Mes yeux s'ouvrent sur un ciel orangé. Le soleil se couche lentement derrière une colline au loin. Je suis allongé sur un sol moelleux recouvert d'herbes qui me chatouillent le visage. Mon cœur bat à nouveaux un rythme lent et posé. Je me relève sur les deux coudes pour voir un peu plus loin Hermione debout dos à moi qui regarde l'horizon. Ses cheveux emmêlés s'agitent avec le vent de ce début de soirée. L'endroit est si calme, reposé, magnifique même, que j'ai l'impression que notre escapade à Gringotts n'est qu'un mauvais rêve. Mais la douleur aigue qui me transperce soudain le nez me prouve que, non, c'est bien la triste réalité. Mon grognement alerte Hermione qui se retourne immédiatement. La plaie sur sa joue est fermée mais une trainée de sang séché lui recouvre une partie de la joue. Sa chemise est dans un état épouvantable et laisse apparaitre par endroit sa peau blafarde recouverte d'égratignures. Quand elle se baisse à mon niveau je remarque son visage anxieux.

Comment tu te sens ? me demande-t-elle.

Je ne sais pas… j'ai super mal au nez… qu'est-ce qui s'est passé au juste ?

Hermione baisse les yeux, rougit de honte et se triture nerveusement les mains.

Je nous ai fait transplaner, mais ça n'a pas fonctionné correctement. Nous somme arrivé un peu trop loin et tu… tu t'es désartibulé… oh ne t'inquiète pas ! ajoute-t-elle en me voyant subitement tâter mon nez effrayer à l'idée qu'il ait disparu. A Beauxbâtons il a une option « médecine de base » que je suis depuis ma troisième année. Tu avais juste perdu un morceau de chair mais ça à pas mal saigné…

Mon estomac se contracte quand j'aperçois que l'herbe est très pourpre là où ma tête était posée quelques minutes plus tôt.

… il y a une rivière un peu plus bas qui m'a permis de te nettoyer le visage, continu Hermione évitant toujours mon regard. Tu n'as pas de séquelles mais tu as perdu trop de sang pour que l'on puisse transplaner à nouveau. Et je… je… Je suis désolé.

Quoi ? Pourquoi ? je m'étonne.

Je n'ai pas réussi à transplaner correctement et d'une certaine manière je suis responsable de ta blessure…

Elle idiote ou quoi ? Non « idiote » n'est définitivement pas un adjectif qui convient à Hermione. Mais dans ce cas s'y je n'en vois pas d'autre. Elle nous a sauvés, sans elle le Mangemort ne nous aurait pas épargné. Sans oubliez que les heures depuis le moment où elle a appris à transplaner se comptent sur les doigts de la main. Je devrais la remercier plutôt, et lui dire que ce n'est pas grave qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait mais à la place je sors la phrase la plus ridicule qui soit :

Bah le plus important c'est qu'on est tous vivant.

Je me lève difficilement tout en prenant soit de ne pas croiser son regard. Non mais quel imbécile ! Elle me sauve la vie et je n'arrive même pas à sortir un truc sympa ! Si Owen était là il saurait comme s'y prendre.

Où est Harry ? je demande pour changer de sujet.

Juste là.

Elle pointe son doigt derrière moi puis se baisse pour ramasser la cape d'invisibilité qu'elle coince sous son bras. Je prends quelque seconde pour observer Hermione pendant qu'elle est occupée. Son visage toujours à moitié recouvert de sang séché trahit une sorte de déception. Je me mets mentalement un gifle tout en me promettant de rattraper le coup je me tourne ensuite vers Harry. Il assit, immobile, sur une motte de terre. Il doit entendre le son de mes pas car quand je commence à m'approcher de lui il tourne la tête dans ma direction.

