Bonjour,
Un nouveau p'tit chapitre, j'espère qu'il vous plaira
Bonne lecture
Au cours de la dizaine de jours qui suivit, ce fut un vrai branle-bas de combat qui régna au manoir Holmes. Tous les deux jours, le mystérieux tueur pour certains (enfin, mystérieux, pas pour Mycroft, évidemment), Elisa pour d'autres, commettait un nouveau crime, avec à chaque fois laissée sur place une nouvelle clef usb qui rassemblaient des informations sur des personnalités, politiques ou autres, sur des gouvernements, sur des organisations criminelles, et à chaque fois un indice de plus en plus précis sur son identité. Mycroft faisait part de toutes ses „déductions" à son équipe. Aidés de ces „déductions", Lestrade, Donovan, Anderson, Molly et John continuaient leur travail, et en plus cherchaient, regroupaient des informations, faisaient des spéculations sur l'identité du tueur.
Mycroft faisait tout pour accélérer les choses. Il avait hâte de pouvoir regrouper son équipe et celle d'Elisa. A eux tous, ils pourraient monter des opérations difficilement réalisable sans une approche interne de l'organisation. Cependant, il appréhendait également les prochaines semaines, car il ne savait pas si le rapprochement entre lui et Elisa qui ne manquerait pas d'arriver éveillerait les soupçons et amènerait les personnes étrangères au clan Holmes à se poser des questions sur les motivations des principaux investigateurs de toute cette histoire.
Le 13 octobre, Lestrade et John, dans la chambre de ce dernier, conversaient au sujet des membres du gouvernement impliqués dans le réseau de Moriarty.
L : « Imaginiez-vous, John, qu'il y ait autant de personnalités politiques impliquées dans des affaires véreuses ? »
J : « Greg, j'adore mon pays, je me suis battu pour lui, mais je ne doute pas que certaines personnes profitent des avantages qu'il donne afin d'acquérir plus de pouvoir. »
L : « Oui, bien sûr, et je n'étais pas naïf au point de penser que l'Angleterre était exempt de corruption, mais ce que j'ai appris sur certains politiciens m'amènerait presque à douter de tout le monde. »
J : « Ce que vous me dites me surprend, Greg, voulez-vous parler de Mycroft? »
L : « Mycroft est un Holmes, et je pense que comme Sherlock, il est passé maître dans l'art de manipuler tous ceux qui l'entourent. Je dois dire que toutes ses recherches, ses investigations que nous faisons depuis plusieurs jours m'amènent malheureusement à douter de lui. »
J : « Pensez-vous sincèrement qu'il nous aurait protégé de nos ennemis et lancé sur la trace de tous ces politiciens véreux dans ce cas ? »
L : « Je ne sais pas, peut-être qu'il pense qu'il est si bien protégé que nous n'aurions aucune preuve contre lui. »
J : « Sans avoir de preuve, rien que le fait de douter de lui suffirait à faire capoter toute l'affaire. Mais Greg, qu'est-ce qui vous amène à penser cela ? »
L : « Rien de particulier, à part le fait qu'il ne laisse personne enquêter sur lui. »
J : « Ce que je trouve tout à fait normal. »
L : « Moi pas, il fait parti du gouvernement, il devrait nous laisser voir si l'on peut avoir confiance en lui. Et ce n'est pas ce qu'il fait. Plusieurs fois, je suis tombé sur des rapports d'affaires impliquant de près ou de loin Mycroft, et à chaque fois il s'est arrangé pour que je change de voie. Comme s'il ne voulait pas que je sache quelque chose sur lui. »
J : « Je ne sais pas, peut-être avez-vous raison, mais pour ma part, je lui fais confiance. Je ne peux pas vous dire pourquoi. Enfin si, tout comme j'avais pleinement confiance en Sherlock dès le début, sans savoir pourquoi, j'ai confiance en Mycroft. Ils sont fait du même bois tous les deux, implacables, arrogants imbus d'eux-même, mais tout de même, je ne peux m'empêcher de leur faire confiance. »
John avait dit cela de manière volubile, sans reprendre son souffle, avec une étincelle dans le regard que ne lui avait connu Lestrade que quand il enquêtait avec Sherlock.
