Bonjour les petits loups

Aujourd'hui je poste les deux derniers chapitres parce que, oui c'est déjà la fin.

Sham et moi-même, tenions à vous remercier pour votre patience et votre fidélité. Parce que vous le méritez tous

Merci pour tout les messages d'amour, les commentaires amusants, les critiques constructives et j'en passe. Merci, merci, merci.

Merci aussi à tout ceux à qui je n'ai pas pu répondre par faute de temps ou de compte FF.

Je vous souhaite une bonne lecture


Chapitre 9

Seul l'esprit, s'il souffle sur la glaise, peut créer l'homme.


Scott était le genre de personne qui aimait à penser qu'il était possible de garder une ligne de conduite acceptable avec un minimum de principes. Et pour cause, il était devenu Alpha rien qu'à la force de sa volonté. Ce qui, il faut l'avouer, était un sacré tour de force à proprement parler. Il n'avait jamais eu à se salir les mains pour obtenir ce qu'il voulait. Il avait toujours protégé les membres de sa meute des moindres dangers environnants. Il avait toujours essayé d'être juste et attentif dans ses décisions et il était fier de penser qu'il était un bon meneur.

Mais voilà, aujourd'hui il avait une envie de meurtre.

Toute sa belle ligne de conduite avait été mise à mal pendant deux longues semaines. Et cela avait commencé le vendredi soir en quinze alors qu'il était tranquillement en train de faire la vaisselle avec Kira. Il avait été envahi par un désir, une envie si puissante qu'il lui avait été impossible de l'ignorer. Il en avait lâché l'assiette qu'il avait dans la main. Deux secondes plus tard, il attrapait Kira. S'il ne l'avait pas déjà revendiqué, ce qu'ils firent ce soir-là y ressemblait atrocement.

Si on s'arrêtait à cet épisode... Mais, non ! A chaque instant de ses journées, il était submergé par des vagues constantes qui le rendaient fiévreux, tremblant, haletant et ce, même au travail. AU TRAVAIL ! Franchement, si on s'arrêtait au fait qu'il paraissait avoir contracté la grippe, mais il avait eu un sacré problème pour cacher son érection douloureuse alors qu'il venait tout juste de prendre son service. Surtout devant les patients. Il avait fini par se faire « porter » pâle.

Bon encore une fois, ce n'était pas vraiment la mer à boire.

Non le pire, ce n'était pas d'avoir dû conduire jusqu'à la maison dans cet état. Ni le fait de devoir expliquer à Kira sans lui sauter dessus pourquoi il avait dû quitter le service d'oncologie à peine arrivé. Ni de devoir se faire violence à s'en désintégrer le poing, la moitié de la journée pour ne pas faire subir à sa femme ses besoins qu'elle ne ressentait pas. Elle n'était pas une garou. Elle n'était pas touchée par les effets de la revendication. Mais surtout, elle était mère, elle avait d'autres priorités que la débauche constante dans laquelle son mari la plongerait si elle l'écoutait. L'autre moitié de la journée bien sûr, Scott réussissait à la convaincre avec son regard de chien abandonné.

Ce n'était pas non plus le fait de devoir composer avec sa meute à moitié évanouie et groggy par le phénomène ou les bêtas de Derek complètement en rut, alors qu'ils pleuraient et suppliaient pour que ça s'arrête. Ni les appels répétés d'Ethan qui n'en pouvait plus alors qu'il était en Suède. Il se fit d'ailleurs la réflexion que, peut-être, tout les garous de cette planète avaient été touchés.

Certainement pas le rire tonitruant de Lydia au téléphone avant de lui envoyer à la figure que c'était elle qui était responsable de ce qui leur arrivait et qu'elle n'allait aucunement intervenir alors qu'ils avaient mis si longtemps à se décider. Non vraiment, bon d'accord... ça l'avait beaucoup vexé, mais ce n'était pas ça. Ni quand il avait réussi à se traîner jusque chez le druide et que Peter l'avait intercepté sur le perron, en lui rappelant qu'il était extrêmement dangereux d'interrompre une revendication, aussi puissante et dérangeante soit-elle.