Et bien, dis-je, tu n'es pas Harry Potter pour rien. Tu apportes ton lot d'ennui on dirait…

Je m'assois à ses côtés puis avise sa sacoche posé à près de lui. La tentation de jeter un œil à l'intérieur est grande. Mais je me rappelle la folie dans ses yeux à Gringotts alors qu'il étranglait Hermione de toutes ses forces. Même s'il est aveugle pour l'instant, calme et inoffensif, rien ne dit qu'il va le rester alors je reste sur mes gardes. Mon regard se porte à nouveau vers Hermione qui fait une « pointe au nord » avec sa baguette puis scrute le ciel, pensive.

Mais tu n'es pas le seul, je continus, depuis que je connais cette fille ma vie est encore plus bourré de danger qu'elle ne l'était auparavant.

Je ne m'attends pas à ce qu'il me réponde. J'avais juste envie de le dire à quelqu'un et c'est le seul type disponible dans le coin. Ça ne m'empêche pas de sursauter quand Harry pose sa main sur mon épaule dans un geste maladroit qui semble… compatissant ou …amical.

Il va falloir y aller les garçons, fait Hermione en s'approchant de nous. Il fera nuit dans quelques heures et à partir de là ça sera beaucoup plus dur de nous orienter.

Elle aide Harry à se lever puis m'explique à l'écart comment elle pense qu'on va pouvoir rejoindre la ferme. Quand je lui demande pourquoi elle n'a pas dit ça devant Harry elle me répond :

On ne connaît pas encore bien la nature de sa connexion avec tu-sais-qui. Je ne pouvais raisonnablement pas dire devant lui où se trouve ta famille.

Bien vue, je fais en hochant la tête.

Je m'apprête à rejoindre Harry mais Hermione me retient par le bras.

Il y a autre chose que je voulais te dire. Quand… avant de transplaner le Mangemort qui était dans la boutique à eut le temps de m'attraper la cheville et…

QUOI ? je m'exclame alarmé en regardant autour de nous.

… il a transplané avec nous un moment et je n'arrivais pas à le repousser. Mais quand on est arrivé ici, il a été comme… éjecté.

Ejecté ? je répète incrédule.

Oui ! fait Hermione qui semble soudain au bord de la crise de nerf. C'est totalement incompréhensible ! c'était comme s'il y avait un sortilège de bouclier où de Fidélià mais nous sommes bien trop éloigné de ta maison pour que ça soit le cas !

Peut-être que fol-œil à déployé un bouclier sur plusieurs kilomètres, je propose.

Hermione parait septique. Je la retiens à mon tour avant de rejoindre Harry.

Attend, ta joue.

D'un coup de baguette je nettoie le sang sur sa joue. Elle a pensé à nettoyer mon visage mais pas le sien. Hermione m'a tout l'air d'une fille qui pense aux autres avant de penser à elle…

Je croyais que tu ne connaissais que des sorts de défenses et d'attaques, sourit-elle.

Celui-là c'est ma mère qui me l'a appris, pour quand c'est mon tour de nettoyer, tu vois le genre ?

Nous marchons pendant plus d'une heure. La nuit tombe brusquement et un vent glacial se lève. Nos habits devenu inadéquates, nous nous serons les uns contre les autres. Harry tremble si fort qu'on dirait que ses jambes vont se dérober sous lui. Nous descendu la colline, marchons à travers une clairière puis on finit par apercevoir le village. A partir de là c'est moi qui les guide.

Une trentaine de minutes plus tard nous nous retrouvons face à la Ferme des Porter au bord de l'évanouissement. A l'instant où nous franchissions le bouclier qui protège la maison, la porte s'ouvre à la volée.

Ron !

Ma mère se jette littéralement sur moi et m'étreint douloureusement. Elle prend mon visage en coupe à la recherche de quelconque blessures mais Hermione s'est bien occupé de moi car ma mère de trouve rien à redire et me serre à nouveau contre elle. Par-dessus son épaule je vois fol-œil et Remus qui ne font pas preuve de la même douceur. Il empoigne Harry et le traine sans ménagement en direction de la grange. Hermione tente de protester mais Owen déboule de nulle-part et lui attrape les deux mains.

