Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de Lord Silvere que j'effectue n'est pas utilisée à des fins commerciales!

Reviews: Exceptionnellement, je publie deux chapitres aujourd'hui car je n'aurais pas le temps de le faire dans les 2 semaines à venir. Bonne lecture et laissez vos reviews ;)

Chapitre 9 : Fumée, Flammes et Baguettes

La première opportunité d'Harry d'assister à une réunion des professeurs de Poudlard arriva bien trop vite à son goût – ou peut-être bien trop tard. Si la réunion des professeurs avait eu lieu plus tôt, il aurait pu être capable d'éviter un des sujets gênants qui ne manquerait pas de tomber durant la réunion à laquelle le professeur McGonagall l'avait convié. Arrivant délibérément le dernier, Harry se faufila dans la loge des professeurs et s'assit à un coin de la table au moment où Dumbledore se leva pour que la réunion commence.

« Commençons, » dit Dumbledore, ses yeux bleus pétillant dès qu'il regarda chacun de ses professeurs. C'était comme si le directeur aimait par dessus-tout une bonne réunion du personnel. Harry, d'un autre côté était terriblement intimidé par les autres professeurs et ne voulait pas attirer l'attention.

« Je regrette que nous n'ayons pas eu le temps avant pour nous retrouver, » continua Dumbledore. « Malheureusement, la période après Noël a été bien plus prenante que je ne le pensais. Cependant, je suis sûr que cela ne vous a pas empêché de bien enseigner à vos classes. »

Quelques professeurs se trémoussèrent sur leurs sièges, comme pour lui donner raison. Harry se demanda s'ils considéraient peut-être que ces réunions étaient une perte de temps. Il supposa qu'il le saurait bientôt.

Dumbledore tendit une petite pile de parchemins au Professeur McGonagall. « Mr Rusard m'a informé que de nombreux nouveaux… objets de farces et attrapes ont été introduits au public récemment. Il craint que certains étudiants aient fait le plein pendant les vacances. Il les a bien sûr ajoutés à liste des objets interdits.

Harry prit sa propre copie et la regarda à peine.

Dumbledore ne semblait pas non plus s'attendre à ce que quelqu'un s'intéresse à la liste de Rusard. Presque immédiatement, il changea de sujet. Les BUSES et les ASPICS avaient été prévus à la même période que les années précédentes, les préfets faisaient bien leurs patrouilles dans les couloirs et ils ne rencontraient que les problèmes habituels, le chien du professeur Carmichael avait bu une potion d'amour – Potter, Black, etc étaient probablement responsables et les Serpentards semblaient briser plus de règles que d'habitude – serait-il possible que le professeur Dewey les calme un peu ? Harry se demanda si ce Dewey était aussi injuste que Rogue. Il semblait en tout cas être une personne très désagréable.

Le prochain sujet concerna malheureusement Harry.

« Normalement, j'attendrais la fin de la réunion pour faire les présentations, mais je crois qu'il est plus approprié de vous présenter maintenant notre professeur de potions, Harry Ashworth, » dit Dumbledore. « Je pense que vous avez eu suffisamment de temps jusqu'à maintenant pour rencontrer le reste des professeurs, Mr Ashworth, mais pourriez-vous quand même vous présenter un peu plus ? »

Harry réprima un soupir et se demanda s'il devait se lever. S'il agissait ainsi, il aurait l'air d'un étudiant, il opta donc de rester assis et de dire le strict minimum. « Je suis Harry Ashworth. En gros, je viens d'Australie. Je suis arrivé récemment et ai eu suffisamment de chance pour être engagé comme professeur de potions en attendant que le professeur Slughorn soit rétabli. Je suis assez impressionné par les étudiants et cette école. Je n'avais jamais pensé pouvoir avoir la chance d'enseigner à Poudlard. » Voyant que les autres professeurs ne s'intéressaient déjà plus à lui, Harry conclut sa présentation, espérant de ne pas trop avoir eu l'air d'un idiot.

« Fascinant, » dit Dumbledore, semblant vraiment le penser.

Puis les professeurs se présentèrent un par un, suite à la demande de Dumbledore. Ils dirent tous leurs noms et certains d'entre eux mentionnèrent même la matière qu'ils enseignaient. Harry sentit qu'ils n'avaient pas tellement envie de faire sa connaissance. Soit ils savaient qu'il ne resterait pas longtemps, soit ils n'en avaient rien à faire, soit les deux.

« Notre prochain sujet, » dit Dumbledore dès que les présentations furent terminées, « est l'incident de potion qui a eu lieu avec les premières années hier. »

Harry grimaça. Voilà le sujet gênant qu'il avait anticipé. Il supposa qu'il devait s'en débarrasser au plus vite. « Le Poufsouffle de première année Stebbins a fait fondre son chaudron, » dit Harry succinctement.

Le professeur Carmichael ne semblait pas être satisfait par la réponse d'Harry, mais elle ne pouvait pas dire grand chose d'autre.

Harry continua. « Normalement, ce n'est pas très grave qu'un chaudron fonde, mais Stebbins a utilisé de mauvais ingrédients et la potion ratée est entrée en contact avec le kit de potion de son partenaire. Cela a provoqué une réaction en chaine et les choses ont vite dégénéré. Heureusement, Madame Pompfresh a pu prendre soin d'eux. »

Stupide Stebbins, grogna Harry en silence. A côté de lui, Neville était un génie en potions.

