Et voilà un nouveau chapitre ! Merci encore à mes fidèles lecteurs et mes reviewers, bonne lecture et à dimanche prochain !


Ils réapparurent à l'entrée d'une petite propriété champêtre. Ils étaient juste devant une barrière blanche de soixante centimètres de haut, fermée par une petite porte sans verrou. Un chemin dallé, aux interstices remplis d'herbe folle, menait jusqu'à une maison coquette toute en courbes et au toit couvert de verdure. La première pensée qui traversa l'esprit du plus jeune en voyant les lieux fut Cul-de-Sac, la maison de Bilbo le Hobbit, mais Ra's al'Ghul avait déjà poussé le portillon et il le suivit donc.

Il toqua à la porte verte avec politesse. Il y eut un bruit à l'intérieur, puis la porte s'ouvrit en grand sur une charmante cinquantenaire au chignon brun-gris désordonné. Elle souriait et son sourire ne s'évanouit pas en voyant le maître assassin sur son perron.

"Ra's al'Ghul" accueillit-elle avec chaleur et néanmoins surprise. "Cela fait une éternité, vieil homme !"

"Cent deux ans" acquiesça l'assassin sans frémir. "Nicolas et toi êtes visibles ?"

"Bien sûr" répondit chaleureusement Pernelle Flamel. "Entre, mon cher, ainsi que ton ami."

"Al'Najin" présenta le maître avec un geste de la main. "Al'Najin, Pernelle Flamel."

"Enchanté, madame" répondit poliment Al'Najin avec un baisemain.

"Moi de même, jeune homme" répondit la femme avant de refermer la porte derrière eux. "Je te laisse l'amener au salon, Ra's, je vais chercher Nicolas."

Al'Najin suivit donc son maître en silence, s'installant sur le fauteuil désigné. Ra's al'Ghul déposa le coffret sur ses genoux avant de s'éloigner, restant debout en regardant par la fenêtre. Pernelle ne tarda pas à les rejoindre, portant un plateau à thé, et leur sourit.

"Nicolas arrive, il a encore fait sauter son laboratoire…"

Effectivement, un homme débraillé entrait deux minutes après, un large sourire sur les lèvres. Il rejoignit l'assassin pour lui mettre une vigoureuse claque amicale sur l'épaule – Ra's al'Ghul ne frémit même pas.

"Ra's, vieille branche" salua-t-il jovialement. "Tu ne pourrais pas nous rendre visite encore moins souvent, n'est-ce pas ?"

"Vous fréquentez des gens que je n'apprécie guère" répondit l'assassin du bout des lèvres.

"Balivernes" répondit Nicolas Flamel avec un grand rire. "Nous fréquentons des gens qui ne t'apprécient guère, nuance. Tu mets mal à l'aise tous ces sorciers si sûrs d'eux. Comment va Aesclepios ?"

"Bien, et vous avez le bonjour de sa part."

"Et ton jeune ami…"

"Al'Najin" présenta Ra's al'Ghul. "Mon plus jeune assassin, et l'un des plus prometteurs que je n'ai vu passer entre mes mains."

"Ceci est une présentation intrigante" fit Flamel en lui tendant néanmoins la main, que l'enfant serra. "Treize ans ?"

"Onze. Entièrement entraîné du point de vue moldu. En cours d'apprentissage en magie."

Al'Najin restait toujours silencieux. Son maître lui avait dit qu'il connaissait les Flamel – pas qu'ils étaient amis, si du moins Ra's al'Ghul pouvait avoir des amis. Ils étaient les premières personnes qui le tutoyaient qu'il n'ait jamais rencontrées, cependant. Même Nyssa vouvoyait son père.

"Et la raison pour laquelle je suis ici" termina l'assassin.

"Je respecte la Ligue, Ra's" déclina immédiatement Flamel "mais j'ai juré que je n'entraînerai plus de sorcier après le désastre de Grindelwald et il ne fera pas exception."

"Tu te trompes. Je suis ici parce que Al'Najin s'est rendu compte que vous avez presque été déclarés coupables d'un immense crime par la Ligue – un crime puni de mort."

Sa voix s'était faite soyeuse. Un froncement de sourcils lui répondit.

"Nous n'avons pas quitté le cottage, Ra's" intervint néanmoins Pernelle d'une voix calme. "Je vois mal comment nous aurions pu commettre un tel crime."

L'assassin fit un signe de tête vers son apprenti. Al'Najin fit sauter les fermoirs et ouvrit le coffret, révélant la Pierre. Nicolas fronça dangereusement des sourcils et tendit la main, la prenant avant de la diviser en deux d'un simple mouvement, les examinant à la lumière puis les rassemblant en une unique Pierre.

"C'est la vraie" gronda-t-il vers sa femme.

"J'ai su le trois septembre que la Pierre était à Poudlard" fit tranquillement Ra's al'Ghul "et j'ai ordonné à Al'Najin de la voler sans déclencher la moindre alarme avant Noël. Comme vous le voyez, il s'est parfaitement acquitté de sa mission."

"Je vais avoir quelques mots avec Albus" fit l'alchimiste, sa voix frémissante de colère en serrant dangereusement la Pierre. "Je m'affaiblis avec l'âge, visiblement."

Il l'offrit à sa femme qui la prit avec précautions.

"Tu avais raison une fois de plus, ma chérie. Nous n'aurions jamais dû la laisser sortir du cottage, qu'importe les belles paroles de Dumbledore."