Non, ce n'était rien de tout cela. Le pire, oui le pire, fut quand son regard se posa sur la fenêtre, attiré par le mouvement. Derek venait de plaquer Stiles contre celle-ci et l'avait observé à son tour. De là où il se trouvait, Scott pouvait tout voir en plus de tout entendre. L'autre Alpha lui avait alors lancé un sourire carnassier et semblait prendre un malin plaisir à faire perdre la tête au druide agrémentant le tout de paroles salaces. Il avait pris un malin plaisir à briser l'image qu'il avait de son puceau de frère de cœur. Il avait pris un malin plaisir à lui faire comprendre que Stiles n'avait plus rien de l'ado survolté et énervant qu'il avait été, et que tout ça lui appartenait, depuis toujours. Il avait pris un malin plaisir à lui mimer qu'il en avait encore pour un moment à supporter ça. Salaud !

Oui, c'était ça le pire. C'est pourquoi il se dirigeait d'un pas décidé à la clinique de son ancien employeur pour échanger deux mots avec son ami.

Il entra et suivit les voix qu'il entendait depuis un moment. Ils étaient là, Deaton, Stiles et Derek à discuter de rituels et d'incantations quand il invectiva Derek, très irrité.

_ TOI ! cria-t-il en pointant l'autre Alpha de son index accusateur.

_ Moi, répondit Derek avec un petit sourire narquois.

_ Tu nous as fait vivre un enfer pendant quinze jour ! On m'a regardé comme si j'avais deux têtes parce que la mienne avait duré cinq jours et que mes bêtas ont tous ressenti des sensations agréables, mais là, ça dépasse l'entendement ! Est-ce que... Est-ce que tu es une espèce de robot ? Tu les as rendus malades et vomissants tellement ils ont ployé sous tes hormones d'Alpha dégénéré, et le pire c'est que tu en es fier ! Ôte-moi ce sourire de ta face de con ! Je vais t'assassiner, lentement et minutieusement.

Stiles s'interposa les yeux incandescents d'éclats dorés, il pouvait sentir la magie du druide vibrer.

_ Tu te calmes. Maintenant ! ordonna le renard.

Et comme s'il lui avait lancé un sort, le loup se sentit apaisé. Sa colère envolée.

_ Je déteste quand tu fais ça, j'ai le droit d'être en colère contre lui, protesta faiblement Scott comme un enfant.

_ D'une certaine manière, je comprends que tu sois en colère contre Derek, Scott. Mais si cette revendication a été aussi démesurée c'est surtout à cause de Stiles. La puissance de la revendication ne vient pas seulement du loup mais aussi de son compagnon. Il est vrai que généralement le rituel de liaison ne dure pas plus de deux jours et chatouille gentiment les autres loups de la meute. Kira et toi étiez déjà une exception, mais Stiles c'est... il ne joue pas dans la même cour, depuis un moment déjà, intervint Deaton pour faire la lumière sur les événements.

_ Comment ça peut être de la faute de Stiles ? Quand je l'ai vu une semaine après il était tellement ailleurs qu'il avait mis la litière dans les gamelles et les poissons dans les cages à souris ? Lydia m'a même avoué que Derek, lui, était incroyablement énergique et euphorique, tellement qu'on l'aurait dit, dopé aux amphétamines, si on ne savait pas que c'est un loup, brama le jeune Alpha.

Il se rappelait très bien de l'état de Stiles, il n'était pas sûr que son ami ait eu une réelle notion du temps pendant cette période. Bon, en y réfléchissant davantage, il n'était pas sûr que le druide ait notion de quoi que ce soit, post-revendication.

_ Oui et si je me souviens bien, tu te sentais extrêmement vivant après ta revendication quand Kira, elle, a dormi pendant deux jours entiers. C'est le partage de vitalité qui veut ça, vous fusionnez avec votre compagnon. Et plus il est puissant, plus le besoin de concrétiser cette union est intense, renchérit l'émissaire.

Scott reporta son attention sur Stiles, soudain inquiet.

_ Pendant combien de temps as-tu dormi Stiles ?

_ Quand tu m'as vu, je m'étais réveillé. Enfin... C'est ce qu'on m'a dit après quand j'ai repris mes esprits. La seule chose dont je me souvenais de manière saisissante, c'était les deux semaines que nous avions passées dans cette bulle de débauche, répondit le renard, les yeux plissés en se rappelant des événements sans s'apercevoir qu'il venait de vivifier le souvenir de Scott, la raison de sa colère.

Il vira son regard choqué, vers Derek.

_ TU ! Tu l'as drainé à ce point !? Pourquoi n'as-tu pas récupéré Noa avant ?

_ J'avais besoin de le veiller. Tu sais aussi bien que moi que le lien n'apporte pas que des avantages.

