Nouveau départ

Coucou tout le monde ! Me revoici avec un 10e chapitre, plus long que les précédents. J'avais dit à certains que je comptais le poster avant 2012 mais malheureusement, je me suis surestimée, désolée lol. Mais côté positif, j'ai au moins fait plus vite que pour le dernier chapitre où j'avais mis x mois pour le publier ^^.

Bonne lecture à tous ! Et dans le même temps (avec beaucoup de retard) : Bonne année à tous ! Et merci de me lire et me laisser des reviews, j'adore les lire !


Chapitre 10

Tout le bâtiment était en flammes, entouré d'une épaisse fumée noirâtre. Des coups de feu résonnaient à proximité, des cris et des pleurs vibraient dans l'air, des supplications déchiraient le silence habituel de la nuit...

C'était une véritable scène de carnage ou seul le chaos régnait. Seule la cruauté avait sa place dans ce décor sinistre. Aucune pitié ne pouvait s'immiscer dans les gestes brutaux de ces acteurs en costume sombre, de ces hommes de la mafia…

« Mafia à laquelle tu appartiens désormais, Vongola. »


Tsuna se réveilla en sursaut, le front en sueur. Elle se redressa brusquement et tourna la tête de droite à gauche, comme si elle s'attendait à revoir ce massacre sanglant. Après s'être assurée que rien de cela n'avait lieu, elle se permit de se recoucher sur son lit, les yeux fixant le plafond d'un air absent.

Un cauchemar… Encore…

Elle en faisait fréquemment ces derniers temps, toujours dans le même genre. Presque tous les soirs, ses nuits étaient hantées par des images apocalyptiques et des scènes de meurtre. Elle pouvait même se souvenir des visages complètement terrorisés des victimes, lui laissant la désagréable impression que tout ceci n'était pas qu'un simple rêve. Et aussi, cette voix qui était constamment présente avant son réveil. Cette voix dangereuse mais qui, étrangement, l'attirait inexorablement et qui semblait lui montrer la dure réalité, lui rappelant le véritable masque de la mafia, celui d'un monstre assoiffé de pouvoir et de sang.

Tsuna soupira silencieusement en se retournant dans son lit, tentant de chasser ces pensées de son esprit. Elle ferma les yeux dans l'espoir de retrouver le sommeil mais à chaque fois, elle revoyait ces scènes atroces, comme si elles étaient gravées dans sa mémoire.

Après plus d'une heure d'essais infructueux, elle se résigna et décida de se lever, de toute façon, il aurait bientôt été l'heure pour son entraînement matinal se dit-elle en jetant un vague coup d'œil à son réveil. À cause de ces fréquents cauchemars, elle se réveillait souvent au beau milieu de la nuit et ne parvenait pratiquement pas à se rendormir par la suite.

Le bon côté de la chose, c'était que cela lui permettait d'éviter les coups de marteau que lui assénait Reborn en guise de réveil. Par contre, elle était constamment fatiguée durant la journée et des cernes noires commençaient à apparaître sous ses yeux, ce qui bien sûr n'échappait pas à son entourage.

Tsuna sortit ensuite de la salle de bain, fraîchement lavée. Reborn venait de se lever, déjà vêtu de son costume habituel. Elle le salua tout en finissant de se préparer sous l'œil avisé de son tuteur. D'ailleurs, celui-ci devenait suspicieux à son égard, et s'il avait remarqué que ses nuits se faisaient plus agitées, il n'en disait rien. Mais la jeune fille ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il était moins intransigeant durant les entraînements et qu'il lui laissait plus de temps pour se reposer, ce dont elle ne se plaignait pas bien entendu.


« Finis le tour de pâté de maisons et tu pourras rentrer. » l'informa Reborn. « Je pars devant. »

« Hiie ! Attends-moi Reborn ! » fit Tsuna en se retenant de justement à la cheminée.

L'entraînement d'aujourd'hui consistait à faire plusieurs fois le tour de la ville, comme d'habitude, excepté le fait qu'elle devait sauter maintenant de toit en toit et inutile de préciser qu'elle était totalement éreintée, autant physiquement que mentalement, elle ne comptait plus les fois où elle avait failli glisser et faire ainsi une chute de plusieurs mètres.