L : « John, laissons cela de côté pour le moment d'accord ? »
J : « Comme vous le souhaitez, Greg, nous n'avons de toute façon pas assez d'éléments pour obtenir une conclusion satisfaisante. »
John se leva et s'apprêtait à se diriger vers la porte de sa chambre quand il fut retenu par Lestrade qui s'était emparé de son bars dans une poigne ferme. Ce geste arrêta net John, qui se retourna lentement pour faire face à son interlocuteur.
L : « John, restez s'il vous plaît, j'aimerais que nous parlions d'une autre chose. »
John se laissa retomber sur le lit qu'il avait quitté quelques instants plus tôt.
J : « Qu'y a t-il Greg ? »
L : « Nous n'avons pas encore eu de conversation seul à seul depuis que nous sommes arrivés ici, et je tenais à vous dire que je suis très heureux de pouvoir vous revoir, vous reparler. Je vois que vous avez encore cet éclat de tristesse dans le regard quand Sherlock est amené dans une conversation, mais d'après les renseignements que j'avais pu avoir à votre sujet pendant ces deux dernières années, vous allez quand même beaucoup mieux. Et j'en suis extrêmement content. »
J : « Et bien, Greg, je suis touché de vos paroles. Il est vrai que depuis que je suis arrivé ici, c'est un peu paradoxal. Ici, tout me ramène à lui, et en même temps, je suis tellement occupé que je n'ai plus beaucoup de temps pour penser à lui. Mais je crois que çà me convient. Et en traquant l'organisation de Moriarty, j'ai l'impression de faire un peu ce que faisais Sherlock. Et je peux me rendre utile. Bref, tout çà me ramène un peu à la vie. Et je dois dire que je suis moi-même très content de pouvoir vous reparler. »
L : « Pourtant, c'est vous qui ne vouliez plus me parler. »
J : « Je sais. J'ai vainement cru pendant deux ans que de m'éloigner le plus possible de tout ce qui me rappelerait Sherlock me serait bénéfique. Je me rend compte maintenant que c'était une erreur. Vous m'avez beaucoup manqué, Greg. »
Lestrade sourit, puis, dans un élan subit, posa sa main sur celle de John. Il la pressa doucement, puis plongea ses yeux dans ceux du médecin.
L : « John, je sais que la mort de Sherlock a laissé un grand vide dans votre vie, mais cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas essayer de le combler. Je sais que je n'ai pas son charisme ni son intelligence, mais sachez que si vous le voulez, je peux peut-être vous aider à le combler, ce vide. »
Sa phrase c'était terminée en un murmure, mais c'est dans ses yeux que John put lire toute la tendresse que l'autre homme lui adressait en cet instant. Comment avait-il fait pour laisser sa douleur éloigner cet homme plein de bonnes intentions de sa vie ? Il ne savait pas, mais en tout cas, il ne voulait plus se séparer de Lestrade, qui, de simple « collègue », était devenu un véritable ami.
J : « Je ne sais pas quoi dire, Greg, vraiment. C'est très gentil de votre part. »
Lestrade continua de le fixer quelques instants, puis se leva et aida John à se lever.
L : « Venez, nous avons encore beaucoup de travail. Et puis il faut réfléchir aux cinq indices que nous avons trouvé. Il faut absolument découvrir l'identité du tueur. »
Lundi 13 octobre, 221b Baker Street.
Elisa arpentait l'appartement en de grandes enjambées, incapable de tenir en place. Voilà deux jours que Chelsea ne lui avait plus donné de nouvelles. Trois jours qu'Elisa avait dégoté une superbe jeune femme, complètement écervelée et superficielle, qu'elle avait placé dans les pattes de Moriarty afin que celui-ci délaisse pour un temps Chelsea. Cela lui permettrait de se reposer un peu dans le harcèlement dont faisait preuve le parrain du crime anglais. Et comme prévu, Moriarty était complètement tombé sous le charme de cette brune plantureuse, avec un pois chiche en guise de cerveau, et qui se laissait complètement manipuler par l'homme. Il avait donc complètement délaissé Chelsea, qui en était plus que ravie. Mais malheureusement, Moriarty avait décidé en contrepartie de lui faire faire encore plus de sale boulot, et la jeune femme n'avait plus une minute pour elle. Et depuis deux jours, elle ne répondait plus au téléphone, ni à quoi que ce soit d'autre d'ailleurs. Tom était très inquiet également et Scott et Logan essayait d'en savoir plus sur elle.