Hermy ! tu n'as rien ? Tu n'es pas blessé ? tu as froid ? tu veux ma veste ?

Ne t'inquiète pas je vais bien Owen, je suis juste fatiguée, répond Hermione dans un faible sourire.

Owen lui fait un grand sourire, visiblement rassuré. Mais ce à quoi je ne m'attends pas ce sont ces deux baisers qu'il claque sur les joues d'Hermione dont l'un sur la commissure des lèvres. Mon estomac fait un looping et j'ai soudain l'envie violente d'emmener Owen loin d'Hermione.

Ma mère finit par me lâcher et nous entraine à l'intérieur de la maison. Dans le salon je vérifie que nous sommes tous là. Bill, mon père, Rémus et fol-œil que j'ai vu tout à l'heure… tout le monde est rentré vivant, ou presque… l'image du corps de Podmore flotte encore dans mon esprit. Fleur referme entièrement la blessure sur la joue d'Hermione qui grimace sous la douleur pendant que ma mère nous amène à chacun une tasse de thé fumante. Je n'y touche même pas, je n'ai d'yeux que pour Owen assis avec Hermione sur le canapé en face leur épaules se touchent et pour je ne sais quelle raison ça m'agace au plus haut point. Nathalie descend avec une pile d'habits qu'elle tend à Hermione qui monte se changer. Au même moment Remus et Fol-œil font leur retour dans la maison, sans Harry.

Où est-il ? je demande en me levant d'un bond.

Assied toi, m'ordonne Fol-œil de sa voix bourrue.

Je m'exécute non sans un regard noir. Tous deux prennent place sur le canapé. Tandis que tout le reste de la famille se rapproche.

Est-ce qu'il a vu ton visage ? me demande Remus. Quand tu as rejoint Hermione dans la chambre ?

Non, répondis-je. J'avais ma capuche et ensuite il est resté les yeux bandés tout du long.

Tout le monde dans la pièce semble respirer à nouveau normalement.

Mais… qu'est-ce qu'il est exactement ? je demande.

Un simple gamin qui est censé vaincre le seigneur des ténèbres, grogne Fol-œil. C'est ce que la Prophétie dit.

Vous avez déjà pu l'écouter ? je m'étonne.

Nous savions déjà de quoi il était question bien avant de la récupérer au Ministère, m'explique Rémus. Albus est celui qui a été présent lors de son enregistrement. Si nous sommes allés la chercher c'est pour éviter que tu-sais-qui mette la main dessus.

Mais comment… comment peut-il être en mesure de tuer vous-savez qui ? il est à moitié cinglé ! il a d'abord essayé d'étrangler Hermione et j'ai bien cru qu'il allait y arriver... Pourtant l'instant d'après il était craintif et effrayer par notre présence.

Remus pose la tasse qu'il tenait dans sa main avant de dire :

Vois-tu il y a un lien entre Harry Potter et le seigneur des tenèbres, en parti a cause du sortilège de cette cicatrice qu'il a sur le front. Albus ne nous a rien dit de plus mais nous savons que parfois il prend « possession » du corps garçon, sa mémoire et la sienne se mélange si bien qu'Harry ne sait plus où il est et perd parfois la raison. Ainsi tu-sais-qui s'introduit dans sa conscience et peu le contrôler.

Mais pourquoi l'enfermer ? dans un coffre à Gringotts en plus !

Remus semble mal à l'aise, visiblement gêné des directives de Dumbledore suivies de leur conséquences. C'est donc mon père qui répond.