'Sanaté Reborn.' Elle n'était pas un singe que diable.

Voyant qu'elle était bientôt arrivée chez elle, elle s'autorisa à retourner sur la terre ferme veillant bien à ne pas glisser.

Posant enfin le pied au sol, elle se permit de reprendre son souffle, soulagée. Elle avait bien cru y passer par moment. Elle se redressa ensuite et s'apprêta à se diriger vers sa maison quand un désagréable frisson la parcourut, la pétrifiant sur place.

C'était la même sensation que dans ses rêves, comme si on épiait tous ses faits et gestes et qu'elle ne pouvait réchapper à ces dangereux regards. Elle fit rapidement volte-face et regarda autour d'elle avec frénésie.

Rien. Pas même un chat errant. Il était encore très tôt après tout. Elle avait beau cherché, il n'y avait personne aux alentours. Elle décida ensuite d'abandonner, visiblement, elle ne trouverait rien et puis si elle tardait trop, elle recevrait les foudres de Reborn. Et peut-être était-ce simplement son imagination, depuis quelques semaines elle était la cible de nombreuses attaques de la part des mafieux, ce qui la rendait nerveuse et légèrement paranoïaque.

Cependant, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment.


« Waa… » Tsuna mit sa main devant sa bouche, étouffant son bâillement alors qu'elle descendait les escaliers pour rejoindre la cuisine.

« Ohayo, Tsu-chan ! » fit sa mère énergiquement.

« Oyaho, kaa-san. »

Tsuna s'installa mollement à la table et attrapa son bol de riz.

« Ya Ha ! Tous les poissons grillés sont à moi ! » s'exclama Lambo d'une voix forte.

« Ce n'est pas juste, Lambo ! » se plaignit Fuuta.

« Il faut partager. » renchérit I-pin.

« Reborn, fais 'Ahhh'. » continua Bianchi en plaçant une omelette roulée devant le hitman qui l'enfourna rapidement.

Tsuna observa la scène devant elle tout en mangeant son petit-déjeuner distraitement. Dire qu'il y avait à peine deux mois de cela, la maison était complètement calme, seulement habitée par sa mère et elle-même. Mais depuis, Reborn était arrivé et beaucoup avaient suivi.

Lambo, un jeune bébé appartenant également à une Famille de la mafia. I-pin, jeune disciple d'un maître des arts martiaux. Fuuta, recherché par beaucoup de mafieux pour sa capacité à classer les gens selon leurs habilités. Et Bianchi, la demi-sœur de Gokudera et également ex-amante de Reborn, même si la jeune fille ne comprenait pas trop cette dernière partie. Mais après tout, c'était le monde de la mafia.

Depuis que tout ce petit monde s'était installé chez elle, la maison était constamment agitée. Adieu le calme auquel elle était tant habituée.

Mais, pensa-t-elle, ce n'était pas forcément une mauvaise chose. Elle jeta un œil à sa mère qui elle aussi observait la scène, un grand sourire sur le visage. Nana était une véritable mère au foyer et avoir plus de personnes à s'occuper ne pouvait que la ravir. Tsuna voyait bien que sa mère était bien plus heureuse en ce moment. Elle savait qu'elle se sentait souvent seule quand elle partait pour l'école ou autre, même si elle ne le montrait pas.

Même si cette agitation permanente tendait à l'ennuyer la plupart du temps, elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'était bien mieux ainsi. Sa famille s'était incroyablement agrandie, et c'était grâce à Reborn. Et même si l'idée d'appartenir à la mafia lui déplaisait toujours autant, elle ne parvenait pas à regretter sa vie d'avant.


« Itekimasu ! »

« Iterashai, Tsu-chan ! »

Tsuna referma la porte derrière elle et salua Gokudera et Yamamoto qui étaient venus la chercher pour l'école. Le chemin se faisait dans la bonne humeur, Yamamoto parlait du prochain match de baseball qu'il aurait tandis que l'Italien le fustigeait pour sa familiarité envers la jeune fille et sa passion pour ce sport stupide. Une matinée comme tant d'autres.