Elle lui jeta un regard signifiant clairement je te l'avais bien dit avant de quitter la pièce avec la Pierre. Quand elle revint, dix minutes plus tard, elle avait les mains vides.

"Maintenant" fit-elle néanmoins en regardant Al'Najin "j'aimerais savoir si elle était si aisée à voler et quel crime a été commis."

"Al'Najin" ordonna simplement Ra's al'Ghul.

Le jeune garçon raconta brièvement son escapade dans la Forêt Interdite et sa rencontre avec le mage noir. Il décrivit succinctement la scène et le combat, puis conclut en disant que sa magie avait sauvé la licorne de justesse mais que d'autres étaient mortes, avant de confirmer qu'il s'agissait bien de Quirinus Quirrell d'après l'ADN contenu sur sa dague. Le couple était outré et écœuré lorsqu'il termina son anecdote et Nicolas fit néanmoins un bref signe de tête vers lui.

"Tu peux enlever ta capuche, Al'Najin, ou Stan Mallory, ou Harry Potter, comme tu préfères être appelé. Boire du sang de licorne… créature immonde. Enfer sanglant, j'aurai dû me douter que la Pierre attirerait des créatures immondes. Voldemort, n'est-ce pas ? Stupide plan de Dumbledore pour le faire sortir de son trou. Infect. Mettre la vie d'enfants en danger, et parvenir à la mort de licornes."

Il marchait de long en large dans le salon, clairement furieux, et finit par regarder Ra's.

"Très bien, que veux-tu de nous ?" demanda-t-il en s'immobilisant brusquement.

"Votre aide contre Voldemort. La Ligue le veut mort et il mourra en conséquence."

"Bien sûr qu'il mourra. Comment ?"

"Nous savons de source sûre que Voldemort a créé des Horcruxes. Je veux votre aide pour déterminer combien."

"Je peux le calculer avec de l'arithmancie si j'ai assez de données" fit Pernelle, anxieuse. "Licornes et Horcruxes ? Mon Dieu, cet homme est réellement un monstre… que sais-tu de ses Horcruxes ?"

"Il tentait d'en créer un grâce au meurtre de Harry Potter" fit l'assassin d'une voix neutre "et la part de son âme a fini plantée dans le garçon. Nous l'avons exorcisée et enfermée mais elle s'est elle-même détruite, sans support pour la rattacher au monde réel."

"Sais-tu de quelle proportion d'âme il s'agissait ?"

"Non" fit Ra's al'Ghul en regardant Al'Najin "mais Al'Najin a conservé toutes les magies qui lui ont été transmises par cet acte."

"Je n'ai pas de mesure exacte de la puissance de Voldemort" marmonna Nicolas Flamel en marchant de long en large. "Par contre, nous avons l'empreinte magique de Dumbledore et, des dires même de celui-ci lorsqu'il a voulu nous convaincu d'aider, Voldemort est à la limite du paradoxe de Mordred envers lui, soit environ une fois et demi de sa puissance."

"Pas assez précis" trancha Pernelle. "Il nous faut sa puissance exacte. La taille du fragment d'âme implanté dans un Horcruxe se réduit proportionnellement au nombre d'objets déjà ensorcelés, si je pouvais comparer la puissance que possède Al'Najin par rapport à la puissance d'origine, je devrais pouvoir retracer la courbe personnelle de Voldemort. Cela prendra du temps, mais dans tous les cas il me faut une échelle de Voldemort a un autre stade de sa vie."

Al'Najin pencha sa tête sur le côté.

"Si je vous donnais sa puissance actuelle, cela vous aiderait ?" demanda-t-il.

Pernelle réfléchit un moment.

"Eventuellement" concéda-t-elle. "Les calculs seraient plus complexes en partant de sa magie actuelle et du fragment qui est en toi – si l'on suppose que la tentative sur toi était la dernière qu'il a réalisée. Oui, je pourrai le calculer. Comment comptes-tu trouver sa puissance exacte, jeune homme ?"

"Dites-moi comment avoir cette estimation exacte et je vous la procurerai. Quirrell est en contact direct et permanent avec Voldemort, bien que je ne sache pas encore exactement comment. Il a bu du sang de licorne pour le compte de Voldemort."

"C'était lui ?" demanda Nicolas en plissant des yeux. "Lui, directement ?"

"Ses lèvres dans la plaie" fit Al'Najin avec une grimace de dégoût. "L'ADN ne ment pas."

"Et il porte un turban" fit l'alchimiste. "Evident. Il est possédé. Voldemort n'a pas – encore – de corps matériel. La Pierre n'était pas pour l'immortalité mais pour lui en recréer un. Il t'a lancé un sort de magie noire, Al'Najin ?"

"Oui. Il a brisé toutes mes côtes."

Le jeune garçon serra ses dents.

"Il ne se serait pas enfui sinon."

"Parfait" fit cependant Nicolas avec un sourire, frottant ses mains. "Un sort de magie noire de classe sept jeté il y a deux mois. Echantillon parfait. Reste ici cette nuit, mon garçon. Je vais préparer un rituel et reconstituer le sort exact que tu as reçu, il en reste forcément des traces après seulement deux mois. Nous en profiterons pour mesurer ton aura et surtout la partie qui appartient à Voldemort."

"Est-ce que je peux quand même tuer Quirrell ?" questionna tranquillement AL'Najin.

