Bonsoir ^^ Le chapitre 10 est posté !
Bon je ne suis pas très satisfaite de la fin de ce chapitre mais...tant pis xd
J'espère que la lecture n'en sera si désagréable.
Un énorme merci aux reviews qui réchauffent mon petit cœur d'auteure ! Vous êtes géniaux !
(Laya tu es une petite chanceuse ^^ à la base il y a un petit passage avec une certaine porte qui n'était pas prévu du tout mais l'inspiration étant imprévisible... xd)
Bonne lecture... j'espère.
Chapitre X
Cocktails de sensations, avant la tempête.
POV Sherlock
Je me sens l'âme d'un démon. Dans le sillage de mes pas la nébuleuse débordante de la colère étend ses tentacules sombres.
La plupart des personnes s'écartent sur mon passage.
Devant mon visage changé en forteresse de glace noire.
Le claquement rapide de mes chaussures frappe le rythme de mon impérieux besoin d'aller faire un lot d'Anderson et Sebastian.
Ni l'un ni l'autre ne sont venus à l'Université. La corrélation est évidente, confirmation de ce que pensais.
Mais il me reste une carte à jouer.
Je déboule dans un couloir et m'arrête devant un petit groupe mixte.
Les amis et amies d'Anderson.
Oui, surprenant que certaines personnes arrivent à apprécier sa personnalité d'insecte nuisible. Mais c'est plutôt l'argent qu'ils apprécient.
Je repère une fille aux cheveux châtains. Me semble que je l'ai déjà vu avec Anderson. Sa petite amie je crois. Je reconnais son air chèvre et tremblotant de mollusque aseptisé.
Je m'ancre dans le sol, devant elle. Les conversations s'arrêtent.
Sentant mon regard qui lui poignarde le dos, elle dirige enfin son attention sur moi.
Je lui sers mon regard le plus ombrageux. J'articule soigneusement.
« Où. Est. Il ? »
« Quiiii ? » La question fait son chemin dans le plan de marécageux de sa tête. « Ahhh Andersounours? C'est toi Sherlock alors ? S'il m'avait dit que tu serais aussi canon ! Je peux te prendre en photo ? Et avoir ton numéro ? Hein ? Hein ? Hein ? Dis oui steuplait steuplaiiiiit !»
Elle sort son portable et se prépare à mon accord en trépignant comme une gamine de trois ans.
Je souris.
« Bien sûr. »
Je lui prends le portable des mains. En évitant tout contact avec sa peau.
Sans me départir de mon sourire je cherche le numéro d'Anderson (ou plutôt d'Andersnounours) dans son répertoire et le grave dans ma mémoire.
Ensuite je fracasse furieusement le portable par terre.
Pas ému le moins du monde par son air horrifié, le sourire affiché sur mon visage glisse, remplacé par la colère froide qui irradie dans ma poitrine.
Je réitère ma question.
« Où. Est. Il. »
Elle se tord les mains. Ne sait pas comment réagir. Je l'aide un peu en hurlant un bon coup.
« OU ! »
Elle pâlit, trop paralysée pour piper mot.
Je le secoue par les épaules. De plus en plus fort.
« Où est Anderson ? Mais tu vas répondre ! »
Cette méthode ne donnant pas grand chose non plus, j'approche mes lèvres de son oreille et murmure, avec une cruelle douceur, les choses qu'elle ne veut pas entendre. L'infidélité d'Anderson. Le fait qu'elle n'a pas d'amis etc. (il suffit de constater que personne ne vient la défendre actuellement).
Ses épaules tressautent. Elle pleure.
J'ai gagné.
Finalement entre deux pleurs elle réussit à articuler une adresse.
Satisfait je la laisse dans cet état, écrabouillant un peu plus en partant les restes de son portable.
Je sonne.
Huit fois.
Pas de réponse.
Il va ouvrir cette porte, même si je dois la défoncer à coups de pieds !
Une demi heure plus tard, mon pied droit n'est plus qu'une masse douloureuse.