Scott détourna les yeux, boudeur.

_ De toute manière, je suis sûr que Noa t'a fait vivre en enfer pour l'avoir éloigné de vous pendant trois semaines, cracha Scott persuadé que d'une certaine manière le môme l'avait vengé.

_ Oh, ne t'inquiète pas pour ça, j'ai su me faire pardonner, rit franchement Derek.

_ Tu n'as vraiment honte de rien, sale...

_ STOP ! hurla Stiles avant de prendre son manteau furibond. Si vous tenez tant que ça à savoir qui a la plus grosse, très bien ! Moi, je me casse !

_ Stiles...soufflèrent les deux Alphas soudain honteux.

_ Même Noa est plus mature que ces deux idiots, marmonna le druide en partant d'un pas rageur.

Derek et Scott se lancèrent mutuellement un regard réprobateur sous le rire moqueur de l'émissaire.


OoO


Stiles grimaça quand la lame transperça sa chair. Il fit couler son sang dans un calice alors que Derek en faisait de même, face à lui. Le druide y trempa son index et son majeur gauche pour tracer les mêmes pentagrammes compliqués qu'il avait dessiné lors de sa dernière crise de somnambulisme. Une fois terminé, il posa la coupe au centre de celui qu'il avait fait sur le sol.

Derek, lui, se plaça face au renard. Il pouvait voir les yeux et les tatouages de Stiles s'illuminer de la même manière que lorsqu'ils faisaient l'amour.

Le jeune druide balbutiait ses incantations dans une langue qu'il ne connaissait pas. A le voir comme ça, Derek, était persuadé que rien ne pourrait le distraire. Et il était si beau. Il était le loup le plus chanceux de l'histoire... bon, en réalité, il n'était pas si chanceux que cela. Il en avait connu des romances dignes des tragédies grecques. Mais avec Stiles, la vie n'avait plus la même saveur. Jamais. Chaque jour qui passait était une nouvelle découverte.

Il fut sorti de ses pensées quand une petite perle de lumière commença à sortir de Stiles. Il s'inquiéta et fit un pas vers lui. C'est à ce moment qu'il vit que la même perle sortait de son propre corps. Stiles lui fit un mince sourire tout en continuant le rituel comme pour le rassurer. Il recula donc.

Les deux petites perles rejoignirent la coupe et le sang à l'intérieur de celle-ci commença à léviter. Soudain, une lumière rosée s'éleva de chaque tracé de chaque pentagramme et un vent étrange s'éleva dans la pièce. Puis, aussi soudainement que cela avait commencé, tout s'arrêta.

Stiles vacilla.

Derek n'eut pas à faire deux pas dans sa direction que déjà le druide avait posé ses deux mains sur ses genoux et reprenait sa respiration.

_ Qu'est-ce que... qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Stiles

_ Je ne sais pas, c'est toi le spécialiste.

_ Elle aurait dû être là.

_ Il faut peut-être attendre un peu, proposa le loup.

Derek soutint Stiles jusqu'à ce qu'il soit assis sur le lit et ils attendirent. Ils attendirent une heure entière avant que les larmes ne montent aux yeux du renard. L'Alpha s'accroupit alors entre ses jambes, prit ses mains dans les siennes et plongea son regard dans celui embué du druide.

_ Hey ! Calme-toi, ce n'est pas grave.

_ Mais ! Ça n'a pas marché ! On n'avait pas le droit à l'erreur. JE n'avais pas le droit à l'erreur ! Je sais que tu rêves d'une famille nombreuse et je ne pouvais déjà pas te l'apporter. Je ne pouvais t'offrir que deux enfants, seulement deux ! Résultat des courses...

_ Stop, stop, stop, c'est vrai que j'aurais aimé avoir deux enfants. Mais cela n'a aucune espèce d'importance si ce n'est pas le cas. Je veux dire, Noa est tellement merveilleux. Tu me combles... non, vous me comblez chaque jour de bonheur.

_ Mais...

_ Chuuuut, souffla le loup avant de l'embrasser.

Derek se redressa et fit doucement basculer le jeune homme sur le lit, ses mains toujours posées sur ses joues, sa bouche ravageant sa comparse. Il se redressa et regarda un instant Stiles dont les yeux étaient particulièrement brillants et hypnotisants. Il se pencha sur lui et lécha les larmes qui coulaient encore le long de ses joues.