Les autres professeurs n'étaient pas impressionnés. « Pourquoi n'avez-vous pas empêché que tout se passe mal ? » demanda le professeur Bennings.

Harry sentit ses oreilles devenir rouges. Il avait espéré que personne n'en parlerait. « Euh… il s'avère que le jour d'avant je m'entrainais à jeter quelques sortilèges et ma baguette a explosé. Apparemment, Wanda et Wandel's ne sont pas les meilleurs fabricants de baguette de Grande Bretagne. Je n'avais donc pas de baguette sur moi pendant ces derniers jours et je n'ai pas eu le temps de sortir et d'en racheter une nouvelle. »

Le professeur Dewey murmura quelque chose sur le fait d'engager des moldus à Poudlard et Harry sentit ses oreilles rougir davantage.

« Je vois, » dit Dumbledore. Il semblait être amusé. « Rappelons juste à tout le monde que la sécurité est très importante dans une salle de classe. Une baguette peut être très utile dans ce genre de situation. Je suis sûr que vous allez trouver une baguette de remplacement très rapidement, Mr Ashworth. Ce serait mieux en effet que vous évitiez certains marchands de baguette. »

« Bien sûr, » marmonna Harry.

« Je ne sais pas ce à quoi pensait Romulus Malfoy quand il nous a forcé à engager Ashworth » commenta McGonagall après que le professeur Binns se soit envolé, les laissant elle et le directeur tout seuls.

Le professeur Dumbledore sourit. « Je donnerai également beaucoup pour savoir aussi ce que pensait Mr Malfoy. Je suis sûr que dès que Mr Ashworth se sera habitué, il sera un bon professeur. »

« Il est bien aimé des étudiants, » admit McGonagall, « mais il est évident pour moi qu'il n'a pas la moindre idée de ce qu'il doit faire en cours ! »

« Peu d'entre nous le savions quand nous avons commencé à enseigner, » dit Dumbledore, essayant d'être juste.

« Je suppose, » murmura-t-elle. « Quelqu'un devrait quand même garder un œil sur lui. Il pourrait bien faire pire accidentellement. »

Dumbledore sourit à nouveau. « Garder un œil sur Ashworth ne pourra pas faire de mal. Dites moi si vous découvrez quelque chose d 'intéressant. »

Bellatrix leva les yeux de son manuel de duel et regarda Rodolphus Lestrange. Lui, Rabastan, Lucius Malfoy et d'autres limaces du même genre étaient assis dans un coin sombre de la salle commune des Serpentards en buvant une bouteille de whisky pur feu. Severus Rogue n'était pas trop loin et avait l'air d'avoir envie de les rejoindre. Ce n'était pas le cas cependant.

Rodolphus et ses amis riaient à haute voix. Bellatrix savait exactement de quoi ils riaient, tous les habitants du château le savaient. Il n'y avait qu'eux pour en rire.

Bellatrix serra les dents quand Rodolphus recommença l'histoire. « Et puis, ils ont dit, « pourquoi ne faites vous pas quelque chose Ashworth ? » Savez-vous ce qu'il leur a dit ? » Guffaws termina l'histoire. « Je n'ai pas de baguette. »

« Quel piètre sorcier fait-il, » commenta Lucius.

Bellatrix secoua la tête. Espèce d'imbécile !

« J'ai une idée, » sortit l'un des amis des Lestrange. « Achetons quelques une des ces fausses baguettes ce week-end et envoyons les lui avec une petite carte ! »

Plus de rires.

Bellatrix jeta presque le livre sur le sol. Idiots ! Elle considéra presque l'idée de traverser la pièce en colère et de leur lancer des insultes bien méritées mais elle se rappela qu'elle était sensée obtenir des informations des frères Lestrange. Elle se raidit, puis se leva et s'approcha d'eux.

« Quelque chose me dit qu'Ashworth comprendrait dès la seconde baguette, » annonça Bellatrix.

Ils s'arrêtèrent et la regardèrent. Ce dut Rodolphus qui répondit. « Ça alors ! Bellatrix Black nous fait l'honneur de sa présence. Je suppose que tu sais à quel point Ashworth est intelligent. Tu passes suffisamment de temps avec lui, non ? »

« C'est qui arrive quand tu obtiens des retenues et loupe tes devoirs, » grogna Bellatrix. « Je remarque que toi tu passes beaucoup de temps avec McGonagall. Tu as une touche ? »

Lestrange grogna de colère et Bellatrix crut voir ses joues rougir. Elle ne s'arrêta pas là et se tourna vers Lucius. « Je t'ai vu aussi plusieurs fois dans la salle de classe du professeur Dewey. » Ce n'était pas le cas, mais Malfoy était bien du genre à faire son lèche-cul auprès du directeur de leur maison. Les yeux de Lucius s'écarquillèrent de choc mais il n'eut pas la chance de répondre.

« Ta personnalité si acide nous avait manqué » rit Rodolphus, même si c'était un peu forcé.

Bellatrix s'assit et se prépara à s'ennuyer. Elle savait qu'elle avait la chance de réaliser ce que Lestrange préparait. Il y aurait sans doute beaucoup de discussion sans intérêt, les premiers soirs probablement. Quoi qu'il en soit, elle resterait. « Parles moi de tes grands projets, Lestrange. Dis moi que tu veux faire quelque chose de plus intelligent qu'une blague de première année à un professeur. »

C'était le week-end de Pré-au-Lard. Harry était excité à l'idée de pouvoir visiter Pré-au-Lard quand il le voulait. Harry avait déjà acheté une cape d'hiver et se rendait au village, passant devant Rusard et les étudiants qui attendaient, leurs listes de permission à la main. Techniquement, leurs noms étaient sur la liste, mais Rusard était parfois si obtus qu'ils devaient lui montrer le parchemin avec la signature de leurs parents (ou amis).