La porte de bois est marbrée d'éraflures mais c'est tout.
Anderson n'est pas là, je dois me rendre à l'évidence.
De rage je démolis sa boite aux lettres et je déforme sa poubelle à force de coups.
Puis je pars.
John doit être rentré à mon appartement depuis longtemps mais je ne veux pas y aller tout de suite. Pas dans mon état actuel.
Il me faut une heure pour refouler et contenir ma colère. L'enfermer dans un coffre fort et jeter la clé dans la Tamise qui agite ses eaux grises.
-/-
Anderson s'affale sur un canapé, satisfait de louper des cours pour une « bonne » raison.
« Ton appartement est encore plus grand que le mien ! »
Sebastian sourit.
« C'est ça d'avoir un père plein aux as que veux-tu ! »
Il prend une gorgée du verre posé sur la table en verre.
« Hé mes parents ont aussi du fric ! »
« Pas autant. »
« Ouais, c'est sûr. »
« Bon. Anderson. Le sujet qui nous intéresse. Vu que tu as un peu exagéré avec John. On va laisser quelques jours de répit à nos deux petits. Le temps que John soit moins horrible à regarder. »
Anderson, dépité, soupire.
« Hé oui mon vieux, je t'avais dis de faire attention mais tu ne m'as écouté. »
« Je suis un passionné moi. »
« Il ne t'as vu au moins ? »
« Non, j'étais caché derrière un mur. »
« De toute façon, Sherlock devait se douter de quelque chose avant. »
« Mais si je ne suis pas là non plus ? Ses soupçons vont être confirmés. »
« Pas le choix. S'il n'y a que moi d'absent à la fac il s'en prendrait à toi direct. Et puis j'ai besoin de toi pour la suite des festivités. Donc tu vas rester chez moi un peu qu'on organise la suite. D'ici deux trois jours, ce sera bon. »
« Pas de problème. J'aime ton canapé. Pur cuir ? »
« Bien sûr. Pour qui me prends-tu ? »
Après un instant de réflexion, Sebastian reprend.
« Et puis, plus les jours passent. Plus la trahison sera grande. Comme on dit : Plus on monte haut, plus la chute est brutale. »
-/-
POV Sherlock
J'avais dit que tout allait bien. Que ce qui était arrivé à l'hôpital n'était rien. Juste une erreur de parcours.
Mais c'est faux.
L'envie inexplicable de ce jour là est revenue. Elle me taraude de plus en plus.
Comme en cet instant.
Nous sommes tout deux assis sur le sofa et nous regardons un film que John voulait voir. Un navet dont je n'ai pas retenu le nom.
Lassé par mes commentaires soit disant incessants sur le scénario affligeant de platitude et téléphoné au possible dont j'ai tout deviné dès les premières minutes, John m'a finalement intimé l'ordre, je cite :« de la fermer sinon je te force à ranger ton bordel infernal, jusqu'à ce que ménage s'en suive s'il le faut.». Et je me suis tu devant la terrible menace.
Je me suis bien vite désintéressé du navet en mouvement donc, mais en silence.
Au lieu de d'affirmer que nous regardons le film, il serait donc plus juste de dire que John regarde le film et que je regarde John.
Je ne me lasse pas d'observer son visage se colorer d'émotions. Un visage tellement différent du mien. Tellement plus expressif. Tellement plus chaleureux. Tellement plus vivant à bien des titres.
Et cette bouche aux lèvres rosées.
Je meurs d'envie de recommencer.
De recommencer à me l'accaparer.
Je ne tiens plus.
Je me lève brusquement.
« Hé, Sherlock ? Tu vas où ? »
Je ne réponds pas.
Comment je peux laisser mon contrôle se briser à ce point ?
Ou plutôt, comment peut-il briser ce contrôle savamment étudié et entretenu depuis des années ?
Pourquoi ?
Pourquoi ai-je envie de l'embrasser ? J'ai déjà expérimenté les plaisirs charnels une ou deux fois. Pas par sentiment bien sûr. Par curiosité. J'ai d'ailleurs découvert que les hommes sont plus ma tasse de thé que les femmes. Mais de sentiments point, juste la chair.