Au départ le garçon devait être placé dans la seule famille qui lui restait, une famille de moldus. Mais une fois sur place leur maison était en feu et on y a retrouvé les trois corps. Alors la seule solution a été de le cacher parmi les moldus, de famille d'accueil en famille d'accueil, car il allait à tous prix l'éloigner de notre monde. Seulement, des Mangemort on finit par mettre la main sur lui et ont pris son sang afin de « ressusciter » leur maitre. Dumbledore a pu le sauver à temps mais il a fallait lui trouver une cachette d'urgence. Sa seule option a été Gringotts.

Dumbledore s'est lui-même occupé de l'éducation du garçon mais il était trop tard. Le seigneur des ténèbres avait déjà un trop gros contrôle sur lui.

Mais quand Dumbledore est mort, fait soudain Owen, comment vous l'avez nourrit dans ce… euh coffre où je ne sais pas quoi ? vous y alliez à tour de rôle ?

Pas exactement, répond Rémus. Aller à Gringotts chaque jour aurait été louche, surtout dans un coffre qui n'est pas le nôtre. Nous avons donc mis des gobelins sous impérium. Mais nos sortilège s'affaiblissaient alors que tu-sais-qui s'évertuait de plus en plus à trouver le garçon. C'est pourquoi nous sommes allez le chercher. Il n'était plus en sécurité là-bas.

Mais- est-ce qu'il est en sécurité ici ? je demande.

Personne ne dit rien mais je vois Fol-œil et Remus jeter un bref coup d'œil à Nathalie qui s'empresse de ramasser les tasses vides avant de fuir vers la cuisine.

Cette discussion dure un moment. Chacun tente de justifier l'enfermement d'Harry dans le coffre. Mais moi je n'arrive pas à trouver d'excuse cette décision. Je finis par me lever du fauteuil pour monter dans ma chambre.

Je me change rapidement puis m'allonge sur mon lit dans l'obscurité. J'observe le plafond. Il s'est passé bien trop de chose aujourd'hui pour que mon esprit soit clair. Un mélange d'image s'agite dans mon cerveau. Hermione qui saute de joie parce qu'elle a réussi à tranplaner, encore Hermione qui disparait avec fol-œil, moi qui, de rage, arrache des poignées d'herbe, le chemin de traverse, Gringotts, Harry Potter, les galeries, le corps sans vie, la boutique d'Ollivander, l'absence d'Hermione, la colline…

Owen entre soudain dans la chambre coupant court mes pensées. Il se laisse tomber sur son lit sans un mot. Le silence s'installe tandis que la scène de ses retrouvailles avec Hermione tourne en boucle dans ma tête.

Je ne sais pas trop comment vous vous êtes débrouillé pour vous retrouver là-bas, mais bravo, fait soudain Owen. Quand ta mère me l'a dit j'ai bien cru que ni toi ni elle n'allait revenir vivant. Tu as su protéger Hermione, c'est cool.

C'est pas comme si j'avais le choix, dis-je en essayant d'être désinvolte. Si elle meurt je meurs aussi, pareil si elle est blessée.

Ouais, mais à l'avenir essaye de na pas trop l'impliquer dans ces trucs-là. moi je l'aime bien Hermy.

D'un seul coup ma gorge s'assèche. Il l'aime bien. Je connais très bien cette phrase et à présent je déteste ce qu'elle signifie. Ça veut dire qu'Hermione lui plait. Et pour une raison qui m'échappe ça m'énerve. Je ne veux pas qu'il l'approche, je ne veux pas qu'il la touche, qui lui fasse du mal… c'est ridicule, Owen est un type bien il ne lui ferait jamais de mal. Mais ce sentiment persiste. Peut-être que c'est le serment qui fait ça, où peut-être que cette journée de fou me fait perdre les pédales. Je grogne finalement :

Qu'est-ce que tu racontes, tu la connais à peine.

Toi aussi, fait Owen un peu sur la défensive.

