Chapitre 10, ou la matérialisation d'Ookami. Le loup crâneur contre le dragon surgelé !

Finit ! S'exclama le capitaine, en étirant ses bras.

Kanade, de bonne humeur, avait finalement terminé son travail de la journée. Le soleil venait à peine de se lever, et tout était déjà classé, rangé, envoyé et rédigé. Depuis le concours, son lieutenant et elle ne se parlaient plus. Les seules fois où il venait prendre des papiers, Hisagi restait silencieux, et Kanade n'allait pas plus loin. Leur complicité de départ s'était instantanément déliée. Au final, Kanade était un peu triste de ne plus voir son lieutenant énervé, sous les nerfs, au bout de la syncope, où simplement content de la voir.

Sur ce, elle souffla profondément, se blottit dans son Yawa, et joua son morceau préféré, « Hisagi ». Chacune de ces notes lui faisait du bien, et c'était un petit moment de plaisir pour elle, de jouer de son instrument adoré.

« Pourquoi il s'appelle Hisagi ton morceau, c'est moche. Je pense que Ookami serait un bon choix de titre. »

« La ferme, et pourquoi d'un coup, tu t'incrustes dans ma tête ? »

« Je voulais un peu parler avec ma jolie propriétaire du bon vieux temps... »

« Accouche, tu veux quelque chose, se douta Kanade. »

« J'aimerais bien, juste pendant un jour, passer la journée en ta compagnie..., commença le loup, d'une voix suppliante »

« C'est NON, tu ne vas pas sortir. Tu vas encore me crée des problèmes. »

« Mais... »

Après une petite discussion, quelques anecdotes du passé, et les supplications du loup, Kanade décida finalement de le faire sortir, restant quand même perplexe sur cette décision. Mais, il devra rentrer dès le couchés du soleil. Il accepta, la joie d'enfin s'échapper de son monde de neige noir et blanc. Arima plaça son zanpakuto droit devant elle, et grâce aux nombreuses particules spirituelles du Seireitei, laissa apparaître Ookami Amano sur sa forme humaine. Il était plutôt canon avec ses cheveux gris ébouriffés, sa petite canine sortant au bout de sa lèvre, ses yeux d'un bleu rois éclatant, son corps bien ficelé et son air rebelle qui lui donnait un certain charme. Kanade alla chercher une tenue de shinigami et demanda au loup de la vêtir.

Mets-le, tu passeras un peu plus inaperçu avec ça.

C'est moche, mais bon.

Arrête de te plaindre et habille toi.

Si tu veux pas me voir nu, retourne toi. Mais si au contraire...

Tais-toi !

Elle se retourna, rouge de honte, tout en entendant un rire narquois de la part de son zanpakuto. Elle fit mine boudeuse, et attendit qu'il s'habille. C'est après les nombreuses critiques sur sa tenue vestimentaire qu'il laissa sa maîtresse se retourner. Cette dernière put enfin voir Ookami, mais, elle eut un moment d'absence. Le regard du loup lui remémora fortement son premier amour, Riku. C'était la première fois qu'elle remarquait la ressemblance troublante, mais dans cette tenue, il lui ressemblait au niveau du visage. Les larmes commencèrent à monter à toute allure, sans qu'elle ne puisse les arrêter.

Et bien, je suis si beau que t'en a les larmes ? Où bien, c'est parce que...

C'est avec le sourire qu'il la prit dans ses bras, la réponse à sa question. Il lui murmura des mots gentils, avant qu'elle ne se calme enfin. Il lui rappela par la même occasion qu'il n'était pas son ami d'enfance, et qu'elle devait l'oublier, parce qu'il était mort. Elle resserra l'étreinte, la tête posée contre sa poitrine musclée. Mais, l'embrassade se desserra brutalement à l'entrée du lieutenant Shuuhei qui avait ouvert sèchement la porte. C'est avec les yeux ahuris qu'il vit son capitaine dans les bras d'un homme inconnu encore pour lui. Il détourna la tête et dit :

Si je vous dérange, je repasserai...

Elle délaissa Ookami, et répondit, les yeux légèrement rouge :

Non, c'est bon. Qu'est ce que tu veux ?

Il remarqua ses yeux tristes, et ne put se retenir de demander :

Tu as pleuré, Kanade ?