Et les baisers m'ont toujours apparut assez désagréables. Un échange de salive entrecoupé par les assauts de deux langues spongieuses. Répugnant.
Alors pourquoi les lèvres de John m'attirent ?
Illogique.
Perdu dans mes pensées, je n'entends pas que John me suit. Jusqu'à ce qu'il pose une main sur mon épaule.
« Sherlock ? »
Je me retourne vers lui, surpris.
Trop près. Il est trop près.
Immanquablement mes yeux tombent sur sa bouche.
John recule devant notre proximité, mal à l'aise.
« Ça va ? »
« Oui », je réponds en un souffle.
« J'ai quelque chose sur le visage ? Tu me regardes bizarrement. »
« Non, non rien. » Un filet de souffle.
John recule encore d'un pas, puis d'un autre, assez peu rassuré par ma réponse de toute évidence.
Je ne peux détacher mes yeux de sa bouche, qui forme une moue inquiète en cet instant.
Non. Non. Un sursaut de mon intellect reprend le dessus.
Je passe une main sur mes yeux brièvement.
Puis je souris vaguement.
« Tu as mis pause au moins ? »
Soupçonneux devant cette piètre tentative de plaisanterie il hausse des épaules dubitatives.
« Oui. Mais je croyais que tu n'aimais pas. »
« …...Bon on va rester planté dans ce couloir encore longtemps ? »
De retour de sur le canapé. Je dois empêcher mes doigts de pianoter sur l'accoudoir. Et pire je dois empêcher mon regard de dévier sur la droite. Il en meurt d'envie. J'en meurs d'envie.
« Sherlock ? »
« Hmm ? »
Mais il fait exprès de me parler ou quoi ! Il veut que je craque !
Il me pose une question absurde sur l'héroïne du film et je lui donne une réponse encore plus absurde que la question posée en alignant des mots vides de sens.
Finalement il attrape la télécommande et met pause.
Il se tourne vers moi (de biais puisque nous sommes assis)
« Bon. Qu'est qu'il y a ? »
« …...remets lecture. »
« Tu pourrais me regarder quand je te parle ! »
« Remets lecture. »
« Non. »
« Play. »
« Non. »
Je lève les yeux ciel et je parie qu'il fait pareil de son côté.
J'entends un soupir fatigué et il exerce brusquement une forte pression sur mon épaule, provoquant un mouvement de pivot involontaire de ma part.
Je me retrouve donc face à lui, bien qu'à moitié affalé entre nous deux.
« Voilà c'est mieux. »
Je hausse un sourcil interrogateur.
« On regarde les gens quand on leur parle. »
Je renifle avec mépris tout en me redressant.
« Qu'est ce qu'il se passe alors ? »
« Mais rien. »
« Mais si. J'ai demandé : «Tu penses que le sniper va tuer la mère ou la fille en premier. Et tu as dis : le sniper défonce le pantalon de l'ours avec une salopette en forme de fusil. »
Un sourie éclaire son visage. Et il éclate de rire. De petits éclats lumineux se promènent dans ses yeux.
Petites chatoyances qui pétillent.
Je suis retourné sous l'emprise hypnotique de cette bouche qui chante la joie.
Je n'ai pas la force de détourner le regard. Je n'arrive pas à me contenir.
Non pas cette fois.
Pas cette fois.
C'est trop tard.
Trop tard.
J'en meurs d'envie.
Le rire vient à de peine de s'éteindre et de mourir que mon corps s'est rapproché de la source de sa naissance.
Incapable de faire autrement.
Mon visage se rapproche. Lentement.
John ne bouge pas.
Interloqué.
Surpris.
Mais il ne bronche pas.
Ne dit pas non.
Alors délicatement mes lèvres caressent les siennes, avec hésitation.
Celles de John ne bougent pas. Alors j'insiste doucement.