Harry se demanda d'un air absent, si Bellatrix serait irritée qu'il ait quitté le château sans elle. Ce n'était pas comme s'il s'était engagé à aller à Pré-au-Lard avec elle, mais elle s'était habituée à trainer régulièrement avec lui. Elle faisait au moins une heure par jour ses devoirs sur son bureau pendant que lui notait les essais et essayait désespérément de faire son plan de cours. Elle ne disait jamais grand chose mais ses expressions faciales étaient suffisantes. Elle voulait connaître le futur d'Harry et elle voulait continuer à s'entrainer en duel. Heureusement, elle avait été trop occupée par la dernière activité et pour le futur, elle essayait de le faire se sentir coupable. Harry ne pensait pas que Bellatrix arrive un jour à le faire se sentir coupable – surtout si elle découvrait un jour le fait qu'elle « avait tué son parrain ». Serait-ce juste d'essayer de la faire culpabiliser pour quelque chose que sa future elle allait faire ? Harry haussa des épaules et oublia la question. Il était arrivé à destination.

Selon un prospectus qu'Harry avait trouvé dans la volière, Zimon's était l'endroit le plus probable pour qu'il trouve une baguette au lieu de retourner au chemin de traverse, Harry savait qu'il devrait un jour rendre visite à Ollivander, mais pour une raison ou une autre, il ne sentait pas de faire tout ce chemin pour être disséqué par les yeux gris mystiques d'Ollivander.

Harry entra chez Zimon's et jeta un coup d'œil sur la cloche pour annoncer sa présence. Elle semblait être faite d'os. Allait-elle réussir à faire un bruit ? Apparemment oui – elle avait réveillé le gérant du magasin, probablement Zimon lui-même. Cet endroit n'avait pas l'air assez prospère pour avoir plusieurs employés.

« Que voulez-vous mon garçon ? »

Génial, pensa-t-il, il croit que je suis un étudiant de Poudlard. « Je voulais jeter un coup d'œil à votre collection de baguettes usées, » annonça Harry, regardant autour de lui, voulant trouver l'endroit lui-même avant que l'homme lui donne des directions. Des vieux vêtements, des livres et d'autres articles se trouvaient dans le magasin. Il supposa que c'était le genre de magasin dans lequel les Weasley faisaient leurs courses. Harry rejeta cette pensée. Il n'avait pas besoin de resonger à la perte de ses amis dans le futur.

« Là-bas, » bailla le propriétaire, faisant un geste vague.

Harry le remercia et se dirigea vers le coin que Zimon lui avait montré. Sur une étagère à côté de vieux ingrédients de potion se trouvait une boite de baguettes. Harry regarda la boite et commença à farfouiller parmi les baguettes. Il y avait tous types de baguettes et sur chacune d'entre elles se trouvait le prix. Finalement, il en trouva deux qui ne lui semblaient pas mauvaises – une très pâle un peu collante et une plus sombre qui avait sûrement été utilisée par quelqu'un n'ayant pas l'habitude de se laver les mains. Harry n'arrivait à se décider sur laquelle il devait acheter, il finit donc par les acheter toutes les deux pour quelques noises, se rassurant en se disant qu'il valait mieux en avoir une de rechange, au moins jusqu'à ce qu'il ait le temps d'aller au chemin de Traverse et d'acheter une vraie baguette.

Avec son nouveau jeu de baguettes, Harry se promena jusqu'aux Trois Balais. La visite de Pré-au-Lard lui avait donné envie de boire un peu de biérauberre. Il quitta l'air froid de la rue et entra dans le pub rempli d'étudiants et de quelques adultes. La plupart des étudiants discutaient et un brouhaha envahissait la pièce. Harry commanda au bar et réussit à trouver une petite table où il serait au calme. Il ne pensait pas que s'asseoir au milieu des élèves était une bonne idée.

Pour s'amuser, il se contenta d'essayer de nommer autant d'étudiants que possible. Techniquement, il avait la majorité d'entre eux dans ses classes. Il réussit finalement à bien s'en sortir, certains noms venaient plus facilement que d'autres. James, Sirius, Remus et Peter étaient assis à une table et riaient joyeusement. Harry se demanda comment Peter avait fini par trahir ses parents dans le futur. Il semblait que ses amis maraudeurs le traitaient assez bien.

Harry se demanda où était son adolescente de mère. Elle n'était sûrement pas le type de personne à louper une visite à Pré-au-Lard. Il obtint sa réponse quand il entendit une fille parler pas trop loin de lui, mais hors de vue.

« Je parie que je sais qui Lily aime ! » dit-elle d'une voix haut perchée.

« Qui ? » demanda une autre.

« C'est le professeur Ashworth bien sûr », dit la première.

« Tu n'en sais rien ! » dit la voix de Lily.

« Elle rougit ! rit la seconde d'une voix encore plus haut perchée.

Harry ne savait pas s'il devait rire ou aller dans la salle de bain et vomir.

« La bièraubeurre est trop forte pour toi ? »

Harry leva les yeux et découvrit Bellatrix se trouvant devant lui, les bras croisés. Apparemment, elle l'avait trouvé. « Euh… non, ça va. J'aime la bièraubeurre, » dit Harry.