"Il mourra seul" trancha Ra's al'Ghul. "S'il est possédé, il mourra de toutes façons et Voldemort s'évanouira dans la nature."

"Les équations pour reconstituer l'état de son âme me prendront au moins des mois" ajouta Pernelle. "Il sera mort avant. Je crains que nous devions le laisser filer pour cette fois. Je recommanderai que la Ligue ne détruise tous les Horcruxes avant de s'attaquer à Voldemort lui-même, bien que ce soit probablement ce que tu as prévu."

Elle avait finit vers Ra's qui acquiesça en silence.

"Je le laisse vivre alors ?" vérifia Al'Najin.

Le regard impitoyable de son maître se posa sur lui.

"Oui. Tu ne tenteras rien tant que vous serez à Poudlard. Si et seulement si il quitte le château, la Ligue le placera sous surveillance et organisera son assassinat."

Le jeune homme pinça des lèvres. Il avait beau savoir que c'était, de loin, la voie la plus sensée, elle ne lui plaisait pas pour autant. Pourtant il ne pouvait pas l'affronter en combat frontal, et il aurait énormément de mal à tendre une embuscade fiable à Poudlard.

"Bien" acquiesça-t-il alors "mais je ne veux pas qu'il risque de retoucher une licorne."

"Je vais m'assurer de la coopération des centaures" promit Nicolas Flamel. "Ils éloigneront les licornes de Poudlard et protégeront le troupeau jusqu'à la mort de Quirrell."

Un hochement de tête lui répondit. Ra's al'Ghul passa à côté de lui, posant une main sur son épaule.

"Je te laisse ici pour la nuit, Al'Najin. Nicolas, quand tu en auras fini, envoie-le à Heathrow. Son avion part à vingt-et-une heures cinquante-cinq. Il a une mission à terminer aux Etats-Unis avant le Nouvel An."

"Je ne veux pas savoir ça" se rendit Nicolas. "Entendu."

Les regards des deux assassins se croisèrent.

"Tu ne m'as jamais failli jusqu'ici" remarqua Ra's. "Ne commence pas, je tiens réellement à les voir morts."

"J'ai une certaine motivation" répondit-il simplement en soutenant son regard.

"Je sais. Chasse bien, et ramène-moi Nyssa ensuite."

Al'Najin cilla, mais le seigneur était déjà reparti et il entendit le bruit de la porte qui se refermait. Il n'avait pas été sûr que le père ne soit réellement attaché à sa fille mais cela ressemblait furieusement à une preuve du contraire. Nicolas Flamel se leva, affirmant qu'il allait s'occuper du rituel, et il acquiesça distraitement. C'était vrai que Ra's al'Ghul n'aimait pas qu'on lui désobéisse. Pourtant il n'avait pas puni Nyssa pour l'avoir appelé lui, au contraire, il l'envoyait l'aider. Or, l'une des règles de la Ligue était de ne jamais rassembler plusieurs assassins puissants sur la même cible tant qu'ils pouvaient l'éviter – et Nyssa et lui l'étaient certainement tous les deux.

Sa soirée chez les Flamel fut étrange. Ils l'avaient nourri et il s'était ensuite retrouvé il ne savait trop comment dans la bibliothèque. En voyant l'âge et les titres des ouvrages, il s'était contenté de retenir un hurlement de joie et avait décidé de rentabiliser cette soirée de son mieux. Il ne dormirait pas cette nuit ni le lendemain. Aucune importance. Il aurait un trajet en avion pour le faire ensuite.

Ce fut à peine si les Flamel l'arrachèrent à sa lecture pour se sustenter et pour le rituel proprement dit. Il n'avait à vrai dire strictement rien compris aux symboles ésotériques et s'était donc contenté d'obéir à Nicolas, se déshabillant et s'installant dans le cercle rituel. Il l'avait prévenu qu'il risquait de ressentir à nouveau la douleur du sort et un haussement d'épaules lui avait répondu – le sort en lui-même n'avait pas été très douloureux. Puis Pernelle l'avait fait s'allonger et avait fait jaillir son aura comme Aesclepios le faisait parfois. Il lui avait désigné les magies qui n'étaient pas les siennes, incluant la pourpre, et des flopées de sorts et d'instruments étranges avaient commencé à mesurer le tout.

Puis il était retourné dans la bibliothèque aussi vite que la politesse le lui permettait et ne l'avait quittée que quand Nicolas était venu le chercher pour l'emmener à Heathrow.

"Sur quels sujets tu te concentres le plus ?" s'enquit l'alchimiste alors qu'ils remontaient le petit chemin.

"Métamorphoses et bientôt sortilèges" répondit Al'Najin sans hésiter.

"Peu surprenant pour un assassin" acquiesça-t-il. "Je verrai si je peux t'envoyer un ou deux ouvrages intéressants."

"Merci" fit le plus jeune, agréablement surpris.

"Ne me remercie pas. Je m'assure que tu aies les armes nécessaires pour tuer Voldemort, c'est tout."

"Merci quand même" fit Al'Najin avec un sourire. "Ma vie ne s'arrêtera pas à sa mort."

"J'y compte bien."

L'alchimiste croisa son regard avec sérieux, sa main sur le portillon.

"La Ligue est ce que j'appelle un mal nécessaire, Al'Najin. Un mal indispensable pour stopper la folie de ce monde. J'ai haï Ra's, plus jeune. Un meurtrier, un psychopathe, un fanatique religieux."