Je sais que je ne suis pas doué à ça. Et pour cause. Les deux seules expériences que j'ai eu m'ont bien dégoûté des baisers.
Mais là, rien de désagréable.
Juste des lèvres souples et chaudes sous les miennes, qui commencent à s'animer.
Je sais que j'ai gagné.
Si John avait voulu il aurait sans peine put me faire dégager à coups de poings.
POV John
J'explose de rire devant l'absurdité confondante de sa réponse.
Soudain, j'ai à peine finis de me remettre de mon fou rire que je m'aperçois que son visage s'est rapproché.
Avec ses yeux brillants comme deux supernovas de mercure.
Et son visage se rapproche.
Se rapproche.
Se rapproche.
Je ne réagis pas. Comme paralysé. Comme la souris paralysée devant les fascinants yeux du serpent.
Et puis. Il est là. Si près.
Et puis il m'embrasse.
Au départ je suis juste incapable de faire quoi que ce soit.
Sherlock.
M'embrasse.
Je.
Suis.
Choqué.
Seules des bribes d'informations parviennent à se frayer un passage dans mon cerveau abasourdi.
Les lèvres de Sherlock sont douces.
Douces par leur texture.
Douces par leur insistance.
Étonnamment douces. Pour ces deux raisons.
Ça tourne dans ma tête. Toutes ces pensées qui me disent de repousser Sherlock.
Et puis finalement, j'oublie.
J'oublie que je me fais embrasser par un homme. Par mon meilleur ami. Par Sherlock. Par celui qui se définit comme un sociopathe.
Ou pourrait-on dire qu'il n'y a plus que Sherlock qui existe.
En cet instant, le monde est sensation.
Ne reste que la sensation.
Cette unique sensation de contact.
Il mordille mes lèvres, sollicite le droit de poursuivre.
Et je cède.
Il apparait que Sherlock ne possède pas en grande expérience en la matière vu ses hésitations.
Pas vraiment surprenant en fait.
Je prends le dessus sur lui.
Je ne m'en rends même pas compte.
Perdu comme je suis. Enivré comme je suis.
L'odeur. Le goût.
Ses doigts qui se promènent sur ma nuque.
Les miens qui s'enroulent dans les soyeuses mèches brunes.
Nos corps qui se rapprochent tout seuls.
Et puis surtout le point de contact de nos bouches.
Mon cerveau est parti en vacances dans un pays lointain, aussi je ne pense pas. J'agis.
Au départ, effleurements timides. Qui se cherchent. Qui se trouvent. Qui se découvrent.
Puis les tâtonnements curieux de Sherlock ce font plus assurés au fur et à mesure que je lui montre l'art du ballet des lèvres. Ou plutôt qu'un ballet, un tango. Rythmé et sensuel.
Il m'allonge sur le sofa, couvrant mon propre corps du sien. Je ne pense pas à mes bleus et autres écorchures. Je ne les sens plus.
Et puis ma langue, joueuse, vient chatouiller le contour de sa lèvre supérieure et entre pour proposer le jeu du chat et de la souris à sa consœur novice qui accepte avec enthousiasme.
Surpris par la sensation de nos langues qui se touchent Sherlock frissonne. Il imite mes mouvements en les reproduisant à la perfection. Et même plus. Il explore consciencieusement ma bouche. Très consciencieusement.
Il réussit à m'arracher un gémissement.
(Je jure que je n'avouerais jamais cela même sous la torture)
Galvanisé, il accélère la danse qui devient sarabande effrénée.
En représailles je passe mes dents sur sa langue, un nouveau frisson lui échappe.
La température monte en flèche.
Et je sens mon jean qui se serre.
Il est vraiment doué en fait.
Beaucoup trop.
Jamais un baiser ne m'a semblé aussi puissant.
Nos lèvres ne se séparent que pour reprendre une brève inspiration avant de reprendre le jeu.
Mon souffle qui s'égare entre ses lèvres pour ne jamais me revenir.
Son souffle qui dessine des arabesques translucides à l'orée des miennes.