« Donc qu'est-ce qui t'embête ? »

« Rien, » mentit Harry. « Il faut que juste que je sorte d'ici. Il y a un peu trop de monde. »

« Je n'ai encore rien commandé, » dit Bellatrix.

« Tu n'as pas besoin de partir, » dit Harry en se levant et se prépara à abandonner sa table.

Bellatrix se figea, puis le suivit. « Je vais t'accompagner, » dit-elle.

Harry se sentait un peu penaud, cependant il se dirigea vers la porte avec Bellatrix. « Je pensais que tu en aurais profité pour rejoindre les Lestrange ou faire quelque chose du genre, » dit Harry.

« C'est la cas, » dit Bellatrix, « mais Lestrange, ses amis et moi ne sommes restés ensembles qu'un petit peu. Nous nous sommes en quelque sorte séparés. »

« Oh, » dit Harry en sortant dans la rue. Apparemment, elle avait essayé de faire quelque chose d'utile. Il se sentait maintenant un peu coupable. La semaine dernière, il l'avait terrassée et cette semaine il l'avait presque poussé hors des Trois Balais avant qu'elle n'ait eut le temps de commander quelque chose. Il supposa qu'il devait se rattraper. « Tu veux qu'on aille quelque part, » proposa Harry. « Il doit bien y avoir un autre pub dans la ville. »

« Ça serait sympa, » commenta Bellatrix. Elle semblait vouloir aller dans le salon de thé qui serait nommé dans un jour futur Chez Madame Petitpieds.

« Là-bas ? » demanda-t-il en grimaçant.

Bellatrix ricana. « Pas à moins que tu veuilles être viré pour essayer de draguer une étudiante. »

Harry sentit soudainement qu'il allait être malade. « Tu connais un bon endroit ? »

« Bien sûr, » dit Bellatrix. « Je crois qu'il y a quelque chose là-bas. » Elle indiqua de la tête une rue sur le côté et ils s'y engagèrent tous les deux. « Il y a un autre plus petit centre ville. Si tu es un étudiant et que tu veux sortir du château pour une visite à Poudlard, il serait plus sage d'aller là-bas que dans les autres magasins qui te prendraient pour un étudiant. »

« C'est malin, » dit Harry, se demandant pourquoi il n'avait pas fait plus le mur quand il était étudiant.

Bellatrix sembla lire dans ses pensées. « Ça t'ait souvent arrivé de faire le mur quand tu étais étudiant ? »

« Pas vraiment, » dit Harry.

« Je vois. »

Ils marchèrent un moment en silence. Bellatrix espérait qu'Harry lui parle un peu de sa vie scolaire sans réaliser qu'elle était en train de l'interroger sur son passé. Malheureusement Harry n'était simplement pas d'humeur à parler pour l'instant et n'allait pas lui donner de nouvelles informations.

« C'est un bon endroit ici, » annonça Bellatrix, en désignant un petit café. Le café était signalé par une petite pancarte en bois accrochée à la porte. Sur la pancarte était peint un sorcier en bleu. Il n'y avait cependant pas de nom. Bellatrix le lui expliqua. « Ce café est passé entre tant de mains différentes qu'ils ne s'embêtent même plus à lui donner un nom. »

Harry hocha la tête et ils entrèrent tous les deux dans le café. Il y avaient peu de clients : un homme qui s'endormait sur son exemplaire de la gazette du sorcier, quelques vieilles dames qui bavardaient entre elles et un couple de sorciers qui semblaient avoir un rendez-vous professionnel. La serveuse les remarqua finalement et indiqua à Harry et Bellatrix de s'asseoir. Elle revint ensuite et leur demanda ce qu'ils voulaient boire.

Harry ne savait pas quoi dire puisqu'ils n'avaient pas vu la carte du menu. Bellatrix remarqua l'hésitation d'Harry et leur commanda à tous les deux de la soupe et des sandwichs. La serveuse partit puis revint avec deux verres et un pichet d'eau. Après qu'elle soit repartie, Bellatrix prit sur elle pour continuer la conversation. « N'as-tu jamais eu de petite amie, Ashworth ? »

Harry haussa des épaules, mal à l'aise, se demandant s'il voulait répondre à la question. « Si, en quelque sorte, » admit-il finalement. Sa première pensée fut pour Cho – le week-end hivernal à Poudlard et la vue du salon de thé lui avait rappelé son malheureux rencart avec elle. Puis ses pensées se tournèrent vers Ginny. Il regarda par la fenêtre en repensant à Ginny et au reste de la famille Weasley.

Bellatrix ne dit rien pendant un moment. Peu après, elle opta d'insister un peu. « En quelque sorte ? »

« La sœur de mon meilleur ami, » admit-il tristement. « Nous avons commencé à sortir ensembles puis les choses se sont compliquées. Finalement, elle est morte… je crois. Peut-être n'aurions nous dû jamais sortir ensembles. Elle aurait eu une meilleure vie je pense. »

« Je vois, » dit Bellatrix calmement, prenant le pichet pour remplir son verre. Il était probablement temps de changer de sujet. « Peut-être que tu pourrais me donner plus de détails sur ce que je dois chercher auprès des frères Lestrange »

Harry était heureux de parler d'autre chose. « Je suis sûr que les Lestrange connaissent ou connaitront certaines personnes d'intérêt. Il faut établir si la connexion a déjà eu lieu ou non. »

Bellatrix soupira. « Le week-end de Pré-au-Lard est l'occasion parfaite pour les frères Lestrange pour rencontrer les gens qui nous intéressent. J'ai vraiment essayé de rester avec eux. »

Harry haussa des épaules. « Tu as fait ce que tu as pu. »

« Je suis sûre qu'il y aura d'autres occasions, » dit Bellatrix sur un ton optimiste. « Il faut juste que je gagne un peu plus leur confiance et peut-être qu'ils commenceront à parler. »

« Ils ne te font pas déjà confiance ? » demanda Harry.