Ses yeux se plissèrent légèrement.

"C'était avant que je ne me rende compte combien de fois ce psychopathe avait sauvé l'humanité dans son ensemble. Je n'approuve pas ces méthodes. Je préférerai des prisons inviolables et des procès."

"Il n'y a pas de prison inviolable" répondit doucement Al'Najin "sauf la mort."

Un hochement de tête sinistre lui répondit.

"Un jour j'en ferai une, Al'Najin."

"Est-ce que Ra's al'Ghul a réellement plus de cent ans et Aesclepios en a deux mille ?" s'enquit Al'Najin sans relever.

"Le Puis de Lazare permet bien des miracles, jeune homme, comme la Pierre Philosophale. Les sources d'immortalité sont cependant gardées jalousement. Bien trop de gens en abuseraient. Leur existence même est réduite à des rumeurs et des contes de fée. N'oublie pas les buts de la Ligue quand tu uses de ta magie, jeune homme. Le pouvoir corrompt bien des gens. Ne tombe pas dans le piège."

"Je suis à peu près certain que Ra's al'Ghul m'exécutera le jour où je serai corrompu" répondit sincèrement Al'Najin.

"Et je l'y aiderai si nécessaire" avertit sérieusement Flamel en lui ouvrant le portillon. "Au revoir, jeune homme. Nous te tiendrons au courant de nos études sur Voldemort."

"Merci. Pour votre aide."

"Merci pour la Pierre. N'en parle pas pour le moment, je te prie. Si Dumbledore n'est pas venu me voir d'ici la fin de l'année, je me rendrai en personne à Poudlard."

"Ce sera sans doute une scène intéressante. Au revoir, monsieur Flamel."

Un signe de tête lui répondit et il passa le portillon, tirant sa valise moldue derrière lui. Le tourbillon de couleurs l'emporta dès qu'il eut franchi le seuil. Il réapparut dans des cabines de toilettes et rajusta ses vêtements moldus avant d'en sortir. Un appel retentit dans le troisième hangar de Heathrow, du dernier appel du vol pour Starling City. Ce fut d'un pas tranquille qu'il se rapprocha du comptoir, présentant ses papiers avec un sourire timide. Nyssa l'attendait. Il ne lui faillirait pas.

Nyssa déglutit à peine perceptiblement. Son épée courte recourbée était sortie. Ses yeux balayèrent rapidement les environs. Oliver Queen. Roy Harper. John Diggle. Laurel Lance portant le masque de Sarah. Une flopée de policiers. Des membres de l'Argus. Elle était cernée. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû s'approcher seule. Qu'elle aurait dû attendre que son frère ne soit là, mais l'inaction la rendait folle. Son regard haineux se posa sur Laurel.

Elle portait une perruque blonde, un bô et le masque du Canari. Comme si cela suffisait à lui conférer la force et la grâce de Al'Sahfer. Elle aurait pu se rapprocher de l'autre femme – Nyssa avait perdu une amante, Laurel une sœur. C'était avant qu'elle ne se rende compte que Laurel, qui prétendait vouloir venger sa sœur, protégeait son meurtrier.

"Rends-toi, Nyssa al'Ghul" ordonna Oliver Queen, la tenant en joue.

"Pas avant que le meurtrier de Al'Sahfer ne soit mort" fit-elle d'une voix étonnamment douce.

"Je l'ai tuée !" aboya Queen.

"Menteur. Tu ne l'as pas tuée. Tu protèges quelqu'un, je découvrirai qui et je le tuerai. Le traître avec."

"Tu es cernée, Nyssa" remarqua Queen. "Et tu es seule."

"Un assassin n'est jamais seul" contredit Nyssa. "La mort l'accompagne."

Il y eut un mouvement à peine perceptible en hauteur. Une capuche sombre, qu'elle identifia immédiatement à la petite taille. Il tenait immobilisée une silhouette blonde que Nyssa reconnut en une seconde comme étant l'assistante de Queen et lui fit signe de se préparer. Les muscles de l'assassin se raidirent à peine, parée à l'action extrêmement rapide qui allait suivre.

"Dis-lui quelque chose" ordonna-t-elle en fixant Queen. "Au traître."

"Pose tes armes, Nyssa."

Elle rangea lentement son épée en réponse, levant ses deux mains, paumes ouvertes, avant de le regarder avec un sourire cruel.

"Dis-lui que Al'Najin est à Starling City… et qu'il va mourir, qu'importe le prix."

Une seconde après, un éclat de lumière aveuglant remplissait la pièce, suivit par deux craquements successifs. La lumière disparut aussi vite qu'elle était apparue et ils eurent une même mine stupéfaite. Nyssa al'Ghul avait disparu, et à sa place se trouvait Felicity Smoak, l'air hébétée. Les deux assassins étaient réapparus en hauteur, dissimulés, et restèrent silencieux, suivant attentivement la scène en contrebas.

Diggle avait été le premier à réagir, rejoignant la jeune femme. Son pied écrasa des éclats de verre au passage sans qu'il ne s'en soucie, soulevant son visage.

"Felicity ? Felicity, qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

Un battement de paupières totalement perdu lui répondit.

"John ? Qu'est-ce que je fiche là ? On est où ?"

"De quoi tu te souviens ?" demanda John Diggle.