Ma bouche qui à son contact semble entrer en fusion.
Je perds le fil de la réalité.
Mon monde ne se résume plus qu'à cela. Plus qu'à lui. Plus qu'à ce corps qui se presse avidement contre le mien.
Le baiser se fait assoiffé. Oui c'est cela. Nous sommes deux assoiffés. Assoiffés de tellement de choses. Et assoiffés de l'autre en cet instant.
Je me décolle un bref instant de Sherlock quand j'entends la sonnerie de la porte d'entrée.
En un grondement mécontent Sherlock, reprend ses droits en plaquant ses lèvres pleines sur ma bouche d'un air affamé en un baiser langoureux et brûlant.
Je n'entends même pas mes propres soupirs de contentement. Le sang dans mes oreilles bat à la cadence explosive de mon cœur.
Dieu que c'est bon.
Je suis en train de balader le bout de ma langue sur le coin d'un sourire quand un immense fracas manque de me faire décéder sur le champ d'une fulgurante crise cardiaque.
Une explosion pour être plus précis.
L'instinct qui imprègne mes muscles fait bouger mon corps de soldat tout seul avec la rapidité que seule confère l'habitude. En mode automatique, je nous projette hors du canapé et nous fait rouler derrière.
Quand la fumée qui envahit le salon se dissipe un peu j'aperçois une silhouette longue et familière qui se découpe dans l'entrée. Ou plutôt dans l'embrasure de l'entrée.
La porte vient d'être littéralement arrachée de ses gonds.
Et Mycroft débarque de son pas tranquille et assuré, comme s'il venait rendre une visite de courtoisie prévue de longue date et non de faire exploser une porte de huit bons centimètres d'épaisseur.
Seules les tâches noires qui maculent son bas de pantalon et sa coiffure quelque peu échevelée d'une manière étrangement aérodynamique trahissent cet état de fait.
Il agite un mouchoir devant son nez d'un air affecté, pour dissiper les dernières fumerolles de l'explosion.
« Comment ? Sherlock tu es toujours en vie ? Il ne se passe rien de grave ? »
Sherlock, le visage pincé réplique d'une voix courroucée et grondante comme un éboulement de falaise :
« Qui t'as dis qu'il y avait le moindre problème ?! Pire ! Qui t'as autorisé à entrer ! »
« Tu ne répondais ni à ton portable ni à la sonnerie de la porte. Oh, John vous êtes là aussi ! Quelle bonne surprise ! Désolé Sherlock, je ne pensais pas…déranger. »
A son temps d'hésitation je sens une désagréable rougeur se répandre sur mes joues. Mycroft dirige son attention vers moi, faisant fit du regard incendiaire de son petit frère.
Mycroft m'accorde un grand sourire et brandit son parapluie avec enthousiasme.
Un petit rire satisfait s'échappe de sa gorge.
Un petit rire nerveux s'échappe de la mienne. Je soupçonne fortement ce qu'il va suivre.
« Héhéhé, le nouveau prototype de mes laboratoires est presque au point. Admirez John. Titane et fil de soie d'araignée. Saviez-vous, mon cher, que la soie de ces petites bestioles peut supporter jusqu'à plus de quarante cinq tonnes par centimètre carré, soit soixante-cinq kilos pour un fil de un à deux millimètres ? Elle peut même arrêter les balles. Et le tout avec une densité six fois inférieure à celles des meilleurs aciers, tout en étant beaucoup plus souple et légère. Résistance extrême, souplesse, mobilité et légèreté. Et insensible au feu grâce à un traitement sur la soie. Ce parapluie est génial ! Magnifique en tous points même, et surtout niveau design ! Gris anthracite décliné en gris perle. Et avec ! Et avec! Et aveeeec…..ce petit bouton qui commande le lancement de mini explosifs à têtes chercheuses. Merveilleux n'est ce pas ?»
Maintenant qu'il en parle je vois effectivement une petite fumée suspecte en provenance de la pointe de l'appareil.
Mon dieu. Que c'est terrible. Ça recommence.