Bellatrix haussa des épaules. « J'ai le nom de famille et la réputation d'être une sorcière vive d'esprit, mais je ne peux pas dire que j'ai déjà été souvent avec eux. »

Harry se figea. La déclaration de Bellatrix ne semblait pas coller avec ses souvenirs de Voldemort et ses mangemorts. Bellatrix avait pratiquement été la seconde de Voldemort. D'un autre côté, Harry ne pouvait pas dire qu'il connaissait vraiment la situation sociale des mangemorts dans le futur. Mais plus il y pensait, plus Harry réalisa qu'il y avait une différence entre la Bellatrix maléfique et le reste des mangemorts. Elle était vraiment dévouée à Voldemort, les autres avaient d'autres motivations pour suivre Voldemort – souvent des pressions sociales.

« Tu penses que je mens ? » demanda Bellatrix.

« Non, » répondit Harry rapidement. « J'essayai juste d'enregistrer cette information. »

« Enregistrer l'information ? » ricana Bellatrix. « Qu-est-ce que tu veux dire par là ? »

« Rien, » dit Harry.

Il y eut un silence durant lequel la serveuse arriva avec un plateau de sandwichs et deux bols de soupe. Harry hocha la tête gracieusement tandis que Bellatrix attrapa sa cuillère et commença à la mélanger lentement en réfléchissant. Finalement, elle arriva à une conclusion. « Tu essayais de réconcilier ce que j'ai dit avec ce que tu sais du futur. »

« Et bien… euh… enfin… », dit Harry, essayant de trouver quelque chose à dire.

« Quelle est ta conclusion ? »

Harry soupira. « Ce que tu as dit coïncidait avec ce dont je me souvenais. »

« Oh. »

« Ouais. »

« C'est tout ? »

« Oui. »

Plus de silence.

« Est-ce que nous nous connaissions bien ? » demanda Bellatrix.

Si Harry n'avait pas été si touché par la guerre contre les mangemorts, il aurait rit. Cependant, c'était dur pour lui de rire sur ce sujet. « Nous nous connaissions, » admit Harry.

« C'est sûr que c'était le cas, » songea Bellatrix. « Après tout, tu as hérité de la fortune des Black. Tu connaissais sans doute beaucoup de Black. »

Harry haussa des épaules. Cela dépendait de la façon de voir les choses, mais la réponse pouvait être affirmative ou négative.

« Mais comment as-tu obtenu mon épingle à cheveux ? Je devais te faire grandement confiance pour te laisser la toucher. La plupart des gens ne savent même pas qu'elle existe. »

« Il suffit de dire que tu es morte et que je l'ai – en quelque sorte – récupérée, » dit Harry. Techniquement elle était déjà dans ses mains juste avant son suicide.

Bellatrix haleta et pâlit. « Je suis morte ? Tu veux dire que dans moins de vingt cinq ans je vais, ou plutôt, je pourrais mourir ? »

Harry voulait dire que sa mort n'arriverait pas assez vite, mais sentit que ce n'était pas approprié. Cette Bellatrix n'avait encore rien fait pour mériter cette haine – du moins il ne le pensait pas. « Quand je suis parti dans le passé, tu étais morte, » dit Harry.

« Comment ça s'est passé ? » demanda Bellatrix, ayant oublié sa soupe.

« Je suis sûr que ce n'est pas important, » dit Harry.

« Pas si cette connaissance pourrait m'éviter de remourir cette fois-ci, » grogna Bellatrix en colère.

Harry sourit. C'est facile. Ne prends pas cette foutue épingle à cheveux et ne la plante pas dans ta poitrine, pensa-t-il. Il dit cependant quelque chose de différent. « Il y a très peu de chances que cette situation se reproduise, » dit Harry.

« Je veux savoir, » dit Bellatrix.

« Je ne vais pas te le dire, » dit Harry. L'expression sur son visage le fit changer d'avis – légèrement. « Peut-être que je te le dirais une autre fois. Tu as encore beaucoup de temps avant d'y penser, » lui assura-t-il. « C'est très facile à éviter. »

Bellatrix regarda Harry froidement pendant plusieurs secondes avant d'hocher la tête. « Très bien, mais je m'en souviendrai. »

« Pas de problèmes, » dit Harry, souriant faiblement.

Il attrapa sa propre cuillère et mangea sa soupe. Bellatrix cependant, semblait avoir perdu son appétit. Au lieu de manger, elle fixait Harry avec un regard vide.

« Es-tu mon fils ? » demanda-t-elle.

Harry commença à s'étouffer avec sa soupe. « Non, » réussit-il à dire.

« Sommes nous parents par le sang ? »

« Etant donné que les sangs-purs se marient tout le temps entre eux, je suis sûr que ça doit être le cas, » répondit Harry.

« Tu es un sang pur alors ? »

« Sang mêlé, » dit Harry.

« Je vois, » dit Bellatrix, en prenant un sandwich.