Cependant, Tsuna ne pouvait s'empêcher de remarquer que ses amis étaient légèrement plus tendus ces derniers temps. En effet, avec toutes les attaques qu'ils subissaient, ils devaient être sur leur garde pratiquement à chaque instant. La plupart du temps ce n'était que des hommes de main de troisième zone mais certains étaient plus coriaces et leur donnaient du fil à retordre.

Tsuna soupira doucement. Elle en avait assez, elle ne voulait pas de ce titre de Parrain, mais surtout, elle ne voulait pas que ses amis soient impliqués dans cette histoire.

« Juudaime, attention ! »

« Huh ? »

Plongée dans ses pensées, elle aperçut trop tard les couteaux tranchants lancés soudainement dans direction. Elle sentit alors Gokudera la pousser brusquement sur le côté.

Cling clang

Tsuna rouvrit les yeux qu'elle avait inconsciemment fermé. Les couteaux étaient maintenant au sol, arrêtés dans leur course par le sabre de Yamamoto. Et Gokudera s'était placé devant elle, des dynamites prêtes à être envoyées.

« Hmph, on m'avait dit que la Dixième Vongola avait des gardes du corps, mais à ce que je vois, ce ne sont que des gamins. »

Un individu fit alors son apparition, un pistolet à la main.

« Vous feriez mieux de me remettre Sawada Tsunayoshi et j'épargnerai vos vies. » fit l'homme avec un rictus sur le visage.

« Même pas en rêve sale bâtard ! » rugit Hayato en lui lançant des explosifs.

« Comme il dit. » fit Yamamoto avant de foncer sur le mafieux qui sauta pour esquiver les attaques.

Tsuna regarda impuissante ses amis se battre contre l'ennemi. Elle serra les poings de frustration, elle devait les aider, c'était de sa faute.

C'est alors qu'elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna vivement et parvint à éviter de justesse le coup de feu du nouvel arrivant. Celui-ci était resté camouflé tandis que son acolyte faisait diversion et en avait profité pour se faufiler et atteindre la brunette.

« Hiie ! » En voulant échapper au coup de son adversaire, elle avait trébuché contre le rebord du trottoir et se retrouvait maintenant par terre, à la merci de l'homme qui la visait de nouveau avec son revolver.

Paniquée, Tsuna lui jeta violemment son sac de cours au visage, faisant dévier le second coup de feu qui finit dans les airs.

« Tsuna ! » « Juudaime ! » firent les deux garçons, mort d'inquiétude pour leur amie. Leur adversaire était assez coriace et ripostait efficacement contre eux deux, ne leur laissant pas la chance d'aller la rejoindre.

Ce n'était pas bon, pensa Tsuna. Tout ce bruit allait ameuter des gens. Il fallait qu'elle en finisse rapidement. Mais que pouvait-elle faire ? Où était Reborn ? Peu lui importait de finir en sous-vêtements si on lui donnait le pouvoir de protéger ses amis.

Le mafieux continuait de tirer sur elle mais elle réussissait à tous les éviter jusqu'à présent, sa rapidité l'étonnait elle-même, il fallait croire que les entraînements de Reborn n'étaient pas complètement inutiles.

Elle remarqua alors que l'homme n'avait plus de balles dans son pistolet et muée par une poussée d'adrénaline, elle décida de se jeter sur lui dans l'espoir de le mettre à terre. Malheureusement pour elle, sa stature ne faisait pas le poids contre le gabarit de son adversaire, celui-ci lui donna un violent coup dans l'estomac, lui bloquant momentanément le souffle. Ses jambes la lâchèrent brusquement sous le coup. Mais l'homme n'en avait pas fini avec elle, il agrippa ses cheveux, tirant sa tête en arrière avec force.