Stiles, lui, hoqueta quand il sentit l'érection de Derek contre lui. Il repoussa le loup et se dégagea de sa prise pour s'asseoir à genoux sur le matelas. Derek ne comprenait pas pourquoi le renard voulait lui échapper. Le regard plus déterminé, le druide attrapa alors le t-shirt du loup et le retira avant de fondre sur les lèvres de son compagnon et déboutonner son jean avant de le baisser fébrilement. Il passa une main à l'intérieur du boxer pour empoigner fermement la virilité humide de désir et imprimer un mouvement lent et suave qui irritait les nerfs du loup. Celui-ci d'ailleurs gronda contre ses lèvres, faisant vibrer leurs deux corps avant de saisir vigoureusement les fesses de son amant pour le coller davantage à lui.

Stiles claqua plusieurs fois sa langue à son palais tout en posant son index sur la bouche de Derek et le forcer à reculer. Vraiment, le loup ne comprenait pas ce revirement de situation. Il observa donc le petit manège du renard pour essayer de saisir ce qui lui avait échappé. Le druide, lui, s'était totalement défait de l'étreinte et sorti de sur le lit tout en regardant continuellement Derek dans les yeux. Il défit tous ses vêtements avec un regard taquin et heurta malencontreusement le calice posé au sol. Son cœur se serra et une vague d'amertume le prit quand il porta son attention dessus.

Derek qui avait sentit ce nouveau changement, fit un bond pour rejoindre son amant, donna un coup dans le petit réceptacle pour le dégager de leur vue et entraîna Stiles au sol.

Le jeune homme sursauta quand il sentit le sang froid et épais contre son dos. Il profita de ce moment d'hésitation chez le loup pour échanger leurs positions. Cela ne sembla pas vraiment plaire à Derek qui reprit le dessus. Mais le druide ne l'entendait pas de cette oreille et une sorte de bataille s'ensuivit, jusqu'à ce que d'une impulsion impatiente le renard cloue le loup au sol avec ses capacités. Il aurait dicté un « calme-couché » autoritaire à un chien qu'il aurait obtenu le même résultat. Derek se vexa, il détestait quand Stiles faisait ça. Il avait tout pouvoir sur lui. Mais son sentiment d'injustice ne dura guère. Son regard colérique s'était posé sur son compagnon et son souffle se coupa.

Stiles était recouvert de traînées de sang, comme s'il s'était un peu trop frotté à une toile de peinture fraîche. Il ne devait pas être dans un meilleur état. Se dégageait du renard quelque chose de très sauvage et animal. Celui-ci d'ailleurs, ravageait son corps de baisers brûlants avant de prendre deux des doigts de Derek en bouche. Et là, oui là, le loup aurait pu jouir rien qu'avec le tableau devant lui. Le regard chaud que Stiles lui accordait tout en se frottant lascivement contre lui, la bouche très occupée était assurément très addictif. Le druide relâcha les deux doigts dans un « pop » sonore laissant sa langue déposer sur eux une quantité abondante de salive et rit légèrement devant le regard envoûté et la respiration hachée de son compagnon. Il amena lui-même la main de son amant devant son entrée. Plus tard les préliminaires, il avait besoin de se perdre et d'oublier ce fiasco. Il la dirigea un peu, pour se détendre, se lubrifier, puis s'en dégagea et prit en main le pénis plein et lourd d'envie à quelques centimètres derrière lui.

Dans cette position la pénétration était plus facile, il fit glisser le membre lentement en lui. Il posa ses deux mains sur le torse devant lui et regarda un instant Derek qui avait les yeux vitreux de plaisir. Le renard laissa échapper un soupir haché avant de pousser sur ses cuisses et sur ses bras pour commencer la première impulsion. Il faisait des mouvements amples de va-et-vient tout en roulant des hanches, ce qui provoquait des gémissements et des soupirs saccadés chez le loup. Mais Derek ne resta pas inactif très longtemps. Il avait saisi les fesses de son compagnon pour lui imposer un rythme plus soutenu et se redressa un peu pour embrasser le druide. La cadence devint encore plus folle après que Derek ait trouvé la prostate du jeune homme. Les deux comparses donnaient chacun de sa personne pour conférer une allure sibylline à cet échange.