Intérieurement, Harry espérait qu'elle allait en prendre un, le manger et arrêter de parler. Son souhait fut accordé et Harry était soulagé par le silence. Ses yeux se dirigèrent vers la fenêtre et il commença à étudier les magasins et les résidences dans la rue, se demanda si ça valait le coup de se rendre dans l'un de ces magasins qu'il n'avait jamais vus avant. Tout en observant, il remarqua quelque chose.

« Dis, ce sont Lestrange et quelques uns de ces amis dans cette allée, n'est-ce pas ? » demanda Harry, en étirant son cou pour mieux voir.

Bellatrix mâchait toujours son sandwich, mais elle se tourna et regarda à temps pour les voir descendre la rue. Elle hocha la tête et avala. « Donc ils m'ont laissé tomber pour aller dans ce coin de la ville, hein ? »

« Il semblerait, » dit Harry. « Je me demande s'ils doivent rencontrer quelqu'un. »

« Peut-être, » dit Bellatrix. « Quoi qu'ils fassent, ils ne voulaient pas être vus. Que ce soit le magasin ou cette maison, il y a de grandes portes pour les cacher. »

Harry hocha la tête, étudiant le magasin et la maison d'à côté. La maison était bien tenue et le magasin semblait être une boutique d'antiquités. « Aucun de ces lieux ne semble être…louche, » commenta-t-il à Bellatrix.

« Ce n'est probablement rien, » dit-elle avec un geste de la main.

Harry en doutait mais il n'avait pas de meilleures idées sur ce que préparaient Lestrange et ses acolytes. Il s'autorisa à penser à autre chose. Devait-il en dire plus à Bellatrix sur le futur et lui-même ? Cela ne ferait probablement pas de mal. D'un autre côté, il ne le voulait vraiment pas. Etait-ce nécessaire ? »

« Euh, Ashworth ? »

« Quoi ? » grogna Harry.

« Je crois avoir découvert ce que fait Lestrange, » annonça Bellatrix.

« Quoi ? »

Bellatrix montra le magasin. « Il vient juste de mettre le feu à la boutique. »

Harry leva brusquement la tête. De la fumée commençait à sortir d'une des fenêtres et il aperçut une langue de feu par l'autre. « Incroyable, » grommela-t-il. Il sauta sur ses pieds et se précipita vers la porte. « Je dois faire quelque chose. »

« Non, » déclara Bellatrix. « Nous allons faire quelque chose. » Elle sauta sur ses pieds et jeta quelques pièces sur la table avant de se précipiter avec Harry dans la rue.

La fumée avait déjà attiré l'attention de quelques personnes et une petite foule commençait à se rassembler devant la boutique. « Y-a-t-il des pompiers dans le coin ? » demanda-t-il à Bellatrix.

Bellatrix secoua la tête. « Non, les sorciers et sorcières n'ont généralement pas de problèmes de feu comme ça. Je suis sûre cependant que quelqu'un est en train de contacter le Ministère. »

« Ils arriveront trop tard, » dit Harry d'un ton pressé. « Il y a peut-être quelqu'un là-dedans ou quelque chose que les Lestrange voulaient détruire. Je vais entrer. » Il sortit l'une de ses nouvelles baguettes.

« Qu'est-ce-que c'est que ça ? » demanda Bellatrix.

« Je l'ai achetée chez Zimon's, » dit Harry.

Bellatrix soupira et sortit sa propre baguette. « Je viens avec toi. »

Harry et Bellatrix coururent vers la porte. Sachant que c'était une urgence et que cela ne faisait pas vraiment de différence, Harry opta de se débarrasser de la porte rapidement. « Reducto ! » La porte explosa et Harry courut à l'intérieur, Bellatrix sur ses talons.

Immédiatement, ils commencèrent à tousser. La fumée avait envahi la pièce et l'un des murs était en train de brûler. Harry utilisa sa baguette pour jeter de l'eau sur les flammes les plus proches. A son grand ennui, l'eau ne semblait pas avoir d'effet sur le feu.

« Ce n'est pas du feudeymon, » dit Bellatrix d'une voix forte, « mais cela s'en approche beaucoup. C'est très noir. »

« Sans blague, » réussit Harry à dire alors que Bellatrix lança un charme qui sembla repousser un peu la fumée. Il essaya de trouver un bon moyen pour contrer le feu créé par la magie noire mais son esprit n'y arrivait pas.

Bellatrix avait déjà pensé à l'option de le contrer, mais l'avait rejetée. « Il n'y a pas de moyen de lutter contre ça, » dit-elle d'une voix pressée. « Il faut combattre le feu par le feu et cela ne va aider personne de jeter un feudeymon. Nous devons faire ce que tu voulais faire et sortir ! »

Bellatrix avait cependant donné une idée à Harry. Harry se rappela les flammes bleues d'Hermione et se demanda si elles pouvaient l'aider dans cette situation. Il leva sa baguette vers le mur en feu et lança l'incantation, espérant s'en souvenir correctement. Du feu bleu jaillit de la baguette et lécha le mur.

« Tu es fou ? » cria Bellatrix.

« Peut-être, » répliqua Harry. « Les flammes bleues sont inoffensives pour nous. On a rien à perdre. »

Ils regardèrent un moment le feu noir consumer le mur à une vitesse alarmante et atteindre les flammes bleues qu'Harry avait conjurées. Harry fut soulagé quand il vit que le feu noir ne consumait pas la surface couverte par le feu bleu.