« Quel dommage d'éliminer une si mignonne gamine. » fit-il sur un ton doucereux tout en caressant son visage avec une lame aiguisée. « Mais ne t'en fais pas, je tâcherai à ce que ta mort soit rapide. » Il leva alors son couteau dans l'intention de le plonger profondément dans le cœur de la Japonaise. « Que- ? »

Tsuna leva le regard et ses yeux s'agrandirent de surprise en apercevant les dizaines d'explosifs qui allaient retomber sur leur tête. Elle sentit ensuite quelqu'un la tirer par le bras, l'arrachant à la prise de l'homme. Encore un peu sonnée, la jeune fille se retrouva le visage contre un torse fin tandis qu'un bruit de détonation résonna brusquement un peu plus à distance. La personne la tenait de sorte à la protéger du souffle de l'explosion.

« Est-ce que tout va bien, Tsuna ? »

« Ya- Yamamoto ! C'est plutôt à moi de te demander ça ! » répondit-elle en se dégageant légèrement des bras du baseballer pour inspecter d'éventuelles blessures. Deux ou trois égratignures parsemaient ses bras mais rien de bien grave fort heureusement. Elle se tourna ensuite vers Gokudera. « Et toi Gokudera-kun ? » Son regard se fit alors inquiet tandis qu'elle accourait vers l'adolescent aux cheveux argentés. Il ne semblait pas avoir subi plus de blessures que Yamamoto mais son visage extrêmement pâle et sa respiration difficile indiquaient clairement que quelque chose n'allait pas. « Gokudera-kun ! Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda-t-elle frénétiquement. « Mais tu es brûlant ! » s'écria-t-elle après avoir touché son front.

« Ne vous inquiétez pas, Juudaime. Ce n'est rien. » la rassura-t-il.

« Qu'est-ce que tu racontes ? Comment as-tu pu te battre dans un état pareil, on va te ramener chez toi. » décida-t-elle. « N'essaie même pas de me faire changer d'avis. » dit-elle fermement en voyant qu'il allait protester.

Elle entendit alors des bruits de pas se rapprocher d'eux. Leur combat n'était pas passé inaperçu. Tsuna vit une voiture de police garée un peu plus loin, quelqu'un devait avoir donné l'alerte.

« On ferait mieux de partir d'ici. » fit-elle. Elle plaça un des bras de Gokudera sur ses épaules pour l'aider à avancer quand celui-ci le retira rapidement, le visage soudainement rouge.

« Ne vous en faites pas pour moi, Juudaime. Je peux très bien marcher tout seul. » déclara-t-il en agitant ses mains devant lui.

« Mais tu tiens à peine sur tes jambes. » insista-t-elle. Et en effet, ses jambes tremblaient légèrement, ayant trop forcé durant le combat.

« Je m'occupe de lui. » fit alors Yamamoto. Il s'agenouilla et présenta son dos à l'Italien pour qu'il y grimpe. Ce dernier fut sur le point de refuser véhément mais le regard noir du baseballer l'en empêcha, en plus de l'expression inquiète sur le visage de son boss. Il baissa la tête et accepta l'aide du garçon.

Yamamoto se redressa avec sa nouvelle charge sur le dos et ils se dirigèrent maintenant vers l'appartement de Gokudera. Le trajet se faisait en silence, chacun dans ses pensées.

Tsuna s'en voulait tellement. Elle avait encore mis ses amis en danger et de plus, elle n'avait même pas remarqué l'état de son ami, tellement immergée dans ses propres problèmes. Elle se mordit la lèvre inférieure de colère. Tout est de ma faute…

« Tsuna ? » Yamamoto se retourna vers elle en voyant qu'elle ralentissait.

« Ah ! Euh… Je- je reviens, je vais acheter des médicaments pour Gokudera-kun. » anonça-t-elle en se dirigeant rapidement vers une pharmacie à proximité.

L'adolescent aux cheveux noirs la suivit du regard avant qu'elle ne disparaisse de son champ de vision. Dans son dos, il sentait la tension du jeune Italien.

« Ressaisis-toi, Gokudera. Si tu continues à tirer une tête de six pieds de long, Tsuna ne fera que culpabiliser davantage. » dit-il soudainement.

Gokudera sortit alors de sa torpeur. Il ne répondit pas mais sa prise se resserra. Il avait dû mal à l'admettre mais il avait raison. Il savait qu'elle se faisait du souci pour eux, même trop de soucis à son avis, et que sa propre culpabilité ne lui en causerait que davantage. Mais il ne pouvait s'empêcher de se blâmer. Il avait failli à son devoir, il ne méritait pas d'être son bras droit. Il avait laissé quelqu'un blesser son boss et maintenant, il n'était même pas en état de la protéger…

La jeune fille revint vers eux un quart d'heure plus tard, un sac rempli de provisions dans les mains.