« Oui très. Splendide. »
« N'est ce pas ! N'est ce pas ! Ohhhh j'étais sûr qu'il vous plairait celui là ! Fin. Élégant. Il donne envie d'avoir des ennemis juste pour le plaisir de les faire exploser. Ah, comment ai-je fais pour vivre avant de découvrir les parapluies ! Car non je ne vivais pas. Je ne faisais qu'exister. Les cannes ne peuvent rivaliser devant un tel chef d'œuvre de technique et design. C'est de l'art tout simplement. De l'art à l'état d'objet, un mélange exquis de raffinement et d'art brut et de - »
Un raclement de gorge interrompt Mycroft en pleine envolée lyrique.
Il se tourne vers Sherlock qui, s'il essaie de le cacher, à quand même l'œil qui brille d'une petite lueur amusée.
« Non, avoue que tu mourrais juste d'envie d'essayer ton cher joujou et que tu as sauté sur l'occasion. Dans tous les sens du terme.»
« Je plaide coupable ! Mais j'étais aussi inquiet pour toi.»
« Mais oui c'est ça. Bon, comme tu l'as si bien dis, tu déranges. Donc si tu veux bien t'exporter tout seul jusqu'à la sortie et remplacer la porte avant de partir. »
« Oh oui. La porte. Navré. »
Mais il ne semble pas navré le moins du monde. J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi heureux que lui d'expérimenter un nouveau jouet. D'ailleurs je note qu'il observe la manière dont la porte s'est fait arrachée de ses gonds. Il dessine même un croquis sur un petit carnet.
Et je confirme qu'il n'a aucun talent artistique. En matière de croquis en tout cas. On dirait qu'il vient de dessiner une crêpe clignotante.
Je suppose, mais c'est une grande supposition, que la crêpe représente la porte et que les sortes de clignotements sont l'explosion.
Il y a même fait figurer le canapé (selon moi un morse avachi de forme vaguement rectangulaire) et nos têtes à Sherlock et moi, dépassant du pseudo canapé. Ma tête ressemble à celle d'un poisson globe croisé d'un nain stupéfait et celle de Sherlock, un détonant mélange de serpillère et de lutin hargneux.
A moins que ce ne soit un dessin abstrait tout simplement.
Toujours est-il que je manque de m'étrangler (de rire) en voyant cette horreur.
Mycroft passe néanmoins un appel sur son portable pour la pauvre victime collatérale de ses essais parapluitistes, j'ai nommé...la porte!
« Voilà les réparateurs de porte arrivent dans un quart d'heure. Bon, ce n'est pas tout mais je me sauve, j'ai quelques informations encombrantes à détruire des archives. Bonne journée. »
Il s'en va comme il est venu, faisant tourner le dangereux parapluie entre ses doigts.
Et, comme lors de sa venue fracassante, je reste bouche bée quelques secondes devant l'ovni Mycroft.
Un grand silence plane dans la pièce après le départ du grand frère.
Sans un mot, nous venons nous asseoir d'un même mouvement sur le canapé qui trône au milieu du salon poussiéreux, tandis que la porte d'entrée gît comme un navire échoué.
Il ne se passe rien.
Il ne se passe rien, pourtant mes joues se colorent progressivement d'embarras au fur et à mesure que je réalise ce qu'il vient de se passer.
Restons calme et faisons une liste.
Oui c'est très bien les listes.
C'est clair et précis une liste.
Vive les listes.
Donc.
1) Sherlock, le sociopathe auto proclamé vient de m'embrasser.
2) J'ai adoré.
3) Je ne suis pas gay, pourtant.
4) Et le pire du pire : Mycroft nous a surpris en plein milieu.
5) Je vais mourir de honte.
6) Je ne sais absolument pas quoi faire, maintenant-que-nous-sommes-assis-seuls-sur-ce- canapé.
7) Je ne sais absolument pas quoi dire, maintenant-que nous-sommes-assis -seuls-sur-ce -canapé.
8) Merde.
9) Merde.