Après un orgasme ravageur, Stiles se laissa doucement reposer sur le torse recouvert de sueur, sperme, salive, et encore quelques traces de sang séché, le loup toujours en lui. Derek avait entouré le druide de son bras gauche et jouait avec les cheveux du renard de sa main droite. Ils reprenaient tous deux leurs respirations, se fichant royalement de l'état déplorable dans lequel ce rapport les avait laissés. Stiles et Derek se laissèrent porter par le rythme de plus en plus serein du cœur de chacun, et s'endormirent.

Derek se réveilla en sursaut.

Il ne savait pas combien de temps ils avaient dormi sur le sol mais Stiles, lui, était toujours profondément endormi sur lui. Pourquoi s'était-il réveillé ?

Ah oui, ce bruit.

Il pouvait discerner une sorte de gazouillis étrange, et comme de petites bulles qu'on éclateraient à peine créées avec en arrière-plan, un petit martellement régulier. Il regarda un instant le renard, mais ça ne venait pas de lui. L'air était tellement saturé d'odeurs qu'il n'arrivait pas à se concentrer. Il décida de prendre Stiles avec lui pour l'emmener prendre un bon bain chaud avant d'aller récupérer Noa chez Scott.

Le druide se mit un peu à geindre dans la manœuvre mais se laissa transporter. Il se réveilla doucement, très doucement dans les bras chauds du loup. Il passa tranquillement ses bras et ses jambes autour de Derek et se lova dans son cou pour respirer l'odeur de l'autre. Il sentit son compagnon se pencher et entendit l'eau couler. Et après quelques minutes à rester là, dans un état encore second, Derek les rentra dans l'eau agréablement chaude. Le bruit était beaucoup plus diffus maintenant qu'ils étaient dans la salle de bain, mais toujours là, bien qu'il ait à moitié disparu. Le renard s'était saisi du savon et s'était attelé à les nettoyer alors que Derek écoutait toujours d'une oreille distraite le son pour comprendre ce que cela pouvait bien être.

Le loup reporta son attention sur son amant et une vague de bien-être venant de son loup l'envahit. Stiles était détendu et serein, ce qui le gonflait de joie et fierté. Il arrivait à rendre son compagnon heureux. Et quand le renard le regarda à son tour, ses yeux s'illuminèrent d'un doré bien brillant. Là, Derek en était certain, les étoiles étaient éclairées pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne. Après une bonne demi-heure à se câliner tout en se lavant, les deux hommes sortirent de la baignoire, se séchèrent et retournèrent dans la chambre pour s'habiller.

Alors que Derek allait se saisir de son T-shirt, encore abandonné sur le lit, il vit une petite bouille endormie, surmontée d'une touffe de cheveux noirs et d'une peau laiteuse.

_ Stiles, appela-t-il doucement en déglutissant.

Le druide, qui avait senti le trouble de son compagnon dans sa voix, s'approcha doucement pour voir ce qui le tourmentait autant. Derek avait pris son haut lentement, lui dévoilant dans sa globalité, la petite fille de six mois endormie sur le lit.

_ Ça a marché, souffla Stiles la voix pleine d'émotion.

_ Co... Comment veux-tu qu'on l'appelle ? demanda le loup alors qu'il hésitait à toucher l'enfant.

Stiles, lui, s'était déjà précipité sur sa commode pour trouver les vêtements les plus anciens de Noa. Malheureusement, Noa était bien plus grand à son arrivée, mais en attendant ça ferait l'affaire. Il retourna devant le lit, prit délicatement la petite dans ses bras tout en donnant sa réponse.

_ Que penses-tu de Laura ?

Derek regarda pendant quelques minutes Stiles qui était très concentré dans sa tâche. Il avait éventré un coussin et créé une couche pour la petite avant de remodeler les vêtements de son fils pour qu'elle ne se noie pas dans cette mer de tissus. Vraiment, cet homme avait la fibre pour ce genre de choses. Laura... il prit alors conscience de ce que le druide lui avait dit. Laura. Stiles pensait à lui à ce point ?

_ Tu... tu es sûr, on, on est pas obligé, on peut...

_ Non, j'aime beaucoup ce prénom, le coupa gentiment le druide.

Derek posa son regard sur l'enfant et sourit tendrement. Oui. Laura, lui irait très bien.

_ Laura.

_ Laura Stilinski Hale, ça sonne bien, tu ne trouves pas ? interrogea Stiles en lui tendant la petite.


OoO


Scott regardait Noa qui, soupirait pour la quarante-troisième fois en regardant par la fenêtre. L'adulte était intrigué. Il décida donc de rejoindre l'enfant et se posta devant lui.

