les cris de la compagnie résonnèrent dans la caverne, me glaçant le sang. Je courus pour essayer de les apercevoir, pour essayer de deviner s'ils étaient encore en vie, mais le sol revint à son état initial, comme une bascule. J'étais seule. Seule et perdue au milieu d'une fichue montagne…

Je ne sus pas combien de temps j'avais passé à pleurer. J'avais tout d'abord tapé et sauté comme une dégénérée sur le sol qui, bien sûr, n'avait pas voulu s'ouvrir. D'un côté, je n'étais même pas sûre d'arriver entière en bas…

J'avais ensuite voulu rebrousser chemin mais la bataille des géants de pierre avait détruit le sentier. Alors j'étais restée dans cette petite caverne, à pleurer sur la mort probable de mes compagnons de route.

Je détestais Bofur. Pourquoi m'avait-il éjectée de là ? Pourquoi ne m'avait-il pas laissée tomber avec eux ? Parce que entre choisir mourir écrasée sur le sol ou de faim, j'aurais choisi la première option. Puis ma « haine » envers lui se calma quand je compris finalement qu'il n'avait pas réfléchi mais qu'il avait juste tenté de me sauver, faisant redoubler mes larmes.

Ce fut lorsque le soleil pointa le bout de son nez entre deux pics que je décidai que je ne pouvais définitivement pas restée là. Les affaires étant tombées avec les nains, je n'avais rien à porter. Je sortis de la grotte et continuai sur le sentier que nous aurions du normalement suivre sans cette péripétie.

Je n'avais rien à manger, rien à boire, mais la perspective de sortir de cette foutue montagne me donnait la force suffisante pour continuer. Je ne m'accordai qu'une petite pause quand le soleil fut à son apogée pour souffler avant de reprendre ma route.

Avec un peu de chance, les nains et le hobbit avaient survécu à leur chute et en ce moment même, ils étaient à la recherche d'une sortie… Je plaçai mes maigres espoirs dans cette hypothèse, ne voulant même pas imaginer si ce n'était pas le cas.

Le crépuscule commença à dominer les sommets des montagnes. Sur une corniche, le dos appuyé contre la falaise, je regardai au loin. Les arbres que l'on voyait avaient pris une sublime couleur flamboyante, tant à cause du soleil que de l'automne qui s'installait. Dans un tout autre contexte j'aurais trouvé ça magnifique, mais cette vision me rendait de plus en plus mélancolique.

Je regardai un peu plus en avant du chemin. Il n'y avait aucun endroit pour passer la nuit. Je n'avais d'autre choix que de continuer le plus rapidement possible avant qu'il ne fasse complètement noir. Alors j'avançai.

Environ une demi-heure plus tard, je fus soulagée quand je vis que j'étais bientôt au bout de mon calvaire. Un petit plateau me tendait les bras un peu plus en contre bas. Mais ma joie fut de très, très courte durée. Le chemin ne me laissait pas d'autre choix que de me coller face contre le mur et d'avancer en crabe tellement il était étroit. Je pouvais y arriver. Il me restait probablement une bonne demi-heure avant que la nuit ne tombe.

Courage ma vieille, courage.

Essayant de calmer mes tremblements, j'avançai prudemment sans me presser. Il aurait été vraiment bête de tomber après tant de chemin parcouru !

Des bruits de chaînes et autres babioles se firent entendre un peu plus loin, ainsi que des voix qui ne m'étaient pas totalement inconnues.

Ils venaient de s'échapper des pattes des ignobles gobelins. Petites créatures sournoises et puantes ! Aussi perfides et malhonnêtes qu'un troupeau d'orcs. Tout le monde était là. Tous ?

-Où est notre hobbit ? Et la Voyageuse ? demanda Gandalf, qui les avait rejoint dans les bas fond de la montagne. Maudits soient-ils, ils sont perdus maintenant !

-Bilbon n'était-il pas avec Dori ?

-Ne m'accuse pas !

-Où l'avez-vous vu la dernière fois ? s'inquiéta le magicien.

-Je l'ai vu s'éclipser quand ils nous ont conduits à la grande salle, fit Nori.

-Que s'est-il passé au juste ? Dîtes le moi !