« Bon travail, » dit Bellatrix. « Avançons ! »

Harry hocha la tête et se dirigea vers une porte. Derrière lui, Bellatrix lançait à son tour le sort et jetait des flammes bleues sur toutes les surfaces qui n'étaient pas déjà en feu. Bientôt, même le sol brillait de flammes bleues.

La plus grande pièce semblait être la salle de vente de l'antiquaire. Cependant, la plupart des vieilleries semblaient avoir été hautement endommagées ou détruites, le feu était pire dans cette pièce. Harry comprit que Lestrange avait dû démarrer le feu ici.

« Il n'y a personne ici, » dit-il après avoir vérifié. « Continuons à avancer. »

Harry et Bellatrix traversèrent le reste de la pièce et se retrouvèrent dans une petite pièce et un escalier. Bellatrix sortit sa baguette et fit flamber l'escalier. Ils coururent en haut et découvrirent un petit couloir.

« On se sépare ! » cria Bellatrix tout en courant de son côté et utilisant sa baguette pour détruire une porte. Elle rentra rapidement et Harry fit de même.

Il trouva une salle vide déjà en feu. Il fit marche arrière et espéra qu'en détruisant la porte, il n'avait pas aggravé la situation au cas où la porte aurait réussi à bloquer les flammes. Il ne perdit pas de temps et fouilla rapidement les autres pièces. Il venait d'atteindre la dernière quand il entendit Bellatrix crier.

Il se précipita et la trouva dans une chambre avec un sorcier inconscient.

« Il est encore en vie, » dit Bellatrix. « Peux-tu le transplaner hors d'ici ? »

« Oui, » dit Harry essayant de se souvenir de la dernière fois qu'il avait transplané en tandem. C'était bizarre qu'il pense à de choses si triviales dans de telles circonstances.

« Je te verrai dehors, » dit Bellatrix. Elle se tourna et disparut avec un pop.

Harry attrapa le sorcier inconscient et essaya de le mettre dans une position confortable. Il agita sa baguette et disparut avec le sorcier dans ses bras.

Le Professeur Dumbledore apparut avec un petit pop pas loin du magasin en flammes. Plusieurs autres pops retentirent avec l'arrivée des employés du ministère qui se précipitèrent vers le feu. Il marcha aussi dans cette direction, mais pas aussi rapidement. Alastor Maugrey l'avait alerté par cheminette qu'il y avait un feu à Pré-au-Lard. Dumbledore avait voulu jeter un coup d'œil à l'incident. Il y avait eu bien trop d'incidents ces derniers temps.

Ce qu'il vit, ou plutôt entendit le surprit quand il s'approcha de l'ancienne boutique d'antiquités. C'était Bellatrix Black.

« Du pin ? DU PIN ! Personne ne fait des baguettes avec du pin ! »

Une voix ressemblant à celle d'Harry Ashworth marmonna quelque chose.

Dumbledore résista à l'envie de rire. En s'approchant il vit Ashworth et Black ainsi qu'un sorcier inconscient allongé sur le sol et ausculté par une médicomage et quelques aurors.

« Ecoute Ashworth, » dit Bellatrix, « si c'est une question d'argent, je veux bien t'en acheter une vraie chez Ollivander ! »

« Ce n'est pas à cause de l'argent, » râla Ashworth.

« Alors c'est quoi ? »

Dumbledore secoua la tête, pensif, tout en passant à côté des deux jeunes gens. Il aperçut Maugrey et se dirigea rapidement vers le vieil auror. « Alastor, » dit Dumbledore pour le saluer.

« Albus, » hocha Maugrey. Il désigna la boutique. « En gros, quelqu'un a délibérément mis le feu à la boutique. Cette sorte de magie noire ne peut pas se déclencher accidentellement et même si c'était un accident cela n'aurait pas été aussi précis. Quelqu'un voulait transformer ce lieu en cendres et vite. Ils voulaient probablement aussi tuer le gars. »

« Ce n'est pas bon, » dit Dumbledore lentement. « Je suppose que Mr Ashworth et Miss Black sont impliqués. »

« Apparemment ils se sont précipités dans le magasin et ont sauvé le type. »

« Que c'est extraordinaire ! » dit Dumbledore. « J'espère que personne ne dira que ce sont eux qui ont commencé le feu.

Vu l'expression de Maugrey, Dumbledore comprit que le vieil auror aurait espéré que ce soit le cas. « Tous les témoins sont d'accord pour dire qu'ils n'étaient pas en position d'avoir allumé le feu, » dit Maugrey. « J'ai déjà vérifié cette théorie. »

« Et pourtant on peut se demander pourquoi ils sont entrés dans un bâtiment en feu, » dit Dumbledore.

« Cela pourrait être de l'héroïsme ou de la stupidité criminelle, » grogna Maugrey. Je leur accorde cependant une chose – ils ont lancé de sacrés sortilèges. Quand le feu noir arrêtera de brûler, il y aura toujours une bonne partie du magasin encore debout. »

« Mais pas tout, » remarqua Dumbledore en voyant les flammes consumer la face extérieure du magasin.

« Quand on a à faire avec cette sorte de feu, cette réussite reste impressionnante, » commenta Maugrey, jetant un coup d'œil vers Harry et Bellatrix qui discutaient de plus en plus fort.

Dumbledore combattit l'envie urgente d'éclater de dire quand il entendit la réaction de Bellatrix à quelque chose qu'avait dit Ashworth.