10) Merde.
Bon. Ok. Je déteste les listes finalement.
Je soupire en me tassant sur un accoudoir.
Je jette de petits coups d'œil alternatifs vers Sherlock, qui à l'air parfaitement calme et détendu, ses longues jambes nonchalamment croisées. Il presque l'air de s'ennuyer même.
Il ne m'adresse pas un regard.
Pas un seul frisson sous l'armure.
Suis-je le seul à être embarrassé, perturbé, gêné et plein d'autre trucs en -é ?
Apparemment.
A vrai dire j'ai même du mal à concilier la différence spectaculaire entre le Sherlock en mode « mur de glace » et le Sherlock version « baiser passionné ». Je me demande même si je n'ai pas inventé le dernier d'ailleurs, finalement.
La pièce est si silencieuse maintenant. Froide, depuis que l'hiver est invité à entrer par la porte en congé maladie.
Et Sherlock, imperturbable.
Comme si rien n'était arrivé.
Je me retiens de porter un doigt sur mes lèvres par réflexe. J'y sens encore le goût de Sherlock.
Les réparateurs arrivent dans combien de temps ? Seulement cinq minutes de passées ?
Je suis convaincu que l'explosion a déréglé la pendule !
POV Sherlock
J' ai encore fait quelque chose d'irréfléchi. Deuxième fois.
Sauf que cette fois John était conscient. Et consentant.
Enfin je crois. Il a aimé...je pense.
J'espère.
Moi oui.
Comment ce baiser là peut être si différent des deux autres « échanges baveux ».
Le jour et la nuit.
Je crois que mes pupilles sont encore dilatées.
Je coule quelques regards vers John. Il est rouge comme une pivoine.
Ses lèvres sont gonflées, encore pourpres. L'idée que c'est moi qui les ai mises dans cet état de grâce me procure une sorte de fierté.
Mon rythme cardiaque ralentit progressivement et se stabilise.
Extérieurement, je suis parfaitement calme. Mon masque impassible est de nouveau en place.
Mais à l'intérieur ça bouillonne.
Tourbillon de sensations. Que je ne sais pas comment classer.
Ou au contraire que je sais exactement comme classer.
Mais que je ne veux pas classer comme je sais que je le devrais.
Je repousse tout ça dans un coin, mise en attente.
Je verrais ça plus tard.
Tout ce que je sais, tout ce que je savoir, tout ce que je veux reconnaître, c'est qu'embrasser John n'a rien de dégoûtant, rien de repoussant. C'est foutrement agréable et j'en redemande sans hésitation.
D'ailleurs s'il n'en tenait qu'à moi je recommencerais bien, là- maintenant-tout-de-suite.
Mais John a l'air un peu perdu. Je ferais bien d'attendre un peu, qu'il fasse du tri.
Parce que cette fois ci, le coup de poing je le sens bien m'échoir en pleine figure avec zèle et vélocité version réflexe de défense un peu agressif.
Et j'aimerais éviter.
Si possible.
Je passe la pointe de ma langue sur mes lèvres où réside encore le goût de John piqué de la saveur un peu métallique de sang. L'égratignure au coin de sa bouche.
Je lui jette de fréquents regards de biais pour surveiller l'évolution de ses émotions.
Mais, lui ne me jette pas un seul coup d'œil.
Ou alors nous nous observons en alternance.
Après ce qu'il me semble être une éternité de silence, un groupe d'hommes débarque pour remplacer la porte sauvagement explosée par mon propre frère qui vire sérieusement mère poule psychopathe.
Au moins c'est lui qui règle la note. Et de toute façon si ce n'était pas le cas je lui enverrais quand même la facture. Non mais.
Au moins la porte est remplacée en quatrième vitesse.
Quand les ouvriers partent le silence retrouve son trône de maître des lieux.
Un soupir sur ma gauche parvient à mes oreilles.
Le canapé se creuse légèrement.
Froissement de vêtements.
Puis, la voix mal assurée de John.
