10.
Les Mécanoïdes botanistes procédant aux premières analyses, fruits et végétaux semblant ne présenter aucun risque toxique avaient été prélevés par les bras automatisés des tourelles des navettes de stockage.
La difficulté principale étant de sécuriser la récolte, les Mécanoïdes faisant au plus vite, selon leurs programmations, Gander était demeuré à bord de son jet de chasse, survolant les unités au sol, des spacewolfs prêts à intervenir l'escortant.
Bien qu'il soit Militaire et qu'il œuvre pour un vaisseau Pirate, le second du Pharaon se sentait parfaitement droit dans ses bottes, veillant avant tout à la survie d'un équipage, et donc accomplissant bel et bien sa tâche de surveillant et de protecteur des étoiles.
Tout semblait bien se passer et le lhorois se détendit légèrement.
- Maji, vous qui êtes au sol, pouvez-vous les garder à l'œil un moment, s'il vous plaît. Je reviens dans quelques minutes.
Tirant sur son manche à balai, il opéra une glissade sur son aile gauche et lâchant la puissance du réacteur, il retourna vers l'Arcadia posé sur une bande de terre entre deux forêts vierges.
- Est-ce que je peux voler librement quelques instants ? demanda-t-il alors qu'il passait devant le sommet de la tour de commandement du cuirassé vert.
- Accordé. Tout le monde a besoin de se détendre, à sa manière, répondit Albator. Mais gardez le contact, au cas où. Je ne compte d'ailleurs pas faire décoller l'Arcadia avant la tombée de la nuit.
- Je reviens rapidement, j'ai juste envie de voir ce qu'il y a de l'autre côté de cette chaîne de montagnes !
- Soyez prudent, fit encore le capitaine de l'Arcadia. Les formalités administratives pour un disparu en voyage sont une corvée vraiment agaçante !
Se dégourdissant les jambes par procuration, les ailes du jet transmettant l'impression de liberté, Gander avait effectivement aimé voler droit devant lui, mais tout en multipliant les figures acrobatiques, sans cependant prendre de risques inconsidérés.
Le jet était maniable au possible, il le pilotait depuis des années et faisait corps avec lui, capable d'interpréter le moindre frémissement !
Sous lui, passée la chaîne de montagne, la jungle s'étendait de plus belle, masse verte, compacte, donnant l'impression qu'aucun rayon de soleil ne pouvait la pénétrer ni atteindre le sol.
A son passage, quelques oiseaux s'égayaient dans toutes les directions mais c'étaient pratiquement les seuls animaux visibles, les autres devant se terrer, sans nul doute pas habitués du tout à des visiteurs !
« Ne paniquez pas, nous serons bientôt partis et vous pourrez reprendre possession des lieux. Nous ne vous voulons aucun mal, ceux du convoi de récoltes vont juste capturer quelques spécimens pour agrémenter l'ordinaire en cuisines ! ».
Le lhorois sourit, avant de se figer, devenant blême.
- Un appel du lieutenant Oxymonth, prévint Toshiro.
- Des ennuis ?
- Peut-être…
- Passe-le moi, fit Albator en reposant son verre de red bourbon. Oxymonth ?
- Le Géode est là, en pleine jungle, prisonnier de lianes et autres arbres qui se sont littéralement enroulés autour de lui.
- Tiens ça me rappelle un certain Arcadia…
- Que voulez-vous que je fasse ?
- Finissez de remplir les navettes de stockage et revenez. Nous irons ensuite le survoler.
- Bien.
- Toshiro, la végétation nous menace-t-elle ?
- Elle n'a pas le moindre frémissement, hormis celui dû à la brise.
- On dirait bien qu'elle n'en veut qu'au Géode !
Clio inclina positivement la tête.
- La puissance de l'entité de ces univers est centralisée ici ! Elle va frapper sa cible immobilisée. Je sens qu'elle jubile !
Pouchy traversa le salon en courant, se jetant contre son père.
- Il ne faut pas la laisser faire ! hurla l'adolescent.
- Franchement, Pouch', face à une entité qui a emprisonné un cuirassé, je ne suis absolument pas de taille !
- Tu dois l'empêcher ! glapit encore le jeune garçon en le serrant de toutes ses forces.
- On va aller voir, c'est tout ce qui est en mon pouvoir, s'excusa son père. Accompagne-moi sur la passerelle.
Le bras autour des épaules du cadet de ses fils, Albator quitta l'appartement.