"Je… j'étais en train de… au bureau, je travaillais avec… Ray. Il est sorti et après… j'ai senti quelque chose dans mon dos, un bras sur ma gorge et j'avais un liquide en bouche et… rien…"

Al'Najin roula silencieusement pour s'éloigner et Nyssa le suivit tout aussi furtivement, vexée malgré elle. Cela faisait une semaine qu'elle était là et elle n'avait rien fait de plus qu'une brève capture de Thea Queen. Al'Najin avait attrapé Smoak alors qu'elle était dans les locaux de Palmer Industries.

"Et je suppose qu'elle t'a raconté toute ta vie ?" fit Nyssa entre ses dents.

"J'ai des arguments convaincants" répondit Al'Najin à voix basse. "C'était une belle connerie, grande sœur. Seule, cernée par les flics, l'Argus, et l'équipe de Queen ?"

"C'est pour ça que je te voulais là" admit Nyssa en se frottant les temps. "Je ne suis pas dans mon état normal."

"Bien sûr que non. La femme que tu aimes est morte. Laisse-moi le contrôle, Nyssa, je te promets que tu auras ta part de sang."

Lentement, elle hocha sa tête. Des gens se seraient sentis insultés de donner le contrôle à un gamin de onze ans mais Al'Najin n'avait d'enfant que l'apparence. Il avait déjà organisé avec succès plusieurs missions d'assassinat, parfois complexes, et il avait actuellement l'esprit plus clair qu'elle-même. Elle le conduisit jusqu'à sa planque actuelle mais aucun d'eux ne retira son masque.

"Qu'est-ce que tu as appris ?" demanda Al'Najin en s'asseyant sur le bord du lit.

"Rien que nous ne sachions déjà. Il protège un membre de son équipe ou sa sœur, il sait où est le traître mais je n'ai pas réussi à le filer convenablement. Smoak doit surveiller toutes les caméras de la ville vu comme ils me repèrent aisément."

"Qui est réellement dangereux dans leur groupe ?" interrogea Al'Najin.

"Queen lui-même, moins que nous. Harper commence à apprendre à se battre mais ne sait pas tuer. Le traître nous abattra dans le dos si possible, il sait qu'il n'est pas de taille frontalement. Diggle est un bon sniper, il faudra se méfier des lignes de vues dégagées. Smoak est leurs yeux et une bonne partie de leur cerveau, elle désapprouve leur collaboration, même temporaire, avec le traître."

"Queen junior ?" interrogea-t-il.

"Impossible à savoir. Il y a un an, non, mais a priori elle a passé une partie de ce temps avec le traître."

"Bien. Nous considérerons qu'elle est a son niveau alors."

Le jeune garçon se releva, marchant de long en large.

"D'autant plus que c'est elle qui a tué Al'Sahfer."

"Qu'est-ce que tu as donné à Smoak ?" demanda Nyssa avec méfiance.

"Du veritaserum. Horriblement complexe à préparer, chaque erreur peut le changer en poison mortel, mais mon ami a été assez gentil pour m'en fournir une petite fiole. Il ne laisse aucune trace dans l'organisme mais balaye la volonté et la personne qui l'a bu répond sincèrement aux questions posées. Smoak a analysé les flèches qui ont tué Al'Sahfer. Elles contenaient des marqueurs génétiques qu'elle a cru être ceux d'Oliver Queen, jusqu'à ce que le traître ne leur amène une vidéo montrant toute l'action par Queen junior."

Un acquiescement lui répondit.

"Est-ce qu'elle l'a fait de son plein gré ?"

"Eux pensent que non et qu'elle était sous l'influence de volura. Je ne l'ai pas vue, je ne peux donc pas l'estimer. Dans l'absolu, cela ne change strictement rien."

Un acquiescement lui répondit. Ra's al'Ghul avait réclamé la tête du meurtrier de Al'Sahfer et il l'aurait, drogue ou non. Ils finirent par ressortir pour suivre Queen. Il irait sûrement prévenir le traître et se renseigner sur Al'Najin. Le jeune homme avait placé des micros contre Felicity Smoak et voulait voir si il pouvait glaner quelques informations. Ils n'eurent pas de succès dans les premières heures après avoir perdu la trace de Queen, puis Al'Najin sortit soudain son téléphone.

"Elle appelle" murmura-t-il en s'immobilisant là où il était, s'accroupissant.

"Salut, Barry" fit la voix de Felicity, tremblant encore. "Je… je suis désolée de te déranger mais… on a un énorme problème et… et je crois qu'on a besoin d'aide. Oliver ne veut pas que je t'appelle mais… mais…"

Elle inspira profondément.

"Oui, je, désolée… Quelqu'un est mort, quelqu'un qui faisait partie de la Ligue des Assassins, tu sais ce que c'est ? Ben c'est une Ligue qui assassine les gens et qui est dirigée par un homme qui s'appelle Ra's al'Ghul. Et d… donc… Oliver a fait croire qu'il était le meurtrier et… ils sont là. Et ils le tueront si… oui, je sais, on a déjà affronté des gens très dangereux, mais aujourd'hui on a failli en attraper une et… elle a dit qu'un autre était là. C'est l'autre qui… je crois que c'est un méta-humain. Oliver dit que ce sont des conneries et qu'on augmente toujours la force des assassins efficaces mais…"

A nouveau, elle inspira.