Une sorte de cloche retenta dans la tête de Kanade, un certain soulagement qu'il l'ait appelé par son prénom raisonna en tout son être. Elle ne comprit pas ce sentiment nouveau, mais après un moment de vide envers les deux autres, elle reprit vite ses esprits et lui répondit, un sourire qui se voulait rassurant :

Rien, tu sais, le passé. Ça peut faire un peu mal d'y repenser.

On entendit à l'arrière un soufflement exagéré du gris, posé à dos contre le mur et les bras croisés. Hisagi fronça les sourcils, la présence du canin ne le plaisait pas du tout. Après ça, Ookami, désespéré de sortir, prit le bras d'Arima, bouscula le lieutenant et s'exclama de sa voix grave :

On sort ! Ah, et en fait, mon nom est Ookami, retient le bien !

Et il claqua la porte férocement. Hisagi, maintenant seul, se dit :

« Ookami, mais c'est le zanpakuto de Kanade, pourquoi...il... »

Il posa brutalement une main sur son front, comprenant malheureusement les attentions de l'homme aux cheveux gris. Finalement, il s'en ficha totalement. Tant que c'était juste son zanpakuto, il n'allait pas faire une crise de jalousie...crise de jalousie...il se donna une gifle mental, lui, être jaloux ? Non, si ? Enfin bon, il laissa tomber cette conclusion grotesque et s'en alla à ses occupation, la conscience pas très tranquille.

[...]

Dehors, le duo avançait doucement, sans précipitation. Ookami profitait de ces instants à l'extérieur, il ne négligeait rien, pas même une douce brise se frottant sur lui. Kanade, elle, se laissait bercée par le chant des oiseaux et le vent. Pendant la marche, plusieurs filles shinigami étaient tombées dans les pommes en voyant le loup, un véritable tombeur. Les garçons, eux, en restèrent complètement jaloux. La promenade dura une bonne heure avant qu'ils n'arrivent devant les portes de la dixième division. Ookami s'arrêta devant celles-ci, figé.

Qu'est ce qu'il y a ? Demanda Kanade.

C'est pas la division du mec aux yeux sexy ?

Toshiro ? Oui, c'est bien sa division. Pourquoi ?

Il ne répondit pas la question et entraîna le capitaine de la neuvième dans la division. Il ne donna aucune explication à Arima, cette dernière dut le suivre sans rien dire. Devant les portes du bureau du capitaine, Kanade vit que dans le regard de son zanpakuto, un certain plaisir avait naquis. Il sourit et ouvrit la porte.

Capitaine Hitsugaya, s'écria le gris.

Au bout de la pièce, devant un bureau, était assis Toshiro, une feuille en main. Il releva la tête, une veine sortant de sa tempe, l'air agacé et de mauvaise humeur.

Qui êtes-vous et que voulez-vous ? (Son regard tourna vers Kanade, restée en retraite) Capitaine Arima, qui est cet homme ?

Arrête de poser des questions le minus décoloré, je veux un combat, ordonna-t-il.

Kanade ne se retint pas, envoya une droite magistral sur le visage d'Ookami Amano et lui gueula dessus par la même occasion, le pauvre à terre :

Non, mais t'es un idiot finit ! Je t'ai dit de te tenir tranquille, déjà que le coup avec Hisagi était limite, mais là ! Tu fais fort !

Mais lâche-moi, j'ai envi de me battre contre son dragon, Hyôrinmaru. Il m'intéresse beaucoup, pour un zanpakuto de glace.

En fait, depuis le début, c'était pour ça que tu voulais sortir !

Pendant les engueulades, Toshiro, soupirant, entendit son zanpakuto lui parler.

« Toshiro, laisse-moi sortir, que je lui montre que je suis puissant. »

« Tu ne vas pas te mettre à son niveau, Hyôrinmaru? »

« Ce n'est qu'une correction pour un avorton, et puis, je pourrais reprendre ma revanche. »

« Pfff, vous êtes irrécupérables. Mais évite de massacrer mon bureau. »

Toshiro sortit son sabre, et ferma les yeux. Une puissante force et un froid digne d'une nouvelle aire glacial s'échappèrent de la lame. Un énorme dragon de glace s'éleva devant Ookami qui avait toujours son sourire. Le dragon rugit et se posa.

Ookami Amano, pourquoi voudrais-tu une confrontation ? demanda-t-il.