« Désolé pour l'attente. » s'excusa-t-elle. « J'avais peur qu'il n'y ait pas les ingrédients nécessaires chez Gokudera-kun alors j'ai fait quelques petites courses. »

Gokudera regarda la brunette avec surprise alors qu'elle reprenait la route. Il enfouit son visage contre la nuque de Yamamoto, cachant ainsi ses yeux légèrement humides. Il ne méritait pas tant de gentillesse. Takeshi eut un léger sourire. Tsuna était vraiment formidable.


Ils étaient finalement arrivés à destination. C'était la première fois que Tsuna venait ici, le bâtiment était très grand et était clairement d'un grand standing. Elle savait, grâce à Reborn, que la famille de l'Italien était très aisée mais ça la surprenait quand même.

Yamamoto déposa sa charge sur le lit et le recouvrit avec les couvertures.

« Tu ferais mieux de retourner à l'école, Yamamoto. » déclara Tsuna.

« Hein ? »

« Tu as bientôt un match important, n'est-ce pas ? Ce n'est pas le moment de rater tes entraînements. Ne t'inquiète pas pour nous, il ne nous arrivera rien ici. » rassura Tsuna.

« Tsuna… » Yamamoto ne comprenait pas comment la jeune fille pouvait penser à lui plutôt qu'à sa propre sécurité. « Je veux rester ici. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver. »

« Yamamoto, s'il te plaît. C'est quelque chose d'important pour toi. Je ne veux pas que tu rates ça à cause de moi. » insista-t-elle.

« Mais vous êtes également très importants, je ne vais pas vous lai- » Il s'interrompit brusquement en avisant l'expression de son amie. S'il restait, elle ne ferait que se sentir coupable à nouveau… « Je comprends. Merci, Tsuna. » Il hésita un instant avant de poser sa main sur la tête de Tsuna, ébouriffant affectueusement ses doux cheveux. « Mais je veux que tu m'appelles s'il y a un problème. »

Elle acquiesça silencieusement, lui offrant un sourire en guise de remerciement.

Tsuna retourna dans la chambre de Gokudera après avoir conduit Yamamoto à la porte.

« Vous n'avez pas à rester ici, Juudaime. »

« Huh ? Mais qu'est-ce que tu dis, Gokudera-kun ? Tu es malade, bien sûr que je dois rester. » répliqua Tsuna.

« Mais c'est totalement de ma faute, j'ai été négligent. »

« Ça m'est complètement égal. Que ce soit bien clair, je veux rester avec toi et je resterai avec toi. Tu es mon ami et je m'inquiète pour toi. Il est hors de question que je te laisse dans cet état. » dit-elle sur un ton strict, comme si elle parlait à un enfant en faute. « Tu ferais mieux de te changer dans des vêtements plus confortables, je vais te préparer quelque chose à manger. » finit-elle plus doucement. « Et je ne veux plus entendre de protestations, c'est compris ? »

Plusieurs minutes plus tard, Tsuna revint avec un plateau contenant un bol de porridge et des comprimés pour sa fièvre.

« Voilà, je ne suis pas aussi bonne cuisinière que ma mère mais j'espère que ce sera à ton goût. » fit-elle en posant le plateau sur la table de nuit.

« Je- Je ne sais pas comment vous remercier, Juudaime. Je ne mérite pas tant de bonté ! » s'exclama-t-il, faisant rire légèrement la jeune fille.

« Ha ha, tu exagères, Gokudera-kun. Ce n'est rien. »

Ce dernier prit le plat et commença à manger sous le regard attentif de son boss. Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas occupé de lui de cette façon, il n'arrivait pas à croire qu'il la laissait s'occuper d'un être aussi pathétique que lui. Et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier chaque seconde qu'elle passait en sa compagnie. Il sentit ses yeux le piquer de nouveau désagréablement mais il se força à se reprendre. Pas question de se montrer encore plus faible devant elle.