"Merlyn dit qu'il peut lancer des éclairs et qu'il est trop rapide pour un humain. Il peut disparaître et réapparaître plus loin avec juste un craquement et il frappe beaucoup trop fort pour quelqu'un de sa carrure. Il était terrorisé, Barry. Je… oui, merci. Merci."

Elle raccrocha une seconde après et il se frotta pensivement la mâchoire.

"Qui est ce Barry ?"

"Barry Allen, je suppose" répondit Nyssa. "C'est un policier scientifique de Central City. Il a rencontré Queen il y a près d'un an, en l'aidant ici, à Starling. Il était à Central City quand un accélérateur à particules a explosé. Plusieurs personnes ont manifesté des capacités… spéciales ensuite. La Ligue a gardé un œil dessus. Une personne pouvait accumuler de l'énergie, volant celle autour. Une autre pouvait pratiquement se changer en métal et était terriblement difficile à blesser. L'une des hypothèses de la Ligue est que Barry Allen serait le Flash, comme ils appellent la traînée rouge et jaune qui se promène dans Central en aidant les gens, mais nous n'avons pas de preuve."

"Nous venons d'en avoir une" contredit Al'Najin.

Il s'était relevé et elle fit de même. Une traînée rouge traversait la ville à toute allure. Aucun détail n'était possible de distinguer sur lui et elle finit par s'évanouir dans les alentours des Glades.

"Qu'il soit ou non lui-même ce Flash, il est en contact avec lui" fit Al'Najin à mi-voix. "La coïncidence est trop troublante."

"Ce serait problématique" remarqua Nyssa. "Il allait à quoi, la vitesse du son ?"

Elle leva ses mains, sourcils froncés, les écartant pour estimer la distance sur un tronçon de route avant de recompter mentalement le temps qui lui avait été nécessaire.

"Un peu plus" fit-elle à mi-voix. "Mach 1,5 je pense."

"Très problématique" commenta sobrement Al'Najin. "S'il est connu dans sa ville, il doit être possible de retrouver des vidéos de ses combats ? Caméras de surveillance ou de journalistes…"

Nyssa acquiesça et ils se retirèrent, rejoignant une de leurs planques avant de demander davantage de détails à la Ligue. Al'Najin était déjà sur un ordinateur, lisant songeusement un blog entièrement dédié au Flash et à d'autres phénomènes surnaturels. C'était extrêmement problématique. Même si ce Flash ne semblait pas être un excellent combattant et certainement pas un tueur, il allait beaucoup trop vite.

La rapidité était l'un des éléments les plus essentiels dans le combat. Défense et attaque en dépendaient étroitement. Un homme capable de dépasser le mur du son pouvait placer une centaine de coups sans que son adversaire n'en mette un seul ou ne puisse les parer.

"Je vais devoir utiliser de la magie" annonça Al'Najin. "Je peux penser à élaborer une défense mais le toucher va être une autre paire de manches."

Ses dents se serrèrent.

"Avec deux ans d'expérience en plus… Mes sortilèges ne le toucheront pas. Trop lent. Les flèches et les balles non plus. Peut-être utiliser l'environnement et récupérer un élément de surprise en le modifiant…"

Il leva les yeux, la regardant.

"Tu seras seule en face des autres, du coup" remarqua-t-il. "Tu es plus forte que chacun d'eux individuellement, mais est-ce que tu peux tenir l'ensemble le temps que je ne m'occupe du Flash ?"

"Je ne pourrai pas les empêcher de s'en prendre à toi pour te déstabiliser" remarqua Nyssa.

"Exact."

Il épousseta sa tenue. Un bon assassin savait reconnaître ses faiblesses.

"Nous n'y arriverons pas à deux" énonça-t-il calmement. "Pas avec le Flash. Je ne suis pas sûr de pouvoir le battre et tu ne peux pas empêcher les autres d'interférer. La protection se serra resserrée autour de Queen junior et Merlyn."

"Mon père ne déplacera pas un troisième assassin de la Ligue" remarqua froidement Nyssa.

"Peu important" fit Al'Najin en reprenant l'ordinateur. "Je connais justement quelqu'un qui déteste viscéralement Queen et qui a le niveau d'un assassin de la Ligue."

Nyssa eut un mouvement de recul.

"Wilson ?" aboya-t-elle. "Il a tenté de la tuer et tu veux l'appeler pour venger sa mort ?"

"Eh bien" remarqua calmement le plus jeune "quelque chose me dit que Al'Sahfer les veut morts, qu'importe le moyen, et je ramène donc la plus grosse distraction à laquelle je puisse penser."

Un ricanement lui échappa.

"S'il ne sait pas déjà que nous sommes à Starling et est vexé que je ne l'ai pas invité, bien sûr. Maintenant, voyons voir…"

Il avait terminé d'envoyer son message crypté et se pencha donc sur sa valise, l'ouvrant avant de soulever le double-fond. Des fioles se trouvaient là et il les observa avec attention, les comptant. Il avait utilisé une fiole de lumière solaire pour tirer Nyssa de la situation où elle s'était fourrée. Ses doigts en frôlèrent une qui semblait emplie de sable. Oui, ceci serait un bon contre à l'immense vitesse du Flash. S'il parvenait à la placer, néanmoins, et elle était trop puissante pour être commune : il n'aurait droit qu'à un essai.