« Du bambou ? »

Une semaine plus tard, Harry était assis dans ses appartements privés, avachi dans un fauteuil.

« Tu vas froisser tes robes de soirée, » le réprimanda Bellatrix.

« Comme si c'était important, » marmonna Harry. Il attrapa la Gazette des Sorciers et la regarda sans conviction. Les suites de l'affaire de l'incendie de l'antiquaire y étaient retranscrites. Le propriétaire avait bien récupéré et d'une manière ou d'une autre, même si son magasin n'était presque plus que des cendres, il en était venu à la conclusion que rien n'avait été volé par celui qui l'avait attaqué. Il n'avait pas vu le pyromane et ni Harry ni Bellatrix n'avaient dit au ministère ce qu'ils savaient.

« Je parie qu'il ment, » dit Bellatrix.

« Pourquoi mentirait-il ? » demanda Harry, roulant le journal en boule et le jetant dans la cheminée. Il ne voulait plus le lire à nouveau. « Si quelque chose avait été volé, ils seraient en train de le chercher et faire parler d'eux pour découvrir le responsable. »

Il se tourna et regarda Bellatrix. Elle était debout, immaculée dans ses robes de soirées noires. Les robes accentuaient sa silhouette et ses cheveux étaient coiffés. Elle était en train d'examiner avec attention la table qu'elle avait préparée dans ses appartements. Pour la troisième fois, elle s'assurait que toutes les cartes avec les noms étaient au bon endroit. Dans la semaine précédent le diner avec les futurs mangemorts et les autres sangs purs influents avec des sympathies pour les mages noirs, ils avaient souvent discuté de la meilleure manière de les placer – ou plutôt elle avait parlé et lui avait approuvé tout ce qu'elle disait. Cependant Bellatrix continuait à changer d'avis sur la façon de les installer.

« Ah ouais ? Alors pourquoi Rodolphus et ses hommes de main se sont donnés cette peine ? Ils n'ont pas tué le gars et ils n'ont rien volé. Cela semble être une perte de temps, » commenta Bellatrix. « Ils ont du faire ça pour une bonne raison. »

« Peut-être que tu peux la découvrir, » dit Harry.

« J'y travaille, » répondit Bellatrix sagement, changeant certaines cartes de place.

Harry pensait à ce qu'il pourrait dire quand les flammes de la cheminée changèrent de couleur et qu'Orion Black entra dans la pièce.

Orion Black n'était pas quelqu'un du genre à montrer sa surprise, mais Harry était prêt à parier que la vue de Bellatrix l'avait surpris. Ce fut de courte durée cependant et il se tourna vers Harry. « J'ai besoin de vous parler, seul à seul. »

« Euh… d'accord, » dit Harry, regardant autour de lui. Il avait deux options : demander à Bellatrix de sortir ou inviter Orion à aller dans sa chambre.

Bellatrix choisit pour lui. « Je reviens tout de suite, » dit-elle en ouvrant la porte et en partant dans le couloir.

Orion sortit sa baguette et ferma la porte rapidement. « Vous étiez présent quand le magasin a brûlé, n'est-ce pas ? »

« Oui, » admit Harry. « Comment l'avez-vous découvert ? J'ai dit au ministère que je ne voulais pas que mon nom apparaisse dans les rapports officiels. »

« Ne vous inquiétez-pas, » dit Orion. « Savez-vous qui était responsable pour l'incendie ? »

« J'en ai une assez bonne idée, » répondit Harry avec prudence, se demander quels contacts Orion avait dans le Département de la justice magique.

« Voudriez-vous bien partager vos pensées ? » demanda Orion.

« C'était un étudiant de Poudlard, » admit Harry « Je suis sûr que cet étudiant en particulier pourra me mener à ce que nous cherchons. »

Orion marcha dans la pièce, plongé dans ses pensées. « J'ai entendu des rumeurs Ashworth. Ce qui s'est passé dans ce magasin est plus sérieux que ce que pensent la plupart des gens. »

« Pourriez-vous expliquer ? »

« Pas maintenant, » dit Orion, regardant la porte par laquelle Bellatrix était partie. « Vous devez faire plus d'efforts Ashworth. J'ai besoin de savoir ce qu'il se passe ! » déclara Orion. « Vous devez surveiller cet étudiant et obtenir ces informations ! »

« J'y travaille, » dit Harry, essayant d'avoir l'air sûr de lui et compétent.

Orion sembla accepter la déclaration d'Harry. Il jeta un coup d'œil à la table qui avait été préparée pour une douzaine de personnes. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Il s'agit d'une partie de mon… euh, enquête. J'espère ainsi mieux connaître certains étudiants louches. »

« Bella travaille avec vous, » dit Orion. Harry eut l'impression que c'était à la fois une accusation et une question.

« Elle s'est portée volontaire pour s'occuper de quelques détails, » admit Harry. « Son expertise est très précieuse. »

« Qu'importe, » marmonna Orion. « Faites juste en sorte qu'elle ne soit pas tuée ou autre. Une fois que vous aurez trouvé ce qu'il se passe, je veux être informé immédiatement – même si c'est dans le milieu de la nuit. »

« Très bien, » dit Harry.

Orion hocha la tête et se dirigea vers la cheminée. Il attrapa une pincée de poudre de cheminette et se tourna vers Harry. « Je suis sérieux, Ashworth. Ce n'est plus une simple curiosité pour moi. Quelque chose de mauvais se passe dans notre monde. »