-Je vais vous dire ce qu'il s'est passé, fit le chef de la compagnie. Maître Sacquet a sauté sur l'occasion de s'enfuir ! Il ne pense qu'à son lit douillet, qu'à son feu dans l'âtre depuis qu'il a franchi le seuil de sa porte. Nous ne reverrons pas notre hobbit. Il doit être loin.

Tous les nains échangèrent un regard lourd. Et si Thorin avait raison ?

-Non, il n'est pas loin.

Bilbon venait de sortir de derrière un arbre, au grand soulagement de la compagnie et de Gandalf.

-Bilbon Sacquet, je n'ai jamais été aussi content de voir quelqu'un, sourit le magicien.

-Bilbon ! enchaîna Kili, on ne vous espérait plus !

-Comment avez-vous échappé aux gobelins ? demanda Fili.

-Comment, en effet, appuya Gandalf.

Bilbon émit un petit rire nerveux. Devait-il le dire ou se taire. Gandalf nota bien qu'il cachait quelque chose, dans sa poche, mais il ne dit rien. Le magicien se fit tout de même la promesse silencieuse de découvrir son secret. Secret dont il avait une petite idée qui ne lui plaisait en aucun cas.

-Oh, mais quelle importance, finit-il par dire. Le revoilà.

-C'est très important, contredit Thorin. Je veux savoir. Pourquoi êtes-vous revenu ?

-Je sais que vous doutez de moi, que c'est le cas depuis le début. C'est vrai, je pense souvent à Cul-De-Sac. Mes livres me manquent, et mon fauteuil, mon jardin. Je suis chez moi là-bas, c'est mon foyer. Alors je suis revenu parce que vous n'en avez aucun… De chez vous. On vous l'a pris. J'essayerai de vous aider à le reprendre.

Un silence de reconnaissance s'abattit. Bilbon avait su trouver les mots justes. Ce fut lorsqu'un cri strident retentit que la compagnie retrouva sa vivacité.

-Qu'est-ce donc ? paniqua Ori.

-Où est la Voyageuse ? demanda le magicien sans répondre à la question du jeune nain.

-Là !

Gandalf suivit le doigt que Thorin pointait sur la falaise. En effet, elle était là, mais pas dans la meilleure des positions.

Les nains ! Merci Seigneur, ils étaient en vie. De là où j'étais, je pouvais tous les voir, petits comme des fourmis, mais bien vivants. Aucun ne manquait à l'appel. Bilbon était là lui aussi même s'il avait pris son temps pour arriver. Je pressai le pas, trop heureuse de les revoir.

Mauvaise idée Chuck, très mauvaise idée.

Mon pied dérapa sur un petit caillou que je n'avais pas vu et ce fut de justesse que je me rattrapai à la montagne en hurlant, les jambes dans le vide.

-A l'aide ! Au secours !

Je sentai mes doigts glisser petit à petit de la corniche et mes bras n'étaient pas assez solides pour me remonter. S'ils ne faisaient pas quelque chose et vite, j'allais m'écraser en bas de la montagne.

Je vis dans le coin de l'œil que les nains se précipitaient à mon secours. Dieu soit loué. Malheureusement, une de mes mains me lâcha et je me retrouvai pendue avec moitié moins de force. Je sentis une larme couler.

Bon sang Chuck, reprends toi, concentre toi et surtout accroche toi !

Je peinais vraiment à m'accrocher à la vie. Un de mes doigts lâcha. Je poussais un petit cri étranglé en me concentrant sur les trois dernières phalanges qui m'empêchaient de m'écraser en contre bas. Le problème étant que ma main était moite et que je sentais petit à petit que je glissais.

Je vais mourir.

Une ombre me recouvrit soudain. Dwalin, mon sauveur ! Il attrapa ma main et me remonta comme si je n'étais qu'un poids plume.

-Ca va aller ? s'inquiéta-t-il en me posant à côté de lui, contre la montagne.

-Je… Je…

Je fondis en larmes. J'étais passée à quelques centimètres de ma mort. Ça n'allait pas du tout.

-Il faut avancer Dame Chuck, je ne peux vous porter, la corniche est trop étroite.

-Ou… Oui, d'accord.

Je séchai mes larmes un court instant pour arriver en un seul morceau sur le plateau. Une fois que je fus sûre d'être en sécurité, je me laissai tomber sur les genoux, mes larmes reprenant de plus belle.