Pour le fun, et puis, ta puissance me plaît bien, répondit-il simplement, en se léchant les babines.

Petit insolant, je vais te donner une bonne raclée.

J'ai hâte de voir ça, souffla-t-il en se dirigeant vers lui en courant.

Hyôrinmaru se dépêcha de prendre son envole, prenant le soin de détruire le plafond du capitaine. Ce dernier, ahuris, s'effondra au sol, et de son côté, Kanade, ricanait bêtement.

A présent dehors, les deux combattant se regardèrent dans les pupilles. Autour d'eux, tous les shinigami de la dixième étaient morts de peur. Matsumoto, elle, qui avait bien sûr entendu la conversation derrière la porte, encourageait le zanpakuto de son capitaine.

Juste après un rugissement, le dragon de glace se dirigea vers son ennemi. Ookami esquiva en haut et fonça sur le dos de Hyôrinmaru pour le mordre. Il enfonça ses crocs dans la glace, sans trop de difficulté. Le zanpakuto de Toshiro gémit.

Comment... peux-tu résister à mon froid...bafouilla le dragon avec peine.

Je résiste autant au froid qu'au chaud, c'est psychologique et physique...enfin laisse tomber, expliqua le loup.

Mais juste après, Hyôrinmaru enroula sa proie qui était dans un moment d'inattention. Ookami essaya de sortir de son emprise, mais rien n'y faire, il était bien trop serré. Le dragon positionna sa tête devant la sienne, ouvrit la gueule, et s'apprêta à lancer un jet de glace. Alors que le vent de froid se dirigeait vers lui, Ookami réussit au dernier moment de sortir, s'en alla rejoindre la queue du dragon, et le mordit de nouveau. Cette fois-ci, Hyôrinmaru eut bien plus mal que l'ancienne morsure et un gémissement encore plus intense sortit de sa gueule. Toshiro, avait presque envi de se joindre au combat pour aider son zanpakuto, mais Kanade le retint en prononçant ces paroles :

Tu ne vas pas y aller, c'est quand même eux les capricieux. Et puis, c'est leur honneur qui est en jeu, alors laisse-les.

Toshiro écarquilla pendant quelques secondes les yeux, avant de redevenir normal. Elle avait raison, et c'est ce qu'il le choqua un peu. Leurs intentions reprirent le combat. Hyôrinmaru avait l'air de perdre, mais rien n'est sûr. L'idée du bankai traversa la tête du dragon. Mais bien sûr, du côté de Ookami, l'idée était elle-aussi venue. C'est sur un même regard qu'ils s'exclamèrent en synchrone :

Bankai !

D'un coup, Toshiro et Kanade sentirent que le pire était maintenant. L'envie de s'interposer devenait bien plus forte. Mais bon, de toute manière, ils n'arriveraient pas à les arrêter. Des ailes de glace poussèrent sur le dos de Hyôrinmaru et il devint un peu plus imposant qu'avant. Les canines d'Ookami prirent de la longueur, devenant deux grandes lames et des ailes poussèrent sur son dos à lui aussi, mais des ailes d'ange blanches. Les deux dégageaient une puissance colossal, digne de leur maître. Sur cette puissance, tout les spectateurs s'en allèrent, s'attendant au pire.

Bien sûr, cette puissance phénoménal ne resta pas inaperçue très longtemps, puisque des capitaines, soit de la sixième, de la deuxième et malheureusement de la dixième, repérèrent la puissance et s'empressèrent d'arrêter cet affrontement ou d'y participer dans le cas de Kenpachi. Du côté des deux zanpakuto, ils enchaînèrent les destructions, entre les maisons des shinigami de la dixième et les malheureux arbres, il y avait du choix ! Enfin bon, le combat continuait. Mais, il fallait un trouble fête et le gagnant fut...Zaraki ! Et oui, le zanpakuto en main et le sourire carnassier, il envoya valser le dragon d'un coup de sabre, et le pauvre Hyôrinmaru s'écroula sur une maison. Ookami s'en marra pendant un moment, mais son tour passa et le dangereux capitaine le balança rejoindre le dragon.

Et bien, déjà terminer ? Vous me faites pitié les gas, pour des zanpakuto de capitaine, vous êtes lamentable.