Il réalisa soudain pourquoi Dumbledore comme Voldemort avaient tout fait pour garder Rogue à leur côté, même s'ils savaient qu'il était un traître. Certaines potions étaient juste immensément puissantes, bien plus que des sortilèges. Faire dire la vérité à n'importe qui ? La Legilimencie pouvait être contournée par quelqu'un de très entraîné, lui-même parvenait à le faire. Lutter contre le veritaserum, par contre… Non, Rogue était très précieux non pas parce qu'il était un espion, mais parce qu'il était Maître de Potions.

Et lui-même utilisait sans vergogne les breuvages, et la réussite éventuelle de cette mission allait encore une fois être due à Rogue. Oh, eh bien, après tout, autant utiliser chaque atout qu'il avait dans sa manche. Ses doigts se refermèrent sur la fiole de sable et il la glissa à sa ceinture.

Les jours suivants furent passés à étudier tout ce qu'ils savaient du Flash et d'éventuels autres méta-humains. Al'Najin passa un long moment à théoriser ce qu'il pouvait faire avec sa magie. Il n'aimait pas se reposer sur quelque chose qu'il ne maîtrisait pas parfaitement mais seule la ruse et la magie lui permettraient de surpasser le Flash – avec sa vitesse, il serait toujours loin devant lui en pure capacité de combat.

Ce fut le vingt-neuf décembre qu'il reçut un unique message, non signé mais à l'auteur parfaitement identifiable. Slade Wilson lui disait de commencer quant il le voulait. Al'Najin grogna un peu. Il aurait préféré que Wilson ne le contacte directement et qu'il n'élabore un plan qui l'inclue depuis le début. Pas le genre du mercenaire, cependant, bien trop accoutumé au solo. La seule hypothèse qu'il pouvait émettre était que Wilson allait s'en prendre en priorité aux deux Queen et qu'il ne s'attaquerait pas à la Ligue. C'était peu, mais il devait bien s'en contenter.

Cinq heures plus tard, ils passaient à l'action et débarquèrent silencieusement dans l'appartement de Thea Queen. Ils tombèrent sur la totalité de la compagnie, bien sûr, et rompirent immédiatement le combat. En infériorité numérique, mieux valait qu'ils ne se battent soit dans un espace très étroit, chose impossible pour le moment, soit dans un espace extrêmement ouvert. La ville elle-même serait un excellent terrain de jeu.

Al'Najin ne fit pas dans la dentelle dès qu'il fut à l'extérieur. L'éclair de magie pure prit le Flash par surprise et il vola en arrière, mais se releva après à peine quelques secondes. L'assassin n'avait pas été subtil mais Merlyn leur avait probablement dit qu'il était capable de lancer de la foudre, ce n'était donc pas une réelle découverte. Arrow comme Harper bondirent sur lui mais il se déplaça dans un claquement sec, réapparaissant contre le Flash qu'il releva d'un coup de pied dans son ventre.

Une pluie de coups de poing fondit sur lui en réponse alors que l'homme échappait à son emprise à une vitesse formidable puis se reculait vivement en percevant ce qui n'allait pas. Al'Najin eut un rictus. Il s'était demandé comment parer des coups qu'il ne voyait même pas, puis s'était décidé pour un bouclier de magie. Cela impliquait qu'il ne l'alimente en permanence cependant, mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé.

D'un craquement, il transplana à nouveau près du Flash, son épée en main. L'homme la para sur son bras, sur le plat de la lame, et ils se remirent à se battre. Il le suivait dès qu'il s'éloignait, le forçant à rester au corps-à-corps pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir, suivant le reste du combat du coin de l'œil. Nyssa avait frappé Harper d'entrée de jeu et l'archer gémissait faiblement au sol. Une flèche noire dépassait de sa poitrine, toute proche du cœur – sans doute sa sœur avait-elle été dérangée, ou la flèche déviée, pour ne pas l'avoir tué sur le coup. Elle dansait maintenant avec Merlyn et les deux Queen, dans un combat terrifiant, mais il ne pouvait pas aller l'aider pour le moment.

Un éclair voulut envoyer Diggle dans l'au-delà mais le Flash s'interposa, hurlant néanmoins de douleur à la foudre bleue qui le ravageait. Intéressant… il protégeait les autres comme un inconscient. Al'Najin changea sa stratégie et se mit à attaquer Diggle et même Harper au sol. Deux mots dits sèchement en arabe le glacèrent – Nyssa ne tenait pas face à trois combattants aussi forts. Cependant il n'avait pas encore eu l'occasion de neutraliser le Flash.

Un violent coup derrière la tête le surpris et il y passa machinalement la main, se frottant l'arrière du crâne. Cela aurait dû l'assommer vu la violence du coup, heureusement amorti par son bouclier magique, mais il se retourna. L'imitation de Al'Sahfer… il ne manquait plus qu'elle. Il fit signe à Nyssa qu'il la gérerait pour qu'elle ne se concentre sur son combat. Si Wilson avait envie de se pointer, cela leur serait utile…

Pas de trace du mercenaire néanmoins. Il fit rouler une fiole vers le trio s'acharnant sur sa sœur mais le Flash la vit et la rattrapa avant qu'elle n'explose, la lançant au loin, haut dans le ciel. Un sourire mauvais naquit sur les lèvres du sorcier et il claqua des doigts. La fiole explosa en l'air et il fit tout d'un coup nuit.