Après avoir pris ses médicaments, il se rallongea dans l'intention de se reposer, sous les consignes de Tsuna. Celle-ci décida de ranger et faire la vaisselle en attendant. Elle passa un coup de fil à Hibari pour lui expliquer la situation puis à Bianchi, cette dernière ne pouvant pas se libérer avant l'après-midi. Elle raccrocha ensuite le téléphone, laissant le silence l'entourer durant de longs instants. Elle jeta un coup d'œil circulaire à la pièce, remarquant tout de suite le manque d'objets personnels. Aucune photo sur les murs ou les meubles, uniquement des livres scientifiques et d'autres portant sur le paranormal.

Elle sourit tristement, se rendant compte qu'elle ne connaissait en réalité pas grand-chose de son ami, ce dernier ne s'étant jamais dévoilé à elle. Elle revint ensuite auprès de Gokudera, s'asseyant au sol près de lui, les bras croisés sur son lit. Elle observa le jeune homme avec de la culpabilité dans le regard. C'était de sa faute s'il était dans cet état, il veillait sans cesse sur elle, la protégeant des dangers alors qu'elle était incapable de se défendre par elle-même. Elle enfouit son visage entre ses bras, elle se détestait tellement pour sa faiblesse. Si elle ne pouvait même pas se protéger elle-même, alors comment pourrait-elle protéger ses amis ?


Une douce chaleur l'entourait, il se sentait si bien. Depuis combien de temps n'avait-il pas ressenti un tel bien être ?

Gokudera ouvrit doucement les yeux, essayant de se rappeler ce qu'il s'était passé. Il posa une main à son front, il était recouvert par une serviette humide. Il se redressa légèrement et aperçut alors une personne endormie au bord du lit, il se figea alors en reconnaissant le Juudaime.

C'est à ce moment-là que Bianchi pénétra dans la chambre, affublée de lunettes de protection pour ne pas rendre son frère malade. Mais celui-ci la regarda à peine, les yeux toujours rivés sur le visage fatigué de la jeune fille.

« Tsuna s'est proposée elle-même de rester pour s'occuper de toi. La meilleure façon de lui montrer ta reconnaissance c'est de faire davantage attention à toi, autrement, elle continuera à s'inquiéter. » déclara-t-elle. Voyant que son frère l'avait entendu, elle continua. « Je vais t'apporter à manger. C'est Nana qui l'a préparé pour toi. » précisa-t-elle.

Gokudera, dont l'estomac avait commencé à se tordre à l'idée de manger les plats de Bianchi, soupira de soulagement en apprenant que cela ne venait pas d'elle. Il reporta ensuite son attention à nouveau sur Tsuna. Il se sentait tout de suite apaisé à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle.

La seule personne avec qui cela arrivait, c'était sa mère.

Sa mère qu'il n'avait pas pu protéger… se dit-il amèrement.

Mais il se promit que ce serait différent avec Tsuna, il ferait tout pour la protéger.

Il porta inconsciemment sa main vers le visage de la jeune fille, le frôlant légèrement. Elle était tellement belle… Il savait que ses pensées étaient déplacées mais il ne pouvait s'en empêcher, c'était plus fort que lui. Il déplaça délicatement une mèche de ses yeux quand ceux-ci se mirent à papillonner, signe qu'elle se réveillait. Il retira alors rapidement sa main, mortifié à l'idée d'avoir été pris en flagrant délit.

Tsuna se réveilla avec difficulté, étouffant un bâillement et la première chose qu'elle vit fut le visage rouge de Gokudera.

« Ta fièvre est toujours aussi élevée, Gokudera-kun ? » q'inquiéta-t-elle avant d'amorcer un geste pour palper son front.

« N-Non ! Ça commence à retomber, je vous remercie de vous être occupé de moi. Mais vous ne devriez pas trop vous approcher, je ne veux pas que vous tombiez malade également. » prétexta-t-il en se réfugiant sous les couvertures.

Tsuna cligna des yeux plusieurs fois, surprise par sa réaction.

« Ah, tu es réveillée Tsuna. » fit Bianchi en ouvrant la porte.