Il fallait absolument qu'elle les contacte. Chelsea était très importante pour le groupe. Étant dans les petits papiers du grand manitou, elle fournissait toujours de précieuses indications. Elisa savait qu'elle ne pouvait pas la contacter sans prendre le risque de la faire repérer, mais elle n'aimait vraiment pas ce genre de choses.
Elle se laissa finalement tomber dans le canapé, et joignit ses mains sous son menton. Attitude totalement holmessienne, évidemment, qu'elle avait prise quand elle était encore une enfant. Quand on a pour ami un Holmes, il fallait s'attendre à certaines conséquences.
Dans cette position qu'elle affectionnait, elle repensa aux évènements des derniers jours. Elle savait que dans quelques heures, Mycroft révèlerait son identité au reste de son équipe. Puis ils se verraient enfin. Mme Hudson la reconnaîtra sûrement, et elle pourra enfin se replonger dans les bras qu'elle avait volontairement abandonné il y a huit ans. Elle était prête à tout pour lui. Monter une opération de cette envergure pour assurer sa protection, et la protection du couple qu'ils formeraient, était complètement fou, voire irrationnel de par certains aspects, mais elle s'en fichait. La sécurité, voilà pourquoi elle était partie il y a huit ans. Des menaces de mort planant sur elle et son amant avait eu raison de son couple. Il n'en avait jamais rien su car elle avait , avec difficultés, réussi à garder tout cela secret, mais maintenant, l'occasion était trop belle, s'ils réussissaient leur coup, ils n'auraient plus de soucis à se faire, et ils auraient par la même occasion un pouvoir immense au niveau international. L'information est la clef du pouvoir, et grâce à la dizaine de personnes qui travaillaient pour eux, il pleuvait de l'information en grande quantité.
Une fois la machinerie mise en place, ils feraient tomber l'organisation de Moriarty, qui était trop difficile à contrôler. Mais pour cela, pour qu'aucune branche pourrie ne survive, il fallait réunir énormément de preuve, car il était certain que beaucoup chercheraient à enterrer l'affaire.
Elle fut interrompue dans ses réflexions par la sonnerie de son téléphone. Elle lut le nom qui s'afficha sur son portable, sourit, et décrocha.
E : « Sherlock, je suis contente de t'avoir. Comment cela se passe au Canada ? Tu n'as pas trop froid ? »
SH : …
E : « Ok. Au fait, je dois te dire que d'ici quelques jours, il faudra que tu reviennes au 221b BakerStreet, en faisait très attention à ne pas te faire repérer, mais plus au domaine. »
SH : …
E : « çà c'est à moi de décider, Sherlock, j'ai mes raisons de le faire. Et je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je sais que le domaine est grand, mais il y a un trop grand risque que tu te fasses repérer. Je viendrais te voir de temps en temps. »
SH : …
E : « John va bien, il remonte la pente grâce à tout ceci. »
SH : …
E : « Je n'en sais pas plus, mais je demanderais à Mycroft quand je l'aurais au téléphone. »
SH : …
E : « Je ne sais pas, et pour tout te dire, je n'ai pas franchement envie de le savoir. J'ai bien d'autre choses à gérer. Au fait, il faudra que l'on se trouve du temps pour se parler de vive voix, et ce dans les plus brefs délais. Je dois te parler de certaines choses, qui je suis sûre ne te feront pas plaisir sur le coup. Néanmoins, j'espère que tu accepteras l'idée et qu'ensuite, tu prendras certaines choses en main.
SH : …
E : « Ne fais pas le malin, je sais que j'ai attisé ta curiosité. Sherlock Holmes ne saurait rester avec un doute planant dans son esprit. Dis-moi quand tu reviens, et je m'arrangerais pour faire de la place dans mon planning.
SH : …
E : « Pour une fois tu es raisonnable, c'est bien. As-tu autre chose à me dire ? »
SH : …
E : « Ok, je te laisse alors. »
Elisa raccrocha, se leva prestement, et sortit en courant de l'appartement. Sa conversation avec Sherlock lui avait donné une idée, et elle allait immédiatement la mettre en place. Elle pourrait enfin s'amuser un peu, aux dépens de Scotland Yard bien sûr.
A suivre
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