_ Que se passe-t-il Noa ?

Noa plongea alors son regard dans celui de Scott, l'observant intensément. Il semblait peser le pour et le contre à parler avec l'adulte. Aussi, L'Alpha décida d'attendre patiemment qu'il prenne une décision.

_ Et bien voilà, j'aime beaucoup Laura. C'est une petite sœur super, mais... Miki est mieux.

Scott ne put s'empêcher de sourire. Sa fierté de père revenait au galop aux paroles de l'enfant. Bien sûr que Miki était mieux, c'était sa fille après tout. Aucune fille ne serait mieux que la sienne. Mais il se reprit ne voyant toujours pas où était le problème.

_ Mais tu viens souvent pour jouer avec Miki.

_ Oui. Mais je ne peux pas beaucoup.

_ Miki est petite, Noa, il faut que tu attendes qu'elle grandisse un peu pour pouvoir jouer plus avec elle.

_ Je sais que Miki est petite. Mais je trouve que je ne la voie pas assez. Et je ne sais pas si elle voudra toujours jouer avec moi quand elle pourra plus. Et je ne sais pas non plus si Laura me trouvera bon comme grand frère, aloors...

Scott trouvait le garçon étrange aujourd'hui. Bon, s'il devait être honnête, il avait toujours trouvé Noa étrange. Le petit était difficile à approcher, et quand il acceptait quelqu'un dans son cercle, il avait toujours cette manière un peu trop adulte de parler. Par moment, il faisait des caprices d'enfant. Mais on finissait toujours par découvrir une raison très profonde à ses envies. Oui, cet enfant était flippant. Et l'intérêt qu'il avait pour Miki ne lui disait rien qui vaille. Les trois seuls autres personnes qu'il avait accepté aussi aisément étaient les membres de sa famille. Scott avait l'impression d'être face à un puzzle auquel on lui avait donné une pièce importante, mais ne savait pas la placer. Pourquoi Stiles n'était jamais là quand on avait besoin de lui ?

_ Je veux prendre Miki dans ma maison.

Scott avala sa salive de travers et toussa de manière tonitruante alors que Kira et Stiles rentraient de leurs courses pour Laura et Miki.

_ Pourquoi vous êtes obligés de vous arrêter à Laura ? Demanda Kira à Stiles.

_ Tu ne peux pas prendre Miki chez toi Noa, c'est ma fille et tu as déjà ta petite sœur, rétorqua Scott après avoir repris son souffle.

_ Pourquoi ? interrogea Noa d'une voix implorante.

_ C'est ma fille, Noa ! Pas un jouet ! s'énerva l'adulte.

Scott se mordit la lèvre, il n'avait pas voulu crier sur l'enfant. Et le gosse, lui, avait déjà les yeux débordants de larmes.

_ Ne crie pas sur mon fils Scott, réprimanda Stiles en se dirigeant vers le renard-garou pour le prendre dans ses bras et le réconforter.

_ Scott ne comprend rien, confia Noa à son père la voix cassée par le sanglot qui était bloqué dans sa gorge.

Stiles sécha les larmes de son fils avec son pouce et lui souffla à l'oreille.

_ Toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. Mais peu d'entre elles s'en souviennent.

Le druide lança un regard plein de sous-entendus à Scott et repartit avec Noa dans la cuisine pour aider Kira et reprendre leur conversation.

_ Qu'est-ce qu'il y a comprendre ? Le questionna Scott perdu.

_ De quoi parlions nous déjà ? Reprit Stiles ignorant délibérément Scott.

_ Pourquoi, seulement Laura ? Lui indiqua Kira.

_ Ah oui ! Quand nous sommes allés voir Alan pour le rituel, il nous a expliqué que lorsque j'ai créé Noa, une partie de mon essence vitale est partie en lui. Quand Derek m'a revendiqué, je l'ai également partagée avec lui de manière à vivre le même nombre d'années que lui, en tout point. Donc nous ne pouvions faire qu'un autre enfant, autrement. Cela deviendrait dangereux pour tout le monde. Je ne suis pas immortel. Tout à un prix.

_ Stiles ! Cria Scott énervé d'être ignoré.

_ Si tu l'as pas compris aujourd'hui, c'est que tu n'es pas encore prêt à entendre la réponse, lui répondit le druide.


Voilà pour le dernier chapitre

A tout de suite pour l'épilogue.