« Bianchi. » salua Tsuna. Elle jeta un œil à l'horloge et vit qu'il était temps pour elle de rentrer. « Je pense que je vais pouvoir rentrer maintenant. »

« Tu ne veux pas rester encore un peu ? Il semble qu'il va bientôt pleuvoir. » proposa la jeune femme.

« C'est gentil mais je ne veux pas importuner davantage. Et puis, les enfants m'en voudront si je ne rentre pas. » refusa Tsuna.

« Laissez-moi vous raccompagner, Juudaime ! » s'exclama l'adolescent en tentant de sortir du lit.

« Pas question ! Contente-toi de te reposer, Gokudera-kun. Et rétablis-toi vite. » fit Tsuna avant de sortir de la pièce.

« Je te remercie d'avoir pris soin de Hayato, Tsuna. » dit Bianchi.

« C'est tout à fait normal, c'est mon ami après tout. »

« Non, je voulais dire… Merci de prendre soin de lui tous les jours. Depuis qu'il t'a rencontré, je ne l'avais jamais vu aussi heureux. Merci, Tsuna. » Elle prit ensuite la brunette dans ses bras, l'enlaçant avec affection. Prise de court, elle retourna l'embrassade un peu maladroitement. Bianchi la relâcha quelques instants après et lui tendit un parapluie. « Sois prudente sur le chemin du retour. »

Tsuna remercia la jeune femme avant de s'en aller.


Dehors, les nuages assombrissaient rapidement le ciel. Il ne faisait pas spécialement tard mais on approchait de l'hiver alors les journées se faisaient plus courtes.

Elle sentit ensuite des gouttes de pluie tomber sur son visage. Elle ouvrit son parapluie, remerciant mentalement Bianchi pour sa prévenance. Elle écouta distraitement l'eau frapper de plus en plus fort le tissu tandis que l'intensité de la pluie augmentait. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence, pour le moment, elle était empêtrée dans cette histoire de mafia et ses amis avec. Elle se devait de les protéger et pour cela, il fallait qu'elle devienne plus forte. Elle poussa un profond soupir. Elle ne voulait toujours rien avoir à faire avec les Vongola mais ce n'était pas comme si elle avait vraiment le choix alors autant faire avec.

Soudain, la brunette s'arrêta, sentant un frisson la parcourir. La revoilà. L'impression de ce matin. Comme si on la fixait intensément cherchant à fouiller son âme. Elle regarda autour d'elle mais ne vit personne au premier abord. Le brouillard avait commencé à se lever, masquant légèrement les alentours et rendant la vision plus difficile. Tsuna ressentit à nouveau cette sensation désagréable et se retourna brusquement.

C'est là qu'elle le vit.

Une grande silhouette se découpait un peu plus loin. Elle plissa légèrement les yeux pour mieux la voir, n'osant s'approcher. Mais elle ne parvenait pas à la distinguer davantage. Cependant, elle savait que cette personne la regardait. Puis, leurs regards se croisèrent et elle ne put empêcher un violent frisson de traverser tout son corps.

Elle savait qu'elle devait partir. Son intuition, très souvent bonne, lui criait de s'éloigner de lui. Mais elle avait l'impression d'être paralysée, comme si ses pieds refusaient de lui obéir tandis qu'elle sentait son cœur battre de plus en plus vite au fur et à mesure.

C'est alors que cette personne se mit à s'avancer vers elle. Cela sembla la sortir de sa torpeur. Tsuna commença à faire quelques pas en arrière. Elle aurait voulu courir et s'éloigner de cette présence mais c'était comme si elle n'y parvenait pas et sentait que présenter son dos à cet individu ne serait-ce qu'une seconde était une très mauvaise idée. Elle se contenta donc de reculer lentement, ne détachant pas ses yeux de la silhouette sombre.

Elle paniqua lorsque son pied heurta ensuite un mur de briques, l'empêchant ainsi de s'éloigner davantage tandis que cette personne approchait de plus en plus. Tsuna se sentait acculée tel un animal pris au piège et elle n'en comprenait pas la raison. Cette personne ne lui avait rien fait encore, pourquoi avait-elle si peur ?

