Renaud
Petit PD
Naruto tenait Ino par la main, la nuit était fraîche, ils se promenaient dans une petite fête d'été comme il y en avait tant dans la région. Il n'était pas vêtu comme il l'était souvent, ayant préféré un simple et ample pantalon noir surmonté d'un t-shirt blanc. Elle, portait un kimono lavande aux dessins petits et complexes de fleurs de cerisier blanches. Lorsqu'elle voulait pêcher des poissons rouges, il l'y aida, elle voulut une barbe à papa, il l'a paya, elle le tirait en avant, il se laissait faire sans conviction.
La jeune fille voyait qu'il s'ennuyait ferme, il soupirait toutes les cinq minutes, regardant au loin comme s'il s'imaginait ailleurs. Elle décida de voir ce qu'il se passerait si elle ne demandait plus rien. Il la guida, la tenant du bout de la main, la faisant prendre place sur un banc, toujours avec gentillesse mais si peu d'intérêt. Il lui proposa de lui ramener un thé qu'elle accepta, alors il partit le chercher. Elle le regarda s'éloigner jusqu'à un stand proche, un chanteur un peu plus loin se mit à chanter une chanson qui venait de sortir il y a peu.
T'as quitté ta province coincée
Sous les insultes, les quolibets,
Le mépris des gens du quartier
Et de tes parents effondrés
A Quinze ans quand tu as découvert
Ce penchant parait-t-il pervers
Tu l'as annoncé à ta mère,
J'imagine bien la galère
Petit pédé…
Naruto tenait les deux gobelets fumants, tourné vers elle, la tête vers le chanteur, écoutant. Ino se leva, alla vers lui, lui parla même, mais il n'écoutait pas, toute son attention était portée par les paroles. Elle fulminait, dansant d'un pied sur l'autre pour qu'il la voit, mais aucune réaction.
T'aurait été noir, pas de lézard
Besoin de l'annoncer à personne
Mais c'est franchement une autre histoire
Que d'avouer j'aime les hommes
C'est pas de ta faute, c'est la nature
Comme l'a si bien dit Aznavour
Mais c'est quand meme sacrement dur
A l'age des premiers amours.
Petit pédé…
Lui il avait aimé une fille avant de s'en rendre compte qu'une fois eu, même si ce n'était pas la bonne, que cela ne l'intéressait plus. Il s'était alors dit que le sentiment qu'il ressentait pour son camarade n'était rien d'autre qu'un nouveau caprice qui voulait être exaucé. Mais peut être pas. La blonde lui envoya son poing dans la face le faisant se reculer et se prendre les boissons chaudes qui le fit sauter sur place. Et puis il se laissa tomber à terre alors qu'elle essayait de lui dire qu'elle arrêtait de sortir avec lui, et il ne l'écoutait même pas. Elle partie. Naruto resta au sol, se ramassant juste un peu plus sur lui-même et continua d'écouter alors que les passants l'éviter en le frôlant pour continuer leur chemin.
Toute sa vie à faire semblant,
D'etre normal comme disent les gens
Jouer les machos à tout bout de champ
Et garder ton secret d'enfant.
Dans le petit bled, d'où tu viens,
Les gens te traitaient pire qu'un chien
Il fait pas bon être pédé
Quand t'es entouré d'enculés.
Petit pédé…
Naruto eut un petit rire mais qui n'était pas sincère, s'était plutôt comme s'il se forçait. Il pensait à sa jeunesse, à Kyubi, à sa vie. Une ombre s'était jusque là tenue à l'écart, elle suivit le flot de la population et s'arrêta juste devant lui, mais il ne la remarqua même pas, en cet instant, il était plus vulnérable que jamais. L'autre se mit sur ses talons et attendit. Finalement Naruto leva la tête, un air triste, qui fit place à un pauvre sourire. La silhouette qu'il connaissait si bien et qui se découpait dans la pleine lune tendit la main et l'Uzumaki l'accepta.