Peut-être, mais j'ai l'impression de connaitre Hermione depuis des siècles. Etre avec elle est naturel, courir pour sauver nos vies est naturel, se cacher ensemble sous la cape d'invisibilité est naturel, m'inquiéter pour elle est naturel, la protéger est naturel… Encore une chose que je ne peux m'expliquer. En fait depuis que j'ai rencontré Hermione ma vie a prend tout son sens, je n'avance plus dans le noir complet, je sais exactement ou je vais, c'est à dire dans la direction d'Hermione et, étonnamment, celle d'Harry. En fait, même si je connais Hermione depuis peu elle est déjà devenue mon amie. Mais je ne peux pas dire ça a Owen, j'aurais l'air cinglé. Alors je réponds simplement :

Mouais c'est pas faux.

Je me retourne dans mon lit de façon à être face au mur. Je ne veux ni donner ma bénédiction ni m'énerver. Le sommeil vient finalement me prendre m'évitant tout choix.

Quand j'ouvre les yeux je me sens parfaitement réveillé. Pourtant en regardant le réveil d'Owen sur la table de nuit je constate qu'il n'est que trois heure du matin. Je me lève avec qu'une idée en tête : parler avec Hermione.

Je me lève le plus silencieusement possible bien qu'Owen ronfle bruyamment puis sort de la chambre. Je traverse le couloir sur la pointe des pieds puis me plante devant la porte de la chambre d'ami qui est devenue celle d'Hermione. Bon sang qu'est-ce que je fabrique ? Me pointer dans sa chambre au beau milieu de la nuit ce n'est pas quelque chose de très classe mais il faut vraiment qu'on parle d'Harry… habituellement je pose les questions à Owen ou à Rémus… mais cette saleté de Serment Inviolable me donne une foi inébranlable en elle. Je pousse donc la porte et entre. Les volets ne sont pas fermés et un rayon de lune qui traverse la vitre éclaire suffisamment pour que je voie qu'Hermione n'est pas ici. Son lit n'est même pas défait. Je fais un rapide tour de la pièce tout de même. Je déplore le peu d'affaire qu'Hermione détient. Juste quelques habits parfaitement pliés sur une chaise dont la plupart sont à ma sœur. En revanche une quantité impressionnante de livres est empilée un peu partout dans la pièce. Visiblement elle a vidé les étagères des Porter ! Je reconnais néanmoins « les contes de Beedle le Barde » ainsi que plusieurs livres en Français qui appartiennent à Fleur.

Je finis par sortir de la chambre en sachant exactement où Hermione se trouve. Je descends l'escalier qui mène au salon puis sort de la maison. Je marche pied nu jusqu'à la grange. La porte s'ouvre sans résistance et je sais que je ne me suis pas trompé. Je me glisse à l'intérieur sans un bruit. L'endroit est chaud, on a dut déployer un sortilège pour cela. Une lanterne est posée sur une des nombreuses bottes de foin et éclaire la grange d'une lueur orangée. On a placé un lit en fer forgé ici ce qui ne va pas vraiment avec le décor. Hermione et Harry sont assis dessus. En fait Harry et dos à elle, tandis que celle-ci tien un long ciseau et lui coupe visiblement les cheveux.

Je ne veux pas te vexer, fait Hermione en riant, mais tu avais les cheveux si longs qu'on aurait pu te prendre pour une fille.

C'est à ce moment-là que je me rends compte qu'Harry n'a plus son bandeau. Heureusement pour moi aucune d'eux ne m'a vu entrer et je suis caché par la pénombre. D'ici je vois comme un éclaire d'amusement dans les yeux d'Harry. Il a l'air tellement normal pourtant il est le « survivant », celui qui est censé vaincre Voldemort et à moitié fou.

Je suis désolé qu'ils aient été si rudes avec toi, continue Hermione en lui coupant une nouvelle mèche brune. Mais tu sais c'est leur travail ils doivent protéger les gens et on ne sait pas encore beaucoup de chose sur toi alors… mais s'il y a une chose que je sais c'est que ce n'est pas toi qui a essayé de m'étrangler, du moins pas exactement. Alors ne t'inquiète pas d'accord ?