Elle sursauta brusquement en remarquant qu'il se trouvait maintenant juste en face d'elle. Elle ne l'avait pas quitté des yeux une seule seconde alors comment avait-il pu la surprendre de cette façon ?

Tsuna leva lentement la tête pour mieux voir l'individu qui était plus grand qu'elle d'une bonne tête.

À son grand étonnement, elle vit qu'il s'agissait d'un adolescent, un peu plus âgé qu'elle, aux cheveux d'une couleur bleue nuit, il avait des traits fins mais indéniablement masculins. Mais ce qui retint davantage l'attention de Tsuna, c'était ses yeux. Celui de gauche était d'un bleu intense tandis que le second était d'un rouge vif et sanglant. Et pourtant, elle se trouvait incapable de détacher son regard de ses yeux si inhabituels.

Celui-ci leva alors doucement le bras et porta une main gantée à son visage. Tsuna ne fit aucun geste tandis que cette main caressa sa joue d'un geste presque tendre. C'est alors qu'elle remarqua quelque chose d'étrange dans cet œil rouge, comme si un symbole se dessinait. Et alors qu'elle se concentrait davantage sur cet étrange signe, elle sentit une soudaine vague de fatigue la traverser et sa vue commença à se troubler alors qu'elle sentait son corps s'affaisser. Elle entendit à peine le bruit du parapluie tombant au sol alors que des gouttes de pluie frappèrent son visage.

« Qu'est-ce que… ? » souffla-t-elle.

Elle fut sur le point de toucher le sol quand deux bras la retinrent. Elle leva difficilement la tête. C'était cet étrange garçon qui l'avait rattrapé, son œil rougeoyant plus que jamais. Elle eut juste le temps de l'entendre murmurer quelque chose avant que l'inconscience ne la gagne.

« Ravi de faire enfin ta connaissance, Vongola. »

À Suivre…


Réponse aux reviews anonymes

Portgas.D Anita : Coucou ! Oui en effet, j'essaie de mettre plus d'action maintenant. C'est pas vraiment mon domaine de prédilection mais j'espère que ça rendra plus intéressant ^^.

ShiroAkuma : Tout d'abord, merci ^^. Ce chapitre m'aura pris moins de temps finalement, j'espère qu'il t'a plu. De mon point de vue, je le pense plus intéressant que le précédent (la fin essentiellement lol) mais j'attends votre avis.

Arekia : Coucou ! Merci pour ta review. Oui, le prénom a été un petit problème au début et j'ai vu que souvent, les auteurs utilisent celui de Tsunahime/Tsunaruhime/Tsunako mais je ne le sentais pas trop personnellement. Mais bon, comme c'est japonais, je trouve qu'on est un peu moins embêté par ça (en fait c'est parce que j'aime beaucoup son prénom alors ça me brisait le cœur de le changer lol). Et contente que la fic te plaise, en espérant que ça continue ^^.

AnnaAurion : Dino sera sûrement un des nombreux rivaux d'Hibari lol, d'ailleurs, y en a un autre qui a pointé le bout de son nez dans ce chapitre ^^. J'espère que ce chapitre t'a plu. Pour les nouveaux arcs, je pense pareil ! Mais bon, l'arc du futur était tellement grandiose que ça devait pas être simple de trouver autre chose après.


Avouez que beaucoup d'entre vous n'y croyez plus ^^, j'ai tout de même fini par l'introduire ce personnage :D. Par contre, je dois dire que j'avais au départ une toute autre version pour son entrée mais finalement, cette version m'est venue naturellement. Dites-moi ce que vous en pensez.

Sinon, le début peut paraître un peu long, moi-même pendant que j'écrivais, je trouvais que ça traînait un peu en longueur mais je voulais aussi passer un peu de temps sur Gokudera et Yamamoto comme ils sont proches de Tsuna. Même si j'ai peur de les avoir rendu OOC, surtout Yamamoto, c'est bien le personnage que je maîtrise le moins :S, mais pourtant je l'aime beaucoup !

Voilà voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu. À la prochaine !

PS : Paris manga approche, j'espère pouvoir m'y rendre :D. Et vous ?