C'était un noir d'encre, un noir absolu. On n'y voyait goutte et un cri de douleur se fit entendre. Les assassins de la Ligue s'entraînaient à se battre les yeux bandés. Nyssa n'avait pas ralenti à cause de l'obscurité soudaine. Le Voile d'Ombre ne durait qu'une petite minute cependant. Al'Najin étudia les alentours à l'aide de sa magie. Vit ce qu'il cherchait. Fondit en avant, une autre fiole dans la main après avoir rangé son épée. La lumière commençait déjà à revenir mais il saisit le Flash à la gorge avant d'écraser la fiole sur sa poitrine.

Il y eut un craquement et un bruit d'effritement. Al'Najin ne lâcha pas prise avant de sentir la chaire sous ses doigts se déformer, puis s'éloigna en transplanant. La potion aurait agi sur lui également s'il l'avait touchée directement. Le Voile se déchira, laissant voir la scène, et il y eut un moment incrédule. A la place du Flash se tenait une statue de pierre, parfaitement immobile, et il eut un sourire satisfait. Le Doigt de Méduse. La plus puissante potion de pétrification au monde. Courtoisie de Severus Rogue.

Quoiqu'il ait peut-être oublié de dire au Maître de Potions qu'il l'avait piquée dans sa réserve personnelle.

Il ne s'attarda pas sur son succès, engageant Laurel Lance à l'épée. Il commençait à fatiguer – ses transplanages constants contre le Flash et son bouclier absorbant drainaient ses réserves magiques. Nyssa avait de plus en plus de mal et avait également été blessée. Un bruit de pas lourd se fit entendre, suivit d'un rire rauque.

"Eh bien" fit Deathstroke en guise de bonjour, portant tout son attirail "une sacrée fête qui s'organise à Starling City, n'est-ce pas ?"

"Yo Slade" répondit Al'Najin avec un rire moqueur. "T'es à la bourre."

"Je ne suis pas là pour toi, gamin" répondit le mercenaire avant de pivoter vivement, se ruant vers Nyssa et le trio de combattant.

Arrow s'avança immédiatement à sa rencontre et son arc se brisa au premier coup d'épée du mercenaire. Slade portait sa propre lame, recourbée et barbelée. Elle fendait les airs en sifflant, faisant reculer un peu plus l'archer à chaque fois – mais un archer qui allait chercher systématiquement le corps à corps, surtout contre Slade Wilson, n'était pas forcément un adversaire extraordinaire. Nyssa en profita pour redoubler d'ardeur contre Malcom Merlyn et Al'Najin vit l'ouverture. Il transplana une dernière fois, abandonnant Laurel Lance pour réapparaître derrière le traître, et sa botte percuta l'arrière de ses genoux.

Merlyn tomba à genoux et l'épée de Nyssa siffla aussitôt, le décapitant proprement. La tête tranchée vola à cinq mètres. Un sourire apparut sur leurs lèvres au même moment, puis ils se retournèrent en même temps vers les deux Queen. Thea était figée d'horreur, hurlant en vain, et Deathstroke en profita pour expédier Queen au loin d'un coup de botte dans le ventre et la soulever d'une seule main avant de fracasser son dos sur son genou recouvert d'une armure.

Il y eut un craquement horrible qui interrompit net son hurlement. Un bon paquet de vertèbres devait être brisé par la force du coup.

"Wilson" appela Nyssa. "Je me fous de ce que tu fais ensuite mais je veux sa tête pour mon père."

Le mercenaire ralentit, puis haussa des épaules, jetant le corps à terre en reprenant son épée.

"S'il ne faut que ça pour te faire plaisir…"

Un instant après, la tête de Thea Queen volait à son tour sous les hurlements d'horreur. Al'Najin était en train de ramasser celle de Merlyn et l'emballa dans un tissu alors que Nyssa rattrapait l'autre au vol pour l'envelopper et ils inclinèrent la tête en même temps.

"Merci" fit Nyssa.

Un moment ils se fixèrent en chiens de faïence, particulièrement Al'Najin et Slade. Ils étaient tous les deux en position de combat, mais finalement Slade ricana.

"Tu es crevé, gamin. N'essaie même pas de m'attaquer, ça ne serait pas intéressant."

"Oh, je ne vais pas le faire" répondit Al'Najin sincèrement. "Comment tu as su ?"

"Que vous veniez à Starling ?" demanda-t-il sur un ton moqueur. "Facile quand on connaît ton visage, gamin."

"Je retiens."

Il s'éloigna un instant après, la tête emballée de Merlyn dans sa main droite, et rangea son épée. Nyssa fit de même.

"Vous… vous connaissez ?" demanda Queen, blanc comme un linge, ses yeux fixés sur le cadavre de sa sœur.

"Je connais tous les bons assassins de ce monde" répliqua Slade avec amusement "et tout spécialement Al'Najin."

"J'ai oublié de dire" fit nonchalamment le jeune garçon "c'est moi qui l'ai sorti de Lian Yu."

Il disparaissait dans la nuit un instant après. Slade releva son épée avec un sourire, regardant Queen. Il n'avait pas vraiment contribué, le prenant comme une épreuve imposée à lui-même pour voir s'il pouvait garder son contrôle. Cela avait fonctionné et l'expression dévastée de Queen était bien plus que ce dont il aurait pu rêver. Des sirènes se firent entendre et il grogna avant de néanmoins disparaître, laissant des gens choqués et une statue de pierre.

Lance et les autres seraient pour une autre fois. Voir sa petite sœur morte était déjà d'une grande satisfaction pour le mercenaire.