Juste un près un rire raisonnant aux quatre coins de la Soul Society, le capitaine Kuchiki rejoint la fête, l'air légèrement énerver.

Capitaine Arima et Capitaine Hitsugaya, des explications de tout se grabuge ?

Kanade se mit devant Byakuya et lui répondit :

C'est Ookami Amano, mon zanpakuto (Elle pointa ce dernier), qui m'a supplié pour le faire sortir et par la même occasion, se confronter au zanpakuto du capitaine Hitsugaya.

C'est cela votre excuse ? Elle est minime, et n'est pas très convaincante. Enfin, le capitaine Fon arrive et elle vous dira votre punition, et à tout les deux (Désignant le capitaine Hitsugaya).

Hitsugaya inspira et expira, s'attendant au pire pour la sentence. Kanade, elle, mourrait de peur, au point d'en trembler. Elle rejoignit le capitaine Hitsugaya et lui murmura à l'oreille :

Une fugue, ça te dit ?

Cela aggravera notre cas, alors non.

Allez... et puis, ils oublieront notre connerie.

Non.

T'es pas drôle.

L'idée de s'en fuir raisonna dans la tête de Kanade, elle avait vraiment envie. Mais bon, Soi Fon arriva malheureusement trop vite. Elle les engueula sérieusement, et les envoya rejoindre papi Yama. Ils rappelèrent leurs zanpakuto, et s'en allèrent, un dans un état de plénitude absolue et l'autre, pas loin de l'attaque cardiaque. Pendant la fin de journée, Toshiro et Kanade reçurent comme punition de nettoyer tout les bureaux des capitaines de chaque division. Commençant par la première et terminant par la treizième.

Hisagi entra dans le bureau de son capitaine, pensant que cette dernière serait entrain de dormir, et bien, se fut la grande surprise de ce dernier. Parce que, se retenant péniblement de rire, il vit Arima et Hitsugaya, vêtu d'un tablier blanc chacun. Toshiro était à quatre pattes au sol, l'éponge en main et Kanade dépoussiérait le bureau. Ils avaient aussi enlevé leur haori.

- La ferme Shuuhei, dirent les nettoyeur en même temps.

S'en était trop, il se tordit de rire. Et puis, bien sûr, comme par hasard, Matsumoto, en compagnie de Kira, Yumichika et de Ikkaku, passèrent devant le bureau. Ils s'arrêtèrent et rejoignirent le lieutenant Shuuhei. Ils rirent ensembles, au plus grand malheur des deux punis. Matsumoto, comme par hasard encore une fois, avait sur elle un appareil photo, et *CLIC * la photo était dans la boîte. Toshiro se releva, jeta l'éponge sans faire exprès en plein dans le visage de Kanade et s'écria :

Matsumoto, passe-moi cet appareil tout de suite !

Toshiro ! L'interpela Kanade d'une voix mielleuse.

Il se retourna vers elle, et se prit le plumeau en plein dans la face.

Ca, c'est pour l'éponge espèce d'idiot sans cervelle !

Moment de bug...il passa de Matsumoto à Kanade, de Kanade à Matsumoto... et s'écria, furieux :

JE VAIS TOUS VOUS TUEZ !

Il arracha son tablier, dégaina son zanpakuto, et menaça tout le monde :

Le premier qui bouge, il est mort. (Il vira sa lame droit sur la rousse.) Matsumoto, l'appareil.

Elle ronchonna mais passa finalement l'appareil, ne voulant pas recevoir toute la fureur du Roi des Glaces. Le dit Roi des Glaces coupa en deux l'appareil sans aucune pitié. Après ça, il rangea son sabre dans son fourreau, reprit son tablier avec dégout, l'enfila, ramassa l'éponge et ordonna à tout les autres, sauf Kanade de sortir. Ils partirent finalement en rires.

Minuit passé, ils finirent enfin le treizième bureau.

Enfin ! S'écria Kanade.

Je rentre.

Ils sortirent, jetèrent les tabliers, éponge et plumeau, heureux d'avoir finit le punition. En entendit le ventre de Kanade gargouiller, mourant de faim. Le ventre du glaçon se joignit à celui de Kanade, et ils en rirent légèrement.

On va mangé, je connais un restaurant nocturne ? proposa Kanade.

Je suis pour, accepta-t-il.

Et ils s'en allèrent en parlant un peu.