Je vois les yeux verts d'Harry se tourner vers Hermione alors qu'elle pose le ciseau sur le sol. Il la fixe sans mot dire, comme si… comme s'il était désolé et cherchait à lui dire seulement par le regard. Hermione lui fait un sourire amical.

J'ai terminé, tes cheveux partent un peu dans tous les sens mais ça te donne un genre. Ron te prêtera des vêtements. N'est-ce pas Ron ?

Oh alors elle sait depuis le début que je suis là ?

Euh ouais bien sûr, répondis-je depuis ma cachette.

Hermione se tourne dans ma direction puis m'indique une botte de foin sur ma gauche.

Il y a une cagoule ici, il faut que tu l'enfile si tu veux t'approcher.

Je saisis le morceau de tissus un peu perplexe. Hermione se doutait-elle que j'allais les rejoindre ? Forcément, la cagoule ne s'est pas retrouvée là par hasard… j'enfile donc la « chose » et m'approche d'eux.

Ce truc gratte à mort, je grogne. Et en plus j'ai l'air ridicule.

Pas plus que d'habitude, se moque Hermione avec un sourire en coin.

Je décide de ne pas répondre à cette provocation et m'assoit sur une chaise en bois non loin du lit.

Alors c'est ici qu'ils l'on mit, je soupire. Pas très sympas comme chambre.

Tu peux t'adresser à lui à la première personne, fait Hermione, il n'est pas sourd.

Je sais mais il ne répond pas, alors que toi oui.

Hermione roule des yeux puis reprend :

Ton père a jeté des sortilèges afin qu'il fasse bon et qu'aucun bruit ne sorte d'ici. Tu es en sécurité Harry.

Harry hoche lentement la tête. Ensuite Hermione sort de derrière son dos la cape d'invisibilité enroulée autour d'un objet que je reconnais comme étant la précieuse sacoche d'Harry.

Tu l'as caché aux autres ? m'étonnais-je alors qu'Harry récupère son bien avec enthousiasme. Moi qui croyais que tu étais du genre à suivre les règles à la lettre…

C'est juste que… il n'a pas beaucoup d'affaire. Et j'avais peur qu'ils lui confisquent.

Je comprends mieux. Harry et Hermione sont dans une situation similaire. Pas de famille, pas de bien personnel, loin de chez eux. Pas étonnant qu'elle se soit prise d'une certaine affection pour lui et qu'elle soit si prévenante.

Au bout d'un moment Harry s'endors. Ce qui nous permet à Hermione est moi de parler librement. Je lui parle de ce que Rémus, mon père, et fol-œil m'ont appris pendant qu'elle se changeait à l'étage. Et nous sommes d'accord sur un point : enfermer Harry dans un coffre n'était pas la solution.

Mais quelles autres possibilités avait l'Ordre en même temps ? fait Hermione au bout d'un moment.

Je ne sais pas… le mettre dans une famille de sorcier par exemple, pas chez ces fou de moldu !

Les moldus ne sont pas fou ! s'exclame soudain Hermione. Regarde la famille à Owen ! Et mes parents…

Tes parents ? tu veux dire ton père, celui qui soigne les dents des gens ?

Hermione s'empourpre et se met étrangement à bafouiller.

Hum… oui… c'est mon père qui est moldu…

Et que fait ta mère ? je demande avec curiosité.

Oh elle… elle travaille à l'Elysée…

Dans quel domaine ?

Je…

Elle est interrompue par trois coups distincts contre la porte. Nous nous regardons en silence, affolés. Si c'était quelqu'un que nous connaissions il n'aurait certainement pas frappé. Sans ouvrir la bouche nous nous comprenons parfaitement. Hermione jette la cape d'invisibilité sur Harry toujours endormis, moi je cache ma baguette derrière mon dos et m'avance vers la porte.

Puis la porte s'ouvre lentement tandis que je retiens mon souffle.