Un nain vint m'entourer de ses bras et je reconnus l'odeur de Kili. Je pleurai alors encore plus, sachant que j'avais failli ne plus jamais le revoir. Il avait dû penser la même chose, car dans son étreinte se sentait la peur de me perdre, du moins je le pensais.

-Je t'en prie Chuck, ne me refais plus jamais ça.

-Je vais essayer, je te le promets.

Je levai ma tête rougie par les larmes pour croiser ses yeux. S'il avait pu, il aurait pleuré, mais sa fierté l'en empêchait.

-J'ai cru que j'allais te perdre, quand vous êtes tous tombés dans ce trou…

-Et moi j'ai bien cru que Dwalin n'arriverait pas à temps. Que tu allais tomber sans que je puisse y faire quelque chose. Par Durin, Chuck, je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie.

J'allais répliquer qu'avec ma maladresse, il aurait probablement encore le temps d'avoir peur jusqu'à Erebor, mais il m'embrassa, empêchant quoique ce soit de sortir de ma bouche. Des hoquets se firent entendre, tout comme des rires nerveux et des grognements de mécontentement (sûrement ceux du chef de la compagnie d'ailleurs). Au diable Thorin et les autres. Trop heureuse d'être en vie et auprès de mon nain, je passai mes bras autour de son cou, l'embrassant comme si c'était la fin du monde. Cela eu pour conséquence de redoubler les réactions, nous faisant sourire Kili et moi.

-Je l'avais dit. Tout comme le hobbit, elle n'a pas sa place dans cette compagnie.

Ok, c'en est trop, je craque. Je me détachais de Kili, son regard chargé d'appréhension.

-Thorin ! hurlai-je.

Il se retourna nonchalamment et me regarda comme si je n'étais qu'une bestiole insignifiante.

-Je vous demande… Non, je vous oblige à me parler sur un autre ton !

-Comment osez-v…

-Oh la ferme bon sang ! Vous vous prenez pour le meilleur du monde, vous pensez que vous valez mieux que Bilbon, ou même que moi, mais il n'en est rien. Vous êtes méprisable, égoïste et imbu de votre propre personne. Vous ne voyez pas plus loin que le bout de votre nez. Vous êtes persuadé que dès que vous allez tourner le dos, le hobbit et moi allons prendre la fuite. Vous vous fourrez le doigt dans l'œil et ce, jusqu'au coude ! Nous sommes aussi loyaux que les nains de cette compagnie ! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans cette montagne, mais Bilbon est revenu. J'aurai pu faire demi-tour quand vous êtes tombés, rejoindre Fondcombe et y finir ma vie d'étrangère venue d'un autre monde sans aucun problème. J'y aurais été bien accueillie, je ne me fais aucun souci là dessus. Mais j'ai avancé. J'ai longé cette saleté de montagne alors que je n'y suis pas du tout à mon aise, tout ça pour essayer de vous retrouver alors que je n'avais aucun moyen de savoir si vous étiez encore en vie ou juste une crêpe de nains dans les profondeurs de cet enfer de pierre. J'exige que vous arrêtiez ce mépris à notre égard, car sans nous je suis persuadée que sans notre aide à tout les deux, vous ne reprendrez jamais votre royaume et votre héritage ! Je ne suis pas un simple objet que l'on dispose à souhait !

-Vous n'êtes pas un objet, vous n'êtes qu'une humaine, répondit-il tout simplement en s'éloignant.

-Mais allez vous faire foutre Thorin Ecu-De-Chêne !

Il se retourna, prêt à répondre à mon insulte, mais il avait à peine ouvert la bouche qu'il fut coupé net par des hurlements de loups.

Rectification, des hurlements de Wargs.

On n'a même pas le droit à une vraie dispute en Terre du Milieu ?

S'il ne le montrait pas, il souriait intérieurement. C'est qu'elle avait du répondant la petite humaine. Il était vraiment fâcheux que les Wargs soient arrivés, non seulement parce qu'il était question de leur vie, mais il aurait été curieux de savoir jusqu'où la conversation, ou plutôt la dispute, aurait été.


Un chapitre un petit peu plus long, mais c'est parce que vous le valez bien ;)
Une petite review pour me dire ce que vous avez pensez de mon travail ?

Des gros bisous et à la semaine prochaine !

Mathy