« Je vais faire du thé. Tu en veux ? »
« Oui. »
Il se détale littéralement jusqu'au coin cuisine tel un lapin prit en chasse.
Je fronce les sourcils.
Cette atmosphère tendue n'est pas ce que je veux.
Je dois arranger ça. Je ne veux pas qu'on me reprenne ce que je viens de découvrir.
John revient sur ces entre-faits avec deux tasses fumantes.
Je positionne mes deux mains autour de la porcelaine chaude.
Humant l'odeur du thé avec plaisir. Oui, ce thé sent vraiment bon.
Je ferme les yeux, la chaleur parfumée caresse mes narines.
Volutes de vapeur qui dansent. Qui dansent les arômes en courbes évanescentes et changeantes, comme d'autres dansent le rêve. Ou dansent le vent.
Je déguste ce thé lentement. Par petite gorgées. Équilibre parfaitement dosé des saveurs. Balance presque idéale.
La dernière goutte consciencieusement absorbée entre mes lèvres, je sais que la tasse va conserver encore pendant quelques temps la chaleur du breuvage qui l'habitait.
C'est ce genre de boisson qui réchauffe de l'intérieur.
Comme toute boisson chaude transmet sa chaleur à son récipient.
Je pose lentement la tasse sur la table.
J'attrape la télécommande au passage, je me tourne de biais et pose ma tête sur les genoux d'un John surpris et étend mes jambes de toute leur longueur.
Je ne sais pas parler. Parler pour des choses gentilles, s'entend.
Alors voilà. Le baiser. Et le thé.
John ne bronche pas.
J'actionne la télécommande et fais semblant de m'intéresser à un téléfilm policier tout à fait navrant.
John finit par se détendre.
Au bout d'exactement quarante minutes, il pose une main tiède dans mes cheveux et enroulent mes boucles entre ses doigts.
Je ne me dégage pas.
En fait c'est agréable.
Et par ce simple geste il me signifie son acceptation.
Après cela, l'atmosphère de l'appartement se réchauffe sensiblement.
POV John
Cela fait quatre jours que j'habite chez Sherlock.
Après le premier baiser d'autres suivent. Chacun différent du précédent.
J'aime beaucoup trop ses baisers d'ailleurs. J'accepte de les aimer.
Au départ j'ai peur d'être subitement devenu gay mais en fait, il s'avère que c'est seulement lui.
Et nous n'allons pas plus loin que les baisers, aussi fougueux peuvent-ils être parfois.
Je n'accepte pas à ce point là. Je ne suis pas prêt pour la suite et je crois que lui non plus. Enfin je ne sais pas vraiment.
C'est une sorte d'accord tacite.
Sherlock fait toujours les manœuvres de compression, je n'ai pas eu de cauchemars depuis trois nuits bénites. Et je m'endors bien plus vite.
Mes blessures sont déjà un peu moins moches à voir mais j'ai toujours aussi mal par contre. Ça ne passera pas tout de suite.
Notre relation n'a pas vraiment changé en fait. A part ces baisers qui me font perdre la tête.
Et cela amuse beaucoup Sherlock qui semble mettre un point d'honneur à vouloir me déconcentrer aux plus mauvais moments. Mais uniquement dans la protection de son appartement.
Ce soir, le quatrième, je suis tranquillement en train de discuter avec Sherlock quand mon téléphone vibre.
Un texto.
Je marque un temps d'arrêt en voyant le nom de l'expéditeur.
Sebastian.
Notre dernière …conversation ne s'est pas très bien passée.
J'hésite, je tapote mon téléphone.
Et j'ouvre le message.
Tout ce qu'il a de plus concis.
Il n'y a guère que Sherlock capable de faire pire.
« Il faut absolument qu'on parle. A la sortie des cours devant les grandes portes ? SW.»
« D'accord. JW.»
J'espère que c'est une tentative de réconciliation.
Et voilà terminé pour le chapitre 10 !
Avec la confrontation qui s'annonce enfin !
Commentaires, impressions, remarques, critiques...faites vous plaisir !