A Paris tu as débarqué,
Dans les bas cours du marais
Dans ce ghetto un peu branché,
Tu as commencé à t'assumer
Pour tous les hommes débarqués
Tu étais un enfant perdu,
Tu as été bien vite adopté
Meme si c'était pour ton cul
Petit pédé…
Le blond était assis sur le banc ou il avait laissé auparavant Ino. Il avait mis les pieds sur le siège, ramassant ses genoux sous son menton, entourant ses jambes de ses bras. Il continuait d'écouter les paroles dont la voix éraillée du chanteur relevait la détresse de la situation. Son regard était vide, toujours lointain et son compagnon le regardait du coin de l'œil.
Tu t'es laissé aller parfois
T'as niqué plus que de raison
C'est ta liberté c'est ton droit
Malheureusement fais attention
Tu t'es protégé de ce mal
Qui a emporté tant de tes potes
Face à ce virus infernal
Tu sortais jamais sans capotes
Petit pédé…
Plus il écoutait et plus il déprimait, il espérait que le chanteur n'avait pas vécu cela. Il en avait oublié son acolyte, mais ce dernier non, il continuait de le fixer. Personne ne prêtait attention au chanteur. Le flot de couple et de célibataire continuait sa route, il se sentait seul, mais quoi qu'il fasse, s'était toujours le cas. Son acolyte se leva et partit. Il ne le regarda même pas partir, qui voudrait rester avec lui de toute manière.
Bientot tu trouveras un mec
Un moustachu ou un gentil
Alors tu te maqueras avec
Pour quelques jours ou pour la vie
Reverez peut etre d'un enfant,
Yen a plein les orphelinats
Sauf que pour vous Papa Maman
C'est juste interdit par la loi
Petit pédé
Naruto fourra sa tête entre ses genoux et laissa l'atmosphère l'envelopper doucement. Il en avait marre, tout ce qu'il portait depuis des années remonter, il n'arrivait plus à laisser se masque tout sourire sur sa face. Des larmes s'en emparèrent, ses épaules tressautaient doucement, il reniflait à peine, qui l'écouterait de toute manière, il avait toujours était seul.
Tu seras malheureux parfois,
La vie c'est pas toujours le pied
Moi qui ne suis pas comme toi,
Le malheur j'ai déjà donné
Qu'on soit tarlouse ou hétéro
C'est finalement le meme topo
Seul l'amour guérit tous les maux
Il sentit contre son épaule une douce chaleur qui lui fit relever la tête. Il vit le thé près de lui, l'autre buvait déjà le sien tenant à bout de main celui qu'il lui présenter. Alors il l'attrapa, un mouvement de tête reconnaissant comme merci. Il but et sentit le liquide descendre le long de sa trachée, se frayer un chemin en lui, le réchauffer doucement. Il tourna son visage vers son compagnon en souriant, il allait le remercier. L'autre attrapa sa tasse et la posa sur le banc et se pencha, posant ses lèvres sur les siennes.
Naruto garda les yeux grands ouverts, ni croyants pas une seconde. Ne se reculant pas, une main s'accapara sa joue avant de descendre jusqu'à sa nuque et il sentit alors le baiser s'approfondir. Il ne réagissait toujours pas et deux billes noires s'ouvrirent en le regardant droit dans les yeux, alors qu'il continuait son baiser. Les dernières paroles raisonnèrent, cela le fit pouffer, autant s'accepter. Alors il offrit ses lèvres.
Petit pédé…
Ils se séparèrent un court instant seulement. Naruto le regardait un petit sourire sur les lèvres, il comprit que cela ne le gênait pas, même, il semblait plus réceptif qu'avec la blonde. Il en était certain puisqu'il les suivait depuis quelques semaines déjà, et qu'il avait bien sentit le malaise entre eux deux. Et ce soir, il avait eut le courage d'agir. Le brun se pencha de nouveau, étouffant son prénom qui s'élevait des lèvres de son amant, scellant à nouveau leurs corps de cette simple étreinte.
